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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » 🚽 L'envol du chien

Auteur Sujet: 🚽 L'envol du chien  (Lu 5725 fois)

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🚽 L'envol du chien
« le: 11 Février 2021 à 11:41:48 »
les morceaux de l'histoire de Chocolat :
- l'envol du chien
- faire autre chose pendant la cuisine
- c'est le samedi qu'on fait les gâteaux
- au bout de la laisse & heuenfaitjesaispas
- moins un - l'envol du chien
- la porte était mal intentionnée
- moi l'de chien
- sol bécarre sur horizon de pluie
- barbare-bichon
- frizbi
- qui dépendons d'eux
- caniss regaliss



pas tant de généalogie à déployer pour ce produit qui est un peu anodin pour moi ; merci à Nacas notamment de m'avoir motivé à ne pas perdre trop d'attention en larvant sur du très très court ; j'ai essayé donc la segmentation temporelle ; chaque envoi séparé par un double retour-chariot, a été écrit indépendamment des autres, sauf les deux derniers... vous me direz, sur quatre... hmm ! nan ouais, ça fait depuis ce matin que je suis là dessus, et j'ai essayé de raconter une histoire avec une tête et ne queue

bonne lecture...


l'envol du chien
#help #embauche #short #fiction

C'était le chien à punks qui gardait la scierie.

Lorsque je suis arrivé au rendez-vous d'embauche, il s'est mis à s'agiter de partout. C'est ma fille qui a retenu mon attention un peu préoccupée. Elle a dit un truc, du style qu'il avait l'air méchant. Comme je n'ai pas grogné tout de suite elle a répété une deuxième fois, et comme j'étais là inconscient, à trier mes deux trois documents d'une nouvelle et dernière façon ; une troisième.
- Ah oui effectivement mon sucre, il est pas commode. Tu vois pourquoi on n'a pas de chien dans l'appartement ? Si celui-ci te mord t'es partie pour loin ma chérie. Bon, allez, c'est pas le tout. Papa va essayer de décrocher ce petit job temporaire ; c'est un peu délicat hein  ? On avait pas le choix pour l'horaire, c'est pour ça que tu auras peut-être un peu de retard à l'école ce matin. Mais je suppose que ça t'arrange, petite chipie.
Elle a battu des pieds sur le réhausseur, elle a fait l'enfant, et je me suis un peu attendri, comme si la scierie et le chien étaient à des kilomètres.
Avec un grand sourire, elle a dit
- Non ! Moi j'veux être à l'école !
Alors j'ai éclaté d'un rire mesuré de papa qui tente par tous les moyens de pas devenir trop adulte dans ce monde de fous ; j'ai passé ma main dans mes cheveux, un peu gêné de voir que les enfants mesurent un taux d'auto-conditionnement si réfractaire, tant dans le déni, que ma tache de père n'en était que plus improbable vis-à-vis de ce que je m'étais toujours figuré comme relevant d'un phénomène naturel et simple : l'éducation du marmot.
- Ah, dans ce cas je vais vite aller chercher de quoi gagner un peu d'argent ce mois-ci, et on y fonce immédiatement après ! Je te laisse dans la voiture, les vitres sont ouvertes mais pas trop pour le chien, et puis comme c'est fermé il peut pas rentrer ; je suis obligé d'éteindre mon portable ma puce, si tu as un problème tu les appelles depuis ici d'accord ?
Elle fait la moue, une grimace faussement déçue ; je sais qu'elle va s'amuser comme jamais et qu'elle aurait bien voulu, comme moi, que le travail commence directement ; elle n'aurait pas eu à aller à l'école.
- Mais papa le chien...

Il y avait ces éternelles bruits industriels qu'on n'entend plus vraiment qu'en fond du silence normé par la zone. Un bruit d'enfer en réalité ; des machineries de métal, du bois ici découpé en planches, dont on récupère les sciures pour les revendre à un fabricant de copeaux combustibles ; il y a le traitement des écorces qui se fait en amont, tout ici reste donc dépouillé. Je le devine au parc, où sont empilées les tranches de bois encore brutes. Il y a surement une sorte de centre d'affinage pas bien loin, qui s'occupe de la traitance des commandes particulières. Ce genre d'après est soumis à d'autres prérogatives aux impératifs matériels, mais... Mon regard a fui la scène.
Le chien, quand je sors de la voiture, émet une tempête d'ondes dégarnies. Son poil est anarchique, il bataille des vents de lui-même, solidement rêche. L'arcade aiguisée n'est pas coupante, elle assome d'un regard fou.
Il gueule, il grogne, il s'agite et saute, mais ne me touche.
Dès que je fais mine de m'intriguer de lui, il redouble de hargne une seconde, se détourne alors et s'en va quelques instants pourchasser sa propre queue, la mordiller... Et puis, reprenant faiblement un élan de violence sur autrui, il trace une courbe pour m'atteindre à nouveau, et me menacer d'attaque physique.
Mes chaussures foulent un peu le gravier du parking.
Au bout de la cour, l'entrée s'effectue par une porte banale faite de carreaux de verre, pour la transparence et le bien-être du lieu de travail. J'ai le temps fugace à travers le reflet du soleil, de me préparer à la beauté fatale d'une secrétaire et d'un mimosa. L'intérieur est quant à lui plus embrouillé, et lorsque j'entre c'est une odeur d'essences qui me prend au nez. Les moteurs des machines semblent thermiques, mais c'est des différentes sortes de bois dont mes narines amatrices hument les effluves, de sèves, d'écorce. Des essences, telles que je ne saurais les reconnaitre par ce sens ; y a-t-il seulement un  spécialiste de ces choses là ? J'entre donc, et la dame est accueilante.
- Faites pas trop gaffe au chien, il est même pas méchant, alors vous attaquer, n'y pensez pas !
Derrière le sérieux de mes lunettes carrées sorties pour paraître à l'aise avec les bureaucrates, je tente un sourire incrédule.
- Pas méchant... c'est vite dit !
- C'est sa manière de vous souhaiter la bienvenue. En fait il a été éduqué comme ça, on l'a recueilli dans un organisme qui récupère les victimes de maltraitanace. L'ancien propriétaire l'appelait par un nom qu'on préfère ne pas utiliser, mais il ne répond qu'à celui-ci... Vous êtes monsieur Dominique, c'est ça ?
- J'allais me présenter, effectivement oui. J'ai rendez-vous avec monsieur... Sprotvic ? Je prononce bien ?
- Oui, il sera là d'une minute à l'autre je l'ai prévenu lorsque je vous ai aperçu dans le parking.
- Oh.
- Oui oh, ce n'est pas du comérage détrompez-vous, je me suis dit que ça ferait avancer les choses.
- Bien, non, c'est très bien.
Le téléphone sonne.
Quelques instants et politesses après, la secrétaire m'informe que finalement elle va m'accompagner jusqu'au bureau du directeur.
- C'est à l'autre bout du segment de parc, nous y seront vite mais il tenait à ce que je rapporte du café alors, quitte à ce que je bouge, autant qu'il puisse rentabiliser ses pas ; je vais chercher un plateau et je vous accompagne.
- Je me tiens prêt, merci.

