Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

27 Avril 2026 à 09:14:55
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Des SM story

Auteur Sujet: Des SM story  (Lu 751 fois)

Hors ligne delideal

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Des SM story
« le: 30 Mars 2023 à 14:55:45 »
Le psy, au patient
Voilà mon opinion :
Prenez des cachetons !
L’hypomanie (1) est une maladie.
Pour preuve, c’est écrit
Dans ce manuscrit des SM (2)
Cinq fois que je l’ lis,
Le cynisme est proscrit.
Vous semblez un peu blême…
Vous n’êtes pas dans les normes.
Faut recouvrer la forme !
On vous prend la tension ?
Ou piqûre dans le croupion ?

Le psy, à son collègue
Il n’aime pas les médocs
Puis il a peur des docs
Il veut pas qu’on le touche
Et parle vite, je trouve ça louche
Pathologie du déni :
Voudrait rentrer chez lui.

Le psy, à lui-même
L’est doux comme l’agneau.
Doit se contenir ce salop !
Paraît clair, a de l’esprit.
Malgré ses airs, j ’me méfie.
S’il est là, l’a dû être dingue.
Dans ce service, faudrait un flingue…
La dernière fois qu’un de ces fêlés.
A eu l’audace de me charmer.
La main, j’lui ai tendu.
Pour m’remercier, il m’a mordu.

Le psy, au patient, entouré d’infirmiers.
Vous comprenez qu’c’est pas normal
D’pas accepter l’ordre médical.
On a pas le choix, sécurité.
On va devoir vous attacher.

Un infirmier, à lui-même.
Pas l’air méchant, c’ prof de trente ans.
Ca m’fait d’la peine de l’ligoter.
Le psy a parlé. J’dois la boucler.
J’demande pourtant : qui est le dément ?

Le même infirmier, confidence au patient, très mal.
Ma p’tite amie, est bipolaire (3) .
Pas si dérangée, c’est d’un navrant.
L’usine qui broie les sentiments,
J’ les fais hurler et manquer d’air…

Le patient, à l’infirmier
Ce n’est pas de votre faute.
Mais de ces apôtres
Du Dieu Statistique
Dont ils se font toute une éthique.
Je ne crierai pas.
Je resterai calme.
Je ne veux pas donner une arme,
J’sais que l’on se « fou (t) » de moi.

Quelques minutes plus tard, la compagne du patient, qui a été prévenue. Il est pieds et poings liés, étendu sur le lit. Ses bras sont écartés comme ceux d’un crucifié.
Mon chéri, ça va aller.
Je vais m’occuper de toi.
Tu ne resteras pas aux abois.
Comment t’aider mon bébé ?

La patient, à sa compagne
S’il te plaît sort moi de là !
Ou j’deviendrai « coucou ».
Je veux rentrer chez nous.
Promets qu’aucun papier tu ne signeras !

La compagne
Je te l’promets mon coquin
De ne pas faire ma catin.
Et sur ce, elle s’en va.
Aux médecins, elle parla…

La conversation entre la compagne et l’équipe médicale : 2 psys, 1 infirmière, la compagne

La compagne :
J’lui ai promis de pas signer.
Vous n’pouvez pas m’obliger.
Sachez que je l’aime tant.
Il n’est pas du tout consentant.
Psy 1 :
Madame comprenez, que sans hospitalisation.
Il pourrait s’en suivre, une grosse dépression.
Vous prenez le risque d’un suicide.
Sur le cerveau, des dégâts irréversibles…
Psy 2 :
Vous n’avez pas tout vu.
N’écoutez ses boniments !
Des patients, j’en ai connu.
Il leur faut des médicaments.
La compagne : C’est exagéré…
L’équipe : C’est notre métier
La compagne : L’avoir attaché ?
L’équipe : Par sécurité.
La compagne : Mais c’est mon bébé…
L’équipe : Faut bien le soigner.
La compagne : Mais j’veux pas signer.
L’équipe : Z’allez le regretter.
La compagne : Mais j’lui ai promis.
L’équipe : Faut changer d’avis.
La compagne : Mais c’est mon copain !
L’équipe : Nous sommes médecins.

30 min de pression psychologique plus tard :

La compagne, naïve et perdue, l’équipe médicale à côté
Suicide, dégâts irréversibles.
Ils ont tous l’air si crédibles.
Je signe, ma promesse reniée.
Puisse-t-il me pardonner !
La compagne, qui commence à regretter un peu son geste
Laissez-moi encore lui parler !
J’peux pas comme ça le quitter.
Mais il s’est déjà endormi…
Ciel, j’avais pas réfléchi !

