Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

01 Juillet 2026 à 11:41:49
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Alexander

Auteur Sujet: Alexander  (Lu 2844 fois)

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
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Alexander
« le: 01 Février 2025 à 17:52:35 »
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Alexander claque la portière de la voiture. Autour de lui, l’air bourdonne du travail tardif des insectes. Il contemple les rosiers qui encadrent l’entrée de la maison, qui continuent de fleurir comme si l’été venait de s’installer, comme si la nature n’allait pas, d’un instant à l’autre, se flétrir à nouveau. Quelque chose en lui lui implore de fuir ces buissons épineux, de chercher autre chose de moins abrasif, de plus lisse. Il détourne son regard vers les collines. Là-bas, la limpidité de l’air semble avoir élargi les distances. Le ciel – rarement aussi bleu – donne l’impression de couvrir une étendue bien plus vaste que d’habitude, comme si depuis ici, il voulait créer un accès direct à la mer. Ces grands espaces soudain ressentis se réverbèrent en Alexander, coïncident magnifiquement avec l’envergure de son intuition qui, précisément aujourd’hui, semble déceler des relations ordinairement hors de sa portée.

Pour ne pas brusquer ce moment précieux, Alexander emprunte le chemin du jardin plutôt que d’entrer directement dans la maison. Parmi les arbres et les pans de ciel azur, il s’immerge sans retenue dans l’entrelacement de ses pensées. Pour une fois, il les distingue toutes lucidement, peut s’en approcher ou s’en éloigner à sa guise comme s’il était un voyageur indépendant. Et là, juste là, apprivoisée, docile, il perçoit enfin cette connexion qui se refusait à lui depuis des mois. Les rayons qu’elle projette illuminent des contrées de possibilités qu’il n’osait espérer. Il n’en croit pas ses yeux tellement elle est belle, parfaite, envisage déjà toutes les manières de la décrire, la formaliser, et puis pourquoi pas ? la présenter, à ses collègues et au reste de la communauté scientifique.

Lentement, il se dirige vers l’entrée de la véranda. À l’intérieur, un amalgame discordant de bruits l’arrache à ses pensées. Quelqu’un, sa femme probablement, écoute de la musique tournée à plein volume dans la cuisine en ouvrant et refermant des placards sans délicatesse. De la salle de bain provient le fracas de la machine à laver qui semble vouloir perforer le carrelage, s’y enfoncer à tout jamais. Alexander s’imagine se glisser incognito le long des murs et gagner le refuge de son bureau. Là, il pourrait profiter de la clairvoyance de son esprit – qu’il sait, hélas, fragile et temporaire – pour examiner la découverte qu’il vient de faire. Il pourrait alors se sentir, quelques merveilleux instants encore, capable, vigoureux, aussi jeune qu’au début de sa carrière, ennobli de rêves et d’ambition. 

Il s’introduit à contrecoeur dans le séjour lumineux. La silhouette de Kristina se meut à contre-jour derrière l’îlot central de la cuisine. Il se retient de la saluer, s’essaie un instant à la contempler dans son insouciance, son corps énergique se déplaçant en cadence avec le rythme de la musique. Longue, élégante, un soupçon de tensions dans les épaules, des mouvements précis, qui marquent l’habitude et l’expertise, une chevelure blonde qui pourrait être plus ample et soyeuse, mais qui dans l’ensemble ajoute une note gaie à un tableau qui, il veut s’en convaincre, reste sublime. Comment, se demande-t-il, parvient-elle à susciter une telle illusion de force et de stabilité, quand il sait que par moments, elle ne rêve que de hurler et de briser des verres, de se recroqueviller et de disparaître ?

Elle lève le regard, remarque sa présence. Un léger sourire se peint sur ses lèvres.
– Je pensais justement à toi, dit-elle en déposant une casserole sur le marbre du comptoir.
– Ah oui ? s’efforce d’hurler Alexander pour courir le bruit ambiant.
Elle pouffe et ordonne à l’assistante virtuelle de réduire le volume de la musique. Elle s’avance vers lui. Il l’embrasse sur la joue, s’apprête à l’enserrer dans ses bras mais la voilà qui s’échappe déjà et s’en retourne derrière  le comptoir.
– La semaine prochaine, il y a un congrès sur le minimalisme auquel j’aimerais bien participer.
Elle ne poursuit pas sa phrase tout de suite, semble soupeser Alexander du regard comme pour anticiper sa réaction.
– Oui, et bien ? l’encourage-t-il patiemment.
– Ça signifierait que tu ailles chercher Anton au foot et que tu prépares le dîner les deux soirs.
– Oui, oui, bien sûr ma chérie, affirme-t-il, déçu, au fond de lui, par ces détails banals de logistique. Il s’attendait à une pensée plus intime qui magiquement aurait effacé l’impression de futilité qui vient de l’assaillir.
– Tu y vas seule, à ce congrès ? la relance-t-il, pris d’un furtif soupçon pendant qu'elle continue de vider le lave-vaisselle.
– Avec Birgit, répond-elle sans se retourner.
– Ah, oui, évidemment. Les enfants sont là ?
– Anton est chez une copine. Frieda est là. Bien que je ne sois jamais sûre qu’elle soit vraiment présente.

Il sourit faiblement à cette blague qui n’en est pas vraiment une, puis se retire de la cuisine. Dans la cage d’escalier, il constate avec tristesse que son précieux moment de clarté s’est résorbé. Sa pensée lui apparait de nouveau confuse, emmêlée, peu sûre des directions. Un regret intense s’empare de lui. Depuis quand, se demande-t-il, leur relation, à lui et Kristina, s’est-elle vidée de sa substance ? Depuis quand ne s’occupent-ils plus que d’organisation, de subdivision des responsabilités, de toutes ces tâches funestes qui éventrent l’amour sans rien n’y substituer ?Le soupçon qui l’a gagné dans la cuisine s’impose de nouveau à son esprit mais très vite, il l’anéantit, se sentant coupable d’imputer une faute pareille à sa femme, alors que lui-même…. (Non. Non. Ne pas y penser!)

