Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 Mai 2026 à 12:31:07
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » [Nouvelle] Mamie cire

Auteur Sujet: [Nouvelle] Mamie cire  (Lu 2880 fois)

Hors ligne Nacas

  • Prophète
  • Messages: 952
  • Dragon d'encre
[Nouvelle] Mamie cire
« le: 08 Mars 2021 à 22:19:10 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Mamie cire

     Une veine menace d’éclater dans son cerveau, dans l’indifférence la plus totale.

     Mamie au sommet de la colline. Le soleil chante par la fenêtre. Allongée sur le sol, ses omoplates donnent un peu trop de leur chaleur au carrelage blanchi, blanchâtre. Elle ne regarde ni le soleil ni les flaques dorées que sa présence lèche en travers de la vitre ; elle ne le regarde jamais. Le bourdonnement d’une abeille remplit l’air et les murs ; il provient du bourdon mécanique. Incapable de savoir que le vrombissement de ses ailes n’imite pas le bon. De pièce en pièce, ce drone de surveillance médicale poursuit sa ronde, incrusté de milliers de capteurs, tous ses sens artificiels en éveil. Incapable de comprendre que Mamie ne veut pas de lui, il veille sur elle ; c’était lui ou la Camisole®, ou pire. Mamie ne prend pas assez soin de son corps au goût de ceux qui depuis l’espace la veillent. Mais elle n’a que faire de la mémoire qu’il enferme. Une ultime grenade dans la tête, maligne, que personne n’a remarquée. Elle se repose – sa précieuse mémoire la tourmente – le soir ne se précipite pas, elle l’attend patiemment, comme elle attendra la fin de la nuit. Sous la lueur verdâtre de la lune. Parce qu’elle est fluorescente, l’atmosphère ! Mamie ne jettera pas un œil dehors.

Ses cheveux hirsutes gisent et s’étalent, diaphanes.

     Un picotement à la base de sa cheville, à l’argument de la malléole, la jointure du talon, la démange en silence. Ils frémissent, les nerfs tiquent, s’ébrouent mais son immobilisme est invincible ; ils expirent sans l’avoir fait se courber. Mamie est bien droite. Raide. Elle fixe les luminaires qui recouvrent le ciel. Eteints. Une barre beige de lumière polarisée entame son seizième fragment : il est quatre heures. Elle jurerait que ce toit blanc et plat la guette. C’est à cause des clic-clac de l’insecte, ils fouaillent le plâtre et ça la dérange. Elle a mal un peu plus loin que son mollet. La douleur fantomatique a remplacé l’incarnation de l’ennui : le stratagème de ses muscles qui crient leur pitance de mouvement se met en place. Ils réclament une vie utile, exister ! Rendre service, fût-il à n’importe qui ; Mamie l’a déjà fait. Elle les comprend et les contient quand même.

Une heure s’écoule, la tache lumineuse passe, le beige vire au bleu marin.
Il est cinq heures.

Plusieurs veines palpitent puis froidissent, le spasme voyage mais se fait absorber par le carrelage.

     Les fourmillements puis la douleur éthérée ensevelissent son squelette statufié, sourdent de sa peau fatiguée, et rigolent dans des canaux de rides jusqu’au sol. Les émotions de Mamie se répandent autour d’elle. L’entourent sans la mouiller, forment une bulle imperméable. Elle s’ennuie. Une nouvelle heure pourrait disparaître, mais l’apathie fige le décor. Le plafond. La maison. L’espace. Une goutte d’amertume éclabousse son coude droit. Empoisonne la chair et s’infuse dans les neurones. Fustige son cerveau innocent. La mémoire transfuge l’a brusquement rendue poreuse. L’ennui rompt. Des pattes d’insectes. Elle panique. Mamie, secousse. Son bras gauche désarticule et s’articule – à l’envers –, heurte sa poitrine, le carrelage. Un battement sec. La mort lui remonte au cœur, elle voudrait s’étouffer dans ses phalanges, s’étrangler, s’étrangler ! S’étouffer pour cueillir ses respirations de ses mains. L’apathie tourne trop vite à l’extinction, quand on est aussi seule.

     Aux côtés du cerveau de Mamie, se pose le bourdon automatique. Là, maintenant, elle voudrait mourir. Les micro-drones effacent ce sentiment comme les autres ; bientôt elle est à nouveau toute vide. Tordue.

La guerre lui a volé ses petits-fils. Sa fille. Lui a rendu un petit bourdon en guise de remerciement. Merci d’être en vie, Mamie. Veille sur notre mémoire. C’est important la mémoire : c’est ce qui garantit que les vivants le sont pour les bonnes raisons.
     S’amènerait-elle à succomber un peu trop tôt, avant qu’on la mette dans la boîte qui se souviendra pour elle, ce serait une catastrophe. L’Histoire tomberait dans l’oubli. Le bourdon frissonne et frémit dans son langage d’abeille à l’unisson de la tapisserie mentale qui se flétrit sous sa morsure. Il ne s’écoule que quelques minutes. Des milliers.
Cent expirations.


     Mamie se relève : elle a froid au dos. Elle attrape un tapis de sol qui était roulé dans un coin de la pièce, le déroule, du mauvais côté, et enfonce ses deux paumes dans les millions de petites pointes de PVC. Qui la mordent. Qui la fouillent. La surface, créée pour agripper un carrelage, rend l’épiderme aussi froid que celui d’un enfant que l’on aurait laissé verdir à la lune ; Mamie se couche dessus. S’abaisse. Se relève. Halète, s’abaisse à nouveau. Elle ne pense à rien en particulier, ne pense qu’à elle, souffre et se mordille l’intérieur des lèvres. Elle effectue ses pompes quotidiennes et elle a mal. C’est normal. Ses os sont fatigués.

