Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

29 Avril 2026 à 12:20:50
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » Recueil de souvenirs

Auteur Sujet: Recueil de souvenirs  (Lu 1396 fois)

Hors ligne ReneNardis

  • Plumelette
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Recueil de souvenirs
« le: 24 Décembre 2025 à 01:15:03 »
1
« Modifié: 03 Mars 2026 à 15:16:53 par ReneNardis »

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
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Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #1 le: 24 Décembre 2025 à 09:43:30 »
Merci pour le partage de ton récit.

Supposant que tu vas poster plusieurs partie de ton texte, tu devrais mettre dans ton premier poste le lien qui servira a aller directement sur le texte.
Par exemple faire comme le texte de Basic
https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=45589.0;topicseen

Ça permettra de suivre au mieux tes différents récits.


Ton texte raconte la vie d'un enfant avec son père, qui doit être dans le milieu médical. J'aurais dit médecin au début, mais comme il n'a pas de patient, je ne pense pas qu'il fait ce métier. Peut-être un universitaire.

Ce que tu nous racontes est descriptif, et les souvenirs sont anciens, car imprécis.
Tu décris l'attente de cet enfant dans un canapé bleu. Il semble ne rien faire et de s'ennuyer. Son père est occupé par son métier et ne pense qu'à cela.
Ils sont assez distants de l'un et de l'autre à travers ce passage.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Basic

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 178
Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #2 le: 24 Décembre 2025 à 21:01:48 »
Bonjour,

c'est un très beau texte. émotion assurée. Cette page souvenir nous dresse un portrait de l'enfant et du père en quelques lignes. Je n'ai pas de remarques syntaxiques, c'est juste assez "mélancolique" pour nous atteindre. Peut-être une question : dans le premier paragraphe le petit gars précise que son père ne joue jamais avec lui, dernier paragraphe, le père fait un beau numéro de robot... est ce une contradiction minime et volontaire ?
J'ai apprécié l'utilisation du "tu" qui nous place dans la relation père/fils. Il n'y a pas de présentation, pas de contexte et pourtant ça nous mène directement là où tu veux que nous allions,  j'imagine, dans la rencontre avec ce père.

Conseil en passant : pour pousser un peu à la curiosité n'hésite pas à te promener dans le forum, à commenter ici ou là, ça crée des liens. Il y a des textes courts et des longs qui viennent de démarrer et  des mi-longs assez neufs.

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
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  • Pelleteur de Nuages
Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #3 le: 24 Décembre 2025 à 22:27:03 »
Bonsoir ReneNardis,

Je connais le mal qui rongea ton papa... mon épouse, plus que moi, est depuis trois décennies la proie de cette maladie invalidante et irréversible. Si ce n'est, que son traitement consiste à tenter de freiner son évolution à l'aide de traitements lourds et foncièrement dangereux qui obligent à un suivi complexe autant que "rapproché". Lesquels traitements de type expérientiel ne servent le plus souvent qu'à éloigner le moment fatidique où le malade restera cloué comme un Jésus à son crucifix.

Je m'attends donc à lire quelque chose de fort émouvant.

Mon opinion sur ton texte est donc, globalement, positive. Pourtant, j'ai ressenti d'emblée, l'idée que peut-être, tes phrases me paraissent parfois révéler des "tics" d'écriture qui me font songer à certaines lourdeurs proches du pléonasme narratif. Je m'explique : à force d'amener le lecteur à devoir traiter trop d'informations disparates avant d'atteindre le point final… ça peut nuire à ta qualité d'écriture.

Et puis, ça se repère notamment, au niveau de la longueur de certaines phrases qui au contraire ne demandent qu'à être écourtées pour ajouter au rythme.

Je prends un exemple :

Je ne le savais pas, à l’époque, mais tu étais en train de lire des revues de rhumatologie et, à l’aide de ton Waterman gorgé d’encre noire que tu tenais au milieu du corps, trois centimètres - au moins – en amont de la plume, tu griffonnais des notes sur les verso d’A4 usagés ramenés de l’hôpital La Beauvoir.

Or, un truc comme :

[J'ignorais qu'à cette époque, tu annotais des revues de rhumatologie. Ton Waterman noir en main, tenu haut sur le corps, tu les griffonnais sur des versos de feuilles A4 ramenées de La Beauvoir.]

ferait aussi bien l'affaire.
« Modifié: 24 Décembre 2025 à 22:45:09 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne ReneNardis

  • Plumelette
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Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #4 le: 25 Décembre 2025 à 01:48:19 »
Merci beaucoup pour les encouragements et les remarques, en particulier sur la longueur des phrases. J’en suis conscient mais ça sort généralement comme cela (voire pire!). Sinon, le contradiction apparente est bien sûre voulue: le premier paragraphe reflétant le jugement (subjectif) d’un enfant. Joyeux Noël!

Hors ligne ReneNardis

  • Plumelette
  • Messages: 8
Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #5 le: 25 Décembre 2025 à 09:25:12 »
Deuxième texte :
« Modifié: 03 Mars 2026 à 15:17:21 par ReneNardis »

Hors ligne Robert-Henri D

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  • Pelleteur de Nuages
Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #6 le: 25 Décembre 2025 à 20:31:43 »
Bonsoir ReneNardis!