Arrivé sur le palier du premier étage, la voix de sa fille aînée le tire de ses cogitations. Il s’approche de sa chambre et, après un instant d’hésitation, entre. Frieda est allongée sur son lit, le regard concentré dans un livre. Son téléphone git à ses côté, l’écran éteint. Quand elle aperçoit son père, son expression se détend. Elle repose le livre et se redresse quelque peu.

– C’était bien toi, j’étais pas sûre, dit-elle.
– Toujours pas fini ? remarque Alexander en indiquant son livre du doigt.
– Non. J’ai dû m’arrêter à plusieurs reprises. J’ai peur de passer à côté de l’essentiel.
Il acquiesce, et percevant comme une invitation dans son regard – ou s’agit-il d’une imploration ? Quelque chose  de triste, voire désespéré, filtre de ses yeux gris – il prend place sur le côté du lit.
– C’est bien qu’ils continuent de vous faire lire ce livre. Il est important, affirme-t-il.
Frieda fronce les sourcils.
– Ce n’est pas l’avis des autres de ma classe. Ils en ont marre qu’on parle de la guerre. Ils disent qu’on a compris et qu’on pourrait passer à autre chose. Que c’était il y a un million d’années.
L’incompréhension et la frustration qui altèrent la voix de sa fille le heurtent plus que s’il les avait éprouvées lui-même. Il aimerait l’aider à s’en défaire, aimerait maintenant et pour toujours supprimer de ses frêles épaules le poids d’un monde qui, au fur et à mesure qu’il se dévoile, se révèle obscur et implacable. 
– J’imagine que la jeunesse se sent souvent à des années-lumière des erreurs du passé, répond-il maladroitement. Il aurait voulu dire autre chose, de plus intime, de moins général, servant de fil entre leurs deux vies, d’accroche.
– Oui, oui, la prof, c’est aussi ce qu’elle dit, mais je ne suis pas sûre que ça les intéresse.
– Camilla, elle en pense quoi ?
– Camilla et moi on se tait.
Il entend ces mots et les comprend. À travers les rayons qu’ils projettent, il se reconnaît, se revoit dans son adolescence esseulée, avançant aveuglement, cherchant à percer les parois opaques, cimentées, le séparant du monde confus de ces camarades, distant des adultes. Il aimerait prendre sa fille par la main, mais pour l’emporter où ?
– Papa ?
Elle cherche ses yeux ou une réponse.
– Ce qui importe, ma chérie, c’est votre amitié, à Camilla et toi. Pour le reste, ce que les autres pensent ou pas, tu n’y peux rien, et au fond, ce n’est pas important.
– Mais Madame Weber elle dit qu’au contraire, on doit exprimer nos opinions. Que si on laisse toujours la place à ceux qui sont plus sûrs d’eux et ont l’avantage du groupe, on y perd. Je ne sais plus comment elle a dit. Qu’on risque de laisser place à un mouvement simpliste qui gagne en violence, je crois, parce que plus personne ne s’y oppose.
Alexander se sent mal à l’aise. A-t-il menti ? Pire, a-t-il de nouveau failli à son rôle de père ? A-t-il cherché à protéger sa fille plutôt qu’à l’éduquer ? À la garder près de lui plutôt que de la munir d’un glaive et de la catapulter dans un monde qui, certes, est d’une laideur affligeante, mais qui n’en est pas moins la seule réalité qui existe ?
– Tu as une bonne prof, je suis content, répond-il pour gagner du temps.
– Oui, elle est super, Madame Weber ! confirme Frieda, et le sourire lui est revenu aux lèvres, l’espoir aux yeux.
– Peut-être qu’il s’agit de trouver un équilibre entre la préservation et le sacrifice de soi, ma chérie. Je n’en sais rien, je ne crois pas y être jamais parvenu moi-même.
Elle hoche la tête, comme si elle avait vraiment compris.
– Toi ton travail, ça va ? demande-t-elle l’air sincèrement intéressée.
Alexander est surpris par cette question, par ce qu’elle suggère de l’attachement de sa fille à son égard. Puis il se souvient de sa découverte faite au jardin.
– Tout à l’heure, il m’est venu une idée qui pourrait expliquer plus d’une décennie de résultats contrastants et peu concluants, explique-t-il en pesant bien ses mots, comme s’il avait peur de trop se précipiter et de gâcher son idée.
– Ben dépêche-toi d’aller la mettre sur papier! l’encourage Frieda.
Il se lève, la regarde, peine, comme toujours, à comprendre qu’elle est vraiment sa fille. Il l’embrasse sur la tête, puis quitte sa chambre, triste ou émerveillé, ne sachant faire la différence. Lentement, il s’avance sur les dernières marches qui mènent aux combles, pousse avec un sentiment d’appréhension la porte qui le sépare de son bureau. Un bel espace lumineux s’offre à lui, occupé par une longue table recouverte d’un ordinateur portable, de papiers, de livres, et de revues scientifiques. Il referme la porte et soupire. Par la fenêtre, il aperçoit le soleil et les pans du ciel de toute à l’heure, mais le moment est bel et bien passé. Le firmament s’est replié sur lui-même, coupé de la mer et du reste du monde, n’est plus qu’une banale étendue bleue.

