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14 Mai 2026 à 19:52:29
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.

Auteur Sujet: L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.  (Lu 3165 fois)

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.

Ma mère est folle. Mais elle se soigne. Souvent elle n’est pas folle. Donc du coup, elle m’a élevée à peu près normalement. Donc ma mère était folle ce jour là et à son retour, elle a demandé à se faire hospitaliser. Mon père a dit : « C’est mieux. Parce que ça ne va vraiment pas bien. A Paris, elle a attaqué la mafia roumaine. » Moi je n’ai rien répondu parce que j’étais tenue par le secret professionnel de femme « les femmes gardent des secrets, à plusieurs » et ma tante m’avait téléphoné il y a quelques jours pour me dire que ma mère avait attaqué un vendeur de chez feu vert. Afin de ne pas alourdir cette histoire, je n’expliquerai pas pourquoi cet homme avait bien mérité que ma mère lui prenne son ordinateur portable des mains et le jette à travers le hall d’accueil du garage. Surtout que j’ai encore une histoire de Syrien qui mériterait d’être secouru par ma mère et que je lui réserve ma conclusion. N’ayez pas peur, je semble confuse mais à la fin de ce récit, vous comprendrez tout. Si je ne m’essouffle pas avant l’épilogue, j’y caserait le vendeur de chez Feu Vert, parce que c’est léger et rigolo. Pas comme le reste de cette histoire.
Revenons donc à Paris. Mon père était venu de province pour trois jours afin d’assister à des réunions très importantes. Ma mère faisait des emplettes aux Galerie Lafayette. Enfin, elle se baladait émerveillée, ma mère sait s’émerveiller, surtout quand elle est folle, ça développe sa sensibilité. Vous constatez à ce niveau du récit que, comme le dit si bien le proverbe : La misère n’est pas que chez les riches. En face des galeries, il y avait un homme. Sans bras, sans pull, sans tee-shirt. Devant les Galeries, il y avait une équipe de journaliste qui tournait un reportage. C’était le mois de décembre. Donc, ma mère va voir l’homme sans bras et lui demande s’il a besoin d’aide. Il ne parlait pas français. Ma mère ne fait pas ce que font les gens normaux : elle ne renonce jamais. Le gars qui mendiait sur son carton, elle essaie de lui expliquer qu’il ne peut pas rester à demi-nu dans le froid. Que c’est dangereux pour sa santé, qu’il doit se faire aider. Elle repère au loin un autre homme qui les observe et qui semble être un genre de proxénète pour mendiant. Donc elle va le voir et le dispute. Comme il avait une grosse veste, elle lui dit de quitter sa veste pour la donner à son ami. Lui aussi il fait semblant de ne pas parler français, et surtout il ne répond pas et se recule, effrayé. Il avait bien raison d’avoir peur. Ce mec-là, il sait quand une femme est capable de lui prendre son ordinateur pour le faire voler. Il n’aurait pas été aussi stupide que le vendeur de chez Feu vert. Voilà, l’agression de la Mafia ne fut que verbale.

Je vais poursuivre avec les journalistes. Ma mère croyant très fort en Dieu, va voir les journalistes, affolée, inquiète pour l’homme à demi-nu. Elle leur dit, venez m’aider, il faut filmer cela, il faut interpeller la police, les gens, il faut qu’ils sachent. Il y a un homme sans manteau, et sans bras. Les journalistes ont répondu que ce n’était pas ça le thème de leur reportage. Ma mère les a insultés, accuser d’abandonner le monde, et tout un tas de propos que je ne vais pas rapporter ici. Mon père est arrivé récupérer ma mère au point de rendez-vous. Elle lui a dit fait quelque chose. Mon père a dû être malheureux. Pour ma mère plus que pour l’homme. Mais il n’a rien pu faire parce qu’il … Il était dépassé, bref, il était normal, comme nous tous. Pas comme ma mère. Ma mère, elle ne peut pas s’en remettre et pour lui faire lâcher l’injustice du monde quand elle y a planté ses crocs, il faut la bourrer de médicaments. Moi je pleure quand j’écris ça, mais ce n’est pas bien grave parce que j’ai un bon pull et j’ai deux bras aussi. Et j’ai aussi des papiers français donc l’assurance d’avoir toujours un pull si je n’ai plus de bras pour l’enfiler.
Je suis tellement fière de ma mère.

