Ce texte est à la fois un pastiche et la suite de l'un de mes films préférés, que certains reconnaîtront peut-être, "Le bonheur est dans le pré". Il mérite sans doute d'être amélioré, notamment sur la fin pour laquelle j'ai eu du mal à imaginer et à écrire, aussi n'hésitez pas à me suggérer des pistes d'améliorations.Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Le secret révéléIl fait gris en cette fin d’hiver à Dole. La pluie n’est pas loin. La maison et l’usine sont défraîchies mais toujours debout et toujours vivantes, simplement somnolentes. L’imposant SUV Mercedes noir se gare devant la maison. Un homme en costume sombre en descend. Il est jeune et svelte. Bien qu’il connaisse l’endroit pour y être déjà venu une fois, il observe attentivement le lieu pendant quelques dizaines de secondes avant d’aller vers la maison. Il espère que sa venue dans la vieille demeure sera aussi fructueuse que celle qu’il venait de faire avenue Rockfeller.
Il sonne, une jeune femme, à peine plus jeune que lui, lui ouvre la porte.
« Alexandrine, je suis content de te revoir.
- Moi aussi. Je suis surtout surprise. Je croyais que tu ne quittais jamais Paris.
- Cela arrive de temps en temps. J’étais en Suisse et je me suis dit que je pouvais venir vous faire un petit coucou à Nicole, Gérard et toi.
- C’est gentil, mais cela m’étonne quand même, ce n’est pas ton genre de venir pour le simple plaisir Michel.
- Tu as raison, je ne viens pas seulement pour vous voir. J’ai aussi quelque chose à vous proposer. »
Michel Jr expose alors à Alexandrine la raison professionnelle qui l’a poussé à venir jusqu’à Dole. Alors qu’il pensait en avoir pour quelques minutes, il s’échine pendant un long moment à convaincre sa cousine de signer, comme sa mère Géraldine et sa grand-mère Nicole, l’acte de vente de l’usine Bergeade. Si Nicole avait accepté de signer sans trop de difficultés, Alexandrine refuse. Elle ne cédera pas l’usine de son grand-père, surtout à des personnes comme lui. L’usine parvient certes tout juste à vivre, malgré ses efforts, ceux de Pouillaud, le comptable revenu des Antilles et ceux des dernières ouvrières comme la fidèle Lucette. Mais elle ne compte pas la fermer, par respect pour son aïeul qui l’avait tenu à bout de bras pendant des années, pour les ouvrières et parce qu’elle était fière de réussir à maintenir l’usine dans cette région sinistrée. Le climat n’avait beau ne pas être le plus agréable, la ville sans grand relief et passablement au ralenti depuis des années, elle aimait sa région. Elle connaissait trop bien Michel Jr et elle refusait de voir un jeune banquier ambitieux récupérer l’usine pour la fermer, avant de la raser au profit d’un juteux projet immobilier. Car à n’en pas douter, tel était son projet. Il avait déjà réalisé une opération semblable à Douais.
