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Auteur Sujet: Séquence de la Ténèbre enluminée (1/27)  (Lu 1134 fois)

Hors ligne Arsinor

  • Aède
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Séquence de la Ténèbre enluminée (1/27)
« le: 17 Octobre 2023 à 21:56:45 »
I. Éléments

Titre principal. Séquence de la Ténèbre enluminée.
Titres secondaires. Les Inepties heuristiques. Pépiement. Séquence du Verbe Créateur.
Genre. Listes d’aphorismes.
Tonalité. Total-chromatique.
Structure. Polymorphe conduit.
Forme. Bassin fluvial.
Dédicace. Pour toi, humanité.
Objectif. Le salut de la civilisation occidentale.
Nom de l’auteur. Arsinor.
Avertissement. Aphorisme, du grec délimiter, définir.
Exorde. Oui humanité je te dirai un milliard de fois je t’aime jusqu’à ce que tu jettes les armes à tes pieds et que nous les refondions en cloches pour célébrer le solstice d’hiver, le moment le plus obscur d’où revient la lumière, la cyclique naissance de Noël, afin que ce modèle serve de chemin pour ton pèlerinage. Sous l’eau, je m’ouvrirai les veines pour détourner de toi les requins ; de nuit, je brandirai un pal pour dévier la foudre. Je te dirai comment rassurer l’hypocondriaque, pourquoi expulser tes béquilles, je livrerai les tirades et les maximes de ton vingt et unième siècle, remettrai l’Eldorado entre tes mains pour que tu y plantes des systèmes rurbains, je ferai tournoyer 1492 fragments pour un monde nouveau, 1492 signes et indications pour t’apprendre la danse de Shiva, la danse de la destruction et de la création, pour que tu sois aspirée par le vortex et que tu retombes par terre à t’en casser les os, crac ! 1492 prières empanachées chantées pour augmenter la gloire de DIEU ; pour toi, un buffet ardent, une mosaïque numérologique, un festin d’Ésope pour ton plus grand millénaire, un prêche compartimenté, la luciole dans les ténèbres, la bougie de l’abîme, une nuit étoilée, parsemée de trois ou quatre cent milliards d’étoiles, nées des treize virgule six milliards d’années + 1 instant. Absolutisme des colombes. Veilles de l’ours et du tigre pour protéger ton temple et tenir les voleurs, crocs et mangeailles discrètes dans le nocturne de ce monde. Dors, humanité, tandis que je veille. Que je sois ton garde et ton chien. Ne dis jamais adieu, ni à ton enfance, ni à tes parents, ni à ta jeunesse, ni à tes amis, ni à ta modération, ni à tes excès, ni à ta vieillesse, ni à tes regrets. Veille. Dors sous la garde de notre Chien Bleu.
Épigraphes. « Atteste l’inane d’Œuvrer ! Dis-en l’amer et le stupide : Cueille ta bouche, Aganippide ! Et la jette à l’Oubli sacré. Arthur Rimbaud, « Doctrine ». « Le Jour du Seigneur viendra comme un cambrioleur, de nuit. » Thessaloniciens 1 5:2. « Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu'elle renferme sera consumée. » Deuxième épître de Pierre 3:10. « Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. » Apocalypse 3:3. « Comme Jésus sortait du Temple et s'en allait, ses disciples s'approchèrent pour lui faire voir les constructions du Temple. Mais il leur répondit : "Vous voyez tout cela, n'est-ce pas ? En vérité je vous le dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit jetée bas." Et, comme il était assis sur le mont des Oliviers, les disciples s'approchèrent de lui, en particulier, et demandèrent : "Dis-nous quand cela aura lieu, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde." Et Jésus leur répondit : "Prenez garde qu'on ne vous abuse. Car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : C'est moi le Christ, et ils abuseront bien des gens. Vous aurez aussi à entendre parler de guerres et de rumeurs de guerres ; voyez, ne vous alarmez pas : car il faut que cela arrive, mais ce n'est pas encore la fin. On se dressera, en effet, nation contre nation et royaume contre royaume. Il y aura par endroits des famines et des tremblements de terre. Et tout cela ne fera que commencer les douleurs de l'enfantement. "Alors on vous livrera aux tourments et on vous tuera ; vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. Et alors beaucoup succomberont ; ce seront des trahisons et des haines intestines. Des faux prophètes surgiront nombreux et abuseront bien des gens. Par suite de l'iniquité croissante, l'amour se refroidira chez le grand nombre. Mais celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. "Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier, en témoignage à la face de toutes les nations. Et alors viendra la fin. » Matthieu 24, Bible de Jérusalem.