Avant de s’adonner à la rédaction de sa nouvelle idée, il consulte ses emails. Son attention est surtout attirée par l’un d’entre eux, intitulé: « Absence – fille malade ». Il laisse son regard tracer les arrondis du prénom de l’expéditrice, essaie vainement d’étouffer la déception qu’il ressent. Il pense à la distance s’élargissant entre sa femme et lui. Se sent, se sait, coupable. Comment diable pourra-t-il éviter ce qui déjà lui semble inéluctable ?

Il soupire, et ce met au travail. 
« Modifié: 14 Septembre 2025 à 19:49:25 par derrierelemiroir »
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Re : Alexander
« Réponse #1 le: 01 Février 2025 à 18:50:20 »
Re yop !

Dernière partie :

Alexander, j'adore ce prénom !

Citer
Parmi les arbres, les rosiers et les pans de ciel azure, il s’immerge sans retenue dans les profondeurs chatoyantes de ses pensées, et pour une fois, il les distinguent toutes lucidement, peut s’en approcher ou s’en éloigner à sa guise, comme s’il était un voyageur indépendant.
ciel azur / distingue

Citer
Il n’en croit pas ses yeux tellement elle est belle, parfaite, envisage déjà toutes les manières de la décrire, la formaliser, la présenter, à ses collègues d’abord, puis au reste de la communauté scientifique.
Encore un scientifique ?  :D
Comme le dit Stephen King, "écris sur ce que tu connais" !

Citer
Il s’attendait à une pensée plus grandiose, faisant écho à son propre état d’âme, plutôt qu’à des détails banaux de logistique.
banals

Citer
– Tu y vas seule, à ce congrès ? Demande-t-il après un instant de réflexion pendant lequel sa femme continue de vider le lave-vaisselle.
pas de majuscule à "demande".

Citer
– Toujours pas fini ? Remarque Alexander en venant s’asseoir sur le côté du lit.
Idem, pas de majuscule à "remarque".

Citer
– Non. J’ai dû m’arrêter à plusieurs reprises. J’ai peur que si je me dépêche trop, accélère les moments de douleur et de traumas, je passerai à côté des messages de l’auteur.
Son ado parle super bien! Ca ne fait pas super naturel comme phrase. Mais bon, c'est peut-être une HPI, je sais pas!

Citer
– Mais ? Fait-elle en auscultant son visage, devinant qu’il ne s’est pas exprimé exhaustivement.
Pas de majuscule à "fait". Au passage, tu peux peut-être trouver un verbe pour remplacer "faire".

Citer
Les yeux de Frieda s’embrument et il s’en veut, s’admoneste d’être aller trop loin.
allé

Citer
Elle a à peine quinze ans, bien trop peu d’années d’insouciance pour devoir luter déjà contre les idées envahissantes des autres, défendre la nuance contre les attaques subversives de la facilité, des raccourcis faits à la va-vite parce qu’ils arrangent une pensée univoque.
lutter

Citer
C’est le devoir de ta prof, avant tout, de vous mettre en garde contre les dangers issus de l’oubli.
j'aurais mis "les dangers de l'oubli"

Citer
– Tu fais quoi ? Se force à lui demander Alexander dont le malaise persiste.
se force

Citer
Il entre dans la pièce, aperçoit le soleil et les larges pans azures de son ciel de toute à l’heure
azurs

Citer
Il s’asseye à son secrétaire, démarre son ordinateur.
Il s'assied ou s'assoit

Citer
Un oval parfait
ovale

Citer
Oblitérer ce désir de s’enfouir dans ce corps, d’en explorer les plus subtiles détails, les trésors les plus reculés.
subtils (ben alors, je croyait que tartiflette avait corrigé tout ça!  :D)

Citer
– À table ! Entend-il appeler depuis le rez-de-chaussée.
entend

Sacré Alexander, ça va mal finir tout ça ! (nan en fait j'en sais rien, mais ça n'ébauche que du compliqué, pour la plus grande joie de l'autrice et des lecteurs!)

Chouette portrait! Ca marche bien aussi !






« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

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Re : Alexander
« Réponse #2 le: 02 Février 2025 à 16:40:04 »
Bonjour,

Bizarre, mais j'ai relu cinq fois ce texte. Il est différent des autres, même si l'auteure à garder la même construction. Au début, je n'ai pas trouvé en quoi car les deux paragraphes d'introduction sont quelque peu soporifiques, pas dans un sens négatif, mais ils obligent à une certaine concentration pour s'accaparer le personnage et ses pensées nébuleuses sur son "eureka" scientifique en sortant de sa voiture.

Et puis il n'y a pas de fin, même éphémère ou une passerelle jetée aux lecteurs pour les diriger vers quelque chose de possible, même si plus tard, le lecteur s'apercevra ou non de son erreur. C'est bien, on a le suspense.

En fait, ce qui est perturbant dans ce texte et qui le rend différent des précédents, c'est le personnage. Son ambivalence sur tous les sujets de son quotidien. Personnellement, c'est agaçant ce côté double facette et certaines de ses pensées sont dérangeantes. Brrr...

Au final, je crois que c'est le personnage le plus réussi, le plus abouti. Il offre tant d'options possibles dans sa vie privée, familiale et même professionnelle, qu'il peut être un parfait salaud, un pervers, un goujat, un menteur, un psychopathe... ou tout simplement avoir sa crise de la cinquantaine. Et puis je ne l'aime pas !  8) Qu'il se le dise.

La vie quotidienne du foyer est bien amenée, bon on ne peut pas éviter certains clichés comme la mère dans la cuisine occupée à ses tâches et les ados dans leur chambre. Mais c'est tellement bien fait cette réalité qu'à la lecture on imagine tout très facilement.

Bon voilà pour l'instant.  :)
"La critique, art aisé, se doit d'être constructive." Boris Vian dans "Les chroniques du menteur".

