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Auteur Sujet: Le dédale de Pursan (fantastique)  (Lu 1406 fois)

Hors ligne PierreSigma

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Le dédale de Pursan (fantastique)
« le: 07 Janvier 2023 à 16:56:42 »
Toulouse, dix-huitième siècle

— Attrapez ce fils de… Le laissez pas s'enfuir !!!

Sur ce coup là, Tommy avait manqué de la plus élémentaire des discrétions. Il ne lui restait plus qu'à détaler, son pain de campagne sous le bras. Un gindre lambda, hors de lui, le coursait entre les étals du marché de printemps du centre-ville.

Le jeune homme arpentait les allées de la foire à grandes enjambées. L'étroitesse de celles-ci n'aidaient pas sa fuite. Il lui fallait glisser sous des présentoirs encombrés de fruits et légumes divers, se faufiler entre les stands bâchés. Les rayonnages de ce vaste marché étaient nombreux et bien garnis, une odeur de fumier de poule stagnait. Le brouillard matinal avait laissé place à une pluie abondante qui avait provoquée l'apparition de quelques flaques ici et là, qu'il fallait esquiver afin d'éviter une chute fatale.
Grâce à la foule assez dense il avait une longueur d'avance mais Tommy zigzaguait de plus en plus difficilement dans le flot de piétons présents ce jour-là. Paysans, citadins, commerçants, tous s'étaient donnés rendez-vous aux alentours de la place du capitole.

Il déboucha sur une ruelle vide, et reprit son sprint de plus belle, talonné par le grand bonhomme furibond.

— Petit merdeux ! Tu vas morfler, crois moi !

Le fond de la ruelle se révéla être une impasse. Tommy stoppa net sa course, bloqué. Il fit volte-face, et se retrouva devant boulanger essoufflé, bien content de faire une petite pause. L'homme était costaud, grand, chauve, un gros ventre enveloppé dans son tablier plein de farine.

D'un geste de la tête il désigna le pain.
— Rends-moi ça garçon, et je serai pas trop méchant.
— Désolé, j'ai trop la dalle… répondit le jeune homme.
— La … dalle ? Ça veut dire quoi ça ?

Il prit conscience de l'accoutrement atypique de l'ado : jean délavé et baskets, ses cheveux roux dépassant à peine de la capuche rabattue d'un sweat serré qui laissait deviner la taille fine d'un miséreux.

Tommy tourna la tête et aperçut un tonneau à sa droite dans le recoin d'un mur. Le boulanger suivit son regard et comprit. Il bondit mais trop tard, le fuyard avait atteint le tonneau et sauté sur le sommet de la muraille.
Il se laissa tomber de l'autre côté, et atterrit maladroitement dans une rue voisine peu fréquentée. Il se redressa et stoppa net, une douleur lui vrillait la cheville. Clopin-clopant il tenta de s'éloigner, mais impossible, c'était insoutenable.

Affolé, il scruta les alentours à la recherche d'une cachette. Il aperçut un vieux fiacre délabré, hors d'usage sur le côté de la rue. Installée à son bord, une jeune femme très belle, à peine plus âgée que lui, semblait s'ennuyer, elle badait les alentours innocemment, d'un air curieux.

Il boita vers elle et lui jeta un regard implorant. Elle posa sur lui ses yeux bleus en amande. Elle avait une belle et longue chevelure brune ondulée, un magnifique visage juvénile, sauvage. Il glissa tant bien que mal derrière les roues branlantes du véhicule usagé et s'y camoufla.
Le boulanger déboula dans l'allée en proie à une fureur non dissimulée. Il regardait partout autour, avançait, retournait sur ses pas, explorait et au final s'immobilisa devant le fiacre.

— Vous avez pas vu un jeune, grand, maigre, rouquin, habillé bizarrement ?

Une douce voix féminine répondit :
— Oui oui, il s'est enfui de ce côté, vous devriez le rattraper facilement, dit-elle.
— Parfait, merci !   

Tommy soupira de soulagement quand il vit le gars furibard s'éloigner. Il laissa deux ou trois minutes s'écouler pour être sûr.
Il s'extirpa ensuite de sa cachette et se tourna vers l'occupante du fiacre, en exhibant son plus beau sourire, mais celle-ci avait disparu.
Étrange, pensa-t-il, il n'avait pas entrevu ses belles jambes s'éloigner…

_________

Toulouse, vingtième siècle

Tommy s'éveilla, courbatu et morose, au milieu d'un squat dégoutant. Il se redressa et massa sa cheville, encore un peu douloureuse de la veille.

Le pain s'était révélé particulièrement indigeste, mais qu'importe, il avait disparu maintenant, perdu dans un autre temps.

Il fit quelques pas à l'extérieur de la bâtisse décrépite, taguée de partout. Des klaxons résonnaient, un embouteillage se formait non loin de là. Les passants portaient des pantalons à pattes d'eph.
Années soixante à soixante-dix à peu près, estima-t-il, à regret. Il préférait largement le Toulouse du dix-neuvième siècle, où l’on pouvait vivre plus aisément de larcins divers.

