Bonjour à toutes et à tous.
Macabre découverte
— Attention jeune, toujours du côté opposé à l’ouverture du sas, sous peine de te faire éclater la gueule par le couvercle, compris ?
— Oui, monsieur !
— Bien, maintenant, tu enlèves la goupille de sécurité et d’un coup sec, tu déverrouilles le mécanisme de maintien.
L’appel d’air provoqué par l’ouverture du sas fait entendre un rugissement rauque dû à l’air expulsé du conduit de l’ascenseur. Plusieurs accidents mortels avaient eu lieu lors de cette manœuvre, le jeune apprenti est très impressionné par la violence que peut engendrer la dépressurisation d’un boyau.
— Aller jeune, explique-moi ce phénomène.
Ce jeune est un nouvel apprenti sorti de formation depuis peu, il a intégré l’équipe de Mino hier, il lui faut désormais apprendre toutes les ficelles du métier sur le tas, toutes ces choses que seule la pratique quotidienne peut lui enseigner.
— Eh bien, tout d’abord, il y a la différence de pression entre les espaces de vie et les locaux techniques, ensuite, le fait que les boyaux d’ascenseurs fassent entre six cents et huit cents mètres de long provoque un delta de pression accentué par les effluves de chaleurs montantes. Il est par ailleurs interdit d’ouvrir un sas tant que toutes les cabines de la section ne sont pas immobilisées et sécurisées, car la surpression occasionnée par leurs déplacements à grande vitesse est énorme. C’est pour cela qu’elles sont étanches, parce que ça pourrait tuer les utilisateurs.
— Bien jeune, à présent, tu vas descendre dans le boyau.
Le jeune s’équipe des pieds à la tête et, après avoir franchi le sas, entreprend de se déplacer sur la paroi à l’aide de ses poignées magnétiques.
— Attention, toujours trois points d’ancrages minimum, comme à l’école.
— Oui, monsieur.
— Ouvre le boîtier des capteurs et fait un scan complet des applications motrices, ensuite, tu feras un cycle de déchargement électrostatique des antennes cellulaires, et arrête de m’appeler Monsieur.
— Oui, monsieur, heu…
Après s’être sécurisé, le jeune ouvre le boîtier avec son passe et entreprend d’effectuer le travail demandé.
Il y a constamment un courant d’air chaud qui monte dans le conduit, mais grâce à sa combinaison et son casque réfrigérés, cela ne le gêne pas du tout.
Le scan ne détecte rien d’anormal, tout au plus, une légère variation des intensités de démarrages d’une capsule, due à un mauvais calibrage des jauges magnétiques. Ce qui est modifié rapidement. Après avoir rendu compte à son chef, il referme le boîtier et entreprend de faire la démagnétisation des antennes. Il relève machinalement la tête vers elles et pousse un cri d’horreur. Au-dessus de sa tête, le corps sans vie d’un Hylien est empalé sur trois des six antennes.
Une plate-forme a été installée afin de scanner l’endroit avec un Lidar, faire les premières constatations de visu et déposer le corps en toute sécurité.
Le capitaine Pascautis, la tête levée, attend patiemment les commentaires de son collègue arrivé sur place quelque temps auparavant.
— C’est quand tu veux, je commence à avoir mal au cou et il fait très chaud ici.
— Bonjour à toi aussi Rock, moi ça va plutôt bien, malgré une petite douleur au niveau de ma rotule synthétique et c’est vrai qu’il fait chaud ici, j’avais pas remarqué.
— J’ai pas bien dormi et je n’aime pas les ascenseurs.
— D’accord ! Le type en mauvaise posture sur ta gauche, empalé sur les antennes, est un hylien de souche Aghatonne, dénommé Alanna Cétiasis, dont le dernier domicile connu se trouve à Stantigas. Ce qui est amusant, c'est qu’il est mort dans un accident d’aéroscaf, il y a trois semaines dans le désert de Dib-Malab-Sih et son corps a été retrouvé carbonisé. Quant aux trois têtes qui dépassent du sas sur ta droite, ce sont les agents de maintenance qui l’ont découvert.
— Merci Stil, vu qu’il n’y a aucune trace de coulures de sang, il va falloir chercher où il a été tué et comment, moi, je file voir sa famille. Tu me préviens pour l’autopsie, je veux y assister et tu mets sur le coup les sections deux et sept si elles sont disponibles. Tu peux faire le ménage.
Pendant le trajet vers Stantigas, le capitaine appelle une amie de longue date pour lui dire qu’il pense avoir enfin retrouvé la taupe et qu’il se doute que le type a dû tout balancer avant qu’on ne la fasse taire. Par contre, sa réapparition n’est pas logique. À moins que…