Dans le labyrinthe de la scierie, nous évoluons avec un casque ; la secrétaire m'en a fourni un qui semble ne pas fonctionner. Ou alors est-ce qu'il n'y a pas de totale protection infaillible, et m'inquiété-je outre-mesure du danger amplifié par la peur de mes oreilles. Je ne devrais pas postuler ou envisager de travailler ici, si je m'écoutais. Mais il faut bien nourrir le mouvement, la vie, le...
Je pense à ma fille, alors que résonnent les scies à bandes, que grincent les coulisses, les rails, les treuils et les tapis. Tout est de cette sorte de saleté moderne : un mélange de déchet organique en masse, et autant de masse en hydrocarbures, morceaux de rouille, de graisses. On se choperait vite une infection, et pourtant l'effort est au maximum, afin que l'endroit puisse être qualifié d'entretenu. En tant que tel, tout semble normal.
Un dénommé Henri souulève une oreille de casque après qu'on ait entendu son prénom hurlé. L'air tranquille, on ne sait pas si c'est le casque qui rend de la poussière à ses gants, ou l'inverse...
D'un flegme un peu gras, Henri termine de machouiller une branche de réglisse, ou du moins pose-t-il le stick loin de ses lèvres, et il répond mollement mais avec volume.
- Ouais ?
- Ramène-toi de dieu ! Ca fait cinq minutes que je t'appelle t'es sourd ?
Un râclement de circonstance étreint l'usine.
- Ouais, ouais... j'arrive, t'inquiète, bordel.
- Bin maintenant quoi !
Un plastron se décarcasse sur le sol.
La visière tombe aussi.
Les gants viennent se poser sur une table à roulette.
Les outils, les caisses, tout est de ce gris gras qui caractrise la modernité. Il y a des poussières soupçonnées, toxiques, elles enveniment les effluves d'essence. Au loin, on voit des morceaux de bois traîner pendant que la secretaire est à la poursuite d'une échappatoire à ces cloisonnements, pour moi, pour ma tranquilité, du moins m'halluciné-je un peu ceci quand je croise son regard un peu froncé, dérangé par le bruit également. Elle m'attend à un coin de machine, et nous contournons, nous traçons, nous biffurquons. Un transpalette déboule sans prévenir et manque de nous pincer contre le sol lisse ; heureusement que ma guide connait le code interne de la route de béton. Elle s'est arrêtée, j'ai cru un instant que nous nous étions fourvoyés. Mais lorsqu'elle reprend en remontant la piste du transpalette, j'aperçois le fond de l'entrepot. A son mur, des bureaux en préfabriqué sont au sommet d'un escalier stable qui passerait pour le radeau de la méduse à côté ceux de la Défense, mais qui semble avoir subi bien assez pour qu'on voit pourtant qu'il tient, solide, inébranlable, avc ses marches crantées, sa rampe archaïque, ses érous et ses boulons...
J'ôte mon casque en les escaladant, et je suis du regard la cacophonie en dessous de moi, avant que le plateau de l'employée ne survole une poignée de manière adroite et l'abaisse, ouvrant un passage vers ce qui devrait peut-être m'apporter un contrat.
Je rentre à sa suite.

Victoria aperçut son père qui sortait sans son porte-document. Il avait l'air inquiet, pressé et peu assuré. Elle garda en mémoire ce contre-jour, et la silhouette un peu étrange de cet être qu'elle connaissait dans d'autres états quiets dont elle ne soupçonnait pas l'amniotique circonstance parentale, ni son caractère sécurisant. Non, ici elle découvrit l'homme, qui à travers le silence du pare-brise, depuis son regard à elle hissé sur le siège, l'homme qui n'était qu'un maillon de ce monde. L'immense maille était demeurée insoupçonnable pour Victoria jusqu'à présent, mais ici elle comprit un peu, elle découvrit. Que la vie, c'est des gens qui s'écrasent entre eux pour enfler. Que prendre du volume, c'est en voler à autrui. Qu'il faut se permettre des choses, et que des fois on se mouille ainsi.
Elle m'aperçut, alors que désemparé par mon entretien, j'avais remonté en trombes le parcours, avec une idée toute bête en tête ; le chien hésitait à me sauter dessus, alors... J'ai sorti le carré de chocolat qui traînait dans ma poche depuis un café hâtif dont ne me restait qu'une pièce de centime et un emballage de spéculoos.
- Chocolat !
Ce serait le seul mot de moi à lui avant un moment, nous en avions conscience tous les deux je crois, et Victoria m'a renvoyé mon air inquiet.
J'ai ouvert la portière arrière, jeté le carré sur la banquette, attendu l'avalanche que j'esprais silencieuse et inaperçue.
D'un regard méfiant envers la terre entière, j'ai refermé, ouvert, pénétré, refermé, inséré, tourné, braqué et embrayé. Puis nous sommes sortis et je sentais toute l'attention enfermée dans la voiture. Victoria me regardait en coin la regarder en coin.
Derrière, Chocolat avait les yeux confiserie.
« Modifié: 10 Mars 2025 à 17:36:07 par Dot Quote »
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Re : L'envol du chien
« Réponse #1 le: 12 Février 2021 à 08:28:47 »
je m'autohypnose toujours, surtout pour écrire, ça fait partie de mon rêve, mon hallu perpétuelle, il faut donc que j'y sois le plus immergé possible ; en apnée moi aussi j'y crois, et je crois que si j'y crois on y croit

