Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

07 Juin 2026 à 18:41:47
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Nos univers contrariés

Auteur Sujet: Nos univers contrariés  (Lu 1889 fois)

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
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Nos univers contrariés
« le: 07 Avril 2021 à 21:38:33 »
Bonjour, j'ai écris cela, je l'avais posté précédemment sous un autre nom et je le reposte aujourd'hui retouché et allongé. Le sens des phrases n'est pas toujours évident mais vous comprendrez vite la logique et ce sera plus simple. Je crois que c'est un peu différant mais j'aimerais beaucoup avoir vos retours.


Jour 7140

J’émerge.

Je n’ai pas ouvert les yeux mais je sais qu’il fait beau. Je le sais parce que j’entends tambouriner à la porte. « Flûte ! » m’écriais je en la coupant en plein morceau, l’empoignant et la jetant au travers de la mezzanine. Il y a un grand soleil et je n’ai pas fermé le velux. Mon appartement est alors inondé de lumière ; visqueuse, chaude et éblouissante elle s’écoule au travers de la fenêtre ouverte et, filtrant sous la porte, elle dévale les escaliers, réveillant les voisins. Je descend de la mezzanine en trombe et tombe, réalisés en soufflets d’accordéons par soucis d’économies, les escaliers sont alors très dangereux et très bruyants. Je me relève, brulé par la lumière, sautant sur les chaises et la table pour éviter de marcher dedans en atteignant le velux. Finalement il est à portée de main, je le ferme. La lumière disparait et s’agglutine sur la vitre. J’entends le pas lent du concierge redescendre l’escaliers, ça fait une étrange reprise de l’éléphant de Saint-Saëns.
En colimaçon, mon escalier sonne comme un bandonéon. Cette fois avec prudence je remonte m’habiller, ça fait du Piazzolla.
Je redescends et déjeune en regardant par la fenêtre. J’ai une belle vue, au loin je revois les grandes plaines, je ne suis pas vraiment en ville depuis longtemps et je crois que je ne serai jamais citadin. Je revois mon enfance là-bas. Sur mon temps libre j’allais battre la campagne, doucement, de peur de lui faire mal. Au collège, pour me faire de l’argent de poche j’allais remonter les ressorts des éoliennes pour qu’elles continuent de tourner, ce n’étais pas beaucoup plus difficile que de remonter une montre mais cela demandais nettement plus d’efforts, enfin ça me faisais de l’argent de poche.
Juste à la droite de ma fenêtre, j'ai une jolie vue sur une vieille église, sur son toit les oiseaux ricanent. Je pense qu’ils se moquent du prêtre, et visiblement il le sait puisqu’il les chasse d’un grand coup d’orgue, les oiseaux s’envolent alors dans un épais nuage de plumes. Je ne suis pas croyant alors je m'en moque mais le prêtre est toujours grincheux, je crois que c'est parce qu'il voudrait une plus grosse église. Il voudrait celle qui est plus grande et plus haute avec le toit vert qui fait peur aux oiseaux.
J’aimerai profiter du beau temps. J’enfile mes chaussures qui se laissent faire et je dévale les escaliers, alors que je descends je vois mon voisin sur son palier, c'est un vieil homme, je le salut et il me répond d'un grincement de son vieux bras rouillé (dans ma hâte je fais une version bousculée de ''I've never been there''). J’évite ma boîte aux lettres parce que je sais qu'elle me regarde et qu'elle n'a que des choses ennuyantes à raconter. J’attrape mon vélo et sort de la cour en trombe, la chaleur donne à l'air un ton sépia. Je me retourne vers mon immeuble et regarde dans quel sens il penche pour connaître le sens du vent, je pars alors dans la direction opposée pour qu'il me pousse.
Je vais jusqu'aux jardins, ou deux amoureux désavoués se tendent des perches tout timides, je m'amuse à passer en dessous sans les toucher. Je slalom entre les arbres jusqu'à ce que l'un d'eux bouge une branche et me fasses tomber. Je peste et prends le chemin du retour. J'ai alors le vent de face, c'est fatiguant.
Je rentre pour midi et je vois le facteur qui se dirige vers mon appartement, je lui roule sur les pieds et sans attendre il monte sur ses grands chevaux, il ne parvient pas à me rattraper et tombe puisque qu'ils ont choisi de partir dans deux directions différentes. Je remonte alors en trombe, ça joue le même morceau mais à l'envers.
Je cherche à mettre un vinyle en cuisinant mais il a fondu après l'incident de ce matin et il est tout gondolé, j'essaie de l'écouter mais il oscille constamment entre aigu et grave en suivant la courbe du vinyle, c'est affreux.  J’ouvre alors la fenêtre et le jette. Dans sa course il décapite un oiseau, je m'excuse auprès de sa femme. Le prêtre, insensible, me remercie.
Après manger je joue un peu de trombone, je joue « sing sing sing » et je m'emballe un peu, l'horloge me suis et le temps avec elle, quand je finis il fait déjà nuit.
Dépité, je pars me doucher, une fois dans la douche je lui dis quelque chose d'odieux pour qu'elle se mette à pleurer, une fois propre je la réconforte pour ne pas payer trop cher (quand je reparlerai à ma boîte au lettre).
Je remets la flûte à sa place. Je lis un peu, j'ai oublié d'éteindre la grande lumière, je jure à nouveau et la flûte dans sa course fait voler l'ampoule en éclats. Je m'endors alors.