     Le soleil se couche sur la vallée. Bientôt il se couchera sur la colline, et le vert laiteux, acide, courtisera les fenêtres. Il se glissera dans le duvet des caresses-carrelage répétées – inlassables –, bavera sur le côté doux et piquant du tapis éclaboussé de sueur. Alors des doigts fripés et potelés, épuisés, en rouleront l’avers sur le revers. Mamie rangera le sol. Mamie mangera sa potée ; sans voir l’abeille ni le jour mourir. Le bourdon fermera les lumières. Des heures vireront du bleu marin à l’orange – au rose et au cyan – jusqu’à se diluer dans le vert de la nuit phosphorée.

Au cœur d’un univers de blanc. Mamie se roule dans ses draps trop fins pour la réconforter. Le monde l’attend dehors.

     Un vaste océan de débris, aussi loin que l’œil peut porter les pensées. Un ciel de décharge à cœur ouvert, à perte d’esprit : un rêve écartelé par une conception métallique. Son sang pulse, mais n’inonde aucun barrage. Pas encore de caillot. Si mamie le voulait elle pourrait voler jusqu’au ciel, très haut, là où se reposent tous les nuages ; si Mamie le pouvait elle voudrait ramener chacun d’entre eux avant qu’il ne s’explose dans l’azur. En fermant ses yeux le sommeil la rejoint peu à peu. Le bourdon reste éveillé, évidemment. Des fois, elle imagine que si elle avait une amie elle se sentirait mieux, elle a oublié ce que « se sentir mieux » signifiait mais elle imagine. Elle imagine. Elle imagine des lits de fruits à coque, et dans chacune de ces noix ne trouve que de la solitude. Ses émotions roulées en boule.

Une émotion, ce n’est que l’expression d’un pattern.
Mamie avait sommeil, la nuit passa à la hâte.


     L’aube grogne à pleines dents. La gueule du soleil s’entrouvre et dévore les décors. Noie le salon de millions de rayons, de crocs mordant la chair des peintures. La ligne verdâtre s’éblouit de gris. Une chaise est posée au milieu de la grande pièce. Normalement Mamie est assise dessus mais ce matin, son dossier n’est même pas tiède. Où se trouve donc Mamie ? Est-elle dans la cuisine ? Elle pourrait se préparer un thé, de l’eau chaude, filtrée, siphonnée, un café moussant, n’importe quoi qui la ferait exister dans la cuisine. L’eau sommeille seule dans les lavabos. Mamie pourrait être aux toilettes ! Affairée à soulager un besoin trop humain pour être ignoré. La porte est close. C’est possible. Mais Mamie est dehors.

Elle contemple la plaine écarlate, qui sombre jusqu’à ne plus remonter. Ses yeux plongent dans ce gouffre qui a remplacé les villes. Les chatoiements aigue-marine.

     L’esperluette du soleil fauve. Un bourdonnement la rejoint, derrière son épaule et se mouche dans ses cheveux, le silence survient. Comme s’il était tapi dans l’ombre. Mamie dévisage l’espace qui un jour a couvé son vallon, bercé son village. Elle détaille les hampes de métaux, les tôles rongées par la pluie, elle observe le ciel. Ce qu’il en reste l’ébrèche en un milliard de reflets. Mamie vit sur une colline très escarpée. Une colline si haute que personne ne peut l’entendre quand elle pleure. Même en chialant à pleins poumons.

     Mais comment Mamie survivait-elle sur son ponton de remords ? En haut, en haut de la montagne de sanglots qu’elle avait accumulés, auxquels elle n’avait rien pu, que se laisser dépouiller de sa progéniture, à quoi pleurait-elle du haut de ses larmes ? Les rides d’une octogénaire sont de surprenants canaux pour les chagrins que le temps ne résout plus. Voilà, ce matin Mamie a regardé le soleil. En seule à seul. Nez-à-nez avec sa face de prédateur des étoiles. Elle se souvient de pourquoi elle ne le faisait plus. Qu’un souvenir en entraîne un autre. De la peur qui grouille dans son estomac, colonise ses poumons, sèche son souffle. La terreur de re-perdre ce qu’elle a pourtant déjà perdu, encore et encore. Sa mélancolie n’est plus qu’une solitude au creux de son ventre. C’est son corps qui veut serrer Gabrielle. Entre ses bras. Les canaux débouchent sur des chutes. De la boue sous les orteils.

     Un warning s’allume, clignote deux fois puis quatre, six, de plus en plus pressant. Ferait-elle un pas de plus sur l’à-pic, au bord du ravin que du vent engouffre sous les nuages métalliques, le bourdon l’anesthésierait. Elle se réveillerait bien plus tard. Dans sa chambre maquillée en hôpital. Au sein de sa petite maison au sommet d’une colline encore plus haute, encore plus isolée, bercée de nuit. Elle entendrait un vrombissement qu’elle prendrait pour un hideux cauchemar. Une guêpe ? Un frelon ? Que trouveraient-ils cette fois-ci ? Combien d’intentions de suicide sont assez d’attentats à la vie que la guerre a manquée ? Ils lui colleraient un monstre derrière l’oreille. Le warning s’éteint et Mamie recule. S’assoit. Elle choisit sa chaise de jardin plutôt que cette combe sulfureuse. Elle a déjà l’impression de se baigner dedans, avec tout ce soleil...
Ce doit être l’été.
La chaleur mordorée lui en rappelle d’autres. Des chagrins d’enfance.