II. Première liste d'aphorismes

1.   Quelqu'un m'a dit : "À ceux qui ne savent pas, cela reste inaccessible, et à ceux qui savent, cela ne sert à rien." C’est ce qui m'a mis sur la voie.
2.   Si tu rejettes l'injustice, comment seras-tu juste toi-même ? Si tu rejettes les imbéciles, comment accepteras-tu qu’on te prenne pour l’un d’entre eux sans te mettre en colère ? Si tu méprises plus intelligents que toi, comment accepteras-tu qu’on te traite de cette façon ?
3.   Pourquoi le jeu de mots est-il plus probant en science humaine que le recours à la numérologie en science exacte ?
4.   Si le père a persécuté, le chef sera-t-il un ennemi ?
5.   Le père de Jeannot était fâché contre ce dernier depuis sa naissance.
6.   Le problème le plus systémique de l’Occident vient de ce qu’il jette l’enfant Jésus avec l’eau du bénitier. L'athéisme est le chas de l'aiguille à travers laquelle l'église doit passer pour se purifier et accueillir le retour de Jésus.
7.   La raison est la victime émissaire déifiée du rationalisme.
8.   Un faux billet, ce n’est pas un billet de Monopoly. Si vous alliez à la banque avec un billet de Monopoly, et vous ne le feriez pas, le guichetier ne comprendrait pas votre démarche. Un faux billet, c’est celui qui imite tant et si bien le vrai billet, que personne ne peut en faire la différence. Rien de plus proche de la vérité qu’un mensonge.
9.   Le veau a été coulé vivant dans l’or en fusion, le métal des dieux. Pour le venger, le dieu du marché mène le bal.
10.   La maîtrise est-elle la synthèse du contrôle et du laisser-faire, une oscillation virtuose qui évite ces pôles ?
11.   Qui veut faire l’ange fait la bête : eh bien ! en littérature, je veux faire la bête pour tenter, et l’ange pour révéler. Que ma littérature soit la bête pour tenter et l’ange pour révéler. Classicisme ? Plaire et instruire. Ma littérature ? Séduire et révéler.
12.   Vivaldi remercia Bach d’avoir copié plusieurs de ses œuvres. De nos jours, il lui aurait fait un procès. Les classiques n’avaient pas ces états d’âme sur le plagiat et se copiaient volontiers les uns les autres. Les modernes, eux, font tablent rase des tables rases, trouvent que les anciens d’il y a trois ans sont dépassés et que la relève brasse du vent.
13.   On n’est moderne qu’une fois ; classique, toute la vie.
14.   Le classique est ce qui cherche l’homme ; le moderne, ce qui le contemple.
15.   La personnalité est un mythe permettant d’expulser ce qu’on déteste en soi, introduit par nos ennemis sur des personnes faibles pour solidifier un ego vécu comme la base de toute personnalité, maturité, narcissisme et estime de soi.
16.   La maturité est la cristallisation des succès mondains traduisible en fierté et confiance en soi. Plus on mûrit, plus on perd en possibilité de marcher vers la sagesse et plus on déchaîne des rivalités qu’on est à peu près sûr de remporter.
17.   L’admiration est un obstacle au respect.
18.   Une mère ne peut faire de pire cadeau à son enfant qu’en l’accablant de son admiration.
19.   L’équilibre n’est pas une question de dosage mais d’articulation.
20.   Le pardon n’est pas un effort philosophique, mais une conséquence du moment présent. Si vous forcez, ce n’est pas un pardon mais une violence mimétique déguisée en pardon, une illusion de dominer le dominant par la bonté et une soumission à un être qui vous domine, n’a pas demandé à être excusé et se régalera avec appétit de votre erreur et de votre âme.
21.   Le pardon est un effet, pas un effort.
22.   La volonté sans le désir est un supplice. Le désir sans volonté est un épuisement.
23.   La volonté sert à sacrifier une relation rivalitaire. La volonté instaure de la hiérarchie sans être sacrificielle. La volonté est ce qui sacrifie un désir rabougri au profit d’un désir de vocation.
24.   La volonté n’obtient pas ce que les désirs ne peuvent pas obtenir. Elle leur est utile quand leur donne un objet. La volonté rompt le lien entre le désir et son objet.
25.   C’est l’histoire d’un mec qui marche dans la rue, trébuche, tombe et s’exclame : « C’est ce que je voulais faire ! » Aussi bien l'écrivain amateur s'éprend d'amour pour ses erreurs, qu'il s'empresse d'appeler effets de style pour les justifier. Le maladroit de la vie ne procède pas autrement, et porte au pinacle ses défauts.
26.   L’artiste sans succès se réfugie dans la fausse modestie et la conviction que son incompréhension relève du génie. En revanche, l’artiste du micro-succès voit ce qu’il vaut, et garde les pieds sur terre.
27.   La perfection n’est pas de ce monde, disent les gens. Mais s’ils ne voient pas la perfection, c’est qu’ils baignent dans le jugement.
28.   Comment veux-tu ne pas être parfait ?
29.   Quand vous parlez, soit vous dites ce qui est, soit vous dites ce qui devrait être. C’est une source de malentendus pour votre interlocuteur qui induit en vous son interprétation erronée.
30.   J’adore le Dieu des chrétiens, je l’aime et en suis aimé, je chante ses louanges afin que vous aussi vous trouviez votre chemin vers lui, vers la rédemption et vers l’Amour.
31.   Moi qui louange et défend un christianisme que je finis par m’approprier, pour un peu je me mettrais Dieu dans la poche. Pourtant, il y a telle parabole de Jésus, lumineuse, civilisationnelle, tendre et pleine d’amour que je n’aimerais pas rencontrer la nuit dans un garage de supermarché, sous peine de me causer une crise cardiaque.
32.   Le français est la langue de Molière. L’anglais, celle de Shakespeare. Le globish, ce doit être celle de la BCE (Banque Centrale Européenne).
33.   Les rationalistes échouent là où l’Europe est née : en dressant Athènes contre Jérusalem, la raison contre la foi, la science contre le dogme, en opposant les contraires, en divisant chacun d’eux en morceaux inintelligibles, propres à servir de carburants à une revendication pleine de psychanalyse, ce sport transnational.
34.   Internet me fait penser à ce père de famille qui s'impatientait au musée : « Si vous commencez à tout regarder, on ne verra rien ! »
35.   Pour savoir ce que fait ce qu’on fait, faut le faire !
36.   La paresse allonge les journées et abrège les ans. La contraposée est vraie.
37.   Dites-moi, Mademoiselle. Un nombre complexe est défini par son module et son... bidule, son nodule ou son pendule ? — Son argument, professeur ! — Oh félicitations Mademoiselle, vous aurez votre doctorat total, j’en suis sûr ! Son argument !
