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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'homme qui possédait la rue

Auteur Sujet: L'homme qui possédait la rue  (Lu 1800 fois)

Hors ligne Thom

  • Troubadour
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L'homme qui possédait la rue
« le: 22 Février 2023 à 16:09:25 »
Pour cette cinquantième contribution, écrite sur fond des slogans, tambours et pétards des manifestations anti-réforme des retraites, je porte un regard, forcément subjectif, sur un aspect de ce mouvement social qui m’a particulièrement frappé. De grâce, pas de débats sur la réforme : la question est complexe, tout avis est respectable, mais surtout : ce n’est pas du tout le propos. J’aurai en tête vos avis, comme les slogans répétés cent fois sous les fenêtres de mon bureau…

L’homme, un jeune africain flottant dans une tenue verte et orange trop large pour lui, descend d’une petite camionnette-citerne sur le trottoir du quai Saint Bernard, entre Jussieu et le Jardin des Plantes. L’avenue a été l’itinéraire des manifestants le 16 février : cela ne laisse aucun doute.

Non loin de là, je le regarde entamer sa routine solitaire et me dis que son travail est bien ingrat : il installe, seul, son matériel lourd. Il nettoie consciencieusement un panneau de bois, enlève délicatement des autocollants anti-réforme fermement collés sur les feux piétons. Il passe divers dissolvants à la lance à haute pression sur les graffitis et autres dessins anatomiques fluo, il sable certains supports récalcitrants et bien entendu, il nettoie les traces de son propre chantier. Tout cela prend au moins vingt, trente fois, le temps qu’il a fallu pour faire ces marques.

Il fait une brève pause et nos regards se croisent. Je lève les sourcils pour partager mon désarroi, il fait de même, sourit franchement en levant les yeux au ciel et retourne humblement à son labeur, sans se poser plus de question.

Il est tout de même remarquable qu’il nettoie péniblement des slogans défendant les travailleurs supportant la pénibilité… On aurait pu éviter cette tâche, car dans les faits : qui va lire ces autocollants sur les feux piétons ? Le personnel politique passe tous les feux à grande allure dans des voitures à gyrophare et aux vitres teintées. Quant aux dessins anatomiques, je doute qu’ils aient un effet quelconque sur le processus législatif…Certes, ça se discute, mais n’allons pas par là.

Alors peut-être est-ce adressé aux gens qui ne sont ni syndiqués, ni politiques ? Raisonnablement ouverts à tous les discours du moment que c’est argumenté et que ça semble juste. Ceux qui respectent l’opinion opposée, ne prétendant pas détenir la vérité.

Tout d’abord, on constate qu’il y a des métiers pénibles et on reste perplexe du fait que des professions comme sapeur-pompier n’y figurent toujours pas. On comprend aussi les règles de calcul par répartition ; on sait qu’une augmentation des bénéficiaires associée à une diminution des cotisants aboutira nécessairement à un déficit à terme. Mais je vois aussi la brutalité et la contradiction des deux camps et, comme cet homme du quai Saint Bernard, on finit par être simplement résigné.

Mais ce n’est pas tout. Sa mission de nettoyage est certes noble, puisque la ville est censée être la plus belle ville du monde, ce qu’elle n’est pas, bien évidemment, mais sa tâche est plus que pénible. Pourtant, il ne s’en plaint pas.

La mission autoproclamée des manifestants est également noble, bien que leur mandat ne soit pas tout à fait clair : ils défilent, certes courageusement, pour contraindre le gouvernement, dont le rôle est d’être éloigné des réalités, ce qu’il fait jusqu’ici fort bien.

 Alors quoi ? Ni vainqueurs, ni perdants : que des gens figés. Les manifestants ont la rue, ils ont même un boulevard et les politiques s’en sortiront comme un chat retombe sur ses pattes, quelle que soit l’issue.

L’un des slogans était : « Et la rue, elle est à qui ? Elle est à nous ! Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ! Et la r’traite, elle est à qui ? Elle est à nous ! ». Et ainsi de suite pendant trois heures… De jeunes collègues, enthousiastes, rejoignent joyeusement la manif ‘ :

-   Vous défendez les métiers pénibles ? 
-   Non, on y va pour l’ambiance !