:)

je me souvent d'essayer, donc parfois, en vain, de 'construire' un texte, dans le sens y penser avant, y penser pendant, y penser entre, alors que naturellement c'pas naturel chez moi j'aurais tendance à ce que inopinément le plus souvent moins donc parfois, ça me tombe sur le coin de la tronche comme ça dégouline en saignant ; de fait récent pour ici, c'est Nacas qui m'a relancé dans cette dynamique motivée de me raccorcher à un scénario, un temps, de l'action, des perso, bref, c'était pas facile pour moi c'est une histoire, j'en fais jamais, mais j'suis content de voir que t'as l'air vâchement enthousiaste, je pensais pas ce point huhu

merci à toi pour le rendu de tes ressentis

!!

oh mais par contre je me devais de préciser que l'inspiration vint d'une toute autre personne à qui je dois totalement le sous-texte qui est le propos le plus malléable que j'ai un peu occulté en vrai, ou tourné trop à la paix...

l'idée principale tourne autour d'idées réelles, ça ajoute ptetr à la cohérence du truc, et surtout donc : l'idée du chien de punk, hargneux aimant, que j'ai essayé de rendre par la cacophonie de la scierie et la précarité du papa qui, je l'avoue, m'est directement inspiré de celui dans Mon Voisin Totoro

voilouvoilou
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faire autre chose pendant la cuisine
« Réponse #2 le: 13 Février 2021 à 19:10:43 »
bon, suis pas sûr d'avoir bien rendu mon idée, parce que c'est vraiment du tétris complexe que je voulais rendre mais en fait c'pas ausssi complet, par contre du coup j'ai inopinément écrit ce qui est donc pas vraiment une suite, c'est si vous le devinez, le même moment que l'autre histoire, mais sur un autre bout de la famille... pas fait exprès donc, mais ça allait bien avec le thème de mes moments là, visiblement, un truc un peu enfance étout...

faire autre chose pendant la cuisine
#tétriss #méthode #souvenir #crêpes

- ... si tu le casses tu n'auras plus rien, c'est ça d'être une Princesse !

Quand Meredith a dit ça, j'ai replongée dans un souvenir très ancien. Je ne sais pas ce qui me l'a réellement appelé dans la mémoire de mon vécu, peut-être simplement parce que là, dans l'instant, par le côté moralisateur voire incriminant, elle m'avait un peu fait penser à ces colères maternelles de mon enfantce, dont je passais l'éponge perpétuellement par solidarité familiale. Un souvenir épisodique, je suppose que ce fut parmi ceux que ma mère oublia, comme tant d'autres c'est normal. Moi en tout cas, ça m'a marquée parce que j'ai appris ce jour là à combler les vide et à remplir les trous. J'y ai appris à organiser les formes, les choses, afin que tout s'empile et s'imbrique. Ce jour là maman était en vacances, parce que je l'étais aussi, alors elle en profitait pour récupérer un peu de ce que la société lui volait chaque jour, du temps avec son enfant ; moi j'étais jeune, je ne voyais pas tous les tenants et aboutissants de la chose. Tout ce que je voyais, c'était ma tresse coiffée et donc, surtout, qu'on allait manger des crêpes ce soir et qu'il fallait faire la pâte. Elle m'expliquait alors ce que je retins d'une manière très efficace et utile.
- Tu vois chérie, la pâte à crêpes, c'est tout simple ; de la farine, des oeufs ou pas, du lait de l'eau de la crème une pincée de sel, en théorie tu n'as pas besoin de mille trucs pour faire les crêpes.
Attentive un peu, dissipée d'autre peu, je la regardais, l'écoutais, fascinée et débordante de ce qu'elle essayait de contenir par son flegme adulte, celui que je me reconnaissais un peu à la fois devant Meredith que en elle-même aussi. Je n'ai pas répondu tout de suite, le temps de fuir un peu encore dans mon souvenir.
- Ce qui fait que des crêpes c'est réussi ; c'est tout ce qu'il y a autour des crêpes. Enfin tu me comprends, ce que la crêpe entoure, plutôt, c'est le cas de le dire. Chaque élément du décor fait que c'est pas le protagoniste qui porte l'histoire, tu vois ? Une crêpe, on est d'accord c'est bon ; c'est bon toute seule, mais c'est encore meilleur avec du nutella ! n'est-ce pas pupuce ?
J'avais adoré la pédagogie ; le fait qu'elle s'impliquait à rendre ses paroles attractives, intéressantes, utiles, et bien travaillées en tant que telles ; c'était une attention de maman, à sa fille, et j'étais cette privilégiée là, dans la cuisine, pendant qu'elle me débriefait un coup. Et puis on a sorti les récipients, les doseurs, les ustensiles de type malaxeur, mixeur, mélangeur et touilleur. On a sorti les ingrédients. On a fait une pâte. A la fin elle m'a dit que ce n'était que le début.
- Bon je t'ai bien eue petite chipie, maintenant que tu as fait des crêpes, on va faire le bourguignon pour demain ! C'est long, c'est chiant, c'est plein de moments de surveillance passive et d'attente intenable et d'oisiveté non-contractuelle. Du coup pour la gastronomie, on va essayer de s'organiser. Je t'explique : on a quatre heures minimum devant nous, dont les trois quart sont demandés juste pour le temps de cuisson ; mais c'est pas pour autant qu'on va rien faire de ce temps, et c'est là tout l'important que doivent gérer les bons cuisiniers ! Rentabiliser ! Optimiser ! Ne pas perdre du temps, et l'utiliser à l'utile, c'est remplir les trous, combler les vides, pendant que tu as une minute ? Tu fais un truc qui prend une minute ! Tu as deux heures ? Tu peux là prendre soin de faire les choses bien... On y va ?
Je n'avais pas compris son amertume, moi ça me plaisait la cuisine ; alors pourquoi m'avait-elle bien eue ? Le genre de choses que je ne comprendrais d'elle que plus tard...
Et puis on a fait de la gastronomie. De la photo sans appareil. De l'art d'estomac. Et pendant que le ragoût mijotait, on a préparé la soirée crêpes. Pendant que la sauce prenait, pendant que les herbes fondaient, que le gras imbibait et que les arômes se faisaient de plus en plus profonds, on a enroulé les jambons, les mozzarellas, les olives. On a préparé des petites formes de viandes, de légumes, de fromages. Présenté le tout sur des plateaux, des assiettes, des trucs de service. Elle avait raison maman ; entre déguster un petit bout du quatre heure improvisé aux ingrédients de sur le coup... Je mangeais, je cuisinais, j'attendais la suite, et tout se préparait autour de l'estomac de la maison qui nous digérait dans sa cuisine.
Quand papa est rentré avec Victoria, j'ai réalisé que tout ceci allait rester dans mon souvenir, mais je n'ai pas deviné qu'il remonterait auprès de Meredith seulement des années après.