Parfois j’entends des gens normaux. Ils disent, « Oh, ces mecs, ils roulent en Mercedes ». Ils disent aussi que ce n’est pas vrai qu’il y avait un homme qui n’a pas de bras qu’ils les cachent dans leurs manches. Alors l’homme, il quitte son pull. Pour qu’on puisse le voir. Mais comme on est très fort, nous les gens normaux, on arrive à ne pas le voir quand même. On dit : « Ils n’ont qu’à travailler, ces fainéants » Il y a aussi des gens qui ne sont pas méchants. Ils disent juste « On ne peut rien y faire » et moi, je suis normale. La folie n’est pas toujours congénitale.

Après ma mère elle ne dort plus, parce qu’elle ne peut pas savoir qu’elle est au chaud quand il reste encore quelqu’un dehors. Alors vous voyez la taille du monde. Avant qu’on ait rentré tout ce peuple, il vaut mieux qu’elle prenne un cachet.
Un jour la télé a dit ceci : « On parle souvent des mafia Roumaine mais qu’en est-il vraiment ? Nous avons remonté la filière de la mendicité » Eux, c’était le sujet de leur reportage. Moi je me suis assise, et j’ai attendu la suite. J’ai vu des gens pauvres, j’ai vu comment ils s’organisaient, combien ils gagnaient, ce qu’il faisait avec leurs sous. C’étaient des hommes, des femmes, et des enfants aussi. Je n’en revenais pas. Ils voyageaient parfois à plusieurs, comme nous. Ils réfléchissaient à ce qui rapporte et comme si c’était moi, ils avaient conclu qu’il valait mieux emmener avec soi une personne incapable de travailler pour qu’on ne lui reproche pas d’être fainéant. Il y a des pays pauvres, il y a des gens pas dégourdis, il y a des situations infernales, il y a … Tout ça qui fait qu’il ne suffit pas de prendre une pioche et taper le sol pour sortir de la misère. J’ai pensé à ma mère. Et j’ai encore pleuré. Je me suis demandé si ceux qui n’ont pas connu ma mère ne pleurent pas. Parce que les mendiants, ça ne leur fait penser à rien. Quand on me demande de l’argent dans la rue. Je réponds d’un air distrait : « non merci » et je pars. Je suis très normale, comme vous pouvez le constater. Mais quand je pense à ma mère je pleure parce que personne ne lui a jamais dit qui sont les vrais fous. Et on s’est tous mis d’accord pour dire que c’était elle. Ce n’est pas plus juste que la distribution des manteaux sur la terre.

Il est tard, et en ouvrant « courrier international » j’ai lu ceci : A 15 ans, Mohammad Makhzoum a oublié l'enfance. Cet orphelin de la guerre en Syrie a abandonné l'école et travaille 12 heures par jour comme ferrailleur pour nourrir ses deux plus jeunes frères et sa soeur. Chaque matin à six heures, il se rend au travail où il fait fondre toute la journée le métal dans un large chaudron en plein air. Le soir, il revient chez lui s'assurer que ses frères et sa soeur ont fait leurs devoirs et leur préparer un repas.
Ca m’a fait mal et j’ai pensé à ma mère. Elle ne pourra pas. Il est trop loin. Personne n’ira voir Mohammad Makhzoum pour lui demander s’il a besoin d’aide. Et lui ne pourra pas venir ici pour être aidé car on a mis des policiers entre les pays pauvres et les pays riches. Et c’est bien normal. J’ai mal à ma mère, il est tard. Que Dieu protège Mohammad. Il devrait faire ça pour ma mère, parce qu’elle est la dernière sur cette terre à croire encore en Lui et Il lui doit bien ça.
Moi je vais me moucher, me coucher, tout oublier et aller travailler demain. Bonne nuit le monsieur qui n’avait pas de manteau. Bonne nuit Mohammad. Bonne nuit celui qui m’a lu. Bonne nuit le journaliste d’Arte qui répond à ceux qui disent que c’est la mafia. Toi t’es un homme bien. Bonne nuit maman. C’est nous les fous. Toi tu es merveilleuse. Comme ton rire.


