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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » 10 - L'avenue de Monsieur V.

Auteur Sujet: 10 - L'avenue de Monsieur V.  (Lu 6472 fois)

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10 - L'avenue de Monsieur V.
« le: 31 Août 2021 à 19:35:11 »
L’avenue de Monsieur V.

Les platanes qui bordent les rues de ce petit village sans histoire ne m'avaient pas inspiré grand chose lorsque j'y étais passé pour la première fois. Fatigué par trop de marche et de solitude, j'avais décidé d'y poser mon sac. Sur le moment, les hortensias immenses et omniprésents, et pourtant si banals en cache-misère des murs tristes, les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles. « Un village de plus, un souvenir de moins. », pensai-je en foulant pour la première fois le pavé mal entretenu du lieu-dit.
Ce n'est pas dans une de ces ruelles que le vif intérêt que je devais porter à ce village s'éveilla, mais dans l'allée principale, qui traversait ces quelques maisons réunies ensemble comme par hasard. De nos jours, on l’appelle « Avenue de Monsieur V. ».
Elle donnait corps à cet amas de maisons qui, sans elle, n'aurait probablement même pas mérité le nom vague, mais structurant, de village. À mon arrivée elle était encore baptisée « avenue des fleurs » (avec cette banalité affligeante qui s’étendait partout à l’époque), cette artère organisait toute la vie du village autour d’elle. On y trouvait le café et la mairie, une bicoque un brin cossue, mais bicoque tout de même. Sur le banc en pierre, en face de cette mairie, trônait une bande de trois vieillards dont personne n'avait jamais trop su dire l'âge, le genre, ou encore moins le nom, comme trois barons contemplant leurs terres prospérer et leurs gens s'affairer. De mon point de vue de voyageur fraîchement débarqué, on aurait plutôt dit trois berniques accrochées à leur rocher, attendant d’aller s’échouer sur le sable.
Si mon regard avait été plus habitué aux subtiles interactions de ce village, j’aurais pourtant rapidement interprété leurs regards en coins, leurs grommellements, leurs quintes de toux comme autant d’anathèmes et de prophéties au sujet des passants. Et si mon oreille avait été plus entraînée, j’aurais saisi les murmures, les prières et les spéculations qui couraient le long de l’avenue, répondant en silence à chaque frémissement des vieillards, à chaque prédiction présumée. C’est justement une de ces prophéties qui devait me faire rester, puis revenir.

Plusieurs années avant ma venue, le jeune Monsieur V. avait paradé dans l’avenue des fleurs, poussé par ses parents dans un landau flambant neuf, orné d’une multitudes de petites fleurs cueillies le matin même, une grosse dahlia posée à côté du bébé endormi. Un doigt long et tremblotant avait suivi le lent défilé du landau, et au bout de ce doigt, un des vieillards, les yeux révulsés et le corps tendu à craquer, balbutiait un langage incompréhensible, celui des malédictions. Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu à ces trois êtres éternellement décrépis. Les parents avaient s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce joli landau. Ils se doutaient que plus rien ne serait pareil pour leur enfant. Le village avait rapidement compris que les jours du futur Monsieur V. étaient comptés. Depuis, le bébé, puis jeune enfant, avait partout été accompagné par les regards hostiles et apeurés des villageois, effrayés à l’idée qu’à chacun de ses gestes, la malédiction puisse se répandre partout.
Il ne sembla jamais s’en formaliser, et contre toute attente, la mort ne vint pas le frapper tout de suite. Ceux à qui j’en ai parlé lors de mon premier séjour me décrivirent (à mots couverts et une lueur étrange au fond des yeux, certes) un gamin, puis un adolescent enjoué, dont on pourrait presque croire qu’il n’était au courant de rien. Certains même, en le voyant grandir, le prirent presque en compassion. Un magma  de menaces et de sifflements apeurés continuait cependant de le suivre. On était persuadé que la faucheuse viendrait le visiter, tôt ou tard, et qu’elle ne se contenterait pas d’emporter un gamin.

Le jour de mon arrivée, je vis un adolescent assez grand, les cheveux mi-longs, ébouriffés comme si se les brosser était une insulte au monde, marcher à pas tranquilles dans l’avenue des fleurs. Quand il passa devant les trois vieillards, je l’observai, médusé, s’arrêter net, leur adresser une grimace et repartir d’un rire joyeux, le pas plus léger encore qu’auparavant.
Bien sûr, je ne compris rien à la scène, mais lorsque j’interrogeai le maraîcher, qui avait arrêté sa charrette pleine de choux et de carottes juste à côté de moi pour observer le spectacle, celui-ci m’expliqua toute l’histoire. Le gamin passait chaque jour par l’avenue des fleurs, chaque jour il s’arrêtait devant les vieillards, et chaque jour il leur inventait une grimace différente. Je devais rester longtemps songeur devant cet étrange rituel qui m’apparaissait aussi fascinant qu’absurde S’ils lui étaient indifférents, pourquoi accorder autant d’importance aux vieillards dans sa routine quotidienne ? Les jours suivants, je me joignis aux nombreux villageois qui attendaient religieusement le moment de la grimace quotidienne. Certains étaient horrifiés par ce sacrilège : qui était ce morveux pour ignorer les avertissements des anciens et pour en plus les insulter ? Mais d’autres prenaient les choses très différemment, et on voyait des gamins faire des grimaces un peu partout, admiratifs de cet insouciant qui paraissait se ficher des prophéties et des malédictions, ces absurdités réservées aux autres.
Pour ma part, de toutes ses facéties, c’est la nonchalance de cet adolescent qui m’étonna le plus. J’observai surtout que partout où il allait, qu’il fasse une course pour ses parents ou bien qu’il soit simplement en train de se balader, que la pluie s’abatte à grosses gouttes ou qu’on crève sous un soleil de plomb, on avait l’impression qu’il ne se souciait de rien. Un jour, le même maraîcher que j’avais interrogé à mon arrivée me souffla le mot juste, que chacun ici avait cherché désespérément, avant qu’un ivrogne de la taverne secoué d’une illumination ne le gueule fièrement : « On a toujours l’impression qu’il marche les mains dans les poches ! ».

Je dus repartir, en me promettant de revenir observer Monsieur V. dès que l’occasion se présenterait. C’est lors de ma deuxième visite que les choses devaient se dénouer, avec ce à quoi tout le monde ferait plus tard allusion comme « l’incident ». Je ne souhaite cependant pas expliciter cette deuxième visite tout de suite, préférant me concentrer tout d’abord sur l’après.

