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02 Juin 2026 à 22:43:24
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » 🚽 L'envol du chien

Auteur Sujet: 🚽 L'envol du chien  (Lu 5719 fois)

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🚽 - Qui dépendons d'eux
« Réponse #15 le: 16 Février 2025 à 15:52:30 »
Qui dépendons d'eux

Sortir de certaines prisons ne rend pas le sentiment de liberté.



Parfois, Petite Fille "Victoria" sentait un peu la mort.
Le lendemain, elle toussait, et Maman "Hélène" venait à son chevet pour lui faire goûter le thermomètre. Elle n'avait pas l'air d'apprécier. Il y avait une odeur d'herbes bouillies servies dans une grande tasse avec du miel. Des gouttes tombaient sur la couette supplémentaire, mais elles ne restaient pas, car rapidement celle-ci retournait dans le tourbillon des fourrures propres, celui aux odeurs de fleurs mortes. Rapidement, oui, quelques jours au maximum. Ces jours-là, Petite Fille restait à la maison, plutôt que de partir je-ne-sais-où avec son sac-à-dos aux odeurs de mille humains. À un moment donné, elle sortait tout-de-même, souvent c'était avec Maman, cela ne prenait pas toute la journée. Quand elle revenait, il y avait cette odeur d'un humain unique imprégnée sur elle. Et puis quelques jours plus tard, Petite Fille ne sentait plus la mort, et elle disparaissait à nouveau pour toute les journées ou presque. Le signe de l'imminence de son nouveau départ, c'était lorsqu'en plus de retrouver son odeur normale, elle sortait avec moi jouer dans le jardin et au-delà des champs, à nouveau pleine de vie.
Cela arrivait aussi à Petite Fille "Célia" de sentir la mort, de ne pas partir avec son cartable, d'aller chez l'humain inconnu à l'odeur spécifique, et puis enfin de reprendre le cours habituel de la vie. Cet humain inconnu, son odeur me faisait peur, car elle ressemblait dans certains de ses composants, à celle que dégageait celui qui m'avait mis cette collerette lorsque je m'étais ouvert une patte. Celui qui m'avait fait des piqûres. Celui que je voyais également lorsque j'étais malade.
Il m'a semblé après mures réflexions, que lorsque Petite Fille sentait la mort, c'est qu'elle était malade. Je me suis demandé si moi aussi je sentais la mort, mais je n'ai jamais été très bon renifleur pour ce qui est de ma propre odeur.
Maman "Hélène" et Papa "Bertrand", eux aussi parfois, sentaient la mort et revenaient avec, sur eux, l'odeur particulière de leur humain-maladie.
Il y a eu une fois où à son retour, Papa sentait la colère. Ce jour-là, ça a été le début de quelque chose qui a résonné en moi de manière tumultueuse. Car à partir de ce jour, lorsqu'il rentrait un peu avant que le soleil ne se couche, il ne se posait plus sur la table de la cuisine pour manger le délice marron. Ce souvenir que j'avais du jour de notre rencontre, où il m'en avait fait goûter un, je ne l'ai jamais oublié. Ce morceau de je-ne-sais-quoi, si délicieux à manger, je n'en ai jamais goûté à nouveau, alors que durant des années, Papa "Bertrand" en mangeait de nombreux morceaux à son retour du soir, assis à la table de la cuisine et sous mon regard envieux.
Bizarrement, c'est aussi ce jour-là que j'ai beaucoup entendu mon prénom en dehors des interactions que les humains me réservaient. "Chocolat" semblait sortir de leurs bouches sans cesse, et souvent accompagnés de signaux de colère. Des gestes brusques, des voix énervées… Je me demandais ce que j'avais fait pour susciter ces comportements.
Papa "Bertrand" a commencé à perdre du poids et à ressembler de plus en plus à ce qu'il était il y a quelques années. Et moi, je me demandais tous les soirs pourquoi il avait arrêté de manger le délice marron qui m'avait été interdit. Ce délice marron qui avait tant évoqué de plaisir en moi, et que je ne pouvais oublier. À mesure que le temps passait sans ce délice, Papa a retrouvé le sourire. Un mélange de compréhension s'ajoutait à ma jalousie : le délice marron m'avait tant manqué, autant qu'il semblait lui manquer. Je ne savais pas si j’aurais voulu ne jamais y goûter, ou si cette unique fois sublime, méritait d’en être privé ensuite. Et puis je m'étais résigné, et Papa semblait sur la même route d'acceptation. Cela me faisait plaisir qu'il perde du poids, car il nous est arrivé un peu plus de nous amuser dans le jardin, avec ou sans Petite Fille "Victoria" ou "Célia".
