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29 Avril 2026 à 10:47:23
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Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Archives croulantes » BlindText » 21e édition - Des histoires positives » Balles jaunes et vieilles odeurs de sueur [BT 21 - Des histoires positives]

Auteur Sujet: Balles jaunes et vieilles odeurs de sueur [BT 21 - Des histoires positives]  (Lu 1775 fois)

Hors ligne Nacas

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Balles jaunes et vieilles odeurs de sueur

 

            J'ai un petit frère. Le vendredi soir, on va au babyfoot. C'est moi qui l'emmène, il n'a pas le permis ; il ne le passera jamais, il dit, il dit que ce n'est pas grave. Il pose sa tête contre la vitre de la voiture. L'intérieur du siège passager. On est en automne. Alors, c'est normal s'il pleut. La nuit est presque déjà tombée, il ne reste guère plus qu'une lueur au loin très loin, qui va s'éteindre. Et la route trempée.

Qui reflète les phares de notre voiture.

            « Il y a Dagon qui se tapit en chacun de nous. »

Des fois mon frère dit des phrases, comme ça, ça lui prend. Il ne peut pas s'en empêcher, on s'est beaucoup disputé à l'époque. Il les dit avec la plus intime, inébranlable ineffable conviction qu'elles sont vraies, un peu plus un rien de plus et ces phrases seraient les parpaings sur lesquels on a bâti la Réalité. Il y a ça dans ses yeux, quand il les dit. Cette conviction. Il y a toujours eu ça. Mais il ne sait jamais les expliquer ; et elles n'ont jamais eu aucun sens.

            À l'époque elles me rendaient triste, aujourd'hui je me remplis de compassion. Je ne réagis plus. Son front se font dans l'ailleurs extérieur de l'habitacle les gouttes traînent se traînent laissent en tracés indistincts des plus petites, qui se rejoindront bientôt pour former des ruisseaux, il les regarde. Je sais qu'il ne regarde pas le paysage défiler derrière ; de toute façon il fera bientôt nuit, bientôt il ne restera que les lampadaires pour illuminer son visage, et ils ne le feront que par intermittence.

Il n'avait pas cet air tristoune, avant, quand il les prononçait ses phrases-parpaings, non ; l'eau du temps s'est infiltrée, elle l'a imbibé de considérations, elles ont moisi sous son propre nez. Et ma colère vive d'alors s'est muée en sa contrition désolée. Avant, quand elles lui échappaient comme maintenant, il était crâne il avait l'air plein de hargne et de morgue, il avait l'air d'un chasseur qui venait de rapporter le plus grand des trophées. Je n'y comprenais rien, je ne le comprenais pas, mais je comprenais qu'il avait raison, qu'il le savait, non, mieux : qu'il le savait, et moi je l'admirais, tandis que cela m'échappait insupportablement. Mais, donc, l'eau s'est infiltrée. Les années, les jours, les semaines, se sont confondues ; d'être resté trop longtemps seul dans son monde, il s'est sclérosé et de ses bras, charogne, il ne peut plus dépiauter ce qui l'entoure. Il ne peut plus, il n'y arrive plus, ils sont trop gourds. Celle-là, je l'avais comprise. C'est normal, ce n'était pas un parpaing.

C'était de la pluie.

            On roule, sous la nuit. Mon petit frère, il a cinq ans de plus que moi. Je l'aime. J'ai un peu de mal à le lui dire ; je joue arrière au baby-foot, les gars du club nous saluent camaradement. Mon frère sort les siennes. Elles sont liserées de bandes bleues avec un grip en tissu, qu'il change de temps en temps, il les salue, les gars du club, toujours après moi. Et on va aider à la mise en place dans le fond du gymnase.

            Comme d'habitude.

            Comme tous les vendredis, on commence par les échauffements, tous, les balles roulent sur les verts plans tout plats, j'ai vissé mes poignées, je joue avec les cannes, celle du défenseur est bloquée, celle des défenseurs se tire toujours jusqu'aussi loin, je me fais des passes. Je sursaute, change de position comme s'il y avait un attaquant face à moi, je m'imagine ses mouvements – en poussée, en tirée ? Je ne tire pas une seule fois, cloîtré dans ma réconfortante partie de terrain, et avant que je n'aie eu le temps de le remarquer, le temps le temps de l'échauffement touche à sa fin. Les attaquants tirent à vide, celui qui s'est installé en face de mes joueurs a fini de rôder ses passages aux demis, il me regarde, il me sourit. Mathieu se penche et se concentre : je vais défendre contre ses tirs d'échauffe. Chaque fois que la balle ne passe pas, je la lui rends. Et il tire à nouveau. Au bout d'un moment, il souffle, il bloque la balle jaune, et il propose : « on fait un match ? » Alors on fait un match.

            Un peu plus tard dans la soirée, on fera un mini-tournoi plus sérieux. Les passes sont réceptionnées, et les tirs exécutés puis défendus, il joue avec Axelle, moi avec mon frère. On ne compte pas vraiment les victoires, et les défaites, on compte pour rythmer, et personne ne joue à fond. On discute, un peu. Enfin, sauf mon frère. Il a abandonné l'idée de faire semblant, que ça l'intéresse, de discuter, de faire semblant, avec une voix qui n'est pas tout à fait la sienne par exemple. Mais il écoute. Il écoute beaucoup, je le sais. Si je parle de façon si détachée, avec une voix si évidemment fausse, c'est parce qu'il est à côté.

            Si je peux faire aussi bien semblant, c'est parce qu'il me surveille.

            On est plutôt bons, au baby, alors quand en face ils en ont un peu marre que cela se fasse trop sentir, ils accusent le dernier point et ils nous saluent, tout en souriant, ils dévissent leurs poignées des cannes. Peut-être que nous étions les seuls à ne pas jouer à fond. Durant quelques minutes, on est seuls à la table, les autres jouent autour de nous, tirent, le grincement des pieds sur les sol les à-coups sur les cannes, qui coulissent, les bruits des frappes. Et les défenseurs qui les arrêtent. Il fait doux. La petite porte de secours du gymnase est ouverte. Dehors il s'est arrêté de pleuvoir. Le filet de frais ne peut pas chasser la chaleur de vingt-cinq hommes et femmes qui s'échinent de bon cœur, et il nous caresse tendrement. Elle nous caresse tendrement, la nuit. Des habitués des finales du vendredi soir prennent place face à nous, on se salue, et le rythme du match qui commence n'a plus rien à voir.