Je n’eus en réalité presque aucun contact avec Monsieur V. avant l’incident. Je pus parler à ses parents peu après celui-ci, mais je n’osais pas trop les importuner. De notre brève discussion, je compris seulement qu’il avait eu les « mains dans les poches » depuis qu’il avait un pantalon.
Avant l’incident, je ne parvenais qu’à surprendre des brefs on-dit en laissant traîner une oreille indiscrète au café ou au marché du coin. Et, à mon grand dam, on parlait peu de Monsieur V. dans ces lieux. L’essentiel des ragots devait circuler dans des cadres plus privés auxquels je ne pouvais espérer avoir accès. Le maraîcher était le seul qui m’avait librement confié quelques vérités au sujet de l’affaire, et c’est par lui que l’opportunité d’en apprendre un peu plus se présenta enfin à moi.
À la fin de mon deuxième séjour (celui durant lequel se déroula « l’incident »), j’avais évoqué avec lui un alcool de chez moi, fait à bases de plantes de la région, qui l’avait fortement intéressé. J’avais donc décidé de lui rapporter une bouteille à ma prochaine visite, certain que la complicité d’un alcool rare le rendrait généreux en confidences.
Le maraîcher n’était pas un type très différent des autres, et, au bout de deux verres, ses traits bourrus se détendirent un peu. Je me risquai à quelques questions, mais le gaillard resta encore nébuleux. « C’était pas un garçon comme les autres, Monsieur V. », « Ah ça oui, il nous impressionnait, y a pas à dire. », « Pas grand monde aurait pu prédire le coup qu’il nous a fait. ». Un enchaînement de banalités qui me fit penser que j’avais gâché un après-midi et une bonne bouteille, et que ce zigoto n’allait jamais se mettre à table ; la loi du silence brûlait encore comme un phare dans son cerveau embrumé. Je surpris cependant une lueur étrange au fond de ses yeux, une lueur qui me donna le courage d’aller plus loin.
Je resservis un verre au bonhomme, et revint à la charge. N’avait-il donc jamais rien vu, rien entendu, qui puisse expliquer le comportement de Monsieur V. ? Un gars comme lui, alerte, au courant de tout dans le village. Il me regarda un instant, l’œil torve, avant d’avaler d’une traite ce que je venais de lui servir.
   « Il y a bien quelque chose qui me chiffonne un peu, si je devais être honnête avec vous, finit-il par avouer. »
Suspendu à ses lèvres, je tentai tant bien que mal de ne pas trahir mon émotion. Je l’encourageai d’un hochement de tête, feignant de croire que c’était pour l’aider à se décharger d’un poids trop longtemps supporté que nous étions ici tous les deux, et non pour étancher ma curiosité.
   « Un soir j’étais chez moi, vous savez, la petite ferme en dehors du village, quand on suit l’avenue des fleurs, bien qu’elle porte plus bien son nom cette avenue, hein ? Bon, j’y ai surtout de quoi faire pousser mes carottes et mes choux, mais j’y ai mis quelques poules aussi, pour arrondir les fins de mois, vous voyez ? Eh ben, ce soir-là je traînais de ce côté là, j’avais été toute la journée au village pour vendre mes légumes, ça avait été une bonne journée, et ça c’est jamais bon signe, je les aime pas les journées où tout part sans que j’ai rien à faire, comme si j’avais juste à ouvrir une vanne et toutes mes patates s’échappent comme ça, c’est pas ça mon boulot, hein ?
« Bon, eh ben je revenais du village, avec plus rien dans la charrette, je suis allé la poser sous le petit porche que j’ai à côté de la maison, pour la protéger de la pluie, hein ? Je me dis qu’il faudrait aller voir ce que les poules trafiquent, je suis toujours un peu nerveux quand je les ai pas vues de la journée, et là il faisait déjà nuit, mais rien que les voir dormir ça me rassurerait. Alors je contourne la maison, c’est derrière que j’ai mis les poules, dans un petit enclos juste avant les champs, elles ont l’air de se plaire là-bas. C’est là que je suis plus bien sûr de ce que j’ai vu. Sur le moment j’y ai pas cru, surtout que je m’étais arrêté au café avant, vous me connaissez. Mais avec ce qui s’est passé depuis, maintenant je me dis que j’ai pas dû rêver ce soir-là. Le gamin V. il était devant moi, comme vous aujourd’hui, y a pas de doute possible. »
Le maraîcher avait parlé d’un flot continu, sans s’arrêter, comme si une digue avait éclaté dans la mer de nuages qui flottait dans sa tête. Je n’osais pas le couper, par peur de fermer à nouveau les portes. De toute façon, j’avais le sentiment qu’il ne s’arrêterait pas, qu’il avait vraiment besoin de se décharger de quelque chose. Je me contentais de lui lancer des regards encourageants, les coudes sur la table et les deux mains jointes devant ma bouche pour essayer de masquer un peu mon visage.
   « Il était là au milieu de mes poules ! Au début je l’ai pas reconnu, mais il avait cet air qu’il a toujours vous savez… Les mains dans les poches ! On pouvait pas s’y tromper, si c’était quelqu’un, c’était lui. Et il chantait ! Personne chante par ici, hein ? Mais il chantait au milieu des poules, je saurais pas dire quoi, je m’y connais pas en musique. Il fredonnait au début, mais il s’est mis à brailler, et il y avait les poules tout autour de lui. Je suis resté là un peu, à l’écouter, je crois pas qu’il m’ait vu. Et puis il faisait pas de mal aux poules, alors j’ai rien fait, c’était bien joli comment il s’égosillait. Ça me changeait des gros escogriffes du bar, ça je peux vous le dire. Et puis la musique a commencé à s’atténuer, on voyait toujours sa silhouette sombre au milieu de la basse-cour, et puis ça s’est arrêté. Alors il a fait quelques pas, et je l’ai plus vu. C’est pour ça que je doutais, vous voyez ? C’est comme s’il avait disparu, d’un coup, à la fin de son refrain. J’ai été voir là où il aurait du se tenir, j’ai même essayé de l’appeler, doucement, mais j’ai jamais eu de réponse. Vous pouvez me croire que je l’ai jamais raconté à personne, ça, on se serait bien marré. Mais maintenant, avec tout ça… Et puis vous vous avez l’air de vouloir comprendre. Alors moi j’essaye de vous expliquer. Ce que je peux, en tout cas. »

Je commençais en effet à mieux comprendre la situation. L’anecdote du maraîcher résonnait évidemment avec « l’incident », et il n’y avait pas besoin d’aller bien loin pour trouver des liens entre les deux évènements. J’étais revenu pour mon deuxième séjour, lorsque « tout ça » se produisit, comme on le dit ici, par peur d’évoquer plus précisément « l’incident ». Le « tout ça » débuta comme à l’ordinaire, et, venant d’arriver, j’étais rassuré de voir que tout était tel je l’avais laissé, que l’avenue des fleurs était toujours aussi ennuyeuse en l’absence de Monsieur V., et que l’on guettait son entrée en scène imminente. Rien n’indiquait que ce jour puisse être particulièrement différent des autres. A posteriori je remarque seulement qu’une tension invisible semblait tous nous parcourir.
Il arriva comme chaque jour, sifflotant presque. Il alla se camper devant les trois vieillards, et nous attendions tous de voir quelle grimace il allait leur lancer. Au lieu de cela, un large sourire se dessina sur son visage, et il se fendit d’un clin d’œil qui figea les trois vieillards. Les gens présents dans l’avenue ne savaient pas quoi penser, que se passait-il ? En regardant de plus près les trois vieillards, je vis que leur teint se faisait plus livide à chaque seconde. Monsieur V. tourna le dos aux trois statues grossièrement taillées qui se tenaient désormais derrière lui, fit une révérence et disparut. Il n’y avait pas d’autre mot.
À sa place, une myriade d’oiseaux esquissaient encore sa silhouette, fugaces. N’y tenant plus, ce bouillonnement ornithique finit enfin par se dissoudre, et s’envola de toutes parts. Le froufrou de milliers de plumes s’empara du ciel, le fardant de teintes que l’on ne pensait jamais voir dans ce village. Même les poules, restées à terre, s’adonnaient à un chant doux et las, appris sous un clair de lune.

Monsieur V. ne reparut plus jamais au village. Personne ne sut vraiment expliquer ce qui s’était passé. Les trois vieillards restèrent dans « l’avenue de Monsieur V. », figés pour toujours et incapables de maudire qui que ce soit. Personne ne songea à les déloger.
Lors de ce deuxième séjour, je restais une semaine de plus, essayant de glaner quelques informations, mais le village tout entier était trop choqué pour s’ouvrir.

Après avoir entendu l’histoire du maraîcher, quand je partis enfin, je regardai le village derrière moi. Je ne devais le revoir qu’aujourd’hui, longtemps après « l’incident ». Je foule à nouveau le pavé des ruelles ennuyeuses, le cœur battant à l’idée de revoir l’avenue. Rien n’a changé depuis mon départ. Les vieillards figés sont toujours en place, ils font partie du décor, avec la mairie et le café. De temps en temps un enfant leur fait une grimace, mais plus personne ne s’arrête pour le réprimander. Je crois reconnaître quelques visages, et des sourires que je n’ai pourtant jamais vus. La morosité a laissé place à la tranquillité.
Le nom de Monsieur V. semble avoir été oublié, seule cette lettre « V. » est restée. J’ai moi aussi barré ce nom de mes carnets. Pourtant, tout parait crier qu’ici, il n’a pas disparu, et qu’il est là, caché un peu partout. À mes yeux, les vieillards n’avaient pas vu un condamné dans ce bébé, mais bien leur propre disparition. Bien sûr, personne ici ne s’est penché sur la question, et je crois que c’est très bien comme ça. Au « village de Monsieur V. ».
« Modifié: 17 Septembre 2021 à 23:59:30 par Mout »
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #1 le: 02 Septembre 2021 à 22:14:40 »
Hello!
J'ai bien aimé ce texte plutôt bien raconté. Mais deux ou trois choses m'ont dérangées :
- C'est un peu touffu, parfois il faut s'y reprendre à plusieurs reprises pour comprendre ce dont on parle. Pourquoi le narrateur est resté au village c'est un peu flou, on ne comprend pas le coup de la prophétie (en tout cas, je n'ai pas compris), les allers-retours dans la narration pas évident aussi.
Je n'ai pas saisi pourquoi le fait que M. V chante dans le poulailler soit un événement, ni pourquoi on l'appelait M. V., ni pourquoi l'avenue portait son nom...
J'ai compris les contours de l'histoire qui me fait effectivement penser aux histoires qu'on se raconte dans les villages.
Mais je pense que la narration devrait être épurée, pour gagner en clarté.