Peu de temps après, nous avons déménagé.
C'était le même endroit que j'avais arpenté étant petit ; mais pas dehors. J'ai très vite commencé à me sentir triste. Avec mon premier maître, nous étions dehors sans cesse, et malgré les coups et les cris, je ne mesurais pas la chance que j'avais à ainsi ne pas être enfermé. À la maison auprès de Maman "Hélène", Papa "Bertrand" et Petites Fille "Victoria" et "Célia", je trouvais cela agréable d'avoir des murs autour de moi, un panier confortable. J'avais alors appris à craindre la pluie. Et gambader dans le jardin et au-delà des champs était autrement plus vivifiant que dans les rues de la ville.
Et puis là, nous étions retournés à la ville. Mais pire que les odeurs sales des rues, j'étais dorénavant enfermé entre des murs. Comme à la maison, mais sans pouvoir sortir dans le jardin lorsque je voulais.
À partir de ce moment-là, je ne sortais qu'en compagnie d'un humain de la famille, qui m'attachait à une laisse. Au début, je ne savais pas trop si je m'en réjouissais ou si cela me rendait anxieux. Les rues sales ne me laissaient pas le loisir de jouer comme dans le jardin de la maison. La laisse non plus. Et pourtant c'était moins pire que de rester dans l'appartement.
Toujours au début, je tirais la laisse lorsque quelque chose me rendait curieux. Et puis à force de comparer la rue aux champs, à force de sentir ma liberté se bloquer à mon cou dès que cela se produisait, je me suis calmé. Morose je suis devenu de plus en plus. Aigri. Je faisais semblant de suivre les mille pistes embrouillées et sales de la rue et qui ne menaient nulle part ; ou que mon collier m’empêchait de poursuivre. Je faisais pipi là où je sentais que les autres faisaient pipi. Je faisais caca et ne prêtais pas attention au fait que ma crotte soit empoignée dans un sachet et jetée dans ces boîtes aux mille odeurs de mort.
Papa, Maman et Petites Filles, semblaient également plus moroses que dans le jardin, lorsque nous nous promenions dans les rues. Lorsqu'il pleuvait, encore plus. De nombreux soupirs accompagnaient leurs respirations. J'entendais mon prénom autour de phrases courtes, plates et grises, sans entrain. Et je m'efforçais d'oublier leurs éclats joyeux de rire dans le jardin afin de ne pas me rendre plus triste encore. Lorsqu'ils me lançaient un jouet dans le parc, ce n'était pas avec la même complicité que lorsque nous vivions à la maison, même si j’étais joyeux de retrouver d’autres chiens avec qui gambader.
Peu de temps après, Papa "Bertrand" est revenu un soir comme à l'accoutumée, mais il semblait encore plus morose. J'ai fait des liens intuitifs dans ma tête à propos de son humeur. Je me résumai : 1) Il avait été en colère un jour à l'odeur de l'humain maladie 2) Ce jour-là, il avait arrêté de manger du délice marron 3) Son humeur s'était améliorée avec le temps 4) Nous avions déménagé 5) Son humeur avait commencé à redescendre 6) Il mangeait aujourd'hui du délice marron, et semblait en éprouver une satisfaction comme celle dont je me remémorais, au souvenir du goût si savoureux de cette chose.
Je l'ai entendu prononcer "Chocolat" avec tant d'émotion.
Ce jour-là, il en a mangé énormément. Bien plus que les jours d'auparavant. Et il a recommencé quelques jours plus tard pendant lesquels je l'avais senti colérique. Sur le coup, il semblait à nouveau heureux, et j'enviais cette joie, affamé et gourmand.
Et puis Papa "Bertrand" a repris du poids, et la joie du délice marron dont son quotidien avait retrouvé la régularité, est entrée en contraste avec d'autres états plus difficiles. Il semblait souffrir, se plaindre, traîner ça et là. C'est à ce moment que j'ai réinterprété des souvenirs de ma première vie dans la rue avec mes anciens maîtres. Les boissons à l'odeur écœurante, les bâtons de feu qui sentent les plantes en mourant, les poudres blanches à renifler ; je crois que pour mes anciens maîtres, c'était un peu comme le délice marron pour Papa "Bertrand". Sur le coup, cela les met dans un état qui a l'air de les sauver. Et ils recommencent. Mes anciens maîtres recommençaient tout le temps. C'est uniquement parce que Papa s'est arrêté un long moment, que j'ai pu soupçonner ce qui suit : sans ces choses-là, ils n'ont plus ces bons moments associés à elles, mais ils semblent se porter mieux au quotidien ; alors qu'avec, ils semblent bien au moment où ils consomment la chose, mais le restant du temps ils sont moins bien que lorsque cela fait longtemps qu'il n'en consomment plus.