J'ai beaucoup aimé ce "Deuxième" texte.

 La phrase sur les bois morts est très poétique. Quand bien, elle serait un peu lourde dans sa structure, je trouve qu'elle crée néanmoins un contraste à la fois saisissant et utile.


C'est suite est tout simplement magnifique ! J'ai pu apprécier cette fois, outre quelques "pépites"  l'effet non négligeable d'un rythme sensoriel qui renforce l'idée d'authenticité du récit.

« Modifié: 25 Décembre 2025 à 20:36:10 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne ReneNardis

  • Plumelette
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Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #7 le: 30 Décembre 2025 à 14:54:22 »
Troisième texte
« Modifié: 03 Mars 2026 à 15:17:39 par ReneNardis »

Hors ligne Coelus

  • Plumelette
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Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #8 le: 04 Janvier 2026 à 12:17:31 »
(Pour le dernier texte)

Bonjour. J'aime bien la voix que tu installes !
On pourrait presque lire ça oralement, et avec le bon ton, ça passerait tout seul, tout en étant "littéraire" (et du coup on comprend la ref à Céline :) ).

Par contre le narrateur passe très vite d'un élément à l'autre, légère saturation (livres, suzanne, pirates, grand-père, jean gabin, etc. Tout ça en quelques lignes haha), cela dit ça peut être cohérent avec un enfant à l'esprit effervescent qui passe vite d'un truc à l'autre, justement.

Citer
Si vous voulez mon avis, il est beaucoup plus hanté que Grand-Père, ce « Charlie ».

J'ai légèrement tiqué ici, car je me suis dit que ça faisait plus phrase provenant d'un adulte, que ce soit dans la formulation ou même sur le fond. Mais p-e que je me trompe.

Citer
C’est comme si elle me disait qu’on était déjà arrivé.

J'aime bien la dernière phrase, elle dit beaucoup de choses avec peu.
« Modifié: 04 Janvier 2026 à 12:20:54 par Coelus »

Hors ligne Robert-Henri D

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  • Pelleteur de Nuages
Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #9 le: 04 Janvier 2026 à 16:43:43 »
Bonjour,

La tendance prose poétique se confirme avec ce troisième volet. Ce qui n'est pas pour me déplaire. Toutefois, la surabondance d'adjectifs en tous genres, ainsi mise dans la bouche d'un enfant, est un outil puissant, mais il peut aussi se révéler en "piège doré" voire nuire à la crédibilité humaine de l'œuvre. Car s'il n'est pas maîtrisé, c'est tout l'équilibre entre l'ornementation et la description pure qui peu à peu souffre l'asphyxie.


Voici quelques exemples :

Citer
En revanche, j’ai tous ces livres pour me tenir compagnie. Je n’y comprends pas grand-chose, ce sont des livres adultes. Mais j’aime bien les feuilleter et sentir leur odeur. Leur odeur de bois sec.

Peut-être serait-ce mieux de muer "ces" en "ses" et "adultes" en "d'adultes" et puis cette "odeur de bois sec" ne s'apparente-t-elle pas d'avantage à celle de lignine des livres précieux (donc très vieux) à moins que ce ne fut ceux asséchés que l'on trouve dans un grenier ? Il est fait mention plus loin : "Tiens, voilà mon grand-père qui sort de l’appentis. Il a ses livres sous le bras !" Manifestement il s'agit moins de ceux-là qui devraient "sentir la mousse" que d'autres, présumés plus contemporains, et disposés dans la maison où l'hygrométrie se conçoit idéale. Ce qui fait que, puisqu'il est fait état d'une certaine bibliosmie, je lui préfèrerais à défaut d'odeur d'encre, celle plus caractéristique de "vieux papier" ou au pire de "cuir boisé" (mais là encore, avec cette dernière, on quitte allègrement le registre de la pensée enfantine).

quant à cela :

 
Citer
Voilà : elle, c’est Suzanne ; et là, elle se baigne dans son jardin - vous voyez ça ? Et il y a aussi ce lit-bateau avec ses hublots-miroirs. Parfois je monte dessus et je deviens le roi des pirates…

Si l'image d'une femme se baignant dans un jardin me vient moins qu'une autre s'y lavant à l'ancienne dans une bassine emplie d'eau, en revanche, celle du lit-bateau ma fait songer à la barque amarrée en bord de Meuse, dans laquelle s’assoyait Arthur Rimbaud enfant mais déjà turbulent, dont les frasques inhérentes affutaient la plume qui plus tard lui servirait pour déclencher, et donc obtenir les prémisses aventureux de son "Bateau-ivre" à 16 ans (en 1871) à une époque où il n'avait jamais connu la mer que dans ses lectures. Sa seule expérience de l'eau étant le flot de la Meuse, ce fleuve qui traverse Charleville, rendu ombrageux par l'hiver et ses débordantes intempéries.

