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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » 10 - L'avenue de Monsieur V.

Auteur Sujet: 10 - L'avenue de Monsieur V.  (Lu 6482 fois)

Hors ligne holden5

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #15 le: 11 Septembre 2021 à 11:57:11 »
Bonjour,


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Les platanes qui bordent les rues de ce petit village sans histoire ne m'avaient pas inspiré grand chose lorsque j'y étais passé pour la première fois. Fatigué par trop de marche et de solitude, j'avais décidé d'y poser mon sac.
J'ai l'impression que le "y" dans la seconde phrase réfère au platane, sujet de la phrase précédente.


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Les hortensias immenses et omniprésents, et pourtant si banals en cache-misère des murs tristes, les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles.  « Un village de plus, un souvenir de moins. », pensai-je en foulant pour la première fois le pavé mal entretenu du lieu-dit.
reviendrais
l'atmosphère est très bien plantée!  :coeur:


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Ce n'est pas dans une de ces ruelles que le vif intérêt que je devais porter à ce village s'éveilla, mais dans l'allée principale, qui traversait ces quelques maisons réunies ensemble comme par hasard.
De nos jours, on l’appelle « Avenue de Monsieur V. ». Elle donnait corps à cet amas de maisons qui, sans elle n'aurait probablement même pas mérité le nom vague, mais structurant, de village.
:coeur:

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Baptisée à mon arrivée « avenue des fleurs » (avec cette banalité affligeante qui s’étendait partout à l’époque), cette artère organisait toute la vie du village autour d’elle. On y trouvait le café et la mairie, une bicoque un brin cossue, mais bicoque tout de même. C'est sur le banc en pierre, en face de cette mairie, que trônait une bande de trois vieillards dont personne n'avait jamais trop su dire l'âge, le genre, ou encore moins le nom, comme trois barons contemplant leurs terres prospérer et leurs gens s'affairer.

J'aurais commencé un nouveau paragraphe pour parler du banc et des vieillards.

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Si mon oreille avait été plus entraînée, elle aussi, j’aurais saisi les murmures, les prières et les spéculations qui couraient le long de l’avenue, répondant en silence à chaque frémissement des vieillards, à chaque prédiction présumée. 
Un peu de mal à comprendre cette phrase très dense en info.


Citer
Plusieurs années avant ma venue, le jeune Monsieur V. avait paradé dans l’avenue des fleurs, poussé par ses parents dans un landau flambant neuf,  et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards, les yeux révulsés et le corps tendu à craquer, balbutiait un langage incompréhensible. Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu à ces trois êtres éternellement décrépis. Les parents s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce landau.
Je n'aurais pas été gêné par plus d'infos sur le bébé et les parents (pourquoi ils sont là), mais dans des phrases plus courtes. Il s'agit d'un moment essentiel de sa vie, donc pourquoi ne pas s'attarder un peu plus dessus ? Je n'ai pas compris la dernière phrase.

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Il était clair pour tout le monde qu’il savait très bien ce qui s’était passé.
C’est ainsi que je vis, le jour de mon arrivée, un adolescent assez grand, les cheveux mi-longs, ébouriffés comme si se les brosser  était une insulte au monde, marcher à pas tranquilles dans l’avenue des fleurs. Quand il passa devant les trois vieillards, je l’observai, médusé, s’arrêter net, leur adresser une grimace et repartir d’un rire joyeux, le pas plus léger encore qu’auparavant.
Il m'a fallut plusieurs lecture pour comprendre que l'ado en question était M. V.

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celui-ci m’expliqua l’histoire.
Me raconta l'histoire, ou m'expliqua tout court.


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Je dus repartir, en me promettant de revenir observer Monsieur V. dès que l’occasion se présenterait. C’est lors de ma deuxième visite que les choses devaient se dénouer, avec ce à quoi tout le monde ferait plus tard allusion comme « l’incident ». Je ne préfère cependant pas expliciter cette deuxième visite tout de suite, préférant me concentrer tout d’abord sur l’après.
D'un point de vue chronologique, ton texte commence à malmener le lecteur. Tu parles d'un ado, auquel tu réfères ensuite comme Monsieur V, puis d'un incident dont tu vas d'abord évoquer l'après...La confusion me gagne !  :s



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je vit que leur teint se faisait plus livide à chaque seconde.
je vis.

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Monsieur V. tourna le dos à ce qui ressemblait désormais à trois statues grossièrement taillées, fit une révérence et disparu.
disparut


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Monsieur V. ne reparu plus jamais au village
reparut


Ses parents ne savaient rien, personne ne sut vraiment expliquer ce qui s’était passé. Les trois vieillards restèrent dans « l’avenue de Monsieur V. », figés pour toujours, et personne ne songea à les déloger.
Lors de ce deuxième séjour, je restais une semaine de plus, essayant de glaner quelques informations, mais le village tout entier était trop choqué pour s’ouvrir.

Citer
À mes yeux, les vieillards n’avaient pas vu un condamné dans ce bébé, mais bien leur propre disparition. Bien sûr, personne ici ne s’est penché sur la question, et je crois que c’est très bien comme ça. Au « village de Monsieur V. ».
Le twist est plutôt sympa. Si j'ai bien compris, il n'y a pas eu la moindre malédiction!

*

Eh bien, je trouve l'atmosphère rurale de ton texte très bien rendue, on croit voir ce petit village et entendre ses habitants. La figure inquiétante des trois "Parques" éternellement vieux, pétrifiés à la fin, est une bonne trouvaille. Et le twist m'a bien plu comme indiqué plus haut.
Mais ma lecture a été cependant un peu laborieuse, à cause des choix chronologiques et des ellipses concernant des choses importantes. Toutes les époques se télescopent, alors qu'il y aurait vraiment moyen de raconter une histoire limpide.