            Antoine, il tape vraiment très fort, et très précis. Il est terrifiant. Victor, c'est un barrage inébranlable aux demis. Je connais bien son attaque en revanche, je l'arrête plus souvent qu'il ne le voudrait. Avec les balles récupérées, je dois feinter mais j'arrive à faire des passes à mon frère. Mon frère, son attaque, c'est du bourrin. Mais c'est tellement rapide, que tu ne peux rien faire – t'y es déjà, ou tu prends un but. Ça fait Bam ! Cling ! Un son très caractéristique. Il a une balle à l'avant ? Bam – Cling ! T'as un point de plus à rattraper. Par contre il est en impro totale sur ses demis, il veut pas apprendre j'ai l'impression, à la réflexion, il faudra que je lui demande.

            On perd le match. On les félicite, ils nous félicitent, on s'est bien battus. Antoine et Victor nous proposent de taper une bière dehors, devant la sortie de secours. Les gens autour, qui aiment bien la bière aussi nous rejoindront dans pas longtemps, le temps de finir leur partie. C'est la mi-soirée. On sort dehors, le frais pique, puis flatte. L'air nous enveloppe.

            J'aime bien le son que fait la canette de bière quand je la perce. L'opercule lui défouaille le front, et je la porte à mes lèvres le liquide qui coule à travers ma bouche.

            Ma langue.

C'est bon, putain. Pedro nous rejoint, suivi de près par Laeti, il décapsule sa Ken sans alcool, son éternelle, et on trinque, et il parle un peu de son taf, et tout l'air bon sang tout l'air nous pénètre par toutes mes narines remplit mon cœur à le clouer au sol mon frère regarde les nuages. Le cou dévissé, leur indolence, qui se découpe en blanc sur le ciel noir. En gris sur le ciel anciennement bleu. Plongé dans l'obscurité. Il porte sa bière à ses lèvres.

            C'est moi qui écoute.

            Les autres parlent ensemble, et nous, on est les deux cons qui regardent le ciel. Ils s'en foutent. Pedro, Laeti, Victor, Amanda qui nous a rejoint, ils parlent fort et ils rient. Comme pour nous dire : vous avez le droit de rester silencieux.

On s'occupe du reste.

            Et la nuit se remplit de vendredi soir.

Le temps vient de rentrer à nouveau, on veut jouer, tous, c'est l'heure de la soirée de commencer à organiser le petit Monster, le format de micro-tournoi habituel. Assez nombreux à l'intérieur sont les jeunes nouveaux, et les vieux nouveaux, qui ne se sont pas arrêtés de jouer pendant notre réunion des vieux du club. Ils avaient trop envie de jouer pour s'arrêter, je les comprends. Chacun s'inscrit, Arnaud entre manuellement les noms de ceux qui n'ont pas de smartphone, ou qui ont sempiternellement la flemme d'installer l'application. Au moins nos noms il les connaît par cœur, il les note presque par réflexe maintenant. On va être vingt-trois inscrits, c'est pas mal, le club a six babys donc on pourrait tous jouer à chaque ronde, m'enfin, il manque un joueur. Ce n'est pas trop grave. L'appli fait en sorte que chacun joue un maximum de fois, elle forme les équipes à chaque ronde, mon frère et moi on se mélange aux autres, et on joue, et on gagne, et y'a un classement, et on ne le regarde pas parce qu'on s'en fout, et chacun de notre côté, on s'amuse tandis que la soirée touche à sa fin.

            Je ne suis pas le seul défenseur contre qui mon frère a du mal, mais quand je lui donne du fil à retordre je me prends à croire que c'est parce que j'ai quelque chose de spécial.

            Il crie et il s'exalte, contre moi, plus que dans aucun autre match. On perd, mon avant ne faisait pas le poids contre eux, même si c'était rigolo de voir Pedro prendre l'arrière de mon frère. Pedro défenseur, cela n'arrive pas souvent : c'est un très fort attaquant, mais mon frère ne sait vraiment jouer que les avants, et tout le monde le sait, alors Pedro a pris mon miroir. Les phases de poule se terminent, et il y a les éliminatoires, et mon frère et moi sommes – individuellement – chacun éliminés dès les quarts, on regarde les autres. Accoudés derrière les cages. À la fin, Laeti gagne. Et bim ! Pedro aura un gage.

            On ne sait pas lequel.

On va au baby le mercredi et le vendredi soir. Le reste de la semaine, il appartient à tout le monde. Le club s'éclate, de voix, se remercie, congratule son podium de la semaine, rit un peu plus, range le matos pendant que d'autres sont déjà partis ; on se souhaite une bonne soirée.

            On marche sur le parking. La porte du gymnase municipal a été refermée, les lumières éteintes.

            Et c'est putain de beau, quand même. Je soupire, enfonce vraiment profondément mes mains dans mes poches, où elles trouvent les poignées en magnésium. Sors les clefs.

Mon frère sur le siège passager.

Moi je prends le volant, dans les mains.

            « On a tous un truc indicible en chacun de nous à des endroits différents et quand ça résonne, quand ce truc indicible, tout juste nommable, résonne, c'est comme si notre âme explosait on est obligés de changer. ... Ou de figer une partie de nous-même pour l'éternité. »

 

            Mon frère a abandonné son permis à sa huitième heure de conduite, parce qu'il a angoissé et il a cru qu'il n'y parviendrait jamais.
« Modifié: 31 Mai 2025 à 16:04:32 par GameMaster »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Basic

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Bonjour

j'ai vraiment bien aimé ce texte.
Une écriture singulière qui rend palpable la relation entre les deux frangins, une plongée dans l'univers du baby foot quasi pro ( parfois je pensais à la l'humour mélancolique de "big leboski" des frères Coen)

Il y a quelques phrases que je te piquerais bien

quelques propositions
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Pour moi ce texte est positif sans niaiserie, avec un plus sur l'écriture.