Pendant le temps de la conversation entre la compagne et l’équipe médical. Le patient est toujours attaché, drogué maintenant. Une infirmière est passé pour lui donner un récipient pour uriner. Elle le dépose sur un siège à ses côtés qu’il ne peut atteindre. Le patient reste seul.
Ils m’ont donné à boire
Petit bémol au désespoir.
Mais maintenant, je veux pisser.
M’ont apporté un « pistolet » (4) .
Moi, j’trouve ça dégradant.
Et j’veux juste pisser debout.
Ils savent soigner leurs fous.
Pour les briser ont du talent !

Quelques minutes plus tard, le patient honteux
J’ai dû m’vider par terre.
Attaché, j’atteignais pas l’flacon.
Voilà, j’me retrouve comme un cochon
Devant cette jolie infirmière.

Le patient. Après l’incident, l’équipe médical lui a fait la morale. Le puissant sédatif commence à faire effet.
Elle a nettoyé ma pisse.
Ils m’ont traité de méchant.
C’est pas de ma faute pourtant,
N’ont pas accepté que j’en gémisse.
Ma bouche se remplie de cendres,
Elle devient sèche et pâteuse.
J’appelle à l’aide, plus rien.
Ils m’ont laissé dans mon coin.
Médicaments tortures,
Ils ont été des ordures.
J’sens venir la faucheuse.
J’voulais pas faire d’esclandre.
Maladroit dans mon boulot.
Avec mon chef un quiproquo.
Quand j’ai parlé de mon enfance.
Il a appelé les urgences.

Le patient panique et perd son calme, sa langue commence à gonfler, il ne peut plus parler et presque plus respirer. Il essaye de hurler mais ne peut qu’émettre quelques borborygmes.
Jusqu’où vont-ils me punir ?
Aidez-moi ou je vais mourir !
J’peux plus respirer ! Est-ce que je vais crever ? … (comme l’impression de livrer son dernier souffle, puis il s’endort)
(Puis se réveil, un autre lieu)
J’suis vivant ! Mais chez les frappés…

Quelques mois plus tard, le patient.
J’suis sorti deux jours plus tard
Pas un hôpital, mais un mitard.
Y avait des fous bien enragés.
Certains bavaient, menaçaient d’tuer.
Pas pris de médicaments.
Pas jugé assez dément.
Puis ils m’ont libéré
Quand on a parlé de procès.
Pas complété leurs rapports.
Pas avoué, c’qu’ils ont fait de mon sort.
Je n’ai jamais été attaché.
Ils ne m’ont jamais humilié…
Terrifié et rempli de haine.
De cette terrible déveine,
Perdu confiance en l’humanité.
Tics et tocs d’un traumatisé.
Merci pour les soins.
Gloire aux gentilles médecins.
Qui ne font pas une affaire
Des âmes qu’ils ont enfouies sous terre.


(1) Le DSM V est le dernier « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux » publié. Suite à des études statistiques contestables, il répertorie toutes les déviances de l’esprit (par rapport à une norme arbitraire et subjective) pouvant nécessiter des soins et un traitement médical. Des centaines de critères sont listés et on en dénombre de nouveaux à chaque version avec apparition de nouveaux médicaments « rééquilibrants ». `
(2) L’hypomanie est l’un d’eux. C’est un état légèrement euphorique. Celui qui en souffre a le sentiment d’avoir l’esprit fluide, il entreprend plus de projet que d’habitude, a une sensibilité et une imagination légèrement exacerbés. Habituellement, elle n’est pas accompagnée de délires.
(3) La bipolarité est un état où le sujet alterne des phases de manie (état euphorique, plus sévère que la manie, confinant au délire) , avec des phases de dépression… Cet état conduit à de fortes variations de l’humeur. Beaucoup d’artistes puisent dans ces sentiments exacerbés pour créer. Certains utilisent leur sursensibilité pour créer et inspirer le reste de l’humanité, parfois pour entreprendre des projets trop démesuré pour les esprits plus « équilibrés ». Liste non exhaustive des célébrités à tendances bipolaires :
«
- Acteurs, comédiens :
. Audrey HEYBURN,
. Ben STILLER,
. Carrie FISHER,
. Cary GRANT,
. Catherine ZETA JONES,
. Demi LOVATO,
. Jim CARREY,
. Linda HAMILTON,
. Marilyn MONROE,
. Marlon BRANDO,
. Mel GIBSON,
. ROSEANNE,
. Russell BRAND,
. Winona RIDER,
- Compositeurs, musiciens, chanteurs :
. Alanis MORISETTE,
. Amy WINEHOUSE,
. CHOPIN,
. Georg HAENDEL,
. Gioacchino ROSSINI,
. Hector BERLIOZ,
. Kurt COBAIN,
. Ludwig VAN BEETHOVEN,
. Nathalie COLE,
. Peter GABRIEL,
. Ray CHARLES,
. Robert SCHUMANN,
. Sergueï RACHMANINOV,
. STING,
Ecrivains, poètes :
. Agatha CHRISTIE,
. Cesare PAVERS,
. Charles BAUDELAIRE,
. Charles DICKENS,
. Edgar POE,
. Emily DICKINSON,
. Ernest HAMINGWAY,
. Eugène O’NEILL,
. Georges BYRON,
. Gérard DE NERVAL,
. Graham GREENE,
. Honoré DE BALZAC,
. Jack LONDON,
. Michael CROCKTON,
. MOLIERE,
. MONTAIGNE,
. VERLAINE,
. Victor HUGO,
. Virginia WOOLF,
. VOLTAIRE,
. William FAULKNER,
. William BLAKE
Peintres :
. Georgia O’KEEFFE,
. Jackson POLLOCK,
. MICHELANGELO,
. Vincent VAN GOGH,
Politiques, figures mondiales :
. Abraham LINCOLN,
. Alexandre LE GRAND,
. Howard ROBARD HUGHES,
. John KENNEDY,
. Napoléon BONAPARTE,
. Théodore ROOSEVELT,
. Winston CHURCHILL,
Réalisateurs, scénaristes, producteurs :
. Tim BURTON,
Scientifiques, philosophes :
. EINSTEIN,
. Friedrich NIETZSCHE,
. Isaac NEWTON,
. John FORD NASH,
. Sigmund FREUD,
»