Jour 7141

Ce matin je suis descendu en ne m'attendant à rien et en réponse l'escalier n’as fait qu'une musique lasse et pâteuse. Je crois que mon appartement sent cette lassitude, les murs semblent visqueux et tombent par endroits, ce matin le café ne tente même pas de s'enfuir, résigné. Ou peut-être sait-il que je ne courrai pas après.
L’air est lourd, ou bien la gravité est différente aujourd’hui ? Tout est lourd, même moi, d’ailleurs je ferai surement mieux de m’allonger et de ne plus bouger.
J'allume la platine mais n'y mets pas de vinyle, dans ma lassitude le bourdonnement sourd de l'ampli qu'on ne sollicite pas suffit.
Les oiseaux ne ricanent pas, le prêtre n'essaie pas de les chasser, la lassitude rampe à l'horizon et le ciel gris lui-même semble s'excuser d'être sans intérêt.
Je n'attends rien de ce jour.
La flûte est tombée de la mezzanine et a roulé contre le pied du canapé, je n'ai pas la force de la ramasser. Je m'effondre et je fixe le mur blanc en face, il est vide et à la manière dont il me regarde il pense sûrement pareil de moi.
La nuit tombe d'un coup alors j'attrape la flûte et tente de faire du bruit sur le carreau, je ne fais pas attention et la jette trop fort elle le traverse, au moins cela a eu l'effet escompté et le soleil se réveille en sursaut, toujours filtré par les nuages, et la lumière pâle revient. La vitre immédiatement est remplacée par une épaisse plaque de glace, il ne fait pas si froid mais l'ambiance est glaciale.
Je m'installe devant l'animatronique qui me dispense les cours, il est monotone aujourd’hui. Je fini à 16h, l'heure arrivée il tergiverse mais d'un beau coup de pieds acrobatique je fais tomber sa tête, il balbutie quelques mots puis s'éteint. Je dois faire des courses alors je descends, mon pas lent dans l'escalier ne fait qu'une lente marche aux allures funéraire, je cherche mon voisin des yeux mais il n'est pas là, il doit dormir, les vieux peuvent se permettre d’hiberner.
L’air aujourd'hui est au noir et blanc, je mets un pied dans la cours et je vois la couleur de mes vêtements se ternir et vite je ne suis plus que de nuances de gris. Je jette un coup d'œil à ma boîte aux lettres, compatissante elle me fait signe de poursuivre ma route.
Je prends le vélo et sort dans la rue. Il y a une petite pluie, le centre-ville est plongé dans la lassitude, tout le monde semble triste et ça fait peine à voir, je me demande alors comment les oiseaux trouvent la force de voler et je constate qu'ils volent sur le dos préférant le ciel plaintif au triste centre-ville en noir et blanc. Pour les imiter je roule les yeux fermés, c'est absolument idiot, je rentre dans un piéton de plein fouet et nous tombons tous les deux. Je tente de le relever mais il s'étend et s'endort. Je roule lentement, j'arrive au magasin et je fais deux trois courses. Je remonte dans la même lassitude. J’essaie de jouer un peu mais mon trombone refuse de jouer autre chose que de longues plaintes, j'attrape alors le tuba qui se ramolli et se déroule entièrement. Je monte résigné, cette fois l'escalier ne fait que souffler et ne produit pas une note, je m'effondre sur le lit, mou, je vois le plafond s'éloigner alors que le lit se renferme sur moi et m'engouffre.