Il longea le dépotoir pour rejoindre le centre-ville et passa devant un groupe de hippies à lunettes colorées qui avaient entrepris de remplir à ras bord un van de marque allemande.
On nage en plein cliché, pensa le jeune homme. Au loin, des ouvriers en grève manifestaient et se retrouvaient en pleine confrontation avec les forces de l'ordre. L'horrible musique des yéyés retentissait depuis une fenêtre. La totale.

Muré dans sa solitude, perdu dans ses pensées, il vadrouillait à droite et à gauche, avec un air maussade.

Cela devait faire presque un an qu'il était confronté à cette situation –compliqué à évaluer– et la solitude lui pesait. Ses parents lui manquaient, ses amis, et même sa petite sœur, alors qu'à l'époque il ne pouvait pas la blairer. Peut-être ne les reverrait-il plus ou par bribes, quelques heures par-ci, quelques minutes par-là, et jamais plus d'une journée.

Soudain, il se figea. En face de lui, à quelques mètres, se trouvait la fille brune qui l'avait aidé la "veille". Installée là, assise, dans la même posture nonchalante, mais sur un conteneur-poubelle cette fois. Elle était habillée de la même robe beige. Son regard d’un bleu limpide le fixait, accompagné d'un léger sourire en coin.

— Tiens donc, encore toi, dit-elle avec un air aguicheur, sure d'elle.
— M… mais… tu es là ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Ben tu vois bien, comme hier, je fais pas grand-chose, et toi ?
— Mais hier… c'était il y a un ou deux siècles, comment tu as fait pour me suivre ? demanda Tommy, interloqué.
— Je ne t'ai pas suivi, mais il semblerait qu'on ai un point en commun … Hier je m'en suis doutée en voyant tes habits mais j'ai préféré m'enfuir, instinct de survie tu comprends ?
— Tu as peut être des réponses ? Je ne pige rien à ce qui arrive, tous les matins je me réveille à une époque différente... C’est comme ça pour toi aussi ?
La jeune femme sauta de son conteneur et s'approcha :
— Oui, on a bien le même problème. J'ai beau quitter la ville, marcher droit devant moi, loin d'ici, le résultat est identique : à l'aube je me retrouve dans Toulouse, toujours au même endroit, mais l'année est différente.
— On dirait que c'est une année au hasard, pour l'instant j'oscille entre le dix huitième siècle et le vingt et unième. Pour l'endroit, c'est toujours la même bâtisse abandonnée.
— J'apparais ici même, dans cette rue. Ça doit bien faire dix ou onze mois que c'est comme ça, mais difficile à dire exactement, vu que les jours sont dans le désordre, je m'y perds un peu.
— Tu viens de quelle époque à la base ?
— Deux mille trois. Et toi ?
— Idem.

Un silence plein de perplexité s'installa.

— Moi c'est Thomas, mais on m'appelait Tommy, à l'époque où des gens me connaissait.
— Je m'appelle Tania. On va essayer de trouver quelque chose à manger ? Tu aurais une idée ?
— Voyons voir… vingtième siècle… on devrait pouvoir trouver dans les poubelles d'un supermarché.
— Banco !

_________

Leur rencontre fut comme un souffle d'air frais. La solitude laissa place à une relation exclusive, une complicité véritable. Quelle que soit l'époque, ils se retrouvaient chaque matin, soit dans la rue de Tania, soit dans le bâtiment de Tommy, et passaient la journée ensemble, dérobant de quoi manger et se vêtir.
Des sentiments forts commençaient à s'installer. Tommy pouvait passer des heures entières à lui parler de sa vie d'avant, sa famille, son chien, son collège. Elle, par contre, ne révélait que par quelques bribes son existence antérieure.

— Pourquoi tu ne me parles pas de ton passé ? demanda Tommy un jour où, pour une fois, il en avait marre de causer de lui.

Ils devaient se trouver dans les années 50 à peu près, installés sur le toit d'une épicerie, à contempler un ciel orangé parsemé de nuages denses qui s'étalaient sur une Toulouse paisible, en train de se réveiller.  A cette époque-là la circulation était calme, pas de bouchon, pas de klaxon. Certaines rues en terre battue n'avaient même pas encore été pavées.

— Il n'y a pas grand-chose d'intéressant à dire, je préfère largement profiter du moment présent, tranquille. Je ne suis pas dans le passé comme toi, je n'ai pas de regret.
— Et ta famille ?

Le faciès de la jeune femme s'obscurcit :

— Mon père s'occupait de moi et de mes nombreux frères. Un jour, il s'est disputé avec mon frère aîné, l'a rejeté et viré. J'ai choisi de suivre mon frère et j'ai tourné la page. Je n'ai jamais revu les autres, et j'espère ne jamais les revoir.
— Ok je comprends mieux pourquoi tu n'en parles pas… Ha… ça y est pour l'épicerie.

