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13 Septembre 2026 à 07:05:14
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Auteur Sujet: Le procès du Verger blanc  (Lu 1989 fois)

Hors ligne seregone

  • Plumelette
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Le procès du Verger blanc
« le: 29 Mars 2022 à 17:15:27 »
Bonjour à tous, eh bien... il est l'heure de se lancer je crois ! Pour donner un peu de contexte, ce texte fait parti de l'univers que je travaille depuis un petit moment, il est évident que certains éléments resteront assez flous, mais c'est voulu dans un sens pour donner l'envie de lire d'autres textes et surtout en apprendre sur l'univers :) Ainsi, n'hésitez pas si vous avez des questions sur l'univers justement, je serais content d'y répondre !

Concernant le texte en lui même, c'est le premier texte vraiment structuré que je fais sur l'univers, certains autres étant en écriture, mais pas encore fini / retravaillé / relu, etc... Donc je prends toutes les critiques et conseils, aussi bien sur le fond que sur la forme :) Je me doute malheureusement qu'il y a pas mal de fautes, j'ai essayé de faire relire et passer par un correcteur en ligne mais ne vous embêtez pas sauf si vous le souhaitez ou si vous voyez de grosses coquilles, le travail de correction étant déjà une analyse conséquente, je préfère avoir des retours sur le texte en lui même.

-- Nouveau texte --
Je viens de mettre à jour le texte, l'idée est la même, mais j'ai essayé de prendre les retours en compte et d'ajouter un peu plus de détail, notamment géo-politique pour comprendre où l'on se trouve dans l'univers. Il a de ce fait, prit un peu en taille désolé. J'espère avoir réussi à corriger pas d'erreurs, et ne pas en avoir trop introduit dans les nouveaux passages :-¬?


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8557ème révolution - 21ème jour de Vima

Le chant mélodieux des oiseaux enchantait la traversée paisible du carrosse à travers le Plateau des Rois. Il roulait dans le fin gravier constituant la grande route, laissant entendre ce léger son de craquement agréable. Au bord des grands précipices, protégé d’une simple barrière de bois, il se dirigeait calmement vers les Terres Brûlées. Il était proche de la treizième heures, les rayons d’Adarín, plus clément que le mois dernier, inondait la région d’une chaleur agréable et bienvenue. Quelques faisceaux traversèrent l’espace entre les rideaux de la diligence, chatouillant la peau ridée de l’un des occupants. Séduit par la caresse chaude, il tira délicatement le tissu afin de contempler le paysage si singulier de cette région où il n’avait pas l’habitude de se rendre. À l’horizon, en surplomb, des dizaines de cascades libéraient dans une chorégraphie harmonieuse les eaux du lac Morina. Le bruit des chutes, se mêlant à la sérénade des oiseaux et du crépitement de la pierre, enivra les occupants d’une ambiance reposante. Au-dessus des cascades, la verdure et les conifères du Plateau habillaient la vue avec les couleurs accueillantes de la saison chaude. Les yeux de l’homme se fermèrent pendant un instant, son esprit divagua, se laissant entraîner par la mélodie de l’instant, l’odeur de la roche mouillée et des pins centenaires. Une voix hésitante le happa de sa douce échappatoire.

- “Juge… Comment cela va-t-il se passer ?”

Réouvrant les yeux sur le jeune homme, il racla sa gorge avant de répondre d’une voix posée et rassurante.

- “Nous sommes les yeux de notre divin juge, nous nous assurons du bon déroulé du procès ainsi que de sa conclusion. Chaque élément doit figurer sur le parchemin que tu as emporté avec toi, chaque détail doit y apparaître afin d’être référencé dans la bibliothèque.”

Les yeux battus du jeune homme ne faisaient aucun doute sur une nuit courte, probablement remplie d’appréhension. La gorge serrée, on entendit la salive couler le long de sa gorge, ainsi que ses doigts grattant sa tunique blanche. Il hocha de la tête à la réponse, regardant le parchemin noir présent sur le siège à côté de lui, venant y déposer sa main quelques secondes avant de la faire rejoindre sa tunique meurtrie. Une brise légère s’engouffra dans la cavité de la montagne qu’il empruntait, venant s’inviter dans l’habitacle. Elle offrit au garçon une bouffée d’air plus que bienfaitrice qu’il huma à pleins poumons.

Les cascades et le paysage montagneux continuèrent d’accompagner durant de nombreuses minutes le carrosse, qui quitta finalement le plafond de pierre pour aboutir sur les champs et forêts égayant le nouveau paysage. La douce odeur des fleurs vint remplacer celle de la roche. Le chant de l’eau s’atténua, jusqu’à disparaître, alors que des hurlements lointains de loups accueillirent les étrangers. Un calme, presque dérangeant s’installa, les roues percutant les pavés s’imposèrent en note principale. La ballade des oisillons, heureusement, persista comme un refrain lointain et entêtant… La diligence s’arrêta peu de temps après, des bruits de sabots venant résonner sous la lucarne des voyageurs. Le vieil homme, les yeux plissés, agressés par les rayons lumineux se reflétant sur l’armure du chevalier haut sur sa monture, l’interrogea sur cet arrêt inopiné.

- “Pourquoi nous sommes nous arrêtés Justicier ? Nous n’avons pas de temps à perdre”.

La voix assurée, il répondit d’une voix appuyée et évocatrice.

- “Nous arriverons bientôt, Juge”.

 Une grimace se dessina presque sur le visage jusqu’ici paisible du vieil homme, venant refermer les rideaux d’un mouvement sec du bras, laissant l’obscurité envahir la cabine. Adressant une révérence de la tête à son interlocuteur, le cavalier envoya un coup de talons et repartit au trot vers la tête du convoi. Une interjection et le cuir de lanière giflant l’air suivirent, les roues venant de nouveau rebondir sur les pavés, entraînaient par deux puissants chevaux blancs. Plus la troupe avançait, plus le délicieux parfum des fleurs s’échappa des narines des voyageurs, pour ne laisser qu’une sensation de manque, d’un lointain souvenir qu’on cherche à retrouver. Plus les imposantes murailles de pierre se rapprochaient à l’horizon, plus le paysage harmonieusement façonné par d’Adarín cédait de place à la bêtise humaine. Des bois et des bosquets nourrissaient maintenant les foyers de nombreux villages, embrumant le ciel de cette fumée noire à l’odeur si particulière de bois brûlés, agréable aux uns, et dérangeante aux autres. À la sortie d’un hameau, le convoi frôla un homme qui tirait, en vain, tel un sot sur une solide lanière de cuir. À son bout, un bovin semblait vouloir reprendre sa liberté et retrouvait le bonheur des premiers jours. Il ne répondait plus aux ordres, broutant délicatement l’herbe sous ses sabots et profitant des rayons venant réchauffer sa peau épaisse. Le paysan leva la tête, observant la diligence, le nez retroussé et les yeux fixant la balance peinte sur les portes du véhicule. Alors que l’un des cavaliers s’empara de son regard, il s’échappa rapidement, feignant une révérence bien mal exécuté avant de regarder le sol, ses bras ne tentant même plus de faire avancer l’animal.