(4) Un pistolet est un récipient en plastique, servant d’urinoir aux personnes alités.

L’effet classique des neuroleptiques est une atténuation de tout sentiment, positif et négatif : une perte de l’élan vital. D'autres effets sont avérés comme l'augmentation de l'agressivité ou la présence d'idées suicidaires (effets secondaires potentiels présents dans la notice).
Beaucoup de médecins, infirmiers, avouent leur impuissance et leur incompétence. Ils sont mal avec ce système, mais ne savent pas comment faire autrement que de continuer à faire du mal et des dégâts (d’où mon titre, des SM story) . L’inertie du système médical et le poids de l’industrie pharmacologique stigmatisent de plus en plus les patients. Ils renient aussi systématiquement toute responsabilité dans le mal-être de ceux qu’ils sont sensés soigner. Cacher dans le dossier médical des actes graves comme « la contention et la séquestration » apparaît aussi comme une banalité aux urgences psychiatriques. En France, il est très difficile de monter un procès contre ces services presque intouchables malgré l’immensité et la dangerosité du pouvoir qu’ils ont en main.

Mon récit est subjectif, mais sincère, à peine romancé. C’est une histoire que j’ai vécue. Merci à ceux qui ont eu le courage de me lire jusqu’au bout.
« Modifié: 31 Mars 2023 à 11:03:31 par delideal »