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Re : Alexander
« Réponse #3 le: 03 Février 2025 à 12:31:36 »
@Apo

Citer
Alexander, j'adore ce prénom !
:D moi ça me fait penser au prénom du papa de Mowgli
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


passons  :mrgreen:

Citer
Encore un scientifique ?  :D
Comme le dit Stephen King, "écris sur ce que tu connais" !
you got me  >< >< >< (je me suis beaucoup questionnée à ce sujet, si c'était un problème ou non... surtout qu'à la base que voulais qu'Ann aussi en soit une. En soit, dans une ville comme celle où ils habitent, où l'uni est omniprésente, ça pourrait jouer...mais peut-être qu'il faut quand même que j'envisage une autre profession à Ann...sinon c'est too much)

Citer
Son ado parle super bien! Ca ne fait pas super naturel comme phrase. Mais bon, c'est peut-être une HPI, je sais pas!
j'ai écourté la phrase, je m'étais dit pareil. Ça ne me dérange pas qu'elle parle bien, mais la phrase originale était trop littéraire

Citer
subtils (ben alors, je croyait que tartiflette avait corrigé tout ça!  :D)
haha tu as été trop rapide, j'avais d'abord intégré les changements dans mon doc principal

Citer
Sacré Alexander, ça va mal finir tout ça ! (nan en fait j'en sais rien, mais ça n'ébauche que du compliqué, pour la plus grande joie de l'autrice et des lecteurs!)

Chouette portrait! Ca marche bien aussi !
mais est-ce bien vrai que ça va finir mal ?  ::)

hihi, merci beaucoup pour ton comm  :coeur:

@BAGHOU

Coucou  :coeur:

Très intéressant ton commentaire, surtout que je ne m'y attendais pas.

Citer
En fait, ce qui est perturbant dans ce texte et qui le rend différent des précédents, c'est le personnage. Son ambivalence sur tous les sujets de son quotidien. Personnellement, c'est agaçant ce côté double facette et certaines de ses pensées sont dérangeantes. Brrr...
tu arriverais, si tu en a l'envie et le temps, de me dire lesquelles de ses pensées tu as trouvé dérangeantes ? J'ai modifié un passage, après qu'il quitte la chambre de sa fille, parce qu'après ton comm j'ai réalisé qu'il pourrait être interprété différemment de ce que je voulais initialement. Peut-être que c'était ça.

Citer
Au final, je crois que c'est le personnage le plus réussi, le plus abouti. Il offre tant d'options possibles dans sa vie privée, familiale et même professionnelle, qu'il peut être un parfait salaud, un pervers, un goujat, un menteur, un psychopathe... ou tout simplement avoir sa crise de la cinquantaine. Et puis je ne l'aime pas !  8) Qu'il se le dise.
:D :D

Citer
La vie quotidienne du foyer est bien amenée, bon on ne peut pas éviter certains clichés comme la mère dans la cuisine occupée à ses tâches et les ados dans leur chambre. Mais c'est tellement bien fait cette réalité qu'à la lecture on imagine tout très facilement.
les ados dans la chambre, je me demande si c'est un cliché ou juste une représentation très plausible  :mrgreen: pour le cliché de la femme, il est voulut, ça changera par la suite.

Merci BAGHOU  :coeur:

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Re : Alexander
« Réponse #4 le: 03 Février 2025 à 18:11:55 »
Bonsoir,

C'était effectivement ce passage là : Brrr...

Citer
Parfois, il a l’impression d’être plus connecté à sa fille qu’à sa femme et ne sait si c’est normal. Il quitte la pièce, se sentant à la fois heureux de cette relation privilégiée et contrarié, mais sans en connaître la raison précise. Ou peut-être qu’il la connaît, mais ne veut l’admettre. Tant bien que mal, il repousse certaines pensées importunes dans les entrailles de son esprit

Avec les modifications apportées, cet Alexander passe pour un homme obsédé par une collègue avec qui il passe une majeure partie de sa journée. Normal quoi ! La cinquantaine, il ne sait pas gérer !  :D :D
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Re : Alexander
« Réponse #5 le: 03 Février 2025 à 20:34:04 »
Haha voilà, tu me rassures. Heureusement que tu avais souligné le sens effroyable que pouvait avoir ce paragraphe, sinon je n'aurais jamais remarqué !

Merci  :coeur:
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Hors ligne Feather

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Re : Alexander
« Réponse #6 le: 03 Février 2025 à 21:21:49 »
Bonsoir Derrierelemiroir,

Curieusement, je ne suis pas rentrée dans le texte du coup je l'ai survolé. J'ai eu le sentiment d'un détachement de l'auteure, dans la façon dont elle aligne les descriptions , ça manquait de véracité.
Peut-être aurais-je préféré davantage de liaisons entre les paragraphes.
Ceci dit , les personnages féminins me paraissent plus incarnées , abordées plus subtilement.
( ça vient certainement de moi , qui suis moins disposée à la lecture)
Je salue cependant le travail effectué.

Bien à toi.
« Modifié: 04 Février 2025 à 07:00:47 par Feather »
Les larmes sans pleurs sont une lanterne.

Hors ligne derrierelemiroir

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Re : Alexander
« Réponse #7 le: 04 Février 2025 à 09:28:11 »
Bonjour Feather,

Ma foi, ce que tu écris résonne en moi... me fais me rendre compte qu'effectivement, je ne suis pas entrée dans ce perso comme dans les autres. Et c'est pas bien, j'aimerais quand même créer un certain équilibre au niveau des textes par rapport à l'attention que j'accorde à chaque perso. Donc c'est à revoir. Merci beaucoup de me l'avoir fait remarqué !
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Hors ligne Joachès

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Re : Alexander
« Réponse #8 le: 06 Février 2025 à 10:30:42 »
Un texte bien écrit et intéressant mais qui m’a laissé sur ma faim, trop descriptif à mon goût. J’aurais aimé en savoir plus sur les personnages et avoir des descriptions moins longues. J’avoue qu’elles m’ennuient et que je les zappe quand elles sont trop longues.