Le chien s'appelait Chocolat, j'ai envie de changer de conversation juste pour parler de jusqu'où il a été également incident dans nos vies... Alors Meredith et moi on se tait encore un peu.
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Re : L'envol du chien
« Réponse #3 le: 14 Février 2021 à 03:01:35 »
à ceci près que le premier sort total de mes cordes alors que le second est toute mon ancienne ambition de travail, et que les transvaluations de process réflexifs inhérents aux directions total dichotomiques à l'extrême, font que voilà, c'est pas DU TOUT le même contexte axiologique pour moi selon l'un ou l'autre, alors que oui, on pourrait total se dire que ça se suit, se tient, se réverbe étou, d'ailleurs j'ai fait exprès pour, donc c'cool, mais qmm, c'est deux trucs pour moi qui n'ont strictement rien à voir dans le concept, et respectivement, les process transvalués me changeant total l'environnement conceptuel de réflexion et de production artistique, sont à regrouper sous ces bannières floues mais qu'on peut tous se figurer :

Moment VS Instant
Scénar VS Captur
Work VS One-shot

Temps VS Espaces



cool cool que tu passes ici merci !
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c'est le samedi qu'on fait les gâteaux
« Réponse #4 le: 20 Février 2021 à 18:20:03 »
j'l'aime bien tout ce qui tourne autour de ce iench un peu méchantil...

c'est le samedi qu'on fait les gâteaux
#ensuite #mousse au chocolat #chien de punk #famille


le chien a déboulé dans les blancs en neige

il faisait un froid de confit de canard, dehors, et la cuisine verte était chaleureuse avec ses plaques chauffantes, son four, le grille-pain et tous les trucs genre qui font que une cuisine, c'est chaleureux jusqu'à ce qu'un chien y déboule dans les blancs en neige ; pour la mousse, c'était top ; Chocolat a dansé la queue hargneuse, au milieu des flocons de nuages ; il soufflait comme sur des bulles hostiles, la mixture tirée de la séparation outrageante de foetus d'oiseau apprivoisé ; bref, au cul d'une poule, dans un cul-de-poule, les oeufs avaient finis en neige, et puis un peu partout dans la cuisine, notamment, sur les babines de Chocolat, le chien hargneux de gentillesse, ou gentil de haine...

il gueulait même contre Offspring ou Green Day, non, il avait appris à reconnaitre le vraie punk inconfortable, son ancien maître, on n'a pas cherché comment il l'appelait, alors au bout d'un moment le chien répondait à Chocolat, et il aimait les années soixante dix

moi je lui expliquais tranquillement ; Chocolat tu comprends, on ne renverse pas les neiges de blancs comme s'il s'agissait d'une basse-cour à plumes ! non, ça c'est le boulot des renards, et ils sont un peu bientôt au chômage technique, puisqu'on sait faire des oeufs qui sortent du cul d'une éprouvette ; alors s'il te plait roule un petit bacon, surtout pas du chocolat mince mais pourquoi t'as-t-on appelé ainsi... sacré Bertrand, c'est pas méchant en soi, mais jamais j'irai appeler ma fille Poison Ivy ou Venin-de-frêlon-des-steppes... ça te rend aveugle mon cher Chocolat, alors t'as qu'à voir la musique de punk et les vas-te-faire-enculer, c'est des coups à ce que les mots soient si désagréables dans leur libre formulation, qu'ils en deviennent dangereux ; mauvais ; malsains ; s'il pouvait parler le pauvre chien répéterait son ancien maître, des slogans de manifestations, des attrape-parigots, des qu'est-ce-tu-m'achètes-ton-capitalisme... il serait là le pauvre : je t'aime, enfoiré, sale bâtard de mes deux, pourquoi t'es tout pour moi, t'sais, on devrait être encore plus libres de se faire du mal chacun tu crois pas ? humain de con, vas, quand t'auras bousillé ta sphère tu seras tout content que je traîne auprès de ta tombe ; mais t'as pensé à moi, chien de fils ? t'es soumis à ma soumission, et ça avant que je te le fasse dégobiller, je l'aurais entouré avec le bacon de ton mari tout frais avalé, et ça fera deux grumeaux un peu meilleurs à vomir qu'à manger, tu vois ? Chocolat voyons...

quand je lui disais assis, c'était pour qu'il s'imagine une friandise ; tout lui allait, faut dire qu'il avait du en goûter des trucs pas nets

Victoria et sa soeur préparaient de jolies petites coutures gastronomiques, et Bertrand à côté, on aurait dit qu'il pensait encore à son attaché-case, et que toute sa cravate se sentait abandonnée dans le placard ; il avait retroussé ses manches de cuisine et suivait les directives ; parfois il réitérait le fruit d'une initiative performante, et tout fier il me présentait un plat beurré pour enfourner les crêpes dans un saladier, je lui disais ouioui...

et puis là non, Chocolat s'ébrouait dans de la semence battue, il ne savait pas ce qu'il faisait de cet amas de protéines gélatineuses, moussé en bulles de truc chelou, et ouais, il se disait sûrement, dans sa tête, des effronteries dans son langue de chien

le pet dans un bain précieux
Chocolat qui bulle
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punk de chien
« Réponse #5 le: 01 Mars 2021 à 22:32:24 »
je l'aime bien ce chien de punk, mais je sais pas trop quoi en faire ; voici deux brouillons abandonnés et pas très satisfaisants pour moi, mais que je dégomme ici parce que ça fait partie du projet que je sais pas trop quoi en faire...