Merci beaucoup pour ce texte,
H.

« Modifié: 11 Septembre 2021 à 12:05:01 par holden5 »

Hors ligne Rémi

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #16 le: 11 Septembre 2021 à 12:38:12 »
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Si mon oreille avait été plus entraînée, elle aussi, j’aurais saisi les murmures, les prières et les spéculations qui couraient le long de l’avenue, répondant en silence à chaque frémissement des vieillards, à chaque prédiction présumée.
Un peu de mal à comprendre cette phrase très dense en info.
Je repassais par là et en lisant cette partie de ton commentaire, je me disais qu'il y avait quelque chose de proustien aussi dans certaines phrases (je dis ça parce que j'évoquais Maupassant précédemment, y a aussi du Marcel donc) ; celle relevée ici est vachement limpide par rapport à certaines phrases du grand Proust ^^

++
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne holden5

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #17 le: 11 Septembre 2021 à 13:12:15 »
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Je repassais par là et en lisant cette partie de ton commentaire, je me disais qu'il y avait quelque chose de proustien aussi dans certaines phrases (je dis ça parce que j'évoquais Maupassant précédemment, y a aussi du Marcel donc) ; celle relevée ici est vachement limpide par rapport à certaines phrases du grand Proust ^^
Ce n'est pas faux, d'autant que le cadre de la nouvelle m'a fait penser à l'univers proustien aussi. Cela dit, je n'ai jamais pu lire + de 20 pages de la Recherche, sans doute à cause de ce genre de phrases à rallonge qui ne prennent pas en compte ma "respiration cérébrale"!  :D

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #18 le: 11 Septembre 2021 à 16:01:41 »
Salut,

je repasse après avoir lu les autres commentaires.
 et surtout celui de Rémi
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Les trois vieillards restèrent dans « l’avenue de Monsieur V. », figés pour toujours, et personne ne songea à les déloger.
dans le paragraphe précédent, je n'ai pas compris que leur transformation en statue était réel (et pas une métaphore) ; du coup, le "déloger" peut laisser un certain flou (volontaire ?)

Moi non plus je n'avais pas compris qu'ils se transformaient en statue !  :facepalm: Je pensais que ton "pétrifiés" était juste une métaphore (et oui, du coup je me demandais ce que "la propre mort" que les vieillards avaient vue dans le bébé venait faire dans ce texte  :mrgreen: ).
Pour moi ils avaient gagné, restaient juges inamovibles du village et de ses habitants depuis leur banc,  tandis que Monsieur V , malgré ses grimaces, avait perdu, la prophétie l'ayant inexorablement rejoint.

Toutes mes excuses donc pour avoir dit que ton final était "décevant".  Sous ce nouveau point de vue je trouve ça très très bien trouvé. :coeur:

Sans vouloir généraliser à tous les lecteurs mon incapacité à comprendre le final de ton histoire, je pense qu'il y a deux points cruciaux dans ton histoire que tu expédies un peu trop rapidement : la malédiction/prophétie lorsque Monsieur V. est enfant et sa disparition/changement en statue des vieillards. Si je pense à l'extension du traitement que tu as réservé à la description du village, mais aussi à l'épisode des poules, je trouve dommage que tu glisses si vite sur ce qui met en place ton intrigue et sur ce qui la résout.

C'est tout, promis je n'interviens plus avec mes critiques  :noange:, mais sache que si je les fais, c'est esstentiellement parce que ton texte me plait beaucoup.




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Hors ligne ZagZag

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #19 le: 11 Septembre 2021 à 21:59:19 »
Mais vous êtes fous d'avoir autant commenté  :aah: :aah: Merci à tous, je vais répondre un par un  :coeur:
Je pensais répondre ce week end après avoir retravaillé le texte, mais finalement je n'ai pas vraiment le temps, donc je vous répond juste et je retravaillerai comme je peux pendant cette dernière semaine (et après, probablement). Je vais au moins corriger les méchantes coquilles.



Salut Samarcande !
Au final il ne revient pas si souvent que ça et on ne sait jamais quelles raisons le portent dans ce village-ci.

D'ailleurs on ne sait presque rien du narrateur. C'est un voyageur ("poser mon sac") : il doit rencontrer bien du monde et beaucoup de petits villages  : pourquoi ce village-ci et cette histoire l'intriguent-ils tellement ?
Ton incipit est un peu dans le style les nouvelles du XIXeme siècle (je pense à Maupassant par exemple), mais en général il y a toujours au moins une brève introduction de quelques lignes pour expliquer pourquoi le narrateur se trouve à tel endroit à telle époque (invité à une partie de chasse chez untel...etc).
Je vois l'idée, mais je crois que je n'ai pas vraiment envie de présenter le narrateur plus que ça. J'essayerai de rendre un peu plus compte de son intérêt pour le village, cependant.

   
Citer
« Un village de plus, un souvenir de moins. »
Pourquoi un souvenir de moins? Les souvenirs s'accumulent avec l’expérience plus qu'ils ne se retranchent, il me semble.
Ce que je voulais dire par là, c'est qu'il pense qu'il oubliera ce village dès qu'il en croisera un nouveau. Personne d'autre n'a relevé, alors je garde comme ça pour l'instant :)

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« Avenue de Monsieur V.
Au moment de sa disparition, V est adolescent si je ne me trompe. Du coup ça me fait bizarre de l'appeler "Monsieur".
C'est vrai. Mais simplement l'appeler "V." ne me convient pas vraiment...

