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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)

Auteur Sujet: Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)  (Lu 6098 fois)

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (Anticipation)
« Réponse #15 le: 30 Mars 2021 à 18:36:27 »
La suite...



J’ai fermé tous mes volets.

J’ai cadenassé ma porte.

Je suis resté cloîtré chez moi pendant cinq jours.

Allongé sur mon lit, j’ai écouté la détresse éployer ses ailes noires au-dessus des maisons alentour.

Au fil du temps, les cris se sont brisés, les lamentations se sont éteintes, les sanglots ont cessé.

Figé dans mon indifférence, j’ai attendu. J’ai attendu ce qu’intimement j’attendais depuis toujours.

À part la clinique vétérinaire, je n’ai appelé personne. Et personne ne m’a appelé.

Pour passer le temps, j’ai relu pour la énième fois « Les Cantos d’Hypérion », le récit d’anticipation du maître Dan Simmons. Et j’ai corrigé pour la millième fois le brouillon de mon indigeste roman.

À trois reprises, James Blaine, mon voisin perclus d’arthrose, est venu tambouriner à ma porte. Mais je ne lui ai pas ouvert. La première fois, c’était pour m’annoncer que Daisy Garcia, sa femme de ménage, venait de mourir dans ses bras d’une « sorte » de crise cardiaque. La seconde fois, pour me demander de l’aider à l’enterrer. La troisième, pour me traiter de sale enfoiré et de monstre. Je n’ai jamais eu le moindre ressentiment envers James Blaine. Il n’est pas plus crétin, ou mouton aigri, ou rempli de certitudes, qu’un autre. Mais c’était comme ça. Je n’ai pas eu envie de l’aider à creuser un trou pour Daisy Garcia. Ses insultes et autres crachats sur ma porte ne m’ont pas à proprement ébranlés. Car sur ce point, je lui donnais raison : je couvais depuis longtemps un hybride de monstre en moi. Pas encore tout à fait inhumain, mais presque.

Le matin du troisième jour, j’ai entendu les premiers pas au-dehors, ces petits pas de chaton craintif qui découvre le vaste monde. C’était la compagnie des gobe-mouches qui ressortait. Ayant l’oreille sensible et par trop revêche, j’ai entendu leurs pénibles toussotements et renâclements au coin des rues. Assez vite, ils se sont reconnus, se sont approchés, se sont ressoudés. Leur 44 de QI avait besoin d’appréhender l’impensable, de philosopher en mode cowboy, de fendiller l’expectative. Ils ont commencé à ouvrir leur grande bouche, à hésiter entre évacuer d'abord une ineptie ou une énormité. Leur répertoire étant si vertigineux et l'évènement si inouï, qu'ils tâtonnaient pour faire le bon choix. Et puis leur formidable moulin à sornettes s'est emballé d'un coup. Et bla-bla-bla et bla-bla-bla. Qu’est-ce qu’ils se racontaient, bon Dieu ? Se racontaient-ils quelque chose ? De métaphysique, de pur, de crucial ?

Non ! Bien sûr que non !

Le Purgatoire fixait déjà sur eux son œil alléché. À présent, tout allait se désagréger assez vite, adieu chianti, adieu les Knicks, les balades en pédalo, adieu YouPorn et les lénifiantes branlettes de 23H00. Tout était sur le point de tomber en putrescence, les fleuves n'allaient pas tarder à se tarir, et si dans quelque étang restait encore quelque flot, ce ne serait que du sang noir d'enfant mort terrifié, en son midi plus clair le jour allait s'épaissair et le ciel d'un fer rouillé se voiler la face, les étoiles s'éteindraient à leur tour, le désorde, la nuit, la frayeur, le trépas, les cris, l'épouvante, entrereraient dans chaque maison, diraient "où es-tu, mon idiot ?" à celles et ceux qui se cacheraient encore, et partout il n'y aurait plus que râles d'agonie et mort annoncée. Pourtant, mes chers voisins osaient encore se faire des politesses de bon Samaritain : rien ne vous manque, êtes-vous sûre ? Du riz, des pâtes ? Votre réserve alimentaire est-elle suffisante ? Il vous reste du lait en poudre pour le bébé ?