Afin de confirmer ma supposition, j'ai tenté de chercher d’autres exemples de ce phénomène. Chez Maman "Hélène" et Petites Filles "Victoria" et "Célia", je n'ai rien trouvé de la sorte. Je me suis alors posé la question à propos de moi-même, en commençant par imaginer ce qui aurait pu m'arriver si Papa ne m'avait pas interdit le délice marron. Aurais-je, comme lui, tant été émoustillé à chaque carré, que le restant de mon quotidien serait devenu gris et morose, à l’opposé mais avec autant d’intensité ? Aurais-je pris du poids comme lui ? À ce point de la réflexion, j'ai réalisé que j'avais pris du poids malgré tout, et surtout depuis que nous étions retournés en ville. Dans l'appartement je ne bougeais plus aussi fréquemment que dans la maison, et la fatigue que je ressentais de plus en plus m'enjoignait insidieusement à encore moins bouger. Parallèlement, je me suis demandé s'il y avait un lien entre ce que l'on aime et ce qui nous fait du mal. Une tromperie de l'esprit qui ferait des choses qui nous font plaisir, la cause d'un mal-être leur étant relié, plus profond, et indiscernable sous l’aveuglement du plaisir. Je me disais que Papa et son délice marron, c'était comme pour moi, à la différence que moi, il me l'avait interdit et que je ne pouvais rien contre ça. Apeuré par cette hypothèse, j'ai d'autant plus cherché ce qui me faisait le plus plaisir afin de chercher si cela était dangereux pour moi.
J'ai creusé le passé dans ma mémoire afin de trouver ceci. Car je me sentais probablement comme Papa et le délice marron, comme mes anciens maîtres et leurs produits bizarres. Potentiellement soumis à une dépendance à quelque chose.
Il m'a semblé que mon instinct me soufflait une piste, une idée. Celle-ci, c'était lié non pas à un plaisir absolu, mais plutôt à une ambivalence avec un déplaisir. L'idée du dehors et du dedans. Je me sentais enfermé dans la situation actuelle, que ce soit dans l'appartement, ou au bout de la laisse. Plus enfermé qu'à l'époque de la maison. La maison semblait rassurante les jours de pluie, et je pouvais sortir m'ébrouer et courir lorsque je le voulais. Durant ma première vie, je n'étais jamais enfermé. La première période était extrême, comme la troisième que je vivais actuellement : pas assez de murs pour la première, ou trop pour l’autre. Vulnérable dehors, parfois, contre trop rarement libre à l'intérieur, souvent. Entre les deux, la maison de campagne.
J'ai alors cherché comment retrouver le bon environnement pour mon équilibre, et c'est là que j'ai trouvé le responsable. Mais pire, j'ai aussi reconnu ce que je cherchais : la nature de ma trompeuse dépendance.
Papa "Bertrand", Maman "Hélène", Petites Filles "Victoria" et "Célia", m'avaient apportés les plus grandes joies de mon existence. Même mes anciens maîtres, qui étaient bien moins agréables que ma nouvelle famille, étaient à l'origine de mes plaisirs les plus sincères. Manger des bonnes choses, jouer avec eux, leurs caresses, tout cela était si merveilleux, que même les coups, les interdictions, les blocages de laisse, ne faisaient aucun poids susceptible d'abattre mon humeur positive lorsque des humains me prodiguaient ces plaisirs. Ils étaient les maîtres de mon bonheur.
À l'époque, il m'avait fallu du temps pour comprendre que mes anciens maîtres que j'aimais, étaient ceux qui me faisaient du mal. J'avais fui mais n'avais pas compris encore la mesure de ma dépendance aux humains comme cela m’apparaissait sous la présente réflexion. Oui, en retrouver de meilleurs m'avait redonné espoir et joie, sans que je me doute de la réalité qui aujourd'hui, me vidait de tout enthousiasme. Un mieux illusoire cachant un mal dissimulé.
Courir avec eux, aller chercher leur balle. Manger les friandises presque aussi bonnes que le délice marron. Apprécier leur caresse. Était-ce le bon côté du fait que le restant du temps, le mauvais côté était de demeurer entre des murs, me sentant morose ? Ce sont des êtres humains, et non des choses à manger, à boire, à fumer ou à renifler. Mais pourtant je ne pouvais m'empêcher de me demander à quoi ressemblerait mon existence, sans eux.
