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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » [Explicite] Quête sensorielle

Auteur Sujet: [Explicite] Quête sensorielle  (Lu 557 fois)

Hors ligne Auzya

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[Explicite] Quête sensorielle
« le: 20 Mars 2025 à 18:53:28 »
Un volant, un deuxième, un troisième,
 Un piquant, un cinquième, un sixième,
 Un bourdonnant, un septième, un énième,
Ces séquoias, cirque de malins gobelins,
De leur ironie farceuse, persiflent, doyens,
Mon crâne se mue en atome à insectes,
Mouches-électrons, voltigeant dans l’infect.

Le parfum nauséabond de l’océan de cette forêt,
Doux coït serpentoïde d’émanations bigarrées,
Même cul-de-jatte, je me presserai d’y ramper.

Ma science cartographie ce lieu,
M’approche de cette source-Dieu,
Sur la route, des macareux frileux
Frissonnent, dans le froid du bois bleu.

L’odeur grandit à l’entrée d’une clairière,
Son nombril est un kaléidoscope stellaire,
Un château de fleurs, de ce colosse de lilas,
Des fines meurtrières sont tirées des daturas.
Des terrasses où l’on sieste aux coquelicots,
On débat et disserte, des thèses sur le cogito.
Des abeilles chantent l’hymne au drapeau d’amsonia,
Sur les tours de mimosas, perlés de vitraux d’acacias.
Douve de lavande, herse d’alysse, porte aux camélias,
Nymphe Chloris, de ses mains me tend un muguet, et
La Mère de la Rose me guide en silence, vers la futaie.

Embaumé, coquin, proche de l’extase,
Cette turquoise quête sensorielle dériva,
Quand, essoufflé contre un séquoia,
Ma main sentit le rythme, la pulsation,
Un souffle, une vibration, la respiration.
Je tombe au sol, paniqué, sous-conscient,
Les témoins silencieux du passé,
Sont imbibés du sur-vivant.

N’ai-je pas le luxe, l’instant de me relever,
Que je sens mes doigts grouillés, mâchés,
Une escouade de vautour-tête-de-taureau,
Larguant les bombes-punaises caporaux.
D’un désaccord avec la loi du festin-parasite,
Mes doigts missillent et promeuvent la faillite.

A nouveau sur pied, de nouveau raisonné, toujours apeuré,
J’inspire encore les phéromones, l’odeur est toute près.
La fragrance fétide inonde mes pauvres vêtements.
La fin s’approche, si impatient, j’accours, véhément,
Vers le voile vermeil de l’éveil, d’où j’entrevois
Les dagues de lumière bleue qui assassinent le joli bois.


……………………………….


Lotus.

Olympien, indicible, né du Styx,
Mythologique, L’Aède prolixe,

Ses pétales se dessinent en rotoscopie, en éclipse,
Cadran cosmique, ses décans sont apocalypses ;

Une ellipse de verre ceint d’algue et d'agate, gravé de hiéroglyphes vêpres.
Un tronc de palmier d’horloges, figées à midi, reflète un lac de méduses-lèpres.
Une oreille d’âne, amoureuse d’un violon, frotte ses cordes, enlace son manche,
Une queue-cheval, sentinelle jalouse, la fouette, raciste d’ânes, la tranche.
En contrebas, des cavaliers de bois sont emportés par une avalanche d’argile,
D’en haut les lapins-couronnés, de leur griffe royale, burinent le chêne servil.
Une plaque de poux aux boucliers d’or, pour l’amour d’une queue amorphe de sirène,
Guerroie avec un village de requins-pêcheurs, au soleil fade d’une baudroie-phalène.
Une langue géante s’élance, curieuse, malicieuse, sur le sommet d’iceberg de son voisin glacé.
Sa mâchoire est asservie par des aigles, leurs nids plantés dans la cavité des dents cariées.
Les aiglons sont nourris de la pitance d’à côté, de cochons-loups auréolés, blonds aux oreilles bouclées.
Un majeur arc-bouté, de son ongle-rubis-saphir, gratte le gazon d’une plage de cadavres nimbés.
Un bousier imite Sisyphe sur une colline-herbier-marbré, il rêve d’offrir une eau d’avarie, à sa belle astérie.
Grandiose, statue de la liberté, un corbeau-cygne aux yeux moroses, l’aile gauche amputé, paraplégie,
L’aile droite, déplumée d’écaille, coasse ses matines, cocasse est la mort de ne pas le sacrer égérie.
D’une vulve va-et-vient, des légions légiférés de moustiques-morts-vivants. Ce pétunia perle, périmètre poisseux, inlassable, des cascades infinies de sanie.
Haute de deux baobabs, une mante-religieuse saphiste, a une sade insistance, de sa six-seringues-griffe, à lui fêler le feu clitoris.

Ce lotus est une synthèse de syphilis.
Les reflets du lac s’annihilent quand la table d'émeraude,
Le nénuphar s’élève, et révèle des jambes de ribaude.
La Divine, courtoise, me fait la révérence, la confidence
Du centre de son chaos floral, une paupière en silence,
Ses cils fine beauté s’éloignent, m’est dévoilé la luisance
D’une sclère noire-étoilée, iris-terre, pupille-lunaire, luminescence.
Cet œil-univers me fixe, comme une mère son fils, une nuisance,
Dans la rixe de ce typhon hurlant vers l'abysse, vers l’omniscience.


……………………………….


Miaou ?


Azaël, gros chat, ne m’embête pas pendant que je travaille.

« Si je laisse mes vices transpirer dans ces pages, on ne croira que mieux aux vertus que j’y fais resplendir. »

 


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