'⁔'


au bout de la laisse
#et bertrand #chocolat #de punk #le chien

on dit que les chiens comprennent leur maître
mais est-ce que les maîtres comprennent leur chien

telle fut la question que je me posa quand s'en vinrent et allèrent, des venues dans mes sphères canines, comme un canadair se pose à fleur de surface, à grand coups de ravale ta soif, pachydermique, une frappe de tsunami dans un verre d'eau, faudrait pas déborder, faudrait pas s'y noyer, non, vraiment, je suis...

le chien fou venu de l'espace, peut-être ; mais en tout cas je rentre dans un monospace, celui de la petite famille de Bertrand qui m'a kidnappé avec mon gré contre le méchant inconscient des trauamtiseurs thermique ! traumatisé ils m'ont étiqueté, trop trop, beaucoup trop, et pourtant un bout de chocolat et me voilà à banqueter, entre une ceinture et un siège auto ; qu'y a-t-il lors de cette aventure ? que je ne sois pas déjà fini qu'il en serait étrangement... chocolat

un chien de punk, comme on m'aurait parfois qualifié, mais ainsi jamais nommé, je sors les sorciers, essore les laisses de sourcier, une fourche dans ma langue, un collier électrique ; des coups de crosses et me voilà aigri, guaulard, insultant et renifleur ; qu...

on sort en promenade ; on laisse des crottes, on...

heuenfaitjesaispas
#et puis #en fait #chien de punk #maman

mon nom est Hélène, je vais vous raconter

Bertrand était ce type que rien ne devait amener sur le chemin de mon existence, m'étais-je dis par la suite et pendant de longues heures à me demander en quoi tout ceci relevait du merveilleux que cela satisfaisait en moi, et pourtant de la banalité la plus hasardeuse qu'on ne pouvait aucunement associer sans raison, à ce qui moi me soulevait le coeur d'un émois intangible auprès de lui

je l'ai rencontré, c'est étrange, au nom d'une amie
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moins un : L'envol du chien
« Réponse #6 le: 13 Mars 2021 à 09:18:09 »
yoyo, aaa ça fait du bien d'avoir une tite idée pour ce truc ! je l'ai pas très bien rendue en vrai, mais tant pis le texte est tel quel, je saurais pas reformuler ce qui est donc, sorti de ma tête ici et qui n'y rerentrera que si c'est encore dednas et que ça doit sortir encore...

un préquel


moins un - l'envol du chien
#amiz #égalités #dualité des rapports individuels #chocolat

- ASSIS !! Scrot ? fais pas l'homme debout, allez, obéis pour une fois : ASSIS ! PUTAIN MAIS T'ES CON OU QUOI ?! j't'ai dit de t'assoir sale fils de merde ; me regarde pas avec ces yeux de pute, t'auras pas ce carré de sucre sauf si tu t'assois, c'est là toute ta liberté à travers la mienne ! OW ! SCROT ! bon très bien tu l'auras cherché, je t'attache !

- t'es qmm un salaud avec ton chien ; l'attacher comme ça, c'est normal on est des humains après tout, mais le faire baver avec ton morceau de sucre, c'est presque malsain ; hein ? oui c'est de la torture psychologique, et encore !! je t'aurais sorti que tu lui affame l'estomac pour rien, t'aurais dit que tout est dans la tête et que c'est pas grave, je t'aurais dit que tu vas lui faire vriller le cerveau, tu m'aurais dit que c'est juste dans le ventre et que c'est pas grave... ahah sacré punk de toi, t'as bien raison de le dominer, ça fera du bien à Jacques Chirac

- moi je dis on est entre potes, le meilleur ami de l'homme, c'est le chien, alors peace ; c'est bon, il est habitué à être attaché, c'est vrai que c'est pas du tout ça le problème de sa dignité ; pis pour la faim mentale ou physique, c'est pas si grave que ça, nous aussi on a faim et on va pas aller houspiller ceux qu'ont un travail pour ce qu'ils ne nous donnent qu'au compte-goutte quand on tend grâcieusement la main... non, faut abolir le pouvoir, et si on a notre lutte, le iench aussi

- hein ? nan mais c'est bon, moi aussi je peux le faire saliver Scrot, c'est pas difficile, il suffit de lui montrer un sucre et il part au quart de tour, c'est sa faute ; Scrot de trottoire, le pauvre, j'ai une immense pitié bien dégueu sur son appétit incoercible, j'pense les autres chiens sont pas aussi obsédés par la bouffe que lui... ou en tout cas y'en a qui sont plus corrects

- mais détache-le avant qu'il soit trop tard, ton clebs ; t'sais que les nazis ont testé les ressors psychologiques de la torture, sur des animaux aussi ? ouais on les incrimine de leurs trucs sur les humains, mais si les vegans d'aujourd'hui savaient ce qu'ils faisaient, ce serait plus le shérif qu'on irait dédommager... or donc, un chien électrocuté dans un coin d'une cage divisée en deux va aller se réfugier dans l'autre coin ; si tu inverses il re-inverse... si tu mets les deux il pète une durite ; pire : quand t'as mis les deux et que tu t'es bien amusé, t'ouvres la porte... s'il est resté suffisamment de temps, il aura même plus la force mentale de sortir et restera prostré dans sa douleur mortifère... 'fin bref, ton Scrot j'ai pas peur pour lui, mais qmm...

- regarde-le tout souriant, il croit encore qu'il a envie de ce morceau de sucre... il bave, il dégouline, ahah tu sais le dominer t'es un bon maître ! Scrot ! va chercher le sucre ! ah non t'es attaché... lol
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la porte était mal intentionnée
« Réponse #7 le: 04 Avril 2021 à 16:34:47 »
wéééé j'aime bien continuer ce truc quand j'en ai une idée
waf !


la porte était mal intentionnée
#inconscience #faire le mal #mauvaise foi #intentionnalité

le chien il était tout content, on déménageait et ça lui faisait de l'animation autrement moins routinière que la liberté qu'on lui octroyait à aller pisser conter un poteau public trois fois par jour