Et cela me fut difficile à envisager. S’ils n’avaient pas été là ? Ou si je tentais de partir ? Comment ferais-je seulement ? Sortir, descendre l'escalier, me retrouver dans la rue et marcher jusqu'en dehors de la ville ? Où trouverais-je des croquettes ? Comment ferais-je les jours de pluie ? Qui trouverais-je d'autre qu'un humain pour me caresser le dos ?
Je pris peur.
La dépendance à l'humain qui semblait me ceindre était encore plus terrifiante que leur dépendance au délice marron, aux boissons pourries, aux bâtons de feu qui meurent avec des odeurs d'herbes, aux poudres à renifler.
Je me rappelai l'odeur de colère et de celle de l'humain-maladie embaumant Papa "Bertrand" le jour où il avait arrêté le délice marron. Et je me comparai avec effroi.
Et puis, le cauchemar éveillé continuant, je me rappelais les autres chiens que je croise en promenade. Nous tous au bout de nos laisses. Heureux de nous croiser dans les rues ; encore plus de jouer ensemble au parc. Mais tous dépendants de nos si chers maîtres.
Même sans laisse à la maison ou dans la rue, je leur ai toujours été redevable de tout le contexte de ma vie. Lorsque je me nommais Scrot et qu'il me fallait ne pas m'éloigner. Lorsque je me nommais Chocolat et qu'il me fallait ne pas m'éloigner. Toujours revenir auprès de ceux qui donnent à manger et une caresse. Et maintenant encore pire, enfermé avec eux.
Pourquoi nous font-ils ça, à nous les chiens ? me suis-je indigné. Et puis : se rendent-ils également indispensables auprès d'autres êtres vivants ?
J'ai tellement toujours été habitué à l'idée que cela est normal, qu'il m'a fallu cet escalier existentiel descendant, gradant ma réclusion progressive, pour l'envisager sous cet angle triste de la dépendance. La prochaine fois en promenade, je questionnerai du regard et du nez, les autres chiens. Pour mieux comprendre ce qu'il en est. Ceux au bout d'une laisse souffrent-ils de cette réclusion en appartement, comme moi ? Ceux qui restent aux pieds des humains sans murs auraient-ils parfois l'idée impensable de s'en aller ? Reverrai-je d'autres chiens de maison de campagne pour me demander s'ils sont heureux ?
Ce soir il pleut, et personne de la famille ne m'a sorti. Une complainte sort de mes cordes vocales, puis s'éteint. Je n'ai pas envie de croquettes, je n'ai pas envie de caresses. Je n'ai pas envie de sortir non plus. À la télévision, les images humaines défilent devant moi sans plaisir. Je n'ai envie de rien. Mon esprit triste essaye de chercher ce qui me redonnerait de la joie, mais c'est un automatisme que je remets en question, méfiant à son égard. Car à la lueur nouvelle de ce que m'ont apportées mes joies passées, je ne vois plus que la souffrance, éclairée par l'idée que tout ceci m'est imposé, et que je n'ai pas le choix ni de pouvoir m'en libérer, ni de pouvoir décider de quoi que ce soit. La joie trompeuse, je ne veux plus y croire. Je n'ai envie de rien, et pourtant je demeure là à souffrir en son nom.
Le gouffre de ma désillusion à propos de ma dépendance à l'humain est douloureux. Entre le défaitisme face à une émancipation qui me semble inaccessible, et le besoin de retrouver un état d'humeur qui me convienne, alors que celui-ci m'est maintenant incompatible avec les humains ; je ne vois qu'une impasse.
Ce soir, Papa "Bertrand", Maman "Hélène", Petite Fille "Célia" et Petite Fille "Victoria" sentent la mort, mais pas encore l'humain-maladie.
Peut-être que moi aussi.
Je sens que la prochaine fois au parc, je ne serai pas d'humeur à jouer avec les autres. Je tenterai de voir dans leurs comportements, si ces idées sont dans leur tête et comment ils peuvent continuer à jouer avec, si c'est le cas. Afin de retrouver du plaisir avec eux. Mais je n'y crois pas beaucoup, je n'ai jamais vu de chien au parc qui ne joue pas ; y compris durant la période que nous nécessiterions pour surmonter ces idées, ou du moins durant celle qu'il me faudrait à moi pour ce faire, si tant est que cela me soit possible, ce dont je doute également.
« Modifié: 16 Février 2025 à 15:57:06 par Dot Quote »
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Hors ligne marécage désolé