Citer
Baptisée à mon arrivée « avenue des fleurs »

Je ne trouve pas la phrase très claire.On dirait qu'elle est baptisée "avenue des fleurs" au moment exact où le narrateur arrive.
Peut-être peut-on remplacer "à mon arrivée" par naguère?
Quand j'ai écrit "baptisé", j'ai croisé les doigts pour qu'on ne le voit pas comme tu l'as fait, mais du coup je vais changer, c'ets pas passé ^^

J'aime bien ces personnages. Ils me font penser à l’île du Giglio : il y tout en haut de l’île, un village fortifié (Castello). On y accède par une porte devant laquelle se trouve un banc de pierre. Une bande de petits vieux s'y trouve toute la journée, contrôlant les passants. Les gens du coin les appelle "les sénateurs". J'ai eu l'impression de les voir dans ta description.
Trop cool !

Citer
Plusieurs années avant ma venue, le jeune Monsieur V. avait paradé dans l’avenue des fleurs, poussé par ses parents dans un landau flambant neuf,  et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards, les yeux révulsés et le corps tendu à craquer, balbutiait un langage incompréhensible.
Je trouve cette phrase un peu emberlificotée : j'ai dû la relire deux fois pour en comprendre la construction.
Je crois que c'est la forme passive de la deuxième partie qui me gêne ( "poussé" et  puis "pointé par un doigt).
En fait, j'avais une idée un peu cinématographique avec cette phrase : on a d'abord le focus sur le landau, et puis on découvre et suit lentement le doigt du vieillard qui le pointe. Je n'arrive vraiment pas à faire marcher ça alors je crois que je vais reformuler tout ça.

 
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Les parents s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce landau.
J'imagine qu'ils regrettent d'avoir acheté le landeau parce qu'ils ont pu aller se promener sur l'avenue, et que donc les vieillards ont pu voir quelque chose qui leur déplaisait et donc lancer la malédiction.
Si c'est le cas, l'ellipse est un peu trop poussée pour moi.
C'est ça ! mais du coup c'est noté.

Autre point qui ne m'est pas clair: en quoi consiste cette malédiction qui n'est formulée nulle part ? On n'a pas d'exemple précédent de malédiction des vieillards qui se soit avérée et du coup le coté effrayant de toute l'affaire m'échappe un peu.
Je pourrais ptet donner un exemple, ouais.

Citer
Le village avait rapidement compris que les jours du futur Monsieur V. étaient comptés. Depuis, le bébé, puis jeune enfant, avait partout été accompagné par les regards hostiles et apeurés des villageois, effrayés à l’idée qu’à chacun de ses gestes, la malédiction puisse se répandre partout.
Si ses jours sont comptés ils devraient le regarder avec pitié plus que peur, non? Ou bien c'est contagieux?
Oui, les villageois ont peur d'être contaminés, je pensais que c'était assez clair avec la fin de la phrase :/

Et finalement l'incident !!!! :bonpublic:
Bon tu as su créer une grosse attente pour cet incident et c'est bien cool, mais j'avoue que j'ai été un peu déçue par la révélation.
C'est à pondérer avec ce que tu dis dans ton dernier commentaire, mais je pense qu'il y a quand même une déception. Mais je crois que j'ai pas envie d'aller plus loin dans le "twist", finalement.

Citer
Je ne devais le revoir qu’aujourd’hui, longtemps après « l’incident ».
Pourquoi est-il revenu une troisième fois ?
C'est vrai que je pourrais expliquer ça un peu plus !

Je pense que tu pourrais les alléger un peu : il y a souvent beaucoup d'adjectifs et d'adverbes pour décrire comment se sentent les personnages. Peut-être pourrais-tu nous le faire comprendre dans l'action (le fameux show, don't tell) .
Quand j'expliquais moins, les gens comprenaient encore moins (cf les premiers commentaires), donc je laisse comme ça. Et puis c'est le récit de quelqu'un, je trouve ça un peu cohérent qu'il essaye de deviner les émotions des autres (et qu'il décrive les siennes).

Moi non plus je n'avais pas compris qu'ils se transformaient en statue !  :facepalm: Je pensais que ton "pétrifiés" était juste une métaphore (et oui, du coup je me demandais ce que "la propre mort" que les vieillards avaient vue dans le bébé venait faire dans ce texte  :mrgreen: ).
J'aais un peu peur que cela ne soit pas assez clair, donc je vais quand même être plus explicite là-dessus du coup :)

Sans vouloir généraliser à tous les lecteurs mon incapacité à comprendre le final de ton histoire, je pense qu'il y a deux points cruciaux dans ton histoire que tu expédies un peu trop rapidement : la malédiction/prophétie lorsque Monsieur V. est enfant et sa disparition/changement en statue des vieillards. Si je pense à l'extension du traitement que tu as réservé à la description du village, mais aussi à l'épisode des poules, je trouve dommage que tu glisses si vite sur ce qui met en place ton intrigue et sur ce qui la résout.

C'est tout, promis je n'interviens plus avec mes critiques  :noange:, mais sache que si je les fais, c'est esstentiellement parce que ton texte me plait beaucoup.
C'est noté ! Merci pour tes "critiques", ça m'est bien utile ^^
Je suis conscient que les changements de temporalité gênent beaucoup, mais en dépit de tous les signaux qui vont contre, je crois que je vais garder ce point narratif comme ça... J'y suis un peu attaché. Après ça ne veut pas dire que je l'ai réussi... (et donc que je ne peux pas essayer de rendre ça plus clair).