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

En ligne Aponiwa

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Hello Gamemaster,

Citer
L'intérieur du siège passager.
Pas compris.

Citer
Et la route trempée.

Qui reflète les phares de notre voiture.
Pourquoi ce saut de ligne?

Citer
Il les dit avec la plus intime, inébranlable ineffable conviction qu'elles sont vraies
J'aurais viré ça.

Citer
Son front se font dans l'ailleurs extérieur de l'habitacle les gouttes traînent se traînent laissent en tracés indistincts des plus petites, qui se rejoindront bientôt pour former des ruisseaux, il les regarde.
Je crois qu'il manque des virgules.

Citer
J'ai un peu de mal à le lui dire ; je joue arrière au baby-foot, les gars du club nous saluent camaradement.
C'est un néologisme ?

Citer
Mon frère sort les siennes.
Les siennes de quoi ?

Citer
le temps le temps de l'échauffement touche à sa fin.
bug !

Citer
Il a abandonné l'idée de faire semblant, que ça l'intéresse, de discuter, de faire semblant, avec une voix qui n'est pas tout à fait la sienne par exemple.
Il fait beaucoup semblant !  ^^

Citer
L'opercule lui défouaille le front, et je la porte à mes lèvres le liquide qui coule à travers ma bouche.
Un peu maladroite cette phrase.

Citer
Pedro nous rejoint, suivi de près par Laeti, il décapsule sa Ken sans alcool, son éternelle, et on trinque, et il parle un peu de son taf, et tout l'air bon sang tout l'air nous pénètre par toutes mes narines remplit mon cœur à le clouer au sol mon frère regarde les nuages.
Idem, il manque de la ponctuation, je pense.

Citer
Et la nuit se remplit de vendredi soir.
J'aime bien cette phrase ! :)

Citer
Le club s'éclate, de voix, se remercie, congratule son podium de la semaine, rit un peu plus, range le matos pendant que d'autres sont déjà partis ; on se souhaite une bonne soirée.
?

Au final, le texte est vraiment sympa mais pas mal de phrases à retravailler.

Merci pour ton texte !  :)
« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

En ligne Luna Psylle

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Salut !

Pour la forme générale, on remarque assez vite l'aspect déstructuré, est-ce que c'est volontaire ? Je pense aux alinéas présents ou absents ou aux phrases cassées.

Pour la forme :

Citer
C'est moi qui l'emmène, il n'a pas le permis ; il ne le passera jamais, il dit, il dit que ce n'est pas grave.
La répétition de il dit m'apparait maladroite. Je pense que tu as moyen de jouer avec cette répétition, de créer une forme de mimétisme entre les deux bouts de phrases, de travailler les sons pour renforcer l'effet voulu. Si l'effet est voulu.

Citer
L'intérieur du siège passager.
Je n'ai pas compris cette phrase, son intérêt ici, comme ça. Une explication ?

Citer
On est en automne. Alors, c'est normal s'il pleut.
Une virgule avant le Alors ?

Citer
Et la route trempée.
C'est étrange à imaginer, une route trempée. Est-ce qu'il n'y aurait pas un terme plus adapté, peut-être propre aux conducteurs, qui renforcerait le parallèle entre les deux personnages, celui qui conduit et son passager qui n'a pas le permis ?

Citer
Des fois mon frère dit des phrases, comme ça, ça lui prend.
Encore une répétition que je ressens stylistique, ou du moins volontaire, mais qui m'apparaît très maladroite. Est-ce qu'il n'y aurait pas mérite à séparer ce qui paraît plus de la narration (mon frère dit des phrases, comme ça) de l'expression d'une opinion (ça lui prend) et mettre peut-être un peu de l'émotion du narrateur dans cette seconde partie.

Citer
Il les dit avec la plus intime, inébranlable ineffable conviction qu'elles sont vraies, un peu plus un rien de plus et ces phrases seraient les parpaings sur lesquels on a bâti la Réalité.
Il ne manque pas des virgules ? Ici (intime, inébranlable ineffable) ou là (un peu plus un rien de plus) ?

Citer
Il y a ça dans ses yeux, quand il les dit. Cette conviction. Il y a toujours eu ça. Mais il ne sait jamais les expliquer ; et elles n'ont jamais eu aucun sens.
J'aime beaucoup cette suite-là, de phrases :coeur: la mélodie a été impactante sur ma lecture.

Citer
Son front se font dans l'ailleurs extérieur de l'habitacle les gouttes traînent se traînent laissent en tracés indistincts des plus petites, qui se rejoindront bientôt pour former des ruisseaux, il les regarde.
se fond ?
répétition de traînent que je trouve, là encore, peu élégante.
Et j'ai un peu de mal avec la disposition des virgules, même si je vois l'image de la danse des goutte sur un pare-brise (qui me fait beaucoup penser à La Forme de l'Eau, si tu connais).



Je préfère sauvegarder ce début de message sur ces premières phrases, parce que j'ai déjà fait la boulette de ne pas sauvegarder et pouf ! message disparu d'un bloc. Entre toute la famille qui me parle, l'impossibilité d'être complètement au calme, l'erreur arrive vite. Bref, je continue...



Citer
Il n'avait pas cet air tristoune, avant, quand il les prononçait ses phrases-parpaings, non ;
Il me manque une virgule après prononçait, pour justifier les.

Citer
l'eau du temps s'est infiltrée, elle l'a imbibé de considérations, elles ont moisi sous son propre nez.
Alors, je n'ai peut-être pas la bonne logique, mais c'est plutôt positif, non ?

l'eau s'est infiltrée / l'a imbibée de considérations / ça le rend tristoune / les considérations ont moisi

Si elles ont moisi, elles ont moins d'impact, non ? Après, faut quand même le nettoyer, le moisi. D'où ma question sur ma propre logique face à cette phrase...

