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07 Juin 2026 à 17:54:25
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Auteur Sujet: Sacrifice  (Lu 5131 fois)

Hors ligne meynaf

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Sacrifice
« le: 10 Juin 2021 à 16:50:24 »
... ou l'histoire d'une jeune fille promise à un destin funeste à cause de la peur et de la croyance.

Ceci est la première partie.
Dans les dialogues, les informations entre parenthèses indiquent qui parle.



Loin au nord, dans un petit village d'un pays du continent, est née Audrey.
Hélas pour elle et ses parents, il était coutume à l'époque de sacrifier des jeunes filles vierges, le jour de leur seizième anniversaire, lequel devant se trouver vers la fin de l'hiver, et de déterminer qui serait la sacrifiée de l'année, seize ans à l'avance, c'est à dire à la naissance de l'enfant.

Cette fille étant née la plus proche de la date fatidique retenue par les prêtres, elle sera offerte aux dieux seize ans plus tard. En attendant, elle aura une éducation exemplaire, elle sera érudite aussi bien en langues qu'en sciences, et sa beauté sera spécialement soignée.

Si bien que seize ans plus tard, elle était effectivement la beauté incarnée. Nulle autre jeune fille ne pouvait lui être comparée. Certains disaient que cette grâce infinie était d'origine divine, et qu'elle était réellement une élue des dieux. En tous cas elle avait clairement quelque chose de plus que les autres, et quelque chose qui ne pouvait venir des bons soins qu'on lui avait prodigués.

Elle était également intelligente, raffinée, et d'un tempérament des plus agréables. Elle était curieuse de tout... trop curieuse. Elle sentait bien qu'on lui cachait quelque chose, mais elle n'avait jamais réussi à découvrir quoi. Trop innocente, peut-être, pour imaginer l'horrible vérité...

Ce jour-là, elle n'est pas à l'école, avec son précepteur. Non, ses parents l'ont retenue, et semblent d'une tristesse incroyable. Le jour fatidique est arrivé, ils le savent bien.

Audrey sait que c'est aujourd'hui le jour de ses seize ans, mais quelle curieuse fête ! D'autant qu'on lui recommande, depuis plusieurs jours, de ne pas beaucoup manger afin de se purifier.

Un groupe de gardes arrive en cours de matinée, et le capitaine en personne s'adresse à son père :
  • (cap) Le moment est arrivé. Sois fier de ta fille, elle va communier avec les dieux.

Puis, s'adressant à Audrey elle-même :
  • (cap) Suis-nous, jeune fille. Le prêtre t'attend.

Sans les questionner, elle les suit, observant le désespoir dans les yeux de ses parents, et piquée par la curiosité de découvrir ce qui peut bien se tramer là-dessous.

On lui remet une longue robe blanche, qui certes lui va à ravir, mais ne lui plaît guère et est un peu légère pour la saison, ainsi que deux petites chaussures richement décorées et toutes fines, qui lui font presque mal aux pieds.

Elle entre dans un carrosse tiré par deux chevaux qui piaffent d'impatience. Assise aux côtés du vieux prêtre, elle ne peut se retenir de le questionner sur leur destination et sur ce qu'on attend d'elle, mais il répond simplement :
  • (pre) Tu vas vers les dieux. J'espère que tu t'en montreras digne.

Il est à peu près midi lorsqu'ils arrivent au sommet du volcan, ce mont que l'on voit de loin, qui l'a tant intriguée et dont on lui disait qu'elle le connaîtrait un jour.

La chaleur ici est étouffante, et la lave bouillonne au fond de ce trou sinistre, qui dégage une bonne quantité de vapeur.
Pendant qu'elle regarde prudemment l'intérieur, le prêtre prend la parole :
  • (pre) Voilà, jeune Audrey. Cet endroit est le portail des dieux. C'est par là qu'ils enverront le feu qui nous dévorera tous si nous ne les satisfaisons pas. Et c'est par là aussi que toi, jeune, jolie et raffinée élue, tu pourras les satisfaire afin qu'ils nous épargnent.
  • (Aud) Que dois-je faire pour les satisfaire ?
  • (pre) C'est très simple. Offre-toi à eux. Saute, Audrey, sois courageuse.

Non ? Il lui demande purement et simplement de se jeter dans la lave !
Ils sont tous fous. Audrey comprend alors pourquoi elle était mieux éduquée que les autres filles, pourquoi ses parents étaient si tristes, pourquoi, finalement, ils l'ont si bien soignée pendant toutes ces années.
Tout ça pour qu'aujourd'hui, elle meure à cause de cette vieille superstition.

Le prêtre ne lui laisse guère le choix :
  • (pre) Allez, tu dois sauter. Si tu ne le fais pas, nous devrons te pousser et tu iras quand même.
  • (Aud) Mais je... enfin, je ne suis pas prête pour...
  • (pre) Si, tu l'es. Nous t'avons éduquée dans ce but. Ne fais pas la sotte, il n'y a pas d'autre alternative pour toi.
  • (Aud) Non, je veux dire que... je ne m'attendais pas à ça... J'ai... euh...
  • (pre) Tu as quoi ? Allez, saute vite.
  • (Aud) Je ne peux pas, euh... je ne veux pas être offerte aux dieux dans cet état...
  • (pre) Dans quel état ? Tu es parfaite !
  • (Aud) Oui, mais non... J'ai une envie de... je veux dire, besoin de... Il faudrait qu'avant, je...