emoto

  • Invité
Re : Des SM story
« Réponse #1 le: 30 Mars 2023 à 22:34:39 »
Le psy ?  Mai il y a psychologues , psychiatres, psychothérapeutes analystes qui exercent chacun dans un domaine avec des qualifications différentes .
Crois-tu que le psychologue conjugal va dire au couple en consultation :mon opinion prenez des cachetons . Le psy ayant le respect de lui même et de ses patients ne parlera de toute façon pas comme ça .
-- La preuve que l 'hypomanie est une maladie n 'est pas qu' elle soit référencée dans un manuel . Elle  y est référencée après qu'elle ait été reconnue comme maladie.
-- Symptômes plus que farfelus d'une pathologie du déni . On peut être en déni de grossesse, de viol , d'addiction, de maladie psy , ça ne se traduit jamais comme ce dont tu parles . Ce n 'est même pas de la caricature .
-- Salop, dingue, fêlé, quelqu'un en réelle souffrance psy ne parlera jamais ainsi de ce qu'il vit ou a vécu . Même pour dédramatiser son cas .
-- Sil est là , il a dût être dingue . Bizarre que tu ignores que ton dossier psy te suit toute ta vie pour que l on connaisse tes antécédents et les médocs déjà prescrits Même aux urgences psy , l'interne commence par un clic voir  si tu y as un dossier suivit d'un clic au HP pour idem .
-- Non, dans une unité psychiatrique , pas besoin de flingues .
-- Le psy sait que le patient n''est pas en audace de charmer mais dans un processus de séduction, cohérent à la thérap . Qui va aboutir à un transfert . Le danger est un contre transfert et dans ce cas le psy transmet le patient et son dossier à un confrère .
-- Bizarre que tu sembles ignorer qu'un patient ne va Jamais en consultation sans être accompagné d'un ou deux infirmiers -- psychiatriques-- ils le sont tous .
Et qu'un psy ou un médecin ne va jamais dans la chambre d'un patient sans être lui même accompagné d'infirmiers .
-- Bizarre que tu ne saches pas qu'un infirmier soit habilité à mettre un patient en chambre d'isolement ,même pour contention puisque c'est uniquement là que les lits sont équipés pour . En attendant que sa décision prise soit confirmée par le psychiatre ( en chef) du service .   Et de toutes façons, jamais un personnel médical ne critique une décision prise par un ou des autres devant le patient . Pas besoin de le déstabiliser davantage , il l' est assez comme ça .
-- Un membre de la famille  autorisé à voir un patient mis en isolement ?
-- Ce n 'est pas la famille qui signe un formulaire de sortie , c'est le médecin chef , et parfois le procureur si l'hospitalisation a été d'office et sous contrainte . Le seul papier donné à la famille est la prescription médicale à prendre . Pour une entrée, la demande peut être faite par la famille mais c'est la médecine qui statue , ou le proc .
-- Le personnel ne fait pas de statistiques, il n 'en a pas les moyens ni le temps . Il transmet juste les données malade, durée d'hospitalisation traitement etc .
Et c 'est l'agence de santé mentale  régionale qui les fait , et les transmet pour un recoupement national .
-- Beaucoup de patients veulent sortir le plus vite possible, d'autres à l'inverse font tout pour rester tant la structure materne et déresponsabilise Et le patient a souvent besoin de se sentir totalement pris en charge ., ce qui réduit sa souffrance , qui s'exprime au sein de la société .
-- Ensuite bien des familles ne sont pas si pressées de récupérer le malade si il est ingérable , même si sans risques de mise en danger de lui ou des autres .

Déjà on n'hospitalise pas par plaisir : la journée d'hospitalisation est facturée dans les huit cents euros à la sécu . Tu peux vérifier sur le net . A rajouter les transferts en ambulances et autres "extras"
Heureusement qu'il y a les psychotropes . Sans eux les  schizo  violeraient, tueraient livrés à leur pulsions, les bipolaires enchaineraient les TS , 25 % des malades  déclaré en font malgré les médicaments, et tous les malades resteraient  sans eux en stade aigus de souffrance . A propos le pilote d' avion qui s'était enfermé dans sa cabine et a volontairement scratché son avion tuant tout le monde était en dépression . Oui mais en phase bipolaire . Bi polaire ça ne se voit pas à la visite médicale du travail . On ne l' a su qu'après .
-- la contention  peut être nécessaire en cas de crise , en premier pour protéger le malade de lui -même . La crise passé il en est libéré . A te lire on pourrait croire que c'est par sadisme . La séquestration ? Mais un HP est un hôpital fermé , le patient n 'y est ni prisonnier ni otage Il y est sur décision médicale ou de justice ou les deux . . Et il peut bénéficier de permissions où la famille vient le chercher et le ramène , puis au fur et à mesure de l amélioration de son état il pourra avoir des horaires de sorties libres . A l'intérieur de l' HP il gère son pécule , il y a des tas d'activités thérapeutiques ou non, plutôt occupationnelles .

A savoir aussi , quand un patient arrive aux urgences psychiatriques  ( sauf crise alcoolique ou sous stups )  il est presque toujours transféré  en HP pour une observation minimum  de 3 jours surtout si il à des antécédents . l'hôpital pouvant être attaqué et condamné si il le renvoie et qu'il arrive quelque chose .
--Des médicaments qui poussent aux meurtres ? Tu dois pouvoir m'indiquer les noms puisque tu en parles  .
-- juste au passage , quand tu parles de bi polaire en mentionnant les deux phases tu oublies juste de mentionner l'euthymie , la phase  d'équilibre psy entre les deux
-- Il n ' est pas plus difficile d' engager un procès contre les services hospitaliers psychiatriques que contre des CHU . Mais pour le gagner il faut là aussi que la faute professionnelle soit établie . En fait c'est surtout quand le malade est remis dehors considéré comme guérit et qu'il ne l 'est pas , qu' à cause des conséquences on pourrait établir qu'il y a erreur de diagnostic . Ou qu'il n 'y ait pas eu contention alors qu' elle était nécessaire  ou autres défaillances d'encadrement .
Perso je n 'aime pas la psychiatrie dans son ensemble, je déteste qu'on vienne partager ma psyché . Mais je ne mets pas en doute la conscience pro des médecins . Leurs résultats si . L'utilité des psychotropes est indéniable . Ceux qui contestent avoir été soulagés, mais pas forcément guéris de leur souffrances grâce à eux , sans doute n 'en n'ont-ils vraiment jamais eu besoin .