Epilogue : Je ne sais plus comment je voulais raconter cette histoire de Feu vert. Dans ma tête c’était drôle. Et quand j’y pense en général je souris. Mais là comme je pleure… ça rendra moins bien que dans mon souvenir. Ma mère avait accroché sa voiture, et elle avait décidé de la faire réparer en cachette de mon père. Donc elle va avec sa sœur déposer la voiture et au retour la voiture n’était pas réparée, ils demandaient un prix trop cher et elle a refusé la transaction. L’homme a dit d’accord vous me devez x euros pour le devis. Ma mère n’a pas voulu car il avait été impoli avec le client précédent. Ma tante, qui n’est pas folle, a dit que le vendeur était un con et qu’il avait été odieux avec le client précédent. Je me répète, mais je sais d’expérience qu’on ne croit pas toujours les fous. Elle a dit au vendeur de chez Feu Vert, de lui rendre sa clé pour partir et il a refusé. Elle a pris son ordinateur portable et l’a jeté à travers la pièce. Il s’est éclaté au sol. Et tous le monde est resté sans voix. Le vendeur a voulu frapper ma mère. Ma tante l’a prise dans ses bras et a dit au vendeur « Je vous interdit de toucher ma sœur, elle est malade, elle prend des médicaments » Ma mère a pleuré. Ma tante m’a appelé. Quand on est toutes les trois quelquefois on dit « Le gars de chez Feu vert » et on rit. Ma Tante dit « La tête qu’il a fait » et si ma mère s’assombrit, elle ajoute : « Il l’avait bien mérité ».
« Modifié: 23 Novembre 2021 à 22:12:58 par azerta »

Hors ligne True Duc

  • Calliopéen
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Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #1 le: 23 Novembre 2021 à 02:36:02 »
Bonsoir azerta,

Fait longtemps que je ne suis pas passé sur ce site.
Je lis le texte tout en haut.
Première fois que je te lis il me semble.
Belle synchronisation.
J'ai beaucoup aimé le ton, le thème de la santé mentale et des problématiques sociétales et, surtout, cette liberté narrative que je qualifierai de "je raconte comme je veux".

Je me suis un peu perdu, je suis revenu. Une chronique de la folie sans prétention. Encore !!!

J'ai pu apercevoir quelques coquilles, mais, à la deuxième lecture, je ne les retrouve pas. Il est tard. Je repasserai.
Et j'ai cette foutue musique de pub dans la tête qui m'empêche de relire : "va donc, va donc chez Speedy. Spee-dy" (et, je suis sérieux. Folie quand tu nous tiens :)
« Tu veux t'asseoir sur le trône ? Faudra t'asseoir sur mes genoux.»(Elie Yaffa)

Hors ligne Delnatja

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Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #2 le: 23 Novembre 2021 à 11:09:12 »
Bonjour azerta, je trouve le ton du texte très rafraichissant.
J'aime bien ce texte, la façon direct du narrateur de décrire les situations.
Il y a juste un petit oubli: croire encore "en" Lui et Il lui doit bien ça.
Bonne journée.
Michèle

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #3 le: 23 Novembre 2021 à 22:00:35 »
Bonsoir azerta,

Fait longtemps que je ne suis pas passé sur ce site.
Je lis le texte tout en haut.
Première fois que je te lis il me semble.
Belle synchronisation.
J'ai beaucoup aimé le ton, le thème de la santé mentale et des problématiques sociétales et, surtout, cette liberté narrative que je qualifierai de "je raconte comme je veux".

Je me suis un peu perdu, je suis revenu. Une chronique de la folie sans prétention. Encore !!!

