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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)

Auteur Sujet: Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)  (Lu 5430 fois)

Hors ligne Michael Sherwood

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Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« le: 20 Avril 2022 à 08:48:35 »



Lune de Miel à Mikumi



Nous prenons la route qui part de Dar es Salaam vers l’intérieur des terres. Il y a peu de choix pour sortir de Dar en voiture : par le nord en empruntant une route qui se transforme en piste de terre, puis en piste sableuse vers la petite ville ancienne de Bagamoyo sur la côte ; par le sud en prenant d’abord le ferry qui traverse le bras de mer en aval du port de Dar es Salaam ; et puis surtout par l’ouest en prenant la grande route rectiligne qui file vers Morogoro d’abord, puis Mikumi, Iringa, Mbeya, la Zambie enfin. Elle s’appelle d’ailleurs Morogoro Road à la sortie de Dar. Après avoir parcouru une trentaine de Miles, on tombe sur un embranchement en L avec une large route goudronnée qui se dirige droit vers les contrées du nord jusqu’à Moshi et Arusha, les contreforts du Kilimanjaro, et en les contournant par l’est, la frontière avec le Kenya. Cet embranchement se nomme Chalinze. Vous ne pouvez pas le manquer : il y a tout un caravansérail hétéroclite d’échoppes, de restaurants de fortune, de vendeurs en tout genre, avec leurs debe 1 d’oignons, leurs grands tas d’oranges, d’ananas, de mangues, alignés des deux côtés de la route, selon les saisons, pour ravitailler les bus de passage, surtout ceux qui se dirigent vers Dar : on ne peut pas rendre visite aux familles en arrivant les mains vides !

Ma jeune épouse est à côté de moi. Nous n’avons pas hésité longtemps sur la destination, nous voulons passer notre nuit de noces au Camp de Mikumi, situé à l’entrée du parc national du même nom. Ce coin évoque pour nous déjà de nombreux souvenirs, tel celui de notre première rencontre.

Sans doute, avez-vous entendu parler du Parc du Serengeti au nord de la Tanzanie, vous avez dû voir des vidéos sur les migrations annuelles d’animaux, surtout de gnous. Eh bien le Parc de Mikumi, c’est le Serengeti, mais en plus petit et plus intime, avec d’immenses forêts à gauche de la route, et des savanes à droite, en partant de Dar es Salaam. Une chaîne de montagnes clôt l’horizon des plaines, très loin. Le Parc de Mikumi est à quatre heures de route de Dar, une route de tarmac encore neuve, pas encore défoncée, sans doute trop accessible pour les touristes, qui craignent de ne pas y trouver les BIG FIVE 2 ! Ils ont raison : on n’y trouve pas de rhinocéros. De fait, il est beaucoup moins fréquenté que les parcs du nord, ce qui fait notre bonheur. Nous en avons fait notre paradis privé.

Pour se loger sur place, le choix est vite fait, deux possibilités se présentent à nous : il y a la Lodge Nationale de Mikumi, que l’on atteint par une route sur la gauche, qui offre plus de facilités et de confort, mais se présente comme un rectangle de béton au style assez froid, qui va mal avec le cadre. Elle est d’ailleurs souvent vide, sauf le weekend. L’avantage du Camp de Mikumi, situé à droite de la route, c’est sa rusticité, c’est la proximité avec la nature, la vie sauvage. Il est d’ailleurs recommandé aux touristes d’éviter les déplacements une fois la nuit tombée. Pour ne pas tomber nez à nez avec un lion ! Car les animaux rôdent en toute liberté dans les allées du camp, depuis le bar-restaurant en rotonde jusqu’aux logements des touristes, un alignement d’une douzaine de cases en bois aux toits de tôles, aménagées sur des socles de ciment et de pierre, avec des espaces entre elles pour garer les voitures et laisser le passage aux éléphants, singes, et autres bêtes en maraude.

J’ai donc ma toute jeune épouse sur le siège passager à côté de moi. A ma droite. Ça me fait tout drôle de dire aujourd’hui « ma femme », « mon épouse », « my wife ». Il va falloir que je m’y habitue. Auparavant, c’était juste « Céline ».