Passée leur sidération, ces gentils ploucs repus de catastrophes se nourrissaient encore d’espoir. Et qui dit espoir, dit souvent postillons de conneries sans bornes. À un moment, l’un d’eux s’est mis à parler de ses manches à brûle-pourpoint, laissant monter en lui sa drôlerie de rescapé post-apocalyptique. Il a dit que les manches existaient pour cela, pour qu’on les relève, après toute bonne guerre - il avait dit « bonne guerre » je le jure -. Son interlocuteur lui a montré en retour qu’il avait de l’Histoire dans les veines : vous savez, on en a vu d’autres ! Et de citer en exemple les fiers Berlinois qui, asphyxiés jusqu’à la rate, étaient bien parvenus à rebâtir une ville ultramoderne sur des monceaux de gravats.

Les illuminés ne tardèrent pas à rejoindre les naïfs pour leur expliquer que tout cela avait un sens. La prophétie était écrite sur de l’omoplate de chameau, et ça ne datait pas d’hier. Face à notre espèce amnésique trop décadente, Dieu en avait eu ras-la-tiare. Un second Déluge n’aurait rien changé. Trop waterproof, pas assez fulminant. Cette fois-ci, Il lui avait fallu frapper fort pour séparer le bon grain de l’ivraie. De fait, aucune inquiétude à avoir, les Cavaliers de l’Apocalypse n’avaient pas chevauché jusqu’ici. Ils n’avaient fait que ruer sur les mécréants bêcheurs et lubriques des mégapoles, tout là-bas au loin.

Ma douce petite ville de Bigfork, Montana, ayant été épargnée du déluge de feu, son ciel étant toujours d’un bleu pur, ses moineaux sifflant toujours au bout des branches, tous ces insouciants croyaient être encore à l’abri du désastre. Pendant ce temps-là, moi, je riais sous cape.

Là-dessus, Chad Guttigied, notre bon pasteur évangéliste, est arrivé pour verser du baume sur les consciences les plus affligées. Allant de porte en porte, lévitant tel un derviche, il s’est mis au pas de course à consoler les futurs macchabées. Sa voix était reconnaissable entre toutes, nasillarde, un rien efféminée : tout va bien aller, ne vous inquiétez pas, madame Black. Peut-être pas aujourd’hui, mais tout refleurira !

En entendant cela, j’avais eu envie de lui secouer le bénitier en ouvrant ma porte en coup de vent : non, rien de comestible ne repoussera avant dix siècles, pauvre couillon de Chad !  Les arbres deviendront rouges et tous les oiseaux albinos. Ignores-tu qui est le Gritche ? Ignores-tu que les Tombeaux du Temps sont entrés en phase avec le présent ? Et qu'ils viennent de libérer ce colosse de métal, ce dieu sanguinaire qui empale ses victimes sur un gigantesque arbre métallique hérissé d'épines rutilantes ?

J'en délirais de rage, seul contre tous. S'ils avaient ouvert un livre une fois dans leur vie au lieu de tirer sur des cerfs à la carabine Remington, s'ils avaient eu l'humilité d'honorer ceux qui pensent pour eux, ils n'auraient jamais pris leur crétinisme pour de la volupté.

Les jours s’écoulant, j’ai fini par entendre les bises des premiers adieux, le bruit des coffres qu’on claque, les moteurs qu’on démarre pour décamper, ne jamais revenir. Et puis encore d’autres adieux et encore et encore, jusqu’à me demander si je ne les rêvais pas. Où se rendaient-ils donc ? Dans quelle humide hypogée ? Dans quelle fosse commune taillée dans le roc ? Pour se volatiliser ainsi, ils avaient dû se repasser le mot : nous sommes sauvés, il y a une termitière au nord, avec tout le confort, de nombreux filtres à particules et des jeux de société !

Durant ces cinq jours, je suis resté là sur mon lit, à savourer dans la pénombre cette débâcle jouissive. Plus la ville se vidait, plus je me sentais désincarné. Je commençais à respirer de mieux en mieux, sans le moindre effort. J’avais l’impression que quelque chose était en train de se libérer dans ma poitrine, comme si minute après minute elle s’affranchissait d’une matière qui l’emprisonnait depuis sa jeunesse.

J’ai souri quand j’ai compris ce qui se passait. Cette lourdeur gluante, nocive, dégoûtante, qui se dissipait peu à peu de mon cœur, cette lourdeur, c’était les hommes !

Tous ces déserteurs n’avaient pas eu l’air de bien saisir la suite du programme. Les images terribles qu’ils avaient dû voir sur internet et les prédictions funestes des spécialistes ne les avaient pas rendus plus intelligents.