Jour 7142

J’ai bien dormi, enfin longtemps. J’ai rêvé qu'elle était là, ce n’était pas le cas.
Ça va être une bonne journée.
Ce doit être une bonne journée, il le faut.
Je me suis laissé emporter hier mais ce n’est pas si grave, c'est pas grave parce qu'elle reviendra, parce que je lui aurais manqué et alors on sera ensembles encore. Ce sera comme avant et je serai heureux et il refera sépia.
Ça va être une bonne journée.
Je descends avec entrain et ça joue « Adios Nonino », mais ça sonne un peu faux. Mon appartement est beau aujourd'hui, les murs ont retrouvé leur consistance et c'est vraiment chouette, en surface en tout cas, comme un décor en carton-pâte.
Ça va être une bonne journée.
Ça va être une bonne journée et en plus je vais à l'Institut aujourd'hui, je ne vais pas avoir affaire au soporifique animatronique, heureusement d'ailleurs parce qu'après mes exploits d'hier il n'était pas prêt à refaire cours.
Je me demande ce qu'elle fait, est-ce qu'elle pense à moi?
Je me prépare, je saute sur mon vélo et file vers l'Institut. L’air a un ton étrange, les couleurs sont exacerbées, c'est bon signe, ça va être une bonne journée.
Une voiture me coupe la route, je saute pour l'éviter mais ma roue percute une de ses pattes et la brise, la machine pigne et s'éloigne. Les passants ont ce même sourire crispé, ils ont l'air heureux, ça va être une bonne journée.
Je m'ennuie, le temps est long et il le sait, les oiseaux sont figés et l'horloge ne tourne plus. C’est long mais ça vaut le coup parce qu'après j'irai plus loin, j'aurais mes diplômes. A nouveau je regarde par la fenêtre et j'essaie de deviner à travers le voile bleu l'avenir radieux qui m'attends.
Et je l'attends.
Je rentre enfin et le temps repart d'un coup comme un mécanisme qui se débloque. Je pousse la lourde porte de la cour, qui le prends un peu mal et s'emporte à en sortir de ses gonds, je la replace et en retour elle me pousse aussi fort et je manque de tomber.
Je monte et mets un vinyle de Sydney Bechet, celui-ci n'a pas fondu. Je mange en l'écoutant et grimpe à la mezzanine pour lire, le temps passe trop vite alors je recule ma montre d'une heure pour avoir plus de temps. Je m'endors. Je crois qu'elle pense à moi.