  • Aède
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Re : 🚽 L'envol du chien
« Réponse #16 le: 17 Février 2025 à 12:38:45 »
bonjour dot quot,

quelles sont vos sources d'inspiration,

avez-vous des auteurs préférés ?
"En vert et contre tout."

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Re : 🚽 L'envol du chien
« Réponse #17 le: 17 Février 2025 à 16:57:26 »
bonjour marécage désolé,
de manière générale je m'inspire de ce qui se passe dans ma tête, mais artistiquement pour le présent texte j'dois avouer que l'appellation "Petite Fille" m'est apparue sous les doigts en clignotant dans ma tête avec Robin Williams aux commandes, dans L'homme bicentenaire, il me semble que c'est le seul élément consciemment gardé depuis une inspiration artistique extérieure
j'suppose que mon output découle de mon input, même si je tente de ne pas trop m'y inspirer, et puis j'ai arrêté globalement de lire quand je me suis mis à écrire, mis à part un peu ici sur le fo, et à peine un livre par an sinon… des auteurs préférés je sais pas, j'suis ni ne fus un grogros lecteur, quelques unes de mes lectures figurent à la suite de ce message, et bien que la liste ne soit pas exhaustive, on est pas pire loin d'un bouquet significatif
merci pour l'intérêt porté, au plaisir

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* Édit : j'viens de retomber sur la bande annonce de 'Les Triplettes de Belleville' que j'ai enfin eu l'occasion de visionner l'autre jour grâce à la médiathèque, en ce qui concerne une autre inspiration pour ce texte, un peu inconsciente, j'crois que mon Chocolat de cet épisode est un peu imaginé comme Bruno... Et puisque je ne savais pas à qui ou comment recommander ce dessin animé qui m'a bcp ému et fasciné, je profite de là pour ce faire...
« Modifié: 17 Février 2025 à 20:52:35 par Dot Quote »
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🚽 caniss regaliss
« Réponse #18 le: 22 Février 2025 à 16:52:05 »
brosses à dents, brosses à chien, brosses à chiottes… t'façon j'suis grillé non ? j'suis déjà un animal aux yeux de ceux qui m'ont lu ici et là… alors pour en rire plutôt qu'en vomir huhu ! fantaisie mi sérieuse, mais qmm avec un brin de logique dans le délire ! les requins exploitent les labres nettoyeurs, chaque espèce dépend de sa technique, j'avoue que j'suis pas fan de celle de la mienne, mais bon, j'tente de moins grommeler à ce propos, la misanthropie étant un mal bien trop chronique et douloureux lorsque je suis un humain, je me soigne comme je peux...