alors il était là, on lui a pas demandé de participer, un chien ça sert pas dans un déménagement ; ça sert à être fidèle, à faire des papouilles quand il est triste, et à lécher les bottes quand il est content ; ou l'inverse selon... bref, ça sert à rien dans un déménagement mais on lui en voulait pas, on s'est pas dit, ouaiiis, c'est pas juste il fait pas d'effort pour le commun, donc dans tous les cas il aura pas la récompense du goûter, mais on est justes qmm, il aura le droit d'habiter dans la maison alors qu'il a rien fait ! on est sympas non ? déjà qu'on l'a recueilli de sa dèche on était pas obligés... il devrait être reconnaissant, je suppose, et au lieu de sourire comme si on lui avait autorisé la paix, il devrait s'écraser jusqu'à temps qu'on en ait marre de s'amuser avec lui et sa baballe ; bin ouais, l'ami de l'humain il est bien fait pour être son ami, oui, ce truc pas vraiment un allié, pas un ennemi non plus, juste le truc qu'on cautionne quoi qu'il soit, juste parce qu'un jour on s'est dit jusqu'à la mort ou qu'on s'entretue ; y'en a certains, ils cherchent l'ami de leur vie ; ils en veulent qu'un, auprès de qui se plaindre de leur singularité qu'aucun autre n'accepterait ; un ami... certains y parviennent, ou alors ils prennent un chien ; le meilleur ami de l'humain pourquoi ? parce qu'il va pas ouvrir sa gueule remettre en question la tolérance absolue envers ses conneries ; tu veux lui péter le museau de dogue, le bassin de berger, la peau de colis ? bin vas-y, fais-lui bouffer du chocolat, tu verras il te remerciera avec son intuition naturellement animale et valeureusement infaillible par confiance en la métaphysique, et il en redemandera du chocolat, parfaitement conscient et lucide sur son état de santé... bref, non, ceux qui ne veulent qu'un ami de toute leur vie, ils finissent donc avec un chien, pis c'est un peu pareil avec l'autre versant encore plus dangereux de l'amour quand il est fermé sur l'unique ; mais ce n'est pas le problème !

non, le problème, enfin, oui, qui n'en est pas un pour tous les chiens : c'est l'intentionnalité

ouaisouais, ce truc qui fait que quand tu interprêtes ce que pense quelqu'un, t'as beau être sûr de toi dans ce que tu penses qu'il pense, t'es toujours dans ce qui relève de l'incertain, de la croyance, et donc plus tu es sûr et plus tu l'affirmes, plus t'es un peu con ; pourquoi ? parce que l'âme métaphysique bien sûr, mais ça avant de piger, faudra l'affirme sans conscience un moment ; exemple débile, on était là donc, et on déménageait, pis entre un claquement de canapé et un rebond de meuble, y'avait des horizons qui se cachaient à coups de gros matelas, de miroirs encadrés, de trucs un peu carrés que quand on les porte, on voit pas toujours très bien où on va, soit parce qu'on va vers l'arrière, soit parce que y'a ce truc qui bouche la vue sur le chemin... bon, bin lorsque y'a un courant d'air qui te claque la porte sur la queue, c'est compréhensible, tu te questionnes un peu sur la porte avant de piger que c'est le vent, l'huile des gonds, et ouais, la porte elle voulait pas te faire de mal, mais elle l'a fait qmm, alors qu'elle a même pas d'intention, d'après certitude intuitive mais non vérifiée... enfin sans remarquer le non lien entre volonté et pouvoir, je m'étale pas outre les bords des idées reçues hein... bref ? bref, moi je suis pas une porte, mais j'suis pas malintentionné, et ça m'a soulé que Chocolat me morde parce que je lui avais marché sur la queue ; quel con de punk réac de chien ; t'as pas pigé que j'étais en train de bosser ? t'as pas pigé que je portais un truc qui va faire de l'abris de ton maître, ta maison adorée ? nan mais sérieux, je vois rien à cause du carton monummental, je manque de me vautrer dans l'escalier, je me prends des murs, et y'a juste ce con de chien oisif qui couine de je ne sais pas où, au moment où mon pied aveugle sent un truc sous sa semelle... deux seconde après c'est mon jeans qui me parle, il gueule, sos, intrusion, et ma jambe commence à envoyer des larmes à mes yeux ; p'tain de chien quel connard quoi, il me mord comme ça juste parce qu'il est méchant et malsain et qu'il fait ça exprès ! lol... nan je vais pas faire comme lui, je vais pas intepréter tout le mal qu'on me fait comme si c'était volontaire depuis son origine... non, lui il sait pas que j'ai tout bonnement fait mon truc et qu'il était sur le chemin de l'inadéquation, il m'en veut de lui avoir écrasé la queue, il s'est vengé et là il bave encore pas soulagé, mais moi... je vais pas lui renvoyer une tarte, ça finirait plus après ; je le caresse pas trop non plus parce qu'il est dégoûté et qu'en tant qu'il croit que je suis méchamment responsable, il m'en veut, et son sentiment illégitime est presque aussi improductif pour lui que pour moi... non ; pas tout-à-fait ; moi je m'en veux de lui avoir fait mal alors que lui il s'enfonce dans sa haine ; mais le pauvre il a pas les mots, il a pas la justification, pas l'excuse, pas le pardon... il a juste sa phéno sans langage, et ça doit être flippant...

moi j'ai d'autres problèmes, t'façons
parce qu'autant les portes n'ont pas d'intention ; autant les humains en ont ; autant il est irrationnel d'affirmer une certitude sur la quelconque direction de l'intentionnalité d'une singularité ; bin autant il faut, spéculer sur ce que veulent les gens lexicalisés, car c'est le propre de l'humain, poursuivre ses propres rêves quitte à entrer en conflit avec d'autres rêves... et là oui, la porte devient hostile, et que ce soit les paranoïaques qui de principe n'ont pas l'idée qu'on puisse leur vouloir du bien et qui interprètent toujours au pessimisme, ou que ce soit les innocents qui au contraire n'ont pas l'idée qu'on puisse leur vouloir du mal et qui ne pensent jamais à ce qu'on pourrait les bananer, eh bien, entre les deux, t'as la juste intention de la porte, et t'as celles qui font mal en claquant, celles qui font du bruit en voulant faire mal, et celles qui n'ont que l'encadrement et le linteau pour se reconnaitre en tant que portes

bref, moi j'suis là, y'a mon patron qu'est méchant, y'a mon président qui l'est, ma femme non ça va j'ai trouvé la bonne elle n'a pas de ressentiment, uniquement de l'amour à rendre, et tout ce qui relève du négatif chez elle, c'est ce que la société l'a rendue parfaite et blessée pour cette raison, et elle a pas de quoi mordre un jeans ; le chien quant à lui, il tire la langue dorénavant, mais il a pas oublié ; il a pas oublié quel connard je suis pour lui avoir marché bien exprès et sadiquement sur la queue ; il me le rendra un jour, ptetr même deux, tant qu'il aura ni fait l'impasse sur le mal et le bien, ni compris qu'il me comprendra jamais, même s'il a raison toute sa vie à croire cent pour cent sûr, que le voisin qui frappe son chien à lui, c'est parce que le chien l'a mérité...