Jour 7143

Pas d'institut, pas d'animatronique, rien, j'ai ma journée.
Une page blanche devant moi...et je ne sais pas quoi en faire.
Je n'ai pas d'heures pour me lever, mais il est tôt et j'ai déjà les yeux grands ouverts.
Je balaye la mezzanine du regard et je vois les ombres danser, ces ombres éphémères qui mourront quand j'allumerai la lumière. Où vont les ombres quand on les chasses ? Est-ce qu'elle se cachent ou alors est-ce qu’elles disparaissent et renaissent au retour de l'obscurité. Je crois que l'une d'entre elle me regarde, difficile à dire, elles n’ont pas d'yeux, peut-être qu'elle se demande aussi ce qu'elle deviendra quand j'allumerai la lumière.
Il faut que je me lève.
Je n'ose pas allumer la lumière. Il va bien falloir parce que dans cette obscurité la mezzanine transpercée de toutes ses poutres pourrait bien m'achever, et puis de toute façon le jour va se lever et elles disparaîtront.
Pour les prendre par surprise je bondi sur l'interrupteur.
Si elles se cachent elles sont rapides, je n'ai pas pu deviner où elles sont allées.
En me baladant je remarque que certaines ont quand même réussi à trouver refuge derrière les meubles et sous le lit.
Je déjeune sur le bord de la fenêtre, j'ai inventé quelque chose dont je suis plutôt fier. C'est un système élémentaire de poulies, de convoyeurs, de vérins, d'arcs à surtiller et d'un petit train électrique. Quand je sors du lit j'appuie sur une petite plaque de pression, ce qui lance alors un petit moteur qui entraîne une corde passant par un ensemble de poulies, et là par un mécanisme un peu trop complexe pour que je le détaille le café et les tartines sont préparés et déposés sur un plateau lui-même posé sur un wagon du petit train électrique.
Évidemment il est impératif que les arcs à surtiller surtillent régulièrement sinon ça ne fonctionnerait pas.
J’ai fixé des rails le long des murs allant de la cuisine jusqu'à la fenêtre et desservant de multiples gares, je le regrette un peu parce que les jours d'affluence il s'arrête à chaque gare et le café arrive froid. Alors le matin je n'ai qu'à descendre et attendre à la fenêtre. Je prends alors le petit déjeuner en discutant avec les petits passagers du petit train, cela me tient au courant des nouvelles de l'appartement.
Par exemple, les ouvriers de l'interrupteur de l'entrée font grève et je n'aurai sûrement pas de lumière aujourd'hui. Je ne sais pas vraiment pourquoi ils font grève et ça ne m'intéresse pas trop ces choses-là moi.
Ensuite je vais m'installer sur le canapé, je n'ai pas envie de faire grand-chose alors je m'allonge et je fixe le plafond, il rougit un peu parce qu'il est mal à l'aise mais j'avoue que ça m'amuse.
Finalement je décide de me lever pour faire un peu de ménage. Je branche l'aspirateur et l'allume, il expire un grand coup avant d'inspirer, il n'est pas vraiment efficace, il est un peu vieux et parfois quand il aspire trop de poussières il est pris de violentes quartes de toux et je dois tout recommencer.
J’attaque en longeant les murs et je fais très attention à ne pas les blesser, parce que, comme chacun sait, les murs ont des orteils.
Le grand ménage et quelques rêveries me portent vite à midi, je mange en vitesse et file à mon cours de musique.
Le professeur est pressé et moi aussi alors ça ne dure pas très longtemps mais c'est agréable. On joue de beaux morceaux et ça fait du bien. Je sens la puissance au plus profond de mon ventre et ça remonte le long de ma nuque. Je me prends au jeu et alors les meubles oscilles, la fin du morceau approche et sur la dernière note une grande rose éclot en sortie de mon pavillon, c’est beau et ça sent bon.
Je saute dans ma voiture et part. Je dois aller aider au champs de courses des chevaux mécaniques, des amis m'attendent là-bas, et c'est bien parce que je ne penserais peut-être plus autant à elle avec eux.
Est-ce qu'elle pense à moi?
J'arrive un peu en retard et ils sont déjà penchés sur le vieux camion, ils veulent aller couper les plants de cailloux qui ont poussés pendant la nuit.
Le vieux camion refuse de démarrer, le ventre au sol et les pattes étendues il ne fait que ricaner lorsqu'on lance le démarreur.
On se coordonne alors et d'un coup on lui met tous un grand coup de pied au derrière.
Il se dresse d'un coup sur ses pattes et recrache une épaisse fumée noire. Il n'a qu'un siège alors on s'assoit sur le sol de cabine, ça bouge dans tous les sens et il a bien du mal à gravir les pentes des sauts.
À multiples reprises on s'arrête pour jeter les pierres de la piste dans sa bene et on repart. A la fin de l'après-midi on est satisfait et on doit se dépêcher de rentrer parce qu'il est bientôt l'heure où l'on a plus le droit d'être dehors, je file alors à mon appartement. Je me gare juste à l'heure du couvre-feu. Je dois encore marcher un peu et les rues sont désertes alors je me sens comme un prince.
Les rues m'appartiennent et personnes ici ne peut se vanter de me soumettre à quelque loi que ce soit, peu importe la guerre.
Je marche alors, prenant confiance et haussant alors fièrement le menton.
Une sirène de police perce alors le silence du centre-ville, elle est à un bon kilomètre, je ne risque rien mais par prudence je détale comme un lapin, on ne rigole pas avec la loi.
Arrivé à l'appartement je suis sur les rotules d'avoir tant couru. Je vais alors me coucher pour laisser le temps à mes jambes de repousser. Me traînant dans l'escalier je fais sans honte nombres d'accords désastreux. Je prends tout de même le temps d'éteindre la lumière avant de m'affaler dans mon lit.
Sombrant dans le sommeil, je souhaite bonne nuit aux ombres comme pour rire, elle me le souhaite aussi dans un sifflement à glacer le sang. Ça me réveille et je mettrais bien longtemps à m’endormir.

Jour 7162

Je n’ai pas parlé depuis longtemps. J’aimerai qu’elle soit là. Sa peau, sa chaleur, contre moi.
Donc c’est fini, elle se demandait si elle m’aimait, c’est déjà une réponse non ?
Le train est vide, les oiseaux ne chantent pas. En fait il n’y a pas d’oiseau. Il n’y a pas de bruits, mais pas de calme.
Ma tête est vide, ou trop pleine, saturée.
Il n’y a plus d’ombre et plus de lumière.
Le carton-pâte des murs a fondu et je les revois, comme ils ont toujours étés et le voile est tombé.
Elle ne reviendra pas. Elle ne reviendra pas. Elle ne reviendra pas.
« Modifié: 07 Mars 2022 à 23:10:55 par Paul.t »

Hors ligne Cyr

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Re : Nos univers contrariés
« Réponse #1 le: 11 Avril 2021 à 18:13:56 »
Chapeau ! J'ai trouvé ton texte, très imaginatif, j'ai aimé être projeté dans cet univers. C'est pas forcément très évident partout mais le narrateur est dans les murs, la lumière... Les perceptions se mélangent, c'est poétique.