caniss regaliss



Je regarde Chocolat terminer sa friandise.
Il y va scrupuleusement. Sa langue se tortille dans tous les sens. Elle s'étire, élastique et longue, elle vient mollement mais fermement, se plier et se déplier dans chaque recoin de sa gueule. Elle masse les gencives, s'insinue entre les dents, passe et repasse partout, je l'imagine détecter et collecter la moindre particule de friandise restante, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Quel gourmand. Moi quand je passe ma langue dans ma bouche, ce n'est ni pour brosser, j'ai une vraie brosse, ni non plus pour finir correctement mon assiette ; non, c'est juste lorsque j'ai besoin de me confirmer ce désagrément à avoir la bouche encrassée, ou au contraire de me confirmer agréablement que la brosse a bien fait son travail.
Ma flemme gouverne depuis le canapé, c'est la télévision qui m'a rappelé que Chocolat méritait sa friandise. Entre deux épisodes, une publicité m'a vanté les bienfaits cliniquement prouvés de ces friandises qui respectent la dentition des chiens. Et je me sens moins bien traité que Chocolat.
Je me dis que les humains ne font les choses qu'à moitié. La télé insiste sur le fait que la nature de la nourriture influe énormément sur la santé dentaire des chiens. Évidemment. Comme si on l’avait oublié, à moitié, en ce qui concerne les humains. C’est plus rare de croiser des aliments vendus comme sains pour la dentition, puisqu’on a des pubs pour les brosses et dentifrices. Et j'suis sûr que les scientifiques cachés derrière tout ça y présentent comme le graal de la médecine. Ils ne font que redécouvrir la nature que l'humain a oubliée à moitié pour lui-même depuis bien trop longtemps. Et pourtant, ce n’est pas si loin, historiquement, que la brosse à dents fut inventée, d'un point de vue anthropologique. On s'y est tous faits, on mettrait tous notre main à couper, que c'est parfaitement sain, que c’est une innovation qui prouve notre supériorité. Mais comme on n'a pas encore tous passé le cap d'accepter de brosser les dents de nos chiens, ce qui arrivera peut-être un jour, en attendant on préfère leur faire manger des trucs qui n'empirent pas trop leur situation. Pendant que pour nous, on s’en tamponne. Oui, pour nous on n’y réfute pas, mais on fait pas grand-chose dans ce sens pour autant.
Ils avaient essayé pour les humains, quand j'étais gamin. Aux les gamins, les dentistes conseillaient de ne pas abuser des sucreries pour éviter les caries. Même pas la moitié des choses. Ils se prenaient très au sérieux d'ailleurs, et tout le monde suivait, à moitié bien sûr. Même pas le quart de la moitié de rien du tout. Je n'ai pas idée, et encore moins la capacité morphologique, de me servir de ma langue comme Chocolat, maintenant qu'on m'a éduqué à me servir d'une brosse à dents et à trouver supérieure cette dépendance à un outil utile. Si un jour on arrête l'industrie d'usinage de biens matériels, que ce soit par choix ou par apocalypse civile, je suppose qu'il me faudra me bricoler mes brosses à dents tout seul.
Je me souviens des bâtons de réglisse. Pas les bonbons en pâte noire propices aux caries, non. Le vrai bois de réglisse. Ça se vendait en pharmacie. Alors, certes, quand tu le mâchonnes, ça rend les dents jaunes parce que le bois est jaune. Y’a pas de fluor pour l’émail. Mais par contre, je me souviens de cette sensation. Les fibres du bâton, à mesure que je le mâchonnais, faisaient comme une brosse, un peu comme un pinceau, et plus je consommais ceci comme une friandise, plus je trouvais mes dents lisses, nettoyées, pas forcément aussi bien fluorées qu'avec du dentifrice, mais propres, d'une certaine manière, et avec ce si bon goût de réglisse. Jaunes, c'est vrai…
La publicité est venue me rappeler la brillance de la science aliénée : allier nourriture et soin ! Waw, quelle innovation, ils ont inventé l'eau chaude dis donc ! Je me dis, waw, et en plus ils mettent ça au service de nos compagnons à quatre pattes, quel altruisme naturiste ! Y'en aurait-il un pour tenter de proposer l'idée pour les humains ? Bah oui, visiblement, ils ont un peu essayé quand j'étais môme, attention il faut limiter les sucreries pour éviter les caries… Ils se prennent au sérieux. Mais l'est-ce vraiment dans le plein potentiel du truc ?
Au goûter, lorsque je prends une pomme, il y a du sucre c'est probablement vrai et peut-être un peu dangereux, faudrait que je sois chimiste diplômé pour savoir, ou alors un peu mieux éduqué de la ‘science’ ancestrale de l’herboristerie. Mais ce goûter-là me rapproche du chien, à la fin je passe ma langue partout, et j'ai pas l'impression de laisser les lieux dans un état déplorable, ce qui est peut-être une illusion, je le concède par toute mon ignorance. Mais l'illusion serait quand-même très forte, car c'est pas du tout le même impression si mon goûter se constitue d'un ou deux petits beurres. Il serait normal de penser que des petits beurres, même plus que un ou deux, c'est pas dangereux, c'est diététique, et pas pire pour le risque de caries… Mais franchement, à la fin du goûter, si je passe ma langue dans ma bouche, les petits beurres ne laissent pas la même propreté qu'une pomme. Et ça le dentiste, il va pas me raconter que c'est dangereux. Alors que personnellement, c’est peut-être moi le fou, mais je trouve que c'est pas du tout la même sensation de confort. Un petit beurre innocent. Qu’aucun dentiste n’irait soupçonner, surtout s’il reçoit des pots-de-vins de la part des commerçants de brosses à dents. Tu distingues la différence toi, entre passer sa langue après une pomme ou après un petit beurre ? Moi j’trouve ça radicalement différent.