Bien que soupçonnant (à juste titre) qu'elle tente de se débiner, le prêtre lui accorde le bénéfice du doute et la laisse faire ses besoins. D'autres ont fait cela avant elle, mais aucune n'avait de besoins réels. Et aucune n'a jamais pu s'échapper - quoi que l'une d'entre elles ait réussi à fuir et n'a été rattrapée que le lendemain.

Audrey regarde autour d'elle. Au pied du volcan pousse une épaisse forêt, ce qui représente son seul espoir.
Décidée, elle s'y dirige :
  • (Aud) Je vais faire ça au pied d'un arbre. Et je ne veux pas qu'on me regarde !

Bien sûr, elle tente de ruser. Le vieux prêtre sourit, amusé par cette vaine tentative.

Au pied d'un grand et bel arbre, à l'intérieur d'un cercle de gardes qui lui tournent le dos, elle réfléchit. Pas bien longtemps, elle n'a guère le choix.

Silencieuse et agile comme une chatte, elle grimpe à l'arbre. Toute son enfance, elle grimpait aux arbres ainsi, elle adorait les arbres et ne pouvait supporter qu'on en coupe un.
Elle en avait ainsi sauvé plusieurs de la découpe, et peut-être qu'aujourd'hui ils vont pouvoir lui rendre la pareille.
« Modifié: 26 Juin 2021 à 11:22:34 par meynaf »
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Re : Sacrifice
« Réponse #1 le: 25 Juin 2021 à 21:30:39 »
Sympathique et inspirant, on attend une suite.

Par contre est-ce que ce genre de tradition aurait pas une faille évidente ? Au point que l'implémenter pourrait devenir une politique nataliste efficace ?

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Re : Sacrifice
« Réponse #2 le: 26 Juin 2021 à 09:25:32 »
Merci pour le partage de ton texte.

Il est bien écrit et réfléchit, mais j'ai trois choses qui me semblent bizarre.

Je suppose qu'Audrey n'est pas la seule sacrifié, donc comment sa fait il qu'elle n'est pas au courant en ses 16 ans de vies?
C'est un sacrifice tous les 16, car sinon elle aurait déjà remarqué.

Tu dis qu'on travaille sa beauté, mais soit on né belle ou moche. On  peut s'embellir ou s'enlaidir, s'arrangé voila tout. On ne peut pas le devenir grâce a une volonté .

Enfin, tu dis qu'elle porte une longue robe blanche et elle escalade un arbre. C'est pas simple en robe, tu es gênée. Elle devrait l'arracher pour pouvoir escalader facilement l'arbre.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
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Re : Re : Sacrifice
« Réponse #3 le: 26 Juin 2021 à 10:11:30 »
Sympathique et inspirant, on attend une suite.
Merci !
En effet ça appelle une suite, et elle est quasi prête donc ça ne saurait tarder.


Par contre est-ce que ce genre de tradition aurait pas une faille évidente ? Au point que l'implémenter pourrait devenir une politique nataliste efficace ?
En effet, ce n'est pas évident de supporter un truc pareil pour une cité de taille moyenne. Mais une fille par an, ce n'est pas avec ça qu'on va pouvoir lutter contre la surpopulation ;D



Merci pour le partage de ton texte.
Merci d'être venue me lire :)


Il est bien écrit et réfléchit, mais j'ai trois choses qui me semblent bizarre.
Faut surtout pas hésiter à me signaler tout ce qui n'est pas évident !
Merci encore, du coup.


Je suppose qu'Audrey n'est pas la seule sacrifié, donc comment sa fait il qu'elle n'est pas au courant en ses 16 ans de vies?
C'est un sacrifice tous les 16, car sinon elle aurait déjà remarqué.
Je n'ai peut-être pas été suffisamment explicite avec ma sacrifiée de l'année, mais cela arrive une fois par an.
Est-ce qu'elle n'a rien remarqué ? Si, car comme je l'ai dit, elle sait qu'on lui cache quelque chose.
Bien sûr on s'est donné beaucoup de mal pour qu'elle ne découvre rien. Elle vit plus ou moins isolée des autres.
(Et ses 16 ans de vie, c'est surtout l'enfance, et c'est quand même plus facile à dissimuler qu'à un adulte.)
Il est possible qu'au fond elle sache déjà presque tout. Je vais voir si je peux faire quelque chose à ce sujet.


Tu dis qu'on travaille sa beauté, mais soit on né belle ou moche. On  peut s'embellir ou s'enlaidir, s'arrangé voila tout. On ne peut pas le devenir grâce a une volonté .
Ce n'est pas si simple. On naît certes avec un capital de beauté, si l'on peut dire, pour moi c'était un peu implicite en disant que sa grâce pouvait être vue comme d'origine divine... Peut-être devrai-je le préciser directement ?
Ce qu'on en fait ensuite, là ça peut changer du tout au tout. Un "relooking" peut avoir un effet significatif : on naît peut-être belle (mais si, allez, toutes les femmes le sont :coeur:), mais on peut facilement devenir moche. Disons que tout a été fait pour qu'elle soit au minimum préservée. Je ne sais pas trop comment formuler ça.


