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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La plume du pic-vert

Auteur Sujet: La plume du pic-vert  (Lu 1080 fois)

Hors ligne AlcedoAtthis

  • Plumelette
  • Messages: 9
La plume du pic-vert
« le: 21 Juin 2022 à 14:21:03 »
Première petite nouvelle. Toute critique est la bienvenue, je cherche à m'améliorer ^^ Pas sûre que la chute soit suffisamment compréhensible.


La plume de pic vert

Lisa vivait au cœur d’une immense forêt, essentiellement composée de pins. Le début de l’été était rude, les herbes jaunissaient et la faune se faisait très discrète. Il n’avait pas plu depuis plusieurs jours et les nuits descendaient rarement sous les vingt degrés. Lisa rentrait chez elle péniblement, de lourdes gourdes aux mains. Elle portait un sac sur son dos qui semblait trop lourd pour son petit corps. Alors qu’elle ouvrait la frêle porte en bois de sa maison, elle entendit des craquements au loin, le bruit de pas lourd écrasant les épines asséchées. Elle se dépêcha de refermer derrière elle pour garder la modeste fraîcheur de sa maison, et se précipita à la fenêtre pour épier l’intru.
L’ombre parsemée de la forêt cachait en partie l’inconnu, mais il semblait grand et trapu. Lisa se cacha derrière la porte, le cœur battant. Elle n’avait encore jamais croisé personne ici depuis la disparition de ses parents l’été dernier.
Des coups firent trembler la porte.
« Il y a quelqu’un ? », tonna l’homme. Lisa retint sa respiration jusqu’à ce que l’inconnu frappe à nouveau et plus fort. Par peur, elle finit par timidement déverrouiller la porte et frissonna lorsqu’elle découvrit l’homme. Il occupait toute la surface de l’entrée et était beaucoup plus massif que ce que son ombre avait laissé présager. Son visage était assombri par un large chapeau et Lisa discernait mal ses traits. Elle crut apercevoir un vague sourire sous sa barbe légère.

« Bonjour petite, est-ce que tes parents sont là ? »
Lisa baissa la tête, intérieurement affolée.
« Puis-je entrer quelques instants ? La chaleur est accablante et je n’ai plus d’eau pour me rafraîchir » continua l’homme dont la peau perlait en effet de sueur.
Lisa s’écarta. L’homme posa son sac près de l’entrée et se laissa tomber sur l’une des trois chaises entourant la table à manger. Il y déposa délicatement son grand chapeau, affublé d’une longue plume jaune au reflet vert. Lisa reconnu celui du pic vert qu’elle entendait souvent tambouriner aux arbres. Lisa s’empressa de tendre un verre d’eau à l’étranger. L’homme le bu rapidement et se servit à nouveau, laissant échapper des râles de soulagement. Il observa la petite qui le contemplait de loin, au coin de la cheminée.
« Où sont tes parents ? lui demanda-t-il gentiment.
-   Ils ne sont plus là, répondit timidement Lisa.
-   Tu vis donc seule ici ? s’étonna l’intru.
-   Non, il y a Hector.
-   Qui est-ce ? Ton frère ?
-   Non, c’est mon ami.
-   Et où est-il cet Hector ?
-   Il part en forêt le soir. Il ne revient souvent qu’au petit matin.
-   Tiens ! Et qu’est-ce qu’il fait dans la forêt toute la nuit ? »
Lisa baissa le regard et garda le silence. L’homme soupira et sembla prit dans ses pensées quelques instants. Puis il se tourna vers Lisa, le regard froid.
« Je meurs de faim. Est-ce que tu as à manger ? »
Lisa hésita et secoua la tête.
« Et qu’est-ce qu’il y a dans ce sac alors ? » cracha-t-il. Il s’empara du sac que Lisa avait ramené un peu plus tôt et en sorti de quoi ravir son estomac. Il s’empiffra toute la soirée et tomba de sommeil sur l’un des deux matelas entreposés dans un coin de la maison. Lisa resta recroquevillée près de la cheminée toute la soirée, des larmes silencieuses au coin des yeux.

Au milieu de la nuit, Lisa entendit un grincement à la fenêtre. Elle se releva et vit deux yeux brillants. C’était Hector. Elle n’eut pas le temps de se rapprocher qu’il avait déjà disparu dans l’obscurité. Elle le chercha du regard, ouvrit la fenêtre et l’appela doucement. Mais Hector n’était plus là. Alors Lisa retourna s’adosser à la cheminée et tenta en vain de trouver le sommeil.