Mon avantage était mince et je n’étais pas plus avancé qu’eux, mais je connaissais bien les conséquences globales des retombées nucléaires. À l’heure qu’il était, le blocage du rayonnement solaire par les projections de suie et de fumée avait déjà commencé. S’ensuivrait bientôt l’hiver nucléaire, à savoir une baisse notable des températures de 15 °C à 25 °C durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, engendrant à l'échelle mondiale des bouleversements climatiques sans précédent dans l'histoire. S’ensuivrait également l’étouffement inexorable de la photosynthèse, le dépérissement des plantes et du plancton. Herbivores et carnivores n’y survivraient pas, ce qui entraînerait inévitablement la famine dite nucléaire, et la mort certaine de 95 % des individus.

Comme l’avait asséné feu le Général Petraeus, il allait de soi que, même calfeutré dans le plus robuste des bunkers, personne ne résisterait très longtemps à la faim et au poids de l’écrasante solitude. La dernière pandémie en attestait. Aussi bien jeunes que vieux, personne n’avait supporté de rester confiné trop longtemps loin de ses congénères. À part les ermites, les anachorètes et autres vieux des montagnes, aucun être douillet n’était préparé pour cela.

Mais moi, je l’étais.

J’étais prêt à relever ce défi, à profiter de ce luxe que le destin me servait de pouvoir me frayer une vie, aussi courte soit-elle, dans un monde débarrassé de ses plus méchants insectes.

 

On ne devient pas misanthrope du jour au lendemain. C’est le fruit d’un long processus d’idéalisation et d’amères déceptions.

Comme tout adolescent hypersensible, j’avais cru les hommes trop purs, trop bons, trop généreux. Je n’avais pas encore à cette époque les verrous intellectuels ni l’expérience pour les élever dans le réalisme le plus sec. Surtout, je n’avais pas les épaules assez solides pour les aimer comme je l’aurais souhaité. Mon âme leur voulait trop de bien, mais elle n’était pas assez extensible pour tous les accueillir.

Misanthrope, nous le sommes tous un peu. Nous sommes tous déçus un jour ou l’autre que le monde ne soit pas ce que nous voudrions qu'il soit, que les choses ne soient pas plus simples, que les gens ne soient pas plus lumineux, que la vie réelle ne soit finalement pas aussi enchantée que l'était notre monde d'enfant.

À vingt-cinq ans, Nietzsche m’avait ouvert les yeux, me révélant que ma vision fantastique était une pure utopie, un rêve infirmé par la nature humaine. Lui aussi avait désespéré de tirer vers le haut une masse aussi hétérogène que l'humanité, beaucoup plus sensible à la formule qu'au concept, à la réaction qu'à la pensée, et capable de faire le mal au nom du bien.

N’étant pas à la hauteur de mes ambitions humanistes, j’en souffrais de plus en plus. Bien qu’excessives, mes intentions étaient pures, pourtant mon cœur se mit progressivement à rejeter la greffe de l’immoralité. Trop aristocrate pour éponger la scélératesse humaine, il ne se sentait plus de donner son caviar à des cochons. L'évidence crevait les yeux, vouloir sauver l’humanité n’était vraiment pas à la portée des hommes. Le Christ lui-même avait perdu la partie. Il avait eu beau laver à grandes eaux tous les péchés du monde, les taches étaient réapparues, en cent fois plus maousses. Le pauvre Nazaréen s'était fait berner, crucifier pour des nèfles, le coeur sans doute carbonisé, ignorant qu'il n'y a qu'une mer pour absorber sans se souiller un fleuve sale.

Ne cachant plus mon aversion pour l’indolence de mes semblables, mon entourage avait bien sûr été heurté par la déchéance de mes penchants sympathiques innés. Ils n’en revenaient pas. Comment moi, un homme de gauche, avais-je pu passer de ce dévouement au service des plus faibles à cet insociable loup-garou ? Tout autant, je n’avais rien à me reprocher. J’avais donné à la philanthropie assez de ma personne pour me venger de ses revers ingrats, comme bon me semblait.

Tout m’ennuyant, tout m’irritant, c’est vers l’âge de cinquante ans que j’ai commencé à faire le vide autour de moi. À mes derniers rares amis, j’avais tu mon déracinement et ma volonté de me mettre au ban de la société, leur évitant ainsi certaines franchises qui n’auraient rien changé à leur nature aliénée par l’attraction/répulsion du système.

Après plusieurs repérages minutieux, c’est le plus sauvagement du monde que j’ai fixé ma tour d’ivoire sur quelque contrée désertique, pensant qu’elle serait ma meilleure assurance retraite.