J’ai noté une coquille quand tu dis que « Emma et chez sa copine ».

Hors ligne derrierelemiroir

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Re : Alexander
« Réponse #9 le: 12 Février 2025 à 22:33:09 »
Bonsoir Joachès,

Merci beaucoup pour ton commentaire. Est-ce que, si tu as le temps et l'envie, tu pourrais me dire à quel genre de descriptions tu fais référence?

J'ai pas mal retravaillé le texte, ait essayé de mieux m'approprier ce personnage et ses pensées, notamment suite au commentaire de Feather, j'espère qu'il en a gagné en intérêt.

Merci encore à tous <3
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  Nicolas Bouvier

Hors ligne Joachès

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Re : Alexander
« Réponse #10 le: 13 Février 2025 à 08:25:26 »
Bonjour derrière le miroir, je vais essayer de le lire aujourd’hui ou demain.

Hors ligne Esmée

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Re : Alexander
« Réponse #11 le: 18 Mars 2025 à 13:53:49 »
Coucou dlm,

Au tour d'Alexander alors !
Pour moi, ce texte est vraiment très riche, avec plein d'informations sur le décor, l'ambiance, les interactions possibles entre les personnages, les idées qui pourraient être développées ensuite. Et toujours avec une écriture précise, ciselée. Un bonheur à lire !

Quelle chance il a, ce personnage, de vivre cette illumination de l'idée jaillissante. Ça arrive si rarement mais c'est jouissif, je crois. Et tu dépeins avec précision comme elle se fraye un chemin parmi la jungle des idées de son esprit, puis repart en un fragment de seconde dans les limbes. Le pécheur n'a pas réussi à faire sortir le poisson ! Mais on se met complètement à sa place.


Quelques retours sur le texte de manière plus précise :

Citer
Il fredonne en claquant la portière de la voiture. La journée est saisissante de clarté. La limpidité de l’air semble avoir élargi les distances, et le ciel – rarement aussi bleu – s’être diffusé sur une étendue bien plus vaste que d’habitude, comme si depuis ici, il créait un accès direct à la mer
C'est marrant car, à lire l'ensemble des textes, je voyais la mer plutôt loin. Le ciel doit vraiment être très bleu !

Citer
Et ces grands espaces soudain ressentis se réverbèrent en lui, coïncident magnifiquement avec l’envergure de son intuition qui, précisément aujourd’hui, semble déceler des relations ordinairement hors de sa portée.
Je n'aime pas trop faire la chasse aux adverbes en -ment, parce que je trouve qu'ils sont quand même utiles parfois, mais là, ça m'a semblé un peu alourdir le propos. Trois d'affilée, c'est peut-être too much ?

Citer
que penserait-il d’elle alors ? Comment la verrait-il, extraite de la couche de sédiments dont il l’a recouverte malgré lui, strates déformantes dont l’épaisseur varie en fonction du nombre de disputes non résolues, blessures mal cicatrisées, soupçons inavoués, mais du temps aussi, qui passe, implacable, et terni tout sur son passage ?
:coeur:
Je crois que je n'avais jamais abordé une relation longue sous cet angle, et ce que cela laisse présager n'est pas des plus joyeux. Mais tu le dis ici avec beaucoup de délicatesse et de justesse.

Citer
plus ample et hydratée
Pas fan de hydratée, ça fait un peu pub l'Oréal. Soyeuse ? Brillante ? Douce ?

Citer
Il se doit une fois de plus d’admettre que sa relation avec sa femme s’est détériorée, qu’une distance s’est immiscée entre eux depuis quelques mois (ou s’agit-il plutôt d’années ?) sans qu’il ne sache en définir la cause
Ici, la parenthèse m'interroge. Non pas son contenu, car la question qu'elle pose, et le fait qu'Alexander se la pose, sont importants pour la suite de l'histoire sans aucun doute. Mais la ponctuation, la forme entre parenthèse, donne un côté décalé, peut-être scolaire ?


Citer
Arrivé sur le palier du premier étage, la voix de sa fille aînée le tire de ses cogitations. Il s’approche de sa chambre et après un instant d’hésitation, entre. Frieda est allongée sur son lit, le regard concentré dans un livre. Son téléphone git à ses côté, l’écran éteint. Quand elle aperçoit son père, son expression se détend. Elle repose le livre et se redresse quelque peu.
J'ai relu deux fois car, si elle lit silencieusement sur son lit, pourquoi entend-il sa voix ? Elle l'interpelle ?

Citer
– Non. J’ai dû m’arrêter à plusieurs reprises. J’ai peur que si je me dépêche trop, je passerai à côté de l’essentiel.
Le futur de "passerai" sonne mal ici. Pourquoi pas le présent  ? Ou "si je me dépêche trop, je passerai à côté de l'essentiel." ? Mais pour avoir lu ce qui a été dit dans les commentaires sur cett phrase, ça passe bien mieux ainsi. Juste réfléchir au temps de "passe" (ou au temps qui passe, mais c'est un autre sujet !! ;D :P)

Citer
– C’est compréhensible de ressentir ça, à votre âge. Mais c’est aussi une des erreurs de la jeunesse de se croire nouvelle et différente, à des années lumière des erreurs du passé.
Il y a une répétition de "erreur" et c'est presque dommage, car cela diminue la force du mot à la deuxième occurrence (alors qu'il s'agit d'erreurs bien plus graves, si je comprends bien)

Citer
– Et bien, si on laisse toujours la place à ceux qui parlent plus fort, plus vite, qui sont plus sûrs d’eux et ont l’avantage du groupe, on encourt le risque d’une perte de perspective générale, d’un mouvement biaisé, mal informé, qui gagne en violence parce que plus personne ne s’y oppose. 
Y'a pas l'émoji "point levé" ou "bras musclé", mais grave !!!