A force, les mots et la musique pénètrent les cerveaux et autour de la machine à café, on y va tous de notre revendication, en se servant : « Et le café, il est à qui ? Il est à nous ! ». La grammaire est malmenée, les décibels sont forcés, on n’est plus à ça près. Mêmes fenêtres fermées au 6e étage : impossible d’y couper, pas de conversation téléphonique ou de concentration possible. Pourtant, je ne fais pas un métier pénible…

Habilement situés derrière, des dizaines de camions de police suivent les manifestants officiellement pour les protéger, mais de qui ? Puis en toute fin de cortège, comme au 14 juillet, le ballet des camions éboueurs se met en place.

Les coulisses de la démocratie se révèlent : le spectacle est fini, le peuple a grondé, sur fond de la musique et des slogans qui s’éloignent, les petits hommes verts et orange courent à droite et à gauche, rattrapent tracts et cotillons, nettoient le plus rapidement possible toute « trace de démocratie » pour rendre la rue… aux passants. L’homme du quai Saint Bernard devait être de ces soldats plus armés renvoyés sur le terrain pour effacer les traces les plus résistantes.

L’exercice du droit de grève, qui se confond désormais avec le droit de blocage du pays, ne va-t-il pas à l’encontre de la dignité de ceux qu’il entend protéger ? C’est bien cet homme du quai Saint Bernard qui donnait le plus à la rue : il l’a restaurée, embellie et rendu aux passants, aux touristes, discrètement et avec le sourire.

Finalement : « Et la rue, elle est à qui ? Elle est à lui ! ».

Hors ligne Basic

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Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #1 le: 22 Février 2023 à 17:32:34 »
Bonjour,
pour une fois je ne vais pas faire de commentaires sur la forme du texte. Sauf peut-être qu'il est bien écrit.
On peut bien entendu faire part de ses pensées politiques, pourquoi pas.
Alors je trouve cette phrase assez ambiguë, j'y vois une erreur grossière autant historique que politique : "L’exercice du droit de grève, qui se confond désormais avec le droit de blocage du pays, ne va-t-il pas à l’encontre de la dignité de ceux qu’il entend protéger ?" Il me semble que la grève a depuis qu'elle existe cette mission même. Mettre en pause pour traiter d'un problème important, qu'il s'agisse d'une entreprise autant que d'un pays. La rue est un lieu d'expression, les gens s'y expriment avec leur moyen. Effectivement, les députés sont peu à arpenter les passages piétons, ils sont plutôt à l'intérieur des berlines. Tu parles de cet homme qui se verrait souillé par la tâche indigne de nettoyer derrière les manifestants... doit-on étendre ta démonstration à d'autres métiers, les éboueurs font-ils une tâche indigne parce que ils ramassent les détritus, les égoutiers... les ouvriers qui ont bossé sur les structures sportives du qatar sont véritablement frappés dans leur dignité, j'ai peur qu'ils ne puissent pas se mettre en grève... et ton petit gars, peut-être bien qu'il était dans la manif aussi.
Comme tu l'as compris, je ne suis pas trop d'accord avec le fond de ton texte, je trouve l'argument abusif.
B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

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Hors ligne Thom

  • Troubadour
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Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #2 le: 23 Février 2023 à 09:33:25 »
Je prends la remarque, je généralise, merci de ton avis.

La grève est une spécialité française, dont je ne remets pas la légitimité en cause. Quand on a vécu dans d'autres pays, on ne peut que le voir, c'est aussi sacré que le fromage et le pain. J'aime bien l'expression on "met en pause le pays", c'est assez doux dit comma ça. Dans les faits, ça l'est moins, à mes yeux en tout cas. On peut aussi se souvenir du discours de l'abbé Pierre qui justifiait la violence du désespéré, victime de la violence des plus nantis. En ce sens, je comprends ton point de vue.
Mais la grève telle qu'elle s'exprime aujourd'hui génère une paralysie totale qui a ses effets, les bons : défendre une cause et les mauvais : il faut entendre les gens sur les quais qui sont plantés pour rentrer ou aller travailler : on entend que des jurons et des "vivement la privatisation", ce qui n'a rien à voir je le concède. Les entreprises qui perdent du terrain et le pays en attractivité. La grève est, en France, un peu le 49.3 du peuple : on ne discute plus vraiment, on s'oppose et on passe en force.
Mon petit gars du quai Saint Bernard : qui pourrait trancher la question, à part lui ? Tout est question de contexte : si ça se trouve, il a participé, ou pas. Peu importe, mon angle était le paradoxe de la pénibilité, juste cet instant qui m'a paru contradictoire.