Mon commentaire est presque fait sous la dictée .  Et je ne transcris pas à propos des médecins qui selon tes dires ne savent pas comment faire autrement que de faire du mal et des dégats .Ni  à propos que les psy renient leur responsabilité dans le mal  être des patients . Au fait,  les patients consultent justement parce qu'il sont en mal être . Et puis contrairement à ce que tu laisses supposer , aux urgences psychiatriques on ne reste pas, on donne un soin minimum et  on évalue quoi faire du malade selon ses symptômes . Comme dans tout service d'urgences  .On peut mettre sous contention si nécessaire suivi d'une "camisole chimique" le temps d'un transfert en ambulance , mais rare , et ce n ' est pas l'interne qui en décide .

Je ne sais pas qu'elle histoire tu as vécue, et encore moins dans quel unité psychiatrique tu l as vécue puisque ce que tu écris ne s'inscrit dans aucune .Romancée , oui, mais le roman doit s'appuyer quand même sur un minimum de réalité sinon c'est juste une attaque gratuite romancée  qui fait du tords à ceux qui attaquent à juste titre .

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : Des SM story
« Réponse #2 le: 31 Mars 2023 à 08:09:59 »
Bonjour emoto,

Je me permets de te réagir à ton commentaire. Bien sûr, il est difficile, à l'écrit, d'évaluer le "ton" d'une personne ainsi que ses intentions. Mais à lire comme ça, j'ai trouvé qu'il sonnait très, très péremptoire et presque agressif. Ce n'est probablement pas ton intention, mais des formules répétées comme "Bizarre que tu ne saches pas..." et toute une liste d'affirmations qui contredisent le vécu de la personne qui témoigne dans son texte, ça me gêne énormément, je ne perçois pas cela comme des remarques constructives qui aideront l'auteur à mieux témoigner de son vécu. J'ai même eu l'impression que tu ne cherchais pas à comprendre ce vécu, mais seulement à le contredire point par point.

Je ne sais pas quelle est ton histoire personnelle et d'où vient ta ténacité à t'exprimer de manière si autoritaire sur plusieurs textes en lien avec la psychiatrie... Pour situer ma propre position, je suis psychiatre, et dans ma vie personnelle j'ai aussi été très sensibilisée à ce que l'on peut vivre en tant que soigné et aux violences qui existent dans le monde de la psychiatrie.

Le premier point que je souhaite aborder auprès de toi, c'est qu'il y a beaucoup de choses que tu poses comme des vérités et qui n'en sont pas. Je ne vais pas faire la liste entière (manque de temps, manque d'énergie à épuiser là-dedans), mais par exemple :
- "La preuve que l 'hypomanie est une maladie n 'est pas qu' elle soit référencée dans un manuel . Elle  y est référencée après qu'elle ait été reconnue comme maladie." => que veut dire "reconnue" dans cette phrase ? il y a plein de sphères différentes, à l'échelle historique et mondiale, dans laquelle de nouvelles formes de diagnostics sont proposées, font polémique, sont étudiées... le DSM rassemble les pathologies qui globalement font consensus à l'échelle mondiale, et encore, au sein du DSM il y en a énormément qui restent controversées et pour lesquelles le niveau de preuve scientifique est insuffisant.
- Salop, dingue, fêlé, quelqu'un en réelle souffrance psy ne parlera jamais ainsi de ce qu'il vit ou a vécu . Même pour dédramatiser son cas . => Qu'est-ce qui te permet d'affirmer ça ?? Les gens (avec problème psy ou non) parlent d'eux de mille façons possibles, pour mille raisons possibles.
- Bizarre que tu ignores que ton dossier psy te suit toute ta vie pour que l on connaisse tes antécédents et les médocs déjà prescrits Même aux urgences psy , l'interne commence par un clic voir  si tu y as un dossier suivit d'un clic au HP pour idem . => Non. Récemment encore il y avait (et il doit probablement encore y avoir) des exemples d'hôpitaux où rien n'est informatisé au niveau des urgences, ou bien où tu galères comme pas permis pour retrouver les antécédents qui datent d'il y a plus de cinq ans ou qui ont eu lieu dans d'autres hôpitaux.
- Sil est là , il a dût être dingue . => Cette affirmation est d'une violence inouïe à mes yeux. Que veux-tu dire par "dingue" ? Et aux urgences psychiatriques ou dans les hôpitaux, je t'assure qu'il arrive qu'on nous adresse des personnes qui n'ont absolument rien à faire là, tu n'imagines même pas le degré d'absurde de ce qu'on peut voir parfois.
- "Ce n 'est pas la famille qui signe un formulaire de sortie , c'est le médecin chef , et parfois le procureur si l'hospitalisation a été d'office et sous contrainte . Le seul papier donné à la famille est la prescription médicale à prendre . Pour une entrée, la demande peut être faite par la famille mais c'est la médecine qui statue , ou le proc ." => Certains hôpitaux (il y a qqs années en tout cas) faisaient signer des sorties contre avis médical, quand il y avait un tiers pour signer l'hospitalisation sous contrainte mais que le tiers refusait. C'est une pratique controversée car en théorie le médecin pourrait passer outre s'il y a danger imminent, et en même temps, faire appel au péril imminent alors qu'il y a un tiers secure, c'est controversé aussi.
- "Bizarre que tu sembles ignorer qu'un patient ne va Jamais en consultation sans être accompagné d'un ou deux infirmiers -- psychiatriques-- ils le sont tous ." => Ben non, ça dépend des services, ça dépend du personnel, de l'urgence. En théorie oui c'est bien d'être accompagné d'un infirmier mais en pratique ça arrive souvent que non.
- "A savoir aussi , quand un patient arrive aux urgences psychiatriques  ( sauf crise alcoolique ou sous stups )  il est presque toujours transféré  en HP pour une observation minimum  de 3 jours surtout si il à des antécédents ." => ??? Euh, non ! :o pas dans ma région en tout cas. On manque de lits, déjà, et surtout il y a beaucoup de consultations aux urgences qui ne relèvent pas d'une nécessité d'hospitaliser.
- ... bref, je ne vais pas tout relever, peu importe, mais je voulais surtout te mettre en garde sur toutes les affirmations que tu assènes avec une posture si autoritaire.