     En 2039, la découverte d’une méthode de traitement efficace de la radioactivité résiduelle d’une bombe A fit de Mourad Hruin le Prix Nobel de Physique, de la Paix et de Littérature. Il écrivait des nouvelles en allemand.

     En 2048, une guerre a éclaté. En 2050 cette guerre devait être une guerre mondiale. Une guerre qui ne s’arrêterait pas. L’humanité atteint son pic de démographie en l’an 2051. Il se trouvait alors douze milliards d’humains sur Terre. Gabrielle fêtait ses huit ans. Dix ans plus tard, la dernière instance internationale se dissolvait, les ultimes velléités pacifistes avec elle. Le gouvernement eut besoin de nouvelles générations. Gabrielle fut enrôlée. Neuf mois plus tard, Frédéric et Arthur naissaient, de pères inconnus et anonymes. Nés pour nourrir la nation. Ils furent intégrés à un programme d’élevage de mineurs, Mamie se vit décliner l’autorisation de les voir. Elle n’était pas la seule : onze millions de mères devaient connaître le même sort à travers la patrie. Dont Gabrielle. En un an, vingt-six millions de nouveau-nés vinrent aux monde grâce aux avancées de la biotechnologie et un engouement national. C’était plus de 54% de naissances polyzygotes. Le plan de Renouvellement était un succès retentissant. Huit ans plus tard, sous les feux atomiques de 5 nations différentes, disparaissait le premier pays du globe. Un point de suie au milieu du Continent Africain : incendié par ses voisins.

En 2077, Mamie se rappelle du vert. Du vert dans tous les parcs, du vert sur toutes les places de marché. Du vert entre tous les murs des maisons qu’elle avait quittées. La guerre autophagique gagnait le cœur des enfants, et la Bombe à Bore faisait ses premiers essais ; concluants. La même année Arthur et Frédéric fêtèrent leurs quinze ans, ils avaient paraît-il l’allure de vrais hommes. Comme ces coqs qu’on élève en batterie. On les envoya au front dans des avions jetables à bord desquels ils s’étourdirent de l’azur qui plane entre les arcs-en-ciel. En les transperçant ils volèrent au ciel ses nuages. Leur liberté. Deux traits d’émeraude.

     En 2078, les cartes du monde n’utilisaient plus que huit noms de pays différents. L’un d’entre eux, None, recouvrait un espace si grand qu’aucun empire n’aurait jamais pu l’administrer. L’Humanité, elle, descendait sous le million de représentants. La lune avait changé de couleur. Frédéric et Arthur étaient décédés, Gabrielle, qui avait perdu la faculté de marcher, divaguait dans une chaise roulante désormais très loin de Mamie, ses yeux aveugles avaient gagné la couleur des forêts. Mamie ne reverrait plus jamais sa fille.

Un nuage traverse le ciel. Quitte la vallée.

     En 2082, Mamie avait tissé un réseau d’informations planétaire. Elle l’employa pour donner à un pays toutes les cartographies, toutes les localisations nécessaires pour faire de lui le seul. Les dernières bombes B tombèrent sur le monde. Coulèrent le bunker de Gabrielle dans leur gangue verdâtre, visqueuse. Un instant la Terre se couvrit de neige, puis la lave l’engloutit. La guerre prit fin.

Mamie devint une Héroïne.

     Dans l’espace autour de la planète, il y a plein de petits bourdons. Des drones de toute sorte, toute taille, étiquetés tous du même drapeau. Le dernier étendard de l’humanité, le plus gros crabe du panier. De la fierté et seize ans de paix.

     Mamie contient la mémoire d’un siècle alors quand le soupir du soleil souffle sur la peau crevée de ses quatre-vingts ans, elle ne peut rien faire d’autre que se souvenir. Se souvenir. Née en pleine pandémie, elle fut agent-secret, puis mère déchue, puis meurtrière. Suicidaire. Elle se souvient et elle pleure les visages des petits-enfants qu’elle n’a jamais connus. Ses sanglots sont une houle, qui emporte le corps de sa fille hors de leur portée.

Demeurer seule ne sert à rien mais, née sur Terre isolée de l’humanité, c’est là qu’elle veut finir.
     Mamie n’aime pas la lumière du soleil. Elle ne sait que faire de la mémoire. Elle voudrait juste que tout cela s’arrête.

     La vérité, c’est que Mamie admire trop la vie pour ne pas respecter la mort.

La presqu’abeille de son salon sifflera dans ses oreilles pour les prochaines décennies encore.
     Peut-être jusqu’en 2100, pour le Nouveau Monde.

Si la veine de son cerveau n’éclate pas avant.
« Modifié: 14 Mars 2021 à 11:18:41 par Nacas »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 882
Re : Abeille
« Réponse #1 le: 09 Mars 2021 à 17:40:17 »
Salut Nacas :)

Un texte à la prose originale (normal, c'est du Nacas), avec une première partie au style riche, aux sonorités recherchées et une seconde froide comme la guerre, clinique. La première partie est également plus sensible, mystérieuse alors que la seconde me semble plus factuelle (sans pour autant que les émotions en soient absentes).
Le contraste est fort, perso j'aime bien. (je pense que ça répond à ta deuxième question)
(Peut-être trouver un artifice qui "justifie" ce changement de ton ? ou alors, il est là et j'ai pas capté)

Concernant la chute, elle pourrait être plus efficace avec un poil plus de précision dans la mission de Mamie.

