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Auteur Sujet: La duperie du manichéisme  (Lu 587 fois)

Hors ligne Shendo

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La duperie du manichéisme
« le: 20 Janvier 2023 à 10:53:28 »
Bonjour à toutes et tous,

Voici un petit texte idéologique que j'ai écrit il y a quelques jours. Il n'a aucune prétention, possédant néanmoins une petite vocation de réflexion.

Le voici, le voilà :

Fut-elle un jour le moteur de l’Homme, la lumière dans l’obscurité, l’absurde dans la tragédie, le glissement subtil de la cupidité vers l’irréversible mort, il n’en demeure pas moins vrai que tout ceci échappe au Grand Damné, l’Homme des cavernes, cet homme historiquement nuancé, devenu le Petit Réducteur de sa propre existence.
Cet enfant aurait-il tort de ne pas regarder devant ? En cela, je dis : aurait-il raison de ne pas regarder tout ce qui va, ce qui peut, ce qui, indubitablement, lui arrivera ? La rhétorique n’en a que faire, il faudrait sûrement plus qu’une pléthore de philosophes pour trouver l’axe, le vrai, le conducteur menant à l’illumination de chaque ampoule qu’arbore intérieurement, au creux de son âme, les humains de la planète Terre. Un jour, moi, face aux autres sur un sol en bois, là où les pieds tapent même sans le vouloir, où les toussotements du voisin - aussi retenus soit-ils - constituent le seul vrai lien qui vous unira pendant plus de deux heures, eh bien, là j’ai compris que le manichéisme était une duperie mondiale, à l’instar du Coca Cola retrouvé dans une épicerie en Laponie. Je pose des questions, pardonnez ma crainte de l’énigme irrésolue, mais avais-je le droit de détester cette pièce pour tout l’amour qu’elle transpirait ? Bien sûr, qu’il est bon de savourer la rose de l’eau quand la boue, jadis ou hier, nous aspirait en son typhon marron, n’est-il néanmoins pas plus sage de penser que, les odeurs dépensées par notre distillation planétaire, sont elles-mêmes pourvues de nuances, et qu’elles pourraient nous chatouiller le nez sans pour autant le contraindre à fermer ses narines ? L’impression que l’amour n’est plus le même qu’il y a cinquante ans. L’impression que tout se verse dans un immense baril, allons donc chercher des barils et des cuves ! Que tout se transforme à la grâce de la chimie, des produits ménagers, des anti-allergènes, de l’essence et des vaccins. Que le résultat est infiniment minime, pourtant si insidieux qu’il vient nous donner l’envie de croire, puis la conviction d’affirmer sur un balcon, puis sur une estrade, enfin au travers d’un écran, prisme des émotions prétendument sincères et absolument filmiques, que le noir est blanc et que le blanc est noir.
Cette idée n’est transportée que par quelques fourmilles, lesquelles effectuent un travail d’arrache-pattes dans l’espoir, non pas de réinventer le monde des années 2020, la prochaine décennie n’ayant rien de moins sûre que la prochaine décade, mais dans celui d’inviter ce que la religion considère universellement comme son prochain, à la conscience que ni mal ni bien ne coule dans les veines de l’humain. Une espèce pour le moins imprévisible, qui cache cependant en elle une ressource dont la matière grise se mêle tantôt à la rougeur du coeur tantôt à la noirceur de l’esprit. Faut-il concevoir l’Homme à la manière d’un anthropologue borgne ou d’un radiologue récemment diplômé ? Sous l’égide des amis, de la famille, des enfants, des discriminés et des discriminants, des fauteurs de troubles et de ceux qui fautent, des malheureux et des moins heureux, des assistés et des assistants, des aimants, amants, et des êtres chers, la société - ainsi vient son nom à l’appel des réunions plus ou moins officielles -  s’embourbe dans un écheveau dont les premiers fils ne lui évoquent qu’un simple essai sur de simples cobayes ; les gens des années vingt, les gens du peuple, les miniers, les colonisés, les tribus, les marginaux, même les instruits ont fini par céder à ce biscuit trempé dans une large et fastueuse tasse à la parure qui dit « non » à la pauvreté et qui dit « oui » à la richesse. Mais alors, me demanderiez-vous, l’oseriez-vous ? Que contient cette tasse ? Le thé de Proust goûté chez sa tante Léonie ou bien encore celui qu’aimait à boire Madame de Sévigné ? Serait-ce alors le thé minutieusement préparé par l’épouse, oui, vous savez, cette épouse généreuse en amour et timide en apparence, elle le cajole, ce thé, il est destiné à son mari, ce thé tiède car, le bourreau de travail doit travailler. Chacun boit de son propre thé. Tous les jours. Nos papilles, nos oreilles, notre odorat, nos sens en somme ! Rien n’est comme l’autre fois. Un peu similaire, peut-être. Légèrement différent, sûrement !
Demain, à votre lever,  soyez sûr d’une chose : vous douterez encore de la duperie manichéenne, mais la duperie manichéenne vous fera douter.

 


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