Bon, c'est sûr, déjà qu'on a du mal avec le concept de "malbouffe" sur le plan diététique, grâce aux solutions annexes genre le sport pour rattraper les kilos etc. Alors si on devait vraiment réfléchir à ce même concept sur le plan de la santé dentaire, tout en prenant en compte le fait que la brosse à dents puisse être ce genre de solutions palliatives et non une normalité saine, j'crois que l'humain serait tout bonnement incapable de lâcher sa si savoureuse gastronomie. Bin ouais, si rien qu'un petit beurre m’apparaît déjà comme un danger que seule la brosse à dents peut contrer, alors imagine ce qu'il faudrait lister comme nourritures à risque, sous cet angle !
Ils préfèrent une sauce insoupçonnable dans leur salade fine et légère, avec leur coca light et une séance de fit optionnelle offerte, tout comme ils préfèrent un petit beurre et pourquoi pas un carré de chocolat pour aller avec leur pâte dentifrice au fluor naturel, ajoutée sur leur "brosse autorotative qui va chercher la crasse là où les brosses classiques ne vont pas" ; ok. Moi aussi, quelque part, ma langue n'est pas aussi habile que celle de Chocolat. Il a de la chance que neuf dentistes canins sur dix recommandent ces friandises à la recette brevetée. Mais ça ne durera peut-être pas éternellement. Les salons de toilettage se font de plus en plus experts, les vétérinaires commercialisent des manteaux pour quand ils sortent du coiffeur, bientôt ça ne posera pas de problème de brosser les dents de nos toutous ou de leur apprendre à le faire tous seuls par eux-mêmes ; si ça se trouve ça existe déjà à mon insu.
J'pourrais pas, moi, ne manger que des pommes au goûter pour ne pas avoir à brosser du petit beurre avec du dentifrice. Surtout que je n'aurais pas ni le réflexe ni la force musculaire de me nettoyer les dents avec la langue. Les chats, ils ont encore un peu cet instinct non ? En tous cas ils se lèchent partout, j'les trouve autonomes vis-à-vis de tout outil d'hygiène et je les envie. Sauf à la limite, ceux de race qui coûtent un bras et ont une fourrure désormais dépendante de la brosse humaine, pour, c’est vrai, de plus beaux résultats esthétiques que n’importe laquelle d’un chat sauvage autonome. Mais c'est pas pour autant qu'il faudrait que je houspille à propos des mille et unes innovations humaines en la matière. Par contre c'est vrai que je m'inquiète à la fois de mon aliénation par rapport à la nature, et donc de ma dépendance à l'outil, et par incidence, du fait que si un jour leur monde industriel s'effondre, ça risque de mettre au rabais nos conditions de propreté. T'en connais encore toi, des artisans fabricants de brosses à dents ? Réfléchis-y un peu, avant de fermer les usines de grande distribution, à ça et aux mille autres trucs que tu trouves dans des boutiques spécialisées pour rester propre et en santé. Si tout ça pète un jour, ce sera pas seulement les débilités matérielles qui disparaîtront, pas seulement non plus les trucs qui certes enrichissent les requins.
J'en ai vu, des petites tentatives... Faire des brosses à dents sans plastiques, ça a l'air prometteur, c'est ce genre de bons compromis cools pour un avenir pas trop dégueu, vu le point de dépendance où on en est. Pis si l'absurdité de notre hypocrisie fait qu'on pourra continuer à manger du petit beurre mais qu'on fera un maximum pour pas trop avoir à aller brosser les dents des chiens, c'est pas mal non plus.
Il supporterait pas longtemps du petit beurre, Chocolat, je crois. Ou pas ? Peut-être que, comme les humains, il ne verrait pas le glissement d'usage entre un coup de langue gourmand pour tout faire disparaître un truc pas trop collant, et un coup de langue dépassé par les événements et qui ne sert plus qu'à se rendre compte qu'il faut un coup de brosse ? Peut-être qu'il trouverait des ressources comme un bâton de réglisse en tant que brosse naturelle, savoureuse, certes ni médicale, ni aussi optimale pour le besoin en fluor de l'émail…
Comment faisaient mes lointains ancêtres d'avant le petit beurre ? Ils mâchouillaient le réglisse et la menthe ? Olala c'est bien compliqué, non, le réglisse c'est dans la pâte à bonbons, les feuilles de menthe ça ne s'utilise pas telles quelles voyons, c'est uniquement pour préparer les sachets de thé et à cuisiner selon la recette breveté du dentifrice ! Mâchouiller une vraie feuille de menthe pour le fluor ? Ça ne se fait pas voyons, c'est complètement barbare, respectons un peu la dignité et l'évolution de l'humanité ! Et puis le bâton de réglisse ça rend les dents jaunes, de toutes façons !
Chocolat a posé sa gueule sur le canapé, me regardant d'un air satisfait de sa friandise, mais avec un peu de tristesse dans le regard, que tout ceci soit complètement fini dans ses papilles. Aurait-il préféré d'irréductibles morceaux de petit beurre qu'on a jamais fini de nettoyer ?
Si j’avais un lapin, j’en aurais bien, des questions à lui poser...
« Modifié: 01 Mars 2025 à 11:42:44 par Dot Quote »
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Re : 🚽 L'envol du chien
« Réponse #19 le: 25 Février 2025 à 16:26:33 »
Yo Dot,