Citer
Avant, quand elles lui échappaient comme maintenant, il était crâne il avait l'air plein de hargne et de morgue, il avait l'air d'un chasseur qui venait de rapporter le plus grand des trophées.
Peut-être pas comme maintenant, du coup. Avant est différent de maintenant, ça se ressent bien.

Citer
Je n'y comprenais rien, je ne le comprenais pas, mais je comprenais qu'il avait raison, qu'il le savait, non, mieux : qu'il le savait, et moi je l'admirais, tandis que cela m'échappait insupportablement.
J'aime bien cette phrase, la répétition de comprenais, des autres verbes, les séparations aux bons endroits, tout ça rend vraiment très chouette :coeur: Mon seul bémol ici, c'est que j'aurais préféré une séparation plus marquée avant non. Je ressens une forme d'exclamation, d'excitation crescendo du narrateur, dans les mots, mais peut-être pas dans la ponctuation.

Citer
Les années, les jours, les semaines, se sont confondues ; d'être resté trop longtemps seul dans son monde, il s'est sclérosé et de ses bras, charogne, il ne peut plus dépiauter ce qui l'entoure.
J'aime bien cette phrase :coeur: c'est limpide et l'image est marquante.

Citer
C'était de la pluie.
J'y vois un reflet à la première phrase qui donnait l'impression d'être coupée de ce qui la précède pour être posée là toute seule.
J'ai soudain l'impression que ce sont des rappels qu'on n'est pas juste dans la relation entre deux frères, mais bien dans une voiture sous un temps de pluie.

Citer
Mon petit frère, il a cinq ans de plus que moi.
Ooooh :coeur: je ne sais pas si ce paradoxe est volontaire, mais ça rend très beau, cette idée que l'âge n'a tellement plus d'importance qu'il en a basculé, au point qu'ils ne cherchent plus trop à déterminer le plus jeune du plus vieux mais que ça se balance en fonction des aléas de la vie.

Citer
Je l'aime. J'ai un peu de mal à le lui dire ; je joue arrière au baby-foot, les gars du club nous saluent camaradement. Mon frère sort les siennes.
Je trouve dommage ce point-virgule : il ne laisse pas assez de place à l'amour silencieux.
Par contre, une question : sort les siennes quoi ? siennes ne se rattache à strictement rien ici, vu que le narrateur joue arrière et les gars du club saluent.

Citer
Elles sont liserées de bandes bleues avec un grip en tissu, qu'il change de temps en temps, il les salue, les gars du club, toujours après moi. Et on va aider à la mise en place dans le fond du gymnase.
J'aurais plutôt vu un point après temps en temps et une virgule après moi.
Séparer la description des actions.



Citer
            Comme d'habitude.

            Comme tous les vendredis,
Encore une répétition trop marquée, peut-être pas assez stylisée. Personnellement, je préfère le Comme tous les vendredis, si tu hésites à en styliser un ;)

Citer
je joue avec les cannes, celle du défenseur est bloquée, celle des défenseurs se tire toujours jusqu'aussi loin, je me fais des passes.
Comment je dois comprendre le second celle des défenseurs ? J'ai presque l'impression d'une note d'auteur par le biais du narrateur. "Comprends lecteur que, dans la scène, la canne du défenseur est bloquée, mais comprends lecteur que de manière générale, elle se tire toujours jusqu'aussi loin." et auquel cas, la ponctuation me semble hasardeuse.

Citer
Je ne tire pas une seule fois, cloîtré dans ma réconfortante partie de terrain, et avant que je n'aie eu le temps de le remarquer, le temps le temps de l'échauffement touche à sa fin.
le temps le temps : étourderie ou style ?

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Mathieu se penche et se concentre :
Le petit frère ? Je le suppose parce que c'est le personnage le mieux défini, mais rien n'est sûr à ce moment de la narration.

Citer
je vais défendre contre ses tirs d'échauffe.
En général, on défend quelque chose, mais comme ça a été plutôt bien décrit au-dessus, ça ne bloque pas ma lecture, je le note, c'est tout.

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Au bout d'un moment, il souffle, il bloque la balle jaune, et il propose : « on fait un match ? » Alors on fait un match.
J'ai un doute sur la forme officielle (dira-t-on) à adopter, mais je n'aurais pas mis de majuscule à Alors, pour permettre à la phrase de se lire presque d'un souffle.
De la même manière, j'élimerais la suite de il : il souffle, bloque et propose. Comme il n'y a pas d'autre sujet que il dans la phrase, ça peut gagner en fluidité.

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il joue avec Axelle, moi avec mon frère.
Ah bah Mathieu n'est pas le frère. Du coup, peut-être juste permettre au lecteur de le situer quand son nom apparaît la première fois.

Citer
On ne compte pas vraiment les victoires, et les défaites, on compte pour rythmer, et personne ne joue à fond.
ni les défaites ?

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Il a abandonné l'idée de faire semblant, que ça l'intéresse, de discuter, de faire semblant, avec une voix qui n'est pas tout à fait la sienne par exemple.
Cette phrase est d'une mélancolie :coeur: j'y ressens pleinement l'affection du narrateur pour ce frère.
J'aurais retiré des virgules : expliquer d'un souffle ce qu'il a abandonné à chaque fois. Et le par exemple m'apparait de trop.

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Mais il écoute. Il écoute beaucoup, je le sais. Si je parle de façon si détachée, avec une voix si évidemment fausse, c'est parce qu'il est à côté.

            Si je peux faire aussi bien semblant, c'est parce qu'il me surveille.
J'ai l'impression que ça sort un peu comme ça que le narrateur fait semblant : il a semblé plutôt présent dans l'action jusqu'ici, plutôt vrai. Si je parle de façon si détachée : est-ce que cette façon de formuler ne sous-entend pas que ça a déjà été dit quelque part ? si oui, où ? sinon, est-ce qu'on ne devrait pas lire derrière ce Si, une forme future de comment réagira le frère ? Si je parle... il réagira comme ça.