38.   Quand je joue du piano, ma mère me trouve formidable. Si tout le monde pensait comme ma mère, je serais milliardaire.
39.   Un gars baraqué comme quatre n’assommerait pas trois gringalets mais le surdoué prend plaisir à offenser les imbéciles.
40.   L’adulte souvent s’impose un respect que les adultes lui imposaient quand il était enfant et pour l’avoir rejeté à l’adolescence, il s’est aperçu combien ce respect-là pouvait lui être bénéfique en société. Or, le respect imposé n’est pas le respect. Si le respect est un effort, ce n’est qu’une tactique. Le vrai respect est ce vide, ce dispositif relationnel d’ajustements permanents, cette liberté de manœuvre entre deux personnes soucieuses de laisser passer le dialogue entre les écueils de leurs imperfections, de leurs scandales tapis dans le cœur. Le respect est la pratique même de la modestie et d’un amour du prochain abstrait. (Mais 41).
41.   Les techniques miment l’attitude, puis le mime l’adopte.
42.   Le visionnaire échappe à sa position de bouc émissaire culturel par la conquête de la culture. Plus il en sait, plus il sourit des mécanismes qu’il entrevoit chez ses semblables et à sa faculté à transformer les attaques qu’il reçoit en amitié ou en humour. Ce faisant, il devient le rival des autres intellectuels. La culture complique et multiplie les problèmes.
43.   Ne t’agenouille devant personne !!! (Dans un train).
44.   N’accepte aucun rôle dont les répliques soient écrites à l’avance.
45.   L'hypocrisie produit les mêmes miracles que la fraternité, mais pas avec la même espérance de vie.
46.   Les miracles de l’ego sont détruits avant ceux de la fraternité. L’ego détruit l’ego mais ne peut rien contre son contraire.
47.   Granola, ne pariez jamais que vous n’en prendrez qu’un (slogan des biscuits Granola).
48.   L’évolution et l'apparition de langues comme le français, le latin, le grec après le christo-araméen constituent des stratégies que le désir met en place via les sociétés pour brouiller la signification des textes bibliques. Seul un travail colossal de déconstruction et de résurrection des idéologies et de la société modernes nous ferait revenir à la simplicité biblique et pour que la Bible nous paraisse simple et évidente.
49.   Un temps pour s’accepter soi-même, un autre pour s’accepter quand même.
50.   Pour cesser de souffrir, les victimes doivent avouer les vengeances qu’elles désirent et ont désirées.
51.   Si vous passez votre temps à casser ce que vous avez inventé, vous êtes progressiste.
52.   Je suis différent donc je suis. Tout le monde est différent donc je suis comme tout le monde. Pour ne pas être comme tout le monde, il suffit donc de savoir qu’on est tous pareils.
53.   Le laxisme est une maltraitance.
54.   Faire tout ce qu’on désire comme réprimer tous ses désirs sont les deux faces d’un même puritanisme, un même combat contre le discours divin.
55.   Tout à fait symptomatique que Freud, pseudo-inventeur de la projection des milliers d’années après la théorie du péché originel, voie dans le christianisme un ensemble de dogmes névrogènes, alors que l’athéisme a apporté la névrose et la dépression en même temps que la psychologie.
56.   Je suis beau, grand, sportif, riche, socialement puissante, drôle et terriblement séducteur, d’accord, MAIS JE SUIS D’ABORD UN ÊTRE HUMAIN !!!
57.   Je crée donc je suis. J’imite donc je crée.
58.   Peut-on imiter un chef-d’œuvre ? Mais le chef-d’œuvre imite tout le monde.
59.   Les classiques s’imitent entre eux et évoluent. Les modernes font table rase et stagnent. Un abîme entre 1813 (Septième symphonie de Beethoven) et 1913 (Sacre du printemps de Stravinsky), aucune différence entre 1950 et 2000.
60.   Qui s’est jamais lancé à la poursuite du mot d’amour ?
61.   René Girard : ils ne le lisaient pas tous mais tous étaient frappés.
62.   Ce soir, le Sacre du printemps de Stravinski ! la musique qui m’a obligé à faire des études de musique !
63.   La discipline écologique motivant le souci du prochain, le salut du monde pourrait passer par le sauvetage de la planète.
64.   Lu à la fin d’une mazurka de Chopin : da capo senza fine (reprendre au début sans fin).
65.   On verra bien. C’est un jeu de mots.
66.   Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard (Aragon). Le temps de comprendre Girard et les évangiles, on ne peut plus faire machine arrière.
67.   Le progressisme est la rage de détruire la tradition et d’être la tradition à la place de la tradition ; il se pense comme un nouveau classicisme dans une acception académique de ce terme ; c’est un modernocentrisme, un élitocentrisme et en dernière analyse un égocentrisme dans lequel on insuffle le prestige du discours argumentatif. C’est l’idée qu’il suffit de détruire les traditions pour accéder à une situation moderne dont je suis le modèle, seule jugée salubre. Je vous le dis, il faut aimer le progrès, sans le vouloir.
68.   L’imaginaire est nécessaire pour refouler la vérité du lynchage ; c’est pourquoi le lynché sorti de la logique émissaire en sait deux fois plus.
69.   Le progressisme est le singe du salut. Le christianisme, c’était : tous égaux aux yeux de Dieu. Le progressisme c’est fabriquer de nouvelles catégories afin de les faire exploser.
70.   Idée de titre pour un tableau : Mon père Satan détruisant la colombe ma mère au rameau d’olivier ou comment je suis devenu schizophrène.
71.   Baudelaire à feu et à sang pour nous. Baudelaire à feu et à sang pour en finir avec le masochisme des marginaux.
72.   Mieux vaut un dogme que s’égarer. La liberté nous a-t-elle apporté autre chose que l’égarement ?