Elle va mettre Michel Jr à la porte lorsque Gérard, le compagnon de Nicole et meilleur ami de son grand-père, entre avec fracas. Il est remonté comme une horloge jurassienne. Malgré ses 80 ans, il prend le trentenaire par le col et le jette dehors sous un flot d’insultes. Le regard noir Michel Jr lui répond, lui crachant son dédain à la figure. Les deux hommes sont prêts à se battre, mais Alexandrine intervient en se plaçant entre eux. Michel retourne à sa voiture. Alors qu’il allait y monter le téléphone du trentenaire, sonne. C’est sa petite sœur qui l’appelle à la fois affolée et énervée. Leur grand-mère Dolorès a fait un malaise après l’appel de son notaire. Michel Jr avait apparemment vendu la ferme familiale à un groupe immobilier. Gérard et Alexandrine qui entendait des bribes de conversations se rapprochèrent. Lorsque Michel Jr eut raccroché, Gérard leur dit. « On va chercher Nicole, on descend à Condom. Toi aussi Michel. »
Dans la Renault Talisman de Gérard, Alexandrine, Michel Jr et Nicole quittent le Jura pour le Gers. La route est longue, Gérard ne roule plus aussi vite qu’avant et il leur faut toute une journée pour traverser la France. Arrivés à la ferme, ils trouvent Agnès la sœur de Michel Jr et Sylvie leur tante auprès de Dolorès alitée. En quelques mots, Agnès leur explique ce qui c’est passé et demande des explications à son frère. De marbre face à sa famille, Michel Jr leur explique sa manœuvre pour se débarrasser de la ferme. Il ajoute que celle-ci lui a toujours fait horreur, à l’image de l’usine, lui rappelant sans cesse ses origines modestes. Le jeune homme avait honte de vivre dans une ferme, d’avoir un grand-père qui alternait entre sa ferme gersoise et son usine de mobilier de toilette jurassienne, de cet amour interdit qu’il avait pour sa cousine Alexandrine. Alors après avoir discrètement échangé quelques mots avec Dolorès et Nicole, Gérard pris la parole.
« Sylvie, Michel Jr, Alexandrine, Agnès, je dois vous parler. Je regrette que Françoise et Géraldine ne soient pas là pour entendre ce que nous aurions dû vous dire il y a déjà longtemps. Quand vous avez lancé Françoise, Dolorès et toi, Sylvie cet appel à la télé pour retrouver Michel, et qui a provoqué un véritable séisme dans nos vies. Michel, ou plutôt devrais-je dire, Francis est venu. Francis et Michel étaient en fait deux hommes différents. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Francis était le parfait sosie de Michel. Francis c’est fait passer pour Michel. À l’époque il n’en pouvait plus. L’usine était au bord de gouffre, Nicole et Géraldine invivables, alors il a choisi de devenir Michel. Nicole et Dolorès savaient très bien la vérité, mais Nicole était ravi de voir son mari partir, elle ne supportait plus Francis. Sylvie avec ta sœur Françoise, vous vouliez retrouver votre père. Francis vous a adopté, Dolorès et lui sont tombés amoureux, et je me suis installé avec Nicole. Tout le monde avait trouvé le bonheur. On ne vous a rien dit pensant que vous étiez trop jeunes et que vous ne comprendriez pas. Je crois que c’est aussi le moment pour vous de savoir qui était Michel et ce qu’il est devenu. Michel était un braqueur. Il a volé quasiment toutes les Caisses d’épargne de France dans les années 60. Son dernier braquage en mai 68 a échoué, il a même été blessé. Il a, je ne sais comment réussi à revenir. Mais arrivé au bord du puits, il a basculé en voulant y jeter son arme. Ce que Francis et moi avons découvert par hasard en 95. Je sais, c’est un choc. Mais vous deviez le savoir.
- Je suis la fille d’un braqueur… Fait Sylvie effarée.
- Il a braqué des banques… . Alexandrine n’est pas ma cousine…Reprend Michel Jr ébahi. »
Alexandrine et Agnès sont tout aussi stupéfaites. Dolorès, Gérard et Nicole visiblement soulagés que la vérité soit enfin connue.
La ferme baigne dans une drôle d’ambiance les heures suivantes. D’autant plus lorsque Gérard leur montre les archives de Michel, ainsi que l’un des os qu’il avait récupéré dans le puits il y’a 27 ans.
Mais ce n’est rien comparé à ce qui les attend le lendemain. En effet au petit matin une voiture de gendarmes et un juge viendront pour arrêter Michel Jr coupable de plusieurs délits financiers. Mais plutôt que de se rendre, il prendra une des armes de son grand-père. Il tirera sur les gendarmes avec la vieille arme à moitié rouillée, ceux-ci riposteront et le blesseront. Titubant son arme à la main, il ira s’accrocher à la margelle du puits et il manquera d’y tomber comme son grand-père, mais heureusement pour lui sa sœur et Alexandrine le rattraperont et le désarmeront. Les gendarmes l’emmèneront et il sera condamné à plusieurs années de prison.