J'ai pu apercevoir quelques coquilles, mais, à la deuxième lecture, je ne les retrouve pas. Il est tard. Je repasserai.
Et j'ai cette foutue musique de pub dans la tête qui m'empêche de relire : "va donc, va donc chez Speedy. Spee-dy" (et, je suis sérieux. Folie quand tu nous tiens :)

Bonjour True, oui, je pense que c'est la première fois qu'on se croise. Je ne suis plus venue un long moment. Merci beaucoup pour ton retour, j'avais justement besoin que quelqu'un s'arrête et me lise; Tu as été là. Merci.
Le ton de la narration, était l'état d'esprit du moment, j'avais besoin de tout sortir très vite. Je n'ai pas ordonné mes idées et en le relisant je réalise que le texte a besoin d'être retravaillé.


Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #4 le: 23 Novembre 2021 à 22:14:06 »
Bonjour azerta, je trouve le ton du texte très rafraichissant.
J'aime bien ce texte, la façon direct du narrateur de décrire les situations.
Il y a juste un petit oubli: croire encore "en" Lui et Il lui doit bien ça.
Bonne journée.

C'est corrigé. Merci Delnatja d'être venue écrire un petit mot. Belle soirée à toi :)

Hors ligne Melina Doris

  • Scribe
  • Messages: 80
Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #5 le: 25 Novembre 2021 à 22:01:19 »
Bonsoir
Ton texte m'a beaucoup plu. Par son écriture légère qui charrie des questions lourdes de sens, par le personnage de cette mère qui transpire la folie du monde, par les images drôles...
Il mérite d'être retravaillé, il gagnerait en force et en fluidité.

Merci pour ce texte, azerta

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
  • Messages: 430
Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #6 le: 29 Novembre 2021 à 22:04:36 »
Bonsoir Melina, merci pour ton retour.
Est ce que tu pourrais m'aiguiller un peu sur ce qui te semble à retravailler?

Hors ligne artemium

  • Calligraphe
  • Messages: 101
    • Mon blog
Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #7 le: 30 Novembre 2021 à 17:35:40 »
Bonsoir,

J'ai bien aimé. C'est un récit assez direct de personnes gentiment folles. C'est un point de vue intéressant pour aborder des thèmes lourds. Et comme le récit est très personnel, je l'ai trouvé très envoûtant. On sent que ça va être assez décousu mais le côté récit hypnotise suffisamment pour donner envie de lire la suite.

Il y a des fautes à corriger de ci de là en sachant que pour une partie, ça participe à construire la maladresse lucide du récit. Il n'est pas littéraire, c'est vraiment le récit direct de quelqu'un qui vit avec sa folie.

Je fais simplement quelques propositions pour reformuler ou compléter:
j’étais tenue par le secret professionnel de femme « les femmes gardent des secrets, à plusieurs » : je ne comprends pas trop le coup du secret professionel de femme
"Afin de ne pas alourdir cette histoire, je n’expliquerai pas pourquoi cet homme avait bien mérité que ma mère lui prenne son ordinateur portable des mains et le jette à travers le hall d’accueil du garage." Je remplacerai par "Je n’expliquerai pas pourquoi cet homme avait bien mérité que ma mère lui prenne son ordinateur portable des mains et le jette à travers le hall d’accueil du garage. Ce serait trop long"
"Ma mère ne fait pas ce que font les gens normaux : elle ne renonce jamais." J'écrirai plutôt "Ma mère ne fait pas comme les gens normaux : elle ne renonce jamais."
Je rajoute une virgule dans la phrase "Ils disent aussi que ce n’est pas vrai qu’il y avait un homme qui n’a pas de bras, qu’ils les cachent dans leurs manches."
"Quand on est toutes les trois quelquefois on dit ", je préciserai : "Depuis ce jour, quand on est toutes les trois, quelquefois on dit "
Un habitant de la planète se lance dans un incroyable périple pour retrouver la Déesse du Temps ! Survivra-t-il à chaque obstacle qui le confronte à un rapport au temps?