Citer
cette impression de mollesse et de force
je crois que je vois ce que tu veux dire, mais mollesse sonne un peu péjoratif. Est-ce que tu veux dire "moelleux" plutôt ? Enfin, je ne sais pas si moelleux est le bon mot, mais est-ce que c'est l'idée que tu as ?

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que toutes les autres personnes de la faculté de psychologie réunies
J'aime que la spécialité d'Alexander n'arrive qu'à la toute fin du texte, car jusqu'alors, il aurait pu être un scientifique de tous domaines. En première lecture, je le voyais physicien (fichu atavisme), puis mathématicien !!

Enfin, la psychologie, cela permet de créer plein de ponts avec l'exobiologie de Samuelle.  ;)


Je tente de m'attaquer à Ann dans la foulée.

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Re : Alexander
« Réponse #12 le: 30 Mars 2025 à 20:11:51 »
Bonsoir Esmée,

Désolée de te répondre si tard, je me suis absentée pendant quelque temps.

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Pour moi, ce texte est vraiment très riche, avec plein d'informations sur le décor, l'ambiance, les interactions possibles entre les personnages, les idées qui pourraient être développées ensuite. Et toujours avec une écriture précise, ciselée. Un bonheur à lire !
Oh trop cool, merci. C'est vraiment un des persos qui me donne le plus de fil à retordre parce qu'il me semble que je n'ai pas encore vraiment saisi comment le rendre intéressant.

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Quelle chance il a, ce personnage, de vivre cette illumination de l'idée jaillissante. Ça arrive si rarement mais c'est jouissif, je crois. Et tu dépeins avec précision comme elle se fraye un chemin parmi la jungle des idées de son esprit, puis repart en un fragment de seconde dans les limbes. Le pécheur n'a pas réussi à faire sortir le poisson ! Mais on se met complètement à sa place.

ça me fait super plaisir que tu aies apprécié ce passage  :coeur:

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C'est marrant car, à lire l'ensemble des textes, je voyais la mer plutôt loin. Le ciel doit vraiment être très bleu !
:D mais en fait elle est loin, mais surtout, il ne s'agit pas de la même mer pour tous. Du coup je comprends la confusion et peut-être qu'il faudrait que je précise. Ici, en l'occurence, j'avais la Mer du Nord en tête, qui est genre à deux heures de voiture de où habite Alexander, alors que Toni et Gloria rêvassaient à la mer Méditerranée, qui pour le coup, est bien plus éloignée.

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Je n'aime pas trop faire la chasse aux adverbes en -ment, parce que je trouve qu'ils sont quand même utiles parfois, mais là, ça m'a semblé un peu alourdir le propos. Trois d'affilée, c'est peut-être too much ?
Yes, complètement. Je ne m'en rends même plus compte, j'ai une adverbomanie. Mais dur dur ici, lequel enlever ?  :miaw: Bon, j'y réfléchis

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Je crois que je n'avais jamais abordé une relation longue sous cet angle, et ce que cela laisse présager n'est pas des plus joyeux. Mais tu le dis ici avec beaucoup de délicatesse et de justesse.
:coeur: merci

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Pas fan de hydratée, ça fait un peu pub l'Oréal. Soyeuse ? Brillante ? Douce ?
tu m'as fait rire. Oui, je bloquais aussi sur ce passage, je vais le changer

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Ici, la parenthèse m'interroge. Non pas son contenu, car la question qu'elle pose, et le fait qu'Alexander se la pose, sont importants pour la suite de l'histoire sans aucun doute. Mais la ponctuation, la forme entre parenthèse, donne un côté décalé, peut-être scolaire ?
mmh j'aime bien en fait, pour moi ça donne plutôt l'impression de plusieurs pensées juxtaposées (j'utilise le même procédé pour Ann)

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J'ai relu deux fois car, si elle lit silencieusement sur son lit, pourquoi entend-il sa voix ? Elle l'interpelle ?
oui, c'était sous-entendu mais aucune raison que ça le soit, tu as raison, ce n'était pas clair, je vais préciser

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Il y a une répétition de "erreur" et c'est presque dommage, car cela diminue la force du mot à la deuxième occurrence (alors qu'il s'agit d'erreurs bien plus graves, si je comprends bien)
ah oui merci !!

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Y'a pas l'émoji "point levé" ou "bras musclé", mais grave !!!
:D

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je crois que je vois ce que tu veux dire, mais mollesse sonne un peu péjoratif. Est-ce que tu veux dire "moelleux" plutôt ? Enfin, je ne sais pas si moelleux est le bon mot, mais est-ce que c'est l'idée que tu as ?
mais tsais j'avais la même impression que toi, seulement qu'en vérifiant les définitions, ça avait quand même l'air d'être associé à de la douceur

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J'aime que la spécialité d'Alexander n'arrive qu'à la toute fin du texte, car jusqu'alors, il aurait pu être un scientifique de tous domaines. En première lecture, je le voyais physicien (fichu atavisme), puis mathématicien !!
:D en vrai j'aurais hyper aimé les faire physiciens. En fait tout dépend des détails dans lesquels je devrai me lancer.

