Bien le bonjour, Docal !
J'ai beaucoup aimé ton texte !
Tout d'abord, quelques petits commentaires au fil de ma lecture :
Connaissez-vous la terreur ?
Pas la simple peur, pas l'angoisse non plus. La terreur, la vraie. Celle qui tire son sel de la certitude qui l'accompagne. Cette certitude que l'évènement redouté vous est destiné et qu'il est trop tard pour le fuir.
Très bonne entrée en matière.
. Les quelques âmes qui le peuplent le connaissent sous le nom de "la Peiregade". Chacun a bien son idée sur la prononciation du "ei" central mais l'on préfère ne pas corriger son prochain dessus. Il faut en effet rester unis quoi qu'il arrive.
J'aime bien l'idée du "il faut rester unis" mais je trouve que ça aurait pu être tourné autrement, le "en effet" fait perdre de l'impact à la phrase en la rallongeant. Tu pourrais le supprimer, ou trouver une autre manière de le dire ("Il faut avant tout rester unis, quoi qu'il arrive... Le reste passe après" par exemple, ou autre truc du style).
Loin des hôpitaux qui la chassent, loin des institutions qui la repoussent, loin du code de la route qui l'éloigne du quotidien et proche, ô si proche, de la bête, la terreur s'est découverte une nouvelle jeunesse en France.
La phrase est un peu alambiquée, je retirerais peut-être le "et proche, ô si proche, de la bête," pour plus de clarté.
On la sait tapie quelque part.
Alors on se terre dans les terriers, on chôme dans les chaumières et on s’amasse dans les mas en attendant qu’elle parte.
Il n'y a pas de transition entre le moment où la bête est tapie quelque part et celui où elle semble rôder : il faudrait le dire plus clairement (par exemple : "Alors, quand elle sort de sa tanière, on se terre dans les terriers, on chôme dans les chaumières et on s’amasse dans les mas en attendant qu’elle reparte."
Des traces de griffes sur les murs ou véhicules aux infortunés qui n’ont pas su trouver refuge.
J'aurais mis une virgule après véhicules, pour mieux marquer le rythme dans ta phrase. Et par rapport aux infortunés, qui n'ont pas su trouver refuge, j'aurais bien aimé savoir de quoi tu parles, exactement : des animaux, des gens,...? Là, c'est un peu flou, je n'arrive pas à déterminer si je dois imaginer des cadavres éventrés dans les rues ou pas

Mais la paix n’est que de courte durée. Bientôt on l’entend s’ébrouer à nouveau. Elle renâcle, fume, râle et gesticule avant de s’élancer dans un sursaut maladroit. Ceux qui ont la chance de ne pas entendre la cohue crachante et toussotante qui marque sa venue peuvent toujours sentir le vrombissement malsain qu’elle imprime dans le sol.
J'aime beaucoup ce passage, qui marque vraiment le tournant entre le versant sérieux et horrifique de ton texte et le versant plus comique.
Et ce soir là Vidal eu le malheur d’entendre fort et clair.
Cette phrase me semble mériter d'être mise à la ligne, voir de former un paragraphe à elle toute seule, isolée du reste, pour bien marquer que tu passes du "plantage de décor", au récit de l'action proprement dite.
Vidal saisi cette chance et ses clefs… qu’il avait laissé dans sa voiture.
Ici, l'idée est bonne mais ça ne marche pas, tu nous dis qu'il saisit ses clefs puis juste après qu'il ne les saisit pas ("Vidal voulut saisir cette chance en même temps que ses clefs... mais il les avait laissées dans sa voiture" ?).
Vidal salua l’initiative de ses membres inférieurs et suivi sans discuter alors que le vacarme se rapprochait.
"suivit"
Et il suivit quoi ? Ses membres inférieurs ? Dans ce cas, il faudrait préciser "les suivit"...
Il trouva en un bond refuge aux cotés de Vidal mais décampa sans demander son reste.
J'aurais mis "puis" à la place de "mais". Si tu veux garder le "mais", il faudrait expliquer un peu pourquoi ("mais, contrairement à lui, ne sembla pas se satisfaire de cet abri rudimentaire, et décampa..."). Du coup ça rallongerait trop les choses, je trouve.
C’est alors qu’un instant plus tard jailli l’horreur dans le disque de lumière.
Même chose ici, cette phrase devrait être séparée du passage qui précède.
Car si la bête ne vous emportait pas dans l’instant le tétanos eu tôt fait de vous régler votre compte.
Virgule après "instant" ?
Et " le tétanos eu tôt fait de vous régler votre compte" est un peu étrange, peut-être un truc du genre : "le tétanos se chargeait de finir la besogne à sa place" ?
On trouvait sur son pare buffle des traces bien plus vives que sa peinture. Derniers témoins de ceux qui n’avaient même pas eu le temps d’être pris dans des phares morts depuis longtemps.
Replacer le premier point par un tiret, vu que les deux phrases sont très liées ?
Une fois que le nuage de crasse qui la suivait avait pris assez de hauteur
"eut pris"
deux yeux injectés de rouge et de sang se braquaient sur lui.
Des yeux injectés de rouge sont, par définition, injectés de sang

Tu dis donc deux fois la même chose. Si tu veux, tu pourrais dire "deux yeux jaunis injectés de sang", par exemple (ça appuie l'idée que le conducteur est alcoolique).
Mais bien vite il sorti du halo de lumière.
"sortit".
De manière générale j'ai vraiment beaucoup aimé le début, que j'ai trouvé mieux maîtrisé que la suite, mais l'idée était chouette et ton texte m'a bien fait rire, dans l'ensemble. Tu as réussi à bien faire monter le suspense, et je ne m'attendais pas du tout à cette chute, donc je trouve ça très réussi de ce côté-là.
Voilà, c'est tout pour moi, à plus sur le forum !