Un autre point que je voudrais soulever, c'est l'image que tu véhicules des personnes qui ont des maladies psy. Idem, je ne ferai pas un relevé détaillé, j'y passerais trop de temps. Je rebondirai sur ce qui me heurte le +, et tu l'as déjà mentionné ailleurs sur le forum donc ma remarque s'applique à chaque fois :
- " Sans eux les  schizo  violeraient, tueraient livrés à leur pulsions," => Bon pour commencer on pourrait peut-être éviter le langage psychanalytique à foison, les pulsions, que tu détaillais davantage dans mes souvenirs dans un autre post, ce n'est plus comme ça que l'on évoque la schizophrénie de nos jours. On peut aussi supprimer le diminutif "les schizo" qui, même s'il est utilisé parfois par les personnes concernées, sonne super méprisant dans cette phrase. Mais surtout il faut vraiment, vraiment arrêter l'amalgame entre schizophrénie et criminalité. L'immense majorité des personnes schizophrènes ne sont pas agressives envers les autres, et au contraire, sont des personnes vulnérables qui sont plus souvent victimes d'abus de confiance, de harcèlement ou d'agressions. Dans les médias qui raffolent de sensationnalisme, bien sûr, tu trouveras des exemples de crimes commis par des personnes schizophrènes, mais ça n'illustre en rien la proportion réelle de criminalité qui est faible. Le combat quotidien du psychiatre, c'est certes de soigner et souvent de convaincre de l'intérêt des soins (en co-construction idéalement), mais c'est aussi de défendre les droits de ses patients, leur accès à des aides, parfois même le simple accès à des soins somatiques, à une sociabilité minimale adaptée à leurs souhaits. Je te renvoie à ce résumé écrit par Aube :
Citer
La maladie mentale c'est une triple peine : symptômes, effets secondaires du traitement, discrimination sociale. Vous pouvez agir sur au moins un des trois sans faire d'études.

Le dernier point enfin c'est celui que j'ai abordé d'entrée de jeu dans mon introduction : ce serait vraiment chouette si tu pouvais prendre en compte le vécu de la personne qui s'exprime, et le respecter davantage, tout en exprimant certains points de vue si tu le souhaites bien sûr mais sans dévaloriser systématiquement ce que dit l'autre. J'ai l'impression que tu doutes de la véracité du côté autobiographique de ce qu'a écrit delideal. Personnellement je n'ai aucune raison de douter. Et puis, quand bien même ?
Ce qu'il écrit ici rejoint des critiques que tu pourras lire partout chez les personnes qui ont été psychiatrisées. Il y a énormément de soignés qui gardent de leur passage aux urgences ou à l'hôpital un vécu traumatique. La violence des contentions et de l'enfermement est une réalité, qu'elle soit "justifiée" par un aveu d'impuissance (là, aujourd'hui, ce jour-là, face à ces symptômes-là, il a été impossible de faire autrement) ou qu'elle ne le soit pas. Le manque d'explications, le manque d'écoute, sont malheureusement des constantes dans des services souvent débordés avec un manque de personnel terrible, ou bien qui ont gardé une culture paternaliste verticale n'accordant pas au soigné le respect et la prise en compte dont il a besoin.
Et quand bien même tu penserais que l'auteur qui écrit avait vraiment des difficultés psy qui justifieraient d'une hospit... est-ce une raison pour ne pas l'écouter ? Est-ce que son témoignage n'a pas autant (voire davantage) d'importance ?