Tous deux descendirent dans la rue et pénétrèrent dans le petit commerce qui ouvrait ses portes. Ils jetèrent leur dévolu sur une boite de conserve que Tommy camoufla dans la poche intérieure de sa veste.

Une fois dans la grande rue bondée ils stoppèrent net : face à eux se dressaient quatre hommes habillés en costumes noirs de l'époque, munis d'imperméables et de lunettes rondes. Ils se ressemblaient étrangement, sans être des copies conformes : même taille, sans barbe ni moustache. Ils portaient de larges chapeaux qui ne laissaient pas apparaître leur chevelure. Ce petit groupe obstruait le passage et fixait les deux jeunes. Les passants devaient bifurquer pour les éviter et passaient à côté d'eux en maugréant. Tania s'arrêta. En les voyant son regard se transforma en une expression d'effroi.

— Viens on se casse, et vite ! cria-t-elle en prenant les jambes à son cou dans le sens inverse.
Tommy n'en demanda pas plus et la suivit à travers les rues. Les hommes en noir leur emboîtèrent le pas sans un mot. Tous zigzaguaient à travers la foule dense.

Les poursuivants ne lâchaient pas un pouce de terrain. Sans jamais dire un mot, ils bousculaient les passants, faisaient de grands gestes pour libérer le passage, se faufilaient… Au bout de quelques centaines de mètres ils avaient gagné du terrain et se retrouvaient presque à portée de main des deux jeunes. C'était clairement la faute de Tommy. Tania, elle, fonçait beaucoup plus vite, mais devait l'attendre.

Ils plongèrent sur le côté soudainement, ce qui leur permit de regagner un peu de terrain. Ils débouchèrent dans une impasse étroite, sale, et se camouflèrent derrière une Simca huit. Le jeune homme s'assit et repris son souffle. Ses pommettes en sueur avaient pris une teinte rouge vif. Tania, elle, ne paraissait pas fatiguée outre mesure.
Pour la première fois, Tommy perçut une expression d'inquiétude parcourir les traits de son beau visage. Elle n'était pas sereine, regardait fébrilement à droite et à gauche. Il tenta de la rassurer :

— T'inquiète, on les a semés bien comme il faut là. Vu comment on a tracé, ils doivent avoir aucune idée du chemin que l'on a pris. Mais c'était qui ceux-là ?

La jeune femme fixa son regard sur sa droite et laissa échapper un glapissement de crainte. Les quatre hommes se tenaient à l'entrée de l'impasse. Ils avançaient calmement. Un frisson d'effroi envahit l'échine de Tommy. Il scrutait les environs, à la recherche d'une échappatoire, mais rien, aucune solution de repli ne s'offrait à eux.

À ce moment, les deux jeunes aperçurent en même temps une bouche d'égout sous leurs pieds.
— On va passer par là. Dit Tania.
— On aura jamais le temps d'ouvrir ! Répondit Tommy avec crainte. C'est hyper lourd.
Un sourire malsain apparut au coin des lèvres de la jeune femme.
— T'en fais pas pour ça… annonça-t-elle, sûre d'elle

À ces paroles, elle tendit les bras devant elle, les paumes des mains tournées vers le haut. Un rugissement rauque, inhumain, s'échappa de ses lèvres. Ses yeux devinrent rougeoyants, et de petits arcs électriques parcoururent ses avant-bras.
Une intense boule de flammes apparut à quelques centimètres de ses mains. En un instant, celle-ci grossit pour mesurer près d'un mètre de diamètre. Face à ce spectacle, le groupe d'ennemis stoppa net. Deux d'entre eux commencèrent à s'enfuir, un autre se jeta derrière une poubelle tandis que le dernier restait là, figé par la peur.

Tania projeta la boule vers les hommes en noir. Elle atterrit au milieu du groupe et une explosion considérable s'ensuivit. Les corps furent disloqués par la puissance de l'attaque. Leurs membres valdinguèrent de toute part, ici un pied, par là une tête, là encore une ou deux jambes en morceaux. Tommy, qui déjà n'en croyait pas ses yeux, fut encore plus scotché : leur sang était bleuté.

Seul l'homme qui s'était planqué derrière la poubelle avait survécu, projeté contre un mur par le souffle. Complètement sonné, il essayait de reprendre ses esprits, hagard au milieu des viscères de l'un de ses camarades. La moitié de l'impasse était en flammes, la voiture aussi. Elle avait pris le souffle de plein fouet, et s'était retournée sur le côté, complètement repliée. Le feu se rapprochait dangereusement du réservoir qui fuitait.
Tommy, livide, semblait pétrifié de stupeur. Bouche bée, son regard allait et venait entre ce spectacle horrifiant et la jeune femme. Celle-ci, en revanche, ne s'endormait pas sur ses lauriers :

— On se barre, je t'expliquerai plus tard.