La brise se fit plus étouffante, plus oppressante, à mesure que des tentes se profilaient et que l’activité humaine semblait pervertir l’environnement. À la gauche, dans une petite vallée en contre-bas de la route, on pouvait apercevoir des ours dessinaient sur des toiles. Des hommes en armure se déplaçaient péniblement dans ce campement improvisé, d’où un grand drapeau blanc dépassé, perchait sur un grand pieu de bois. Des soldats étaient assis autour d’un feu, le visage creusé, l’air blafard, attendant que la chair d’un maigre chevreuil roussisse sous les flammes. Alors que le bruit des roues du convoi résonna contre les pavements usés et éparpillés de la grande route, certains soldats se relevèrent, le regard vide, la main péniblement posée contre la garde de leur épée. Ils guettèrent le passage remarqué, un soupire de soulagement s’échappant de certaines bouches alors qu’ils regagnèrent la dureté des racines et du sol. Droit devant, une charrette de fortune traversa le chemin, et s’arrêta quelques mètres en surplomb. Deux hommes aux vêtements de tissus sales et tachés de sang en descendirent, les mains rougeâtres, des perles de sueur gouttant de leur front et s’écrasant dans la boue, à côté de pointe de flèches. Enjambant le métal et évitant les armures aux armoiries de chevaux, ils naviguèrent dans l’ossuaire à ciel ouvert avant de s’arrêter. Après une grande inspiration, ils s’échangèrent un regard meurtri et déconcerté, avant de s’abaisser. Le dos lourd et les bras ankylosés, ils s'agrippèrent un corps inerte qu’ils transportèrent pour le faire rejoindre la macabre assemblée présente dans la charrette délabrée. Quelques minutes plus tard, s’élevant comme une anomalie dans ce spectacle peu réjouissant, se dressait un grand verger abritant des arbres au magnifique feuillage blanc et aux fruits d’un jaune brillant. Cependant, la pureté de ce paradis blanc n’avait pas été épargnée. Au pied du lieu, deux drapeaux flottaient au gré du vent. Le premier, blanc comme l’autre, était planté maladroitement, probablement à la hâte, et cohabitait avec un autre, bien plus grand, solidement ancré dans une armature droite et rigide, où un cheval cambré avait été peint soigneusement. On pouvait voir aux alentours de nombreux hommes, traînant des pieds, marchant entre la terre labourée par de lourds sabots et des touffes d’herbe résistant encore. Le chant des oiseaux avait été remplacé par le cri strident des vautours, se battant pour les cadavres jonchant le sol. Un soldat en avant du verger, scrutant l’horizon, beugla en pointant du doigt les puissants chevaux blancs tractant les voyageurs. Un sourire fatigué, hébété, et presque enfantin apparut sur ses lèvres lorsqu’il se retourna vers ses compagnons. Alors que le calme et la sérénité pour les voyageurs s’éloignaient de plus en plus à mesure que le chariot s’enfonçait inexorablement, une lueur d’espoir, elle, se rapprochait pour les habitants de la région.

Quelques minutes plus tard, la diligence pénétra à travers la herse des hautes murailles grises arborant des fanions similaires à celui du verger blanc. Les cavaliers à l’avant ouvrirent le passage tout traçait en direction d’un imposant bâtiment surélevé, au centre de la ville. Tous les citadins qui croisèrent le convoi baissèrent la tête, s’inclinant d’une révérence parfois maîtrisée, parfois maladroite. Certains, plus téméraires que d’autres, zieutèrent discrètement la compagnie, regardant cette balance, symbole d’Artéon, venir décorer les armures des cavaliers et le carrosse. Non loin de la fin du voyage, les senteurs exotiques et pimentées du marché de la grande place vinrent envahir les narines des étrangers, ces derniers se délectant de ce doux parfum qu’ils semblaient bien connaître, apportant une note de réconfort. Finalement, les chevaux, sous l’impulsion du coché, arrêtèrent définitivement la folle course les guidant depuis plusieurs heures, au pied de ce grand bâtiment circulaire. De nombreux gardes étaient positionnés aux portes et aux alentours du lieu. Les grandes portes s’ouvrirent, un homme jeune et aux traits fins accompagnait de 4 hommes en armures en sortit. Il tirait frénétiquement sur ses habits en lin, dans les tons noirs et orangés, essayant de les réajuster et d’enlever un fâcheux pli s’y étant installé. Le pas pressé, mais assuré, il se dirigea vers le carrosse. Les 10 cavaliers à la balance mirent pied à terre, venant retirer de la sangle sur le côté de leur monture, de grands espadons. Ils déposèrent l’imposante épée sur leurs épaules, et vinrent se positionner de part et d’autre de la portière. Sous l’impulsion du bras d’un cavalier, cette dernière s’ouvrit lentement, dévoilant quelques secondes plus tard, une canne venant fouler le sol. S’appuyant solidement sur cette dernière de son bras droit, un vieil homme au dos courbé se présenta aux yeux de tous. Les yeux plissés, il vint cacher  de sa main les rayons d’Adarín, le temps de laisser ses pauvres orbites s’habituer. Le crâne rasé et une imposante barbe grisonnante, il portait une longue robe violette et noir proche du corps, des broderies dorées venant décorer l’ensemble avec un goût certain, y représentant à l’avant et à l’arrière l’insigne d’une balance. Se redressant autant qu’il le pouvait, il déposa sa main libre contre la garde de l’épée noire qu’il portait à sa ceinture. Il huma à pleins poumons les odeurs du marché qu’il pouvait sentir bien plus facilement maintenant libérait de son cachot sur roue. Il se laissa quelques secondes supplémentaire pour apprécier la chaleur venant au contact de sa peau, restant sur le pas de la porte. Il observa ensuite autour de lui, son visage semblait fermé, froid et sans émotion. Hochant légèrement la tête, il s’engagea finalement sous la haie de cavaliers, envoyant sa canne rythmer sa marche vers l’homme l’attendant quelques mètres plus loin. Lorsqu’il arriva à son niveau, escorté de quatre des dix cavaliers, il inclina brièvement la tête vers son hôte. La tête haute, ce dernier courba le buste respectueusement, avant de prendre la parole, un ton affirmé et serein.

- “Messire, bienvenue dans notre belle ville de Linestias, je suis l’intendant du roi Vilmar. J’espère que vous avez fait bon voyage.”
- “Juge", rétorqua-t-il sèchement, provoquant une bouffée de chaleur incontrôlable chez son interlocuteur ainsi qu’un regard angoissé, avant de reprendre sur un ton neutre. “Comme tout voyage… Long et pénible… Il aurait pu être plus agréable si votre bêtise n’était pas venue ternir la vision des beaux paysages que j’ai pu y apercevoir”.