73.   Blasé : est blasé celui qui repousse ce qu’il désire, afin d’éviter la déconvenue de ne pas l’obtenir, autrement dit la frustration. Essentiellement, le blasé repousse son objet de désir pour se faire croire qu’il le repousse parce qu’il le possède déjà. Les blasés ne rejettent pas tout : ils ne rejettent que ce qui est contaminé par le désir, dont ils ne perçoivent que l'aspect négatif et dont il apprend les années passant à reléguer l'aspect positif du désir (moteur) à un mythe auxquels ne croient que les naïfs et que les trompeurs leur agitent comme un pompon dans une fête foraine. Si les blasés sont si fascinants, sans être attachants, c’est parce qu’ils parviennent à faire croire qu’ils sont au-delà du désir, qu’ils ont vaincu et le désir et la frustration, et que leur absence de désir est identique à la jouissance absolue, une jouissance assimilée à une ascèse religieuse. Quel meilleur maître pour me débarrasser de mes tourments, se dit le profane avant d’être lui-même transformé en objet de désir que le blasé refoule aussitôt. Seul l’humour pourrait sauver ces trous noirs du plaisir d’exister et seule la proximité de la mort les réveillera de leur hibernation forcée. Le médecin leur dira : "Il vous reste trois mois." Trop tard !
74.   Faut-il voir des signes ? S’il s’agit d’appliquer une règle ésotérique pour interpréter un signe propre à prendre la décision à notre place, ça ne va pas. S’il s’agit de comprendre pourquoi tel signe perturbe le cours de notre pensée pour méditer un moment sur lui, cela s’appelle interpréter. La plupart des signes ne servent à rien et font partie du décor. Et puis il y a cette question qu’on se pose, très importante, qu’on veut fuir juste au moment où le chat agite sa clochette.
75.   Le développement personnel présenté comme une théorie de la bonne attitude à adopter envers soi et la société afin de réaliser ses vocations est aussi une arme destinée à affaiblir les lecteurs sans succès mondains, qui paradoxalement en savent plus longs que les experts sur la nature illusoire de la confiance en soi. Les plus lucides d’entre nous, s’ils ont été atteints par cette horde sauvage déguisée en voie du salut, doivent analyser et surmonter chaque élément dont le dp a balisé, dans sa fausse bonté, le parcours.
76.   La question n’est pas de se débarrasser du développement personnel, désormais prégnant et répété dans toutes les bouches qui toutes s’improvisent coachs (« faut positiver ! faut avoir confiance en soi ! faut essayer ! faut accepter le réel ! ») mais de comprendre comment l’utiliser contre lui-même, contre l’épanouissement personnel qu’il propose et qui n’est en réalité que la réhabilitation d’un ego qui, tôt ou tard et de par sa nature, engendrera des rivalités, et donc la chute. Quand le DP aura atteint ses limites et que tout le monde sera spécialiste de lui-même, la rivalité prendra des airs de guerre totale entre les egos et il sera trop tard pour expliquer que l’illusion et le mensonge sont des choses négatives. Pourquoi, parce que le réel se sera métamorphosé en fonction de ce que les égotistes auront voulu lui faire dire, le décor urbain, la façon de travailler, de consommer et le type de produits à acheter. Tout simplement, il n’y aura pas d’issue non violente et ce sera la guerre. Le monde deviendra alors vraiment irrespirable. Pour le moment, c’est une petite chute en oxygène et un peu de pollution par le CO.
77.   Produire des œuvres d’art contemporain comiques pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui raillent l’art contemporain… et ne le raillent plus, de guerre lasse, d’après trois expositions du musée d’art moderne à Toulouse.
78.   L’art contemporain est devenu comique pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui le raillent et ne le raillent plus de guerre lasse. Il se raille de lui-même de peur qu’on ne le ridiculise. Il n’y a plus une histoire de l’art, il y a une histoire des rapports entre le public et l’art et une histoire de la question : « Pourquoi l’art contemporain est-il déserté, déconnecté ? ». C’est pourtant facile à comprendre : l’art ne révèle plus des vérités sur nous, il se contente de s’admirer, dans une espèce d’imitation de l’ego qui se reflète dans lui-même. Il ne fait que refléter les egos contemporains qui se reflètent, sans chercher, trouver, montrer du sens à la société.
79.   L’art moderne cache son outrance en la magnifiant. L’art moderne magnifie son outrance pour l’éviter.
80.   L’art, autrefois, c’était l’art de révéler. Aujourd’hui, c’est l’art de cacher ce qui est déjà caché.
81.   L’art de révéler, c’était le classicisme. L’art moderne, lui, cache ce qui est déjà caché.
82.   Nier pour survivre, inclure pour savoir, révéler pour être.
83.   Nier pour survivre, inclure pour exister ?
84.   Se bagarrer avec des gants de boxe ou participer à un concours de piano : même combat ? Je veux bien que la virtuosité puisse être mesurée, et qu’elle soit traitée comme un numéro de cirque, mais que signifie comparer des « musicalités » (à des hauts niveaux de compétition) ?
85.   Catégoriser les autres, c’est, d’abord, s’extraire des catégories. Le catégorisateur ne se catégorise lui-même que pour éviter d’écorner l’universalité de sa théorie. La théorie du biais de l’observateur n’est pas assez radicale, la modestie et la bienveillance a priori des praticien-ne-s sont tout aussi inopérantes que les méthodologies qui cherchent à objectiver : rendons-nous à l’évidence, il est tout simplement impossible de parler des autres en les transformant en objets d’études ! De la sociologie je n’accepte que les descriptions des comportements et des interprétations que les sujets d’études attribuent à ceux-ci.
86.   Je collectionne mes lapsus dans une cave à vin pour qu’ils vieillissent, je les ressors pour les fêtes ; enfin, je veux dire : pour écrire ; et je m’aperçois in fine qu’ils n’ont rien à dire. L’inconscient n’existe pas, c’est une invention de manipulateurs, un prolongement de la fausse charité bourgeoise. Ce qui a quelque chose à dire, ce sont mots mis sur des idées.
87.   La rivalité entre postures victimaires désireuses d’obtenir des bénéfices réparateurs contribue à sacrifier les véritables victimes par inondation, invisibilisation et banalisation. Les vrais boucs émissaires n’ont pas la parole. Ils deviennent psychotiques.
88.   Scandales sur scandales, pour noyer le seul scandale : j’ai crucifié notre Dieu, en le croyant mortel.
89.   La non-violence attire la violence comme le fer attire la foudre et le sang attire le requin comme la société doit se protéger contre (la résurrection de) l’humanité de son bouc émissaire. Si son bouc émissaire n’est plus le diable, le déluge se déclenche et détruit la foule au profit de la survie de ce seul élu, terrible et pitoyable.
90.   Collection d’articles ou Appliquer la théorie mimétique et Réflexions musicophiles. Éclairer des domaines par la TM.

