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25 Juin 2026 à 17:14:00
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un truc dans l'oeil (graphique - horreur - gros mots)

Auteur Sujet: Un truc dans l'oeil (graphique - horreur - gros mots)  (Lu 686 fois)

Hors ligne david_hum

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Un truc dans l'oeil (graphique - horreur - gros mots)
« le: 20 Juin 2025 à 18:41:03 »
Hello
J'ai terminé cette courte nouvelle d'horreur. C'est assez crade et cru. Si vous avez des remarques, je suis preneur.

Un truc dans l'oeil


Elle cligne des yeux.

Encore.

Mais le fil ne disparaît pas.

Un filament blanchâtre, à peine visible, qui flotte dans le blanc de son œil gauche, juste sous la cornée. Il ondule lentement, comme un cheveu noyé dans du lait. Un frisson lui traverse l’échine.

Elle s’approche du miroir. Plisse les paupières. Le filament remue. Il… nage.

Elle recule d’un pas, secoue la tête. Non. C’est rien. Une saleté. De la fatigue. Elle se penche de nouveau. Regarde mieux. Il est toujours là. Il s’est déplacé, comme s’il se cachait.

Elle saisit le miroir grossissant. Son visage explose en détails déformés. Les pores, les cils, les rougeurs. Et, là. Le ver.

C’est un ver. Un putain de ver translucide, englué sous la cornée, qui frémit lentement.

Elle panique. Grogne. Sa main tremble.

Elle attrape un coton imbibé d’eau micellaire, frotte son œil en râlant. Rien. Le ver se recroqueville, puis glisse à nouveau, comme pour lui échapper.

— Salope… tu vas sortir, salope…

Elle farfouille dans sa trousse. Pince à épiler. Elle la serre. Approche la pointe. Son œil cligne. Elle le force à rester ouvert.

Elle plante. Pince. Glisse. Rate. Elle pince encore. Elle gratte. Le métal glisse contre l’œil dans un crissement humide. Une goutte de sang perle au coin de la paupière.

Elle halète.

Reprend la pince. Recommence. Sa main tressaute. Le bout enserre un pli de cornée. Elle serre les dents. Tire.

Un gémissement de douleur.

Rien.

Le ver est plus profond.

Elle ouvre le tiroir. Attrape un coupe-ongles, une lime métallique. La lime brille sous la lumière blafarde.

Elle s’assoit. Fixe son reflet.

— Tu crois que tu peux te planquer ? Hein ? Espèce de merde visqueuse ? Tu veux vivre là-dedans ? TU CROIS QUE JE VAIS TE LAISSER FAIRE ?!

Elle plaque l’index sous l’œil. Prend la lime. L’enfonce doucement sous la paupière. L’angle cranté frotte la cornée. Elle pousse. Râcle.

Son cri déchire la salle de bain. La lime ressort, rouge, tachée.

Elle repose la lime. Prend la pince. Replonge.

Cette fois, elle sent la pointe s’enfoncer sous la surface de l’œil. Un pop humide. Un choc de douleur. Mais elle tient. Elle pince. Et elle tire.

Un demi-centimètre de ver émerge. Gélatineux. Frétillant. Elle tire encore. Il se rompt. La moitié retourne se  terrer.

Elle sanglote. Sa joue ruisselle de larmes tièdes et de sang dilué.

Elle regarde dans le miroir. Et là… un deuxième.

Au coin de l’œil droit. Plus petit. Mais déjà là.

Puis un troisième. Sous la paupière inférieure.

Elle hurle.

Marche vers la cuisine.

Ouvre le tiroir.

Saisit une petite cuillère.

Retourne dans la salle de bain. Allume le briquet. Fait danser la flamme. La cuillère noircit lentement.

Elle la souffle. La serre dans sa main moite. S’assoit. S’approche du miroir.
Et, sans trembler, elle lève la cuillère.

La pointe appuie contre l’orbite.

Elle pousse.

La douleur est immédiate. Vive. Cinglante. Elle grince des dents. L’œil résiste. Elle insiste.

La cuillère s’enfonce sous la paupière, racle l’os. Elle halète. La cuillère glisse, prend appui. Elle sent le globe rouler, frémir.

Elle pousse plus fort.

Et dans un craquement mouillé, l’œil bascule hors de son orbite. Il gonfle, pend à moitié hors de la cavité, relié par une traînée nerveuse et sanglante.

Elle hurle.

Mais elle continue.

Elle cale la cuillère sous le globe, et dans un geste brutal, elle soulève.

Pop.

Le globe jaillit, roule sur le carrelage, laisse derrière lui un sillon rouge et visqueux.

Elle reste figée. Le visage déformé. Le trou béant d’où suinte une bouillie rougeâtre.

Et sur le sol, l’œil la regarde encore.

À l’intérieur, trois vers tournoient lentement.
« Modifié: 20 Juin 2025 à 18:45:08 par david_hum »
"Là où nous tenons, en cet instant précis, dans les ruines dans le noir, ce que nous bâtissons pourrait être n'importe quoi." Chuck Palahnuik - Choke

Hors ligne Cendres

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Re : Un truc dans l'oeil (graphique - horreur - gros mots)
« Réponse #1 le: 20 Juin 2025 à 18:49:23 »
Merci pour le partage de ton texte

En effet c'est gore et violent, surtout que l'œil est un organe si important.

Ton texte est sanglant, mais a la fin de la lecture je m'attendais a une révélation, mais il y 'en aucune. Il est juste violent.

Je pense que ton héroïne doit être folle, car sous la douleur on arrêterais tout ca.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Murex

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Re : Un truc dans l'oeil (graphique - horreur - gros mots)
« Réponse #2 le: 21 Juin 2025 à 09:40:28 »

  Merci David-hum pour ce texte délicieusement horrible. Bien aimé le rythme vif que donne ces phrases courtes, il est parfaitement adaptées au sujet... on voit la chose, si l'on peut dire en pareil cas ! Une réussite.

Hors ligne Delnatja

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Re : Un truc dans l'oeil (graphique - horreur - gros mots)
« Réponse #3 le: 21 Juin 2025 à 16:00:55 »
Bonjour david_hum, pour être original, il l'est.
Le rythme est haletant.
On sent venir la fin, mais c'est bien amené.
Une réflexion me vient ; N'aurait-elle pas dû aller aux urgences ?
Belle journée.
Michèle

Hors ligne david_hum

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Re : Un truc dans l'oeil (graphique - horreur - gros mots)
« Réponse #4 le: 21 Juin 2025 à 16:08:16 »
Merci pour vos retours.
Effectivement, elle aurait du appeler le 15. Ça aurait été moins marrant à écrire.   :)
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