Vis-à-vis
Premier acte
Et la lumière éclatante s'annonce,
Entre nous, Kafka, sa Métamorphose valse.
Rosa Bonheur trace le monde d'un coup de génie,
Banksy semant la stupeur,
Loin des dédales flous de l'art urbain.
Les inaptes au labeur réapparaissent,
Criant dans le forum, leur voix se renforce.
Au secours, ils clament, dans le désarroi,
Cherchant refuge,
Loin des jours étriqués de leur effroi
Second acte
Un toboggan d'aquatiques quintessences,
Valse sur le toit de la façade en vis-à-vis,
Dévale sur la paroi verticale,
Millénaire, sa course en éclats.
Des physionomies émergent,
Innommées,
Albâtres et silencieuses.
Leurs regards s'éveillent,
Telles des crocus,
Sous la couverture neigeuse du printemps,
Surpris et extasiés.
À l'ombre fracturée,
Une fenêtre anonyme
Conçoit la brise fugitive,
Et insuffle l'idée
De restaurer chaque intellect
Qui jadis résidait ici.
Le flamboiement solaire
Manifeste la vigueur du cosmos autour du chantier.
Tout renait, sauf moi, éphémère ancrage.
Troisième acte
Mais expliquez-moi pour quel dessein
Ces visages s'insinuent derrière mes paupières closes ?
Sont-ils le bal des réminiscences
Ou bien l'écho de chimères qui se présentent ?
Peut-être sont-ils les vestiges
D'une mémoire en quête de résolutions,
Des apparitions éphémères
Susurrant des mystères en séquence.
Ces visages, fragments d'un théâtre intérieur,
Se profilent avec une étrange limpidité.
Sont-ils des reflets d'antan
Ou des promesses à révéler du futur ?
À chaque battement de cil, une fresque fugace,
Une galerie d'ombres et de lueurs.
Expliquez-moi, pourquoi cette valse incessante
Lorsque mes yeux s'égarant vers le silence ?