Comment nous sommes-nous rencontrés ? Cette question est revenue de nombreuses fois dans les conversations pendant notre fête de mariage, surtout du côté des expats de la petite communauté française de Dar es Salaam. Les couples mixtes intriguent. Si je vous dis que c’est le destin qui nous a réunis, Céline et moi, vous sourirez sans vraiment me croire.

Vous insistez pour en savoir plus ? Nous sommes entre nous, n’est-ce pas ? Eh bien voilà : deux jeunes filles somaliennes ont débarqué un jour à la permanence que je tenais le matin à l’Institut d’Education des Adultes. Je n’étais pas là tous les matins, mes cours ayant lieu le soir. Mais ce matin-là, j’étais là ! Fadumo et Céline. Elles faisaient partie d’un groupe de 13 ou 14 Somaliens envoyés avec une bourse du UNHCR 3 pour étudier l’anglais à Dar es Salaam. Onze garçons, trois filles au départ, mais une des filles, enceinte, avait été renvoyée à Mogadiscio. Mes deux Somaliennes voulaient prendre des cours de français, en plus de l’anglais. Ou simplement elles m’avaient repéré ! J’étais pas mal courtisé en ce temps-là. Un ami indien qui venait à mon cours du soir voulait absolument me présenter à une fille de bonne famille originaire de Goa, sachant que j’étais chrétien à l’époque ! C’était une jolie fille brune et mince et je n’aurais pas dit non. Une autre indienne, une fille hindoue tournicotait aussi, mais elle n’avait pas le physique et trop d’embonpoint. Celle-là n’aurait eu aucune chance.

Je m’égare… Pour faire mieux connaissance, j’invitai donc les 2 jeunes Somaliennes à partir en weekend à Mikumi avec moi et un ami. Je me réservai la plus en chair, Fadumo, attribuant la plus maigre, Céline, à mon ami. Mais voilà… le samedi matin devant l’hostel du YWCA 4, il n’y avait que Céline la plus mince au rendez-vous ! Elle serait donc pour moi ! Mais il n’était pas question de coucher tout de suite ! Céline n’était pas une jeune fille facile. D’abord elle avait le tempérament fier des Somaliens. Il a fallu l’accoutumer doucement à nos mœurs de blancs. Le weekend s’est bien passé, nous avons passé la nuit chez un autre coopérant à l’école de Morogoro – dans la même chambre, mais des lits séparés – puis nous sommes tous partis visiter Mikumi le dimanche matin. Après ce weekend, Fadumo et Céline ont pris l’habitude de venir me voir, souvent le samedi soir. Elles commençaient par se mettre à cuisiner. Elles se débrouillaient avec ce qu’elles trouvaient dans le frigidaire et dans les paniers à légumes. Du riz, il y en avait toujours. Quand elles avaient fini, c’était un vrai chantier ! Des casseroles, des plats, des couverts et des épluchures partout dans la cuisine, elles ne rangeaient rien ! Mon boy n’était pas à la fête quand il reprenait son travail le lundi !

Qu’est-ce qu’on faisait ? On mangeait bien sûr le repas qu’elles avaient préparé, c’était toujours très bon, elles ne ménageaient pas les épices et le piment vert, et puis on bavardait (elles ont fait de rapides progrès en anglais), on écoutait des disques, on dansait ensemble, c’était la belle vie. Le plus dur était de se séparer vers 11h00 du soir pour les remettre au YWCA. Mais quelques fois Céline, car le sort avait décidé que ce soit elle, restait. J’appris que Fadumo était fiancée à un jeune homme somalien qui faisait ses études de médecine en Italie. Ce qui n’empêchait pas Fadumo de fréquenter assidument un « ami » à Dar es Salaam, que nous appelions l’oncle Bashir, en raison de son âge. On ne voulait pas trop savoir le lien qu'elle entretenait avec ce vieux Somalien, Fadumo restait discrète à son sujet. Ils devaient sortir ensemble le weekend et sans doute pratiquer le « heavy petting », des caresses très poussées. Il faut savoir que les jeunes Somaliennes sont cousues 5. De notre côté, Céline et moi, nous allions souvent aux séances du Drive-In Cinema du samedi soir, on échangeait des baisers dans l’intimité de la voiture, on ne suivait pas trop attentivement l’intrigue des films !