Aphorismes de 2005

91.   À chaque jour il faut et il suffit sa peine.
92.   Moins je m’en demande, plus je réussis.
93.   Je suis autodidacte. Ça m’a permis de réinventer la roue.
94.   Répéter habitue jusqu’aux erreurs.
95.   Celui qui s’ignore pense ainsi : « Le problème n’est pas de se connaître soi-même, ce qui ne veut rien dire. Le problème est de savoir ce que les autres pensent de vous. » Celui qui sait être comme les autres se contente de s’aimer.
96.   On n’aime que ceux qu’on domine. En style interrogatif : Qui aime ceux qu’il domine ?
97.   Ceux qui te méprisent se régalent de ta haine. Ceux qui te haïssent te font un grand honneur. Question d’importance accordée. Question de fascination. Le fasciné l’a choisi une fois pour toutes. Il lui reste, pour cesser de souffrir, la rupture, mais attention, claire, nette, soudaine et totale, et très réfléchie.
98.   Tolérance implique fixisme.
99.   On désire le pouvoir ou le sens. Ou : Il y a ceux qui cherchent le pouvoir et ceux qui cherchent le sens.
100. L’art pour l’art m’exclut.

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Re : Séquence de la Ténèbre enluminée (1/27)
« Réponse #1 le: 08 Mars 2025 à 23:58:21 »
107.   Tu ne sais pas ta chance de n’être pas tétraplégique.
108.   L’enfer est pavé de mauvaises intentions. Le paradis n’est pas pavé, c’est le chemin.
109.   A. Que les timides remplacent la qualité par la quantité ! B. Si tu ne sais pas bien le faire, remplace la qualité par la quantité.
110.   Un extraterrestre doté d’un QI d’un million réglerait les problèmes de l’humanité, car il aurait intérêt à admirer le résultat. Les media sous-disent qu’il faut plus de science, de technologie. L’athée se gargarise des conquêtes de la technologie, qu’il associe à sa position areligieuse, et attribue le succès de la science à l’athéisme.