Il abandonna le regard du vieil homme quelques secondes, son nez se gonflant aussi discrètement que possible pour reprendre de l’air, son visage se figeant. Il agita frénétiquement sans but ses doigts contre sa tunique noire avant de retrouver un sourire crispé et reprit.

- “Je… Si vous voulez bien me suivre Juge, tout est prêt”.

Acquiesçant de la tête, le juge emboîta le pas à son hôte, passant par les grandes marches menant au palais. Le bâtiment circulaire était fait de magnifiques pierres grises, de nombreuses fenêtres venaient équitablement habiller, tout du long, les murs. Le groupe pénétra à l’intérieur du bâtiment, atterrissant dans un couloir faisant tout le tour. Les murs étaient soigneusement décorés de multiples tapisseries, d’armes exposées ainsi que de tapis resplendissants dans les tons jaune et orange. Les cloisons intérieures ne faisaient aucun doute sur une pièce supplémentaire, probablement la salle du trône, mais qui devait être bien sombre au vu de l’absence de fenêtre. La traversée du couloir fut silencieuse, l’intendant guidant la marche alors que le vieil homme et son jeune disciple observait les ornements. Ils aboutirent finalement sur des portes gardées par deux gardes, regardant d’un œil angoissé les hommes tenant les grandes épées sur leur épaule. Après une dernière révérence, le fidèle conseiller du roi s’en alla, sommant ses gardes de le suivre après en avoir reçu la demande de son invité. À leurs places, deux des quatre cavaliers vinrent prendre place, devant cette porte d’où un vacarme incompréhensible semblait s’en échapper.

L’ancien adressa un regard pour son jeune suivant, qui s’était fait silencieux jusque ici, comme s’assurant de son état. Il lui fit un léger signe de tête rassurant, venant doucement cligner des yeux, avant d’ordonner d’un signe de main l’ouverture de la porte rouge juste devant eux. Les deux derniers chevaliers s'exécutèrent, menant le groupe, ils poussèrent les grandes portes rouges et pénétrèrent dans la pièce. Ils vinrent s’installer de part et d’autre de l’entrée, posant la pointe de leur épée contre le sol et déposant leurs mains sur le pommeau de leur arme. Le silence se fit instantanément, une grande assemblée à l’intérieur vint apprécier l’entrée remarquée des soldats et du porteur d’espoir. Le juge avant même de regarder l’assemblée prit une inspiration, et observa la pièce si particulière. Le sol était fait de marbre noir, tout comme les murs qui se voyait cependant égayer de tapisseries dans les mêmes tons que le couloir. La pièce n’était cependant pas si sombre qu’on aurait pu le penser de l’extérieur, un grand puits de lumière à plus de 10 mètres de hauteur venait permettre aux rayons du créateur d’inonder la salle. La froideur de la pierre était cassée par de multiples tapis au sol. Le vieil homme, l’esprit vif, perçu rapidement la frise historique qui était racontée sur ces derniers. De l’avènement du premier roi après sa rébellion contre Taliga 1er, jusqu’à la chasse récente de la louve Herisia, tout y figurait. Au centre de la pièce, de grands piliers blancs disposaient en cercle soutenaient le lourd plafond de pierre et venaient délimiter un grand ovale de marbre blanc au sol, renfoncé d’une vingtaine de centimètres. Finissant d’apprécier cette décoration finalement assez accueillante en dépit de la couleur sombre prédominante, il jeta ensuite un rapide coup d’œil sur l’attroupement de nobles. Tous bien habillés et apprêtés, il pouvait y distinguer cependant deux groupes bien distincts. Une partie venait porter les couleurs qu’il voyait partout depuis son arrivé, alors que les autres préféraient les tons bleutés. Les regards trahissaient également l’appartenance des dignitaires, si tous s’accorder sur cette lueur d’espoir, certains avaient ce voile d’angoisse, de peur de perdre quelque chose… Perdu dans l’assemblée, il y vit également un noble sortant du lot, habillé bien différemment de tous, dans de multiples couleurs, plus atypiques, plus personnelles.

On pouvait lire dans l’expression de la plupart des personnes de l’assemblée un respect, mais aussi une crainte envers le vieil homme. Ce dernier vint de nouveau poser sa main contre la garde de son épée, avant de se gratter la gorge et d'envoyer sa canne percuter le marbre, produisant un bruit sourd alors qu’il avançait vers le cœur de la pièce. Nobles et têtes pensantes sur le chemin s’écartèrent à l’unisson de ce son, adressant au passage une courtoisie tout en ne quittant pas des yeux le juge, oubliant presque le jeune homme le suivant. Sa démarche était lente, son visage figé et serein, il observa de plus près l’assemblée, voyageant de visage en visage. Il s’arrêta finalement, venant se fixer sur deux hommes couronnés, assis sur des sièges fait d’or et de cuir, attendant ainsi plusieurs secondes. Il brisa finalement, d’une voix gutturale, le silence pesant.

- “Sous l’œil d’Artéon et de sa justice, moi, son juge, j’apporte sa parole et son jugement dans ce procès à venir. Moi son juge, je serais ses yeux et sa voix. Moi son juge, je serais sa lame qui frappera le déshonneur et le lâche. Moi son juge, je serai l’instrument de son courroux et de sa décision. Qu’Artéon en soit témoin, le vainqueur de ce duel obtiendra pour son souverain, sans aucune répercussion, la totalité des terres du verger blanc…”

Quelques secondes de silence s’installèrent

- “Que le jugement commence”

Lorsque ses derniers mots eurent fini de faire écho contre les murs, l’orateur s’écarta lentement, rejoignant d’un pas calme les instigateurs de cette affaire, montant quelques marches. D’un signe de main, il indiqua à son jeune suivant une table à laquelle ce dernier s’empressa de s’asseoir, sortant à la hâte son matériel de sa sacoche. Les mains tremblantes, il saisit sa plume, la portant au-dessus du parchemin vierge, prêt à y asséner le récit de ce jugement. Le vieil homme lui adressa un rapide hochement de tête ainsi qu’un rictus qu’il voulait rassurant. Sa canne toujours solidement en main, il envoya péniblement ses mains dans son dos, venant s’appuyer contre son bâton de bois, gardant l’air digne et le dos aussi droit qu’il le pouvait. Le rictus disparut rapidement, le calme et la froideur reprenant possession de son visage.

Alors même que le silence vint prendre place quelques secondes, celui-ci fut rapidement éclipsé par les chuchotements des convives. Inaudible dans ce chaos naissant, animé de rumeurs et de murmures contradictoires, une oreille fine et attentive aurait pu entendre la crainte de certains et l’espoir des autres d'enfin retrouver ce bout de terre longtemps échappé. Ce chaos trouva finalement son équilibre, un élément le stabilisant, le figeant unanimement avec le nom de Beldar. Un nom provoquant la crainte chez les uns, et la confiance chez les autres. Un nom associé à de multiples louanges, la bravoure, l’humanité, le courage, mais aucune de celles-ci n’égalaient son renom au combat et sa férocité. Beldar était connu des nobles des deux cours, invité d’honneur chez les uns, il était chez les autres un nom répandu et respecté. Alors même que cette figure célèbre venait représenter avec honneur les terres brûlées, personne ne semblait connaître le champion des terres sauvages. Peut-être que nul ne voulait se présenter face au puissant chevalier blanc ? Ou peut-être que les relations conflictuelles du roi Svalnar avec ses sujets ne lui avait laissé d’autres choix que le nom effacé d’un inconnu, d’un guerrier de bas étage ou d’un vagabond, qui ne tiendrait qu’une fraction de seconde face à la lance du champion.