Dans le désert de Sonora, je m’étais acheté un lopin de terre, loin des routes et des regards, loin surtout de l’incessant déluge de la bêtise humaine. J’y avais construit la cabane de mes rêves, mon arche immobile et tiède, pour parachever mon roman, ce roman éternel que je n’écrivais que pour moi.

Le matin, j’écrivais ou je marchais. L’après-midi, je faisais la sieste ou j’écrivais. Le soir, j’écrivais ou je buvais. Personne n’avait rien à redire sur ma façon d’exister. Du reste, personne ne savait que j’existais, là-bas. Je ne me disputais qu’avec moi-même, le plus souvent pour des broutilles, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Exilé de la masse, je ne me sentais ni pédant ni supérieur à elle, mais je préférais écouter dorénavant le chant magnifique du Troglodyte des canyons, plutôt que les balivernes des élites et les jérémiades sans fin du petit peuple.

Ayant fait taire le clairon de mes opinions et de mes sentences, ayant jeté aux égouts mon manteau de paroles, j’ai renoué peu à peu avec les béatitudes de ma prime jeunesse. Bercé par mon rocking-chair, je pouvais contempler durant des heures les délices d’un ciel diaphane. Tout en chiquant mon peyotl, je laissais mon âme humer son harmonie jusqu’au couchant. Ivre de solitude, je sentais dans le Temps que s’effaçait de mes chairs mon nom d’homme. Là, dans l’éther brûlant du Sonora, inondé de soleil, je chérissais le silence à pleines oreilles. Je savourais le fait de me situer là, quelque part, entre le monstre et le dieu, ainsi que le décrivait Aristote lorsqu’il parlait du misanthrope.

En temps normal, je n’aurais pas dû me trouver à Bigfork le jour du Doomsday. J’avais gardé cette maison qui me servait de garde-meuble et que je prêtais de temps à autre à mes neveux pour qu’ils viennent respirer l’air pur du Montana. Mais mon chien étant tombé malade, j’avais préféré le rapatrier à la clinique vétérinaire de Mike Shannon, ce grand adorateur des animaux devant l’Éternel.

À l’aube du sixième jour, j’ai enfin mis le nez dehors. Un petit vent frisquet m’a saisi aussitôt, dévoilant les limites calorifiques de ma parka démodée

Les rues étaient désertes. Pas une âme sur les trottoirs. Rien qu’un prospectus qui pourchassait comiquement les premières feuilles d'automne. Le « Gritche » avait été bon avec moi. J’avais eu ce que je voulais : la ville m’appartenait !

Les jambes un peu ankylosées, je suis allé les dégourdir autour du lac de mon enfance. En bout de promenade, j’ai retrouvé mon banc, et je me suis assis. J’ai roulé une cigarette avec le peu de tabac sec qui me restait. Un cigarette précieuse, puisque c’était sans doute l’une des dernières que j’allais griller avant longtemps. Je l’ai allumée, précautionneux, comme on allume un cierge. J’ai détendu mes jambes. Et puis j’ai admiré la harpe du ciel se teinter crescendo de grisaille.

Sensibles à l’électricité de l’air, quelques canards à front blanc s’excitèrent alors devant moi et désertèrent les flots à tire-d’aile. Je pris cela comme le signe que le spectacle allait bientôt commencer. Seul au monde enfin, j’étais aux premières loges. Aucun VIP cocaïné, aucun nabab insolent, ne viendrait voler ma place.

Irrésistiblement, l’évaporation du plan d’eau et la sublimation des glaces se mirent à l’œuvre. Du zénith à la ligne d’horizon, de forts nuages naquirent, s’amoncelèrent, s’épousèrent, tandis qu'un "Turner" invisible mélangeait leurs franges de gris-bleu aux franges de gris-froid, venait fondre leur basalte aux guipures de l’anthracite.

Je laissais vibrer sur moi les doigts de la nature. Elle semblait jouer avec mes sens comme d’un vieil harmonium. J’avais l’impression que je l’inspirais, qu’elle composait son requiem rien que pour moi, son unique enfant. En m’offrant son expressionnisme abstrait, la répartition spectrale de sa lumière, ses dégradés ineffables et ses ombres absolues, ses croches, ses soupirs et ses papillons noirs, elle m’offrait la partition de son chagrin de mère, déçus par tous les hommes.