Je suis ravi du succès de cette nouvelle! J'attends vos commentaires!
https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=44208.new#

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
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Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #8 le: 30 Novembre 2021 à 19:25:41 »
.
« Modifié: 10 Juillet 2022 à 13:36:37 par Manu »

Hors ligne Kerscao Bian

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #9 le: 30 Novembre 2021 à 23:24:08 »
"...A Paris, elle a attaqué la mafia roumaine. » Moi je n’ai rien répondu parce que j’étais tenue par le secret professionnel de femme « les femmes gardent des secrets, à plusieurs » et ma tante m’avait téléphoné il y a quelques jours pour me dire que ma mère avait attaqué un vendeur de chez feu vert..."

_Le murmure des femmes, les coulisses discrètes du pouvoir domestique à l'abri des voix puissantes et viriles qui écrasent le verbe!
  Un murmure puissant qui peux imposer le silence.  ;)

Une ré-écriture un peu aérienne entre certains passages permettrait de mettre en valeur les mots pleins d'un sens lourd, profond, une mise en valeur par de forts contrastes.

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #10 le: 02 Décembre 2021 à 12:39:09 »
Bonsoir,

J'ai bien aimé. C'est un récit assez direct de personnes gentiment folles. C'est un point de vue intéressant pour aborder des thèmes lourds. Et comme le récit est très personnel, je l'ai trouvé très envoûtant. On sent que ça va être assez décousu mais le côté récit hypnotise suffisamment pour donner envie de lire la suite.

Il y a des fautes à corriger de ci de là en sachant que pour une partie, ça participe à construire la maladresse lucide du récit. Il n'est pas littéraire, c'est vraiment le récit direct de quelqu'un qui vit avec sa folie.

Bonjour Artémium, et merci pour ce retour.


Citer
Je fais simplement quelques propositions pour reformuler ou compléter:
j’étais tenue par le secret professionnel de femme « les femmes gardent des secrets, à plusieurs » : je ne comprends pas trop le coup du secret professionel de femme
Plusieurs personnes ont relevé cette phrases, elle est sans doute pas claire, je pense que je vais simplement la supprimer. Dans mon entourage j'ai entendu plusieurs fois "les femmes peuvent garder un secret... Mais elles doivent se mettre à plusieurs pour y arriver" C'est a cela que je faisais allusion, mais visiblement c'est mal tourné.

Citer
"Afin de ne pas alourdir cette histoire, je n’expliquerai pas pourquoi cet homme avait bien mérité que ma mère lui prenne son ordinateur portable des mains et le jette à travers le hall d’accueil du garage." Je remplacerai par "Je n’expliquerai pas pourquoi cet homme avait bien mérité que ma mère lui prenne son ordinateur portable des mains et le jette à travers le hall d’accueil du garage. Ce serait trop long"

"Ma mère ne fait pas ce que font les gens normaux : elle ne renonce jamais." J'écrirai plutôt "Ma mère ne fait pas comme les gens normaux : elle ne renonce jamais."

Ok, j'y réfléchie.

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Je rajoute une virgule dans la phrase "Ils disent aussi que ce n’est pas vrai qu’il y avait un homme qui n’a pas de bras, qu’ils les cachent dans leurs manches."
"Quand on est toutes les trois quelquefois on dit ", je préciserai : "Depuis ce jour, quand on est toutes les trois, quelquefois on dit "

Ok, merci bien.

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
  • Messages: 430
Re : Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #11 le: 02 Décembre 2021 à 12:43:08 »
Bonsoir Azerta,
J'ai adoré ton texte.
D'abord sa structure où transparaît l'urgence à chaque mot, à chaque virgule. Il y a des virgules, mais il ne faut pas y prêter attention.
;D Manu, ton commentaire est sur le même ton que le texte, tu m'as fait sourire.

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Et puis sur le fond, enfin. J'aimerais bien être ta mère quelquefois, je me sentirais meilleur.
Merci pour elle.


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Et juste un petit reproche (à mon humble avis) ... L'histoire de feu vert.... Je crois qu'elle est bien insérée dans le texte, mais ensuite après ta superbe conclusion tu pourrais simplement nous dire que feu vert se sera pour une autre fois.

Oui, j'ai hésité à l'insérer ou pas. C'est vrai que c'est un peu loupé, je voulais finir pas une touche légère et drôle mais en relisant, ce n'est ni l'un ni l'autre.

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Merci pour le partage.
Et merci pour ton retour.