Des phrases sont un peu floues :
- "Les platanes qui bordent les rues de ce petit village sans histoire ne m'avaient pas inspiré grand chose lorsque j'y étais passé pour la première fois. " : et après, ils ont inspiré quoi?
- "Les hortensias immenses et omniprésents, et pourtant si banals en cache-misère des murs tristes, les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles." : pourquoi ne rien voir empêche de deviner que tu vas revenir?

Merci pour ton texte!  :)
« Noone will know my name until it's on a stone » Eels, Lucky day in hell

Milla

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #2 le: 02 Septembre 2021 à 22:47:31 »
Salut !

au fil de la lecture...
Citer
Le café se trouvait bien entendu sur cette avenue, de même que la mairie (une bicoque un brin cossue, mais bicoque tout de même), et c'est sur le banc en pierre en face de cette mairie qu'une bande de trois vieillards dont personne n'avait jamais trop su dire ni l'âge, ni le genre, et encore moins le nom, trônait, comme trois barons contemplant leurs terres prospérer et leurs gens s'affairer.
J'aime bien l'idée de choisir un ton marqué (ici je le sens en mode un peu ampoulé mondain, à l'ancienne, dans la narration), mais je trouve depuis le début que les phrases manquent un peu de fluidité (bcp de que que que dans certaine, ici celle que je cite est vraiiiment longue). Du coup, c'est peut-être à affiner un peu.

Citer
Un regard plus habitué aux subtiles interactions de ce village m’aurait pourtant rapidement fait interpréter leurs regards en coins, leurs grommellements, et leurs quintes de toux comme autant d’anathèmes et de prophéties au sujet des passants. C’est justement une de ces prophéties qui devait me faire rester, puis revenir.
ahah c'est intrigant ^^ j'aime bien cette ambiance ! (j'ai l'impression que le ton évoqué plus haut glisse de mieux en mieux, tu as trouvé ta vitesse de croisière on dirait : ) )

Citer
les yeux révulsés et le corps tout entier tendu à craquer,
"tout entier" alourdit pour rien

Citer
Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu à ces trois êtres déjà rachitiques et éternellement décrépis, et les parents s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce landau.
pas très fluide, peut-être couper en deux ?

Citer
le bébé, puis jeune enfant, avait du affronter les regards hostiles et apeurés des villageois,
hmmm si c'est le bébé qui est en danger de mort, pourquoi ils sont hostiles et apeurés, ça le rend pas dangereux...

Citer
dont on pourrait presque croire qu’il n’était au courant de rien.
Pourtant, il était clair pour tout le monde qu’il n’ignorait rien.
répétitif

Citer
C’est ainsi que je vit
vis

Citer
Lorsqu’il passa devant les trois vieillards, je l’observai, médusé, s’arrêter net, leur adresser une grimace et repartir d’un rire joyeux, d’un pas plus léger encore qu’auparavant.
Bien sûr, je ne compris rien à la scène, mais lorsque j’interrogeai le maraîcher qui avait arrêté sa charrette pleine de choux et de carottes juste à côté de moi pour observer le spectacle,

Citer
L’essentiel des ragots devaient circuler dans des cadres plus privés auxquels je ne pouvait espérer avoir accès.
pouvais

Citer
Le maraîcher était le seul qui m’avait librement confié quelques vérité au sujet de l’affaire, et c’est par lui que l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur Monsieur V. se présenta enfin à moi.
vérité et quelques doivent s'accorder ensemble

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faignant de croire que c’était pour l’aider à se décharger d’un poids trop longtemps supporté que nous étions ici tous les deux, et non pour étancher ma curiosité.
feignant

Citer
dans un petit enclot juste avant les champs, elles ont l’air de se plaire là-bas.
enclos

Citer
Le « tout ça » commença comme tous les autres jours, et, venant d’arriver, j’étais rassuré de voir que tout était comme je l’avais laissé, que l’avenue des fleurs était toujours aussi ennuyeuse en l’absence de Monsieur V., et que tout le monde guettait son entrée en scène quotidienne.
troooop de tout !

Citer
à posteriori je remarque seulement qu’une tension indicible nous liait tous dans l’attente de Monsieur V.
a

hop là, tout lu !
sur le global...
bon, je suis moyennement convaincue... Sur l'écriture, y a une vraie idée sympa, que j'aime bien, mais qui me paraît pas tout à fait maîtrisée tout du long ce qui crée bcp de lourdeurs. Je pense que c'est possible de beaucoup fluidifier pour rendre la lecture bien meilleure, tout en gardant l'ambiance et le ton voulu : ) Par ailleurs je suis un peu déçue de l'histoire. J'aimais bien l'annonce intrigante du début, mais la résolution me laisse un peu perplexe, ça ne me paraît pas vraiment imbriqué, ficelé. Il manque le déclic compréhension de "ah c'était pour ça, c'est là que ça allait, etc" pour que ça rende l'histoire spéciale et qu'on la retienne, je trouve. J'ai plus eu l'impression des thèmes de l'AT parachutés, en fait...  :-[
Mais ça reste mon ressenti subjectif, à voir les avis des autres !

merci pour ce texte,

Milla

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #3 le: 02 Septembre 2021 à 23:16:31 »
Aponiwa, je suis un peu mitigé face à ton commentaire, parce que ce que tu as relevé, c'est des trucs que j'avais un peu envie de faire, justement, mais ça n'a pas l'air d'avoir marché du coup. Le fait que tout ne tombe pas d'un coup, qu'il y ait des aller-retours dans la narration, j'avais un peu peur que ça perde le lecteur (ce que manifestement ça a fait), mais en même temps l'idée me plaisait. Alors du coup j'ai pas du assez bien l'exécuter.
Citer
Je n'ai pas saisi pourquoi le fait que M. V chante dans le poulailler soit un événement, ni pourquoi on l'appelait M. V., ni pourquoi l'avenue portait son nom...
Le chant dans le poulailler, oui je sais pas bien, j'avoue que j'ai surtout été guidé par le fait qu'il faille mettre un 2e thème de l'AT, mais j'imagine que ça se sent trop (comme le dit Milla). En fait, je le vois un peu comme une facette invisible de ce M. V. pour les villageois, un truc un peu de beauté brute qui a pas sa place dans ce village banal, enfermé dans un carcan de suspicions, de prophéties et de rumeurs. En écrivant ça, je me dis qu'il y a clairement moyen d'insister plus là-dessus, que ce ne soit pas juste en arrière plan un peu flou.
Je vois pas trop ce qui te perturbe avec le nom de l'avenue, c'est une rue sans histoire, soudain marquée par un évènements que l'on n'oubliera pas de sitôt dans le village, et par les passages quotidiens de ce M. V. pendant toutes ces années.
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"Les platanes qui bordent les rues de ce petit village sans histoire ne m'avaient pas inspiré grand chose lorsque j'y étais passé pour la première fois. " : et après, ils ont inspiré quoi?
Bonne question  ><
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"Les hortensias immenses et omniprésents, et pourtant si banals en cache-misère des murs tristes, les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles." : pourquoi ne rien voir empêche de deviner que tu vas revenir?
J'imaginais plus le narrateur comme un voyageur qui en a vu beaucoup des villages comme ça, et qui ne s'attend pas à s'en souvenir. Je devrais peut-être le dire plus clairement.