Enfin, tu dis qu'elle porte une longue robe blanche et elle escalade un arbre. C'est pas simple en robe, tu es gênée. Elle devrait l'arracher pour pouvoir escalader facilement l'arbre.
Alors ça, je n'y avais pas pensé... :o
N'étant pas une fille, je ne peux qu'imaginer :huhu:

Elle ne peut pas l'arracher ou la déchirer, on l'entendrait faire. Par contre l'abîmer n'est évidemment pas un problème !
Du coup, je vais voir si je ne pourrais pas être un peu plus spécifique sur la manière dont elle s'y prend.
Elle pourrait la soulever un peu. Elle laisse aussi un peu plus de liberté de mouvement qu'une robe de soirée telle qu'on en voit de nos jours.
En tous cas, même si ça n'a rien d'évident, ça reste possible, on est d'accord ?
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Re : Sacrifice
« Réponse #4 le: 26 Juin 2021 à 16:37:32 »
Voici la suite.
On en arrive à peu près à la moitié du récit tel qu'il est prévu.

Attn: j'ai édité le texte ci-dessus (vers le début) pour rajouter quelques précisions après les remarques de Cendres.
J'ai aussi mis un petit laïus au début de la seconde partie (pour la robe et l'arbre).





Le choix de l'arbre n'était pas au hasard : elle avait repéré celui dont les branches, bien touffues, s'entremêlaient avec celles des arbres voisins. En cette fin d'hiver, les feuilles avaient déjà poussé, car il avait fait un joli temps de printemps - bien que celui-ci n'ait pas encore réellement commencé du point de vue date.
Bon, évidemment, avec sa robe la grimpette n'a rien de facile, mais elle y parvient néanmoins. Elle n'a guère le choix, de toutes façons !

Elle a déjà franchi le cercle de gardes, haut perchée pour qu'ils ne la voient pas, que ceux-ci s'impatientent :
  • (gar) Allez, jeune fille, on voit bien que tu as voulu ruser. Maintenant, tu dois y aller.

Pas de réponse, évidemment, aussi ils insistent :
  • (gar) On ne t'a pas entendu pisser, fille, alors maintenant on va se retourner, t'empoigner, et on va en finir avec toi.

Lorsqu'ils se retournent, la surprise est de taille : elle n'est plus là !
Le prêtre était dans les environs, et il est en colère :
  • (pre) Vous n'êtes qu'une bande d'incapables ! Retrouvez-la !

Elle s'est cachée du mieux qu'elle a pu, et, tandis qu'ils la cherchent, elle les observe à travers le feuillage pas assez dru à son goût. Elle espère de tout son coeur que pas un n'aura l'idée de lever le nez, mais, hélas, elle en voit un qui regarde droit vers elle !

Elle secoue la tête comme pour dire non : ce n'est pas possible, non, il ne faut pas...
Le garde la regarde encore un instant, puis sourit, et... il lui fait un clin d'oeil, et fait mine de reprendre les recherches !

Encore un peu de temps qui passe... Ils s'éloignent, ou pas ?
Profitant que les gardes la cherchent dans une autre direction, et sachant bien qu'il faudra qu'elle sorte de là avant qu'ils ne la trouvent, elle descend de son perchoir et tente de s'éclipser.

Pas de chance pour elle, car elle entend une voix derrière elle :
  • (gar) Là !!!

L'homme la désigne du doigt, zut, elle ne l'avait pas vu, celui-là...

Aussitôt, tout le monde accourt, et elle se met à courir du plus vite qu'elle le peut, ralentie par sa robe, trop longue, et par ses souliers bien mal adaptés.

Les gardes la poursuivent, évidemment, et, bien qu'alourdis par leur armure d'apparat, ils courent plus vite qu'elle car ils sont bien entraînés.

Non seulement ils la rattrapent, mais la retraite est coupée : elle vient d'arriver devant une rivière, large, froide, bien remplie car il a beaucoup plu les jours derniers. Les flots, sales et tourbillonnants, ne sont guère engageants.

Mais en se retournant, elle se rend compte que les hommes ont fait un demi-cercle autour d'elle : elle n'a aucune chance de passer.

Le prêtre s'avance vers elle, triomphant :
  • (pre) Je savais bien que tu tenterais de me tromper. Mais maintenant, pour toi, c'est fini. Tu accompliras ton destin, que tu le veuilles ou non. Saisissez-la !

Le demi-cercle se resserre... Elle se retourne de nouveau, hésite une seconde, et, finalement, décidant que cela vaut probablement mieux que le sort qu'ils lui réservent... elle plonge.
  • (pre) Petite sotte ! L'eau est trop froide en cette saison, elle va se noyer, et il va falloir sonder la rivière pour la retrouver.

En effet, après avoir plongé, elle a disparu sous les flots. Cependant, une dizaine de secondes plus tard...
  • (gar) Là, regardez !

Elle vient d'émerger, quasiment de l'autre côté ! Elle nage comme un poisson, cette jeune fille. Et la voilà qui tente de s'agripper aux herbes et aux racines des arbustes pour remonter sur l'autre rive !

Et c'est une Audrey trempée, grelottante, qui se retourne, debout et fière sur la berge, et qui tire la langue à ses poursuivants avant de se remettre à courir.

L'un des hommes, celui-là même qui ne l'avait pas signalée quand il aurait dû, en est bien amusé.
  • (cap) Ça vous fait rire, vous ?
  • (gar) Euh... non, mon capitaine.

Le capitaine semble bien embêté :
  • (cap) Qu'est-ce qu'on fait, prêtre ?
  • (pre) Il n'y a pas le choix. Il n'y a aucun pont sur plusieurs kilomètres, il faut prévenir les villages voisins. C'est la deuxième qui arrive à s'enfuir, mais on la retrouvera, ça croyez-moi.