Hors ligne Mic Ester

  • Troubadour
  • Messages: 372
Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #3 le: 23 Février 2023 à 13:45:41 »
Une belle idée que celle-là ! Tu as trouvé un angle intéressant pour parler de cette histoire de retraite. C’est original, bien écrit, sans en avoir l’air, tu donnes ton avis plutôt finement.
En donnant le point de vue (bien discret) d’un pauvre diable chargé de nettoyer les traces de la colère des pas-contents, tu montres l’absurdité du processus,
car pour que leur colère soit visible, ils laissent des traces !!
Que des invisibles nettoient le lendemain.
Mais ces gens-là, qui s’en soucie !
J’ai bien aimé.
Bye

Hors ligne Aponiwa

  • Modo
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Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #4 le: 23 Février 2023 à 17:14:33 »
Bonjour Thom,

Ton texte est bien écrit, mais comme Basic, je ne peux m'empêcher de réagir sur le contenu.
C'est un artifice peu sophistiqué de prendre comme personnage central le type qui ramasse les papiers après la manif pour protester contre les grèves. C'est quand même plus de la moitié des français qui soutiennent les grèves et il est fort possible que ton petit bonhomme en fasse partie.

Citer
Mais la grève telle qu'elle s'exprime aujourd'hui génère une paralysie totale qui a ses effets, les bons : défendre une cause et les mauvais : il faut entendre les gens sur les quais qui sont plantés pour rentrer ou aller travailler : on entend que des jurons et des "vivement la privatisation", ce qui n'a rien à voir je le concède.
That's the point!
La grève, depuis qu'elle existe (voir le mouvement des mineurs, dès le 19e, Zola en parle très bien dans Germinal) a pour but de bloquer le pays. Les avancées sociales qui ont eu lieu depuis un siècle ou deux ne sont jamais tombées du ciel. Le peuple les a réclamé. Et comme manifester gentiment dans cette "démocratie" n'aboutit plus à rien (enfin, c'est encore moins utile qu'auparavant), alors le blocage est légitime.
Pour rappel : contrairement à ce qu'on veut encore nous faire croire, ce n'est pas le Front Populaire qui a été à l'origine des formidables avancées sociales dont on profite encore aujourd'hui. Il a été élu alors que les mouvements sociaux ouvriers emplissaient le pays. Tous les secteurs de l'activité commerciale et industrielle étaient paralysés à Paris et en province : grands-magasins, mines, imprimeries, alimentation, bâtiment... partout dans le pays. Le gouvernement, forcé de négocier, a alors décidé une hausse de 15% des salaires, la semaine de 40 heures, les contrats collectifs et les congés payés.
Il me semble que les travailleurs, quelqu'ils soient, profitent encore de tout cela et que si ces privilèges venaient à disparaitre, les petits cadres qui râlent sur le quai de leur métro pourraient peut-être regarder d'un autre œil ce qui se passe en ce moment.