Mais je ne vais pas entrer dans les détails, vous pourrez suppléer avec vos propres expériences. Nous étions tombés vraiment amoureux l’un de l’autre, chose qui aurait eu peu de chance de se produire en Somalie : une fille fréquenter un blanc ! C’est une fille perdue ! Impensable, inenvisageable, un kafir 6 de surcroit. Elle aurait été bannie de son village. Pour sa famille il aurait mieux valu qu’elle fût morte ! Notre chance, c’est que nous étions tous deux étrangers en Tanzanie. Il fallait malgré tout rester prudent quand nous circulions dans Dar es Salaam : Fadumo et Céline devaient se dissimuler des garçons de leur groupe. Elles se faisaient toutes petites dans ma voiture quand nous en croisions un en ville ! Heureusement, ces garçons avaient des occupations d’hommes : boire, brouter du khat 7, aller aux séances des films de karaté, fréquenter des filles tanzaniennes. Ils avaient autre chose à faire que surveiller constamment leurs « sœurs ». Ce qui nous laissait pas mal de liberté !

Le moment le plus triste de ma vie (non : UN des moments les plus tristes de ma vie) fut lorsque le groupe de Somaliens dû rentrer au pays, une fois leurs études terminées. Céline partit avec eux. J’étais comme une âme en peine. Et puis un ou deux mois après je reçus un matin un coup de téléphone à la maison : Céline me donnait une adresse où lui écrire « Melle Céline Abdillahi, Chez Ali Maelmi, Café de France, Djibouti ». Mais j’avais mal compris l’adresse, c’était en réalité « Chez Halima Elmi ». En dépit de cette erreur qui aurait pu m’être fatale, ma lettre lui parvint quand même ! Pour faire court, je m’arrangeai pour la faire revenir à Dar es Salaam, en même temps que mon retour de vacances en métropole en janvier. Elle avait entretemps réussi à obtenir un passeport djiboutien ce qui lui permettait de voyager. J’achetai donc un billet pour elle à distance et il était prévu que je la rejoigne à l’escale de Djibouti, où se posait l’avion d’Air France à l’époque. Et miracle des miracles, elle était là au jour et à l’heure voulue, à m’attendre dans la zone internationale de l’aéroport : un véritable enlèvement de haut vol !

Je passe sur les longs mois de fiançailles qui suivirent. Céline était maintenant à demeure chez moi. Ça enlevait un peu du piquant des rendez-vous secrets du début. Cela dit, nous avions tous nos weekends ensemble : nous allions aux plages des beach hotels au nord de Dar, d’autre fois nous allions en bateau passer la journée sur l’île de Mboudia. L’île était presque à nous, on se baladait nus le long des plages de l’est où on ne rencontrait personne. Le soir on allait souvent à des soirées barbecues organisées dans l’un des beach hotels, parfois suivies d’un film projeté en plein air. Nous dansions aussi à la Gogo discothèque. Nous sommes retournés plusieurs fois au Parc de Mikumi. Je ne vous parle pas de nos vacances à Majunga et Nosy Bé à Madagascar, sorte de voyage de noces avant l’heure. En un mot, nous vivions la vie aisée des expatriés au soleil ! Et nous prenions cela comme si tout nous était dû !

Tout n’était pas que fêtes et amusements. Il y avait aussi du travail et du sérieux : Céline s’inscrivit à des cours d’anglais et de dactylo le matin. Puis elle alla à l’Alliance Française pour apprendre le Français. Elle mit un peu plus de temps que pour l’anglais, qu’elle avait appris à parler en un an ! Pour le français, ce fut plutôt deux-trois ans. Car nous avions planifié ensemble les grandes lignes de notre vie à venir : Pour le pays, plutôt que l’Angleterre ou les Etats-Unis, notre choix se porta sur la France, où j’aurais plus de facilité à trouver un travail. Pour la religion, je devrais me convertir à l’Islam. Pour la langue, ce serait le français, dès que nous aurions un enfant, ce qui favoriserait sa scolarité. Jusque-là, en attendant, on continuerait tranquillement à parler anglais !