L’intru s’en alla tôt le matin, emportant avec lui le restant de nourriture qu’il n’avait pu finir la veille. Lisa le regarda partir, les yeux mi-clos, espérant qu’il l’ignore. Mais alors qu’il franchissait le seuil de la porte, l’homme se retourna et sembla hésiter. Il regardait la petite. Le cœur de Lisa s’emballa, ses poumons se bloquèrent. Finalement, l’inconnu se détourna, regarda dans les alentours et reprit sa course, le pas pressé.

Toute la journée, Lisa resta cloîtrée dans sa maison, fatiguée et effrayée. Il ne lui restait rien à manger. Elle avait trop peur de sortir et de recroiser la route de l’homme, alors elle attendit qu’Hector revienne. Toute la journée, elle attendit et plus les heures passaient, plus elle s’inquiétait. Cela n’arrivait jamais. Hector revenait toujours pour veiller sur elle. Elle se mit à repenser à ses parents, au parfum de sa mère, aux chansons qu’elle lui murmurait parfois à l’oreille… Aux coups aussi, aux bâtons de son père et aux larmes de sa mère. Pourtant, aucune des rudes journées qu’ils lui avaient fait vivre n’était équivalente à celle d’aujourd’hui.  Ils n’avaient sans doute pas été de bons parents, mais ils lui manquaient terriblement. C’était un midi, alors qu’elle revenait de la rivière, chargée de gourdes remplies d’eau, qu’elle avait trouvé la maison déserte. Elle les avait attendus des jours, des semaines, ne parvenant pas à croire qu’ils aient pu l’abandonner. Hector avait toujours été là pour la consoler face aux épreuves. Et il n’était pas là pour la plus terrible d’entre elles.

Le soleil déclinait dans le ciel, Lisa cru devenir folle. Elle sortit et se mit à courir dans le bois en criant son nom. Mais seul le froissement des feuilles caressées par le vent lui répondait. Elle continua jusqu’à n’avoir plus de voix. Alors, épuisée, les pieds en feu, elle finit par rentrer chez elle. Elle se laissa tomber sur son matelas de tout son poids, mais se releva aussitôt, répugnée par l’odeur de sueur que l’intru avait laissé sur le tissu.

Tard dans la nuit, Hector vint gratter à la porte entrebâillée qui s’ouvrit toute seule. Il laissa tomber quelque chose sur le seuil et vint se lover au creux des jambes de la petite. Lisa le serra fort contre elle et pleura bruyamment. Ils s’endormirent ainsi, se tenant trop chaud l’un et l’autre mais ne pouvant se séparer. A l’aube, alors que le soleil commençait à percer au travers des pins, Lisa se réveilla. Alors qu’elle s’étirait, l’objet qu’Hector avait laissé tomber la veille attira son regard. Elle alla le ramasser au coin de la porte restée ouverte. Et alors qu’elle se baissait pour l’attraper, elle se figea soudainement, stupéfaite. Sur le sol gisait une plume, autrefois d’une belle couleur oscillant entre le vert et le jaune, ensanglantée. La plume du pic vert.

J.

  • Invité
Re : La plume du pic-vert
« Réponse #1 le: 21 Juin 2022 à 14:50:23 »
Bonjour. Ça commence puis ça continue genre conte de fée. Question : qui est Hector ? Humain à deux jambes ou animal à quatre pattes ? À la fin, évidemment, on comprend ce qui s'est passé. D'où la question au sujet d'Hector. Texte sympa à lire. J'ai bien aimé. Bon début. À +

Hors ligne Jadis

  • Calligraphe
  • Messages: 104
Re : La plume du pic-vert
« Réponse #2 le: 21 Juin 2022 à 15:03:59 »
Salut, en effet ça paraît un peu énigmatique, je pense qu'on peut l'interpréter de plusieurs façons. Aussi, "pic vert" est correct, mais personnellement j'écris plutôt "pivert". Sinon, j'ai essayé de souligner ou de mettre en gras ou en couleur (orthographe) ce qui me gênait (un peu pour les soulignés, davantage pour le gras).

Il me semble y avoir parfois des incohérences de style, notamment dans la description de "l'intrus" (avec un -s, mais "inconnu" c'est correct...), ou quelques impropriétés, mais je pense qu'après quelques corrections ça pourrait tenir la route. Ça m'a intéressé en tout cas (mais demande d'autres avis, car moi je suis un horrible, j'ose utiliser l'expression "piquer les yeux" - pas trop ici, d'ailleurs).