Le juge ne sembla pas prêter attention à ces discussions futiles, le regard ancré sur le lieu où le combat aurait lieu, droit devant lui. Il ne releva que légèrement la tête afin d’assister à l’arrivée du champion des terres brûlées. Les nobles s’écartèrent, créant une brèche où le chevalier s’enfonça d’un pas vif, le torse droit, la tête haute et les yeux fixés sur le trophée au-dessus du siège de son roi. La gueule d’une louve blanche géante y était empaillée soigneusement, délicatement accrochée sur un présentoir en bois taillée. Prônant ici telle la gloire du roi Vilmar le Protecteur, le Bienfaiteur, le Sauveur. La légende de la louve Herisia était connue de tous, mais le regard sombre et la mâchoire serrée du chevalier ne faisait aucun doute sur son désaccord avec l’un des symboles de son peuple. Le mythe racontait que la bête au pelage blanc comme la neige était la matriarche des trois Voraces, des louveteaux qui deviendraient aussi grands que les hommes et aussi forts que les dieux. Si les Voraces atteignaient l’âge adulte, ils signeraient la fin du Plateau des Rois, où ils sèmeraient la destruction et le chaos partout où ils passeraient. La fin du conte héroïque est nuancée d’une amertume que tout le monde semble avoir oubliait cependant. Accompagné de 500 hommes, le roi Vilmar terrassa la louve géante il y a près de 20 révolutions, obtenant ses nombreux titres… Mais personne ne retrouva jamais les louveteaux alors qu’on peut entendre, encore aujourd’hui, le hurlement du loup rugir dans la région…

La tête encore découverte, son casque d’acier blanc à la main, on pouvait voir la chevelure de Beldar tirant sur un blond vieillissant, parsemés de cheveux blancs et grisonnants. Le bas de son visage présentait une barbe rasée de prés, laissant apparaître une mâchoire puissante et dominante. Quelques vieilles cicatrices parsemaient son visage meurtri par les années et les combats, sujettes de quelques basses remarques. Si tentait que certains membres eurent loupé l’entrée, le vacarme provoqué par son armure d’or blanc s'entrechoquant, termina d’attirer l’attention. Dans sa main droite, il tenait Espoir, son arme, sa lance, son compagnon, sa tendre, qui l’accompagnait depuis tant de révolution. Une arme bien singulière et différente de celles qu’on pouvait trouver. On la disait forgée par Eramis le Frappeur, dans les temps immémoriaux, à même les glaces éternelles de Prima et oublié durant des millénaires. Happant l’attention par ce bruit métallique et strident contre le marbre, on ne pouvait rater cette première particularité. La hampe n’était pas de bois, mais du même métal qui constituait l’œuvre, le chevalier semblant pourtant la porter sans mal. Le fer de lance n’était pas en reste, sa flamme blanche était décorée, comme certaines fleurs, de petites lames reliées à la tige centrale tels des pétales. Finalement, en dessous des ailettes, le métal était gravé à la perfection d’une gueule de loup.

Lorsque ses pas foulèrent le marbre blanc, quelques nobles aux armoiries des chevaux se détachèrent de l’assemblée. Ils tirèrent fièrement leur épée, les brandissant vers le chevalier Beldar, avant de poser la pointe et le genou contre le sol. Le champion à l’armure blanche, libérant le loup de son regard, se décrispa et adressa un sourire sincère à ses compagnons de bataille, les invitant à se relever avant de venir saluer les deux souverains d’une respectueuse révérence. Les louanges allant bon train, une inquiétude s’éleva dans les murmures de certains nobles… Où était le champion des terres sauvages ? Se cachait-il, la peur de combattre ? Allait-il déclarer forfait et offrir le verger blanc sans même faire couler le sang ? Allait-il déshonorer Artéon devant son Juge ? Le ton monta rapidement en même temps que cette inquiétude naissante. Alors stoïque jusqu’ ici, se grattant la gorge avant, la voix du vieil homme s’éleva de nouveau.

- “SI-LENCE !”

L’interjection, prononcée puissamment à la surprise de bon nombre, suffit à faire taire la foule. Les regards bas et honteux, les nobles reprirent les murmures bien plus discrets et inaudibles.

Les minutes passèrent, de longues minutes durant lesquelles le chevalier Beldar resta concentré, enraciné dans ses solerets, attendant patiemment. Jusqu’ici froid, le roi Svalnar gesticulait de plus en plus, se dandinant sur sa chaise. Il semblait chercher du regard son champion qu’il ne pouvait trouver, la froideur de son visage laissant place à l’anxiété. Dans la foule, les murmures d’inquiétude laissèrent de nouveau place aux rumeurs et spéculations sur le combat à venir, vantant les coups puissants et l’attaque plongeante dévastatrice, marque de fabrique de l’homme à l’armure d’or blanc…

L’impatience vint s’emparer du visage passif du juge, expulsant de plus en plus souvent l’air par ses narines, par des à-coups brutaux. Il décroisa finalement les bras et jeta un regard bien plus noir qu’à son habitude vers son jeune assistant. Soudain, les lourdes portes rouges au fond de la pièce grincèrent lentement, arrachant un mouvement de soulagement chez le roi anxieux, le décollant presque de son siège, alors qu’une silhouette indistinguable apparue. Des enjambées rapides se glissèrent dans la salle, laissant apparaître après quelques secondes le conseiller du roi Vilmar. Il vint murmurer à l’oreille de son souverain quelques paroles bien inaudibles, qui provoquèrent un sourire sur les lèvres du roi des terres brûlées. Les voix basses s’emparèrent de nouveau de la pièce alors que le conseiller s’éclipsa comme il était venu. De nouveau, le ton s’intensifia. La toux appuyée du vieil homme vint faire taire à nouveau l’assemblée. Les yeux sombres et le visage fermé, il regarda la foule avant de prendre la parole.

