t'as triché, je l'ai vu !
— Ambrosía, fille de Dionysos : tu as triché.
Je me tournai, un sourire las, vers Héphaïstos. Il disait vrai : j'avais triché. J'avais agi comme eux tous, par excès de fierté, par orgueil. Je savais ne pas être à la hauteur par la seule force de mes qualités. Je le savais... alors j'avais triché, et lui, plus que tout autre, l'avait découvert. Je voulais ses bras autour de mon corps et je les avais senti, je voulais son cœur et j'avais obtenu son amour, mais cela ne suffisait pas, cela ne suffisait jamais. Ma fierté de toute jeune déesse ne supportait pas la concurrence d'Aphrodite. Je voulais l'écraser, la voir ramper, souffrir. Je me perdais dans mes désirs, incapable d'y voir clair et reportai mon attention sur la ville. Depuis les hauteurs, chaque vie paraissait si futile. Je me laissai tomber du gratte-ciel, plongeai vers eux, cherchai la réponse. J'avais triché et j'avais perdu ; ou bien avais-je gagné. La petite héroïne devenue demi-déesse puis déesse par ses seuls talents, si semblable à eux. Je voulais la voir ramper. Je voulais son cœur. Je voulais... les dieux voulaient toujours plus, toujours toujours plus... était-ce tout ce que j'étais devenue ? je voulais... me souvenir d'Ambrosía avant Dionysos, avant l'ivresse, avant... oublier, retrouver les bras d'Héphaïstos, son amour sans faux-semblant. Retrouver le vrai. Je tendis ma main à l'instant où je réalisai :
— Héphaïstos !
Prochain thème : Orage, Ô désespoir !