Merci Esmée  :calin:
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

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Re : Alexander
« Réponse #13 le: 26 Septembre 2025 à 21:51:31 »
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Quelque chose en lui lui implore de fuir
Coucou dlm, je n'aime pas trop cette entame de phrase, je trouve qu'elle ne solidifie pas vraiment ce premier paragraphe. Ses sonorités ne sont pas très racées non plus. Je trouve. "Quelque chose" est vague, donc pour poser un perso, même un perso vague, ça accroche pas trop (au sens où on glisse sans le paragraphe trouver d'appui), je trouve.
Mais au vu de la suite, et du perso, cela pourrait faire partie du truc. Je relève par simple habitude.
Je tente de me faire plus discret.

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Le ciel – rarement aussi bleu – donne l’impression de couvrir une étendue bien plus vaste que d’habitude, comme si
Je tente de me faire discret mais sans y arriver : ici je suis un peu gêné par l'incise (--rarement aussi bleu--) et la suite, qui sont de deux registres et de deux adresses différents, qui ne s'emboîtent pas dans ma tête. (désolé)
J'essaie de m'expliquer, de tirer de la logique sous ma pauvre intuition non-expliquante : "--rarement aussi bleu--", c'est interne, "donne l'impression", c'est externe. C'est le début du texte donc l'interne du personnage, ben on n'a pas trop accès encore, et l'externe c'est tout le reste. En mélangeant aussi rapprochées deux types de structures de phrases aux narrations différentes (interne/externe), tu retournes comme une chaussette un personnage pas encore tressé, et vu que t'es forte le paragraphe se lit quand même, et introduit quand même, oui oui, mais vu que t'es forte j'aimerais te tenir à plus haute exigence que juste faire un truc lisible. Quoi que t'écrives, ce sera toujours lisible. ne me laisse pas tant de boulot à faire (imaginer Alexander, lire sa voix, imaginer ce qu'il voit avec ce qu'il dit ET séparer son interne de son externe. Je suis un lecteur sans poids, si tu me fais porter trop lourd, je m'emporte et je broie mes membres de lecture fluets sous la charge.
Je suis sûrement un peu influencé par le fait que j'ai déjà croisé Alexander avec Ann, aussi.

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Ces grands espaces soudain ressentis
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réverbèrent en Alexander, coïncident magnifiquement avec
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Pour ne pas brusquer ce moment précieux,
idem idem idem, au point que je sais pas si je ne suis pas simplement en train de dire n'importe quoi en fait.

Je ne sais pas. Je me sens bien injuste, cer derniers jours. Chez moi (sur mon long) comme chez les autres (sur mes commentaires), comme en moi (dans mon quotidien désagréablement bouleversé) ; je ne m'étale pas mais m'ouvre au dialogue sur l'inique dont je me badigeonne récemment.
J'aime pas ton Alexander. mais peut-être que comme tes autres personnages, il est aussi vrai que nature. Ce que je n'aime pas est une réalité, pas juste un Alexandr monté de toute fiction. ...cela me rend un peu triste.
Je poursuis, me tais pour de bon cette fois.
J'ai trop parlé.

Ben non j'me tais pas.
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Pour une fois, il les distingue toutes lucidement
ça c'est super chouette. Si tu regardes d'ailleurs ça dit exactement la même chose qu'au paragraphe précédent ; c'est ça que j'aurais voulu lire.

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comme s’il était un voyageur indépendant.
Un peu bizarre, le "comme". Pas hors de propos, Alexander et tout, mais un peu étrange, trouve plus joli ! Plus mignon ! Plus complaisante avec ton Alexander, pour son temps de lucidité !

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il perçoit enfin cette connexion qui se refusait à lui depuis des mois.
(j'ai rien à dire, j'avais lu "aperçoit" trop vite, et ça fonctionnait pas pile en sonorités alors j'ai monté la formulation alternative (qui fonctionne, celle-ci j'crois) : "il aperçoit cette connexion, enfin, qui se refusait à lui depuis des mois." SAUF QUE t'as écrit "perçoit", et avec "perçoit" le jeu des syllabes est rétabli, ta formulation marche très bien.) Bouh ! Je n'ai rien à dire sur ça ! accepte ce cadeau-bonus-restes-d'un monde alternatif.

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Alexander s’imagine se glisser
Saute une ligne ou mets un ptit mot/périphrase/introduction, pour assouplir la rupture de ton (et l'ouvre-bouche "AAAlexander" prend de la place) En lisant la suite de la phrase/du paragraphe, la périphrase devrait indiquer sans la nommer l'habitude d'Alexander (de se cacher du bruit).

Super fin de paragraphe. ça y est je suis dans le perso, donc je ne sais pas si le début était ma faute (défaut de lecture) ou de l'abruptesse du texte (on dit "abrupt", substantif, tant pis).

ennobli, quel beau mot, et ennobli de rêves et d'ambition, quel joli écrin tu lui as construit. J'voulais le redire, deux fois.

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Il se retient de la saluer, s’essaie un instant à la contempler dans son insouciance
Sale type. Lui aussi il est "corrompu". {C'est le terme que tu avais toi-même utilisé pour décrire lorsque je crois nous nous étions parfaitement compris, ce dont Toni était intimement infecté. Pauvre Toni, répandre l'infection comme ça.}

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tensions
Je préfèrerais un singulier

Citer
dans l’ensemble ajoute une note gaie à un tableau qui, il veut s’en convaincre, reste sublime
Erk. Erk erk erk erk.

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à susciter une telle illusion de force et de stabilité
Moche
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quand il sait que par moments, elle ne rêve que de hurler et de briser des verres, de se recroqueviller et de disparaître ?
tout à fait joli.
Je n'ai rien à conclure. ça marche.