Pour le 3e point, cette nouvelle peut gagner un concours, oui, c'est un texte de qualité !

Je repasse bientôt pour le détail ;)

Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Abeille
« Réponse #2 le: 09 Mars 2021 à 18:43:57 »
.
« Modifié: 10 Juillet 2022 à 17:58:56 par Manu »

Hors ligne Nacas

  • Prophète
  • Messages: 952
  • Dragon d'encre
Re : Abeille
« Réponse #3 le: 09 Mars 2021 à 20:30:12 »
Yo. Salut Manu. J'ai coutume de dire que toute lecture ratée n'est qu'une imprudence de l'auteur. Je n'estime pas avoir assez travaillé cette nouvelle pour me prémunir de la tienne. Ce n'est pas grave. Je continue de ciseler le texte dans une direction qui – il me semble – grave les métaphores dans une boue plus terreuse. Bientôt, j'aurai les deux pieds sur le sol. Et je volerai, mais vous ne le remarquerez pas. Honnêtement, je ne suis pas satisfait du style de cette nouvelle.
Trop superflu.

On peut faire la même chose en plus lisible. Hé ! Je suppose que je n'ai pas eu assez de temps ! Hahaha. Je travaille à un autre ouvrage qui est plus simple, je le posterai peut-être par ici dans quelques temps. C'est une histoire de marais et d'horreur.


Rémi ! Je suis heureux de voir ta muqueuse se trimballer par ici. je suis vraiment heureux. Ton commentaire me dore le coeur, bien sûr, surtout la partie 3), qui m'incite à être précautionneux dans mes époussetages, d'ajouter les mots à reculon, de me jeter à corps dévolu dans une copie du texte qui n'éclabousse pas l'original. Des très menus changements, essentiellement. Là une phrase se joint à une autre, là un blanc vire au beige pour rappeler l'heure.
Honnêtement, comme je disais à Manu : il faut que je sois très mature parce que ce texte ne se lit pas tout seul et plus j'y repasse, plus je risque de ne pas voir le noeud sous l'extrémité du lacet et le saturer à l'irréparable. Donc j'ai peur. Oui. :mrgreen:
Je ne me donne pas le droit à l'erreur. Hé ! Voilà probablement pourquoi j'ai peur. Je me ressourcerai d'autres choses avant d'ancrer les modifications.
Merci beaucoup pour les petits mots. Je vais probablement changer le corps du message avant que tu puisses repasser pour le détail, donc rien que pour toi je mets une v1 en spoiler. Je ne fais jamais ça, d'habitude.
Haha.


Passez tous les deux une bonne soirée ! Les arbustes bourgeonnent dehors par chez moi.
Amicaslement,
Nacas
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 882
Re : Abeille
« Réponse #4 le: 09 Mars 2021 à 22:51:19 »
Détails :

Citer
Ne regarde ni le soleil, ni les flaques dorées qu’il lèche en travers de la vitre ; elle ne le regarde jamais.
bien vue, la modif, j'avais tiqué sur cette phrase

Citer
Incapable de savoir que le vrombissement de ses ailes n’est pas le bon.
ça, je comprends pas (pourquoi, pas le bon ? ah ! oui, par rapport à une vraie abeille, c'est ça ?)

Citer
Déterminée à vaincre le plafond en duel de regard.
là aussi, c'est plus clair (et ça me semble suffisamment hétéroclite comme ça)

Citer
C’est à cause du claquement de l’insecte il semble frétrir la tapisserie,
coquille corrigée ;)
une virgule avant le "il" ?

Citer
elle a mal au coeur de son vieux mollet.
je préférais la version précédente :
Citer
elle a mal un peu plus loin que son mollet.

Citer
Rendre service, fût-il à n’importe qui
fût-ce ?

Citer
Une goutte d’amertume empoisonne son coude droit. Pénètre la chair et s’infuse dans les neurones. Fustige son cerveau innocent. L’ennui rompt. La mémoire transfuge l’a brusquement rendue poreuse.
très chouette, ça

Citer
Mamie-secousse son bras gauche,
je capte pas ce que tu veux faire ici, surtout que c'est sujet des verbe qui suivent

Citer
L’apathie glisse trop vite à l’extinction, quand on est aussi seule.
je crois que "glisse" est déjà utilisé deux fois au-dessus ; et le "à l'extinction" me semble un peu confus

Citer
Aux côtés du cerveau de Mamie, se pose le bourdon automatique.
pourquoi pas "à côté" ?

Citer
Là, maintenant, elle voudrait mourir. Les micro-drones effacent ce sentiment comme les autres, bientôt elle est à nouveau toute vide. Tordue.
chouette, ça, et ça résonne avec le "toute droite" au-dessus

Citer
Lui a rendu un petit bourdon, en guise de remerciement.
le sujet, c'est "la guerre", "la fille" ? un peu flou sans que ça n'apporte quelque chose, je dirais

Citer
Si elle venait à succomber un peu trop tôt, avant qu’on la mette dans une boîte qui se souviendra pour elle, ce serait une catastrophe. Il n’y aurait pas de musée.
je crois pas avoir compris, en lisant la suite, le sens de ce musée (commémoration de son rôle dans la guerre ?)

