Ielle
Extrait du livre : Les enfants d’Ielle, du docteur ####### ########.
Classifié le 12/05/2262 sur décision du comité directeur des religions autorisées.« Ielle est là. Ielle est aussi imposante qu’une galaxie, aussi lumineuse que mille milliards de supernovæ. Ielle se trouve peu ou prou au centre de l’Univers connu. Ielle sait que je suis là, Ielle m’a reconnue, Ielle sait qui je suis et ce que je suis. Je suis incapable de lui définir une couleur, car celle-ci n’existe pas pour l’entendement humain. Je comprends l’audace qui est la mienne que d’être seulement à cent cinquante années lumières d’Ielle. À chaque battement de mon cœur, une onde d’énergie me traverse le corps et irradie l’Univers. Je me sens si minuscule et si faible face à Ielle, et pourtant, je n’ai aucune crainte, aucune peur, car Ielle irradie une telle intensité de bonté, que je me sens transportée de joie rien qu’en la regardant. Je me rends compte que je suis dans l’incapacité de l’observer directement, qu’un filtre s’est intercalé entre Ielle et moi pour me protéger. Sa puissance dépasse tout ce qu’un humain est capable d’imaginer, alors Ielle me couve de sa prévenance, de sa bienveillance, d’un Amour total. Un Amour si pur, qu’il transcende tout ce que mon esprit est capable d’appréhender ou d’espérer. À chaque fois que j’ose vouloir la rejoindre en esprit, Ielle me repousse calmement avec une extrême douceur, mais avec une intensité contenue, incommensurable. Je pressens que si je m’aventurais auprès d’Ielle, je serais irrémédiablement détruite, mais Ielle m’attire et je n’y peux rien, cela est dans ma nature, je suis sa création. Je n’aurais peut-être pas dû venir dans ce coin de l’univers, mais j’ai la conviction que c’est Ielle qui m’a appelé. Qu’Ielle a quelque chose à me transmettre, à me confier, à me révéler. J’ai d’un coup l’intuition que le réel n’est que le résultat d’une construction mentale, et que tout ce qui est élémentaire nous est caché, car incompréhensible à notre intellect primitif. Cela est difficile à expliquer, mais j’ai la conviction que je sais quelque chose de primordial. Ielle me comprend, sa compassion me submerge et m’enveloppe d’un cocon protecteur.
Je sais ce que vous vous dites et vous avez tort.
Je me doute que vous êtes en train de rationaliser mes dires.
Je perçois une ironie se matérialiser dans votre discours mental.
Vous pensez être dans le réel sans que jamais vous vous soyez posés la question de savoir, si cela n’était qu’une illusion.
J’ai trouvé ma fontaine de jouvence et suis prête à vous la faire partager. Encore faut-il que vous en ayez l’envie et le courage.
Que vous soyez prêt à en assumer toutes les conséquences ».