Songez-vous ?
Vous êtes, là ce soir, au devant du chemin,
Dévorés, à petit feu joufflu et si blême.
En vain c'est à la nuit, ici que vous au moins,
Donnez à votre vie un long seuil, un poème.
Des frasques pariétales abreuvent vos esprits,
Provoquent ce voyage élan de vos répits,
Bien souvent amusés par le souffle des morts!
Que nul n'ignore dans la nuit quand il explore.
Il va, il court, au loin! Moins las, plus beau, plus vif,
Cet esprit qui vous parle en des mots mais de quoi ?
De ciel ? De sol! De son ? De tout, de moi, je crois.
Au fond, c'est de nos lits dont nous sommes captifs
Des prisons où l'homme livre à vous ses prières,
Amantes de la fois où vos longs yeux ont ris!
Songez-vous ? Mais de quoi ? D'elle, là ? Loin d'hier!
Parlez-donc à celui pour qui seul le jour crie.
Il n'est pas nécessaire en ces lieux de penser.
Abritez-vous du mal, que les bons cœurs rongés
Ne cessent d'essaimer sans faillir au matin,
Sous le motif désuet d'un coup du Malin!
Il vient, écœure en lot les âmes dérangées,
Écourte les étoiles et porte vers les monts,
Les aimants, nus glacés du pinceau de Léon!
Le chemin se ferme sur vos âmes enragées.