- “Si le champion des terres sauvages ne daigne pas nous honorer de sa présence, je décl…”

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase, tous les nobles pendus à ses lèvres alors que les uns esquissaient déjà un grand sourire et que les autres grimaçaient lourdement en connaissant la sentence… Tous sauf un... Un homme à l’allure athlétique et une taille peu avantageuse, sortit furtivement de la troupe. La peau sombre, on ne pouvait voir que ses longs cheveux noirs attachés et ses yeux vert émeraude. Une bonne partie de son visage était cachée d’un épais foulard cuivré, floqué d’une clé en os. Il était habillé d’une tenue inhabituelle dans cette région, ample, dominée d’un marron clair, rappelant la couleur du sable mouillé. Toute sa tenue était parsemée de mille couleurs, toutes dans les tons chauds et accueillants. Son pantalon bouffant était rentré dans de fines bottes rouge sang. La myriade de couleurs vint attiser la curiosité d’une partie de l’audience, décrochant pour un temps les regards sur le combattant à la lance. Le regard rempli de mépris et de dédains, des pouffements furent étouffés chez certains nobles, dévisageant l’homme à la peau mate. Avançant de quelques pas, il se retrouva devant les souverains, saluant promptement d’un mouvement de tête le roi soulagé et le vieil homme. Ni le roi Vilmar, ni l’assemblée n’eurent cet honneur, le combattant aux mille couleurs ne leur adressant même pas un regard. Impassible et silencieux, il posa sa main sur sa ceinture, retirant sa lame courbe et brillante de son support, avant de la laisser pendre à son côté. De son autre main, il remit en place son foulard, venant ensuite se mettre de côté, son pied gauche avançant vers Beldar. Son torse se soulevait dans un rythme lent et contrôlé, sa respiration était inaudible, il ne bougeait pas, comme économisant chaque mouvement et ses yeux ne quittèrent plus son adversaire. Empoignant le casque logé dans sa main droite, le chevalier équipa son heaume de maille et de plaques. Sa lance fermement en main, il s’approcha d’un jeune écuyer admiratif dans l’assemblée, venant récupérer un bouclier rond où un cheval cambré était peint sur le bois. Les deux hommes se firent ainsi face, l’ancien à la robe violette venant replacer lentement ses mains dans son dos, retrouvant un regard neutre.

Le temps sembla s’arrêter, l’assemblée en suspens, regardait ahurie les deux hommes s’apprêtant à livrer un combat à mort au nom d’un lopin de terre fertile. Aucune voix basse, aucun passage dans le couloir ne vinrent déranger ce calme naissant. Malheureusement, cet instant de paix et de sérénité s’envola bien vite alors qu’un bruit sourd de fer vint s’écraser sur le sol… Le soleret droit attaqua le marbre brutalement, un mouvement de bras venant projeter en avant un puissant coup de lance se dirigeant à pleine vitesse vers le pauvre homme à la tenue de tissus. Tournoyant, habilement, le jeune inconnu aux mille couleurs vint telle une brise, éviter le coup qui aurait dû lui être fatal. Accompagnant son mouvement de bassin, il dirigea de son épée, l’arme de son adversaire sur sa gauche, l'entraînant de sa lourde armure dans un mouvement qu’il ne put contrôler. Profitant de son dos ouvert, la lame courbe vint frapper le haubert blanc, avant que son propriétaire ne se replace instinctivement dans sa position initiale. Le bruit de l’épée s’écrasant contre la plaque produisit un bruit sourd, arrachant un cri de peur chez certains nobles des chevaux alors même que cette dernière ne fit que rebondir sur l’armure. Si le visage de Beldar avait été découvert, on aurait pu y voir sans mal son étonnement. Les mouvements de son adversaire étaient rapides, précis. Rien dans cette esquive ne semblait avoir été laissé au hasard. N’importe quel œil quelque peu entraîné aurait pu arriver à la même conclusion.

L’inconnu resta toujours figé, ne semblant pas vouloir asséner la première attaque. C’est le chevalier immaculé qui reprit son assaut couvrant son flanc gauche de son bouclier, il envoya de nouveau son arme fendre l’air en direction de la poitrine de son opposant, restant cette fois-ci ancré dans le sol. Déviant la pointe de fer d’un mouvement agile du bras, l’homme mystérieux provoqua l’ouverture d’une brèche sur le devant de son adversaire, dans laquelle il s’engouffra. Son souffle s’accéléra, on pouvait entendre la mélodie guidant ses pas rapides dans sa respiration. Poussant la lance de son bras gauche, il aggrava la brèche dans laquelle il se propulsa d’un bond léger. Ses pieds quittèrent le sol, ses yeux se fixèrent dans ceux de son adversaire alors qu’il expulsa tout l’air de ses poumons, envoyant un puissant coup d’estoc vers le torse de son adversaire. On entendit la lame grincer contre la plaque, s’apprêtant à transpercer l’acier. Un puissant cri retentit de la gorge de Beldar, un cri rempli de force et de hargne, alors qu’il projeta un violent coup de son bouclier. Venant repousser la lame au dernier moment, il entraîna dans son mouvement tout le corps de son adversaire, le prenant par surprise, ce qu’il ne put cacher sur son visage alors jusqu’ici figé. Il se vit propulsé malgré lui en arrière, se retenant habilement pour ne pas sombrer sur le sol. Le chevalier d’or blanc profita de cette opportunité rêvée, les nobles observant ce revers avec stupeur, alors que le roi Svalnar ne put s’empêcher de se lever de son siège, d’une impulsion instinctive. La lance, virevoltant dans l’air, vint s’enfoncer dans la cuisse du bougre déséquilibré, arrachant une grimace et un visage de douleur sur le danseur. Néanmoins, aucun son ne sortit de cette douleur visible, alors que l’acier vint se déloger de la chair, laissant le sang ramper vers le sol.

Les nobles des terres brûlées félicitèrent par des applaudissements retenus cette riposte de leur champion, alors que les autres semblaient déjà prédire la fin proche du guerrier de tissus. Titubant malgré lui, le jeune homme au sabre, le regard encore rempli de cette surprise vint changer sa jambe d’appui, se repositionnant toujours dans cette danse particulière, n’ouvrant qu’une petite partie de son corps à son adversaire. Une nouvelle charge arriva du chevalier de plaque, empoignant solidement son arme, il fonça sur sa cible, pointe en avant et déclenchant de son bras droit puissant un coup droit. Les yeux de l’homme masqué suivirent avec attention cette lame. Il vint à nouveau, tel le vent, passer au travers de la lance tout en s’avançant vers son agresseur, l’épée en main, lui assénant un coup d’épée vertical sur son torse découvert. Malgré la dextérité et l’adresse de l’homme, son coup vint encore une fois buter contre la lourde armure, la cabossant légèrement sans pour autant inquiéter le combattant de blanc vêtu, reculant tout de même sous l’impact. On pouvait lire chez une partie des nobles, et notamment les quelques chevaliers présents, un certain respect sur leurs visages envers la résistance vaine de ce jeune homme. Certains murmures se partagèrent alors que les passes d’armes allèrent bon train, certains proclamant que c’était l’adversaire le plus coriace que Beldar avait pu affronter en duel avec ce style si étrange, d’autres disant que la fin était proche, la blessure de l’homme à la tunique marron continuant de libérer le sang des dieux. Au fond de la pièce, l’homme à la barbe grise restait toujours impassible, observant le combat qu’il ne quittait que d’un œil pour suivre l’écriture de son apprenti sur ce parchemin noir.