Soudain, le vent forcit. Il secoua avec virilité les arbres alentour, les dépouilla de leur feuillage, accompagnant son souffle algide de grains de neige et de brumaille. En un instant, l’instant devint surnaturel. Le temps de compter jusqu’à cinq, je ne fus plus qu’une vapeur cotonneuse ne voyant plus ses propres mains. Les éléments m’avaient totalement absorbé. Cette disparition de ma morphologie était empreinte d’une telle beauté mais aussi d’une telle tristesse, que cette tristesse m’accapara.

D’emblée, il y eut cette boule dans ma gorge, cette âcre montée de mélancolie. D’un coup, je me suis senti morne et creux, pareil à une cosse de pois vide. Cela faisait des années que je luttais avec ces profondeurs, que je m’efforçais de limiter leur influence. Sans jamais y parvenir vraiment. J’appelais ces vertiges mes chutes existentielles de cynisme, lorsque trop loin du monde, je n’avais plus personne après qui maugréer.

Lorsque je suis enfin réapparu de mon suaire de frimas, ma décision était prise. Il fallait que je décampe moi aussi de ce maudit patelin que tout le monde avait fui. Quitte à imiter ces nigauds que je j’abhorrais tant, je devais quitter Bigfork, maintenant.

Immédiatement.

Afin de vérifier s’il restait encore en moi une once de bonté.

Vu le temps qui se dégradait de folle manière, il allait me falloir de bonnes chaussures et je n’en avais pas. Dans le Sonora, je ne vivais qu’en espadrilles ou sandales respirantes, le plus souvent pieds nus. J’aurais pu aisément en voler ici ou là, mais je ne me voyais pas démarrer ma vie de démiurge en commettant un larcin.

C’est en fouillant le capharnaüm d’un placard pour trouver mes chevrotines, que le hasard me servit une superbe paire de Brauneck que j’avais totalement oubliées. On avait dû me les offrir lors d’une occasion quelconque de ma vie d’avant. Elles étaient encore à moitié emballées dans du papier cadeau. Les libérant de leur boîte, elles émergèrent, et je fis aussitôt la grimace, me souvenant pourquoi je les avais reléguées ainsi aux oubliettes. Elles étaient mastoc, d’un cuir de qualité, mais surtout elles étaient d’un rouge cramoisi à me donner des frayeurs. Je détestais le rouge. Depuis mon jeune âge, le rouge me glaçait. Cette absurde chromophobie m’obligeait encore parfois à faire un détour pour contourner une voiture, un store écarlate, un cageots de tomates ou de fraises.

Cependant, vu les circonstances, je ne fis pas la fine bouche. Il me suffisait d’y mettre peu de cirage pour qu’il n’y paraisse plus.

J’ai desserré les lacets immaculés et j’ai enfilé mes grosses godasses sans plus attendre. Souples, confortables, presque tièdes, elles frôlaient suavement mes orteils. Elles m’allaient comme des chaussons. Quels qu'en soient l'effort, les aléas, où que je chemine j’aurais au moins la sensation d’être un peu chez moi.

À suivre...
« Modifié: 11 Juin 2021 à 13:18:25 par kokox »

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #16 le: 30 Mars 2021 à 18:58:56 »
Bonsoir

Merci a toi pour cette suite - dur d embrayer apres si longtemps........ :)
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #17 le: 30 Mars 2021 à 19:13:43 »
Oui, ce fut dur au début, mais je m'accroche et commence à reprendre plaisir à m'immerger dedans ! :)

Bien à toi !

PS : J'ai la mémoire qui flanche. Tu avais lu la première version ?
« Modifié: 30 Mars 2021 à 19:16:13 par kokox »

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #18 le: 02 Avril 2021 à 14:04:24 »
Encore une fois, un super texte Kokox.  C'est très bien écrit, les réactions du personnage semblent logiques et adaptées à la situation. J'aime beaucoup cette nouvelle phase plus optimiste.
Est-ce que Lenno-Ohanzee a trouvé quelqu'un pour partager cette fin du monde/ nouveau monde ?!

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #19 le: 03 Avril 2021 à 19:51:00 »
Un grand merci pour ton suivi Vir ! Txuku et toi me donnez le tonus pour continuer ce road-movie bien ténébreux !
Effectivement, Lenno-Ohanzee a trouvé quelqu'un !
C'est un homme ! Il s'appelle Pete Tricketts !
Je travaille sur leur rencontre et ne devrais plus tarder à la poster !


Bien à toi !



Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #20 le: 07 Mai 2021 à 12:10:25 »
Dernier remaniement avant la suite ! :)

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #21 le: 07 Mai 2021 à 12:13:22 »
 :)
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #22 le: 07 Mai 2021 à 12:16:59 »
Salut Txuku,

Je sais, c'est long, mais ça avance. Le Chapitre 2 en page 2 est complètement nouveau !