Merci de ton passage ! Va falloir que je retravaille ça beaucoup.



Milla, je pense que c'est tout à fait possible que mon écriture se soit un peu trouvée au fil du récit, au début j'étais un peu rouillé je crois, je vais essayer d'affiner ça, comme tu dis. Je vais corriger toutes ces affreuses fautes d'orthographes et lourdeurs.
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ahah c'est intrigant ^^ j'aime bien cette ambiance ! (j'ai l'impression que le ton évoqué plus haut glisse de mieux en mieux, tu as trouvé ta vitesse de croisière on dirait : ) )
Du coup je trouve ça dommage que tu n'ai ressenti ça qu'à ce moment, je me dis que j'aurais eu moyen de faire sentir cette ambiance à d'autres passages aussi.
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hmmm si c'est le bébé qui est en danger de mort, pourquoi ils sont hostiles et apeurés, ça le rend pas dangereux...
Oui voilà clairement y a un truc qui est pas passé là :/ pour moi il porte la malédiction des trois vieux, donc il est par essence à craindre (superstition que ça se propage, tout ça) mais j'aurais du en parler plus frontalement.
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Par ailleurs je suis un peu déçue de l'histoire. J'aimais bien l'annonce intrigante du début, mais la résolution me laisse un peu perplexe, ça ne me paraît pas vraiment imbriqué, ficelé. Il manque le déclic compréhension de "ah c'était pour ça, c'est là que ça allait, etc" pour que ça rende l'histoire spéciale et qu'on la retienne, je trouve. J'ai plus eu l'impression des thèmes de l'AT parachutés, en fait...   :-[
Pour le coup je suis vraiment parti du thème "les mains dans les poches" mais c'est vrai que j'ai eu beaucoup beaucoup de mal à en faire rentrer d'autres. Est-ce que tu trouves aussi que ce thème est parachuté ?
Pour la résolution... je suis hypra déçu aussi. Franchement je sais jamais trop comment finir les trucs, là c'est vrai que je savais que ce serait naze. J'ai un peu cherché et ça me convenait un peu, mais bon j'avais pas mal peur que ça marche pas du tout comme fin. Franchement j'ai aucune idée de quoi faire de mieux... Enfin je crois aussi que je voulais pas vraiment en faire un truc intriguant forcément, dans le sens où il n'y aurait pas forcément de grand mystère. J'essaye un peu de donner envie de voir ce qui s'est passé, mais l'enquête du narrateur, c'est pas forcément au cœur du truc pour moi. J'ai probablement trop fait monter la sauce alors que je savais que j'arriverai pas à faire de fin satisfaisante, y a rien qui était sensé s'imbriquer je crois, et en même temps y a pas beaucoup de pièces de puzzle pour être honnête.

En vrai j'aime bien ce texte, mais je me dis qu'il faudrait tout refaire en fait, ou garder juste des petits bouts (j'aime bien le passage raconté par le maraîcher par exemple, vu qu'aucune de vous deux n'en a parlé j'imagine qu'il a rien de spécial, mais bon).

Enfin merci à toutes les deux pour vos commentaires, j'ai un peu peur face à l'ampleur du truc pour ne faire quelque chose qui marche, mais j'essayerai peut-être avant la date butoir du 19 (ou après sinon, hein, mais ça me fait un peu peur quand même  >< ). Si j'y arrive j'aimerais bien que vous lisiez le résultat, mais franchement à votre place j'aurais la flemme.

Bref merci pour ces commentaires forts utiles !
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Milla

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #4 le: 02 Septembre 2021 à 23:26:56 »
Oui, je relirai avec plaisir ! :)
et ouip, le thème des mains dans les poches est moins parachuté ! Mais du coup ça colle moyen avec le côté terrorisant de la malédiction, de siffloter les mains dans les poches... :\?

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #5 le: 03 Septembre 2021 à 09:05:36 »
Je ne sais pas trop, pas rentré dans l'histoire, j'ai trouvé le texte un peu long pour une finalité que je voulais deviner au cours de ma lecture ^^ long est le mot.
Possible que je n'ai pas accroché également ^^ parce que je lis trop de choses différentes ces temps-ci, j'assume et je l'avoue, alors ne prendre ma remarque que pour un passage touristique ^^.
Peut-être le conseil d'un touriste ^^, le même récit en bref, je me suis senti noyé de détails qui pour certains expliquent, et pour d'autre comme moi n'apportent rien de plus.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #6 le: 03 Septembre 2021 à 12:38:21 »
Bonjour à toi chameau-mout,


J'ai découvert ce texte avec une certaine hésitation car il y a plein de phrases dont je n'étais pas sûr de comprendre le sens profond. Quelquefois, l'alternance entre humour, ironie d'un côté et sérieux ou descriptions champêtres/romantiques de l'autre me donne le tournis.


Puisque tu te demandes ce que tu pourrais apporter de plus à ce texte... Ma foi, je dirais que tu pourrais aller à fond dans ce que tu aimes, et retirer rapidement tout ce que tu aimes le moins pour aller franchement dans un genre qui te sied le mieux. En supprimant les phrases qui te parlent le moins dans ta création, tu retrouverais plus d'assurance pour dire ce que tu avais au fond envie de transmettre.

La phrase avec « les mains dans les poches » m'a un peu échappé. À la base, j'aurais plutôt vue l'idée des mains dans les poches de quelqu'un d'inactif, ou d'impréparé, donc soit : quelqu'un qui est en pause, ne participe pas/plus à un chantier, inactif ; ou bien quelqu'un qui improvise, qui agit à l'instinct ou qui n'anticipe pas ce qu'il va faire, mû par l'impréparation.

Bref, j'ai eu du mal à comprendre le sens de « comme les mains dans les poches » dans ton texte à ce moment de l'intrigue. :/


Je repasserai à coup sûr si tu apportes une nouvelle version à ce texte pour te dire ce que je pense d'éventuelles modifications, car nous sommes là pour ça actuellement. :)

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #7 le: 05 Septembre 2021 à 19:34:36 »
C'est corrigé ! J'ai un peu modifié la fin et l'ambiance générale, je ne sais pas si ça fonctionne mieux comme ça. J'ai essayé de beaucoup fluidifier l'ensemble aussi, mais j'ai quand même gardé beaucoup de choses.



Re-coucou Milla,
Citer
Mais du coup ça colle moyen avec le côté terrorisant de la malédiction, de siffloter les mains dans les poches...
Justement, il n'est pas terrorisé du tout, lui  :???:



Coucou frenchwine.

Citer
Je ne sais pas trop, pas rentré dans l'histoire, j'ai trouvé le texte un peu long pour une finalité que je voulais deviner au cours de ma lecture ^^ long est le mot.
La finalité ne se "devine" pas vraiment, mais elle est peut-être plus satisfaisante comme ça, je sais pas.

Citer
le même récit en bref, je me suis senti noyé de détails qui pour certains expliquent, et pour d'autre comme moi n'apportent rien de plus.
Je crois que maintenant les détails ont un peu plus leur importance dans le récit global, mais peut-être que ce n'est pas toujours très perceptible.

En tout cas merci de ton commentaire qui n'apporte pas rien !



Salut Alan Tréard.

Citer
J'ai découvert ce texte avec une certaine hésitation car il y a plein de phrases dont je n'étais pas sûr de comprendre le sens profond. Quelquefois, l'alternance entre humour, ironie d'un côté et sérieux ou descriptions champêtres/romantiques de l'autre me donne le tournis.
Il y a un peu d'ironie au début, mais ça se calme quand même par la suite, non ? Enfin c'est vrai que le narrateur a pas mal de tons, mais je crois que j'aime bien ça, ça lui donne un peu plus corps dans mon idée.

