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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Le roi berger

Auteur Sujet: Le roi berger  (Lu 1702 fois)

Hors ligne Robert-Henri D

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Le roi berger
« le: 17 Septembre 2025 à 18:16:42 »

Selon la légende : Inanna, fille d’Ishkur se serait éprise d’un certain Dumuzi. Elle était, parait-il, à la fois déesse de l’étoile Vénus et titulaire d’Uruk... Or, si l’on s’éprend d’amour humain au point d’effleurer pareille image, cela peut-il pour un instant nous sublimer ?…




Dumuzi emportant d’Inanna le corps nu,
Jusqu’au septième miel, fut-il d’amour imbu ?

Ce roi berger qui s’élève en dieu magnifique,
induit le rêve en mon jardin des Utopiques.
Superbe de volupté dans l'ébat charnel,
à l'ombre enchâssée jaillit l'émotionnel !

Indicible chahut sacrilège des sens,
l’amour trop immanent nourrit-il l’indécence ?

Quand nos difficultés ne seront que chimères
pour tuer notre ennui, quitterons-nous la Terre ?
Et pour l’amour du ciel, glisserons survolant
des mondes matriciels en commencement…

Les espoirs maîtrisés font songe délirant
Pour l’esprit révolté, c’est tableau triomphant !

Me voici fendant l'azur... à toucher le firmament !
mais le vide me tue, et dans un foudroiement
mon cœur tombe des nues, refoulé par l’éther…
tel un astre au couchant… s'enfonçant dans la mer.
« Modifié: 21 Octobre 2025 à 01:34:44 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

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Re : Le roi berger
« Réponse #1 le: 17 Septembre 2025 à 20:37:50 »
Poète,

Ton texte mêle avec force le mythe et la chair — Dumuzi et Inanna apportent ici le sacré.
Ça met en relief l’érotisme, l’émerveillement et le divin.

J’ai apprécié la bascule entre l’extase (l’envol, le firmament) et le vide qui suit.
C'est une chute finale rendant la passion à la fois triomphante et douloureusement humaine.

Belle maîtrise des images ; elles me portent en tant que lecteur, au jardin des utopies jusqu’à celui des abîmes.

Je ne sais pas si tu l'as fait exprès mais, tu cites ''d’Inanna'', ça donne dix nanas  ;D

Merci pour ce poème digne de toi...

Pat

 :noange: :mafio: :guillaume:
« Modifié: 17 Septembre 2025 à 20:55:18 par PatKadéka »
"Tout comme la poésie, la sculpture ou la peinture,
la vie a ses chefs-d’œuvre précieux.
Faites de votre vie un beau poème

Oscar Wilde

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Re : Le roi berger
« Réponse #2 le: 18 Septembre 2025 à 11:08:53 »

Je ne sais pas si tu l'as fait exprès mais, tu cites ''d’Inanna'', ça donne dix nanas  ;D


Oh le gourmand ! (j'aurais pu écrire "de" mais dans ce cas mon dodécasyllabe aurait eu 13 pieds).

Merci pour ce sympathique commentaire.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

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Re : Le roi berger
« Réponse #3 le: 24 Septembre 2025 à 20:46:17 »
Ah oui, tu comptes les dodécasyllabes en 12 pieds, mais je ne sais même pas ce que c'est.
C'est pur chinois pour moi, mon cher Robert !!

Continu de nous faire de beaux poèmes, Mister Poète...
avec ton savant savoir sur la poésie classique...

Bien à toi et bonne soirée automnale, déjà bien fraîche.

Pat
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Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Re : Le roi berger
« Réponse #4 le: 26 Septembre 2025 à 13:55:18 »
Ah oui, tu comptes les dodécasyllabes en 12 pieds, mais je ne sais même pas ce que c'est.

Disons que c'est aussi un subterfuge bien pratique qui, à l'instar de la poésie libre, offre en outre, l'opportunité de pouvoir glisser des alexandrins dans un texte semi contemporain.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

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Re : Le roi berger
« Réponse #5 le: 26 Septembre 2025 à 18:29:06 »
Salut Robert,

Merci pour ces explications, mais je ne sais pas écrire avec des alexandrins.
 (Tu vas te dire, ce gars là est quelque peu ignare)...
J'ai appris ce qu'est un alexandrin, il y a longtemps et je ne m'en rappelle plus.
Tu me diras j'ai juste à aller sur internet et je trouverai facilement.

Encore merci pour ton poème fort et limpide...

Bien à toi et bonne soirée automnale, qui s'est déjà bien refroidie.