Je ne vais pas trop vous embêter avec notre mariage. La cérémonie religieuse eut lieu à mon domicile (notre domicile), en présence du grand Sheikh de Dar es Salaam. Il n’y eut pas de mariage civil, car dans le système anglais, il y a juste un mariage religieux qui est ensuite transcrit sur les registres de l’état civil. S’en suivi une grande réception organisée chez l’un de nos amis coopérant qui possédait un superbe jardin, à Oyster Bay. La fête se prolongea jusqu’à minuit. Ma jeune femme avait été bien accueillie et intégrée dans la petite communauté française, l’attaché culturel, les professeurs de l’Alliance, d’autres expatriés, tous la connaissaient déjà : sa beauté exotique n’y était sans doute pas pour rien. Elle attirait naturellement les regards et la sympathie. Elle était si mignonne ce soir-là avec la robe blanche que nous avions choisie ensemble chez Pronuptia pendant notre dernier séjour à Paris !

Notre première nuit d’époux, nous l’avons passée à notre domicile d’Upanga Rd. Ça faisait bizarre : nous pouvions maintenant faire légalement « au grand jour » ce que nous avions fait illégalement jusqu’ici ! Façon de parler bien sûr, puisque ces activités se passent surtout dans l’obscurité de la nuit. Sans que ce soit prémédité, Céline et moi, nous sommes agenouillés l’un devant l’autre sur le lit, nous faisant le serment de nous aimer toujours. Nos corps se sont embrassés dans une étreinte proche de l’extase mystique…

Revenons au Parc de Mikumi, nous franchissons la barrière de l’entrée, surveillée par des gardes. Comme nous ne sommes pas touristes, mais des résidents, nous payons une somme symbolique à l’entrée ! Il doit être vers les cinq heures du soir. Nous installons nos affaires dans la case qui nous a été attribuée. Puis ressortons pour nous diriger vers la rotonde : il y a un bar au milieu, et tout autour sur la périphérie protégée par une structure en bois sont installées les tables et chaises. C’est très intime quand le soir tombe, une lampe à pétrole à chaque table donne un halo de lumière, ainsi, de place en place. Le soir tombe vite en Afrique : un instant, il fait encore jour, l’instant d’après, sans transition, la nuit est tombée !

Nous avons toute la soirée devant nous, nous commandons des boissons et bavardons tranquillement avant l’heure du repas. Ce qui surprend toujours à Mikumi, c’est l’intensité du silence qui règne le jour sur la brousse, tout est comme suspendu, immobile. De loin en loin, un rare camion remontant vers la Zambie vient couper ce silence. Et puis le silence épais retombe en nappe comme un brouillard, assourdissant presque ! A la nuit tombée, c’est une autre musique ! des oiseaux crient, des bêtes bruissent invisibles dans les fourrés, des feulements ou barrissements lointains… Tout une faune se réveille de sa torpeur du jour.

Céline, « ma femme », a pour l’occasion mis une tenue somalienne, une robe formée d’un tissu aux motifs colorés noué à l’épaule. Vous ne verriez plus une femme vêtue ainsi de nos jours, une épaule nue en Somalie ! En l’occurrence, elle a tout de même passé un pull par-dessus sa robe, car les nuits sont plutôt fraîches dans l’intérieur du pays ! Elle est magnifique. Nous commandons, un serveur s’affaire autour de nous pour nous servir, mais discret, pas envahissant comme au restaurant de la lodge d’état, il se retire dès qu’il a fini le service. Du coup, nous lui attribuerons un meilleur pourboire ! Le menu du camp est peu varié, il y a toujours du riz, de la viande bouillie en sauce, des feuilles de salade, des tomates, parfois des frites et des brochettes. Salade de fruits en désert. C’est bon, c’est simple, c’est suffisant.