Citer
Elle prend le tapis de sol qui était roulé dans un coin de la pièce, le déroule, du mauvais côté, elle enfonce ses paumes dans des millions de petites pointes de PVC. Qui la mordent. Qui la fouillent. La surface, créée pour agripper un carrelage, rend son derme aussi froid que la peau d’un enfant qu’on aurait laissé verdir à la lune
classe aussi, ça

Citer
Le soleil se couche sur la vallée. Bientôt il se couchera sur la colline, le vert laiteux, acide, courtisera les fenêtres.
pareil, j'aime bien
(pourquoi "virent" et pas "vireront", ensuite ?)

Citer
Elle imagine des lits de fruits à coque, et dans chacune de ces noix elle ne trouve que de la solitude. Ses émotions roulées en boule.
encore un joli morceau

Citer
Mamie avait sommeil, la nuit passa à la hâte.
     L’aube grogne à pleines dents.
un saut de ligne (sinon, le changement de temps passe bizarrement)

Citer
L’eau sommeille dans les lavabos.
pourquoi les lavabos ? j'imagine plusieurs lavabos remplis d'eau et ça fait chelou... dans les tuyaux ? la tuyauterie ? les cylindres de cuivre ?
(j'avoue, ça sonne bien en l'état ^^)

Citer
Mais comment Mamie survivait-elle sur son ponton de remords ? En haut, en haut de la montagne de sanglots qu’elle avait accumulés, auxquels elle n’avait rien pu, que se laisser dépouiller de sa progéniture, à quoi pleurait-elle du haut de ses larmes ? Les rides d’une octogénaire sont de surprenants canaux pour les chagrins que le temps ne résout plus.
encore un joli passage

Citer
De la peur qui grouille dans son estomac, colonise ses poumons, sèche son souffle.
assèche ?

Citer
Un peu d’exercice lui changera les idées.


En 2039, la découverte d’une méthode de traitement efficace de la radioactivité résiduelle
je pense qu'il faudrait une liaison

Citer
En 2050 cette guerre
virgule ?

Citer
L’humanité atteint son pic
le présent passe, mais un passé simple passerait peut-être mieux

Citer
toute volonté de paix globales avec elle.
pas fan du pluriel à "globales" (et le mot lui-même peut sauter, je dirais)

Citer
Sept mois plus tard, Frédéric et Arthur naissaient, de pères inconnus et anonymes.
pourquoi sept ? ça crée une embrouille sans rien ajouter, trouve-je

Citer
C’était plus de 54% de naissances polyzygotes.
C’était pour plus de 54% des naissances polyzygotes. (?)
(zygoto, va !)

Citer
comme celle qu’ont les coqs de trois semaines adultes élevés en batterie.
le mot "adultes" me semble de trop

Citer
Arthur fêta ses quinze ans, le même jour que Frédéric.
je vois pas trop l'intérêt de le dire comme ça

Citer
recouvrait un espace si grand qu’aucun empire n’aurait jamais pu administrer.
l'administrer (je dirais)

Citer
d’êtres-humains.
pourquoi ce tiret ?

Citer
En 2082 sur les indics de Mamie six pays furent incendiés
c'est ici, je pense, qu'il faut enrichir un peu le rôle de Mamie ; c'est un peu flou et sans grande envergure, cette notion d'indics.

Citer
Des drones de toutes sortes, des machineries qui auraient rendu inefficaces les efforts de Mamie s’ils avaient existé pendant la guerre.
pareil, je capte pas ce que sont les efforts de Mamie

Citer
Alors quand le soupir du soleil souffle sur la peau crevée de ses quatre-vingts ans, elle n’a d’autre choix que de se souvenir. Se souvenir.
c'est peut-être une phrase comme celle-ci qui pourrait faire la transition entre les deux parties

Donc, je le redis, c'est un texte exigeant, le lecteur a sa part de boulot, et ça me plait. D'un point de vue du rythme et de la musicalité, y a de très beaux passages, équilibrés par des phrases plus conventionnelles.

Citer
il faut que je sois très mature parce que ce texte ne se lit pas tout seul et plus j'y repasse, plus je risque de ne pas voir le noeud sous l'extrémité du lacet et le saturer à l'irréparable. Donc j'ai peur. Oui. :mrgreen:
Je ne me donne pas le droit à l'erreur. Hé ! Voilà probablement pourquoi j'ai peur.
boarf, faut pas avoir peur... t'auras des lecteurs qui trouveront ça trop barré, qui diront "j'ai rien compris", qui lâcheront l'affaire, normal avec une prose ambitieuse comme celle-là. Je crois que la forme est ici bien plus importante que l'histoire elle-même, l'ambiance est vraiment chouette et j'ai bien aimé ce soleil omniprésent.

Citer
Les arbustes bourgeonnent dehors par chez moi.
ouaip, les réactions thermonucléaires au coeur du soleil sont pas si mauvaises, hein !

à bientôt, c'était un vrai bon moment de lecture .

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Nacas

  • Prophète
  • Messages: 952
  • Dragon d'encre
Re : Abeille
« Réponse #5 le: 11 Mars 2021 à 21:45:10 »
Merci beaucoup Rémi.

J'ai énormément peaufiné la nouvelle, alors adresser chaque citation va me paraître difficile.
Je te réponds au mieux.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Les changements principaux :
- Le commencement, aéré
- Le début, rendu plus clair
- Les quelques images laborieuses, évidées, remplacées par un peu plus de légèreté
- La guerre, rendue un tout petit peu moins clinique, j'aime beaucoup (perso)
- La fin devient extrêmement claire, explicite.