hmm, waf
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moi l'de chien
« Réponse #8 le: 23 Avril 2021 à 06:10:55 »
moi l'de chien
#ladimol #nostalgie #modimal #amidlom
eh mèwè
j'aime bien expliquer
le punk de chien
et voilà

le chien philosophe
en vrai un punk de chien comme moi, c'est comme un chien tout court ; j'ai reniflé le loup, je crois on est pareils ; mais lui il s'est pas fait avoir par le punk d'humain
en fait je crois je suis un chien qui rebrousse chemin, et c'est la faute à qui ? bin à l'erreur elle-même, parce que je crois que Patrick m'aime bien même s'il pue l'alcool et qu'il titube l'alcool et qu'il ronfle l'alcool et... 'fin bref ; quand il me frappait je me confortais dans l'idée que c'était justifié, que je le méritais, et pourtant je ne pouvais m'empêcher de voir à l'intérieur de moi, sourdre cet autre sentiment qu'il a libéré dans mon expression ; des punks d'humain en bande, ça gueule et ça frappe, ça vocifère presque intelligiblement, mais du coup, ouais, moi, le chien de punk, j'ai appris à l'ouvrir ; vraiment ; efficacement ; pour de bon
quand il a vraiment abusé, j'ai compris
le Patrick voulait pas me libérer, mais il l'a fait, on était juste des maillons très proches dans la chaîne du pétage de câble de ce monde en cacahuète, et c'est moi qu'ait lâché ; pling
il a pas fallu grand chose à ce que tout ceci était très banal entre nous, une énième fois je l'agaçais un peu trop à essayer de m'amuser, une fois de trop il a inconsciemment appuyé son talon sur mes épaules pour toucher la lune ; une fois de trop
vas savoir si le loup m'a inspiré
vas savoir si sa hargne était particulièrement vindicative ce jour là, s'il l'avait vraiment mauvaise, si je suis pas tout-de-même un peu aussi responsable du fait que sa semelle a bien failli me terrasser ; il a rien fait de dramatique en soi, rien de plus que d'habitude surtout
mais je suis parti
craintif
le lien s'était rompu
j'ai rongé mon os toute la nuit, j'ai erré sans dormir, j'ai snifé des pistes menant nulle part, mais surtout ailleurs ; il m'a pas couru après le Patrick
et puis je pensais au loup, je pensais au chien, je pensais à l'humain et à ce punk de rien du tout qui m'inspirait le pourquoi ; je me demandais vraiment tout ce qui pouvait se passer d'étrangement inexplicable dans ma perception de la vie, pour que j'en sois réduit, tout larmoyant, à me remettre en question non pas dans mon attitude encore fraîche du deuil irresponsable, mais bien dans mes déterminismes si je puis le penser ainsi, ce qui, oui, me faisait me dire : et si ça avait été autrement ?
en tous cas la nuit sombrait quand le jour s'est levé
je croisai le promeneur du matin, le coureur, quelques collègues un peu moins loups que chiens, un peu moins punks, mais pas moins humains pour autant
j'ai waf
j'ai snif
j'ai pltftftftfrrft
pis après je m'éloignais quand même
et je revenais je suivais
j'abandonnais je retrouvais
je sombrais j'illuminais
et puis il a fallu que je dorme, et quand j'ai enfin trouvé un endroit sécurisé, c'était bien longtemps après avoir ressenti ce besoin, et il n'était pas en mesure de pleinement se satisfaire de la quiétude d'un coin de feu, d'une caravane, d'un squat
là au coin d'un endroit
j'étais en chien de fusil
je me croyais chassé
Patrick me hantait, je revoyais ce passé, et je me disais qu'avant hier il avait été mon présent ; sous le choc mes nouvelles directions radicalement réajustées, me renvoyait à un vide de responsabilité, de capacité, de maitrise de mon élément, mon environnement, j'étais perdu et pourtant c'était en devenant libre que j'avais trouvé cet égarement ; de plus c'était en devenant libre, que j'avais scindé mon existence, d'un effort subi depuis catastrophe, avais-je seulement grandi ? compris enfin quelque chose ? détruit la coquille ? percé l'abcès ? pris un envol de nid ? je ne savais au demeurant, et rien n'y changeait rien sinon dans cette mouvance inconfortable liée à mon insécurité, ma peur, l'absence de confiance en ce nouveau jour sans Patrick
le loup est certes membre de la meute ; mais il peut accéder à la hiérarchie ; le chien de punk est toujours le bas de la hiérarchie ; alors je crois que c'est l'élastique qu'a lâché, et moi je retourne vers le loup, ce collègue trop mystique pour presque exister
et puis les jours ont vu les poubelles attirer une fois de plus mon odorat ; le flair occupé par la faim, je voyais ; Patrick et la restauration de son autorité ; il m'a jamais tenu par autre chose que la laisse qu'il ne me nouait qu'en corde de bateau ; j'étais peut-être le navire de sa puissance, et pourtant... pourtant nous, lui et moi, étions jusqu'à lors inséparés ; maintenant que plus, je me rends compte ; est-il dorénavant à maudire le destin ou à assumer ses rejets ? voudrait-il ma présence ou me chasserait-il encore ? cela ne va-t-il pas plus loin que la simple dépendance affective entre un chien et son maitre ?
je ne sais...
en tous cas j'erre, je chien
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sol bécarre sur horizon de pluie
« Réponse #9 le: 08 Mai 2021 à 03:32:11 »

sol bécarre sur horizon de pluie
#maelstrom mémoriel #nostalgie #de chien #récit

vasy cherche
gratte
reniffle

cette odeur de sang, de chair, de poisse en sueur, de peur en punaise d'une conscience à l'aise d'une mort certaine ; tu chasses, tu traques, tu grognes après la vie, et elle te fait créer cette mort, qui t'effraye... auras-tu toujours faim lorsque tu auras terminé cet apitoyant massacre ?

