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Tu dis que je suis faible car je pleure. Tu te moques car je deviens toute rouge, que mes yeux voient flous, que je ne suis pas impassible à tout ce qui m’entoure. Mais la force ne réside pas dans mes muscles ni dans ma capacité à retenir mes larmes. Je ne suis pas forte parce que j’ai accepté les valeurs de ce monde : je ne veux pas être cruelle, ni vengeresse, ni écrasante, et encore moins égoïste. Ma force est la plus grande quand j’accepte d’être vulnérable et de me fissurer. Elle réside en ma capacité à me relever après chaque tempête et chaque douleur, et de rester à terre tant que je ne peux pas faire autrement.
C’est la force qui m’a maintenue en vie après des coups, celle qui m’a fait rire quand je vivais des drames et celle qui m’a donné la foi à maintes reprises. Je me sens forte quand je pardonne, quand je compatis, quand je ressens l’amour et que je me reconnais en l’autre.
Je suis forte en avançant sans effacer le passé, en acceptant mes faiblesses d’aujourd’hui. Quand j’assume qui je suis, mes imperfections, que je me mets à nue, je peux pleurer des torrents d’émotions et dans le même temps soulever des montagnes. Je me sens forte alors, plus forte que jamais. C’est cette même force qui surgit de mon ventre quand je sais que mes sœurs vivent la même chose que moi, quand j’entends leurs murmures, leurs pleurs, leurs cris et leurs tourments.
Mes bras ont beau être tout mous, mon dos léger, mes jambes fébriles et mon corps fatigué, ce n’est pas de la rage qui me maintient, ce n’est pas étouffée que j’existe.