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #12 le: 02 Décembre 2021 à 12:50:58 »
"...A Paris, elle a attaqué la mafia roumaine. » Moi je n’ai rien répondu parce que j’étais tenue par le secret professionnel de femme « les femmes gardent des secrets, à plusieurs » et ma tante m’avait téléphoné il y a quelques jours pour me dire que ma mère avait attaqué un vendeur de chez feu vert..."

_Le murmure des femmes, les coulisses discrètes du pouvoir domestique à l'abri des voix puissantes et viriles qui écrasent le verbe!
  Un murmure puissant qui peux imposer le silence.  ;)

Ca me bouleverse ce que tu écris. Parce que c'est terriblement vrai. Pour le pire et le meilleur. Et je réalise que je perpétue cela, je parle plus librement devant ma fille de 6 ans que devant ses grands frères. Comme si elle pouvait tout entendre, tout comprendre, tout digérer. Pourtant j'ai de très gentils garçons mais je les exclus involontairement, tout comme je mets mon mari en dehors de questions très importantes pour moi. Pour ma part, ce n'est pas de la peur, c'est plutôt le sentiment que ça va les ennuyer et qu'ils ne m'apporteront rien car ils ne me comprendront pas. Et puis, les histoires de femmes, celles qu'on portent entre nous, en parler aux hommes, c'est comme les étaler au grand jour ou bien trahir une confiance. C'est étrange, mais j'ai vraiment ce sentiment. Et pourtant, je balance mes états d'âmes à des inconnus sur internet (hommes et femmes  ;) )

Citer
Une ré-écriture un peu aérienne entre certains passages permettrait de mettre en valeur les mots pleins d'un sens lourd, profond, une mise en valeur par de forts contrastes.

Merci, je vais y réfléchir.

Hors ligne Kerscao Bian

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #13 le: 02 Décembre 2021 à 20:53:29 »
Je fais la réponse d'un garçon, devenu un homme, élevé et protégé par un clan de femmes, un peu long à expliquer ici, mais je n'ai rien oublié de ce que je leur doit...
Il y a d'excellents romans auto-biographiques, écrits par des femmes ou parfois des hommes relatant cela, ce murmure protecteur qui forme comme une bulle impénétrable, indéchiffrable, bulle souvent plus visible dans les sociétés très patriarcales en Afrique du Nord.Cela se rencontre aussi régionalement sous nos latitudes.
J'ai élevé et transmis à mon garçon ces bribes, pour les filles c'était naturel, cela allait de soi.
Il ne faut pas trahir, seulement aider à approcher, amener à comprendre, les états de nos âmes, au moins une partie sensible.
Bonne continuation à toi.

Hors ligne azerta

  • Calliopéen
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Re : L’homme qui n’avait pas de bras, ma mère, Arte, … et moi.
« Réponse #14 le: 05 Décembre 2021 à 18:13:07 »
C'est très intéressant ce que tu dis Kerseao,

Je m'interroge beaucoup sur tout cela. Hier encore j'étais à un anniversaire, entourée de femmes, et j'ai pensé à ce que tu as écrit. On ne dit pas les mêmes choses et il est vrai qu'il y a une forme de crainte des hommes en réalité. Mais est ce que l'un peut aller sans l'autre? est ce que dans un monde sans crainte (car il me semble que ça reste un objectif) cette solidarité, ce mouvement et cette force resteront intacte. Peut-on abolir les mauvais côtés de la disparité des genre sans perdre avec les bons (car il y en a aussi)? J'espère que oui, mais je pense que c'est un travail d'équilibriste périlleux.

J'ai parlé aussi à un jeune homme de 18 ans que je connais depuis sa naissance, en fait c'est mon neveu. Et on a reparlé de la violence de son père, sous un certain angle c'était drôle mais il y avait aussi une réalité plus grave que lui semble avoir presque oublié. Je lui demande : et toi tu seras comment quand tu seras père? Il m'a répondu, comme l'a été mon père avec moi, car mon petit frère n'a pas connu cette époque et il est mal élevé... Il y a encore une longue route à parcourir.

 


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