Bertrand n'est pas chasseur, et Victoria n'aime pas les dessins animés sans fusil ; il n'y a que de l'humain à tuer sur la télévision de la vingtième année du millénaire ; alors le pauvre papa me laisse regarder comme il faut user de la mort pour rigoler et pas avec les animaux
moi pendant ce temps j'ai un vieil instinct de mordre, mais le chocolat m'a rendu les dents bleues, je suis connecté à Bertrand qui n'aime pas la chasse, et pourtant, lui, il se souvient des documentaires animaliers, des poursuites palpitantes, pourquoi ? pourquoi faire ? parce qu'à un moment donné on mangeait ainsi, jusqu'à ce qu'ils n'aient plus faim à force d'appétit ; ouais
y'a que le boucher qui est le plus à-même d'avoir des sentiments pour la viande, entre supermarchés inconscients
y'a que le chat végétarien qui n'a jamais senti la faiblesse de la famine, chez la mégère pas si solitaire...
bref, moi, je cherche

je cherche une baballe
un bâton
et Bertrand est aussi lassé que moi, mais nous jouons le jeu

révolue est l'époque de la douleur dans le ventre, celle de ne pas voir demain ; c'était ça la vie, me souviens-je depuis cette autre vie, de punk et au crépuscule de ma réflexion nostalgique ; des ancêtres qui ne pleuraient pas leur petit plaisir quotidien dû par la stabilité quiète du système, j'en ai eu ; ceux qui avaient, parfois une rage de dent parfois l'estomac dans les talons, parfois la queue entre les jambes et le poil pas peigné, mes ancêtres ; non, moi j'ai beau être chez Bertrand le juste et mesuré, je suis qmm au service de son costume cravate ; j'ai une brosse pour moi, je ne sais pas m'en servir et c'est presque mieux ainsi ; il a pas osé me mettre une capuche, mais Hélène a surement eu l'idée pour moi... et puis bin c'est ma vie de chien, mais j'suis un peu étrangement impliqué, car me reviennent également en mémoire ces coins de feu, donc, oui, ces saucisses tirées du mauvais de l'industrie, ce qu'on se permet quand on veut fuire celle-ci ; y'avait pas de maitre ni de loi, mais j'étais un chien de punk tout de même ; il n'y avait que l'inommable pour nous qualifier ; alors qu'aujourd'hui je me suis rangé
le vieux du moi-même, ce conservateur atemporel intérieur, aura eu le loisir de calmer ma jeunesse décadente

une baballe lancée, rebondie, qui sent ma propre bave collée à la sueur enfantine de Victoria ; les empreintes de dents cachent celles de doigts ; tout est mordillé dans le parc

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barbare-bichon
« Réponse #10 le: 01 Juin 2021 à 12:27:01 »
tout part d'un titre ou tout arrive à un titre ?
c'est presque trop pas non que un peu de quoi oui
mais je sais pas après...

barbare-bichon
#iench #continuité alternative #neuron #synaps

"Hel iench de iench, remue mes nages que je me noie à contre-collier...
c't aime mon pote, le l'autre du iench de l'autre, et puis il était trop le teigneux des autres, alors nous on le waf, pis c'est autre chose que se dire qu'il battait des queues pour l'hydre et non pour l'épée de thésée, mais en fait, il a anesthésié, tout-à-fait, et puis lui moi l'autre, on le taisait, toutou d'affect, le bibiche, avec ses yeux de faons, de paons il affiche un plumage tout de pelage, et à son âge... le iench de bichel vaillant, le fameux pilote, oui c'est pas lui, c'est un autre, le iench de ch'bon-quan'ch'chaud, les nonos, on en avait dans le lard du gras de la petite teignerie du collègue, et puis...

on soulevait des mottes, de l'autre bout du monde, on déterrait des cadavres, de bière ou de ver-de-terre, de fleurs éternelles on les immolait en éternuant, passivement, comme on niffla l'affligeant fôlatre que, fantaisie, il finissait de fignoler à la finance d'un filament de firmament, le teigneux feint eut failli, défaillir ; et enfin...

il sirote, aujourd'hui l'autre goût de la mort, il a avalé un os de trop le hargnerage, il avait les dents, les crocs, et maintenant...

ce sont les vers qui le mangent, on ne saurait plus trop où, puisque c'est dans des planches, peut-être ou pas, lui, le barbu ronchon, imbu, grincheux, qui se gâcha le gras à gromeller jusqu'à trépas, et un moi, un autre...
cet être

DQ

un nouveau cas nie-idées..."
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frizbi
« Réponse #11 le: 26 Juillet 2021 à 20:39:15 »
frizbi
#il était un fois #chocolat #ienchedech #waf
très court
en mode survie
apnée


un chien vert, imagine...
et le pauvre plume, il saute par la fenêtre pour attraper le frisbee, on ne le revoit jamais plus ; le même qui déjà rouleboulait comme une quille dans un jeu de boules, inconcevable est la suite pour un dogue, qui rentre dans la morgue naturelle qu'est la planète humaine, et puis on lui dit renifle, renarde ton flair comme s'il allait de pair à une intuition non événementielle, relative à l'information non je sonde, le iench de je...
écrabouillé, c'est le terme
et à la télévision de ma vie, j'entends cette humain. Qui répond à sa mère, à son père, ses neuveux, ses tantes, bref, tout le monde est un truc de bipède, moi à l'heure, je suis vieux et rabougri du touffu, je fonds, je larmoies, je suffoque à moitié, et puis ? bin on aurait des vibration auditives partagées
- mais maman j'te jure, y'a un cadavre de pigeon mort !
le silence est au bout de la laisse
je l'octroie mien à la renifle
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  • Calame Supersonique
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Re : L'envol du chien
« Réponse #12 le: 26 Juillet 2021 à 22:23:55 »
Hello Do quote, souvent j'ai du mal à lire tes poèmes et les comprendre ou apprécier, mais là ton texte qui n'est pas si court sur pattes j'ai vraiment bien aimé. Bon je n'ai lu que la première partie, la suite il faudra que j'y revienne.
Ce que j'ai aimé c'est ton style d'écriture que je trouve très original, il ne me viendrai pas de raconter de cette manière,  j'ai parfois l'impression que c'est un extra terrestre qui parle. Pour dire, c'est pas commun, et c'est une qualité.  Merci pour ce partage.

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  • Grand Encrier Cosmique
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Re : L'envol du chien
« Réponse #13 le: 27 Juillet 2021 à 08:57:21 »
Bonjour Dot quote,

J'ai lu le texte Frizbi,

Et j'y ai reconnu ta patte! Toujours singulière et talentueuse à faire un pied de truffe à la vie.
Les larmes sans pleurs sont une lanterne.

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Re : L'envol du chien
« Réponse #14 le: 02 Août 2021 à 10:25:39 »
eh un merci à vous pour votre participation
au plaisir d'un peut-être
:)
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