Ils entreprirent de soulever la bouche d'égout. La plaque circulaire se révéla extrêmement lourde, ce fut avec peine qu'ils la délogèrent de son emplacement, laissant apparaître l'obscurité d'un tunnel nauséabond.
En un bond souple, Tania disparut à l'intérieur sans se poser de question. Tommy, devant ce trou noir béant, hésita l'espace d'une seconde. Avant même qu'il ne puisse se jeter dans l'orifice, le réservoir de la Simca explosa. Le souffle de la déflagration toute proche projeta le gringalet dans les airs. Il vint s'écraser sur le sol à l'extrémité de l'impasse, une poignée de mètres plus loin.
Sa tête heurta le macadam et il sentit sa vision se troubler, il comprit qu'il allait tomber dans les pommes. La dernière image qu'il perçut avant le black out fut la silhouette du seul type en noir rescapé qui s'approchait de lui. Il avait perdu son chapeau et arborait une chevelure blanche immaculée.

_________

— Il n'est ni maléfique ni bon. Ce n'est pas non plus une créature surnaturelle… il a vraiment l'air d'un humain normal.
— Mais pourtant je suis sûr de l'avoir déjà repéré à d'autres époques, et qu'est-ce qu'il faisait avec l'avatar ?
— Chut, on dirait qu'il se réveille…

Tommy reprenait ses esprits, une douleur intense martelait son cerveau. Les bribes de conversations qu'il venait d'entendre provenaient de deux hommes situés non loin de lui. Installé sur une chaise, il s’aperçut que ses mains étaient liées dans son dos. Il se trouvait dans une petite pièce carrée, sombre. Le plafond, sans doute blanc à l'origine, se trouvait parsemé de multiples toiles d'araignées. Pour tout ameublement, une courte table sur laquelle trônait un seul et unique verre rempli d'eau.

L'un des deux hommes devait être le rescapé de l'explosion, mais difficile d'en être sûr, ils avaient tous les deux des cheveux blancs :
— Qui es-tu ? demanda le gars de façon abrupte.
— Ben je m'appelle Tommy…
— Qu'est-ce que tu fais ici ?
— J'en sais rien moi, c'est vous vous m'avez emmené.

Sa joue se déforma et claqua sous l'impulsion d'une gifle.

— Ne te fous pas de nous, tu risques de le regretter. Qu'est-ce que tu fiches avec elle ?
— Rien de spécial, on traîne ensemble, ou plutôt on est perdus ensemble.

L'homme qui se tenait en retrait, celui qui avait coursé Tommy semblait-il, s'approcha de l'autre et lui murmura quelque chose à l'oreille. Ce dernier acquiesça et repris l'interrogatoire :
— Tu habitais où avant ?
— Qu'est-ce que ça peut vous foutre ?

Un deuxième soufflet s'abattit.

— Répond directement la prochaine fois…
Le jeune homme fit la moue :
— Rue Jean Moulin, au vingt-trois.

Sans répondre, les deux types se concertèrent à nouveau à voix basse, puis sortirent de la pièce. Un bruit de clé se fit entendre. Le jeune homme se leva, les mains dans le dos, emportant avec lui la chaise. Il se précipita vers le verre d'eau et d'un coup de tête le fit tomber au sol.
Manqué se dit-il en constatant que l'ustensile était intact. Il positionna le pied de la chaise sur le verre renversé et appuya de tout son poids. En un craquement sec celui-ci se brisa en plusieurs morceaux. Tommy se laissa chuter à terre et, à tâtons, s'empara d'un fragment le plus acéré possible. Il s'en servit pour rompre ses liens. Ce fut laborieux mais au bout d'un moment il fut libéré. Restait encore à franchir la porte verrouillée.

Pour cela il saisit un pied de la table et tira le plus fort possible vers lui, tout en maintenant le reste du meuble avec sa jambe. Après une multitude d'essais, le pied se détacha. Il le saisit à deux mains et se positionna à côté de la porte en se mettant à geindre, le plus fort possible, afin d'attirer quelqu'un, n'importe qui :
— À l'aide ! J'ai mal ! Qu'est-ce que j'ai mal ! Au secours !

Après quelques lamentations, des bruits de pas se firent entendre et la porte s'ouvrit. L'homme qui l'avait poursuivi et interrogé, toujours le même, entra dans la pièce avec précipitation.

Le cœur de Tommy s'excita d'un coup. Sans aucune hésitation il frappa en faisant appel à toutes ses forces. Il visait le crâne, mais toucha la nuque. L'individu tomba à terre en une plainte mêlant douleur et surprise. Profitant de son ascendant, le garçon frappa à nouveau, puis encore une fois, puis une autre. Les râles de souffrance se firent plus ténus.
— Tommy attend… balbutia l'individu entre deux coups.

Il s'arrêta, hésita un instant.
— Écoute, je sais que tu ne vas pas trop me faire confiance… Je m'appelle Magnus.
— Et alors ? Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?
— Tu dois absolument éviter la fille, ne l'écoute pas, elle est dangereuse.
— Pffff…

Le jeune homme s'enfonça dans le couloir, déboucha dans ce qui ressemblait à une cuisine à l'abandon. Il se dirigea vers la fenêtre et constata que celle-ci menait à une petite cour mais trois hommes en noir y patrouillaient.
Il se détourna, dans l'espoir de trouver une autre issue lorsque deux hommes pénétrèrent dans la pièce.