En tout cas merci beaucoup pour tes commentaires  :coeur:



Coucou Alan !

Merci pour ta relecture !

J'aime bien l'idée de Samarcande d'imiter les débuts à la Maupassant avec cette anecdote qui commence par quelques mots sur les habitants du coin. C'est vrai que ça changerait un peu le cours du récit (car ton narrateur est censé être un inconnu au village, c'est pour ça que personne ne veut lui parler), alors tu nous diras ce que tu en penses, car je suis curieux de le savoir.
Du coup je ne sais pas si je vais partir là-dedans. Bon d'une part je n'ai pas trop la place pour ce format Chameau, mais aussi je crois que j'aime bien ce narrateur un peu impersonnel, je n'ai pas trop envie qu'il ajoute trop de lui non plus...

Si jamais tu hésites sur les éventuelles améliorations que tu pourrais encore apporter, quelque chose me dit que tu pourrais regarder du côté des apparences : tu dois avoir employé une bonne quinzaine de fois la conjonction comme, sans compter les différents apparaître et sembler qui font beaucoup de comparaisons pour un seul texte.
J'ai supprimé quelques "comme" au final, merci !



Yo Earth Son !

(dans un sens, on a l'impression qu'il s'est passé peu de temps entre les événements et de l'autre, tout le monde a oublié le nom du jeune homme, ce qui laisse penser qu'il s'est passé un temps fou, qui serait plutôt de l'ordre de plusieurs générations).
Dans l'idée il s'est quand même passé pas mal de temps avant la visite de la conclusion, je devrais peut-être le dire plus explicitement !

J’ai instantanément pensé aux Parques devant les 3 vieillards.
C'est vrai ! Je n'y avais pas pensé, mais ça devait flotter dans mon imaginaire, forcément ^^

Un gars comme lui, l’œil alerte, au courant de tout dans le village.
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Un doute sur le point à utiliser. Un point d'interrogation ?
Je ne sais pas trop non plus, justement. Un point ça me paraît pas si mal.




T'es folle Milla  :coeur: Merci pour ce gigantesque retour !

tu es au plus que parfait, donc avaient empêché, je pense Non en fait tu restes au passé simple après, donc faut juste un truc qui autorise de basculer, genre "Sur le moment, les hortensias immenses..."
Vu le commentaire de Rémi, je pense qu'il y a de toute façon un cafouillage dans les temps à ce moment.

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Ce n'est pas dans une de ces ruelles que le vif intérêt que je devais porter à ce village s'éveilla, mais dans l'allée principale, qui traversait ces quelques maisons réunies ensemble comme par hasard.
je trouve la phrase lourde à cause de sa longueur, ça ajoute toujours une info en plus. Je virerais " réunies ensemble comme par hasard" qui n'apporte pas grand chose je trouve et qui est redondant avec "amas de maisons". et la description qui sont juste après
J'aime beaucoup "réunies ensemble comme par hasard" du coup je vais le garder, et ptet enlever l' "amas de maisons" alors.

et du coup je rebondis sur ça pour dire qu'un nome de village serait cool peut-être ?
Peut-être ! A voir si je trouve un truc qui me plaît.

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C'est sur le banc en pierre, en face de cette mairie, que trônait une bande de trois vieillards dont personne n'avait jamais trop su dire l'âge, le genre, ou encore moins le nom, comme trois barons contemplant leurs terres prospérer et leurs gens s'affairer.
j'aime pas trop le "C'est.... que", je trouverai ça plus fluide en direct, et ça mettrait les vieillards en sujets, ce qui serait cool pour leur entrée dans l'histoire !
Mais tu as tout à fait raison !

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Si mon oreille avait été plus entraînée, elle aussi,
un peu moche ce "elle aussi", notamment pour le rythme du paragraphe je trouve... À mon avis on attend plutôt un "Et si mon oreille..." pour faire l'écho avec al phrase d'avant
C'ets noté !

ce passage est la clef de voute de l'histoire, et je le trouve toujours obscur (sans tes explications j'aurais pas saisi son importance et ce qui se passait vraiment je crois)
à mon avis, faut le soigner et nous le mâcher :
Merci d'avoir décortiqué tout ça ! ça va beaucoup m'aider !

Je décortique à fond : "Le village avait rapidement compris que les jours du futur Monsieur V. étaient comptés" = la malédiction est que le bébé va mourir d'un moment à l'autre. Pour moi ça peut provoquer de la tristesse, de l'empathie, mais pas de la peur. Si j'ai bien compris ton raisonnement, ils réagissent par "Depuis, le bébé, puis jeune enfant, avait partout été accompagné par les regards hostiles et apeurés des villageois, effrayés à l’idée qu’à chacun de ses gestes, la malédiction puisse se répandre partout." parce qu'ils pensent que c'est contagieux ? pour moi lectrice, c'est pas évident : au début, tu dis qu'ils maudissent souvent plein de gens, ça semble très individuel, donc moi là je comprends que la malédiction est égale à "ce bébé va mourir", ce qui fait que se répandre partout ne marche pas.
J'avoue que je ne comprend pas trop ce point de vue, mais t'es pas la seule comme ça. Pour moi, il est vu comme un pestiféré après la malédiction, quelqu'un de condamné par les vieillards, qu'il ne fait pas approcher. Je ne vois pas la malédiction comme une maladie, mais plutôt comme une manifestation de ce que les vieillards voient : ils énoncent qu'il est maudit, plus qu'ils ne le maudissent (et du coup en disant tout ça je comprend un peu mieux ce qui marche pas ^^).