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #23 le: 11 Juin 2021 à 13:21:41 »
La suite



Cela fait maintenant huit semaines que j’ai quitté Bigfork, pour tenter de rejoindre la côte Pacifique. L’US 90 étant devenue impraticable à partir de Missoula, j’ai laissé ma Chevrolet au milieu d’un flot de voitures abandonnées. Et j’ai continué à pied, harnaché de mon sac à dos.

Aujourd’hui 3 novembre, je suis enfin parvenu à Sausalito, dans le comté de Marin, avec des larmes d'épuisement.

En chemin, je ne m'étais fait aucune illusion. Les ogives étant tombées tout près, je savais que je n'y retrouverais pas ma sœur Janet, ni Elihu mon beau-frère, ni Alicia et Cordell, ma nièce et mon neveu. J'ai pourtant arpenté d'un bout à l'autre la supposée Buckelue Street jusqu'à la nuit tombée, dans l'espoir de retrouver une photographie ou, que sais-je, un objet dérisoire qui leur aurait appartenu.

Ce fut en vain.

Sausalito avait été pulvérisé.

Ma vieille sentimentalité fit place à la componction face à la désolation qui m'entourait. Bien qu'habitué à ces visions effroyables, une fois de plus je fus saisi par l'ampleur du désastre : sur un diamètre d'environ un mile, la colline où résidait ma sœur Janet était entièrement pelée. Il n'y subsistait plus un brin d'herbe, plus une fleur, plus un grouillement d'insectes. Du centre-ville, il ne restait qu'une immense tache blafarde, polie comme la paume de la main. Les traces mêmes des maisons et des bâtiments en dur avaient disparu, leurs fondations semblaient pilées. Par endroits, les décombres étaient si menus que j'avais l'impression de fouler le gravier ponce d'un sol lunaire. D'éparses crevasses grises s'échappaient encore des fumées malodorantes qui laissaient flotter dans l'air une âcre odeur de fer, de plastique et de corps brûlés.

Le bitume ayant fondu et comme je n'avais aucun repaire pour situer leur dernière demeure, j'ai dû choisir un emplacement hasardeux pour me recueillir. Mains jointes, tête baissée, j'ai pris l'attitude solennelle de l'endeuillé. Mais mon cœur était sec. Désespérément sec. Dénué du moindre sentiment, j'ai laissé parler le silence. Je ne me sentais pas d'adresser une prière au ciel pour que mes proches reposent en paix. Cela faisait longtemps que je ne croyais plus au mensonge de la paix, et moins encore au salut de l'âme. J'étais devenu cet éhonté qui pouvait juste pardonner aux hommes, non parce qu'ils méritaient mon pardon, mais parce que je méritais la paix qu'ils m'avait laissée en s'entretuant.

Avec ma sœur Janet, nous avions toujours été comme chat et chien. De nature plutôt amène, pondérée avec autrui, nous ne libérions ces réactions épidermiques qu’entre nous, tel une sorte de rituel domestique. Celles-ci demeuraient sporadiques, mais nous forçaient néanmoins à être sur le qui-vive, ne sachant pas à quel instant allait être déclenchées les hostilités, ni pour quoi.

Pour en trouver la source, nous n’avions pas eu besoin d’aller chercher bien loin. Ces chamailleries tordues, nous les avions directement héritée de nos parents, lesquels étaient passés maîtres dans l’art de créer des bisbilles pour rien, au sujet de rien. Comme eux, nous pouvions facilement monter dans les tours, mais une fois ces querelles futiles épuisées, nous finissions volontiers par nous serrer dans les bras, car comme eux, notre côté aimant reprenait vite le dessus, et nous nous trouvions alors ridicules de nous être dit nos quatre pauvres vérités, pour rien.

Par-delà nos divergences politiques, nos désaccords sur le spécisme, et notre inaptitude à concevoir ensemble un repas équilibré pour Thanksgiving, nos rapports étaient plutôt bons comme le bon pain. Nous nous considérions inséparables de cœur pour la vie, et même au-delà, attendant presque avec gourmandise ce passage obligé où l’un serait alité et l’autre se trouverait à son chevet pour lui tenir la main.

Bref, nous étions frère et sœur.

Jusqu’à ce jour terrible où ni l’indulgence ni le pardon ne purent sauver notre fraternité.