Citer
Puisque tu te demandes ce que tu pourrais apporter de plus à ce texte... Ma foi, je dirais que tu pourrais aller à fond dans ce que tu aimes, et retirer rapidement tout ce que tu aimes le moins pour aller franchement dans un genre qui te sied le mieux. En supprimant les phrases qui te parlent le moins dans ta création, tu retrouverais plus d'assurance pour dire ce que tu avais au fond envie de transmettre.
Au final j'ai plus ajouté des choses qu'enlevé, si ce n'est la fin !

Citer
La phrase avec « les mains dans les poches » m'a un peu échappé. À la base, j'aurais plutôt vue l'idée des mains dans les poches de quelqu'un d'inactif, ou d'impréparé, donc soit : quelqu'un qui est en pause, ne participe pas/plus à un chantier, inactif ; ou bien quelqu'un qui improvise, qui agit à l'instinct ou qui n'anticipe pas ce qu'il va faire, mû par l'impréparation.
Pour moi c'est dans l'idée de quelqu'un qui viendrait les mains dans les poches quelques part, c'est-à-dire sans être préparé, avec insouciance, sans trop penser au reste, oui :)

Merci à vous deux d'être passés :)
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #8 le: 07 Septembre 2021 à 16:45:37 »
Salut Mout10


Un petit commentaire au fil du texte et à la fin mes impressions générales (sachant que je commente après avoir tout lu).

Citer
Les platanes qui bordent les rues de ce petit village sans histoire ne m'avaient pas inspiré grand chose lorsque j'y étais passé pour la première fois.
J'aime bien cette première phrase.

Citer
Les hortensias immenses et omniprésents, et pourtant si banals en cache-misère des murs tristes, les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles. 
Au final il ne revient pas si souvent que ça et on ne sait jamais quelles raisons le portent dans ce village-ci.

D'ailleurs on ne sait presque rien du narrateur. C'est un voyageur ("poser mon sac") : il doit rencontrer bien du monde et beaucoup de petits villages  : pourquoi ce village-ci et cette histoire l'intriguent-ils tellement ?
Ton incipit est un peu dans le style les nouvelles du XIXeme siècle (je pense à Maupassant par exemple), mais en général il y a toujours au moins une brève introduction de quelques lignes pour expliquer pourquoi le narrateur se trouve à tel endroit à telle époque (invité à une partie de chasse chez untel...etc).

Citer
« Un village de plus, un souvenir de moins. »
Pourquoi un souvenir de moins? Les souvenirs s'accumulent avec l’expérience plus qu'ils ne se retranchent, il me semble.

Citer
Elle donnait corps à cet amas de maisons qui, sans elles n'aurait probablement même pas mérité le nom vague, mais structurant, de village.
Il me semble que le "elles" que j'ai mis en gras devrait se rapporter à l'avenue (et donc reste au singulier) et pas aux maisons.

Citer
« Avenue de Monsieur V.
Au moment de sa disparition, V est adolescent si je ne me trompe. Du coup ça me fait bizarre de l'appeler "Monsieur".

Citer
Baptisée à mon arrivée « avenue des fleurs »
Je ne trouve pas la phrase très claire.On dirait qu'elle est baptisée "avenue des fleurs" au moment exact où le narrateur arrive.
Peut-être peut-on remplacer "à mon arrivée" par naguère?

Citer
avec cette banalité affligeante qui s’étendait partout à l’époque
Pas fan de l'expression "banalité qui s'étendait"

Citer
C'est sur le banc en pierre, en face de cette mairie, que trônait une bande de trois vieillards dont personne n'avait jamais trop su dire l'âge, le genre, ou encore moins le nom, comme trois barons contemplant leurs terres prospérer et leurs gens s'affairer. De mon point de vue de voyageur fraîchement débarqué, on aurait plutôt dit trois berniques accrochés à leur rocher, attendant d’aller s’échouer sur le sable.
J'aime bien ces personnages. Ils me font penser à l’île du Giglio : il y tout en haut de l’île, un village fortifié (Castello). On y accède par une porte devant laquelle se trouve un banc de pierre. Une bande de petits vieux s'y trouve toute la journée, contrôlant les passants. Les gens du coin les appelle "les sénateurs". J'ai eu l'impression de les voir dans ta description.

Citer
Si mon oreille avait été plus entraînée, elle aussi, j’aurais saisi les murmures, les prières et les spéculations qui courraient
Couraient (à l'indicatif).


(Visite imprévue: je repasse plus tard pour la suite ) ;)




« Modifié: 08 Septembre 2021 à 17:29:19 par Samarcande »
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

Hors ligne Alan Tréard

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #9 le: 07 Septembre 2021 à 21:46:16 »
Bonjour chameau-mout,

Mais où est passée Samarcande, son commentaire n'est pas fini !? :kei:


Quant à moi, je viens de lire cette nouvelle version que tu as proposé de ton texte, et il m'apparaît que cette seconde lecture a été plus facile au niveau de la compréhension des enjeux.

Ce que je retiens de ton histoire actuellement, c'est que ton narrateur a été témoin d'un miracle – ou plutôt d'une malédiction – et qu'il s'en remet à sa lectrice ou son lecteur pour lui dire ce qu'il faudrait en penser. :huhu:


J'aime bien l'idée de Samarcande d'imiter les débuts à la Maupassant avec cette anecdote qui commence par quelques mots sur les habitants du coin. C'est vrai que ça changerait un peu le cours du récit (car ton narrateur est censé être un inconnu au village, c'est pour ça que personne ne veut lui parler), alors tu nous diras ce que tu en penses, car je suis curieux de le savoir. :)

Si jamais tu hésites sur les éventuelles améliorations que tu pourrais encore apporter, quelque chose me dit que tu pourrais regarder du côté des apparences : tu dois avoir employé une bonne quinzaine de fois la conjonction comme, sans compter les différents apparaître et sembler qui font beaucoup de comparaisons pour un seul texte.

Voici quelques pistes à explorer pour faire vivre ton récit, en espérant pouvoir t'être utile.


Ah ! Sinon, je crois que j'ai mieux compris l'expression « les mains dans les poches » maintenant grâce à tes explications soignées et une relecture plus assidue de ton texte. ^^

Merci pour tout, et bon courage pour la suite de tes inspirations.

Hors ligne Samarcande

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #10 le: 08 Septembre 2021 à 18:11:27 »
Suite et fin du commentaire.

Citer
C’est justement une de ces prophéties qui devait me faire rester, puis revenir.
J'aime bien cette phrase. Elle me donne vraiment envie de savoir la suite.

Citer
Plusieurs années avant ma venue, le jeune Monsieur V. avait paradé dans l’avenue des fleurs, poussé par ses parents dans un landau flambant neuf,  et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards, les yeux révulsés et le corps tendu à craquer, balbutiait un langage incompréhensible.
Je trouve cette phrase un peu emberlificotée : j'ai dû la relire deux fois pour en comprendre la construction.
Je crois que c'est la forme passive de la deuxième partie qui me gêne ( "poussé" et  puis "pointé par un doigt).

Citer
Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu à ces trois êtres éternellement décrépis.
Je pense que là aussi la cause serait plus compréhensible si elle était placée avant la conséquence.

Citer
Les parents s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce landau.
J'imagine qu'ils regrettent d'avoir acheté le landeau parce qu'ils ont pu aller se promener sur l'avenue, et que donc les vieillards ont pu voir quelque chose qui leur déplaisait et donc lancer la malédiction.
Si c'est le cas, l'ellipse est un peu trop poussée pour moi.

Autre point qui ne m'est pas clair: en quoi consiste cette malédiction qui n'est formulée nulle part ? On n'a pas d'exemple précédent de malédiction des vieillards qui se soit avérée et du coup le coté effrayant de toute l'affaire m'échappe un peu.
Est-ce que le fameux maraîcher ne pourrait pas expliquer au voyageur pourquoi les villageois tiennent autant compte des avis des trois vieux ?

Citer
Le village avait rapidement compris que les jours du futur Monsieur V. étaient comptés. Depuis, le bébé, puis jeune enfant, avait partout été accompagné par les regards hostiles et apeurés des villageois, effrayés à l’idée qu’à chacun de ses gestes, la malédiction puisse se répandre partout.
Si ses jours sont comptés ils devraient le regarder avec pitié plus que peur, non? Ou bien c'est contagieux?