Citation de: AlcedoAtthis link=topic=40553.msg632650#msg632650

Lisa vivait au cœur d’une immense forêt, essentiellement composée de pins. Le début de l’été était rude, les herbes jaunissaient et la faune se faisait très discrète. Il n’avait pas plu depuis plusieurs jours et les nuits descendaient rarement sous les vingt degrés. Lisa rentrait chez elle péniblement, de lourdes gourdes aux mains. Elle portait un sac sur son dos qui semblait trop lourd pour son petit corps. Alors qu’elle ouvrait la frêle porte en bois de sa maison, elle entendit des craquements au loin, le bruit de pas lourd écrasant les épines asséchées. Elle se dépêcha de refermer derrière elle pour garder la modeste fraîcheur de sa maison, et se précipita à la fenêtre pour épier l’intru.
L’ombre parsemée de la forêt cachait en partie l’inconnu, mais il semblait grand et trapu. Lisa se cacha derrière la porte, le cœur battant. Elle n’avait encore jamais croisé personne ici depuis la disparition de ses parents l’été dernier.
Des coups firent trembler la porte.
« Il y a quelqu’un ? », tonna l’homme. Lisa retint sa respiration jusqu’à ce que l’inconnu frappe à nouveau et plus fort. Par peur, elle finit par timidement déverrouiller la porte et frissonna lorsqu’elle découvrit l’homme. Il occupait toute la surface de l’entrée et était beaucoup plus massif que ce que son ombre avait laissé présager. Son visage était assombri par un large chapeau et Lisa discernait mal ses traits. Elle crut apercevoir un vague sourire sous sa barbe légère.

« Bonjour petite, est-ce que tes parents sont là ? »
Lisa baissa la tête, intérieurement affolée.
« Puis-je entrer quelques instants ? La chaleur est accablante et je n’ai plus d’eau pour me rafraîchir » continua l’homme dont la peau perlait en effet de sueur.
Lisa s’écarta. L’homme posa son sac près de l’entrée et se laissa tomber sur l’une des trois chaises entourant la table à manger. Il y déposa délicatement son grand chapeau, affublé d’une longue plume jaune au reflet vert. Lisa reconnu celui du pic vert qu’elle entendait souvent tambouriner aux arbres. Lisa s’empressa de tendre un verre d’eau à l’étranger. L’homme le bu rapidement et se servit à nouveau, laissant échapper des râles de soulagement. Il observa la petite qui le contemplait de loin, au coin de la cheminée.
« Où sont tes parents ? lui demanda-t-il gentiment.
-   Ils ne sont plus là, répondit timidement Lisa.
-   Tu vis donc seule ici ? s’étonna l’intru.
-   Non, il y a Hector.
-   Qui est-ce ? Ton frère ?
-   Non, c’est mon ami.
-   Et où est-il cet Hector ?
-   Il part en forêt le soir. Il ne revient souvent qu’au petit matin.
-   Tiens ! Et qu’est-ce qu’il fait dans la forêt toute la nuit ? »
Lisa baissa le regard et garda le silence. L’homme soupira et sembla prit dans ses pensées quelques instants. Puis il se tourna vers Lisa, le regard froid.
« Je meurs de faim. Est-ce que tu as à manger ? »
Lisa hésita et secoua la tête.
« Et qu’est-ce qu’il y a dans ce sac alors ? » cracha-t-il. Il s’empara du sac que Lisa avait ramené un peu plus tôt et en sorti de quoi ravir son estomac. Il s’empiffra toute la soirée et tomba de sommeil sur l’un des deux matelas entreposés dans un coin de la maison. Lisa resta recroquevillée près de la cheminée toute la soirée, des larmes silencieuses au coin des yeux.

Au milieu de la nuit, Lisa entendit un grincement à la fenêtre. Elle se releva et vit deux yeux brillants. C’était Hector. Elle n’eut pas le temps de se rapprocher qu’il avait déjà disparu dans l’obscurité. Elle le chercha du regard, ouvrit la fenêtre et l’appela doucement. Mais Hector n’était plus là. Alors Lisa retourna s’adosser à la cheminée et tenta en vain de trouver le sommeil.