Edit : Il faut aussi arrêter de croire que la grève est une spécialité française. Les infirmiers/ères britanniques sortent d'un mois de grève et je ne parle pas du mouvement des mineurs dans les années 80 où Thatcher a été inhumaine. Si l'Inde s'est libéré de ses colonisateurs britanniques, c'est en partie grâce aux grèves, bref, partout dans le monde, c'est un outil utilisé.
Autre chose que les gens "pris en otage" oublient souvent : un jour de grève n'est pas payé. C'est un petit billet de 80 ou 100 euros qui s'envole pour un petit instit. Les gens ne font pas ça pour s'amuser...
« Modifié: 23 Février 2023 à 18:48:43 par Aponiwa »
« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

Hors ligne Basic

  • Comète Versifiante
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Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #5 le: 23 Février 2023 à 17:44:22 »
Bon
on ne va pas lancer une polémique sur ton texte mais quand même un peu.
Je trouve que "Que des invisibles nettoient le lendemain.
Mais ces gens-là, qui s’en soucie !"  c'est un peu rapide, parce que je pense qu'une partie de ces invisibles sont aussi dans la rue le jour de la grève.
Je vais me faire reprocher le fait de commenter des commentaires, mais voilà.
B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

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Hors ligne Thom

  • Troubadour
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Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #6 le: 23 Février 2023 à 18:59:48 »
Vos commentaires sont intéressants et on glisse doucement vers le sujet de société.
Chacun réagit avec ses tripes, ce qui nous différencie peut être de la plupart des politiciens.
Concernant l'historique, les grands acquis l'ont été par des mouvements profonds, les enjeux cités sont d'un autre ordre, il me semble, mais encore une fois : j'accepte la remarque.
Cependant je vous assure que l'angle pris, même s'il est marginal, reste authentique. C'est là que j'ai du mal à cerner le coté abusif de l'histoire ;  mais je vais y penser, car si vous êtes plusieurs à le voir, c'est que c'est de mon coté que ça doit dysfonctionner...
Sur les quais : il n'y a pas que des petits cadres, loin de là ! Il peut aussi y avoir plusieurs vérités...
Quoi qu'il en soit, merci pour vos avis, j'aurai évolué sur ce point : c'est un mal nécessaire.

Hors ligne Aponiwa

  • Modo
  • Palimpseste Astral
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Re : Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #7 le: 25 Février 2023 à 11:08:37 »
Hello,

Maintenant, j’ai un mot à dire à mon tour à Aponiwa. Qu’est-ce qu’elle a, cette loutre ouvrière, contre les petits cadres.
Quelques lignes plus loin, tu accuses mon ton péjoratif, il me semble.

Ce sont des hommes, Mesdames et Messieurs, eux aussi (et des femmes aussi, et des femmes) et ils ont droit à notre respect (Les femmes aussi, bien sûr, y ont droit, les femmes aussi, naturellement). Je trouve l’adjectif « petit», tel qu’il est placé devant « cadre », un peu insultant, en tout cas péjoratif. Pourquoi tant de mépris envers ces rouages indispensables de la société ?
Les rouages indispensables de la société, ils étaient chez eux derrière leurs écrans à télétravailler pendant le covid. On a bien vu quelles professions étaient les plus indispensables pendant cette crise. Et eux ont foncé en première ligne.

Pourquoi cette ironie envers leur situation, alors que tant d’ouvriers rêveraient de « passer cadre » ? Doit-on supposer que ces petits cadres râleurs ne font pas grève, et même pire, qu’ils sont contre la grève. Et qu’en sait-elle, Aponiwa, de l’oeil dont ces cadres moyens (c’est mieux, moyen, c’est mieux que petit) regardent les grèves ? Sont-ils automatiquement exclus de « plus de la moitié des français qui les soutiennent »? Ne sont-ils pas des hommes comme les autres,
Aponiwa elle a été ingénieur pendant quelques années. Elle a bossé avec des cadres, bouffé avec, fait des soirées d'intégration avec, attendu sur les putains de quais du RER avec et débarqué à la Défense dans ce flots de trottinettes et de cravates. Aponiwa écoutait souvent les conversations à la machine à café le matin. Alors, c'est comme partout, j'ai rencontré des gens très bien, mais 80% d'entre eux c'est des types qui sortent d'école et viennent d'un milieu aisé (et c'est pas Aponiwa qui le dit, ce sont les stats). La plupart sont totalement déconnectés (enfin, l'étaient à l'époque où je trainais dans le milieu, j'espère que ça a changé, sincèrement!) de la réalité d'une partie de la population. Alors ils ne peuvent pas comprendre leur colère. C'est aussi simple que ça. Et ils la déprécient.