Une oreille attentive et un œil acéré auraient pu s’apercevoir du poids du combat battant. La lance et le bouclier pesaient sur les épaules du puissant chevalier, ils n’arrivaient plus à les tenir aussi hauts qu’auparavant. Haletant, il reprenait son souffle lourd de plus en plus souvent. Ses charges étaient plus lentes, ses bottes venant grincer contre le marbre, s’y laissant presque glisser. L’homme à la peau sombre lui, profitait de sa tenue légère, sa chorégraphie agile et souple toujours maîtrisée. Ces mouvements étaient cependant plus lents, sa jambe le faisant visiblement souffrir alors que son visage froid ne laissait paraître aucune émotion. À l’étonnement de tous, c’est le champion des terres sauvages qui pour la première fois s’engagea, profitant probablement de la fatigue croissante de son adversaire. Son attaque se fit dans une fraction de seconde, d’une précision incroyable. Décrochant sa lame sur sa droite, forçant Beldar à lever son bouclier sur son flanc gauche, il lâcha la fusée, tournant son poignet afin de rattraper en prise inverse son sabre, pivotant ensuite rapidement. La pointe de son sabre se retrouva le temps d’un battement de cils, contre le bras droit du chevalier. Elle s’enfonça cette fois-ci, arrachant un gémissement rauque de douleur. Il extirpa rapidement son épée, venant libérer le sang qui souilla la blancheur de l’armure puis poussa puissamment sur sa jambe blessée afin de se dégager de son adversaire. Cependant, la douleur le rattrapa, son souffle se figea, il ne parvint pas à se propulser assez loin alors que ses yeux exorbités trahirent sa crainte. Tentant tant bien que mal de reculer son visage, il ne put esquiver la douloureuse riposte de son adversaire.

La lance dans un mouvement de bras remonta de bas en haut, sifflant dans l’air, elle vint lacérer le visage masqué. Elle arracha un morceau du foulard, dévoilant une partie de sa bouche, ainsi qu’une grande marque blanchâtre, œuvre d’une ancienne brûlure, qui semblait descendre jusqu’au cou. L’acier vint ensuite douloureusement ronger la pommette droite, avant de terminer sa course sur l’œil, y soustrayant le don de la vue, l’iris se tranchant en deux, le sang s’échappant de l’organe meurtri. Le guerrier aux mille couleurs lâcha son sabre, venant violemment s’échouer sur le sol, propageant un bruit aigue et froid dans la pièce. Il essuya de sa main gauche le sang ruisselant sur son visage. Il n’eut pas le temps de reprendre son souffle qui était déjà court, saccadé. Il n’eut pas le temps de réagir. Il n’entendit que le vent s’engouffrer dans le large bouclier, avant que le bois ne frappe son torse de plein fouet. Il fut projeté au sol, trébuchant alors que son souffle se coupa brutalement sous le choc. Son genou s’écrasa au sol, tandis qu’il arrêta sa chute avec son bras, posant sa main contre sa botte. Le regard hagard, obstrué par le sang, il eut juste le temps de relever la tête, juste le temps de voir son fléau approcher. Le pas lourd, le chevalier blanc fonça, il se sépara de son bouclier, le faisant rebondir sur le marbre dans un bruit assourdissant. Sa dernière foulée, plus puissante, le propulsa vers le haut. Il interrompit sa respiration, stabilisant son bras qui tenait haut Espoir alors qu’il s’était séparé du sol. On aurait pu apercevoir l’espace d’un instant un rictus sur le visage de l’homme aux mille couleurs avant que le chevalier ne termine sa course. Il abattit son attaque sautée sur son adversaire. Sa lance suivit son mouvement, fendant l’air vers le bas alors que son genou vint violemment percuter le sol et qu’on entendit la chair se faire transpercer violemment.

Les deux souverains se levèrent à l’unisson, agrippant les accoudoirs des sièges d’or, retenant leurs souffles en regardant le chevalier s’abattre sur le sol. Certains sons s’échappèrent, malgré eux, de la gorge nouée des nobles des deux cours. Les chevaliers ayant fait révérence, quelques minutes auparavant réitérèrent, soulevant à l’unisson leur épée qui resta haute cette fois ci. Le vieil homme décroisa les bras, les rapportant devant lui sans pour autant bouger. Le scribe releva la tête plus longtemps que la dernière fois, attendant la confirmation pour signer sa conclusion. Alors que les secondes parurent des heures, le grincement de l’armure résonna finalement, suivant un mouvement brute… Lourd et sans vie. Beldar s’effondra sur le sol, découvrant la dague plantée dans sa gorge, dans cet infime espace où la plaque ne couvrait pas la chair fragile des hommes. Des pleurs et des cris de désespoir déchirèrent le silence, des épées vinrent fracasser le sol de la pièce royale, lâcher brutalement sous le choc de cette vision. La scène vint même perturber certains des nobles des terres sauvages ayant une grande considération pour Beldar, alors que leur souverain esquissa un léger sourire mesquin en regardant son champion venir pousser de son bras l’ancien chevalier sur le sol. Vilmar le Protecteur, passa nerveusement sa main dans sa barbe naissante. Anxieux, déconcerté, la confiance et l’espoir semblaient avoir quitté son être, ses jambes lourdes peinaient à maintenir son poids, alors que sa main se resserra sur l’accoudoir. Le représentant d’Artéon lui resta impassible, le visage fermé et les traits figés. Il jeta un œil sur le parchemin noir, avant de venir regarder le vainqueur, qui se relevait péniblement, déchirant un bout de tissus pour entourer son œil. Sans mot ni regard, le guerrier arracha la dague de la gorge de son adversaire sans aucune émotion, libérant une marée de sang s’échappant sur le sol. Il l’essuya sur sa tenue qu’il colora d’un rouge sombre avant de la glisser à sa botte. Les nobles indignés le dévisagèrent, un chevalier des chevaux, perdit la raison et se dirigea vers l’homme, l’arme aux poings, avant de se faire retenir par le bras de son compagnon alors qu’un Justicier commençait déjà à se diriger vers lui. Un œil manquant, l’homme rengaina son sabre et tituba vers la sortie, personne sans exception ne recevant l’honneur de son regard. Les nobles et les souverains, les larmes aux yeux pour certains, le regardèrent, hébétés, quitter la pièce en tirant lui-même les lourdes portes qui claquèrent quelques secondes plus tard dans cette assemblée meurtrie, les hurlements de loup venant accompagner la funeste scène.
« Modifié: 08 Avril 2022 à 00:25:34 par seregone »

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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #1 le: 29 Mars 2022 à 18:21:09 »
Bonjour Seregone,

bon, j'ai lu le début de ton texte, je te fais quelques commentaires derrière le rideau.
Pour l'instant, et concernant l'histoire, je me suis trouvé face à une histoire classique avec en germe quelques personnages intrigants peut être un peu des archétypes. A voir comment le texte évolue.
les commentaires sont bien entendu à prendre comme des... avis. C'est toi qui est le seigneur du château. Je pense toutefois, qu'il y a un travail de relecture sur la forme.
bleu : forme
vert : fond et questions
orange ( deux trois bricoles d'ortho en passant, même si ce n'est pas ta demande)