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Je devais rester longtemps songeur devant cet étrange rituel qui, sans trop savoir pourquoi, m’apparaissait aussi fascinant qu’absurde.
en fait le narrateur comprend que monsieur V est le seul à ne pas croire aux malédictions des vieux, non ? du coup je sais pas si le "sans trop savoir pourquoi" et le flou amené dans l'ambiance par cette phrase est opportun
Je savais un peu que ce "sans trop savoir pourquoi" causerait problème (c'est la 3e fois que je le dis là, fait croire que je suis un peu paresseux à l'écriture  >< ). Je vais voir ce que j'en fais.

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Le maraîcher n’était pas un type très différent des autres, et, au bout de deux verres, ses traits bourrus s’étaient un peu détendus.
un passé simple serait plus fluide (et je vois pas trop de raison pour ce plus que parfait)
Je saurais pas trop expliquer pourquoi parce que je suis nul pour le sens des modes et des temps, etc. (enfin je les connais pas vraiment, quoi), mais un passé simple ça me paraît vraiment super bizarre ici.

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Je l’encourageai d’un hochement de tête, feignant de croire que c’était pour l’aider à se décharger d’un poids trop longtemps supporté que nous étions ici tous les deux, et non pour étancher ma curiosité.
il manque "puisque" avant, non ?
Hm non, c'est bien ça : "feignant de croire que c'était pour l'aider (...) que nous étions ici tous les deux" (mais je peux dégager le "tous les deux", en fait).

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Ses parents ne savaient rien, personne ne sut vraiment expliquer ce qui s’était passé.
peut-être, pour limiter le côté frustrant de la fin, nous donner des suppositions en questions, qui feraient comme des ouvertures ? Ce serait logique que le voyageur les fasse. Notamment est-ce que c'est al malédiction qui a fait disparaître Monieur V ou est-ce que c'était le moyen de monsieur V pour faire disparaitre les malédictions ?
J'aime pas trop expliquer, mais euh là pour le coup je peux peut-être aller une chtouille plus loin je suppose.

À propos de la fin. Vu l'annonce du début, je crois que tu retomberais bcp mieux sur tes pieds si le voyageur ne partait pas après cette dernière visite, s'il se retrouvait comme prisonnier du village, et peut-être de l'avenue. Par exemple, quitte à être aller dans le fantastique ça pourrait être que Monsieur V, en mettant fin aux vieillard, n'avait pas prévu que leur phénomène était trop ancré pour disparaître, et qu'il s'est transféré sur le voyageur, qui se retrouve désormais sur le banc à leur place au mêmes heures de la journée, à guetter et à avoir envie de maudire mais à se retenir pour qu'on capte pas ce qu'il est devenu.
Ou si tu tiens à ta fin actuelle, il me manque un élément de compréhension sur pourquoi il revient aussi longtemps après. Dans la vraie vie on fait plein de choses sans raison, mais dans les textes, ça fait faille, je trouve....
C'est une bonne idée ! Je vais y réfléchir, mais c'est une chouette piste ouaip.

En tout cas merci beaucoup pour ce com' !



Wesh Rémi

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les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles.  « Un village de plus, un souvenir de moins. », pensai-je
tes premiers verbes sont au plus que parfait, puis tu passes au PS ; ça me semblerait adapté de rester au pqp
Yep, Milla a relevé aussi, je vais changer ça !

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et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards

au bout du doigt, y a un vieillard... suis pas fan de la formulation
Oui, j'en ai un peu plus parlé à Samarcande, mais j'arrive pas à trop à faire marcher mon idée, donc je vais modifier ça.

Citer
apeurés continuait cependant de le suivre.
    Il était clair pour tout le monde qu’il savait très bien ce qui s’était passé. C’est ainsi

est-ce que le changement de paragraphe ne serait pas mieux après "passé." ?
Oui !!

Citer
J’étais revenu pour mon deuxième séjour, lorsque « tout ça » se produisit, comme on le dit ici, par peur d’évoquer plus précisément « l’incident ».
ça m'a fait tiquer, le "J’étais revenu pour mon deuxième séjour", puisque on est déjà dans le deuxième séjour, lors de la discution avec le maraîcher.
Non, parce que la discussion avec le maraîcher est pendant le 3e séjour >< Je vais essayer de clarifier ça...

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Ses parents ne savaient rien
c'est un peu "sec", pour caractériser les parents de simplement dire qu'ils ne savaient rien, ça manque d'émotion, non ?
Oui, t'as raison.

J'ai bien aimé. La narration viellote + le fantastique inexpliqué = Maupassant, clairement on est dans cette veine-là, et j'ai eu le même genre de sentiments/réactions qu'en lisant une nouvelle du Monsieur. Après, je suis pas hyper fan de Maupassant...
C'est marrant, parce que je n'ai presque pas lu Maupassant, à part le Horla et c'était il y a bientôt une dizaine d'année je crois... Bon du coup je sais pas si c'est un compliment, il faudrait que j'en relise  :P



Bonsoir Cendres,

Sinon, selon moi, tu as fait une erreur dans ton texte. Cela est impossible :
"Le gamin passait chaque jour par l’avenue des fleurs, chaque jour, il s’arrêtait devant les vieillards, et chaque jour, il leur inventait une grimace différente."
S'il le fait souvent, 300 jours par an, il ne peut pas inventer une nouvelle grimace tous les jours.
Imagine le nombre qu'il devrait créer en autant d'années. En plus, je pense, qu'il y a un nombre limité de grimace. Du moins moi, j'en connais un nombre limité(pied de nez, tiré la langue...) qu'on peut combiner, mais je ne pense pas qu'il y en est des centaines.
Du coup je t'imagine tester toutes les grimaces possibles devant ton miroir pour voir si c'est possible ou pas ^^ Je dirais que c'ets pas très grave, que ça colle avec le côté un peu fantastique de l'histoire (et puis personne au village ne va faire le compte de s'il a déjà exécuté telle ou telle grimace qu'il fait), c'ets une manière de parler, disons.



