https://www.youtube.com/watch?v=GlVrWsEUFGYVas-tu enfin t'empoigner cette purée, par les tripes et le cœur ? Qu'est-ce qui s'accroche, bon sang, dans ta gorge ? Un fardeau, lourd comme l'enfer, des années à t'étouffer sans que tu n'en prennes conscience. Une boule de poils, à la manière des chats, mais la tienne est une mélasse de regrets, un ragoût de fureur et de vérités avortées. Et chaque jour, chaque nuit, cette oppression croît. Pourquoi gardes-tu ces émotions, dissimulées, enterrées, comme un trésor maudit que nul ne doit connaître ? Pourquoi enfermes-tu tes pensées, tes désirs, tes besoins, pour les laisser croupir dans le silence ? Pourquoi persistes-tu à chuchoter plutôt que cracher ces vérités hurlantes ?
Oses-tu enfin goûter à cette purée, par tous les diables, ne serait-ce qu'une maudite cuillerée ? Il pleut à verse, je le sens. La pluie embrasse t'es lèvres.Laisse-la emporter jusqu'à tes souvenirs et tu verras comme l'oubli est beau, il offre un éternel recommencement la peine en moins.
À quoi penses-tu ? À elle, à lui, à eux ? Ils sont partis, c'est fini et les souvenires ne s'enlace pas ! C'est la vie, et tu n'y peux foutrement rien !!
elle vient toquer à ta porte comme dans la chanson. Elle te vole ta couverture la nuit, embrasse tes rêves, te chante des chansons et t'enlace, elle t'accable et te ronge, la garce ! Mais un jour, tout cela ne sera plus qu'un lointain écho. Pour l'instant, avale cette cuillerée de purée, c'est tout ce que l'on te demande. Une foutue cuillerée.
Oui, tu es tordu, meurtri, mais les enfants de la pluie peuplent ce monde, ils sont là, quelque part, alors trouvez-vous ! Ton cœur est pas à l'heure, ce n'est pas ton monde et ta gorge est un étau. Oui, tu es en pièces détachées, comme une bagnole accidentée, une porcelaine ébréchée, mais il y a une beauté dans cette fragilité; c'est beau, une âme qui se bat.Ça dérange, ça perturbe, mais ça brille ! Tu brilles !
Tu es invisible seulement parce que tu le veux.Parce que tu as peur ! Ta peur de tout et de rien, qu'ils t'aiment qu'ils ne t'aiment pas, qu'ils restent qu'ils partent, ta peur de ce que tu es et de ce que tu n'es pas. Tu vis dans la peur ! Mais parle bon sang ! Dis que tu les hais, que tu les aimes, que tu les hais autant que tu les aimes ! Crie, exprime-toi, montre-toi nom de Dieu !
Alors, empoigne cette cuillerée de purée, tu dois mourir le cœur brisé, pas le ventre vide. Juste une cuillerée, le reste, on s'en fout Les mégots, la vaisselle, le désordre ici et là-haut, c'est pas grave ! Mais il est l'heure, vis ! Pas à demi-mot, en demi-teinte, à demi-mort, vis, essaie, échoue, souris ! Tu ne sais plus sourire ? Ça ne se perd pas, ça s'oublie, au pire un sourire et ça se réapprend, tout se réapprend ! Tu mérites mieux que ces murs sans histoire, ce silence, ces adieux sans courage. Tu n'es pas fait pour le noir et blanc, tu aimes la couleur toi ! Tu aimes la vie. Et un jour, tu seras aimé, comme un coucher de soleil, une chevauchée, ou un carré de chocolat. De cet amour naîtra ta Lili, je te le promets.
Allez, engloutis cette cuillerée, regarde, tu as fini cette foutue purée, enfin...