Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

17 Juillet 2026 à 22:40:10
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Défi micro textes

Auteur Sujet: Défi micro textes  (Lu 57841 fois)

Hors ligne benzard

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Re : Défi micro textes
« Réponse #390 le: 15 Juillet 2026 à 18:12:27 »
Voyage en nostalgie

-   Et pour le nez, maman, on met quoi ? m’a demandé Nino.

J’ai sorti de ma poche une carotte, que Nino a collé au milieu de la grosse boule qui faisait office de tête. Il s’est reculé d’un mètre pour l’admirer.

-   Trop bien, mon bonhomme de glace !
-   Bonhomme de neige, mon chou, pas de glace.

Il a ramassé une poignée de neige au sol.

-   C’est marrant comment ça colle aux doigts…

J’ai regardé ma montre : le créneau d’une heure était terminé. De retour aux vestiaires, on a enlevé les parkas, pantalons épais et gants loués par le complexe, et on est ressortis en shorts et t-shirts dans la rue. Il faisait frais cet après-midi, à peine vingt-cinq degrés en cette fin de décembre.

-   Alors mon chou, j’ai demandé, ça t’a plu cette sortie au Paradis d’Hiver ? C’était magique ce froid, non ? Tu sais que ta grand-mère, dans les années 2000, elle a fait un vrai bonhomme de neige dans la rue ?

Prochain thème : les chaussettes dépareillées

En ligne Luna Psylle

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Re : Défi micro textes
« Réponse #391 le: 15 Juillet 2026 à 18:40:03 »
Salut,

Impressionnant comme je pars loin des thèmes proposés sans le vouloir :facepalm: et pourtant, je les vois, ces chaussettes dépareillées, dans mon texte. Ca m'a semblé tellement naturel comme réponse au thème... c'est normal, docteur ?


les chaussettes dépareillées

Kal observa les combattants. Deux gamins, mus par la colère. Ils ne se ressemblaient pas, et pourtant... Kieralg était une brute intelligente. Il maniait les armes qu'on lui imposait mais préférait le contact direct. Aussi grand que large, il savait optimiser la lourdeur de son corps pour garder l'avantage sur son ennemi ; sauf avec elle. Luna, petite, menue, rapide, véloce ; humaine. Kal devina les émotions intenses au fond du regard de Kieralg ; il les connaissait, les reconnaissait. Luna en absorbait chaque lame et la faisait sienne. Ces deux-là ne se ressemblaient pas, ou bien se ressemblaient-ils, plus qu'ils ne le reconnaîtraient. (Dé)Assortis. Chaque coup de Kieralg, Luna l'encaissa, l'utilisa à son avantage. Ce ballet dura un long, très long, moment. Ce qui semblait des attaques désaccordées devinrent bientôt des réponses, une réaction à l'autre ; un accord. Luna usait d'appuis sur le corps même de Kieralg. Kieralg devinait chaque intention de Luna. Lorsqu'ils terminèrent, aucun des deux ne reprit son souffle, à peine désarçonnés par l'instant. Kal le ressentit comme eux : ce qui devait ne jamais arriver arriva et cette compréhension impossible lia les esprits et destins de deux enfants, deux orphelins d'une haine, bâtie à leurs dépends. Assortis.

Prochain thème : une armée de chiots (en peluche)

Une bonne soirée,
If the day comes that we are reborn once again,
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Re : Défi micro textes
« Réponse #392 le: Hier à 10:03:46 »
           Bigre ! Demain la fête battra son plein ! Alors, vu que je suis fils de forains, je m'active : me voici de corvée... de peluche ! Or, ce matin, j'ai pas vraiment la patate... Pourtant, j'attrape le grand carton dans le fond du camion et me dirige vers la "machine à pince" soulève le couvercle et je  déverse à l'intérieur tout une armée de chiots ! (en peluche.)

Nouveau thème : La baraque à frites :jubile:
La plume en ascèse s’élève au‑delà de ce que d’autres rapetissent par absence d’âme.

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Re : Défi micro textes
« Réponse #393 le: Hier à 10:29:18 »
Salut,

La baraque à frites !

Elle marcha, sans but, sur cette plage qu'elle connaissait par cœur. Le sable, bruni par la pluie, s'enfonçait sous ses pas, sous les pattes de Kawe. Le saluki ne cessait de tourner en cercles larges autour d'elle. Il cherchait, pleurait. Au bout d'un moment, il sembla disparaître et elle comprit. Elle le retrouva à cent mètres, devant la baraque à frites, qui quémandait une friandise au propriétaire. Celui-ci s'étonna de la voir seule, chercha le maître de Kawe. Son meilleur ami. À l'énonciation simple de son nom, elle s'effondra en larmes, soudain consciente qu'il ne reviendrait jamais, qu'ils ne se baladeraient plus ensemble, qu'ils ne se confieraient plus sur leurs vies, leurs boulots, leurs amours, qu'ils ne se battraient plus pour manger la dernière frite de la barquette. Kawe frotta son museau contre son visage et hurla une peine qu'ils gardaient enfouie tous les deux ; depuis l'enterrement.