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derrière  le comptoir.
Double-espace

J'ai de plus en plus l'impression qu'Alexander n'a pas rencontré Ann. Ce n'est pas gênant, je t'informe juste de mes revirements d'hypothèses de lecteur.

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– Tu y vas seule, à ce congrès ? la relance-t-il, pris d’un furtif soupçon pendant qu'elle continue de vider le lave-vaisselle.
Salo
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– Avec Birgit, répond-elle sans se retourner.
Manteuz

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Depuis quand, se demande-t-il, leur relation, à lui et Kristina, s’est-elle vidée de sa substance ?
Je ne l'ai pas ressenti ainsi (vraiment pas, leur dialogue), alors ici un discret mot pour appuyer le regard d'Alexander, un truc qui dise "il le ressent ainsi à cet instant, ne pas confondre avec une vérité indicative", m'aurait aidé à me sentir mieux (plus adéquat/en continuité).
Sinon le paragraphe est joli. Je trouve.

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(Non. Non. Ne pas y penser!)
J'ne mords pas à ce mord.

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Il aurait voulu dire autre chose, de plus intime, de moins général, servant de fil entre leurs deux vies, d’accroche.
Sauf que cela n'existe pas, précisément parce que les vies ne se tissent pas de "dire" ni de "chose"(=objets), ^^. Les vies sont mouvements et seul le mouvement peuvent les réunir.
Le fascisme est un mouvement, qu'on le veuille ou non : dans son infection comme dans sa nature la plus crue, il ne se conçoit pas en tant qu'objet et il agglomère je crois précisément pour cela. Il est une alternative valable(=viable=en accord avec la vie) aux explications ; précisément : à la vacuité habitant tous les mots, vacuité des mots usuellement sans importance, sans impact, sauf lorsqu'on dirige ces mots (qui sont des objets pointés vers quelque chose de vivant/indicible, qu'ils peuvent abîmer donc comme des armes) vers précisément le mouvement. Le "fil de vie". En parler, le résumer, vouloir [objet], cet [objet] pouvant bien être le plus noble de tous, transmettre son respect de la vie, n'importe quel objet, tant qu'il n'est pas mouvement, l'outil avec lequel on approche le fil de vie le coupera ou l'effilochera, l'abîmera, et des gens en souffriront. Ici, sa fille.
Mais t'inquiète : en grandissant un jour elle aura appris à couper ce fil. En garder les quelques morceaux qui lui sont restés dans les mains, lorsqu'il a rompu --effiloché de partout--, et les mettre sous cloche, "Dire" aura remplacé "Ressentir" jusqu'au profond de son être. Ce n'est pas grave : elle survivra, parce que la société est forgée ainsi ; parce que dans la société, c'est le cas de tout le monde.
Elle survivra.
Mais elle sera morte, bien sûr. Mais elle survivra.
C'est contre cela que les ados se rebiffent, dlm.
        Si tu ne le savais pas déjà.

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– Camilla et moi on se tait.
Elle est adorable cette phrase :)

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se revoit dans son adolescence esseulée, avançant aveuglement, cherchant à percer les parois opaques, cimentées, le séparant du monde confus de ces camarades, distant des adultes.
yep, j'dirais que t'en avais l'intuition, hahahah. Mais je trouve ce que j'ai dit plus précis. Si tu veux une autre présentation, je crois que Wajdi Mouawad en fait une présentation (lyrique aussi, mais venant d'un autre que moi pour dire la même chose et lui il l'a un peu plus bossée que moi, il la présentait à d'autres) ici, et sinon dans la première leçon, dans la/les suivantes (j'suis à peu près sûr que ceci est exactement prononcé dans la (1), ou sinon la (2)). C'est une heure à chaque fois, y'en a 8+1 et cc'est dé-li-cieux. Il est fort fort fort ce con.
bref.
Alexander et son "non non non non, je ne veux pas l'oublieeer, non non non non, je ne veux pas m'en passeeeeer", libertin sans adolescence.

Citer
Il aimerait prendre sa fille par la main, mais pour l’emporter où ?
A-DO-RA-BLE

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– Ce qui importe, ma chérie, c’est votre amitié, à Camilla et toi.
Si le fil de vie était un champ, ce qui sort de la bouche d'Alexander serait un vide-ordure. *Soupir.* Raccord avec le perso, je n'ai pas de remarque ici.

Citer
Pour le reste, ce que les autres pensent ou pas, tu n’y peux rien, et au fond, ce n’est pas important.
Les demi-vérités sont les plus dangereuses, dlm, c'est Kirua qui le disait et ici on en a un exemple. [Ici ! page 32, dernière case de la sixième page du chapitre du lien que je t'envoie ! ^^ ((se lit de droite à gauche, de haut en bas, évidemment))]

Citer
La relation délavé d'Alexander avec sa fille ne m'intéresse pas trop, et je crois que rien (de ce que je pourrais dire :p) ne pourrait la rendre différente, alors je me tais et salue la pertinente de surface (le fond est trop sévèrement détruit, je ne peux rien faire ainsi, trop peu de contact/de prise d'accroche. Ils disent des choses sensées et c'est à la fois le minimum de ce qu'on doit exiger, et le maximum de ce que je peux toucher d'eux de là où je suis. Rien de plus.
PAR CONTRE !
Citer
Le firmament s’est replié sur lui-même
ça, et la fin de paragraphe, me plaît beaucoup beaucoup, et je m'en sens très proche.
Miam

Citer
Il soupire, et ce met au travail. 
ce ?


Chouette texte au final. Je présente mon excuse polie, pour le nouveau pavé que je laisse mes successeurs sur cette page dérouler.

J'pars dormir.
Biz, DLM.


Virbionneusement,
Nacas
« Modifié: 26 Septembre 2025 à 21:54:02 par Nacas »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

 


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