B

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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #2 le: 30 Mars 2022 à 00:12:29 »
Bonjour Basic,

Tout d'abord, merci de ton retour, je vais essayer de prendre point par point tes remarques lorsque j'aimerais ajouter quelque chose et sur les questions :)

(révolution 8557, qu’est ce que ça veut dire ? 8557 années après la révolution?)
Le monde de Themysa dispose de son propre cycle temporaire et calendrier comme tu peux t'en douter, et qui pourrait prendre un petit moment à détailler, pour faire simple, le monde c'est vu découper en 3 phases.
- Les Immémoriaux : Aucune date n'est connu dans cette phase où le temps n'était qu'un vague contexte.
- L'ancien monde : Avant un évènement particulier, on parle en révolution négative (comme notre système actuel avec Avant JC) lorsqu'on en fait référence dans le nouveau monde, mais c'était différent avant.
- Le nouveau monde : Les révolutions, ici, 8557 révolutions signifiant le 8557 cycle depuis le début du nouveau monde.

Concernant une révolution, c'est la succession d'une saison chaude et d'une saison froide, un cycle qui se répète tout les 6 mois.


s’écartant à l’unisson de ce son… assonance pas très heureuse… puis s’écartant pour se retrouver au centre, c’est un peu curieux
Tout d'abord pour réagir à la première partie, l'arrivée d'un juge d'Artéon n'est jamais faite dans la joie, ce sont des personnages crains dans la société de par la position sociale qu'ils occupent mais aussi le statut qu'ils incarnent. Est-ce que l'assonance peu heureuse fait plus de sens ? Pour le deuxième point, la construction de ma phrase est mal faite si tu as pensé cela et je dois retravailler également celle-ci. C'est la foule qui s'écarte, mais le son qui se rapproche vers le centre de la pièce (le juge donc) et non pas la foule qui revient vers le centre.

on ne comprend pas si la balance est un objet ou une insigne?
C'est une insigne, je vais le préciser

je ne sais pas si tous les détails vestimentaires sont bien utiles
J'ai encore justement du mal à savoir jusqu'où pousser la précision de la description des personnes, le but étant que le lecteur puisse s'imprégner de la scène, presque s'y voir en tant que spectateur omniscient. Et j'essaye de venir ajouter tous ces petits détails pour cela, même si effectivement ça n'apporte pas grand chose dans l’œuvre et la compréhension générale

ensuite, on ne connaît pas la géographie de ton monde alors il faut peut être t’y arrêter un peu
Est-ce que énoncer la géographie de cette région assez complexe ne risque pas de casser le rythme de lecture et venir poser une description un peu trop pâté dans le contexte de ce petit récit ? Où alors venir fait un prémisse sur l'arrivé des nobles dans la région, pour servir de contexte et la décrire un peu ?

De mon côté voici quelques questions :
- Concernant les archétypes, j'aimerais bien que tu m'en dises un peu plus
- Est-ce que la lecture n'est pas trop lourde avec les différents détails ?
- Y aurait-il des éléments que tu voudrais voir détaillés ou effacés.
- Je vais m'attaquer aux différentes corrections des remarques que tu as faite qui me semble tout à fait légitime et viendrait mettre à jour le texte, si tu trouves le courage d'ici la de tout lire, je serais heureux d'avoir ton ressenti générale sur la lecture et la construction.

PS : Merci pour les quelques corrections orthographiques !

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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #3 le: 30 Mars 2022 à 06:58:44 »
Bonjour ,

Déjà, je n'ai pas la science infuse. Je suis juste lecteur et écrivailleur comme toi.

je crois que dans un premier temps il faut axer ta relecture sur la forme, je pense que tu as une idée très claire de ton fond narratif et de ton propos mais que la syntaxe est un peu confuse. Phrases trop longues, tournures parfois un peu tronquées...

Les descriptions : Je crois que tu as dans la fantasy toutes les manières de faire, de ceux qui décrivent les personnages jusqu'aux boutons de bottines à la simple évocation. Peut-être que la solution est un entre deux, une silhouette générale et un point saillant si il y en a. Pour le personnage du juge, s'arrêter sur les chaussures n'a pas d'intérêt, ce qui en avait c'était le bruit qu'elles faisaient. Par contre on a peu d'impression sur la salle à part qu'elle est vaste et noire. Notre imagination est en estive, on construit à peu prés tout, palais ou temple, ville.
Nous rentrons dans l'histoire par des personnages, ce qui peut être possible, mais il y a un arrière champ un peu touffus, calendrier, nom de lieu... sur lesquels nous n'avons aucune prise. Tes noms de lieu et la date sont suffisamment énigmatiques pour créer de la confusion et poser des aprioris. Par exemple révolution fait penser directement à un renversement politique pas à un phénomène naturel, donc on part sur une mauvaise info...(8557  ème révolutions pourrait être moins créateur de confusion) terres brulées, terres sauvages ( pas de majuscules : nom de lieux ou juste descriptifs), de la même façon nous plaquent déjà des images préconçues. Il y a à mon avis, une entrée géopolitique trop franche ici, si tu souhaites pour l'instant, ne faire qu'un descriptif de l'ambiance tu ne dois pas donner d'éléments que nous ne pouvons pas comprendre ou tu dois t'y prendre autrement et amener ces infos plus en avant. Les nouvelles qui sont adossées sur les mondes très construits comme le tien, sont problématiques parce qu'il y a beaucoup de background qui ne sont pas compris par le lecteur, alors soit construire des histoires qui n'en ont pas besoin ou se débrouiller pour poser ces infos d'une manière ou d'une autre.
Les archétypes : La littérature de fantasy est très riche, très chargée aussi en redondance, en archétypes : les magiciens ont toujours des capuches, les épées sont toujours magiques, les chevaliers blancs sont les bons, etc...
ici par exemple :  barbe blanche imposante... bon ( d'ailleurs imposante n'est peut-être pas nécessaire, l'entrée du personnage le fait déjà assez) et puis... encore une barbe longue, blanche et fournie...
Ensuite, il y aura le chevalier... donc là aussi on s'attend aux poncifs et ils y sont, brave, courageux... ce n'est pas le problème qu'il soit présenté comme ça, le problème c'est ce que nous nous attendons à voir... on se dit  "tient il va se passer ça ou ci ", donc soit tu renverses les codes ensuite, soit tu nous fournis une histoire que l'on en déjà lue et tu la transcendes par ta manière de la raconter. Si ton monde est riche et qu'il vaut par cette richesse, il faut qu'on voit cette cohérence, qu'on voit le décor... l'originalité des personnages ou des lieux... on ne peut pas se contenter d'une salle noire et de survoler des événements évoqués. Ce serait mettre ton univers en péril, le gâcher.