Cette période glaciaire avait duré dix ans et se terminait tristement aujourd’hui, sans que nous n’ayons levé le petit doigt pour nous réconcilier. Elle s’était déclenchée vers cette époque où j’avais commencé à ne plus pouvoir supporter mes contemporains. Aux origines de mon rejet, Janet avait légitimé le fait que je ne sois plus au diapason avec les turpitudes sempiternelles du genre humain. Puis, devant mes pulsions irrésistibles à vouloir m’éloigner des foules, elle avait étrangement accusé le coup, ne cherchant pas à m’en dissuader, ce qui n’était pas franchement dans ses habitudes lorsqu’elle pensait que je déviais des valeurs que nous avions jadis en commun.

Je la connaissais trop bien. Mon renoncement au monde l’avait blessé, de la même manière que si je l’avais rejetée avec l’eau du bain.

De fait, les mois suivants, ses appels se firent plus rares, nos conversations devinrent plus évasives, plus prosaïques, et je percevais dorénavant au son de sa voix comme un petit air de répudiation qui me chagrinait, sans que je n’ose lui dire ni qu’elle n’ose me l’avouer.

Lors de notre dernier repas de famille, nous avions prémédité d’éviter les sujets qui fâchent. Démocrates et Républicains n’avaient pas été conviés à la table. Superbes de simulacre, nous avions déjeuné comme si la vie était belle et qu’elle méritait d’être vécue. Mais, entre deux paroles dégluties, de malins silences venaient s’intercaler, comme de petites arêtes perçues sur la langue qui coupent soudain l'envie de mastiquer. Quant à nos sourires en demi-teinte, ils en disaient assez long sur la dégradation de notre attachement. D’évidence, le ruban d’argent qui nous reliait l'un à l'autre depuis notre naissance s’était cassé. Sa carence d’amour pour moi avait siphonné ma tendresse pour elle.

Nous ne fêtions rien de particulier, mais ce jour-là, nous avions tous bu un peu plus que de raison. Toutes les banalités, les faux-semblants, ayant été consommés, au moment de servir le dessert Janet m’avait soudain lancé : et voilà le travail, une bonne glace maison pour monsieur le misanthrope, ce grand écrivain du désert qui a daigné venir jusqu’à nous !

Sa pique avait jeté un froid sur le minima d’ambiance que nous étions parvenus à installer. Faisant comme si je n’avais rien entendu, Janet avait alors poursuivi sa provocation par ceci : il ne va pas tarder à rentrer dans sa grotte, hein, parce que je dois encore débarrasser, et tailler mes rosiers, et parce que je suis fatiguée de voir sa tête d’ermite toute mitée !

Dépité à l’extrême, une fois de plus je m’étais contenu. C’est alors que, passablement éméchée, et ses traits s’emplissant de dégoût, elle m’avait hurlé : mais comment as-tu pu, nous n'avons pas été éduqués comme ça ? Pourquoi me fais-tu ça ? Et, ce disant, elle en était venue aux mains.

Elle m’envoya d’abord sa chope de bière au visage, puis m’asséna plusieurs gifles frénétiques. Imbibé moi-même, j’en avais été sur le coup dégrisé. Trop suffoqué pour me rebiffer, je l’avais laissée m’agonir, lui renvoyant juste un petit sourire cynique voulant dire « Défoule-toi ! Je pardonne à ta folie ».

Mais au lieu d’atténuer la rixe, ce sourire l’avait supplicié.

Frustrée de ne pouvoir me faire entendre ses arguments angéliques, sa répugnance à mon égard s’était soudain emballée. D’hystérique, son regard s’était chargé de haine, d’une haine pure et fratricide.

Prenant peur, j’avais dû alors empoigner ses bras pour la secouer tel un affreux prunier. Et je l’avais à mon tour giflée pour faire taire sa fureur.

La délivrant de mon emprise, elle avait reculé de trois pas. Deux ramequins remplis de glace avaient encore volé près de ma joue, avant qu’elle ne revienne à la charge.

De part et d’autre, de nouveaux coups incontrôlés avaient plu. Le drame était au bord de notre animosité fabuleuse et, sans l’intervention musclée d’Elihu, son mari, je crois bien que nous aurions fini à terre dans une écœurante mare de sang.

Enfin, nous nous étions calmés. Mutique, un rien penaude, Janet avait massé ses bras endoloris, comme pour mieux me faire regretter la violence que j’avais exercée sur elle. Moi, j’avais pris mon manteau et j’étais venu me planter devant elle pour la regarder une dernière fois droit dans les yeux. Des yeux qu’elle avait fini par baisser pour me dire adieu.