Pat
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Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Re : Le roi berger
« Réponse #6 le: 27 Septembre 2025 à 15:52:41 »
Tu me diras j'ai juste à aller sur internet et je trouverai facilement.

Oui, mais pas que ! Car rien ne saurait remplacer l'apprentissage "sur le terrain" et donc l'échange associatif physique (perso, j'ai fait du théâtre en amateur au sein du  Cercle artistique Sedanais, et mon propre club, outre la pratique de  la peinture en amateur, organisait aussi des soirées Slam + Karaoké)
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

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Re : Le roi berger
« Réponse #7 le: 28 Septembre 2025 à 17:05:35 »
Oui, t'inquiètes pour moi, j'ai été peintre de longues années, j'ai appris, travaillé, beaucoup travaillé,
pour la poésie je n'aurais plus le courage d'aller à des cours quels qu'ils soient.
Le théâtre, je laisse ça à mon fils qui veut être comédien...
Quatre années aux cours Florent (chapeau !)...
La passion et le travail ça ne s'apprend pas, c'est un combat

Moi, de ma retraite, je roule à travers le monde dans ma tête,
puis à travers des renseignements et de lire pleins d'auteurs.
Et lorsque j'habitais Paris j'ai été à des ateliers d'écriture
et j'allais voir régulièrement du Slam au sein de cafés qui pratiquaient...

J'ai progressé malgré tout en lisant les poèmes des autres et de par les commentaires?
mais le côté académique n'est pas fait pour moi, m'en vois-tu désolé cher poète Robert.

Merci à toi de rester proche de moi, comme je le suis pour toi.
Une affinité c'est créer et j'en suis vraiment fier...

Pat

 
« Modifié: 28 Septembre 2025 à 17:14:56 par PatKadéka »
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Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Le roi berger
« Réponse #8 le: 29 Septembre 2025 à 19:09:10 »
Évidemment, ami poète, le texte ci en-haut proposé ne s'apparente guère au Slam ! Il reste que ta poésie à ceci d’intéressant qu'en revanche, elle se prête volontiers à la scène ouverte, et donc aussi à ses moments d'échange par post que nous procurent les sites comme "le Monde de l’Écriture", notamment lorsque tu t'appliques à trouver  cet équilibre "populaire" entre le contenu et la manière qui te caractérise. Et puis, comme tu le précises, c’est autant d'occasions de travailler la langue "merveilleuse" dans toutes ses formes d’expression, écrites certes, mais orales en même temps, pour des lectrices et lecteurs qui, pour les appréhender au mieux, n'hésitent pas, comme je fais, à les lire à haute voix.

C'est ainsi que se révèlent les subtilités de perception est de compréhension qui  alors deviennent flagrantes : ça permet de jouer avec les mots, les expressions, voir d'infléchir la grammaire dont tu fais usage, et même la conjugaison ! De fait, je crois pouvoir dire que c'est grâce à ce "stratagème" qu'on obtient cette impression de liberté d'expression que tu cherches à communiquer (ce qui, parallèlement, doit être accompagné d'un travail rigoureux sur le sens, tant côté auteur[e] que lecteur et lectrice).
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

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Re : Le roi berger
« Réponse #9 le: 02 Octobre 2025 à 20:11:31 »
Hello l'ami Poète,

Oui, c'est tout à fait ça, je ne pense pas que ton poème ne se prête au Slam...
Ah oui, tu trouves que mon travail de poète pourrait être oral ?
Il est absolument vrai que je ne lis pas mes textes à voix hautes,
ce qui est une erreur de ma part, mais je sais pas pourquoi j'ai beaucoup de mal à le faire.
Je bafouille, je bute sur les mots et du coup le texte n'a aucune, mais aucune valeur.

Sinon, j'ai trouvé une chose troublante, dans ton poème tu dis :

"Dumuzi emportant d’Inanna le corps nu,
Jusqu’au septième miel
"

Et moi dans mon poème "Artificiel, originel", je dis :

"Nous irons plus loin,
Plus haut, vers un septième soleil
"

C'est une circonstance étonnante, toi c'est le "Septième miel"
et moi c'est le "Septième soleil".

Sinon pour ce qui est de la langue des merveilles, il y a des courants classiques
qui "excuse moi du terme" m'emmerdent profondément.
Désolé mais j'y suis plutôt hermétique. Il faut compter les syllabes, les vers et Cie
et ça j'en suis incapable... Mais ceci dit j'ai appris beaucoup de choses depuis
que je vais sur des sites de poésies, comme "le Monde de l’Écriture" et d'autres.