L’intru s’en alla tôt le matin, emportant avec lui le restant de nourriture qu’il n’avait pu finir la veille. Lisa le regarda partir, les yeux mi-clos, espérant qu’il l’ignore. Mais alors qu’il franchissait le seuil de la porte, l’homme se retourna et sembla hésiter. Il regardait la petite. Le cœur de Lisa s’emballa, ses poumons se bloquèrent. Finalement, l’inconnu se détourna, regarda dans les alentours et reprit sa course, le pas pressé.

Toute la journée, Lisa resta cloîtrée dans sa maison, fatiguée et effrayée. Il ne lui restait rien à manger. Elle avait trop peur de sortir et de recroiser la route de l’homme, alors elle attendit qu’Hector revienne. Toute la journée, elle attendit et plus les heures passaient, plus elle s’inquiétait. Cela n’arrivait jamais. Hector revenait toujours pour veiller sur elle. Elle se mit à repenser à ses parents, au parfum de sa mère, aux chansons qu’elle lui murmurait parfois à l’oreille… Aux coups aussi, aux bâtons de son père et aux larmes de sa mère. Pourtant, aucune des rudes journées qu’ils lui avaient fait vivre n’était équivalente à celle d’aujourd’hui.  Ils n’avaient sans doute pas été de bons parents, mais ils lui manquaient terriblement. C’était un midi, alors qu’elle revenait de la rivière, chargée de gourdes remplies d’eau, qu’elle avait trouvé la maison déserte. Elle les avait attendus des jours, des semaines, ne parvenant pas à croire qu’ils aient pu l’abandonner. Hector avait toujours été là pour la consoler face aux épreuves. Et il n’était pas là pour la plus terrible d’entre elles.

Le soleil déclinait dans le ciel, Lisa cru devenir folle. Elle sortit et se mit à courir dans le bois en criant son nom. Mais seul le froissement des feuilles caressées par le vent lui répondait. Elle continua jusqu’à n’avoir plus de voix. Alors, épuisée, les pieds en feu, elle finit par rentrer chez elle. Elle se laissa tomber sur son matelas de tout son poids, mais se releva aussitôt, répugnée par l’odeur de sueur que l’intru avait laissé sur le tissu.

Tard dans la nuit, Hector vint gratter à la porte entrebâillée qui s’ouvrit toute seule. Il laissa tomber quelque chose sur le seuil et vint se lover au creux des jambes de la petite. Lisa le serra fort contre elle et pleura bruyamment. Ils s’endormirent ainsi, se tenant trop chaud l’un et l’autre mais ne pouvant se séparer. A l’aube, alors que le soleil commençait à percer au travers des pins, Lisa se réveilla. Alors qu’elle s’étirait, l’objet qu’Hector avait laissé tomber la veille attira son regard. Elle alla le ramasser au coin de la porte restée ouverte. Et alors qu’elle se baissait pour l’attraper, elle se figea soudainement, stupéfaite. Sur le sol gisait une plume, autrefois d’une belle couleur oscillant entre le vert et le jaune, ensanglantée. La plume du pic vert.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
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Hors ligne Delnatja

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 438
  • Ailleurs et au-delà
Re : La plume du pic-vert
« Réponse #3 le: 21 Juin 2022 à 15:54:18 »
Bonjour AlcedoAtthis, merci pour ce texte.
Je l'ai trouvé agréable à lire et je n'ai pas de remarque négatives.
Belle journée.
Michèle

Hors ligne AlcedoAtthis

  • Plumelette
  • Messages: 9
Re : La plume du pic-vert
« Réponse #4 le: 21 Juin 2022 à 16:31:31 »
@Jonathan : Il n'y a pas de réponse à la question, ce peut être un chat, un autre animal, un monstre, un humain... Je laisse le lecteur imaginer ;) Merci pour ton retour !

@Jadis : Merci pour ce retour détaillé !! J'ai honte pour les fautes d'orthographe, elles me piquent les yeux à moi  :mrgreen:  Je suis d'accord avec toi sur une grande partie des passages que tu as soulignés. Un peu moins pour les mots en gras par contre, étrange  :D Je laisse volontairement le récit assez mystérieux, mais ton interprétation est top, je n'y avais pas pensé ^^A refaire, je décrirais l'homme un peu plus chétif pour garder cette possibilité. Lorsque j'ai écrit la nouvelle, j'ai simplement voulu mettre l'accent sur Hector, son identité énigmatique et son rôle dans l'anéantissement des êtres qui font du mal à Lisa (notamment ses parents "disparus").

@Delnatja : Merci ^^

 


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