— T'es foutu, hurla l'un d'eux. Alors tu te rends de suite et surtout tu poses ce… pied de table.

Tommy jeta un dernier coup d'œil par la fenêtre, scruta le ciel, et sut l'heure qu'il était. Il sentit ce fourmillement familier, quotidien et fut soulagé.
— Désolé les gars, mais je vous ai eu…
L'aube fut alors complètement visible, et le garçon disparut en un rire espiègle. Il apparut dans son taudis habituel, comme tous les matins.

_________

Exténué, Tommy déboucha dans la rue voisine de son squat.
Début du vingtième-et-unième siècle je dirais, pensa-t-il en observant les voitures garées le long du trottoir. La suite confirma son estimation : gazs d'échappements suffocants, mauvaise humeur des passants, graffitis hideux.

Il s'attarda devant la devanture d'un magasin pour observer son reflet dans la vitrine : le visage plein de crasse, des yeux auréolés de cernes, une bosse sur son front. La faim le tenaillait.

Il n'avait pas la force de voler, il se traîna donc devant l'entrée d'un supermarché qu'il connaissait bien et s'installa pour mendier. Il tendait la main, l'air pitoyable. En quelques heures il récupéra assez d'argent pour manger à sa faim et put se rendre dans la rue habituelle où zonait Tania d'habitude.

Il repéra aisément la jeune femme, qui patientait assise sur un coin de trottoir.
— Tu n'aurais pas quelques explications à me donner ? questionna Tommy en guise de bonjour.

Elle leva la tête, sans paraître surprise.
— Justement, je voulais te parler d'un truc, répondit-elle. J'ai eu une idée, ça pourrait stopper les bonds dans le temps.
— Vas-y je t'écoute.

Le charme surnaturel de Tania le fascina sans qu’il n'en ait conscience. La façon de parler de l'adolescente, son aura, ses manières, son regard perçant ne lui permit aucune remise en question, même basique.

— Avant que le temps ne se dérègle, j'avais visité le musée et j'étais tombée sur une boite sacrée qui renfermait une couronne. Je ne me souviens plus trop des détails de son histoire, mais elle pourrait nous remettre sur les bons rails. Je crois qu'elle avait été retrouvée dans un sanctuaire dédié à Chronos….
— Le dieu du temps dans la mythologie grecque ?
— Oui, et d'après les explications du conservateur, cette couronne était utilisée par le passé pour briser les malédictions liées au temps.
Ses yeux brillaient d'une lueur bleutée tout à fait inhabituelle. Tommy semblait subjugué, comme hypnotisé par sa voix et son regard.
— Ça serait génial ça. Faut qu'on entre dans le musée et qu'on récupère la boite, répondit-il d'une voix monocorde.
Son regard paraissait vitreux.
— Dès ce soir, de préférence, qui sait dans quelle époque on va se retrouver demain…
L'épreuve qu'il venait de subir, accompagnée d'une fatigue intense, avait suffisamment amoindries ses défenses mentales pour qu'elle s'immisce dans ses pensées et les façonne à sa guise.
Ça faisait des jours qu'elle attendait cela.

_________
Les deux tourtereaux se présentèrent sur la place pavée qui bordait la façade du musée, profitant de la dense obscurité qui s'était abattue sur la ville. Tommy grelottait de froid sous sa capuche. Les lampadaires n'éclairaient que faiblement l'immense bâtisse, protégée par une grille aux extrémités effilées.

En faisant le tour, ils purent constater une multitude de diodes rouges témoignant de la présence de caméras braquées vers les portes. Les fenêtres, quant à elles, ne comportaient pas de volets, mais étaient protégées par de lourds barreaux en fer forgés.

Tommy réfléchit un instant, puis déclara avec assurance :
— Ce musée parait bien sécurisé, mais il présente un point faible : il n'a qu'un étage.
À ces mots, il escalada la grille sur le côté ouest. Sur un ou deux mètres, les caméras constituaient un angle mort.
— Je fais le gué, expliqua Tania, si je gueule très fort, c'est que quelqu'un arrive.
— Ok…

Il sauta de l'autre côté de la clôture, face au mur, et entreprit d'escalader la gouttière qui bordait la façade. Pour une fois, sa frêle constitution l'aida, et en quelques instants il se retrouva sur le toit. Il jeta un œil de chaque côté, aucune caméra, le sommet de l’édifice ne comportant aucune ouverture.