Citer
Bien sûr, je ne compris rien à la scène, mais lorsque j’interrogeai le maraîcher, qui avait arrêté sa charrette pleine de choux et de carottes juste à côté de moi pour observer le spectacle, celui-ci m’expliqua l’histoire.
J'ai un peu de mal avec les continuels sauts entre passé et présent, mais peut-être que c'est uniquement mon problème.

Citer
Les jours suivants, je me joignais
je me joignis?


Citer
C’est lors de ma deuxième visite que les choses devaient se dénouer, avec ce à quoi tout le monde ferait plus tard allusion comme « l’incident ».
Est-ce un hasard que le narrateur se trouve là ou y a-t'il une raison bien particulière ?

Citer
Je n’eus en réalité presque aucun contact avec Monsieur V. avant l’incident. Je pus parler à ses parents peu après celui-ci, mais ils n’avaient rien à m’apprendre, et ne savaient pas même expliquer le tempérament de leur fils. Il avait eu les « mains dans les poches » depuis qu’il avait un pantalon.
Avant l’incident, je ne parvenais qu’à surprendre des brefs on-dit en laissant traîner une oreille
Donc là on est dans l'après-incident.

Citer
Avant l’incident, je ne parvenais qu’à surprendre des brefs on-dit en laissant traîner une oreille indiscrète au café ou au marché du coin. Et, à mon grand dam, on parlait peu de Monsieur V. dans ces lieux. L’essentiel des ragots devaient circuler dans des cadres plus privés auxquels je ne pouvais espérer avoir accès. Le maraîcher était le seul qui m’avait librement confié quelques vérités au sujet de l’affaire, et c’est par lui que l’opportunité d’en apprendre un peu plus se présenta enfin à moi.
Et là de nouveau dans l'avant.

Citer
À la fin de mon deuxième séjour (celui durant lequel se déroula « l’incident »), j’avais évoqué avec lui un alcool de chez moi, fait à bases de plantes de la région, qui l’avait fortement intéressé. J’avais donc décidé de lui rapporter une bouteille à ma prochaine visite, certain que la complicité d’un alcool rare le rendrait généreux en confidences.
Et là c'est la deuxième visite, après l'incident.
Et du coup, je ne comprends pas pourquoi le maraicher est si réservé. C'est le genre de moment où tout le monde dit "je le sentais bien qu'il y avait quelque chose de pas net ...."

Sinon j'aime bien tout le passage du récit du maraicher. Tu as su lui trouver une voix. C'est très naturel :coeur:

Citer
. J’étais revenu pour mon deuxième séjour, lorsque « tout ça » se produisit, comme on le dit ici, par peur d’évoquer plus précisément « l’incident ».
Et finalement l'incident !!!! :bonpublic:
Bon tu as su créer une grosse attente pour cet incident et c'est bien cool, mais j'avoue que j'ai été un peu déçue par la révélation.

Citer
En regardant de plus près les trois vieillards, je vit
je vis

Citer
Le « tout ça » débuta normalement
Je ne trouve pas ça très élégant comme tournure.

Citer
. A posteriori je remarque seulement qu’une tension invisible semblait tous nous parcourir.
Et de nouveau un bond en avant.



Citer
Monsieur V. tourna le dos à ce qui ressemblait désormais à trois statues grossièrement taillées, fit une révérence et disparu
disparut

Citer
Le « tout ça » débuta normalement
je ne trouve pas ça très élégant comme tournure.

Citer
. A posteriori je remarque seulement qu’une tension invisible semblait tous nous parcourir.
Et de nouveau un bond en avant.


Citer
Monsieur V. ne reparu plus jamais au village.
reparut

Citer
Je ne devais le revoir qu’aujourd’hui, longtemps après « l’incident ».
Pourquoi est-il revenu une troisième fois ?

Citer
. Je crois reconnaître quelques visages, et des sourires que je n’ai pourtant jamais vu.
vus

Bon au final il y a beaucoup d'éléments positifs dans ce texte.
Tu as su créer une ambiance, des chouettes personnages, un beau décor. Tu sais bien faire monter l'attente.
Mais il manque un petit plus à l'intrigue pour que tout s'imbrique parfaitement.

Je trouve certaines phrases un poil trop emphatiques et complexes (je n'ai rien contre les phrases longues en général si elles servent l'action).
Je pense que tu pourrais les alléger un peu : il y a souvent beaucoup d'adjectifs et d'adverbes pour décrire comment se sentent les personnages. Peut-être pourrais-tu nous le faire comprendre dans l'action (le fameux show, don't tell) .

De même tu pourrais peut-être alléger certaines explications qui sont très marquées (prophétie et malédiction/nonchalant, insouciant , ne se souciait de rien/ regards hostiles, apeurés (2x en quelques lignes), magma de menaces, sifflements ) : c'est un peu too much.

Sinon beau travail et merci pour la lecture.
















« Modifié: 08 Septembre 2021 à 18:14:44 par Samarcande »
«Trees are full of songs and we are not shy to seeing them.» (Elif Shafak - The island of missing trees)

Hors ligne Earth son

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #11 le: 08 Septembre 2021 à 18:33:03 »
Bonjour Mout10,

Je suis partagée à la lecture de ton texte.
Dans un sens, je trouve ça intriguant, bien écrit, et de l'autre, je m'interroge sur le narrateur (pourquoi est-il venu ? Revenu ? Pourquoi s'interroge-t-il autant sur le gamin ?) et sur la temporalité (dans un sens, on a l'impression qu'il s'est passé peu de temps entre les événements et de l'autre, tout le monde a oublié le nom du jeune homme, ce qui laisse penser qu'il s'est passé un temps fou, qui serait plutôt de l'ordre de plusieurs générations).
J’ai instantanément pensé aux Parques devant les 3 vieillards.  :)

Après, j'ai relevé quelques coquilles, il me semble :

Citer
trois berniques accrochés à leur rocher
accrochées (bernique est féminin si je ne me trompe pas)

Citer
comme si se les brosser  était une insulte
un espace en trop entre "brosser" et "était"

Citer
qui était ce morveux pour ignorer les avertissements des anciens et pour en plus les insulter ?
Je mettrais des virgules autour de "en plus"

Citer
L’essentiel des ragots devaient circuler
devait (essentiel est singulier)

Citer
Un gars comme lui, l’œil alerte, au courant de tout dans le village.
Un doute sur le point à utiliser. Un point d'interrogation ?

Citer
j’ai pas du rêver


Citer
je vit que leur teint se faisait plus livide à chaque seconde.
vis

Citer
le froufrou de centaines plumes
de centaines de plumes

Voili voilo
Chouette texte en tout cas ;)
« Modifié: 08 Septembre 2021 à 18:52:34 par Earth son »

Milla

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #12 le: 08 Septembre 2021 à 21:20:02 »
Yop !

Comme promis, je relis. Du coup, je fais comme si c'était la première fois !

au fil de la lecture...
Citer
Les platanes qui bordent les rues de ce petit village sans histoire ne m'avaient pas inspiré grand chose lorsque j'y étais passé pour la première fois. Fatigué par trop de marche et de solitude, j'avais décidé d'y poser mon sac. Les hortensias immenses et omniprésents, et pourtant si banals en cache-misère des murs tristes, les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles.
tu es au plus que parfait, donc avaient empêché, je pense Non en fait tu restes au passé simple après, donc faut juste un truc qui autorise de basculer, genre "Sur le moment, les hortensias immenses..."

Citer
Ce n'est pas dans une de ces ruelles que le vif intérêt que je devais porter à ce village s'éveilla, mais dans l'allée principale, qui traversait ces quelques maisons réunies ensemble comme par hasard.
je trouve la phrase lourde à cause de sa longueur, ça ajoute toujours une info en plus. Je virerais " réunies ensemble comme par hasard" qui n'apporte pas grand chose je trouve et qui est redondant avec "amas de maisons". et la description qui sont juste après

Citer
De nos jours, on l’appelle « Avenue de Monsieur V. ». Elle donnait corps à cet amas de maisons qui, sans elle n'aurait probablement même pas mérité le nom vague, mais structurant, de village.
le retour à l'imparfait fait bizarre après al considération au présent vu que ça parle de la même chose. Peut-être "Elle est celle qui donne corps à cet amas de maison." mais du coup ça oblige à refaire une phrase pour la suite ("Sans elle, ce lieu n'aurait probablement...") --> et du coup je rebondis sur ça pour dire qu'un nome de village serait cool peut-être ?