Bonjour delideal,

Je t'avais lu en entier mais je ne souhaitais pas répondre, car je ne savais pas comment commenter ce texte. Comme je l'écrivais à emoto, je suis psychiatre, et ça me met dans une position particulière quand je lis ce type de témoignage extrêmement virulent contre la psychiatrie et ses soignants. Mais comme je le disais à emoto, je sais que ces critiques sont en bonne partie justifiées et ça me désole. Tu présentes un vécu, une manière de voir et de ressentir, et je ne me vois pas polémiquer sur chaque point pour nuancer et préciser que "ce n'est pas pareil partout", même si je le pense profondément, je ne pense pas que ce soit le sujet ici, j'ai l'impression que tu voulais t'exprimer toi et non donner des positions absolues. Je n'ai donc pas tellement de retour à te faire  :/ désolée. Je suis surtout passée pour répondre au commentaire d'emoto dont certains passages m'ont heurtée.

Bonne continuation pour la suite.
~ Ari ~

emoto

  • Invité
Re : Des SM story
« Réponse #3 le: 31 Mars 2023 à 09:21:36 »
Je n ' ai pas le temps , matériel , de revenir sur ce que tu écris , que je réfute   Tu devrais avoir noté que ceux qui contestent le DSM V sont surtout ceux qui ont écrit le IV   Tout ça est du domaine de la rivalité entre pros, chacun défendant sa chapelle .
Tu es psychiatre , tu as donc fait médecine et ensuite psychiatrie .
Des services d'urgences ou rien n ' est informatisé ? En 2023 ? Merci de citer leurs noms  que je fasse une pétition avec ouverture d'une cagnotte pour remplacer celle de l 'Etat déficient . On peut tout dire, ce qui ne veut rien dire . Et tant bien même les dossiers ne seraient pas informatisés, ils existeraient sur papier et seraient consultables "  à l ' ancienne " Et le phone existent pour que les urgences contactent un HP pour renseignements .
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Alors là , tu as raison  d'écrire que " si il est là c'est qu'il a du être dingue "est d'une violence inouïe . Ce qui est surtout inouÏ c'est que c'est Delideal qui le dit et que c'est à moi que tu l ' attribues alors que je ne fais que le citer . Peut être devrais-tu commencer par faire un effort de lecture ?
La tenue de tes dossiers doit être folklo !  Moi je ne veux rien dire par le mot dingue car contrairement à Delideal je l ' ai supprimé depuis longtemps de mes qualificatifs pour la maladie mentale .

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Tu appuies tes arguments sur ce qui se passait dans des hôpitaux il y a quelques années, je m 'en moque , on pourrait aussi remonter à l  ouverture de Sainte Anne .  Mais quels hôpitaux ? CHU ou HP ?
 "Certains" hôpitaux qui feraient des bons de sortie contre avis médical ? Ah bon, ce ne sont pas des médecins hospitaliers qui signent les bons ? Ah non, j 'oubliais, ce sont les agents d'entretien ! Et ça veut dire quoi certains ? Les certains qui prennent des décisions médicales contre leur propre avis médical . Ce que l'on dit des psy me semble tout à coup fondé !!

Là je suis surprise  . Quand je dis qu'un malade doit être accompagné en consultation c'est évidemment en HP . Bizarre que tu ne connaisses pas le règlement d'un HP . Si il n' y a pas d'infirmier psychiatrique de disponible, le malade attend, en HP rien ne presse . Et de toute façon la consultation est inscrite au planning .Mais l'infirmier prévu peut être pris par une urgence intra muros .
Et tu peux toujours contester mais un sujet qui arrive aux urgences avec un dossier  psychiatrique antérieur  ou des symptômes pouvant faire suspecter telle ou telle pathologie est d'office transféré en unité psychiatrique, interne ou externe au CHU .
Schizo qui semble méprisant ? Qui TE semble méprisant . Un diminutif ne l 'est jamais , il banalise c'est tout.  Il n 'est péjoratif que dans l'intonation,qui traduit l'intention malveillante qu'on pourrait y mettre . C'est qui la psy ? Tu joues les pudiques du vocabulaire d'usage commun pour vouloir prouver quoi ?
Où est le problème qu'il y ait  trop de consultations aux urgences qui ne nécessitent pas une hospitalisation  et du manque de lits . Si ça n' en nécessite pas on n'hospitalise pas , point barre . Dans ta région  le manque de lit = tri des malades ?