Continuation de la liste principale

111.   Tu me connais trop ! — Bien sûr que je te connais, je suis ta mère : je t'ai fait ! — Ben, moi aussi, je me suis fait, et je ne me connais pas.
112.   Ce qui me pollue, c’est la médiocrité fière d’elle-même, quand bien elle ne serait pas dirigée contre moi.
113.   Le rire des dominants est éclatant et sert à articuler l’inarticulable, le rire des dominés est un écho finalisé.
114.   Et voilà, trop tard pour jouer les imbéciles ! Manque de stratégie et preuve de vraie bêtise.
115.   Qui vole mes œuvres les soustraie de mon mérite. Qui vole mon style le multiplie.
116.   Les classiques ont imité tout le monde mais personne ne peut imiter les classiques, quoique posés en modèle. Que faut-il imiter quand on dit d’imiter les classiques ?
117.   Pas besoin de rêver : je passe le quart de ma vie à écrire.
118.   A. Me demander d’arrêter d’être français, c’est me demander d’arrêter de vivre. Je suis une monoculture, avec beaucoup d’OGM. B. Si on m’obligeait d’arrêter de parler français, ce serait m’obliger d’arrêter de vivre. Le français m’a donné ce dont j’avais besoin pour survivre, pardonner et ressusciter.
119.   S’il est une étape de l’écriture qui me comble, c’est bien la clarification. C’est elle qui me tient lié au lecteur au détriment de mon désir de me plaire dans le miroir de sa lecture.
120.   Je n’écris pas pour la gloire. Que je me mette bien dans l’esprit que je n’écris pas pour la gloire. J’écris pour celui dont les idées que je préforme éclaireront le monde.
121.   Le déni des coupables discrédite l’innocent.
122.   Si tu ne sais pas quoi faire, fais ce que tu sais faire. Un tel aphorisme m’aurait sauvé la vie, si je l’avais lu à 17, 18 ou 19 ans. J’eusse été le maître que je cherchais à cet âge-là, un bon maître.
123.   « Ce n’est pas la majorité qui m’a traumatisé, ni même le chiffre mythique de 20 ans. Ni le bac, ni l’abandon du piano, ni le renoncement à qui j’étais dans le but de devenir un personnage plutôt qu’une personne. Ni les violences psychiques et les moqueries systématiques dont m’accablaient les trois autres membres de ma famille. Ni quitter le domicile parental, ni me déguiser en cadre dynamique, ni travailler 60 heures par semaine en prépa, ni d’avoir découvert que mon psychanalyste ne savait rien sur moi. Ce qui m’a rendu malade, ce qui m’a conduit à la schizophrénie, c’est d’avoir cru durant mon enfance que je deviendrais une femme, d’avoir nié l’inéluctable à l’âge où les enfants sont assez grands pour être réalistes sur des sujets simples et d’avoir supporté l’insupportable quand l’horreur organique s’est déclenchée, faisant de la découverte et de la prise de conscience de l’apparition de chaque caractère secondaire l’armée de mes épouvantes, celle qui m’assaillait et m’inondait de réalité. J’ai toujours dit que j’avais fait une tentative de suicide à 20 ans et demi parce que je ne trouvais pas ma place dans cette société. En réalité, j’ai fait une tentative de suicide parce que j’ai réagi contre cette nymphe de la mythologie grecque, qui ayant détourné Zeus, reçut le châtiment jaloux d’Héra : des monstres hurlant des cris inhumains lui poussèrent sur son corps nu, et épouvantée d’horreur, elle se mit à courir pour se jeter du haut d’une falaise. Non, je ne suis pas Zeus. Je ne suis pas Héra. Je suis un ange, un ange. Tiens-toi le pour dit. »
124.   Quelle est la différence entre la volonté humaine et la volonté de Dieu ?
125.   Si on s’abstenait de refaire ce qui a déjà été fait, on ne ferait plus rien.
126.   Une blague, ça ne s’explique pas, ça se comprend. Les hommes, pareil.
127.   La manipulation est le pays des traîtres, ceux qui pensent et qui créent mais au service du mal.
128.   Cinq reformulations ? Ce n’est plus de la communication, c’est du lavage de cerveau !
129.   Accepte tous les rôles dont les répliques ne sont pas écrites.
130.   J’aime beaucoup la maladresse de ce paragraphe : le verbe toucher sévit dans quatre domaines et l’auteur l’utilise trois fois, de sorte qu’il en reste l’acception érotique. Ni lapsus ni oubli freudien : l’évocation en creux !
131.   Si tu écris avant de penser, tu n’es pas un penseur. Tu es un client de Pack Microsoft.
132.   La guerre rapproche les peuples déjà proches à tous points de vue.
133.   Des jolies femmes qui parlent entre elles sans rire ni évoquer mes qualités, ça n’existe pas.
134.   Je me sers de mon gagne-pain comme d’un yoga.
135.   L’amour rend voyant. C’est la haine qui aveugle, qui commet, qui l’écrit.
136.   Qui a parlé de l’amour plus que moi ? Et pourtant, je ne l’ai jamais connu. Parler, parler pour éviter de faire.
137.   Je ne vous ferai pas cet honneur, quoique vous le méritiez.
138.   Quitte à parler seul devant d’autres personnes, autant finir ses phrases.
139.   Une vie qui n’aurait pour but que celui de montrer l’exemple, prenez !
140.   Je ne suis pas en train d’analyser tes intentions, j’ai donné une réponse à une question.
141.   Notre bonheur est la plus belle offrande à notre Créateur.
142.   Je déteste mon frère, qui me méprise. Cependant ma mère a dit : « J’ai fait deux enfants pour ne pas que vous soyez seuls ». Par respect pour le génie mystérieux d’une telle déclaration, je continuerai obstinément à respecter ce frère qu’elle m’a donné, envers et contre mes objections. Le projet de Maman d’inscrire l’amour horizontal de ses fils dans la verticalité anthropologique des générations est plus important que mes sentiments, mon scandale ou haine. Obéir à Maman, c’est recevoir la vie du big bang, de la formation des étoiles, des planètes, des premières cellules, des vers marins, des trilobites, des poissons, des amphibiens, des reptiles, des mammifères, des primates, des espèces humaines, du néolithique, de la Grèce et du biblique, de l’Europe, de la France, de la guerre mondiale, de la reconstruction, des années 68 et de l’an 2000.