Citer
Baptisée à mon arrivée « avenue des fleurs »
pas fluide,  surtout que là tu vas repasser à l'imparfait pour revenir à la première visite du voyageur. Donc ça me parait indispensable de nous recaler temporellement en commençant par "À mon arrivée, "

Citer
C'est sur le banc en pierre, en face de cette mairie, que trônait une bande de trois vieillards dont personne n'avait jamais trop su dire l'âge, le genre, ou encore moins le nom, comme trois barons contemplant leurs terres prospérer et leurs gens s'affairer.
j'aime pas trop le "C'est.... que", je trouverai ça plus fluide en direct, et ça mettrait les vieillards en sujets, ce qui serait cool pour leur entrée dans l'histoire !

Citer
De mon point de vue de voyageur fraîchement débarqué, on aurait plutôt dit trois berniques accrochés à leur rocher, attendant d’aller s’échouer sur le sable.
:D

Citer
Si mon oreille avait été plus entraînée, elle aussi,
un peu moche ce "elle aussi", notamment pour le rythme du paragraphe je trouve... À mon avis on attend plutôt un "Et si mon oreille..." pour faire l'écho avec al phrase d'avant :)

Citer
Plusieurs années avant ma venue, le jeune Monsieur V. avait paradé dans l’avenue des fleurs, poussé par ses parents dans un landau flambant neuf,  et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards, les yeux révulsés et le corps tendu à craquer, balbutiait un langage incompréhensible. Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu à ces trois êtres éternellement décrépis. Les parents s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce landau.
ce passage est la clef de voute de l'histoire, et je le trouve toujours obscur (sans tes explications j'aurais pas saisi son importance et ce qui se passait vraiment je crois)
à mon avis, faut le soigner et nous le mâcher :
"Plusieurs années avant ma venue, le jeune Monsieur V. avait paradé dans l’avenue des fleurs, poussé par ses parents dans un landau flambant neuf." --> point, pour nous laisser déjà intégrer ça.
"et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards, les yeux révulsés et le corps tendu à craquer, balbutiait un langage incompréhensible." ---> là j'ai vraiment besoin que tu me redises qu'ils lancent des malédictions sur les gens, parce que je l'ai intégré comme un élément de décor de la rue, mais pas comme un élément d'intrigue de l'histoire. Donc vraiment décrire l'action et mettre en toute lettre qu'il maudit l'enfant.
"Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu à ces trois êtres éternellement décrépis."--> nickel pour la question explication
" Les parents s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce landau." --> je crois qu'il me faut un ", car " pour connaître le vécu + la compréhension et position des parents, et saisir la conséquence de la malédition. Donc des éléments sur : primo est-ce que les parents croient à la malédiction, secondo que pensent-il que ce soit (un risque de mort de l'enfant, un risque que l'enfant se change en monstre, autre...), tertio est-ce que l'acte a une conséquence sur le reste du village qui va changer de comportement vis à vis d'eux et de leur bébé ou pas. Vraiment ces 3 infos me paraissent indispensables ici pour comprendre ce qui se passe ensuite.
Tu nous donnes une piste tout de suite après avec :
Citer
Le village avait rapidement compris que les jours du futur Monsieur V. étaient comptés. Depuis, le bébé, puis jeune enfant, avait partout été accompagné par les regards hostiles et apeurés des villageois, effrayés à l’idée qu’à chacun de ses gestes, la malédiction puisse se répandre partout.
et du coup c'est cool, mais je pense qu'il faut pas faire de nouveau paragraphe, c'est vraiment lié à celui d'avant pour nous aider à cerner ce qui se passe.
Par contre, j'ai toujours le même problème de compréhension ici :\? Je décortique à fond : "Le village avait rapidement compris que les jours du futur Monsieur V. étaient comptés" = la malédiction est que le bébé va mourir d'un moment à l'autre. Pour moi ça peut provoquer de la tristesse, de l'empathie, mais pas de la peur. Si j'ai bien compris ton raisonnement, ils réagissent par "Depuis, le bébé, puis jeune enfant, avait partout été accompagné par les regards hostiles et apeurés des villageois, effrayés à l’idée qu’à chacun de ses gestes, la malédiction puisse se répandre partout." parce qu'ils pensent que c'est contagieux ? pour moi lectrice, c'est pas évident : au début, tu dis qu'ils maudissent souvent plein de gens, ça semble très individuel, donc moi là je comprends que la malédiction est égale à "ce bébé va mourir", ce qui fait que se répandre partout ne marche pas.
Il me semble que si tu explicites mieux avant la malédiction qui est jeté, on comprendra pourquoi ils ont peur. En gros, ils le maudissent de mort et c'est comme appeler la Mort avec un grand M qui pourra aussi faucher tout ceux qui se trouveront autour ? Si c'est bien ça, je crois qu'il faut le dire vraiment bien clairement.

Citer
Il ne sembla jamais s’en formaliser.
du coup, vu que sa mort était censée être imminente, il manque une transition qui nous dise que contre toute attente, il ne mourut pas (et du coup grandit, mais ça tu le dis bien)

Citer
Il était clair pour tout le monde qu’il savait très bien ce qui s’était passé. C’est ainsi que je vis, le jour de mon arrivée
je trouve que "c'est ainsi que" marche mal ici, dans l'enchainement. Ou bien il faudrait un nouveau paragraphe, mais je crois que je préfererais que tu nous refasse le focus sur le narrateur avec un "moi-même, je..." ou truc du genre.

Citer
Je devais rester longtemps songeur devant cet étrange rituel qui, sans trop savoir pourquoi, m’apparaissait aussi fascinant qu’absurde.
en fait le narrateur comprend que monsieur V est le seul à ne pas croire aux malédictions des vieux, non ? du coup je sais pas si le "sans trop savoir pourquoi" et le flou amené dans l'ambiance par cette phrase est opportun

Citer
Pourtant, de toutes ses facéties, c’est la nonchalance de cet adolescent qui m’étonna le plus.
hmmm le pourtant de marche pas ici je trouve. "Quant à moi " ?

Citer
Je ne préfère cependant pas expliciter cette deuxième visite tout de suite, préférant me concentrer tout d’abord sur l’après.
répétition

Citer
Il avait eu les « mains dans les poches » depuis qu’il avait un pantalon.
^^

Citer
Le maraîcher n’était pas un type très différent des autres, et, au bout de deux verres, ses traits bourrus s’étaient un peu détendus.
un passé simple serait plus fluide (et je vois pas trop de raison pour ce plus que parfait)

Citer
Je resservi un verre au bonhomme, et revenait à la charge.
resservis

Citer
Je l’encourageai d’un hochement de tête, feignant de croire que c’était pour l’aider à se décharger d’un poids trop longtemps supporté que nous étions ici tous les deux, et non pour étancher ma curiosité.
il manque "puisque" avant, non ?

Citer
Mais avec tout ce qui s’est passé depuis, maintenant je me dis que j’ai pas du rêver ce soir-là.
je virerais le "tout" puisqu'il n'y a eu qu'un seul évènement  / dû

Citer
Je n’osais pas le couper, par peur de fermer à nouveau les portes. Pourtant, j’avais le sentiment qu’il ne s’arrêterait pas, qu’il avait vraiment besoin de se décharger de quelque chose.
bof ce Pourtant, c'est plutôt un De toute façon non ?