« Un cadre n'a-t-il pas des yeux ? Un cadre n'a-t-il pas des mains, des organes,
des dimensions, des sens, de l'affection, de la passion ; nourri avec
la même nourriture, blessé par les mêmes armes, exposé
aux mêmes maladies, soigné de la même façon,
dans la chaleur et le froid du même hiver et du même été
que les Ouvriers ? Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ?
Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez,
ne mourrons-nous pas ? Et si vous nous bafouez, ne nous vengerons-nous pas ? » (Le cadre de Venise, d’après W.Shakespeare)
Je trouve ton adaptation du Marchand de Venise très douteuse. Le texte original dit "Un Juif n'a-t-il pas des yeux ? Un Juif n'a-t-il pas des mains, des organes". Tu compares la stigmatisation des juifs à celle que tu penses que j'ai fait pour les cadres????  :o
Ah oui... C'est vrai, un cadre ça souffre. Ça se fait insulter tous les 4 matins, cracher à la tronche, persécuter, déporter, exécuter... Ben, you make my day, point Godwin, man!  :/
« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

Hors ligne True Duc

  • Calliopéen
  • Messages: 498
Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #8 le: 26 Février 2023 à 02:55:19 »
Bonjour Thom,

Texte qui se lit facilement. La mécanique de la réflexion se tient.
Je ne me permettrai pas de polémiquer sur le fond car ce n'est pas l'endroit.

Cependant, quand je lis, ici, des textes sur des sujets de société, je préfère que ce soit sous une forme "plus romancée".
Par exemple un dialogue avec une personne "pour", une personne "contre"... ou, tiens, faire témoigner l'agent municipal...ce qui permettrait d'aller encore plus loin, que ce soient dans les extrêmes et/ou dans la nuance.

Là, pour moi, c'est plus une réflexion, un point de vue, un bout d'essai...que j'ai pris plaisir à lire tout de même car il fait réfléchir.
La Rue Kétalui. Hihi.
« Tu veux t'asseoir sur le trône ? Faudra t'asseoir sur mes genoux.»(Elie Yaffa)

Hors ligne Choumi

  • Prophète
  • Messages: 777
Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #9 le: 26 Février 2023 à 11:04:44 »
Bonjour
Au simple titre j'ai pensé à un(e) SDF. Qui d'autres qu'eux peuvent s’approprier la rue où ils dorment, mangent, souffrent et y meurent souvent.
Pour nous autres, usagers, la rue n'est qu'un passage obligé, qui nous appartient un peu de  par nos impôts mais où  la réglementation ne nous autorise pas à y faire n'importe quoi.
Tu as choisi un support assez  chaud ( les retraites) pour  le gêne engendré lors des manifs syndicales ( j'y défile aussi)  mais tu aurais pu aussi prendre en exemple un carnaval, une retraite aux flambeaux voir un vide grenier.....On y retrouve aussi les équipes de nettoyage qui s'affairent le lendemain. Bref, en triturant ce sujet précis, il semble peu probable que nous soyons côte à côte le sept. Mais je te rassure je n'y croise pas non plus tous mes copains de vélo. :relou:
La rue est à nous, est un slogan qui vaut ce qu'il vaut chacun l'apprécie à sa juste valeur.
Aujourd'hui il existe des brigades vertes pour aller ramasser les détritus laissés par des salopards dans les champs et les bois. Force est de constater que si un tel mépris de la nature n'existait pas,  ces brigades seraient inutiles.
Voilà le texte se lit bien, mais peut être que la forme dévoile un peu trop le fond. Un peu d'humour aurait été le bien venu
Allez l'Ami le 7 mars  regardes passer la manif et penses que dans cette foule il y a celui qui te lit aujourd'hui.
Sans rancune
Amicalement
Michel

Hors ligne Thom

  • Troubadour
  • Messages: 287
Re : L'homme qui possédait la rue
« Réponse #10 le: 07 Mars 2023 à 15:20:05 »
Bon, allez-y et de ma fenêtre, je regarderai avec bienveillance !!!!

 


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