Salut !
Sur le fond :
Je vais commencer par mon avis global pour quelques petits disclaimers : je lis à ton intro que le texte a un destinataire particulier, et donc par conséquent, c'est lui, son avis, qui importera le plus ici. C'est lui qui sourira (ou tout commentaire qu'il souhaitera) de ces quelques lignes. J'en ai bien conscience. De la même manière, mes idées pourraient complètement métamorphoser (en bien, en mal, à toi de voir) ta prose, donc tu peux tout à fait me dire que tu n'en as pas envie.
Je serai critique sur la forme générale, car j'ai apprécié l'idée dégagée du texte sans réussir à vraiment apprécier l'ambiance. Je trouve dommage que tout se résume en quelques lignes. Peut-être parce que cette vieille amie, qu'on est probablement beaucoup à partager, je la vois comme une suite d'ascenseurs émotionnels à vivre, comprendre et accepter.
Au long de la lecture :
Peut-on compter les années depuis que nous nous sommes mutuellement apprivoisés ?
Le début de cette phrase sonne creux à ma lecture, manque d'une sensation. Peut-être suis-je trop habituée à la formule
Peut-on seulement ou alors c'est l'idée de
compter les années. L'émotion n'est pas là pour
elle à ma lecture.
Mais je parle vraiment d'un ressenti, et peut-être ne cherchais-tu pas à en dire autant. C'est dur à deviner.
Je crois que je t'ai toujours sous estimée. J'ai toujours eu tendance à me défiler et t'oublier quand tu étais pourtant si menaçante.
Répétition.
eu tendance éloigne le personnage, pour moi, comme un manque d'assurance ou comme s'il n'assumait pas de se défiler et oublier.
Le plus drôle c'est qu'en te fuyant, je pense avoir toujours réussi à échapper à ton courroux.
Toujours, toujours là. Essaye peut-être de jouer avec tes phrases pour les lier et donner la sensation que tu as le contrôle sur ta répétition. Je pense qu'il y a moyen de travailler cette répétition, parce que
toujours et
jamais ont des sens liés à Elle.
Je trouve maladroit cette formulation de la fuir, comme une assurance d'y réussir. Ca ne ressort pas de ton narrateur. C'est une vieille amie après tout : est-ce qu'on fuit une vieille amie ?
Et réussir à échapper à son courroux semble aussi très naïf et assuré...
Bon, c'est peut-être souhaité, mais ça ne se dégage pas, juste énoncé ici.
Je n'ai pas l'impression que tu le vives mal.
Il y a tellement moyen que tu réfléchisses et joues à fond avec cette expression de
bien vivre un évènement : tu parles d'Elle, tout de même !
Tu as redoublé d'ingéniosité pour m'avoir, tu m'as souvent fait des coups tordus et condamné à des dilemmes infernaux. Mais malgré tout, tu restes patiente, comme ça à m'attendre.
Et ton narrateur a-t-il redoublé d'ingéniosité pour s'esquiver à tous ces pièges ? En fait, j'en reviens à mon commentaire sur sa naïveté face à Elle à laquelle il échappe. Ca redonne un peu de consistance à ce paragraphe juste avant, mais du coup, ne pourraient-ils être réfléchis en miroir ? Montrer les pièges et les esquives qui se succèdent ?
Car après tout, quand tout sera fini, il n'y a que toi qui viendra me prendre. C'est ainsi ...
qui viendras (toi)
ainsi... (espace en trop)
Mais pour une fois, je suis plutôt rassuré de savoir que je ferai comme tout le monde. J'espère que tu as noté que je n'aimais pas vivre comme le commun de ceux que tu viens chercher. Alors, sache qu'au moment du grand final, je veux qu'il soit digne de ce que j'ai été, et du détachement que j'ai mis à te tromper.
Comme l'indiquent un peu mes commentaires juste au-dessus, je manque d'accroches pour le narrateur, et donc, les deux dernières phrases, qui prêtent pourtant à sourire, tombent à plat pour moi : digne de quoi, finalement ? qu'a-t-il été ? digne de sa fuite perpétuelle ? ça pourrait presque être comique qu'Elle le fuit sur la fin de sa vie, comme il l'a fui avant, et qu'il se retrouve à la voir sans pouvoir la saisir, à souffrir de son absence comme il s'est joué de sa présence. Je suis mauvaise langue parce que je lis bien
le détachement que j'ai mis à te tromper, mais j'ai du mal à le comprendre.
Une bonne journée à toi !