Je me permets d’intervenir avec mon regard de toute nouvelle venue.
Entrer sur un forum, et plus encore sur un forum d’écriture, est quelque chose de totalement nouveau pour moi. En arrivant ici, j’ai un peu eu l’impression d’un matin de Noël : je me promène, je lis beaucoup, je découvre des auteurs, des voix, des univers qui parfois ne correspondent pas du tout à mes lectures habituelles, mais qui m’ouvrent justement autre chose.
Je n’ai pas de bagage académique en écriture. J’ai le sentiment d’avoir beaucoup à apprendre, et c’est aussi ce que je suis venue chercher ici.
De mon côté, j’ai découvert le plaisir de poser des mots sur le papier : des sentiments, des ressentiments, des émotions, parfois des choses très intimes. Cela m’a soulagée, déplacée, parfois même aidée à mieux comprendre ce qui demandait à sortir.
C’est aussi pour cela que j’aime beaucoup les jeux et les ateliers. Ils m’obligent à sortir de ma zone de confort, à travailler des formes ou des sujets qui ne me seraient pas venus naturellement. Par exemple, je n’aime pas particulièrement l’acrostiche, mais j’y participe justement parce que je le considère comme un exercice. Cela m’oblige à faire autrement, à déplacer mes habitudes.
J’ai aussi posté quelques textes, dont une lettre adressée, et réellement envoyée, qui relevait sans doute davantage du dépôt personnel. Ce que j’espère recevoir, dans ces cas-là, ce n’est pas seulement de la bienveillance, même si elle compte, mais aussi des retours constructifs. J’ai envie de progresser, de comprendre ce qui fonctionne, ce qui touche, ce qui reste flou ou trop fermé.
J’aime aussi beaucoup les retours où un lecteur dit ce qu’un texte a déplacé ou réveillé en lui. Ce n’est pas forcément une analyse technique, mais cela a une valeur réelle. Il y a quelque chose de précieux, je trouve, dans ces échanges simples autour de ce qu’un texte fait naître chez celui qui le lit.
En ce moment, je travaille sur un texte qui me tient beaucoup à cœur, autour d’un sujet encore assez tabou : le deuil blanc. J’en ai construit le squelette, mais je n’arrive pas encore à obtenir l’effet que je cherche. J’aimerais que le lecteur puisse y trouver un écho, ou au moins une place, sans se sentir placé dans une position de spectateur gêné, presque voyeur malgré lui. Partager quelque chose de très intime sans enfermer le lecteur dehors me semble difficile. Et je crois que, seule, je n’y arrive pas encore tout à fait.
C’est aussi pour cela que les ateliers d’écriture me semblent si utiles. Ils ne remplacent pas le travail que l’on fait seul, mais ils peuvent l’accompagner, lui donner de l’air, et le confronter à d’autres regards.
Donc, pour répondre à la question de départ : en ce qui me concerne, les ateliers d’écriture, ce serait un grand oui.
Alma