Servir de la soupe aux choux à un cerveau qui n'a toujours pas compris qu'il faut que je me cogne la tête contre le mur, mais pas n'importe lequel, pas pour le plaisir, mais comme une sorte de prière, en fait comme si j'avais reçu trop d'amour que je ne méritais pas, alors je me cogne la tête contre un mur rouge, encore ! trois fois, trente fois... mais ce n'est pas suffisant, et je ne dois pas fermer les yeux face à cette sensation, face à cette action… c'est mon mécanisme complexe, lié à la torture de ma machine à coudre... Je ne dois laisser personne me distraire ou mettre de la pitié sur mon épaule... Il faut me laisser faire... Je ne vais pas me tuer, je ne suis pas fou, c’est juste que je ne veux pas être mou... Je me cogne contre le troisième mur de mon kidnappeur imaginaire… une tête sans pansement est un morceau de papier emporté par le courant d’air... il faut que je me réveille rempli de cailloux et sans mémoire... Il faut que quand j'ouvre les yeux, je me trouve au milieu de la mer, en train de construire des couloirs… il est trois heures du matin... dans une heure je me cognerai la tête contre le mur... j'attends cette belle douleur... je me suis promis un bouquet de fleur…