Je suis satisfait de cette nouvelle version.
Je crois que j'ai fait du bon travail. Mes quelques doutes subsistent sur :
- Les trois premiers paragraphes : on comprend/on accroche ? Je ne sais pas. Certainement mieux qu'avant, mais tout de même
- La fin, écrite (trop) sobrement ? Demande relecture, sensibilité et je laisserai en l'état si je ne trouve pas cette dernière demoiselle.


Edit de ma plus grande peur :
- Les premiers paragraphes ont perdu leur ton initial : c'est insipide pour les lecteurs investis
- Les premiers paragraphes dépeignent des métaphores immobiles et sulfureuses : c'est ennuyeux pour les lecteurs kit-de-poche
- La nouvelle ne laisse que peu de souvenir. L'ensemble est creux, voire oubliable sitôt qu'on l'a lu (à cause des nombreuses entorses de lecture)


Prestement,
Nacas
« Modifié: 12 Mars 2021 à 21:51:38 par Nacas »
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 764
  • Prout
Re : [Nouvelle] Mamie cire - AT
« Réponse #6 le: 13 Mars 2021 à 16:03:26 »
Yo Nacas !

Comme prévu, je viens me défouler sur ton texte.

Citer
. Le bourdonnement d’une abeille remplit l’air et les murs ; il provient du bourdon

bourdonnement/bourdon est évitable je pense, mais j'aime bien le jeu que tu fais.

Citer
Incapable de savoir que le vrombissement de ses ailes n’imite pas le bon.

Bouarf cette phrase isolée, elle serait mieux rattachée à la précédente par une virgule je pense

Citer
ceux qui depuis l’espace la veillent.

je goute assez peu l'inversion

Citer
. Une ultime grenade dans la tête, maligne, que personne n’a remarquée.

Je ne comprends pas ce que tu veux dire

Citer
Ils frémissent,

qui sont "ils" ?
Si c'est les nerfs, il faut commencer par ça je pense
Si c'est les picotements, du coup ça ne raccorde pas avec le singulier de la phrase précédente

Citer
Eteints.

Tiens, un É, c'est cadeau

Citer
fût-il à n’importe qui

fût-ce ?

Citer
Elle les comprend et les contient quand même.

J'aime bien ça

Citer
le spasme voyage mais se fait absorber dans le carrelage.

pas oufe la rime interne

Citer
autour d’elle. L’entourent sans la mouiller

autour/entourent, ça sonne pas très bien je trouve

Citer
Empoisonne la chair et s’infuse dans les neurones.

Tu peux peut-être te passer du "s'" ?

à part ça, j'aime pas trop non plus tes phrases verbales, quand tu pourrais en faire une plus complexe, en une fois. Ton choix rend pas très bien, je trouve, surtout que tout le paragraphe est un peu sur le même rythme, des ruptures feraient pas de mal.

Citer
Elle panique. Mamie, secousse.

Je ne comprends pas ta ponctuation ici

Citer
. Qui la mordent. Qui la fouillent.

Je sais pas trop quel effet tu veux faire ici, mais ça fonctionne guère pour moi

Citer
     Le soleil se couche sur la vallée. Bientôt il se couchera sur la colline, le vert laiteux, acide, courtisera les fenêtres. Il se glissera dans le duvet des caresses-carrelage répétées – inlassables –, bavera sur le côté doux et piquant du tapis éclaboussé de sueur. Alors des doigts fripés et potelés, épuisés, en rouleront l’avers sur le revers. Mamie rangera le sol. Mamie mangera sa potée ; sans voir l’abeille ni le jour mourir. Le bourdon fermera les lumières. Des heures vireront du marin à l’orange, au rose et au cyan, jusqu’à se diluer au vert de la nuit phosphorée.

 :coeur:

Citer
Au coeur d’un univers de blanc. Sa maison. Quelques chaises – un tapis.

Ça par contre j'aime beaucoup moins

Citer
chacun d’entre eux avant qu’il ne s’explose dans l’azur.

il = le ciel ? Si oui, ça me parait trop loin pour le pronom

Citer
L’azur noir comme sa nuit.

Faut arrêter avec ces non phrases

Citer
Des fois elle imagine que si elle avait une amie elle se sentirait mieux, elle a oublié ce que « se sentir mieux » signifiait mais elle imagine. Elle imagine. Elle imagine des lits de fruits à coque, et dans chacune de ces noix ne trouve que de la solitude. Ses émotions roulées en boule.

 :coeur:
(à part la dernière phrase, que tu peux sans doute raccrocher à la précédente)

Citer
Une émotion, ce n’est que l’expression d’un pattern.

je ne crois pas que pattern ait été intégré au français (bien que je le regrette souvent)

Citer
Mais Mamie est dehors.

Je ne comprends pas vraiment ton "mais". Proposition : "Non, Mamie est dehors."

Citer
Un chatoiement aigue-marine.

and again

Citer
     L’esperluette du soleil fauve.



Citer
Mamie vit sur une colline très escarpée. Une colline si haute

une virgule me semblerait plus appropriée

Citer
Même en chialant à pleins poumons.

là le "sujet" du participe présent, c"'est plutôt "personne"
"Même quand elle chiale" ?

Citer
     Mais comment Mamie survivait-elle sur son ponton de remords ?

