Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

04 Juin 2026 à 01:02:29
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).

Auteur Sujet: Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).  (Lu 48271 fois)

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 601
  • Pelleteur de Nuages
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #60 le: 24 Mars 2026 à 11:06:41 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Fred Pollux

  • Aède
  • Messages: 157
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #61 le: 24 Mars 2026 à 12:02:51 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !
Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive.

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 601
  • Pelleteur de Nuages
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #62 le: 25 Mars 2026 à 09:32:50 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !

Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive :
«M'enfin ! l'a koi la caissière à rouler tant d' la caisse !? » j' t'en fiche mon billet qu'elle croa qui suffit d' laisser l'effet s' faire pour que son corps beau du popotin se la pète sans papotin !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

  • Calliopéen
  • Messages: 587
  • Un ciel étoilé
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #63 le: 01 Juin 2026 à 21:06:37 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !

Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive :
«M'enfin ! l'a koi la caissière à rouler tant d' la caisse !? » j' t'en fiche mon billet qu'elle croa qui suffit d' laisser l'effet s' faire pour que son corps beau du popotin se la pète sans papotin !
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !

Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive :
«M'enfin ! l'a koi la caissière à rouler tant d' la caisse !? » j' t'en fiche mon billet qu'elle croa qui suffit d' laisser l'effet s' faire pour que son corps beau du popotin se la pète sans papotin !
À peine eussé-je le temps de méditer sur cette remarque d'une bonne profondeur philotropique, qu'un immense gong résonna dans l'univers et chez les galériens.
Les sept nains cessèrent net leurs vocalises, figés comme des statuettes de jardin qui sont comme un tombeau seul et malheureux.
La succube, elle, pâlit, c'est compte tenu de son teint déjà spectral, se relevant d'une performance de jeteuse de sort.
« Modifié: 01 Juin 2026 à 21:15:55 par PatKadéka »
"Tout comme la poésie, la sculpture ou la peinture,
la vie a ses chefs-d’œuvre précieux.
Faites de votre vie un beau poème

Oscar Wilde

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 601
  • Pelleteur de Nuages
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #64 le: 02 Juin 2026 à 14:23:59 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !

Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive :
«M'enfin ! l'a koi la caissière à rouler tant d' la caisse !? »
J' t'en fiche mon billet qu'elle croa qui suffit d' laisser l'effet s' faire pour que son corps beau du popotin, se la pète genre papotin !
À peine eussé-je le temps de méditer sur cette remarque d'une bonne profondeur philotropique, qu'un immense gong résonna dans l'univers et chez les galériens. Les sept nains cessèrent net leurs vocalises, figés comme des statuettes de jardin qui sont comme un tombeau seul et malheureux. La succube, elle, pâlit, c'est compte tenu de son teint déjà spectral, se relevant d'une performance de jeteuse de sort. Encore que ça face de pleine lune en disait long sur la petitesse d'une pseudo clairvoyance un peu rance !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Aionia Apektasis

  • Troubadour
  • Messages: 277
  • Stagiaire en messianisme
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #65 le: Hier à 11:19:40 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !

Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive :
«M'enfin ! l'a koi la caissière à rouler tant d' la caisse !? »
J' t'en fiche mon billet qu'elle croa qui suffit d' laisser l'effet s' faire pour que son corps beau du popotin, se la pète genre papotin !
À peine eussé-je le temps de méditer sur cette remarque d'une bonne profondeur philotropique, qu'un immense gong résonna dans l'univers et chez les galériens. Les sept nains cessèrent net leurs vocalises, figés comme des statuettes de jardin qui sont comme un tombeau seul et malheureux. La succube, elle, pâlit, c'est compte tenu de son teint déjà spectral, se relevant d'une performance de jeteuse de sort. Encore que ça face de pleine lune en disait long sur la petitesse d'une pseudo clairvoyance un peu rance !

C'est alors que sortit d'une alcôve un petit diablotin, écarlate et cornu, qui m'offrit pour patienter un plateau de Fion de Vendée ; quelle délicieuse attention pour moi qui, malgré une vie aventureuse, n'avais jamais mangé de fion.
- Mais c'est parce que les poules elles pondent des œufs normaux et aussi des œufs durs. G
- Gémeret venir car lunion fet la force et gémeré aprendre de la culture. L

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 601
  • Pelleteur de Nuages
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #66 le: Hier à 21:19:51 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !

Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive :
«M'enfin ! l'a koi la caissière à rouler tant d' la caisse !? »
J' t'en fiche mon billet qu'elle croa qui suffit d' laisser l'effet s' faire pour que son corps beau du popotin, se la pète genre papotin !
À peine eussé-je le temps de méditer sur cette remarque d'une bonne profondeur philotropique, qu'un immense gong résonna dans l'univers et chez les galériens. Les sept nains cessèrent net leurs vocalises, figés comme des statuettes de jardin qui sont comme un tombeau seul et malheureux. La succube, elle, pâlit, c'est compte tenu de son teint déjà spectral, se relevant d'une performance de jeteuse de sort. Encore que ça face de pleine lune en disait long sur la petitesse d'une pseudo clairvoyance un peu rance !

C'est alors que sortit d'une alcôve un petit diablotin, écarlate et cornu, qui m'offrit pour patienter un plateau de Fion de Vendée ; quelle délicieuse attention pour moi qui, malgré une vie aventureuse, n'avais jamais mangé de fion. Qu'importe, me dis-je : malgré son nom qui fait sourire, voilà bien le genre de pâtisserie qui rassure et porte en elle la chaleur endimanchée d’une cuisine qui sent bon la crème... rien à voir avec ce froid souterrain !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.016 secondes avec 23 requêtes.