Sans se retourner ni même reprendre son souffle, elle court, manque plusieurs fois de s'étaler de tout son long à cause de sa tenue, et ses cheveux mouillés volent au vent.

Au bout d'un long moment, épuisée, elle arrête enfin sa course folle et ose regarder derrière elle : rien. Elle marche, vite autant qu'elle le peut, et continue.

Le soir tombe, la température diminue : elle est frigorifiée, trempée, et en plus affamée, car elle a bien peu mangé les jours d'avant et n'a rien mangé du tout aujourd'hui.

Elle parvient à un petit bois, et s'assied au pied d'un arbre pour réfléchir et se reposer.
Que peut-elle faire, la pauvre, contre toute cette opposition ? Quiconque la verra la signalera en espérant une bonne récompense, cela ne fait aucun doute.

Et les campagnes seront ratissées jusqu'au moindre centimètre carré pour la retrouver.
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Re : Sacrifice
« Réponse #5 le: 26 Juin 2021 à 19:16:23 »
La suite de ton texte est sa fuite. Tu nous lances l'intrigue.

Je n'ai jamais nagé avec une robe, mais ca doit gêné les jambes pour nager. Je ne sais pas la nage qu'elle fait, mais pourquoi, en plus ca règlerait le problème de l'arbre, elle la retire pas au début?
Elle pourrait porter dessous une sorte de pantalon  culotte et de t shirt, pour ne pas la mettre nue.


Pour le sacrifice tous les 16 ans. Je sais pas si tu côtoies beaucoup de personne de 16 ans, mais on remarquerait quand même que tous les ans qu'une fille disparaitrait. Je suppose qu'elles doivent être élevé ensemble et non avoir dans des dizaine de lieu diffèrent. Sinon il y'aurait beaucoup de lieu diffèrent.

De plus, si ils veulent juste les tuer, pourquoi ils ont besoin de les éduquer? C'est une perte de temps et de ressource. Ils veulent juste des filles bien soumise qui vont se suicider. Je pense qu'ils leur feraient une éducation ou le sacrifice serait noble, un peu comme dans les sectes ou les membres se suicides.
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Albert Camus

Hors ligne meynaf

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Re : Re : Sacrifice
« Réponse #6 le: 26 Juin 2021 à 21:04:50 »
Je n'ai jamais nagé avec une robe, mais ca doit gêné les jambes pour nager.
J'ai beau nager comme une pierre au fond de l'eau, je crois savoir que c'est surtout les bras qui font le boulot.
De toutes façons elle n'est plus à ça près et ce n'est probablement pas pire qu'une queue de poisson chez une sirène ;)


Je ne sais pas la nage qu'elle fait, mais pourquoi, en plus ca règlerait le problème de l'arbre, elle la retire pas au début?
Elle n'en a pas le temps !
(En plus, si elle la retirait, elle serait quasiment complètement à poil...)


Elle pourrait porter dessous une sorte de pantalon  culotte et de t shirt, pour ne pas la mettre nue.
Elle aurait certainement porté une tenue plus pratique... si elle avait pu la choisir elle-même.
Mais on est bien d'accord qu'il va falloir qu'elle l'enlève - et je raterais mon effet si elle le faisait trop tôt. La suite au prochain épisode...


Pour le sacrifice tous les 16 ans. Je sais pas si tu côtoies beaucoup de personne de 16 ans, mais on remarquerait quand même que tous les ans qu'une fille disparaitrait. Je suppose qu'elles doivent être élevé ensemble et non avoir dans des dizaine de lieu diffèrent. Sinon il y'aurait beaucoup de lieu diffèrent.
Bien sûr qu'il y a beaucoup de lieux différents : elles vivent avec leurs parents, comme les autres enfants. C'est juste qu'on leur cache la vérité et qu'on ne les laisse pas vraiment côtoyer les autres jeunes (elles ont un précepteur, c'est à dire des cours particuliers). Elles ne sont pas élevées ensemble. Il y a suffisamment de mortalité infantile en temps normal pour que ça passe inaperçu.

Sinon, c'est vrai qu'elles finiraient vite par comprendre, même si on leur ment pour les rassurer !
(Mais non, on ne va pas vous sacrifier, franchement t'es lourde avec tes théories complotistes, là !)


De plus, si ils veulent juste les tuer, pourquoi ils ont besoin de les éduquer? C'est une perte de temps et de ressource. Ils veulent juste des filles bien soumise qui vont se suicider. Je pense qu'ils leur feraient une éducation ou le sacrifice serait noble, un peu comme dans les sectes ou les membres se suicides.
C'est la même chose que laisser des trésors dans les tombeaux à usage du mort une fois qu'il sera dans l'au-delà : un pur gaspillage.
Mais pour eux, ce n'est pas simplement la tuer. On n'offre pas aux dieux de la marchandise de mauvaise qualité, tout de même !
Dit autrement il ne s'agit pas de plumer des gogos comme dans une secte, ici ils y croient eux-mêmes (et le peuple est supposé y croire aussi).
Quant à son éducation, ils ont préféré la laisser dans l'ignorance. Ce n'est peut-être pas le meilleur choix, mais on est bien d'accord qu'ils ne brillent pas par leur vivacité d'esprit...
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Re : Sacrifice
« Réponse #7 le: 28 Juin 2021 à 09:18:04 »
J'ai bien aimé ces idées, car il y en a plusieurs.
Le parallèle entre le quotidien quasi administratif du policier et le monde SF, dans une ambiance qui rappelle Blade Runner.
Quand on en arrive aux premiers chapitres, on passe à une tout autre ambiance, presque celtique dans mon imaginaire en tout cas.
C'est assez bien écrit, peut être une vigilance accrue sur la concordance des temps et un point essentiel : savoir où l'on va. L'épisode du sacrifice auquel elle échappe passe par des détails qui laissent présager qu'on va rester un moment sur cette étape, or on attend depuis les premiers écrits de connaitre mieux Audrey et ses capacités à l'époque à laquelle a débuté le texte. Le chemin parcouru entre la jeune fille facétieuse qui échappe à ses naïfs geôliers et la justicière semble tout de même assez long.
Continue, fouille bien tes personnages et documente toi pour donner de la vraisemblance.
Joli coup d'archet.

