Les échos rauques des voix des nains résonnaient à travers les cavernes ancestrales de la montagne. À l’aube du premier jour de la fête des Australes, leurs chants se mêlaient aux grondements des pierres anciennes. Leurs harmonies profondes et rythmées, lourdes de traditions millénaires, s'élevaient comme une déclaration intemporelle. L'air était vibrant de mélodies qui semblaient faire danser les ombres, tandis que des aurores boréales, telles des voiles mystiques, ondulaient au-dessus des cimes enneigées, illuminant la nuit d’une lueur surnaturelle. Ces chants, empreints de nostalgie et de grandeur, enveloppaient les montagnes dans un manteau de ferveur et de lumière, unissant les cœurs des nains dans une célébration éternelle. Ces chants faisaient retentir la grande horloge, au mécanisme complexe, celle qui indiquait à chaque moment, la traversée de Léo, au sommet des terres noires.
Pour célébrer la Fête des Australes, le marché des nains s’épanouissait en une scène de grande animation et de richesse colorée. Les stands regorgeaient de tissus brodés, ornés de motifs ancestraux tissés avec une précision minutieuse, où des scènes de batailles épiques et de créatures légendaires semblaient prendre vie dans les éclats d’or et d’argent des fils. Les chopes de bière, robustes et ornées des inscriptions sacrées « Nibulis Anestantis », se faisaient porter avec fierté, répandant un parfum d’houblon et de malts parmi la foule.
Les artisans, dans leur empressement, interpellaient les passants d’une voix ferme et sonore, leur proposant des peaux d’agneaux fraîches, leurs cris se mêlant au tumulte des échanges. Les légumes, soigneusement disposés dans des brouettes en bois aux roues patinées par le temps, étincelaient sous les feux du marché. Non loin, des nappes drapées avec soin exhibaient des grappes de cassis, offrant leur éclat pour attirer les regards.
La place, vibrante de la vie quotidienne des nains, était enveloppée d’un bruit incessant de bousculades, de rires et de chants. Les délices de la fête et l’animation des étals constituaient un tableau vivant de la culture des nains, reflet de leur artisanat d’antan et de leur joie commune, même alors que, dans les recoins de la montagne, une ombre persistante se profilait.