Sans sourciller, Tommy se dirigea vers la cheminée qu'il avait observé depuis la rue, et se faufila à l'intérieur. Il se laissa glisser doucement pour atteindre le premier étage. En d’un coup de pied sec, il brisa la planche qui condamnait l'âtre et atterrît, couvert de suie, contre le mur d'une large salle. Il sortit de sa poche une lampe torche qu'il avait subtilisée l'après-midi même, et entreprit d'arpenter les allées du musée à la recherche de la fameuse boite de Chronos qui contenait la couronne. Le silence qui régnait dans les immenses pièces rendait le garçon nerveux. Son cœur battait la chamade. Tout doucement, à pas de loup, il explora la totalité du niveau sans trouver l'artefact.

Il descendit ensuite les escaliers en marbre et tomba presque par hasard sur l'objet, présenté sur un piédestal. La boite se trouvait à l'intérieur d'une vitrine cubique. Assemblée à partir d'un bois noir profond, elle était renforcée sur les côtés par de riches dorures ciselées. De petits symboles, inconnus pour la plupart, ornaient les charnières ainsi que les bords. Elle ne devait pas mesurer plus de vingt-cinq centimètres de côté.
Avec d'infinies précautions, il souleva la vitrine, la posa sur le côté et saisit la boite. Il l'ouvrit et constata qu'elle renfermait bien une magnifique couronne brillante, toute en or, gravée de symboles. Leurs formes tordues mettaient mal à l'aise. Les lumières s'allumèrent. Une voix familière l'interrompit.

— Arrête-toi là, maintenant, c'est un conseil.

Tommy se redressa, referma la boite pour la prendre sous son bras droit et se retourna. Il constata que Magnus se trouvait là, planté à un mètre de lui.

— Tommy, tu dois m'écouter à présent, dit-il d'un ton tranchant. La femme qui traîne avec toi n'est pas humaine tu comprends ?
— Qu'est-ce que vous me racontez ? Vous me prenez vraiment pour un débile ? Répondit le jeune homme, incrédule.
— Ok, mais  vu que tu fais sans cesse des sauts dans le temps, tu dois bien croire à la magie et à l'étrange, de gré ou de force, non ?
— Oui… je suppose…
— Tania est un avatar, l'une des représentations humaine d'un démon très puissant. Il s'appelle Pursan. Comme tous les démons majeurs, il possède le don d'ubiquité, il est présent sur terre et ailleurs, à plusieurs endroits en même temps, sous forme d'avatars.
— Qu'est-ce que cela à voir avec moi ?
— Pas grand-chose en fait, c'est le hasard si tu es ici. Les sauts dans le temps sont une prison destinée à l'avatar. C'est le seul moyen que nous avons trouvé pour le neutraliser, nous l'avons emprisonné dans ce dédale temporel. À partir du moment où il apparaît chaque jour au même endroit, dans une époque différente, son potentiel de nuisance est fortement amoindri. Il ne peut pas faire de plan à long terme, c'était la seule solution pour le contenir et le rendre inopérant. Tu as eu la malchance d'être entraîné avec dans le dédale.
— Comment ça ?
— Il habitait dans le même immeuble que toi, rue Jean Moulin, sûrement un appartement voisin du tien. Quoi qu'il en soit, lorsque nous avons accompli le rituel qui l’a expédié dans le dédale, tu devais te trouver à proximité et tu as été englouti dans le piège.
— J'ai énormément de mal à croire une histoire aussi bizarre, dit Tommy, encore sur la défensive.
Magnus acquiesça.
— Je comprends.

Il ôta sa gabardine, puis son pull, révélant son torse nu, et une peau diaphane, quasiment translucide. Deux majestueuses ailes apparurent dans son dos. Tommy se trouvait face à un ange, un vrai, doté d'un corps aux mensurations parfaites, de longs cheveux immaculés et une aura éclatante. Le jeune homme en restait bouche bée.

Satisfait de son petit effet, Magnus poursuivit :
— La couronne peut résoudre ton problème, mais elle doit rester loin de l'avatar. Il t'a séduit pour faire le boulot, lui-même ne peut pas rentrer dans le musée car nous l'avons béni pour le protéger.
— Laissez-moi garder la boite si elle peut m'aider !
— J'ai bien peur que l'avatar ait une emprise considérable sur toi. Je ne peux pas te faire confiance….

… Baouuuuummmm !

Une déflagration perça le calme qui régnait à l'extérieur. S'ensuivit d'autres explosions, plus petites, toujours au niveau de la place pavée face à l'entrée du musée. Tommy s'approcha de la fenêtre. De multiples formes humanoïdes volaient en nuées au-dessus des rues, elles attaquaient Tania, mais se heurtaient à une aura de flammes très épaisse qui entourait la jeune fille. Les mains de celle-ci émettaient de larges rayons orangés visant les créatures ailées, et en touchaient certaines. Une fois atteintes, elles s'enflammaient immédiatement et venaient s'écraser sur le bitume.

— Tu es le seul qui puisse détruire l'avatar, car il te fait confiance, repris Magnus. Je t'en supplie, pour l'amour de Dieu, prend cette émeraude.

L'ange lui tendit un petit cube qui tenait dans la paume de sa main. L'objet luisait d'une lueur verte si intense qu'elle éclairait son visage d'un halo lumineux.