Plop holden,

J'aurais commencé un nouveau paragraphe pour parler du banc et des vieillards.

Citer
Si mon oreille avait été plus entraînée, elle aussi, j’aurais saisi les murmures, les prières et les spéculations qui couraient le long de l’avenue, répondant en silence à chaque frémissement des vieillards, à chaque prédiction présumée. 
Un peu de mal à comprendre cette phrase très dense en info.
Bah en fait, comme Rémi, je la trouve pas si pire cette phrase, j'ai déjà du faire bien pire en terme de densité d'infos je crois  :relou: Personne d'autre n'a relevé alors je garde comme ça pour le moment !

Citer
Plusieurs années avant ma venue, le jeune Monsieur V. avait paradé dans l’avenue des fleurs, poussé par ses parents dans un landau flambant neuf,  et pointé par un doigt long et tremblotant  au bout duquel un des vieillards, les yeux révulsés et le corps tendu à craquer, balbutiait un langage incompréhensible. Peut-être l’allure de ce bébé choyé et cajolé avait déplu à ces trois êtres éternellement décrépis. Les parents s’étaient longtemps flagellés pour l’achat de ce landau.

Je n'aurais pas été gêné par plus d'infos sur le bébé et les parents (pourquoi ils sont là), mais dans des phrases plus courtes. Il s'agit d'un moment essentiel de sa vie, donc pourquoi ne pas s'attarder un peu plus dessus ? Je n'ai pas compris la dernière phrase.
Oui, j'en n'avais pas super envie, mais je vais plus entrer dans les détails.

D'un point de vue chronologique, ton texte commence à malmener le lecteur. Tu parles d'un ado, auquel tu réfères ensuite comme Monsieur V, puis d'un incident dont tu vas d'abord évoquer l'après...La confusion me gagne ! 
oups  :-[

Mais ma lecture a été cependant un peu laborieuse, à cause des choix chronologiques et des ellipses concernant des choses importantes. Toutes les époques se télescopent, alors qu'il y aurait vraiment moyen de raconter une histoire limpide.
Comme je l'ai dit à d'autres, je plaide un peu coupable... Je trouve que "malmener le lecteur" c'est pas forcément négatif, en fait. Alors je ne dis pas que j'ai réussi à faire les choses bien, c'est visiblement trop confus, mais j'avoue que j'y tiens à ces allers-retours temporels, et qu'ils sont conscients. Comme quand quelqu'un raconte une histoire et digresse, je dirais.



Enfin merci beaucoup pour tous ces commentaires détaillés, ça m'as pris un peu de temps à tous vous répondre ^^ C'est très motivant pour continuer à retravailler ça, même après !
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #20 le: 13 Septembre 2021 à 19:05:39 »
Bonsoir,

Je n'ai pas trop accrochée. J'ai trouvé que ça partait trop dans tous les sens. Pas mal de répétitions qui alourdissent le texte.

L'histoire est amusante pourtant et originale.

Hors ligne DeB 54

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #21 le: 13 Septembre 2021 à 19:07:11 »
Ah oui, une expression me chiffonne :

« Un village de plus, un souvenir de moins. » comment peut-on avoir un souvenir de moins ?
Qu'as-tu voulu dire exactement ?


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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #22 le: 13 Septembre 2021 à 20:06:59 »
Bien le bonjour, Mout ! ;D

Je viens te donner mon ressenti sur ton texte !

Tout d'abord, au fil de la lecture :
Citer
Les platanes qui bordent les rues de ce petit village sans histoire ne m'avaient pas inspiré grand chose lorsque j'y étais passé pour la première fois.
J'aime beaucoup ton entrée en matière. Elle plante le décor.

Citer
Les hortensias immenses et omniprésents, et pourtant si banals en cache-misère des murs tristes, les glycines pas encore en fleur qui tordaient le grillage des jardins m’empêchèrent de deviner que je reviendrai souvent entre ces ruelles.
Mettre un "et" à la place de la virgule ?

Citer
Elle donnait corps à cet amas de maisons qui, sans elle n'aurait probablement même pas mérité le nom vague, mais structurant, de village.
Virgule après "sans elle" ?
Pas fan de "nom vague mais structurant"

Citer
Je dus repartir, en me promettant de revenir observer Monsieur V. dès que l’occasion se présenterait.
Je trouve bizarre de parler de Monsieur V. d'abord pour un bébé, puis pour un adolescent. Mais j'aime bien par contre l'histoire du rituel de la grimace !

Citer
Je ne préfère cependant pas expliciter cette deuxième visite tout de suite, préférant me concentrer tout d’abord sur l’après.
Je comprends ta démarche, mais du coup je trouve que ça fait beaucoup d'aller-retours dans le temps et qu'au final ça alourdit ton texte...