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Re : Re : Sacrifice
« Réponse #8 le: 28 Juin 2021 à 10:13:43 »
J'ai bien aimé ces idées, car il y en a plusieurs.
Le parallèle entre le quotidien quasi administratif du policier et le monde SF, dans une ambiance qui rappelle Blade Runner.
Quand on en arrive aux premiers chapitres, on passe à une tout autre ambiance, presque celtique dans mon imaginaire en tout cas.
C'est assez bien écrit, peut être une vigilance accrue sur la concordance des temps et un point essentiel : savoir où l'on va. L'épisode du sacrifice auquel elle échappe passe par des détails qui laissent présager qu'on va rester un moment sur cette étape, or on attend depuis les premiers écrits de connaitre mieux Audrey et ses capacités à l'époque à laquelle a débuté le texte. Le chemin parcouru entre la jeune fille facétieuse qui échappe à ses naïfs geôliers et la justicière semble tout de même assez long.
Continue, fouille bien tes personnages et documente toi pour donner de la vraisemblance.
Joli coup d'archet.
Euh, attends. J'ai l'impression que tu parles de plusieurs de mes écrits à la fois et que tu confonds deux personnages (Audrey ici et Luna dans l'Ange Exterminateur). Elles n'ont pas du tout le même tempérament.
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Re : Sacrifice
« Réponse #9 le: 28 Juin 2021 à 14:19:45 »
Je confirme ! Je confonds les deux, désolé.
Je rentre de déplacement lointain, on va mettre ça sur le jet lag... je n'ai pas su naviguer dans les redirections.
J'avais la même remarque que d'autres ici : comment l'héroïne (Audrey) pouvait-elle ignorer la coutume ?
Concernant l'autre texte (Luna), dont je comprends évidemment bien mieux le contexte !

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Re : Re : Sacrifice
« Réponse #10 le: 28 Juin 2021 à 14:38:24 »
J'avais la même remarque que d'autres ici : comment l'héroïne (Audrey) pouvait-elle ignorer la coutume ?
Parce qu'il le faut sinon ça casse toute l'histoire ? :-¬?
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Re : Sacrifice
« Réponse #11 le: 28 Juin 2021 à 16:13:21 »
Bon, en tous cas, voilà la suite et avant-dernière partie.





Quand elle cesse de haleter, elle regarde autour d'elle. Aucun signe de qui que ce soit qui la poursuive, c'est un court répit, peut-être bien le seul auquel elle aura droit. La nuit est pratiquement tombée, on commence à ne plus rien y voir, ils pourraient bien être juste à côté qu'elle ne les verrait pas.
Et cette odeur entêtante, qu'est-ce que c'est ? Mais oui, une odeur de viande est parvenue à ses narines ! Est-elle en train de rêver ?

Elle a FAIM ! N'en pouvant plus, elle se dirige vers les endroits où l'odeur est la plus forte, espérant en découvrir l'origine.

Ah, oui, l'origine est là : c'est un campement, établi par un homme solitaire. Le feu de camp est à la limite de s'éteindre, et, dessus, se trouve une gamelle d'où provient l'odeur.

Il dort ? Oui, on dirait bien. Elle ose alors soulever le couvercle, avec mille précautions pour ne pas faire de bruit, et découvre de la viande en sauce, avec des champignons.

La cuillère est encore dedans... elle ramène un peu de cette nourriture, et la goûte. Hmmm, c'est délicieux. Oubliant toute prudence, elle mange goulûment et ne se rend pas compte que l'homme s'est réveillé et l'observe.

Alors que sa faim est un peu calmée, elle reprend son souffle, et regarde vers l'homme. Elle prend peur et recule... Lui prend la parole :
  • (Mor) Non, ne fuyez pas ! Vous aviez l'air de tellement vous régaler, vous pouvez continuer. J'en ai fait bien trop pour moi, de toutes façons.

Méfiante, elle le regarde. Mais elle a encore faim, et s'approche de nouveau pour terminer son repas. Sa raison lui dicte de courir, de s'enfuir, mais ventre affamé n'a pas d'oreilles.

L'homme continue à la regarder, amusé.
Une fois qu'elle est bien rassasiée, il lui parle de nouveau :
  • (Mor) Bon, je vais ranimer le feu, vous devez être transie, les nuits sont plutôt fraîches. Vous me direz ce qu'une belle jeune femme comme vous fait ici en pleine nuit, à dévorer mon canard aux champignons.