Donc, attends de recevoir d'autres commentaires que les miens avant d'attaquer un chantier

B
« Modifié: 30 Mars 2022 à 17:07:30 par Basic »
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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #4 le: 30 Mars 2022 à 08:23:24 »
Re bonjour,

je t'ai fait un peu plus de commentaire sur la suite du texte.

B

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« Modifié: 30 Mars 2022 à 17:08:26 par Basic »
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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #5 le: 30 Mars 2022 à 23:07:55 »
Bonjour Basic, merci des retours tout d'abord ! Je suis en train de reprendre une grosse partie de l'écriture, changeant pas mal de choses, et retravailler le début de la scène afin de pouvoir donner un peu de contexte géopolitique.

J'aurais quelques questions sur la forme car je dois avouer avoir quelques points sombres sur l'écriture de certaines choses :
- Le cycle temporel n'utilise pas les années mais les révolutions, j'aimerais cependant utiliser des références de notre système actuelle qui parle à tout le monde, notamment "millénaire". Est-ce que ce genre "d’anachronisme temporaire" peut faire sortir de la lecture ?
- Tu m'as fait cette remarque à un moment "ça, c’était un élément très important dans la description et tu ne nous le donne que maintenant". De manière générale, est-ce qu'on préfère donner tous les éléments de présentation en bloc dans l'introduction d'un personnage, où est-ce qu'on peut se permettre de l'étaler dans la lecture, ce que j'ai tenté de faire ici, afin d'alléger un peu la présentation.
- Finalement, est-ce que tu aurais le temps de regarder la partie combat ? J'ai eu pas mal de soucis à l'écrire, je trouve qu'un scène de combat se doit assez d'emporter le lecture avec un certain dynamisme et cette sensation d'être à l'intérieur de la scène et j'aimerais un retour sur celle-ci, pas tellement sur la forme si cela prend du temps, mais sur le ressenti à la lecture, est-ce trop lourd ? Trop lent ? Y a t-il assez de détail / trop ? etc...

Je te remercie :)

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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #6 le: 31 Mars 2022 à 17:19:24 »
Bonjour Seregone

- Le cycle temporel n'utilise pas les années mais les révolutions, j'aimerais cependant utiliser des références de notre système actuelle qui parle à tout le monde, notamment "millénaire". Est-ce que ce genre "d’anachronisme temporaire" peut faire sortir de la lecture ? Millénaire pourrait très bien convenir me semble t-il, millénaire c'est mille unités, ici mille révolutions.
- Tu m'as fait cette remarque à un moment "ça, c’était un élément très important dans la description et tu ne nous le donne que maintenant". De manière générale, est-ce qu'on préfère donner tous les éléments de présentation en bloc dans l'introduction d'un personnage, où est-ce qu'on peut se permettre de l'étaler dans la lecture, ce que j'ai tenté de faire ici, afin d'alléger un peu la présentation. Pour ton personnage, le fait qu'il soit en partie masqué devait sauter aux yeux de l'assistance, donc du narrateur... c'est presque évident qu'il devait nous en parler en priorité, car peu commun dans une assistance comme celle-ci et encore moins du fait qu'il se déclare comme champion ou au moins se met en avant.
- Finalement, est-ce que tu aurais le temps de regarder la partie combat ? J'ai eu pas mal de soucis à l'écrire, je trouve qu'un scène de combat se doit assez d'emporter le lecture avec un certain dynamisme et cette sensation d'être à l'intérieur de la scène et j'aimerais un retour sur celle-ci, pas tellement sur la forme si cela prend du temps, mais sur le ressenti à la lecture, est-ce trop lourd ? Trop lent ? Y a t-il assez de détail / trop ? etc... :
On comprend que tu maitrises la terminologie, que tu as bien visionné ton combat. Il y a aussi, des phrases confuses, des redondances (l’espace d’un instant, une fraction de seconde… l’instant d’une brise, ici par exemple, tu nous dis trois fois la même chose mais c'est un peu contre productif... l'action est fulgurante et sa description trop longue, trop étendue... on peut suspendre un instant et effectivement l'allonger par des éléments psy, des sensations etc, mais là ça me semble trop). Je pense qu'il y a un peu trop de détails aussi et essentiellement visuel, peut être peux tu varier un peu, parler des souffles, des bruits liés aux déplacements.

Je n'ai pas détaillé cette fois ci. De toutes façons, je pense qu'il faut que tu revois l'ensemble au niveau des phrases... certaines semblent troquées, d'autres sont syntaxiquement incorrectes... ensuite, on pourra mieux lire ton texte et t'apporter des réponses plus pertinentes sur le fond.

B

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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #7 le: 01 Avril 2022 à 19:21:02 »
Bonjour Basic,

Merci de ton retour, j'ai commencé à réécrire une bonne partie des remarques que tu m'avais déjà faite, et je complète le texte de pas mal de choses, je reposterais lorsque cela me paraitra satisfaisant par rapport aux remarques que tu as pu me faire.

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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #8 le: 02 Avril 2022 à 19:19:43 »
Bonjour Seregone,

je pense qu'un des secrets c'est relire/Corriger/ relire/ corriger/ relire...

Peut-être peux tu aussi te balader dans le forrum et participer à différentes choses, commenter et lire des textes. Il y a aussi des textes de fantasy. C'est un lieu d'échanges. Echanger permet aussi de signaler la présence de tes textes et peut-être de t'amener d'autres commentateurs.

B
« Modifié: 03 Avril 2022 à 18:43:07 par Basic »
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #9 le: 08 Avril 2022 à 00:28:51 »
Bonjour :)

Voila j'ai modifié le texte original pour prendre en compte mes modifications... il s'est pas mal aggrandit, désolé pour cela ! J'ai essayé de corriger toutes les erreurs que tu m'avais fait remarqué, ainsi qu'essayer de ne pas les reproduire dans les nouveaux textes... J'espère que celui-ci te et vous plaira plus !

Concernant l'échange avec les autres, je lis certains autres textes, mais j'avoue ne pas m'autoriser les commentaires, mon niveau en lecture comme j'ai pu le préciser dans ma présentation étant très faible, et mon écriture pleine de lacunse comme tu as pu le voir, je ne me sens pas légitime d'apporter un commentaire constructif sur ce que je lis.

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  • Comète Versifiante
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Re : Le procès du Verger blanc
« Réponse #10 le: 15 Avril 2022 à 07:04:18 »
Bonjour Seregone,

je crois que tu peux tout de même passé voir d'autres textes, donner ton avis, juste si le texte t'a plu ou pas, tenter des courtes explications.
Voici des commentaires sur une partie de ta deuxième version.
Tu as fait un gros boulot sur ce texte. Je pense que tu pourrais simplifier, éviter de te lancer dans des phrases un peu trop lourdes ou compliquées, un peu trop compliquées pour que l'on puisse te suivre. On a parfois l'impression que tu veux faire passer trop d'idée et que mots et syntaxe s'affolent.

Donc quelques commentaires derrière le rideau

B

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