Nos estomacs repus, nous nous frayons un chemin jusqu’à notre case avec notre lampe-tempête, car une fois sorti du cercle lumineux du restaurant, on ne voit plus grand-chose ! Cette nuit, la lumière de la lune nous guide. Un espace douche a été aménagé à l’arrière de chaque case. Au début, il fallait se rendre à l’extérieur près des citernes chauffées par des feux de bois, mais des canalisations ont été installées, qui distribuent l’eau chaude directement dans les cases. Nous procédons tour à tour à de rapides ablutions car l’air est vif, et nous nous glissons comme des chatons frileux dans le même lit à une place. Il faut dire qu’ici c’est le système anglais : deux lits de camp bien séparés de chaque côté de la case, à se demander comment les Anglais ont réussi à se reproduire ! Je tiens ma jeune femme serrée tout contre moi, mes mains écartées peuvent faire le tour de sa taille. Son corps est encore si jeune, mais je dois l’abîmer : nous allons accomplir l’acte originel, la reproduction de l’espèce humaine !

C’est alors qu’un tintamarre retentit juste à côté de notre case. Regard prudent à travers les bambous : c’est un éléphant qui rôde. Il semble d’ailleurs y en avoir plusieurs autres, un peu plus loin derrière. Et puis comme à un signal, sous les rayons de la lune rousse, énorme, l’entièreté de la savane d’un coup se réveille, s’embrase, des lions mâles rugissent, dans les fourrés grognent les phacochères, les singes pendus aux arbres hurlent et s’accouplent. A coup de pattes, de griffes, à coup de gueules, de dents, c’est une explosion de cris, de rugissements, de barrissements, de croassements, de râles, nous sommes encerclés d’animaux en rut, félins, carnassiers, bovidés, cervidés, des flots de sperme giclent dans un orgasme cosmique, tombent en rivières qui déferlent sur la savane et fécondent une terre assoiffée… Une pluie d’orage s’abat, se met à marteler le toit en tôle de la case, grossissant au loin le lit des rivières, reverdissant les savanes sèches.

Céline et moi nous réveillons à l’aube naissante, nous avons peu dormi. Notre premier enfant fut conçu cette nuit-là…



      1 Debe = récipient en métal d’une contenance de 4 galons, soit environ 20 litres. 
      2 BIG FIVE = le lion, le léopard, l’éléphant, le rhinocéros noir, le buffle.
      3 UNHCR = Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies. 
      4 YWCA = Young Women Christian Association.  L'équivalent masculin est le YMCA,  Young Men Christian Association.
      5 les jeunes Somaliennes sont cousues : voir l'article https://www.persee.fr/doc/jafr_0037-9166_1937_num_7_1_1619
      6 Kafir = incroyant.
      7 Khat ou Qat = plante stimulante dont on mâche les feuilles tendres pour soulager de la fatigue. C’est une activité sociale très pratiquée par les hommes en Somalie et au Yémen. 



« Modifié: 24 Avril 2022 à 07:00:28 par Michael Sherwood »
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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #1 le: 20 Avril 2022 à 09:27:02 »
Merci pour le partage de ton texte.

J'ai bien aimé le début ou tu présentes la vie en Afrique, ca fait comme un voyage et j'ai eu la confirmation de ce que j'ai déjà entendu dans des documentaires animaliers avec les "Big fives".

La suite m'a fait penser a un reportage que j'avais vu sur le Brésil et un pays d'Afrique, que j'ai oublie le nom. C'était des Française d'un certain âge qui allait la bas pour aller avec des jeunes hommes.
Pour réduire leur  misère, ses personne offrent leur jeunesse a des vieilles riches. En général, c'est plutôt l'inverse, comme dans ton texte.

Je ne connaissais pas "heavy petting/caresses lourdes". La définition c'est "deux personnes s'embrassent, se tiennent et se touchent de manière sexuelle, mais n'ont pas de relations sexuelles". Je me demande ce que c'est que le prononcé?
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #2 le: 20 Avril 2022 à 10:05:28 »
Bonjour Michael Sherwood, merci pour ce texte.
Je trouve que tu as un véritable talent de conteur, malgré la longueur, je n'ai jamais été rebutée.
Il n'y a que le dernier paragraphe qui casse l'ambiance, mais ça vient peut être de moi.
C'est toujours un plaisir de te lire.
Belle journée.
Michèle

Hors ligne Michael Sherwood

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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #3 le: 20 Avril 2022 à 11:12:06 »
Merci Cendres et Delnatja,

Pour vos appréciations sur ce texte.  8)

@Cendres : J'ai l'impression que tu as lu autre chose ("C'était des Françaises d'un certain âge qui allaient là bas pour aller avec des jeunes hommes.") que ce que j'ai écrit : la rencontre de deux êtres que tout sépare - race, religion, langue, culture - qui tombent amoureux et décident de se marier malgré les obstacles.