Elle s'approche de lui, s'assied prudemment, et lui répond :
  • (Aud) Je suis poursuivie.
  • (Mor) Je m'en doutais un peu, voyez.
  • (Aud) Ils vont me rattraper, je n'en peux plus.
  • (Mor) Vos cheveux sont mouillés, on dirait bien. Il faut vous les sécher. Et si vos poursuivants vous rattrapent, je serai là pour vous protéger.
  • (Aud) Mais ils n'hésiteront pas à vous tuer !
  • (Mor) D'autres ont essayé avant, et aucun n'a réussi. Allez, racontez-moi donc votre histoire.
  • (Aud) Sacrifice... évadée... qu'est-ce que je peux dire de plus ? Le prêtre va rameuter tous les villages voisins, toutes les villes, et le pays entier va me rechercher et me ramener à lui pour qu'il puisse me tuer...
  • (Mor) Non, nous allons empêcher ça.
  • (Aud) Mais comment ?
  • (Mor) On verra demain. En attendant, il faut faire sécher vos vêtements, vous sécher vous et vous mettre bien au chaud.

L'homme sort une épaisse couverture de son sac à dos, et il a une émotion forte en apercevant Audrey, qui s'est dénudée pour se sécher, car elle n'avait que sa robe sur le corps. Il ne peut s'empêcher, en lui donnant la couverture, de détailler des yeux ce corps féminin en tous points superbe. Il a traversé des villes, des pays entiers, et jamais n'avait vu de femme si belle.

Elle s'enveloppe dans la couverture, et tend ses mains vers le feu pour les réchauffer.
Puis elle commence à lui raconter :
  • (Aud) Il a fallu que je traverse une rivière à la nage. J'ai bien cru que j'allais en mourir. <ap-shiii> <snif>
  • (Mor) Oui, parfois on se retrouve à réussir des choses qu'on ne se serait jamais cru capable de faire...
  • (Aud) Ils étaient de l'autre côté, une douzaine de gardes dont le capitaine, le prêtre lui-même qui me croyait prise et me narguait déjà. <snif>
  • (Mor) Si cela peut vous rassurer, vous n'êtes pas la première jeune fille que je sauve d'un sacrifice.
  • (Aud) <snif> Je vais être bien malade demain matin. Je vous dois toute ma reconnaissance, mais...
  • (Mor) Mais ?
  • (Aud) Mais j'aimerais bien vous donner plus qu'un remerciement. Il m'a semblé, quand vous m'avez regardée tout à l'heure...
  • (Mor) Il vous a semblé quoi ?
  • (Aud) Que vous, enfin... Disons que si je n'étais plus vierge, ils auraient peut-être déjà moins l'idée de me sacrifier. Et j'aimerais savoir ce que ça fait avant de mourir...

Sans attendre sa réponse, elle se serre contre lui, et le tire vers le bas pour l'inviter à une position horizontale.

Blottis l'un contre l'autre entre deux couvertures, elle l'aide à ôter ses vêtements, et il commence à la couvrir de baisers et de caresses, lui qui n'avait jusqu'à présent guère eu de succès avec les femmes...

Alors qu'il l'aime avec passion, elle n'a plus du tout froid, elle n'a plus peur, elle ne sent plus la fatigue.

Ils passent la nuit dans les bras l'un de l'autre, à dormir du sommeil du juste. Même une fois réveillés, ils ne bougent pas, tant leur position est agréable.

La matinée est déjà bien avancée quand ils se lèvent, et cela inquiète Audrey :
  • (Aud) Oh non, il est déjà si tard. Vite, il faut filer d'ici !
  • (Mor) Bon, d'accord, mais avant, on va te trouver une tenue moins voyante. Il y a un village pas loin, tu pourras t'acheter des vêtements.

L'homme lui remet une bourse bien garnie, et elle entre dans un magasin, vêtue de sa robe de sacrifice sale et à peine sèche. Elle achète des vêtements qui lui conviennent, et ils reprennent leur chemin, sans se douter que le vendeur s'est empressé d'aller les signaler.

Ils marchent ainsi, main dans la main, dans une direction quelconque, lorsqu'une voix retentit :
  • (cap) Tiens donc, mais la revoilà, notre jeune fille. Prêtre, regarde-la, on dirait qu'elle s'est trouvée un protecteur.

Immédiatement, ils sont encerclés par les onze gardes, le capitaine et le prêtre. Voilà ce qui s'appelle mal tomber...
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Re : Sacrifice
« Réponse #12 le: 28 Juin 2021 à 19:46:30 »
J'ai lu la suite de ton texte. Mes remarques ne sont pas la pour dire que ton texte est mauvais, mais pour signaler ce qui me semble étrange dans ton récit.
Ce que je dis sont justes des remarques personnels, d'une personne qui en serait même pas écrire un texte de ta qualité.

Je ne vais plus revenir avec la robe et la nage, mais bon si tu veux une positon statique dans l'eau, tu a les bras et jambes écarté, et moi, qui nage comme un pierre, j'ai besoin de remué les jambes. Apres elle a peut être appris a bien nager.

Sinon, pourquoi la fille a besoin de se dévêtir devant le héros? Elle pourrait se cacher (arbres, bosquet...) ou lui demander de se retourner. Elle a pas besoin qui lui tien la couverture, elle peut la prendre avec elle pour se changer.

Le héros, qui doit avoir un certain âge, est vierge vu qu'il n'a jamais eu de copine comme tu dis. L'héroïne je le trouve très rapide dans son choix de coucher avec lui, et surtout très entreprenante.

Sinon a la fin, j'aurais donner une direction aux héros, car tu dis qu'ils en savent pas ou ils vont, mais ils devraient avoir un projet de  lieu de fuite(Ils vont se sauver dans un autre pays, dans un petite ville pas très connu ou simplement aller ou devait se rendre le héros.).