Autrement, j'aime bien ce lien tissé, imbrique presque trop les deux. Je ne sais pas comment le décrire, j'y lis vraiment que l'un sans l'autre semble une hérésie.



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            Antoine, il tape vraiment très fort, et très précis. Il est terrifiant. Victor, c'est un barrage inébranlable aux demis. Je connais bien son attaque en revanche, je l'arrête plus souvent qu'il ne le voudrait. Avec les balles récupérées, je dois feinter mais j'arrive à faire des passes à mon frère. Mon frère, son attaque, c'est du bourrin. Mais c'est tellement rapide, que tu ne peux rien faire – t'y es déjà, ou tu prends un but. Ça fait Bam ! Cling ! Un son très caractéristique. Il a une balle à l'avant ? Bam – Cling ! T'as un point de plus à rattraper. Par contre il est en impro totale sur ses demis, il veut pas apprendre j'ai l'impression, à la réflexion, il faudra que je lui demande.
Bien aimé ce paragraphe : plus vivant, le tempo plus entraînant.

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Pedro nous rejoint, suivi de près par Laeti, il décapsule sa Ken sans alcool, son éternelle, et on trinque, et il parle un peu de son taf, et tout l'air bon sang tout l'air nous pénètre par toutes mes narines remplit mon cœur à le clouer au sol mon frère regarde les nuages
Sur les quelques derniers paragraphes, j'avais trop rien à dire sur le rythme, comme si je m'y habituais, mais ici, je m'y perds de nouveau : et tout l'air bon sang tout l'air, manque des virgules pour moi, toutes mes narines, pas trop accroché à l'expression, et manque une virgule juste après. En fait, sans virgule, les sujets se mélangent et j'ai du mal à garder le fil.



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            Les autres parlent ensemble, et nous, on est les deux cons qui regardent le ciel. Ils s'en foutent. Pedro, Laeti, Victor, Amanda qui nous a rejoint, ils parlent fort et ils rient. Comme pour nous dire : vous avez le droit de rester silencieux.

On s'occupe du reste.

J'aime beaucoup cette idée qu'ils font partie de ce tout :coeur:, que, sans leur silence pour compenser, on perdrait l'équilibre avec les copains trop bruyants.

Le seul détail, c'est la phrase solitaire : j'ai jusqu'ici eu l'impression d'une balle envoyée au lecteur, comme des rappels, entre le narrateur, peut-être le frère, et le lecteur. Cette dernière intègre presque le reste de la bande, et je perds de cette proximité que j'avais trouvé en ces phrases.

Citer
Le temps vient de rentrer à nouveau, on veut jouer, tous, c'est l'heure de la soirée de commencer à organiser le petit Monster, le format de micro-tournoi habituel.
de la soirée de commencer : perturbée par la formulation.



Citer
Assez nombreux à l'intérieur sont les jeunes nouveaux, et les vieux nouveaux, qui ne se sont pas arrêtés de jouer pendant notre réunion des vieux du club. Ils avaient trop envie de jouer pour s'arrêter, je les comprends. Chacun s'inscrit, Arnaud entre manuellement les noms de ceux qui n'ont pas de smartphone, ou qui ont sempiternellement la flemme d'installer l'application. Au moins nos noms il les connaît par cœur, il les note presque par réflexe maintenant. On va être vingt-trois inscrits, c'est pas mal, le club a six babys donc on pourrait tous jouer à chaque ronde, m'enfin, il manque un joueur. Ce n'est pas trop grave. L'appli fait en sorte que chacun joue un maximum de fois, elle forme les équipes à chaque ronde, mon frère et moi on se mélange aux autres, et on joue, et on gagne, et y'a un classement, et on ne le regarde pas parce qu'on s'en fout, et chacun de notre côté, on s'amuse tandis que la soirée touche à sa fin.
J'aime bien le rythme, surtout sur la fin de la dernière phrase, mais tout le paragraphe s'en ressent.
les jeunes nouveaux, et les vieux nouveaux, [...] des vieux du club : belle image.

Citer
Le club s'éclate, de voix, se remercie, congratule son podium de la semaine, rit un peu plus, range le matos pendant que d'autres sont déjà partis ; on se souhaite une bonne soirée.
Je cherche le sens de ce de voix.

Citer
            Mon frère a abandonné son permis à sa huitième heure de conduite, parce qu'il a angoissé et il a cru qu'il n'y parviendrait jamais.
Je ne suis pas sûre de comprendre cette phrase, à la fois en décalage avec leur binôme, et en décalage avec ces vendredis soirs. Elle ne sonne pas comme une conclusion à la scène, pour moi.



Sur le fond :

Dans ce que j'ai aimé, que j'ai presque cherché au cours de ma lecture, c'est cet amour fraternel, silencieux car il n'a besoin de rien de plus que des signes muets et discrets. Ca m'a fait me sentir de trop, presque un parasite dans leur intimité, mais ça reste très beau à lire.

Comme tu as demandé du détail, j'ai joué à fond cette carte, et essayé d'exprimer au mieux ma lecture, mes soucis comme mes déclics, mes retours et mes ressentis.

Une bonne journée à toi !
« Modifié: 01 Juin 2025 à 15:08:13 par Luna Psylle »
If the day comes that we are reborn once again,
It'd be nice to play with you, so I'll wait for you 'til then.

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Hello GameMaster,

C’est le dernier texte que je commente car il est noté que tu veux le retravailler et j’ai du mal à faire un commentaire bien utile car la façon dont ce texte est écrit me déroute.
Les répétitions, les phrases tronquées… je ne sais pas dire si ce sont des erreurs ou bien une réelle volonté (je penche pour la deuxième car cela semble volontaire)
Par ailleurs, on voit bien que le texte est travaillé, recherché et certaines tournures sont vraiment intéressantes.
Du coup, je pense revenir un peu plus tard. Il faut que je laisse mijoter tout ça et que je le relise d’une traite en sachant à quoi j’ai affaire ;)
Merci

Hors ligne Rémi

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Salut Gamy !