Citer
Je n’eus en réalité presque aucun contact avec Monsieur V. avant l’incident. Je pus parler à ses parents peu après celui-ci, mais ils n’avaient rien à m’apprendre, et ne savaient pas même expliquer le tempérament de leur fils. Il avait eu les « mains dans les poches » depuis qu’il avait un pantalon.
Avant l’incident, je ne parvenais qu’à surprendre des brefs on-dit en laissant traîner une oreille indiscrète au café ou au marché du coin.
Citer
À la fin de mon deuxième séjour (celui durant lequel se déroula « l’incident »), j’avais évoqué avec lui un alcool de chez moi, fait à bases de plantes de la région, qui l’avait fortement intéressé. J’avais donc décidé de lui rapporter une bouteille à ma prochaine visite, certain que la complicité d’un alcool rare le rendrait généreux en confidences.
Idem ici, on passe plusieurs fois très vite de "avant l'incident" à "après l'incident" et inversement...

Citer
Un gars comme lui, l’œil alerte, au courant de tout dans le village. Il me regarda un instant, l’œil torve, avant d’avaler d’une traite ce que je venais de lui servir.
Répétition de "oeil".

De manière plus générale, j'aime bien le côté "prophétie auto-réalisatrice" de ton texte. En revanche, comme je l'ai déjà mentionné, je trouve qu'il y a ici un problème de temporalité : on passe de la première venue de ton narrateur à après l'"incident", puis après, puis avant, puis après, puis pendant, puis après... Ma suggestion, ce serait de commencer ton texte directement après l'incident. D'allécher ton lecteur avec des indices sur ce qui a bien pu se passer, des bribes de conversations, des éléments divers éparpillés, dont la passé du personnage et la fameuse "avenue des fleurs".
Par ailleurs, je trouve qu'il manque un peu de contraste entre le "avant l'incident" et "après l'incident" en ce qui concerne les vieillards. Tu les décris dès le début comme posés là, immuables, comme s'ils étaient déjà figés, à l'exception de quelques mouvements. Je trouve que tu gagnerais peut-être à accentuer ce contraste en rendant tes vieillards plus vivants et plus mobiles au départ, ne fut-ce qu'un peu.
Je trouve aussi qu'il manque la raison pour laquelle ton narrateur revient la deuxième fois dans ce village pourtant si banal. Après, on peut comprendre, il revient pour enquêter sur l'incident. Mais je n'ai pas trop compris pourquoi il était revenu à la base.
Mais sinon, un assez chouette texte, amusant à lire, et surtout assez positif au final, puisque ce "V." se joue du sort qui lui avait pourtant été "attribué" selon l'opinion populaire.

Merci pour ce petit moment, à plus sur le fofo ! ;D
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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #23 le: 14 Septembre 2021 à 22:47:36 »
Coucou !

Ton texte a été déjà tellement épluché que je vais te faire un rapport succinct, sans pinaillage ou autre, mes prédécesseurs sont au top pour ça.

Je trouve ton conte très sympa, les phrases et leur vocabulaire conviennent, l'histoire en yoyo ne me déplaît pas du tout, mais.
Mais je trouve que ton texte mériterait une poésie plus appuyée. Notamment quand le personnage chante au milieu des poules. Il y a un beau truc à faire là, voire même imaginer un signe précurseur du final si joli.
Ce final aussi mériterait beaucoup que tu le peaufines. L'image est vraiment belle, de ce jeune homme qui se dissous, s'éparpille en une myriade d’oiseaux.
Toi tu gâches ce beau moment avec le mot "volatiles", et en enchaînant sur le fait que tout le monde se prend des crottes d'oiseaux.
Je trouve ça personnellement très dommage.
Voilà, eh puis un dernier truc, que je suis le seul à être gêné par, on dirait : monsieur V, eh bien je trouve ça trop sérieux si le personnage est un ado, personne ne dirait monsieur.

Merci en tout cas pour ce conte, au plaisir !
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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #24 le: 14 Septembre 2021 à 22:55:02 »
D'accord avec gage sur le côté poétique qui aurait pu être exploité.

Côté "Monsieur", moi j'ai compris que c'était un Monsieur dans le sens où c'est un fils de bonne famille. À une époque où l'on appelait les gens "Monsieur", y compris les ados, lorsqu'ils étaient d'une classe sociale supérieure. Peut-être me trompe-je ^^
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #25 le: 18 Septembre 2021 à 11:39:36 »
Salut DeB 54 !

J'ai trouvé que ça partait trop dans tous les sens.
Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

Pas mal de répétitions qui alourdissent le texte.
J'avais essayé de pas mal fluidifier le texte déjà, mais ne semble toujours pas être ça. Des répétitions au niveau des mots ? des phrases ? des idées ? de la narration ?

Ah oui, une expression me chiffonne :

« Un village de plus, un souvenir de moins. » comment peut-on avoir un souvenir de moins ?
Qu'as-tu voulu dire exactement ?
Que le narrateur pense oublier ce village aussitôt qu'il en rencontrera un autre, tant il lui semble banal au premier abord.

Merci de ton passage !