Ne comprends pas ce repassage au passé

Citer
     Un warning s’allume

anglicisme peu indiqué à mon avis

Citer
Au sein de sa petite maison au sommet d’une colline plus haute encore bercée de nuit.

virgule à encore, non ?

Citer
Elle se réveillait toujours la nuit.

comprends pas le temps ici

Citer
Combien d’intentions de suicide sont assez d’attentats à la vie que la guerre a manquée ?

Un peu trop alambiqué à mon avis

Citer
fit de Mourad Hruin le Prix Nobel de Physique, de Paix et de Littérature.

de la Paix

Citer
En 2048, une guerre a éclaté. En 2050 cette guerre devait être une guerre mondiale. Une guerre qui ne s’arrêterait pas. L’humanité atteint son pic de démographie en l’an 2051. Il se trouvait alors douze milliards d’humains sur terre.

C'est le bordel dans tes temps

Citer
onze millions de mères devaient connaître le même sort à travers la patrie. Dont Gabrielle.

On sait déjà pour Gabrielle, pas besoin de le redire

Citer
Du vert entre tous les murs des maisons qu’elle avait quittées.

a quittées

Citer
, recouvrait un espace si grand qu’aucun empire n’aurait jamais pu l’administrer.

un empire c'est une forme de gouvernement, ça n'administre pas en soi. Empereur ?

Sur l'ensemble :
– essentiel à faire le tri et harmoniser tes temps ; sur la fin tu me semble partir un peu en vrille et ne plus savoir lequel utiliser. Pour que les allers-retours soient clairs, faut que ça soit au poil ;
– trop trop trop de phrases à moitié des phrases à mon gout ;
– j'ai aussi bien aimé la rupture entre les deux parties décrites par Rémi ;
– j'aime bien la fin.

Je ne crois pas que les craintes que tu exprimes dans ton dernier post aient lieu d'être.

Seeya
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Nacas

  • Prophète
  • Messages: 952
  • Dragon d'encre
Re : [Nouvelle] Mamie cire - AT
« Réponse #7 le: 13 Mars 2021 à 18:36:49 »
Yo Loïc !

Je ne goûte pas de toutes tes remarques, mais beaucoup me semblent pertinentes. Dans la liste de celles qui me semblent imprécises ou impertinentes :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je poursuis mes petites lectures, aérées d'autres. J'enverrai demain je pense, donc cette (nouvelle) version est presque finale.
Merci à toi !


Arbrement,
Nacas
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Léilwën

  • Invité
Re : [Nouvelle] Mamie cire - AT
« Réponse #8 le: 13 Mars 2021 à 22:21:19 »
Paf !

Citer
au carrelage blanchi, blanchâtre
=> :coeur:
Citer
ni les flaques dorées que sa présence lèche en travers de la vitre
=> je ne trouve pas l'image très claire
Citer
Le bourdonnement d’une abeille remplit l’air et les murs
=> :coeur:
Citer
c’était lui ou la Camisole®, ou pire
=> j'aime bien comme c'est dit !
Citer
ils expirent sans l’avoir fait se courber
=> pas convaincue par la tournure de la phrase
Citer
Eteints.
=> Éteints
Citer
C’est à cause des clic-clac
=> clic clac (en italiques pour désigner le bruit ; un "clic-clac" c'est un canapé^^)
Citer
le stratagème de ses muscles qui crient leur pitance de mouvement
=> pas convaincue par a formulation un peu pompeuse
Citer
bleu marin
=> :coeur: :coeur: (oui, c'est con, mais j'aime beaucoup cette formulation)
Citer
froidissent
=> :coeur:
Citer
mais se fait absorber par le carrelage
=> je trouve que la tournure passive alourdit inutilement
Citer
et rigolent dans des canaux de rides jusqu’au sol. Les émotions de Mamie se répandent autour d’elle.
=> :coeur:
Citer
L’ennui rompt. Des pattes d’insectes. Elle panique. Mamie, secousse. Son bras gauche désarticule et s’articule – à l’envers –, heurte sa poitrine, le carrelage. Un battement sec. La mort lui remonte au cœur, elle voudrait s’étouffer dans ses phalanges, s’étrangler, s’étrangler !
=> j'aime bien ce passage
Citer
L’apathie tourne trop vite à l’extinction, quand on est aussi seule.
=> c'est triste, mais c'est beau...
Citer
Aux côtés du cerveau de Mamie, se pose le bourdon automatique
=> la virgule est grammaticalement incorrecte
Citer
c’est ce qui garantit que les vivants le sont pour les bonnes raisons
=> hum... il me semble qu'il faudrait que ce soit plus punchline là (c'est trop long)
Citer
Qui la fouillent
=> :coeur:
Citer
rend l’épiderme aussi froid que celui d’un enfant que l’on aurait laissé verdir à la lune
=> :coeur:
Citer
Le soleil se couche sur la vallée. Bientôt il se couchera sur la colline, et le vert laiteux, acide, courtisera les fenêtres. Il se glissera dans le duvet des caresses-carrelage répétées – inlassables –, bavera sur le côté doux et piquant du tapis éclaboussé de sueur. Alors des doigts fripés et potelés, épuisés, en rouleront l’avers sur le revers. Mamie rangera le sol. Mamie mangera sa potée ; sans voir l’abeille ni le jour mourir. Le bourdon fermera les lumières. Des heures vireront du bleu marin à l’orange – au rose et au cyan – jusqu’à se diluer dans le vert de la nuit phosphorée.
=> cool ce passage ! :)
Citer
Mamie se roule dans ses draps trop fins pour la réconforter.
=> :coeur:
Citer
Un vaste océan de débris, aussi loin que l’œil peut porter les pensées. Un ciel de décharge à cœur ouvert, à perte d’esprit : un rêve écartelé par une conception métallique. Son sang pulse, mais n’inonde aucun barrage. Pas encore de caillot. Si mamie le voulait elle pourrait voler jusqu’au ciel, très haut, là où se reposent tous les nuages ; si Mamie le pouvait elle voudrait ramener chacun d’entre eux avant qu’il ne s’explose dans l’azur. En fermant ses yeux le sommeil la rejoint peu à peu.
=> cool aussi tout ça !
Citer
elle a oublié ce que « se sentir mieux » signifiait mais elle imagine. Elle imagine.
=> :coeur:
Citer
dévore les décors
=> :coeur:
Citer
Elle contemple la plaine écarlate, qui sombre jusqu’à ne plus remonter. Ses yeux plongent dans ce gouffre qui a remplacé les villes. Les chatoiements aigue-marine.
=> :coeur:
Citer
esperluette
=> oh ! je ne savais pas que ça s'appelait comme ça ! :)
Citer
Nez-à-nez
=> pas de tirets
Citer
De la boue sous les orteils.
=> :coeur: :coeur: :coeur: (mais :s :s :s)
Citer
Combien d’intentions de suicide sont assez d’attentats à la vie que la guerre a manquée ?
=> je crois que la phrase est un peu trop complexe pour faire son effet '-'
Citer
mordorée
=> j'y verrais presque l'œil de Sauron :mrgreen: :mrgreen: (pardon ><)
Citer
En 2050 cette guerre devait être une guerre mondiale
=> virgule après "2050" ?
Citer
d’humains sur terre
=> "Terre" (c'est la planète)
Citer
millions de nouveau-nés vinrent aux monde
=> "au monde" (pas de "x")
Triste ce paragraphe...
Citer
En les transperçant ils volèrent au ciel ses nuages
=> virgule après "transperçant"
(je suis sur le point de pleurer)
Citer
nécessaires pour faire de lui le seul
=> un peu lourd
Citer
toute sorte, toute taille
=>  toutes sortes, toutes tailles
Citer
agent-secret
=> pas de tiret
Citer
Peut-être jusqu’en 2100, pour le Nouveau Monde.