@Delnatja : Je suis curieux de savoir en quoi le dernier paragraphe "casse l'ambiance". Et quelle ambiance ?

MS
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Re : Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #4 le: 20 Avril 2022 à 11:49:04 »
@Cendres : J'ai l'impression que tu as lu autre chose ("C'était des Françaises d'un certain âge qui allaient là bas pour aller avec des jeunes hommes.") que ce que j'ai écrit : la rencontre de deux êtres que tout sépare - race, religion, langue, culture - qui tombent amoureux et décident de se marier malgré les obstacles.

Je me suis mal expliquée. Je te parlais  de l’oncle Bashir. Pour revenir au reportage, c'était des femmes qui allaient, je crois, un mois dans le pays vivre avec le jeune homme et le reste de l'année, cet homme vivait avec sa propre famille. Ca m'a fait penser a cela.

Je me suis arrêté sur les détails et non l'histoire principal. Mais j'aimerais bien savoir ce que c'est que des "« heavy petting », des caresses très poussées".




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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #5 le: 20 Avril 2022 à 12:36:56 »
Hello Cendres,

Ah oui, l'oncle Bashir ! Ce que j'ai oublié de préciser, c'est que l'oncle Bashir est lui aussi Somalien. Il entretient Fadumo financièrement contre certaines privautés le weekend.

J'ai vu aussi ce genre de reportage dont tu parles, au Sénégal et aussi en République Dominicaine.

"Heavy petting" = an occasion when two people kiss, hold, and touch each other in a sexual way, but do not have sex = une occasion où deux personnes s'embrassent, se tiennent et se touchent de manière sexuelle, mais n'ont pas de relations sexuelles.

MS


« Modifié: 24 Avril 2022 à 07:01:44 par Michael Sherwood »
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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #6 le: 20 Avril 2022 à 16:18:27 »
Eh bien j'étais confortablement aspirée par ton récit et d'un coup, le tintamarre, les cris d'animaux en rute etc, c'est comme si quelqu'un m' avait changé le chaine de télé que je regardais. je sais que dit comme ça, ça a l'air idiot.
Michèle

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Re : Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #7 le: 20 Avril 2022 à 16:42:24 »
Eh bien j'étais confortablement aspirée par ton récit et d'un coup, le tintamarre, les cris d'animaux en rut etc, c'est comme si quelqu'un m' avait changé le chaine de télé que je regardais. je sais que dit comme ça, ça a l'air idiot.

Eh bien non, pas idiot du tout, car c'était l'effet souhaité, tout d'un coup le grand rut de la jungle qui éclate, le bouquet final ! (un peu comme on s'endort sur un film à la télé, et puis tout d'un coup on se réveille quand on passe à la publicité ! )  8)

MS
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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #8 le: 20 Avril 2022 à 17:59:00 »
Hello Michael,

J'ai essayé de lire ton texte, mais je n'ai pas pu terminer.


C’était une jolie fille brune et mince et je n’aurais pas dit non. Une autre indienne, une fille hindoue tournicotait aussi, mais elle n’avait pas le physique et trop d’embonpoint. Celle-là n’aurait eu aucune chance.

Je m’égare… Pour faire mieux connaissance, j’invitai donc mes 2 jeunes Somaliennes à partir en weekend à Mikumi avec moi et un ami. Je me réservai la plus en chair, Fadumo, attribuant la plus maigre, Céline, à mon ami. Gros lot, petit lot, c’est comme ça qu’on parlait des filles entre jeunes expatriés. Mais voilà… le samedi matin devant l’hostel du YWCA 4, il n’y avait que Céline la plus mince au rendez-vous ! Elle serait donc pour moi ! Mais il n’était pas question de coucher tout de suite ! Céline n’était pas une jeune fille facile. D’abord elle avait le tempérament fier somalien. Rien à voir avec les filles bantoues. Il a fallu l’apprivoiser doucement.