Voila mon petit avis. J'espère que je ne suis pas vexante.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
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Re : Re : Sacrifice
« Réponse #13 le: 28 Juin 2021 à 21:47:50 »
J'ai lu la suite de ton texte. Mes remarques ne sont pas la pour dire que ton texte est mauvais, mais pour signaler ce qui me semble étrange dans ton récit.
Ce que je dis sont justes des remarques personnels, d'une personne qui en serait même pas écrire un texte de ta qualité.
Tes remarques sont les bienvenues, rassure-toi. C'est juste que je ne sais pas trop s'il est mieux d'expliciter les choses en te répondant directement ou en altérant le texte (et si oui, de quelle façon).


Je ne vais plus revenir avec la robe et la nage, mais bon si tu veux une positon statique dans l'eau, tu a les bras et jambes écarté, et moi, qui nage comme un pierre, j'ai besoin de remué les jambes. Apres elle a peut être appris a bien nager.
Je le dis : elle nage comme un poisson. De toutes façons, elle nage pour sa vie donc dans ces situations on n'est pas regardant à ce genre de détails.
Parfois on se retrouve à réussir des choses qu'on ne se serait jamais cru capable de faire...


Sinon, pourquoi la fille a besoin de se dévêtir devant le héros? Elle pourrait se cacher (arbres, bosquet...) ou lui demander de se retourner. Elle a pas besoin qui lui tien la couverture, elle peut la prendre avec elle pour se changer.
Elle pourrait. Mais je me demande si je dois vraiment expliciter qu'elle le fait pour observer sa réaction...


Le héros, qui doit avoir un certain âge, est vierge vu qu'il n'a jamais eu de copine comme tu dis. L'héroïne je le trouve très rapide dans son choix de coucher avec lui, et surtout très entreprenante.
J'ai dit qu'il n'avait guère eu de succès, pas qu'il était puceau.
L'héroïne prend sa décision assez rapidement c'est vrai, mais soyons honnête : vu les circonstances elle n'a pas tellement le temps de faire connaissance car elle s'imagine morte dès le lendemain !


Sinon a la fin, j'aurais donner une direction aux héros, car tu dis qu'ils en savent pas ou ils vont, mais ils devraient avoir un projet de  lieu de fuite(Ils vont se sauver dans un autre pays, dans un petite ville pas très connu ou simplement aller ou devait se rendre le héros.).
J'aurais pu, en effet. Mais le héros a-t-il vraiment l'intention de fuir ?


Voila mon petit avis. J'espère que je ne suis pas vexante.
Pas de souci :)
La clarté est la politesse de l'homme de lettres.
(Jules Renard)

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Re : Sacrifice
« Réponse #14 le: 30 Juin 2021 à 10:33:17 »
Et voilà, suite et fin.

Je n'ai pas vraiment la place ici, dans un texte mi-long, de développer toute la personnalité et toute l'histoire des personnages.
Un peu dommage, peut-être. Mais c'est plus compliqué qu'il n'y paraît ;)
Donc si ça vous intéresse, rendez-vous dans les textes longs : j'en ai deux en cours et ils n'attendent que vos commentaires.





Le prêtre jubile :
  • (pre) Bon, toi le vagabond, tu nous laisses cette fille, et on oublie qu'on t'a vu.
  • (Mor) N'y compte pas trop. Si vous voulez toucher à cette femme, il va falloir vous battre.

Audrey tente d'intervenir :
  • (Aud) Vous ne pouvez plus me sacrifier maintenant, il va falloir que vous en trouviez une autre. Je ne suis plus vierge, à présent.

Le prêtre annule immédiatement ses espoirs :
  • (pre) Ça ne change rien, personne ne le saura. Tu seras sacrifiée, un point c'est tout. Tu es née pour cela.

L'homme reprend :
  • (Mor) Non, prêtre stupide. Je t'aurai tué bien avant.

Le capitaine lui rappelle les réalités :
  • (cap) Nous sommes douze, et tu es seul. Tu crois vraiment que tu as une chance ? Allez, file d'ici au plus vite si tu tiens à la vie.

Mais l'homme sort son épée, qui brille d'un éclat blanc surnaturel :
  • (Mor) Ça pourrait bien faire douze morts. Cette jeune femme est sous ma protection, et vous allez bientôt savoir en quoi ça consiste.

Le capitaine sort sa propre épée pour la lui passer en travers du corps, et il est le premier à mourir. Le combat fait rage, mais ne dure guère, et, bientôt, les corps s'entassent. Il va pour achever le dernier garde lorsqu'Audrey le retient :
  • (Aud) Non, laisse-le vivre. J'ai une dette envers lui.

Le garde la remercie :
  • (gar) Merci, Audrey. J'ai failli à mon devoir, et voilà que j'en suis maintenant récompensé. Mais j'ai toujours eu... de l'affection pour toi. C'est pour ça que je n'ai pas voulu...

Le sauveur d'Audrey lui répond :
  • (Mor) Garde, je sais bien que tu ne fais que ton devoir, mais tu es du mauvais côté. Audrey a payé sa dette envers toi, et je ne te tuerai donc pas. Sauf que si tu reviens te mettre en travers de mon chemin, je ne te garantirai plus rien.
  • (gar) Je vois. Je vais devoir rentrer pour raconter tout ça. Je n'avais jamais vu de combattant comme toi, moi qui croyais que mon capitaine était invincible...