Un texte touchant, avec de belles fulgurances et l'esprit du narrateur qui imprègne cette relation avec son frère. Il ne se passe rien et c'est vraiment très chouette.
Peut-être affiner le dosage de la narration étrange, des ponctuations originales, mais j'ai beaucoup aimé.

Citer
J'ai un petit frère. Le vendredi soir, on va au babyfoot. C'est moi qui l'emmène, il n'a pas le permis ; il ne le passera jamais, il dit, il dit que ce n'est pas grave. Il pose sa tête contre la vitre de la voiture. L'intérieur du siège passager. On est en automne. Alors, c'est normal s'il pleut. La nuit est presque déjà tombée, il ne reste guère plus qu'une lueur au loin très loin, qui va s'éteindre. Et la route trempée.
très original ce rythme
Je sais pas si c'est ton souhait, mais on a l'impression, dès ces premières lignes, que le narrateur a un trouble psy. (me fait penser à Lenny)
"L'intérieur du siège passager." ==> Oh, une phrase non verbale ^^ ; plus sérieusement, je capte pas ce que veux dire le narrateur.

Citer
Il les dit avec la plus intime, inébranlable ineffable conviction qu'elles sont vraies, un peu plus un rien de plus et ces phrases seraient les parpaings sur lesquels on a bâti la Réalité.
Joli ; le narrateur envoie une espèce d'envolée lyrique après les phrases très courtes du début, intéressant (comme si il y avait quelque chose qui se débloquait dans sa tête)

Citer
Son front se font dans l'ailleurs
fond

Citer
Son front se font dans l'ailleurs extérieur de l'habitacle les gouttes traînent se traînent laissent en tracés indistincts des plus petites, qui se rejoindront bientôt pour former des ruisseaux, il les regarde.
comme au-dessus, j'ai une impression d'embrouillement dans l'esprit du narrateur (la ponctuation fait ça)

Citer
mais je comprenais qu'il avait raison, qu'il le savait, non, mieux : qu'il le savait, et moi je l'admirais, tandis que cela m'échappait insupportablement.
je capte pas
et je capte pas les italiques (peut-être ça va s'éclairer ensuite)

Citer
Mon frère sort les siennes. Elles sont liserées de bandes bleues avec un grip en tissu,
les siennes de quoi ?

Citer
celle du défenseur est bloquée,
du gardien ?

Citer
On ne compte pas vraiment les victoires, et les défaites, on compte pour rythmer, et personne ne joue à fond.
là, je vois pas l'intérêt de la première virgule

Citer
Le club s'éclate, de voix, se remercie, congratule son podium de la semaine, rit un peu plus, range le matos
j'aime bien sa façon de raconter le monde, mais là, "le club range le matos", ça fait zarb

Merci pour la lecture !

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Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Cendres

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Merci pour ton texte.

Je suis désolée, mais je n'ai pas accroché à ton texte. Déjà, il y a des expressions dont le sens m'échappe comme :
"il était crâne il avait l'air plein de hargne et de morgue."
Et ensuite des phrases qui sont incohérentes comme :
"Mon petit frère, il a cinq ans de plus que moi. "

La structure du texte n'est pas claire. On dirait une personne qui pense et qui écrit tout ce qui la passe par la tête.
Je n'aime pas donner des avis négatifs, mais c'est que j'ai éprouvé en le découvrant.

Comme tu peux voir, les autres lecteurs ont apprécié de le découvrir. C'est juste le reflet de mes goûts et comme on dit, on ne peut pas plaire à tout le monde.
Au moins ton écriture a un style original ;)
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Nacas

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Haloy Gm.

Argh ! Tu veux le retravailler...

Bon. Je me mets aux fourneaux. Luna, je t'emprunte quelques citations ! Je vois que consœur tu as élevé quelques briques, et certaines me plaisent je souhaite m'en servir.

Au fil du texte donc;

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Bon sang. Je crois que tu m'as eu :
Je les kiffe trop ces deux-là :'(

Cependant, (j'écris cette "conclusion-hors-spoiler" pendant que je passe le texte au peigne dedans le spoiler) je crois que je me suis un peu ennuyé au final, dans ma lecture. J'ai pas été entièrement happé, quoi. Ces frères que j'ai très envie de côtoyer, ben, le texte les éloigne de moi plus qu'autre chose. "La vie" "Bouhouhou c'est le vendredi soir", tout ça, ben, ça ne me touche pas plus que ça. Et le babyfoot, n'a pas été un prétexte suffisant pour moi (ni la bière).

Sinon, je sais, c'est pas trop mal mais, ton texte lui-même ne manque-t-il pas un peu de Dagon ? Au final, il ne raconte rien mais il ne raconte pas le rien non plus, sa substance provient de sa faculté à se lire doucement, tranquillement malgré tout, mais... déjà elle est perfectible, en l'état, et ensuite est-ce qu'elle ne serait pas présente de toute façon avec un texte qui raconterait à la place quelque chose ?
Mais encore, j'ai trouvé la plume correcte, agréable quoique grippée parfois (et parfois damnante, donc de quoi je me plains en fait finalement ? Brwef)
J'aimerais lire des trucs plus explosifs de toi dans ce cas. (Pk pas de l'horreur ? FAISONS UN BT HORREUR !!) Je rôte ma joie et un peu de déception (pardon.) Euh... prends ma déception comme un encouragement ?
Ouais !

T'as déjà lu un peu de Dostoïevski ? Je pense que ce vieux russe tout engoncé pourrait te plaire. (pas que plaire soit la plus unique forme de chose souhaitable et la littérature son esclave indolent ! m'enfin il écrit de la jolie prose, qui s'entortille un peu comme la tienne j'ai trouvé quelquefois.)

Si je parle de Dosto au final, c'est que c'était un bon texte, qui m'a plu. Oublie ma déception et fonce, double-frère de babyfoot.