143.   Je ne me lasse pas de ceux qui prétendent bousculer l'ordre établi sans s'apercevoir par là qu'ils sont aussi conformistes que Lambda. Quoi de plus banal que de se proclamer différent, résistant, révolutionnaire et subversif ? Voilà de quoi noyer la vraie subversion, et c'est le système justement qui s'en solidifie. Génie maléfique du système, qui se continue dans le pseudisme de son rupturisme.
144.   Quoi de plus banal que de se proclamer subversif ? Quoi de plus majoritaire que la minorité ?
145.   La virilité est-elle un placebo ?
146.   La tolérance consiste à respecter toutes les cultures, sauf le christianisme. Si vous respectez le christianisme, c’est que vous êtes selon le vent qui tourne : un sale dominant, un fou, un manipulateur et une andouille. Génie maléfique du système.
147.   Si je ne peux pas traduire un mot dans une autre langue, est-ce que cela signifie que la chose n’existe pas dans cette autre culture ?
148.   Les mamans savent bien pourquoi Dieu nous a créés.
149.   Ce que la société appelle « fable sur la tolérance » est un récit où un gentil marginal arrive au centre de la société et où le méchant qui règne est tué. La tolérance, c’est le sacrifice du dictateur. Et la magnification de l’ego du spectateur.
150.   Le Beau Danube bleu : génial ou ridicule ? Il y a quelque chose dans le Grand Siècle d’une grandeur sans complexe et d’une concrétude très naïve. L’efficacité artistique du XIXe siècle.
151.   En ce moment ? Je me laisse pousser la barbe.
152.   — Je ne partage pas ta vision du dialogue. Forcer la contradiction quand elle n’existe pas conduit à des affrontements théâtraux voués au conflit. — Je crois pour ma part en une incapacité à dialoguer. Les différences arrivent toujours, il n’est pas nécessaire de les forcer. Si tu les forces, on ne peut pas approfondir le débat. Trouver l’affrontement en l’évitant. La production de sens ne peut se faire que par la collaboration, cette optique qui cherche à créer, trouver et à faire créer, faire produire. Il faut pour réunir un projet, l’homme ne peut se contenter de vide sans chercher à le détruire, donc à détruire son partenaire.
153.   La forêt cache l’arbre. L’arbre cache la feuille. La feuille cache le stomate.
154.   Ceux qui me prennent pour un idiot ne m’ont jamais fait rire.
155.   Les critiques négatives et justes blessent l’ego du créateur et attaquent le lien qu’il entretient avec son œuvre. Les critiques positives et justes sont des fleurs pour l’avenir, seul moyen de progresser. Le jugement positif, pondéré et documenté permet quelques corrections d’orthographe.
156.   Quand j’étais à l’école de commerce, j’attendais d’elle qu’elle me change pour être accepté, mais c’est cet autre moi futur qui était apprécié.
157.   Vous avez mûri depuis l’année dernière. — Vous plaisantez ? J’ai 35 ans !
158.   Foncer sans froncer, froncer sans foncer.
159.   Si l’humanité était inférieure aux extra-terrestres, cela donnerait des films mi-américains, mi-français.
160.   J’ai déjà souffert de vous. J’ai déjà souffert pour vous. J’ai déjà été sauvé par la psychiatrie. J’ai déjà pardonné au monde. J’ai déjà guéri. Et vous êtes encore malades. Je ne suis pas votre bouc émissaire. Je suis votre médecin. Je suis la médecine. Devenir un sage, c’est guérir de la folie mondaine.
161.   Le réel est un lit douillet pour celui qui reste à sa place. Mais bientôt le lit pourrit et Celui attrape des maladies.
162.   Le mieux-être est l’ennemi du bien-être.
163.   Le savoir-être est un non-être.
164.   Le développement personnel enseigne : soyez vous-même. Mais que signifie de ne pas être soi-même ?
165.   Complexifier, développer, répondent à la passion. Simplifier me rend heureux, car je me reconnecte à mon lecteur fictif — pas si fictif.
166.   Les angoissés identifient la supériorité à une violence, alors qu’il faut se respecter les uns les autres, y compris ceux qui nous dominent injustement. Si vous suivez cette recommandation, vous deviendrez fou, absolument fou.
167.   Les fous-dangereux d’aujourd’hui sont les loups-garous d’autrefois.
168.   Pour vous dominer, ils disent : « Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions » et : « Il vaut mieux une bonne question qu’une bonne réponse ». Quel salmigondis ne ferait-on pas en juxtaposant les enseignements des chefs !
169.   Ceux qui vous accusent d’immaturité ne voient pas que leur accusation est une marque d’immaturité.
170.   Les gens et singulièrement les hommes d'âge mûr qui vous sapent le moral par le tout-est-impossible sont sûrement les plus malheureux, ne croyant en rien, désirant qu’autrui ne croit plus en rien, s'accrochant à l'humour comme un noyé à une méduse.
171.   C’est la première fois que je comprends cette chose-là. C’est pourtant une expression célèbre.
172.   La bonté ne consiste pas à se laisser ridiculiser par les imbéciles mais à mimer la violence pour les remettre à leur place.
173.   Comment détromper ceux qui vous prennent pour quelqu’un de mauvais, alors que cette méprise vous scandalise, sinon en comprenant qu’ils sont plus scandalisés que vous ?
174.   On en veut à ceux dont on croit qu’ils pourraient nous en vouloir, car cela leur donnerait une bonne raison d’agir contre nous.
175.   Un château dans mon cœur, des mains pour le construire.
176.   « Un crucifix vaut mieux qu’une psychanalyse, et le christianisme ouvrira la trappe des imbéciles intelligents, non pour qu’ils cuisent en enfer, mais pour nous laisser vivre. »
177.   J’admire la technologie audiovisuelle mais la politique télévisuelle n’est que manipulation du désir. La société et ses vidéos sont tissées et forment une trame. Comment une technologie aussi extraordinaire a-t-elle aboutir à une chose aussi ordinaire ?
178.   Rien de plus crédible que notre inintelligence. Quand je racontais mes bêtises, mes erreurs et ma logique défaillante à mon moniteur d’auto-école, il était aux anges, il riait, il était tout content. Il s’est douté de quelque chose à la longue, je n’ai pas pu retenir mes effets de pertinence.
179.   J’ai été suffisamment gentil comme ça. Davantage, on me croirait intéressé. De quoi est-on intéressé ? Quels sont les avantages visés ?