Puis le garde s'en va raconter ses misères et le massacre de ses compagnons, y compris celui du prêtre.

Le couple reprend sa marche sur la route. Audrey sait maintenant qu'elle a le meilleur des protecteurs : aucun garde n'a réussi à lui tirer du sang.

En cours de journée, ils croisent un homme, qui halète :
  • (hom) Ah... ouf... les voilà... je vais accomplir ma mission...
  • (Mor) Quelle mission ? S'il s'agit de tuer des jeunes filles pour les offrir en sacrifice à tes dieux débiles, c'est une mauvaise mission et tu mourras en tentant de l'accomplir.
  • (hom) Non, non... je suis... messager... Voilà...

Un papier ? L'homme est bien embêté. Euh... ça dit quoi...
Audrey, qui, elle, sait lire - chose extrêmement rare pour une femme, du moins à cet endroit et à cette époque - s'empare du papier et le lit tout haut :
  • (Aud) "Prière de venir au temple de la cité. Il ne vous sera fait aucun mal.
    J'ai entendu parler de votre épée brillante, et j'aimerais l'examiner."
    C'est signé : le grand prêtre de la cité.

Il n'y a qu'une seule cité dans les environs, et point n'est besoin de la nommer.

Audrey, curieuse, pousse son homme à accepter l'invitation, bien que celui-ci soit réticent.

Effectivement, lors de leur entrée, personne ne les agresse. Ils vont dans le temple, et, une fois à l'intérieur de ce grand bâtiment, Audrey questionne son homme :
  • (Aud) Pourquoi elle brille comme ça, ton épée ? Je peux la regarder ?
  • (Mor) Je ne sais pas, mais tu ne peux pas la prendre. Elle te brûlerait les doigts, comme elle le fait pour tout autre que moi.

Mais Audrey ne résiste pas à la curiosité et touche l'épée.
  • (Aud) Moi, je la trouve plutôt glaciale. Ça me donne froid aux mains.

Audrey prend l'épée à pleines mains et fait des moulinets avec. Bien qu'elle n'ait jamais touché une épée, on jurerait qu'elle est experte. En fait, elle constate que l'épée se déplace d'elle-même.

En plus de cela, ladite épée brille d'un éclat maintenant éblouissant, bien plus lorsque c'est Audrey qui la porte que son homme.

Le grand prêtre fait alors son apparition, seul.
  • (gpr) La voilà, c'est bien ce que je pensais. L'épée de Justice, celle qui brûle les mains de ceux qui ne sont pas dignes de l'utiliser.
  • (Mor) Ta curiosité est maintenant satisfaite, prêtre. Laisse-nous repartir.
  • (gpr) Oui, vous pouvez partir librement quand vous voudrez. Mais il faut que tu saches que plus aucune menace ne pèse sur ton amie, j'y veillerai personnellement.
  • (Mor) Et pourquoi donc ?
  • (gpr) Parce qu'elle est protégée par une lame sacrée, voilà pourquoi.
  • (Mor) Sacrée ? Elle m'a toujours bien servi par le passé, mais j'ignorais qu'elle puisse être sacrée.
  • (gpr) Elle l'est. Et, puisque tu en es le dépositaire, tu ne peux qu'être un homme bon. Donc, si tu défends la vie de cette jeune femme, c'est que les dieux souhaitent la voir vivre, au lieu de la voir mourir pour eux. Dorénavant, plus aucun sacrifice n'aura lieu.
  • (Mor) Voilà une bonne résolution. Certains prêtres ont une relative sagesse, on dirait.
  • (gpr) Je ne sais pas. Il faut être fou pour s'opposer au porteur de l'Épée de Justice.

Audrey en profite pour le questionner :
  • (Aud) Mais j'aimerais quand même bien comprendre pourquoi moi, je la trouve glaciale au lieu d'être brûlante, et pourquoi elle brille plus quand c'est moi qui la porte.
  • (gpr) Plus la cause que tu sers est juste, plus elle brille et te sert bien.
  • (Aud) Mais je ne sers aucune cause !
  • (gpr) Tu es une élue des dieux, jeune Audrey. C'est la seule explication que je puisse te fournir.

Ils repartent, et, après quelques jours de voyage, trouvent une petite maison à vendre, pas très chère, et s'y installent. Audrey adresse un mot à ses parents :

"Chers parents. J'ai échappé à mon sacrifice et je vais bien. Vous étiez prêts
 à me perdre à jamais, eh bien, vous venez de me perdre à jamais, car je ne
 retournerai pas vous voir. C'est ainsi que je vous remercie de n'avoir pas
 fui avec le bébé quand vous avez appris que je serai sacrifiée, et d'avoir
 accepté l'inacceptable. Signé : Audrey."


Pendant deux ans, ils vivent heureux ensemble. Mais elle sent bien qu'il a une nature d'aventurier et de voyageur, et que cela lui manque, aussi, elle se décide à le laisser repartir. Il lui laisse une confortable somme en or, car il avait de belles réserves pour cause de vieux pillages de tombeaux, et s'en va en lui disant qu'il l'aimera toujours.

Après avoir vécu un an seule, elle vend la maison à un jeune couple, et décide de voyager un peu, elle aussi.
Elle s'achète une épée et apprend à s'en servir, puis part au hasard sur les chemins.

La suite est une autre histoire...
La clarté est la politesse de l'homme de lettres.
(Jules Renard)

 


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