Ton point de vue (je crois savoir que ces textes sont autobiographiques, non?) sur les femmes africaines me laisse toujours un goût amer dans la bouche. Tu dis les "aimer" mais tu en parles comme des objets ou des animaux de compagnie que tu tiens à ta merci sans leur laisser le choix. Encore une fois la façon dont tu racontes tout ça ne contient aucun recul, aucun jugement. Si des indices me disaient que ton texte est à prendre au second degré, je ne te ferais pas ce genre de remarque. Mais je crois que tu penses sincèrement ce que tu écris, et le pire, c'est que tu ne vois pas où est le mal.

Donc, une nouvelle fois : Non, ce n'est pas normal, correct ou décent de parler d'une femme comme ça.
C'est nauséabond, tout comme tes généralités sur les bantoues et les somaliennes.

« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #9 le: 23 Avril 2022 à 18:32:40 »
Modération :
Ce texte véhicule des propos racistes et sexistes.

De tels propos ne sont pas condamnables sur le forum, tant qu'ils ne sont que le contenu d'un texte littéraire. Mais la moindre des choses serait de prévenir les lecteurs avec cette mention : "Ce texte véhicule des propos racistes et sexistes." Tu as déjà reçu un avertissement il y a un mois pour un texte traitant de pédocriminalité et tes réponses aux commentaires.

Merci de placer un avertissement en en-tête de ton texte, prévenant le lecteur du caractère raciste et sexiste du texte. Dans le cas contraire, nous supprimerons le texte du forum.
Et, à l'avenir, merci de systématiquement te poser la question du sexisme et du racisme avant de poster ce genre de texte.

L'équipe
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Michael Sherwood

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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #10 le: 23 Avril 2022 à 20:11:57 »
Je réfute les accusations de racisme et sexisme proférées à mon encontre sur ce texte.
Une étiquette semble avoir été collée sur mon dos.
Ce texte est une véritable histoire d'amour, celle de ma rencontre avec la femme de ma vie.
Il n'a rien à voir avec le texte précédent qui était une stupide fiction, regrettable de ma part.
Je préfère qu'il soit retiré du forum, plutôt que de porter une mention infamante qui ne correspond pas à une réalité intrinsèque.
Je remercie Delnatja et Cendres pour l'avoir commenté avec impartialité.

MS
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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #11 le: 23 Avril 2022 à 20:47:33 »

Ce texte  autobiographique décrit des mœurs qui étaient courantes et tolérées dans leur contexte d’occurrence, mais qui ne le sont pas de nos jours dans cette communauté. Il faut que tu songes à tenir compte de cette distance avant de poster un nouvel écrit. Il est nécessaire que tu montres que tu prends du recul par rapport à ce qui s’est déroulé, le sexisme et racisme de l’époque, car ça choque bon nombre de personnes aujourd'hui.

Nous t'avons envoyé un mp détaillé, tu peux laisser ce texte, mais en corriger les parties qui ont été relevées si tu le veux bien. Ces détails là n'apportent rien à l'histoire ni n'enlèvent rien.


Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

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Hors ligne Michael Sherwood

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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #12 le: 24 Avril 2022 à 07:27:35 »
Merci Claudius,

Pour avoir compris la distance qui sépare les mœurs d'autrefois, reflétées dans ce texte, et celles d'aujourd'hui.
Une époque où on fumait dans les avions, où on roulait sans ceinture, où on appelait un chat un chat.
Ce qui n'empêchait pas d'être romantique.
J'ai  suivi ton conseil et supprimé de mon texte les passages incriminés.
J'ai aussi ajouté un lien en note pour expliquer "les jeunes Somaliennes étaient cousues", pratique que je condamne évidemment.

MS
« Modifié: 24 Avril 2022 à 07:34:51 par Michael Sherwood »
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Hors ligne Kwak'

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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #13 le: 24 Avril 2022 à 09:40:43 »
Coucou ;)

Sans rentrer dans les considérations des commentateurs précédentes, je n'ai pas réussi à apprécier ce texte.