Prochain thème : une brise légère

Une bonne journée,
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En ligne Robert-Henri D

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Re : Défi micro textes
« Réponse #394 le: Hier à 16:51:19 »
     Une brise légère vint soudain de la mer, l’embrun glissa sur sa joue avec la douceur d’un baiser amical. Elle releva la tête. Quelque chose vibrait dans l'air, un frémissement bizarre, presque un mémoire. Le vent semblait porter une voix ténue, un murmure venu d’avant la peine, d’avant l’absence.

Kawe, oreilles dressées, fixa l’horizon comme s’il percevait lui aussi ce signe discret. Le ciel, d’un gris nacré, s’ouvrit par endroits, les nues s'offrirent en filaments pâles, et un rai timide, effleura la plage comme un geste de bénédiction. Elle sentit naître, telle une chaleur intime, la survivance d’un rire, signant une présence qui refusait de s’éteindre.

La mer, en longues respirations, déposait sur le sable ses éclats de mousse, mais ceux-là lui semblaient dessiner des runes éphémères. Elle crut y lire un message simple, presque enfantin : qui disait "avance". Alors, elle se surprit à croire que le monde, malgré tout, n’avait pas entièrement basculé dans le silence.


Prochain thème : Un chien dans l’ascenseur.
« Modifié: Hier à 16:53:07 par Robert-Henri D »
La plume en ascèse s’élève au‑delà de ce que d’autres rapetissent par absence d’âme.

En ligne Luna Psylle

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Re : Défi micro textes
« Réponse #395 le: Aujourd'hui à 12:24:37 »
Salut,

Un chien dans l’ascenseur.

Elle se frotta les yeux, encore brûlants de larmes. Kawe la devança dans la résidence. À cette période de l'année, des vacanciers louaient les appartements de certains de ses voisins. Un couple inconnu, deux valises à la main, attendait l'ascenseur. Kawe s'assit à côté d'eux et la femme s'extasia « Votre chien est magnifique ! Je peux le caresser ? », « Il aime bien qu'on lui gratte sous l'encolure mais évitez derrière les oreilles, ça l'énerve. » répondit-elle. L'ascenseur arriva et, après encore quelques papouilles de l'inconnue, les déposa à leurs étages respectifs. « Vous êtes de la région ? Nous cherchons à découvrir des lieux méconnus et mystérieux. », « J'en connais quelques-uns. Vous êtes à l'appartement 24 ? Je vous déposerai une note détaillée demain. ». Après encore quelques platitudes, elle rentra chez elle.

Prochain thème : c'était une boîte à musique

Une bonne journée,
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Hors ligne alkatom

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Re : Défi micro textes
« Réponse #396 le: Aujourd'hui à 13:24:53 »
C'était une boîte à musique :

Alexandre Merle se levait à 5h47. Pas 5h45, ni 5h50.
5h47.
Au bureau, on disait qu'il n'avait pas de sentiment. Que derrière le costume trois pièces et les chiffres alignés se trouvait non pas un homme mais une équation, froide, exacte, sans reste.
Ce n'était pas faux, mais ce n'était pas vrai non plus.
La réunion de 9h se passa comme toutes les autres. Il parla peu, trancha beaucoup. Les regards échangés dans son dos ne lui échappaient pas. Il les ignorait avec la même rigueur qu'il appliquait à tout le reste. Quand il entendait ses collègues parler de manière peu gracieuse d'autres personnes, Alexandre les coupait, trouvant une tâche à confier urgemment.

Le soir, il y avait Céline. Rencontrée sur une application dont il avait lu les conditions générales en entier. Elle était belle, vive, et rit deux fois en dix minutes, ce qui lui parut statistiquement encourageant. Mais quand elle commanda le vin sans consulter la carte des prix, il ne put s'empêcher de le noter. Et quand il suggéra de partager l'addition de manière proportionnelle aux plats consommés, elle cessa de rire.
Il rentra seul.
Il prépara son déjeuner pour le lendemain : 180 grammes de riz, 120 grammes de poulet, légumes vapeur. Le temps de la cuisson, il resta debout, face à la fenêtre, regardant la ville sans la voir. Puis fit la vaisselle, et vérifia les verrous avant de s'allonger dans le lit propre, les bras le long du corps.
Ses yeux refusèrent de se fermer, faisant un combat de regard avec le plafond qui ne perdait pas.
Il ouvrit alors le tiroir de la table de nuit. La boîte était là, comme toujours : petite, en bois sombre, les coins légèrement usés. Il tourna la molette avec précaution, comme on tient quelque chose de fragile.
Les premières notes s'échappèrent dans le silence.
Et avec elles, sans qu'il ait pu l'anticiper ni le planifier, des larmes.
Il ne bougea pas. Il les laissa venir, comme chaque soir, sans les essuyer. Seulement quelques minutes, puis la boîte se tut.
Il la reposa dans le tiroir. Sur le couvercle, on pouvait y lire une inscription à l'encre fanée, dans une écriture ronde et appliquée :

Fais toujours à autrui ce que tu aimerais qu'on te fasse.
Je t'aime.
— Ta maman.


Alexandre Merle ferma les yeux.
À 5h47, il se lèverait.

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Prochain thème : "Un arbre de plusieurs centaines d'années"
« Modifié: Aujourd'hui à 14:20:14 par alkatom »

 


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