— Cette émeraude sacrée contient une goutte de sang d'un archange en son centre. Si l'avatar fixe son regard sur la pierre en étant à proximité, je dirai quarante ou cinquante centimètres, il sera détruit. Tu es le seul qui puisse l'approcher.
— Allez vous faire foutre, dit Tommy en détournant les talons pour se précipiter vers le couloir menant à la sortie.
Mais une douleur fulgurante vrilla sa nuque. Magnus l'avait frappé violemment du tranchant de la main, et le jeune homme s'affaissa sur ses genoux, étourdi par la violence du coup. La boite tomba au sol. L'ange bondit vers elle et la ramassa.
— Désolé, mais je ne peux pas te laisser partir avec, c'est trop risqué.

Sur ces mots il asséna un autre taquet sur la nuque du jeune homme afin de l'étourdir avant de quitter la pièce. A l'extérieur, la bataille faisait rage plus que jamais. On entendait de multiples détonations, accompagnées de bruits de casse divers et de hurlements de douleur.
Tommy se releva péniblement, complètement dans les choux. Tenant à peine debout, il chercha du regard un objet quelconque pouvant faire office d'arme. Il tomba sur un vieux katana exposé non loin de là qu'il décrocha du mur. Il en ôta le fourreau : la lame était tranchante à souhait.

Encore faible, il se dirigea vers la porte de la pièce et arriva en tanguant dans le couloir qui menait à la sortie. Magnus se trouvait encore là, la boite sous le bras, torse nu, face à la porte ouverte, en train d'observer l'extérieur.

— Amène-toi ! Il est temps d'en finir nous deux ! hurla le jeune homme, dopé par la rage.

L'ange se retourna, le visage emplit de tristesse.
— L'amie que tu protèges vient à elle seule de massacrer deux douzaines de mes frères.
— Elle ne fait que se protéger, si vous l'aviez laissée tranquille rien de cela ne serait arrivé ! Rends-moi la boite Magnus.
Il prit un air le plus menaçant possible, mais son adversaire resta impassible.
— Viens donc la chercher.

Tommy bondit en avant. L'ange n'essaya même pas de fuir. Il se baissa pour esquiver un premier coup circulaire qui lui aurait tranché la tête sans effort. Une fois accroupi, il balança sa jambe et effectua une balayette rapide qui déstabilisa le jeune homme. Chancelant, il dût faire quelque pas en arrière pour retrouver l'équilibre. Magnus lui sauta au visage et lui assena un magistral coup de boule. Le nez du jeune homme craqua tandis qu'une giclée de sang en sortait et venait tacher sa bouche ainsi que son sweat.

Tommy gisait par terre, hors combat, gémissant comme une fillette, le sol autour de lui souillé d'une flaque sanguinolente. Sans autre possibilité, il fit mine de sombrer dans l'inconscience. Confiant, Magnus sorti pour assister à la suite de la bataille qui faisait rage au-dehors.
Le jeune homme se remit sur ses jambes, le plus discrètement possible, et prit son élan en brandissant son sabre. Il visait la tête, mais l'instinct de l'ange l'avertit du danger, et celui-ci fit un pas de côté au dernier moment. La lame du katana, qui s'abattit de haut en bas, frôla sa tête et son torse pour venir lui entailler la jambe au niveau de la cuisse. Celle-ci fut tranchée net. Magnus tomba, hurlant de douleur, alors qu'un sang bleuté s'échappait en jet du moignon.

Tommy récupéra la boite couverte du liquide azurin et se précipita à l'extérieur où l'attendait un spectacle apocalyptique.

Tania se tenait debout, au milieu d'une trentaine de cadavres d'anges en lambeaux. Son corps, nu désormais, était entouré de flammes, ses beaux cheveux ondulés balayés par le souffle du feu qui l'entourait.
Il ne restait plus qu'un seul adversaire, un ange immense d'au moins trois mètres de haut, face à elle. Tous deux se tenaient face à face et assenaient des coups-de-poing et de pied à la vitesse de l'éclair.

Tommy, le bas du visage toujours en sang, décida de contourner le combat, penché en avant, la boite sous son bras gauche, le sabre dans la main droite. Il arriva dans le dos du colosse et, en poussant un cri de fureur, planta son arme de toutes ses forces sous son omoplate. La lame ressorti de l'autre côté. Désarçonné, l'ange se figea puis se tourna lentement vers le garçon. Son regard exprimait un mélange de douleur et d'incrédulité. Tania en profita alors pour sauter sur ses épaules, saisir son crâne vigoureusement, et tirer de toutes ses forces. La tête se sépara du corps en une impressionnante gerbe bleutée.
Le cadavre de l'ennemi s'affaissa, et un calme soudain envahit les alentours. Les rues étaient en feu, au loin les voisins sortaient pour observer l'incendie qui gagnait les alentours.