Si la veine de son cerveau n’éclate pas avant.
=> pas convaincue par ces 2 phrases, surtout la dernière. J'aurais mis des points de suspension je crois ("Si la veine de son cerveau...")

Voili voilou.
J'ai été émotionnellement surprise. Je ne m'attendais pas à la mention de la guerre et des drames qu'elle engendre.
Sinon je pense que oui, c'est un texte que je verrais bien publié.

:oxo:

Hors ligne Nacas

  • Prophète
  • Messages: 952
  • Dragon d'encre
Re : [Nouvelle] Mamie cire - AT
« Réponse #9 le: 13 Mars 2021 à 22:29:54 »
Léli, tu es un éclat de bonheur à l'empennage du galet. Celui qui troue les lacs.

Je voudrais te baigner de soleil toute la nuit.

Tu sais, tout texte, toute nouvelle, dans les mains de son auteur névralgique... finit par être envoyée un jour. Un instant j'ai dés-osé te l'envoyer, l'autre je passais une semaine à travailler l'itravaillable.
Tout texte finit par être envoyé, peu importent les grumeaux et les imprécisions qu'il contient.

Celui-là a été envoyé ce soir.
Jen'attendais pas ton retour.

J'ai envie de te rugir de mille feux, jusqu'à l'autre bout de ma terre. Au bout la berge du lac.
Tout.

J'ai envie de tout.


Mais ce soir, je ne peux que te remercier.
De tout mon cœur.


Mon fichier sera plus propre avec toutes ces caresses et rectifications.
Bons sommeils, Léilwën.

Profite de mes augures.
Nacas
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

Hors ligne Ari

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 566
Re : [Nouvelle] Mamie cire - AT
« Réponse #10 le: 13 Mars 2021 à 23:20:47 »
Coucou Nacas,

Je trouve ce texte terriblement poétique. :coeur:
Je suis impressionnée. Je trouve ton style beaucoup plus solide (dans le sens positif du terme ; pas comme une métaphore de gros caillou  :P ), l'histoire a été très prenante pour moi, marquante, je ne pense pas qu'elle puisse laisser indifférent. Je ne sais que dire de plus ! Les changements que j'aurais eus à proposer avant envoi seraient minimes et n'interfèreraient pas avec la possibilité d'être pris ou non pour le concours (tu voudras bien me/nous dire à quel AT tu l'as envoyée ?). Merci beaucoup pour ce texte, je suis ravie de l'avoir lu :) .

Au plaisir de te lire de nouveau bientôt j'espère :) .
~ Ari ~

Hors ligne Nacas

  • Prophète
  • Messages: 952
  • Dragon d'encre
Re : [Nouvelle] Mamie cire
« Réponse #11 le: 14 Mars 2021 à 11:14:14 »
Ariaaane... C'est beaucoup d'honneur...

Je suis, sincère, heureux de te ravir.
Tes solidités me vont droit au coeur.


Pierre,
Nacas
Les restaurants sont à tous les étages au sommet de la pyramide sociale.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.098 secondes avec 22 requêtes.