Yo Ocubrea,

Je n'avais pas eu le temps de prendre toutes les remarques des précédents commentaires en compte, du coup il y a quelques trucs qui ont déjà été dit, désolé :/

De manière plus générale, j'aime bien le côté "prophétie auto-réalisatrice" de ton texte. En revanche, comme je l'ai déjà mentionné, je trouve qu'il y a ici un problème de temporalité : on passe de la première venue de ton narrateur à après l'"incident", puis après, puis avant, puis après, puis pendant, puis après... Ma suggestion, ce serait de commencer ton texte directement après l'incident. D'allécher ton lecteur avec des indices sur ce qui a bien pu se passer, des bribes de conversations, des éléments divers éparpillés, dont la passé du personnage et la fameuse "avenue des fleurs".
Je vois le truc, mais j'y tiens à ma temporalité bancale. J'ai pas réussi à la mettre en place comme il aurait fallut, et en l'état ça marche pas vraiment, mais je veux pas défaire ça. J'ai essayé des trucs pour un peu clarifier les sauts dans le temps, comme des astérisque entre les paragraphes de différente temporalité, mais ça faisait beaucoup et ça alourdissait (et je suis pas sûr que ça soit plus clair). Mais je préfère garder quand même un déroulement de fond "linéaire" (on est d'avbord introduits au village, puis à monsieur V., il y a l'évènement des poules, puis le final et la conclusion, quand même).

Par ailleurs, je trouve qu'il manque un peu de contraste entre le "avant l'incident" et "après l'incident" en ce qui concerne les vieillards. Tu les décris dès le début comme posés là, immuables, comme s'ils étaient déjà figés, à l'exception de quelques mouvements. Je trouve que tu gagnerais peut-être à accentuer ce contraste en rendant tes vieillards plus vivants et plus mobiles au départ, ne fut-ce qu'un peu.
Il sont assez mobiles pendant qu'ils jettent la malédiction, non ? Je ne sais pas si tu as lu avant ou après que je fasse cette modification, mais j'ai essayé de faire en sorte qu'une des phrases de la fin soit plus explicite, je ne sais pas si c'est suffisant :

Citer
Les trois vieillards restèrent dans « l’avenue de Monsieur V. », figés pour toujours et incapables de maudire qui que ce soit. Personne ne songea à les déloger.

Merci de ton commentaire !



Coucou, gage :)

Je trouve ton conte très sympa, les phrases et leur vocabulaire conviennent, l'histoire en yoyo ne me déplaît pas du tout, mais.
Le fameux mais !  :D

Ce final aussi mériterait beaucoup que tu le peaufines. L'image est vraiment belle, de ce jeune homme qui se dissous, s'éparpille en une myriade d’oiseaux.
Toi tu gâches ce beau moment avec le mot "volatiles", et en enchaînant sur le fait que tout le monde se prend des crottes d'oiseaux.
Je trouve ça personnellement très dommage.
Eh bah en fait je suis assez d'accord ! Au moment d'écrire le final je n'avais pas exactement le même point de vue sur le texte, je voyais plus cette fin comme un dernier pied de nez, mais je crois que je préfère le voir plus joli. Alors ce n'est pas facile, j'ai essayé, mais j'ai toujours peu d'en faire des tartines :

Citer
À sa place, une myriade d’oiseaux esquissaient encore sa silhouette, fugaces. N’y tenant plus, ce bouillonnement ornithique finit enfin par se dissoudre, et s’envola de toutes parts. Le froufrou de milliers de plumes s’empara du ciel, le fardant de teintes que l’on ne pensait jamais voir dans ce village. Même les poules, restées à terre, s’adonnaient à un chant doux et las, appris sous un clair de lune.

Voilà, eh puis un dernier truc, que je suis le seul à être gêné par, on dirait : monsieur V, eh bien je trouve ça trop sérieux si le personnage est un ado, personne ne dirait monsieur.
Il y a un peu de ce que dit Rémi (quoique ça m'enchante pas complètement, le côté bonne famille), et puis je venais de lire un livre dans lequel un personnage s'appelle "Monsieur V.", qui m'a un peu inspiré dans l'écriture de ce texte (même si ça n'a pas grand chose à voir au final).

Merci pour ton com' !
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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #26 le: 18 Septembre 2021 à 17:43:51 »
Sympathique mais avec quelques lourdeurs ça et là. L'explication des évènements tarde un peu trop, ça tourne volontairement autour du pot pour une révélation que ne mérite pas forcément d'en faire tant et du coup ça noie un peu le suspense et l'anticipation. J'aime bien l'ambiance champêtre sinon.

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Re : 10 - L'avenue de Monsieur V.
« Réponse #27 le: 19 Septembre 2021 à 17:02:59 »
Coucou Médiocre Obituaire Usé et Morne,

Comme le dis gage, tu as déjà eu beaucoup de relevés détaillés, alors je vais t'épargner du mien, d'autant plus que j'ai encore quelques textes à commenter avant 20h  :huhu:

Sur l'ensemble, j'avoue que j'ai été un peu perdu par tous ces aller-retours temporels. J'aime bien l'idée de devoir refaire un peu le puzzle dans notre tête, mais j'avoue que le peu d'importance que revêt le fait de savoir si le narrateur est allé parler au maraîcher ou aux parents avant ou après l'incident ne m'y a pas beaucoup motivé... J'aime bien la fin, pourtant, cette idée que le village est libéré de l'emprise des vieillards (même si cette emprise n'est peut-être pas assez marquée). On aurait peut-être aimé connaître un peu mieux le village pour en être plus heureux. En fait, pendant la plupart de ma lecture, je suis resté assez extérieur au texte, à part pendant l'histoire du maraîcher, qui marche assez bien, je trouve.
Le retournement de point de vue du final est intéressant, et je suis content de ne pas avoir lu une version ou les oiseaux "conchient" la foule  ^^

Enfin j'ai pas détesté ton texte, je trouve qu'il y a de la matière, mais je suis resté un peu extérieur à tout ça, désolé !

A une autre fois !

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