Tania, fébrile, essoufflée, fit face à Tommy. Son regard n'avait plus rien d'humain.
— Tu as récupéré la boite ? demanda-t-elle d'un ton amical.
Le jeune homme lui sourit et tendit l'objet. Un puissant rire rauque, guttural, s'échappa du mince corps d'adolescente. Elle lui arracha la boite des mains et lui colla un uppercut si puissant que Tommy valdingua quelques mètres plus loin.
— Dégage, avorton ! S'exclama-t-elle de sa voix de démon.

Il atterrit sur son bras, le sentit se fracturer, et ne put réprimer un nouveau gémissement de souffrance. L'avatar affichait un sourire malfaisant. Avec précaution, elle ouvrit la boite et la tourna face à elle pour admirer son contenu. Un puissant faisceau verdâtre éclaira alors son visage. Son expression passa du plaisir le plus intense à une mine d'étonnement, d'incompréhension. Son corps oscilla, puis en une pâle lueur verte, se dispersa en des millions de petits fragments qui volèrent en poussière.

La boite retomba, et laissa échapper l'émeraude cubique qu'elle renfermait. Tommy, quelques mètres plus loin, en restait muet de surprise. Il sentit un souffle d'air au-dessus de son épaule : Magnus, malgré sa jambe en moins, tenait encore debout grâce aux battements de ses ailes déployées. Il s'approcha de la boite, y glissa la pierre et la referma.
— Tout à l'heure, dans le couloir, j'ai eu le temps de remplacer la couronne maudite par l'émeraude. Désolé de t'avoir manipulé garçon, mais c'était le seul moyen d'approcher l'avatar de l'émeraude sans qu'il ne se méfie, expliqua l'ange
— Espèce d'enfoiré ! s'exclama Tommy, se tenant le bras.
— Quoi qu'il en soit Tommy tu as été mauvais. Tu n'as pas fait le bon choix, alors que je t'avais laissé une échappatoire.
— Vous savez très bien que je ne pouvais rien lui refuser…
— On a toujours le choix Tommy, il fallait faire preuve de volonté… En conséquence, je te condamne à rester toute ta vie dans le dédale temporel. Cette fois-ci tu ne trouveras personne dans ton cas, tu ne pourras jamais partager ton fardeau.
— Noooon s'il vous plait ! Je vous en supplie…
— Adieu Tommy…

Un éclair blanc envahit la totalité de la vision du jeune homme…
…Il se retrouva dans son taudis, l'humérus ressortait toujours de son bras et lui faisait atrocement mal, son nez déformé saignait encore. Il tituba vers l'extérieur et aperçut au loin un fiacre qui croisait une automobile ancienne.
Il soupira.
Début du vingtième siècle je dirais.
« Modifié: 14 Janvier 2023 à 13:16:52 par PierreSigma »

Hors ligne Johaniecote5

  • Plumelette
  • Messages: 9
Re : Le dédale de Pursan (fantastique)
« Réponse #1 le: 13 Janvier 2023 à 19:57:23 »
Bonjour!

Tes dialogues sont pertinents et ne semble pas couper la fluidité de ton texte. L'histoire se tient bien et réussis à nous surprendre, on ne s'attend pas à ce qu'on lit. On cromprend rapidement le contexte, c'est très fluide. 

Si je peux me permettre, les descriptions me laissaient souvent sur ma faim. Je pouvais facilement m'imaginer l'action mais le décor reste effleuré. J,aurais aimé lire une description approfondie du marché du départ et ensuite enocre me sentir transporter dans un nouveau siècle par les mots, les description, ce qui entoure le personnage. C'est vraiment le point qui m'a le plus laissé froide par rapport à ton texte, mais ca prouve que tu viens vraiment chercher notre intérêt, sinon je n'en voudrais pas plus!

Petite coquille également, ton avatar commence avec les yeux noirs, puis ils deviennent bleus dans ton texte !

Bravo pour ton histoire!

Hors ligne PierreSigma

  • Tabellion
  • Messages: 36
Re : Le dédale de Pursan (fantastique)
« Réponse #2 le: 14 Janvier 2023 à 13:20:33 »
Salut Johaniecote5

Tu as 100% raison, je m'en rend compte maintenant que tu me le signale, en effet, ca manque de descriptions.
J'ai tellement voulu être fluide, simple pour améliorer le rythme, que cela a été nuisible à l'immersion.
Du coup j'ai ajouté 3-4 phrases ici et là, l'air de rien, pour palier à ce manque.

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de lire mon texte !

Hors ligne Johaniecote5

  • Plumelette
  • Messages: 9
Re : Le dédale de Pursan (fantastique)
« Réponse #3 le: 14 Janvier 2023 à 15:39:53 »
Coucou!

Je suis allée relire et j'adore la description du marché!   :)


Hors ligne PierreSigma

  • Tabellion
  • Messages: 36
Re : Le dédale de Pursan (fantastique)
« Réponse #4 le: 14 Janvier 2023 à 18:01:57 »
Merci, j'ai essayé de l'intégrer à la course poursuite pour éviter que ça fasse "forcé" que ça soit naturel  :mrgreen:

 


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