Citer
Même dans ces rues sombres et pleines de vide avant le passage. J’aime bien son odeur de mousse. C’est la même que dans l’appentis et que dans l’ossuaire de Douaumont. C’est comme si elle me disait qu’on était déjà arrivé.

Hum : des rues pleines de vide… Ce sont des mots d'enfant, mais présumés narrés, sinon que par une personne adulte, au moins adolescente. Or, ça l' fait peut-être un peu trop cliché et pourrait nuire à la crédibilité des comparaisons quelque peu embrouillées qui les suivent.
« Modifié: 04 Janvier 2026 à 16:54:16 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne ReneNardis

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Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #10 le: 05 Janvier 2026 à 15:52:55 »
Un grand merci à tous les deux pour vos commentaires très précieux dont je vais naturellement tenir compte pour mes révisions.

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #11 le: 05 Janvier 2026 à 17:49:34 »
Un grand merci à tous les deux pour vos commentaires très précieux dont je vais naturellement tenir compte pour mes révisions.

Hello, c'est bon de se sentir « ouï » !

Au plaisir d'un prochain texte !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne ReneNardis

  • Plumelette
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Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #12 le: 17 Janvier 2026 à 05:16:29 »
Texte 4
« Modifié: 03 Mars 2026 à 15:18:20 par ReneNardis »

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #13 le: 17 Janvier 2026 à 12:03:52 »
 :)  Bonjour ReneNardis

Et merci pour cette belle prose poétique que tu peux encore améliorer si tant est que tu le souhaites... (car ça n'est déjà pas si mal.)

Je te propose quelques exemples :

Citer
une famille d’araignées invisibles a établi son royaume sur le grand “A” que dessine la poutre mitée soutenant le toit.

L’image du « grand A » est jolie, mais elle repose sur une connaissance implicite de la structure.
Or « La poutre mitée » la rend vague (une charpente en comporte plusieurs) et le verbe « dessiner » ajoute une couche de flou, car on ne sait pas si c’est la poutre seule ou l’ensemble de la charpente qui forme cette lettre.

Si tu veux clarifier :

« …sur le grand “A” que forme l’entrait mité d'une ferme soutenant toit »

(tu peux ajuster selon l’effet recherché)

Citer
Lorsque je passe en dessous, sa toile entame une molle valse au-dessus de ma tête. Je n’aime pas trop cela. Et le regard dur de Sylvester Stallone comme la mitrailleuse qu’il tient dans ses bras ne m’apportent aucun réconfort (personne n’a pensé à retirer l’immense affiche de Rambo que ton frère cadet, O., a accroché au-dessus de mon lit et cela fait maintenant plus de dix ans que l’acteur américain traverse ainsi, presque nu, les hivers de Loire inférieure…).

Oups ! pour le coup, si la phrase commence dans une atmosphère presque feutrée, en revanche
on bascule dans un registre très différent avec Sylvester Stallone, la mitrailleuse, l’affiche de Rambo, presque nu, qui traverse les hivers de Loire inférieure… Certes, le décalage est volontaire, mais le contraste est si abrupt qu’il peut donner l’impression d’un cliché (le poster de film d’action dans une chambre), ou d’une image déjà vue mille fois.

Citer
la peau des doigts gondolée par les heures passées dans l’eau de la piscine (y rode parfois un paresseux crocodile…).
Hum… "gondolée" et puis peut-être (un crocodile imaginaire y rode quelquefois) ou bien (un crocodile de plastique y rode quelquefois) ?

Citer
En outre, mes vains efforts pour m’élever dans le ciel (suivant les indications de ma mère, je bascule avec énergie le haut de mon corps vers l’avant, repliant dans le même élan mes deux pieds sous la planche de bois, mais celle-ci ne fait aucun effort et demeure insolemment immobile) laissent sur mes doigts et sur la paume de ma main une fine couche de mousse verte et graisseuse qui m’indispose.

Là aussi, ça tranche côté style avec le début du chapitre. Je pense que ce passage demande à être épuré.

Citer
Au Templier, pour nous distraire, il y a aussi le monde parallèle des adultes et sa grammaire un peu compliquée. Il semblerait, ainsi, que l’on n’aime pas beaucoup Guy. Il est vrai que sa raie trop sage et ses yeux légèrement globuleux que recouvrent des paupières en demi-lune lui donnent des faux airs de poisson

Idem : le mot "parallèle" outre qu'il est ambigu me semble inutile, l'expression "sa raie trop sage" est incomplète.

 
Citer
sur la bande de pelouse tapie entre le bassin turquoise et les herbes sèches, parsemées de feuilles brunes recroquevillées ou déjà en décomposition, du champ de peupliers.

C'est long et quelque peu confus. (Mais on retrouve en fait ce type de longueur dans moult phrases de ce texte, alors, c'est peut-être voulu ?)
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne ReneNardis

  • Plumelette
  • Messages: 8
Re : Recueil de souvenirs
« Réponse #14 le: 02 Mars 2026 à 15:38:16 »
Merci beaucoup pour tous ces commentaires très utiles.

Texte 5
« Modifié: 03 Mars 2026 à 15:18:58 par ReneNardis »

 


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