Posture autoritaire ? rassurez-moi Madame la Psy, serait-ce un symptôme que vous analysez en signifiant pour l 'interpréter ? Merci, j' ai déjà sur place .
C'est certain, vu le nombre de livres écrits par des pros ( vache, j 'ai mis un diminutif , c'est méprisant ? ) sur la schizo, on ne peut comme pour toute maladie résumer en deux lignes. Les schizos qui arrêtent leur traitement , il suffit de lire la presse relatant des faits précis, pour voir qu'il y a une cause à effets dramatique . ce que toi tu appelles un amalgame . Et non, je n' ARRETE pas , je maintiens  et maintiens que ce n 'est pas un amalgame . La proportion est faible , c'est une preuve de quoi d' après toi ? C'est simplement la preuve que la proportion de ceux , en situation de schizo ""avancée "qui arrêtent leur traitement est heureusement faible .
Le résumé de Aude est passe partout, il vaut pour des sidaïques, les handicapés moteurs et tous ceux  en souffrances et dont les souffrances empêchent une bonne intégration sociale.
Attend voir : un passage aux urgences qui laisse un souvenir traumatique . Mais n 'est ce pas la cause du passage aux urgences qui est le vrai traumatisme ou qui y est associé  un facteur  déclenchant  en plus . Ah j'oubliais, on va aux urgences psy en touriste voir si il y a une machine à café . Et si il n' y en a pas, je te dis pas le trauma psy . Entre désir, besoin et aspiration à , en tant que psy tu choisirais quoi ?

Je n 'écoute pas l 'auteur . Sorry  mais je l 'ai tellement écouté lignes par lignes que je le commente lignes par lignes au sens propre et figuré Au premier, deuxième et troisième autant que tu veux degré .   Mon texte t'a heurté en tant que quoi ? Que lectrice qui se dit psychiatre , mais l 'est-elle  vraiment ? "pt'et' ben qu'oui, pt'et ben  qu'non " . Tout ce que tu dis, on  peut le trouver sur le net et plus encore . Comme pour moi d' ailleurs  . Mais moi je ne prétends à rien qu à'être moi-même . C'est déjà une réussite magnifique  comme résultat ! Question égo vous en dites quoi, vous ? Y aurait-il pas un problème du côté de mon oedipe des fois ?
La contention n 'est pas un aveux d'impuissance . Impuissance à quoi ? A gérer une crise de la maladie ? Non justement c'est un moyen de la gérer pour empêcher le sujet de se mettre à mal . On peut aussi le mettre sous sédatifs le temps qu'une ""camisole chimique " fasse son effet ? Quelques minutes pour l'injection de calmants .?  Ah ben oui , l'idéal serait qu'il soit hospitalisé guéri avant que de l  être en malade . Ca simplifierait d'inverser !
Tu as raison, en psychiatrie les services sont débordés, comme en n 'importe quel service  CHU  même la morgue en ce moment parait-il . Et alors là ça ne va plus ! Ce sont autant de clients perdus . Parce que faire parler les morts, y a que la police qui y arrive . Heureusement que psychiatre tu as le temps d'écrire tout ça sur un forum, j ' espère que ce n 'est pas sur ton temps de travail . Autrement je me propose pour te psychanalyser, sous contrôle évidemment .

Bref, j'ai  séché ce matin et là je pourrai écrire pour  cause psychiatrique sur mon mot d'excuse sans mentir .  Rien que pour ça je dois te remercier .

« Modifié: 31 Mars 2023 à 10:42:09 par emoto »

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Re : Re : Des SM story
« Réponse #4 le: 31 Mars 2023 à 14:07:42 »
Hello,

Juste en passant...

Dans ta région  le manque de lit = tri des malades ?



Le résumé de Aude est passe partout, il vaut pour des sidaïques
"sidaïque", un terme très connoté qu'on ne peut employer au hasard : je cite wiki " Forgé par Guillaume Faye, journaliste et écrivain d’extrême droite, puis popularisé par plusieurs personnalités du Front national, dont son ancien président Jean-Marie Le Pen. Sa construction s’appuie sur l’acronyme français SIDA. Le Commissariat général de la langue française a de son côté recommandé l’usage du terme sidéen, tandis que d’autres lui ont préféré le terme sidatique."

Ariane, tu perds ton temps...
« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

 


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