Citer
A posteriori je remarque seulement qu’une tension invisible semblait tous nous parcourir.
soit "a posteriori" tout court, soit le déplacer en "seulement a posteriori", mais le cumul des deux tel quel fait bizarre

Citer
fit une révérence et disparu.
disparut

Citer
À sa place, une myriade de volatiles s’envolèrent, conchiant la foule au passage (moi y compris), le froufrou de centaines plumes emplissant l’avenue de leur vacarme, quelques poules incapables de s’enfuir picorant le sol comme si de rien n’était.
des passés simples seraient + actif et + fluides (au moins le premier)

Citer
Monsieur V. ne reparu plus jamais au village.
reparut

Citer
Ses parents ne savaient rien, personne ne sut vraiment expliquer ce qui s’était passé.
peut-être, pour limiter le côté frustrant de la fin, nous donner des suppositions en questions, qui feraient comme des ouvertures ? Ce serait logique que le voyageur les fasse. Notamment est-ce que c'est al malédiction qui a fait disparaître Monieur V ou est-ce que c'était le moyen de monsieur V pour faire disparaitre les malédictions ?

Citer
À mes yeux, les vieillards n’avaient pas vu un condamné dans ce bébé, mais bien leur propre disparition.
ah yes ! excellent à préciser ça.

Citer
Lors de ce deuxième séjour, je restais une semaine de plus, essayant de glaner quelques informations, mais le village tout entier était trop choqué pour s’ouvrir.

Après avoir entendu l’histoire du maraîcher, quand je partis enfin, je regardai le village derrière moi. Je ne devais le revoir qu’aujourd’hui, longtemps après « l’incident ». Je foule à nouveau le pavé des ruelles ennuyeuses, le cœur battant à l’idée de revoir l’avenue. Rien n’a changé depuis mon départ. Les vieillards figés sont toujours en place, ils font partie du décor, avec la mairie et le café. De temps en temps un enfant leur fait une grimace, mais plus personne ne s’arrête pour le réprimander. Je crois reconnaître quelques visages, et des sourires que je n’ai pourtant jamais vu. La morosité a laissé place à la tranquillité.
Le nom de Monsieur V. semble avoir été oublié, seule cette lettre « V. » est restée. J’ai moi aussi barré ce nom de mes carnets. Pourtant, tout parait crier qu’ici, il n’a pas disparu, et qu’il est là, caché un peu partout. À mes yeux, les vieillards n’avaient pas vu un condamné dans ce bébé, mais bien leur propre disparition. Bien sûr, personne ici ne s’est penché sur la question, et je crois que c’est très bien comme ça. Au « village de Monsieur V. ».
À propos de la fin. Vu l'annonce du début, je crois que tu retomberais bcp mieux sur tes pieds si le voyageur ne partait pas après cette dernière visite, s'il se retrouvait comme prisonnier du village, et peut-être de l'avenue. Par exemple, quitte à être aller dans le fantastique ça pourrait être que Monsieur V, en mettant fin aux vieillard, n'avait pas prévu que leur phénomène était trop ancré pour disparaître, et qu'il s'est transféré sur le voyageur, qui se retrouve désormais sur le banc à leur place au mêmes heures de la journée, à guetter et à avoir envie de maudire mais à se retenir pour qu'on capte pas ce qu'il est devenu.
Ou si tu tiens à ta fin actuelle, il me manque un élément de compréhension sur pourquoi il revient aussi longtemps après. Dans la vraie vie on fait plein de choses sans raison, mais dans les textes, ça fait faille, je trouve.... En tout cas la fin est quand même bcp mieux !

et du coup, hop là tout relu, sur le global....
déjà je m'excuse de ce looooong pinaillage. Tu semblais avoir envie de retour et d'améliorer au max le texte, donc j'ai été le plus pénible possible. (Ça reste, éternellement, mon avis subjectif, à toi de trier !) Toutefois je trouve cette version bien bien meilleure que la précédente. Beaucoup plus fluide, plus claire aussi ! J'étais bcp plus plongée dans l'ambiance, et je crois que 'es pas loin du tout d'un texte vraiment très chouette !

Re merci pour ce texte !  ^^

Milla













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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #13 le: 08 Septembre 2021 à 21:52:29 »
Salut Mout !

Détails :
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les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles.  « Un village de plus, un souvenir de moins. », pensai-je
tes premiers verbes sont au plus que parfait, puis tu passes au PS ; ça me semblerait adapté de rester au pqp

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qui, sans elle n'aurait probablement même pas mérité
je pense que le "sans elle" devrait être encadré de deux virgules

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présumée.  C’est justement
deux espaces, ici

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et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards
au bout du doigt, y a un vieillard... suis pas fan de la formulation

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Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu
Perso, j'aurais mis "peut-être que" ou "avait-elle déplu"

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Un magma  de
2 espaces avant "de"

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apeurés continuait cependant de le suivre.
Il était clair pour tout le monde qu’il savait très bien ce qui s’était passé. C’est ainsi
est-ce que le changement de paragraphe ne serait pas mieux après "passé." ?

Citer
brosser  était
2 espaces

Citer
ces absurdités réservées aux autres.
tu as "absurde" quelques lignes avant, pas forcément gênant, à toi de voir

Citer
« Ah ça oui, il nous impressionnait, y a pas à dire. », « Pas grand monde aurait pu prédire le coup qu’il nous a fait. ».
je suis pas sûr qu'il faille garder les points dans les guillemets lorsque tu as une ponctuation qui suit.

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se mettre à table, la loi du silence
point-virgule, ici ?

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la loi du silence luisant encore comme un phare dans son cerveau embrumé. Je surpris cependant une lueur étrange au fond de ses yeux, une lueur
luisant, avant la répétition volontaire de "lueur" me semble de trop

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Je resservi un verre au bonhomme, et revenait à la charge.
resservis
revenais

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mais il s’est mit à brailler,
mis

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J’étais revenu pour mon deuxième séjour, lorsque « tout ça » se produisit, comme on le dit ici, par peur d’évoquer plus précisément « l’incident ».
ça m'a fait tiquer, le "J’étais revenu pour mon deuxième séjour", puisque on est déjà dans le deuxième séjour, lors de la discution avec le maraîcher.

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je vit que leur teint se faisait plus livide
vis

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Ses parents ne savaient rien
c'est un peu "sec", pour caractériser les parents de simplement dire qu'ils ne savaient rien, ça manque d'émotion, non ?

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Les trois vieillards restèrent dans « l’avenue de Monsieur V. », figés pour toujours, et personne ne songea à les déloger.
dans le paragraphe précédent, je n'ai pas compris que leur transformation en statue était réel (et pas une métaphore) ; du coup, le "déloger" peut laisser un certain flou (volontaire ?)

Au global :
J'ai bien aimé. La narration viellote + le fantastique inexpliqué = Maupassant, clairement on est dans cette veine-là, et j'ai eu le même genre de sentiments/réactions qu'en lisant une nouvelle du Monsieur. Après, je suis pas hyper fan de Maupassant... Mais ça marche bien, je trouve, ça me gêne pas qu'on n'ait pas une "vraie" résolution à la fin, ni qu'on n'ait pas plus d'info sur le narrateur. C'est lui qui cause, il raconte le truc, pourquoi il expliquerait qui il est et pourquoi il est là, après tout ?
Du coup, j'ai pas adoré le texte mais j'ai apprécié, j'ai lu avec plaisir.
Merci donc !
A+
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #14 le: 09 Septembre 2021 à 19:00:21 »
Mon avis ne sera pas super, car ce n'est pas le genre d'histoire que j'aime. Ceci dit, elle est bien écrite.

Sinon, selon moi, tu as fait une erreur dans ton texte. Cela est impossible :
"Le gamin passait chaque jour par l’avenue des fleurs, chaque jour, il s’arrêtait devant les vieillards, et chaque jour, il leur inventait une grimace différente."
S'il le fait souvent, 300 jours par an, il ne peut pas inventer une nouvelle grimace tous les jours.
Imagine le nombre qu'il devrait créer en autant d'années. En plus, je pense, qu'il y a un nombre limité de grimace. Du moins moi, j'en connais un nombre limité(pied de nez, tiré la langue...) qu'on peut combiner, mais je ne pense pas qu'il y en est des centaines.

Désolée de n'avoir pas un avis plus constructif sur ton texte. Mais je trouve qu'il a une qualité, c'est que les thèmes imposé ne sont pas les sujets principaux,. Pas beaucoup de participants ont eu cette bonne idée.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

 


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