Nous étions si complices, si prévenants l’un pour l’autre durant notre jeunesse, que j’étais loin de m’imaginer qu’une telle fosse à purin se creuserait un jour entre nous, au nom des forces lunatiques de l’amour.

Il faut dire que devenue femme et mère, Janet n’avait jamais entamé son côté fleur bleue. Fervente et bénévole de l’Église évangélique, sa foi en l’amour inconditionnel n’avait fait que s’intensifier dans le temps. Sa passion pour Sainte Thérèse d’Avila et son idéal pieux ainsi que ses lectures d’histoires édifiantes de la vie des saints et martyrs, avaient fini par surfiler ses habits de dévote.

Un matin, se reposant après une crise d’épilepsie, elle avait fait un rêve plus vrai que nature. Elle avait vu au bord d’une rivière le Christ souffrant, une main posée sur son flanc. Cela avait provoqué en elle une profonde émotion. Bouleversée, elle avait ressenti une si grande douleur qu’il lui avait semblé sentir son cœur se fendre. Depuis ce jour, le pardon à portée de bréviaire, il fallait se lever de bonne heure pour scandaliser ma sœur. Se mettant à cultiver ce penchant névrotique de certains pénitents, elle n’eut bientôt plus de réticence à tendre l’autre joue lorsque quelqu’un l’offensait. Si un individu dérangé portait atteinte à l’un de ses enfants, il lui fallait le comprendre, pénétrer son âme, se mettre à sa place, afin de mieux absoudre son geste. Entre autres routines magnanimes, Janet passait beaucoup de temps à prier pour les âmes dévoyées, les braqueurs miséreux, les apprentis barbares. Elle entretenait également des relations épistolaires avec des condamnés à mort, et pouvait s’endormir en ayant de douces pensées pour eux afin qu’ils trouvent sur l’oreiller carcéral le sommeil du juste.

De mon côté, il est vrai que je m’étais endurci. Mon âme baptisée avait versé dans l’athéisme. Je ne me leurrais plus de ce Dieu omnipotent fabriqué de toutes pièces. Je ne croyais plus qu’en la nature, aux oiseaux, à la vie. Certes, au beau milieu de cette vie, je détestais les hommes, leur fatuité, leur avachissement, leur hypocrisie, mais c’était là mon seul crime. Jamais l’idée de leur faire du mal ou de les voir souffrir ne m’avait effleurée.

Pourtant ma propre sœur, qui les aimait tant jusqu’au dernier, avait porté des coups sur moi. Son amour inconditionnel avait buté sur moi, démontrant ses divines limites. Ma propre sœur m’avait tenu rigueur, une rigueur farouche, d’avoir trahi mes valeurs, nos valeurs humanistes. Crachant sur la parabole biblique, j’étais devenu dans son cœur désaxé la seule brebis égarée qu’elle avait préféré offrir aux loups, pour se masquer l'âpre réalité du monde.

Je n’avais pas retrouvé trace de Janet dans la supposée Buckelue Street. Mais avant de quitter sa supposée sépulture, j’ai dessiné sur le gravier une vaste fleur. En mémoire de nos fous rires d’enfant.

À suivre...

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #24 le: 11 Juin 2021 à 14:48:05 »
Bonjour

J aime bien ton regard sur "s entendre comme frere et soeur " ..........

Quelques coquilles quand meme :
Citer
comme je n'avais aucun repaire
repere.
Citer
Mon renoncement au monde l’avait blessé
blessee.
Citer
ce sourire l’avait supplicié
suppliciee.
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #25 le: 11 Juin 2021 à 15:58:56 »
Merci pour ce relevé de fautes, Txuku !  :)

Bien à toi !

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #26 le: 27 Juin 2022 à 18:43:00 »
Version 3 remaniée !

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #27 le: 28 Juin 2022 à 07:06:55 »
Bonjour

Un peu en manque de cafe .................

J ai relu ton texte - avec plaisir - sans vraiment saisir ce que tu avais remanie ! :)
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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #28 le: 28 Juin 2022 à 09:50:57 »
Je ne vais pas te le jurer sur la tête de Victor Hugo, mais tu peux me croire, j'ai étoffé (en l'occurrence le premier chapitre).
Bien à toi cher  Txuku !

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Re : Et les Chiens mangeront Jezabel au Pays de Jizreel (La suite)
« Réponse #29 le: 28 Juin 2022 à 10:00:07 »
Je me reveille un peu

J ai du le sauter...............  :)
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