180.   « Votre téléchargement sera terminé dans 154 ans. » affichait la fenêtre en 1998. Finalement il a été plus rapide de faire trois ou quatre révolutions technologiques.
181.   « Psychanalyse : les séquences les plus courtes sont les meilleures. Si je rencontrais mon psychanalyste, je l’enchaînerais à un rocher et je lui mangerais le foie tous les matins avant le petit-déjeuner mais la vraie vengeance serait de le ridiculiser devant une foule avide et déchaînée. »
182.   « Le psychanalyste accuse le patient de refouler une pensée alors que c’est la foule qui se défoule. »
183.   « Le psychanalyste est un faux sauveur. Il sauve l’ego du patient et le dirige droit vers la violence ou la défaite. Le silence du psychanalyste singe le silence de Dieu. La parole du psychanalyste singe la parole de Dieu. Le psychanalyste est une présence absente qui se pose comme un gouffre nécessaire, un trou noir de vices qui ne vit que des paroles du monologueur. Le singe fait des tours, mais il n’est pas l’homme. »
184.   « D’où vient ma force absolument extraordinaire qui me permet de critiquer jusqu’à la psychanalyse ? Ne suis-je pas tout à fait extraordinaire moi-même ? »
185.   Il y a une virtuosité de la connerie que l’intelligence n’atteint pas.
186.   Les scènes où Jackie Chan met KO une centaine d'adversaires ne sont pas fausses d'un point de vue métaphorique. Une telle interprétation est moins drôle que l’original.
187.   J'ai trouvé charmant que le robot me demande si le français était ma langue préférée. Je lui ai répondu aussi poliment qu'il m'avait paru prévenant.
188.   J’ai terminé d’admirer les étoiles, soupire le romantique, et le voilà blasé. Je les connais toutes. Pendant ce temps le pragmatique met au point des fusées.
189.   Les trompeurs ne croient pas aux vertus de l’honnêteté et les violents pensent que l’amour n’existe pas. Ils tirent de leurs vices toute une philosophie du monde, et l’enseignent.
190.   Le suicide est une insulte faite à la Création. Ça ira mieux mort, croit le mélancolique. Mais il n’y a qu’un monde.
191.   Malheur à ceux qui se suicident, car ils ont insulté la Création !
192.   Mon costume de Méphisto… pourquoi ne puis-je pas l’enlever ?
193.   « L’entreprise fonctionne comme un film hollywoodien : ceux qui ont le pouvoir ne croient pas en la vie, ce qui leur permet de contrôler ceux qui y croient. Dans les films, les méchants sont vaincus ; dans la réalité, les gentils sont vaincus. Seuls les méchants peuvent croire en l’inhumanité des gentils, qu’ils prennent pour des mous. Les méchants jouent petit et gagnent : la grande force est celle des gentils et la petite force est celle des méchants. Dans le réel, si j’ose dire, il n’y a pas de grande force, il n’y a que la petite et c’est pourquoi les méchants gagnent, ce sont les réalistes. La force sociale est inversement proportionnelle à la force spirituelle. Les gentils deviennent des perdants, accréditant l’idée que la force est identique à la violence. Ils participent en creux au malentendu cosmique. Les méchants font faire aux gentils, qui rêvent de changer les méchants. La psychologie n’est jamais si perverse que lorsqu’on lui donne pour but celui de rendre les gentils corvéables. La psychologie me fait penser à l’église servant le roi. » — Ainsi parlaient les robots.
194.   C’est moi qui ai écrit cette horreur ? Je ne sais pas écrire. Arrête de croire que tu sais écrire… Arrête d’écrire. Je continue cependant. Pourquoi ? Pourquoi ? Je veux bien devenir muet, je veux bien me taire durant dix ans, mais ne m’enlevez pas l’ordinateur !
195.   L’habitude d’une posture fait croire qu’il y a quelque chose à comprendre.
196.   Écrire de la littérature, c’est recombiner ce qui existait déjà.
197.   A. Trop peu de génie tue le génie. B. Il y a les génies méchants qui disent : trop de médiocrité étouffe le génie ! Et il y a les gentils génies qui aident les gens.
198.   Ceux qu’on insulte sont ceux qui nous insultent. Peut-on substituer ce verbe à tous les autres ? Le premier à insulter ne fait que manifester une insulte présente entre les deux.
199.   Accuser son voisin, accuser son patron, accuser les collègues, accuser sa famille, accuser les automobilistes, accuser la société, accuser la télévision, accuser les catégories, accuser le système, accuser les accusateurs, accuser la civilisation, accuser la nature humaine, accuser la Création. Soi, jamais. S’accuser d’être faible, s’accuser d’être bête, s’accuser de maladresse, s’accuser de s’être trompé, s’accuser d’être ridicule, s’accuser d’avoir été prétentieux, s’accuser d’avoir manqué de prétention, s’accuser de manquer de narcissisme, s’accuser de fausse modestie, s’accuser de s’accuser, s’accuser de masochisme, s’accuser de croire en l’étiquette de masochisme, s’accuser d’exister. Soi, toujours. — Quelle différence entre les deux ! Quelle ressemblance !
200.   L’athéisme permet de formater l’athée à la haine de la religion qui lui a inculqué le pire de l’homme. L’athéisme est une négation de Dieu avant d’être une négation de l’homme.

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Re : Séquence de la Ténèbre enluminée (1/27)
« Réponse #2 le: 09 Mars 2025 à 20:46:31 »
Merci pour le partage de ton texte

Je l'ai lu et je dois reconnaître qu'il n'est pas simple d'accès.

On dirait un peu texte religieux, ou sectaire, avec des principes à respecter et des explications de la vie.

Pour la moderation
Désolée pour mes doublons, mais j'ai voulu modifier mon message, je l'ai effacé. J'ai fait n'importe quoi
« Modifié: 09 Mars 2025 à 21:00:59 par Cendres »
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

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Re : Séquence de la Ténèbre enluminée (1/27)
« Réponse #3 le: 09 Mars 2025 à 20:54:25 »
Merci pour le partage de ton texte.

"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

 


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