Bien à toi cher poète Robert et à te lire consciencieusement.

Pat
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Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Le roi berger
« Réponse #10 le: 02 Octobre 2025 à 23:50:41 »
 ;)  L'art de la poésie, tu le sais, se complait au jeu des mots. Dans mon texte, Inanna, est représentative de l’ancienne déesse Sumérienne de l’amour, de la sensualité, de la fertilité, de la procréation… d'où cette image de l'envol amoureux où j'use à dessein du terme "miel". Lequel en  inspire une autre en juxtaposant la fameuse "Lune de Miel" chère aux couples nouvellement unis. Sans pour autant s'affranchir d'une troisième... bien que se substituant malicieusement au mot "ciel" et évitant, comme ton "soleil" de trop buter sur le cliché du "7éme ciel".
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

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Re : Le roi berger
« Réponse #11 le: 03 Octobre 2025 à 10:23:42 »
Oui, je savais qu'Inanna était une Déesse de l'Amour (et plus), et c'est en tout ton honneur de jouer sur les mots, en y intégrant des divinités.
Merci pour cet éclairage fascinant ! C'est tout l'art de la poésie que tu décris là, et tu le maîtrises avec une finesse remarquable.

J'admire la profondeur de tes choix. Lier Inanna, au"septième miel" est une idée brillante. C'est une cascade de symboles où chaque mot ouvre une nouvelle porte, enrichissant le texte d'une belle sensualité à la fois mythologique et intime.

Nous avons tous les deux consciemment "travaillé" le langage pour exprimer l'apogée amoureuse de façon originale. Tu mets mon "septième soleil", (chaud, brûlant) en parallèle avec ton "septième miel" (doux, intime, symbolique), montrant qu'il y a plusieurs manières créatives d'éviter les sentiers battus de la poésie amoureuse.

Bien à toi, poète invétéré.

Pat
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Oscar Wilde

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Re : Le roi berger
« Réponse #12 le: 03 Octobre 2025 à 12:14:37 »
Salut Patrice,

À y bien réfléchir, dés que ça me fut possible, pour remplacer l'amour, tant maternel absent que le soutien paternel qui me faisait cruellement défaut, je me réfugiais dans la lecture des comptes Merveilleux (et plus particulièrement ceux d'Andersen). J'y ai puisé entre autres idées, celle d'un idéal possiblement apte à incarner l'archétype de la féminité. Notamment dans sa forme la plus inspirante et la plus désirable d'un point de vue romantique. Ainsi, mon choix d'écriture s'en ressent. Or, quand bien le terme que j'utiliserais pour idéaliser l'être aimé dépendrait beaucoup plus à présent du contexte et de la nuance que j'y apporterais, j'ai pour modèle une épouse plus jeune que moi de dix années. Elle me supporte depuis bientôt cinquante ans et me convient parfaitement.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Manu

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Re : Le roi berger
« Réponse #13 le: 20 Octobre 2025 à 20:54:47 »
Bonjour Robert,

Je suis allé sur les textes longs... mais tu proposes un très très long roman et je n'ai pas, en ce moment, le temps de faire des commentaires sérieux et constructifs sur le long terme. Alors, me voici pour ce beau poème lyrique.

Correction : Me voici n’envolant.  N ou M, il faut choisir.

Belles images : Septième miel ;  l’amour trop immanent nourrit-il l’indécence.

Au niveau du sens, j'ai eu du mal à lier les trois premières strophes aux trois dernières. Ainsi j'ai apprécié les deux parties séparément. Ce sont deux flèches qui (et c'est pour moi l'unité du poème) se rejoignent aux cieux et tu peux faire tienne la fameuse réplique : à la fin de l'envoi, je (double) touche.

Ce qui est remarquable également est l'ascendant que transcende ce poème pour … un final en chute libre vers l'horizon. Une belle pirouette finale.

Un moment de plaisir aux vents chauds, légers et montants, pour sûr.

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
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Re : Le roi berger
« Réponse #14 le: 21 Octobre 2025 à 01:58:19 »
Hello Manu, j'ai modifié le vers fautif. Faut dire que j'ai pondu ce truc sur le pouce tout en le concrétisant du majeur droit, cependant que ma Muse roupillait dans un coin de mon cerveau gauche !

Pour le texte long, tu peux attaquer au chapitre 96 car à partir de là, ce sont des textes quasiment autonomes par rapport à ceux qui précèdent (et pour le côté pratique, tu trouveras tous les liens utiles en page une)
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

 


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