C'est surréaliste et drôle aussi :
"Je cherche à mettre un vinyle en cuisinant mais il a fondu après l'incident de ce matin et il est tout gondolé, j'essaie de l'écouter mais il oscille constamment entre aigu et grave en suivant la courbe du vinyle, c'est affreux.  J’ouvre alors la fenêtre et le jette. Dans sa course il décapite un oiseau, je m'excuse à sa femme. Le prêtre, insensible, me remercie."

C'est plein de péripéties :
"Je déjeune sur le bord de la fenêtre, j'ai inventé quelque chose dont je suis plutôt fier. C'est un système élémentaire de poulies, de convoyeur, de vérins, d'arcs à surtiller et d'un petit train électrique. Quand je sors du lit j'appuie sur une petite plaque de pression, ce qui lance alors un petit moteur qui entraîne une corde passant par un ensemble de poulies, et là par un mécanisme un peu trop complexe pour que je le détaille le café et les tartines sont préparées et déposé sur un plateau lui-même posé sur un wagon du petit train électrique.
Évidemment il est impératif que les arcs à surtiller surtillent régulièrement sinon ça ne fonctionnerait pas."


Je finis par me demander mais de quoi parle-t-il ? Où veut-il en venir ? Parce que je m'attends à arriver quelque part. Peut-être le dernier jour est une explication ?

Je suis agréablement surprise en somme.
"Il y a deux sortes de poètes : les bons, qui brûlent leurs poèmes à l'âge de dix-huit ans, et les mauvais, qui continuent à écrire de la poésie jusqu'à la fin de leurs jours." Umberto Eco

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
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Re : Nos univers contrariés
« Réponse #2 le: 21 Avril 2021 à 07:43:42 »
Merci beaucoup de ton retour !
Je n'ai pas vraiment prévu de fil rouge. Pour être honnête c'est plus ou moins des journées sans réelle intrigue, si ce n'est celle de la rupture en fond.
Je suis vraiment heureux que ça t'ai plu

Hors ligne Cyr

  • Prophète
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Re : Nos univers contrariés
« Réponse #3 le: 21 Avril 2021 à 18:20:20 »
C'est intéressant même si ça n'était pas vraiment réfléchit. On croit comprendre que la rupture évoquée à la fin c'était comme une toile de fond sous la peinture. Ça laisse perplexe car on ne sait pas comment le prendre. "Les boursouflures fantastiques" imbriquées dans le quotidien avait peut-être leur raison seulement dévoilée sur la fin (la chute).
Au plaisir,
"Il y a deux sortes de poètes : les bons, qui brûlent leurs poèmes à l'âge de dix-huit ans, et les mauvais, qui continuent à écrire de la poésie jusqu'à la fin de leurs jours." Umberto Eco

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
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    • BEOCIEN
Re : Nos univers contrariés
« Réponse #4 le: 21 Avril 2021 à 18:55:51 »
Bonsoir tu joues avec les mots - avec virtuosite - et j ai l impression que tu t amuses ! :)
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
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Re : Nos univers contrariés
« Réponse #5 le: 22 Avril 2021 à 08:12:53 »
C'est intéressant même si ça n'était pas vraiment réfléchit. On croit comprendre que la rupture évoquée à la fin c'était comme une toile de fond sous la peinture. Ça laisse perplexe car on ne sait pas comment le prendre. "Les boursouflures fantastiques" imbriquées dans le quotidien avait peut-être leur raison seulement dévoilée sur la fin (la chute).
Au plaisir,

C'était un peu l'idée. L'idée de cette vérité qui rend le personnage triste mais qui est dissimulée, c'est lui qui raconte et il ne veut pas en parler. Mais il y pense alors ça filtre dans ses pensées qu'il le veuille ou non. Il tente même de nier cette vérité, avec les murs en carton pâte et les sourire forcé des passants. Et finalement il fini par se résigner.
« Modifié: 22 Avril 2021 à 15:53:00 par Paul.t »

Hors ligne Paul.t

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : Nos univers contrariés
« Réponse #6 le: 22 Avril 2021 à 08:14:30 »
Bonsoir tu joues avec les mots - avec virtuosite - et j ai l impression que tu t amuses ! :)
Merci beaucoup ! (Ça me fait vraiment plaisir de finalement voir des réponses sur ce poste que je pensais plongé dans l'indifférence). Oui c'était vraiment amusant !

 


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