Merci pour le texte.

À la prochaine.


Confusément,
Nacas
« Modifié: 04 Juin 2025 à 11:59:59 par Nacas »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Ocubrea

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Bonjour GameMaster !

Bon, je vois que mes prédécesseurs ont déjà très largement exaucé ton souhait de commentaires un peu plus poussés, je vais m'y atteler aussi, mais il y aura du coup probablement des redites et je te laisse faire le tri ! ;)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Alors, de manière générale, j'ai été très déroutée, et j'ai eu l'impression tout au long du texte que quelque chose m'échappait. Qu'une certaine clef de de lecture me manquait, que j'étais face à plusieurs pièces provenant de puzzles différents et que j'essayais de les faire aller ensemble.
Bref, je n'ai pas trop compris.

J'ai bien aimé l'ambiance générale, cette petite tranche de vie qui met l'accent sur la complicité du narrateur avec son frère, avec une vibe calme et posée... mais d'un autre côté j'ai trouvé que ça manquait un peu de susbtance, et que tout tournait trop autour dudit frère justement, comme si ton narrateur s'effaçait complètement devant lui. Au point, comme je le disais plus haut, qu'on est même pas sûr(e) de savoir si c'est un homme, une femme ou une personne non-binaire ^^.

Pour le baby foot, n'étant pas une fan ni joueuse moi-même, certains passages m'ont paru un peu longuets, mais ça j'imagine que c'est une question de goût.

Donc dans l'ensemble, je garderais l'ambiance générale, le côté "tranche de vie" et l'accent mis sur la relation avec le frère, mais j'essayerais de rajouter un fil rouge, un peu plus de cohérence, d'avoir un aspect un chouia moins décousu. Il n'en aurait pas fallu beaucoup pour que je sois prise de court, mais plutôt dans le bon sens du terme, je crois !

Courage pour le retravail de tout cela, et merci pour la lecture !
"Il est plus facile de jouer au mikado avec des spaghettis crus qu'avec des spaghettis cuits.” - Philippe Geluck.

Hors ligne Alan Tréard

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Bonjour GameMaster,


Une lecture pleine de secrets dont tu ne révèles que l'essentiel. J'ai pris plaisir à suivre cette rencontre entre chaque personnage et sa manière d'être toute différente des autres.

Il y a de jolies métaphores creusées et développées. La description de l'ambiance est poussée et permet de se faire une idée de comment s'est passée la soirée.


Merci à toi pour ce moment de lecture.

Et à bientôt pour la phase des révélations.

Hors ligne BAGHOU

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Bonjour,

Difficile de conseiller, toutefois si je peux me permettre, je raccourcirai les passages avec les parties de baby foot, elles ne sont pas super bien rendues. En tout cas, elles desservent le plus important : la relation entre frères. Cette relation est centrale et doit s'imposer et surtout être mieux développée. On devine ce qui n'est pas dit sans toutefois avoir des certitudes. C'est frustrant.

"Mon petit frère, il a cinq ans de plus que moi." Cette phrase est le véritable titre de l'histoire et la colonne vertébrale du texte. L'activité baby foot n'est que le lien qui renforce leur relation particulière, une sorte de fil rouge ou mieux le décor de l'histoire.

Personnellement, le titre ne donne pas envie de lire, c'est un repoussoir ! On pense tennis avec les balles et chaussettes humides ou pire dessous de bras !  S'il faut le garder, alors il faut le remettre dans le texte comme un leitmotiv et en rire.

Si vous êtes une autrice, j'en perds mon latin.  :'( Si vous êtes un auteur, alors il vous faut en urgence un conseiller pour séduire les lecteurs et surtout les lectrices !  :D
"La critique, art aisé, se doit d'être constructive." Boris Vian dans "Les chroniques du menteur".

Hors ligne Samarcande

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Salut Gamer,

quelques notes au fil de ton texte exigeant.

Citer
Balles jaunes et vieilles odeurs de sueur
Pas très fan du titre, même s'il pose une ambiance.


Citer
Qui reflète les phares de notre voiture.
Je ne comprend pas l'emphase mise sur cette phrase avec le point qui la sépare de la phrase précédente et le retour à la ligne.


Citer
            « Il y a Dagon qui se tapit en chacun de nous. »
C'est vague comme référence. On ne sait à qel "Dagon" tu fais référence. Mais j'aime bien ce flou.

Citer
Il les dit avec la plus intime, inébranlable ineffable conviction qu'elles sont vraies, un peu plus un rien de plus et ces phrases seraient les parpaings sur lesquels on a bâti la Réalité.

J'aime beaucoup... :coeur: :coeur: :coeur:

Citer
            À l'époque elles me rendaient triste, aujourd'hui je me remplis de compassion. Je ne réagis plus
.
Je trouve ça très chouette pour décrire la relation avec son "grand petit frère".

Citer
Mais, donc, l'eau s'est infiltrée. Les années, les jours, les semaines, se sont confondues ; d'être resté trop longtemps seul dans son monde, il s'est sclérosé et de ses bras, charogne, il ne peut plus dépiauter ce qui l'entoure.
Je trouve la métaphore un peu forte avec la douceur de ce qui précède. J'ai buté contre. Mais peut-être est-ce l'effet souhaité.

Citer
Il ne peut plus, il n'y arrive plus, ils sont trop gourds. Celle-là, je l'avais comprise. C'est normal, ce n'était pas un parpaing.

C'était de la pluie.
:coeur:

Citer
Mon petit frère, il a cinq ans de plus que moi.
:coeur:
J'aime que cette info arrive à ce moment.

Citer
Je l'aime. J'ai un peu de mal à le lui dire ;
Est-ce necessaire  ?

Citer
je joue arrière au baby-foot, les gars du club nous saluent camaradement. Mon frère sort les siennes.

Il me semble qu'il manque un truc ici : les siennes quoi ?


Citer
les verts plans tout plats
Pourquoi cette inversion "verts plans" ? Il me semble que le personnage aurait plutôt tendance à utiliser les mots dans l'ordre habituel, comme je le perçois au fil du texte, tout pétri d'habitude qu'il est par rapport au baby foot.