J'ignore si c'est le flot de sperme cosmique, le ton du journal intime qui me raconte une rencontre et la conception (sic) d'un enfant dont je me fiche complètement, le fait de pouvoir "abîmer un corps" pour donner naissance, la sexualité forcément nocturne, les questions que je ne me pose pas mais qu'on pose à ma place "comment vous êtes vous rencontrés ?", "on nous demande aux mariages"... mais je trouve un empilement de clichés qui ne m'attirent, ne m'amusent, ne m'impressionnent guère.

La plume est parfois intéressante quand elle dépeint les paysages et qu'elle sort de son narcissisme (le premier paragraphe par exemple), et je trouve presque dommage qu'elle dépeigne des situations aussi banales et aussi égocentriques qui ne m'intéresserait qu'autour d'une bière ou deux avec l'auteur qui devrait être mon ami. Ici, si ce n'était le forum pour le commenter, j'aurais refermé le livre après quelques lignes en me disant "mais pourquoi dois-je connaître tous ces détails sordides de la vie d'un inconnu ?".

Il y a une forme de volonté de portée sociale, d'analyse humaine, (les blancs ici, les batous, elle, mon boy va souffrir, ... tout ça) qui ne prend pas car elle reste trop peu grossière (on est loin de Céline, justement, où l'abject est si présent qu'il en devient un moteur), ou trop basique. C'est un peu raciste sans trop l'être, c'est un peu sexiste par orgueil, c'est une banalité de l'époque des boomers. Rien de frissonnant, de gerbant, d'incroyable ou de fantastique. Même le petit troll sur l'enlèvement de haut-vol ne prend pas.

Citer
Si je vous dis que c’est le destin qui nous a réunis, Céline et moi, vous sourirez sans vraiment me croire.
Non.
Citer
Vous insistez pour en savoir plus ?
Non plus. Je me force à aller au bout dans la perspective de faire un retour, c'est tout.

Enfin bref, pour moi ce texte est un miroir qui ne sert que l'auteur et je n'y trouve ni sens, ni portée, ni fond. C'est un journal intime qui aurait du rester intime.

Bonne continuation ;)
« Modifié: 24 Avril 2022 à 09:59:29 par Kwak' »

Hors ligne Michael Sherwood

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Re : Lune de Miel à Mikumi (Explicite soft)
« Réponse #14 le: 24 Avril 2022 à 10:40:59 »
Merci Kwak'

Pour ta lecture.
Pour quelqu'un qui n'a pas réussi à apprécier le texte, tu as quand même passé beaucoup de temps et de soin à le commenter  :o !
(ou d'acharnement à le démolir, suite aux commentaires de Aponiwa et Rémi ?)

Je précise que le prénom "Céline" n'est pas un clin d'œil à Céline, l'écrivain, qui d'ailleurs fait partie de la courte liste de mes écrivains français préférés. J'ai emprunté le nom de la mère de ma femme, qui s'appelait Seline. Cette personne apparaîtra dans un autre récit à venir.


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Enfin bref, pour moi ce texte est un miroir qui ne sert que l'auteur et je n'y trouve ni sens, ni portée, ni fond. C'est un journal intime qui aurait du rester intime.

Oui, journal intime certainement. Pour fixer les choses avant que la photo ne s'efface complètement, que toutes les teintes du souvenir soient décolorées. Déjà beaucoup de détails sont perdus.

MS




Ah ! Quand le conseil de la Cité a décidé de mettre à mort un texte pour de graves raisons de racisme et de sexisme… et qu’un autre vient après la bataille pour souligner à quel point, au fond, il était insignifiant et ne mérite aucun intérêt… On peut dire que la bête est sommée de revenir du royaume des morts pour que son agonie soit prolongée ! Peut-être n’a-t-on pas jugé qu’elle fût assez longue… Ou qu’un coup de fer sur les fesses manquât !

Merci Versus, bien résumé  8) !

MS



Modération : Messages regroupés : il faudrait éviter de poster deux messages à la suite stp, regrouper tes réponses dans le même. Merci :)
« Modifié: 24 Avril 2022 à 17:58:33 par Claudius »
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