         
Citer
  Comme tous les vendredis, on commence par les échauffements, tous, les balles roulent sur les verts plans tout plats, j'ai vissé mes poignées, je joue avec les cannes, celle du défenseur est bloquée, celle des défenseurs se tire toujours jusqu'aussi loin, je me fais des passes. Je sursaute, change de position comme s'il y avait un attaquant face à moi, je m'imagine ses mouvements – en poussée, en tirée ? Je ne tire pas une seule fois, cloîtré dans ma réconfortante partie de terrain, et avant que je n'aie eu le temps de le remarquer, le temps le temps de l'échauffement touche à sa fin. Les attaquants tirent à vide, celui qui s'est installé en face de mes joueurs a fini de rôder ses passages aux demis, il me regarde, il me sourit. Mathieu se penche et se concentre : je vais défendre contre ses tirs d'échauffe. Chaque fois que la balle ne passe pas, je la lui rends. Et il tire à nouveau. Au bout d'un moment, il souffle, il bloque la balle jaune, et il propose : « on fait un match ? » Alors on fait un match.

Un peu technique pour moi, je ne visualise pas tout comme je devrais, mais ça me va aussi ce flou et il me semble normal que pour le personnage il n'y ait pas besoin d'explications. C'est son sport et il en connait les nuances.


         
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  Un peu plus tard dans la soirée, on fera un mini-tournoi plus sérieux. Les passes sont réceptionnées, et les tirs exécutés puis défendus, il joue avec Axelle, moi avec mon frère.
Peut -être répéter Mathieu au lieu de il ?

Citer
On ne compte pas vraiment les victoires, et les défaites, on compte pour rythmer, et personne ne joue à fond.

 :coeur: J'aime beaucoup cette ambiance.

Citer
Le filet de frais ne peut pas chasser la chaleur de vingt-cinq hommes et femmes qui s'échinent de bon cœur, et il nous caresse tendrement. Elle nous caresse tendrement, la nuit. Des habitués des finales du vendredi soir prennent place face à nous, on se salue, et le rythme du match qui commence n'a plus rien à voir.
Je suis pas sure de comprendre la nécessité de cette répétition si ce n'est pour souligner une sorte de tic de langage du perso.

Citer
            Antoine, il tape vraiment très fort, et très précis. Il est terrifiant. Victor, c'est un barrage inébranlable aux demis. Je connais bien son attaque en revanche, je l'arrête plus souvent qu'il ne le voudrait. Avec les balles récupérées, je dois feinter mais j'arrive à faire des passes à mon frère. Mon frère, son attaque, c'est du bourrin. Mais c'est tellement rapide, que tu ne peux rien faire – t'y es déjà, ou tu prends un but. Ça fait Bam ! Cling ! Un son très caractéristique. Il a une balle à l'avant ? Bam – Cling ! T'as un point de plus à rattraper. Par contre il est en impro totale sur ses demis, il veut pas apprendre j'ai l'impression, à la réflexion, il faudra que je lui demande.
Pareil qu'au dessus.

Citer
On sort dehors, le frais pique, puis flatte.
:coeur:

         

Citer
Le temps vient de rentrer à nouveau, on veut jouer, tous, c'est l'heure de la soirée de commencer à organiser le petit Monster, le format de micro-tournoi habituel. Assez nombreux à l'intérieur sont les jeunes nouveaux, et les vieux nouveaux, qui ne se sont pas arrêtés de jouer pendant notre réunion des vieux du club. Ils avaient trop envie de jouer pour s'arrêter, je les comprends. Chacun s'inscrit, Arnaud entre manuellement les noms de ceux qui n'ont pas de smartphone, ou qui ont sempiternellement la flemme d'installer l'application. Au moins nos noms il les connaît par cœur, il les note presque par réflexe maintenant. On va être vingt-trois inscrits, c'est pas mal, le club a six babys donc on pourrait tous jouer à chaque ronde, m'enfin, il manque un joueur. Ce n'est pas trop grave. L'appli fait en sorte que chacun joue un maximum de fois, elle forme les équipes à chaque ronde, mon frère et moi on se mélange aux autres, et on joue, et on gagne, et y'a un classement, et on ne le regarde pas parce qu'on s'en fout, et chacun de notre côté, on s'amuse tandis que la soirée touche à sa fin.

            Je ne suis pas le seul défenseur contre qui mon frère a du mal, mais quand je lui donne du fil à retordre je me prends à croire que c'est parce que j'ai quelque chose de spécial.

            Il crie et il s'exalte, contre moi, plus que dans aucun autre match. On perd, mon avant ne faisait pas le poids contre eux, même si c'était rigolo de voir Pedro prendre l'arrière de mon frère. Pedro défenseur, cela n'arrive pas souvent : c'est un très fort attaquant, mais mon frère ne sait vraiment jouer que les avants, et tout le monde le sait, alors Pedro a pris mon miroir. Les phases de poule se terminent, et il y a les éliminatoires, et mon frère et moi sommes – individuellement – chacun éliminés dès les quarts, on regarde les autres. Accoudés derrière les cages. À la fin, Laeti gagne. Et bim ! Pedro aura un gage.
Je suis pas hyper fan de ce passage. Je ne suis pas sure qu'il ajoute grand-chose à ce que j'ai perçu précédemment ou dans la relation des deux frères, si ce n'est "faire ambiance".



Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

J'aurais bien mis toute la partie à partir de "le club s'éclate" avant "On va au baby". Par question de chronologie, qui, jusqu'à présent a été respectée scrupuleusement par ton narrateur. Peut-être est-ce un choix d'introduire une rupture à ce moment précis du texte, mais je n'en cueille pas le sens.

           
Un très beau texte, exigeant, mais j'aime beaucoup ce qu'il dit entre les lignes et le doux amer que la lecture me laisse.

« Modifié: 09 Juin 2025 à 22:55:07 par Samarcande »
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

 


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