Un texte avec de la ponctuation, je trouve que ça te ressemble pas !  :D

Citer
Mais comme on n'a pas encore tous passé le cap d'accepter de brosser les dents de nos chiens, ce qui arrivera ptetr un jour, en attendant on préfère leur faire manger des trucs qui n'empirent pas trop le truc, et pour nous on s’en tamponne.
Le ptetr dénote un peu avec le reste qui n'est pas phonétique.

J'ai un doute : est-ce qu'on écrit pas "brosse à dents" ?

Citer
Je me souviens des bâtons de réglisse.
Moi aussi ! J'adorais ça.

Citer
Pas les bonbons en pâte noire propice aux caries, non.
propices

Citer
Mais l'illusion serait qmm très forte, car c'est pas du tout le même impression si mon goûter se constitue d'un ou deux petits beurres.
quand même

Citer
Mais c'est pas pour autant qu'il faudrait que j'houspille à propos des mille et unes innovations humaines en la matière.
J'ai un doute sur "houspiller"... est-ce qu'on dit "je houspille" ou j'houspille?  :\?

Mais ouais, comme faisait-on avant? Je crois qu'avant on se lavait les dents à la cendres, avec un torchon. Est-ce que c'était nickel, j'en sais rien. Pourquoi on serait les seuls animaux à avoir à se brosser les dents, d'abord? Peut-être effectivement parce qu'on mange plein de conneries industrielles, maintenant.

Merci pour cette réflexion, Dot ! :)
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Re : 🚽 L'envol du chien
« Réponse #20 le: 01 Mars 2025 à 11:42:14 »
salutbonjour Aponiwa,
merci pour ton passage

Un texte avec de la ponctuation, je trouve que ça te ressemble pas !  :D
ahah waw ça sonne comme le fruit d'une lente pousse de mes pratiques, j'le prends plutôt bien, merci…

j'ai passé un petit coup de propre, mais il me semble que je n'ai pas retrouvé toutes les coquilles que j'avais dénichées dans mes précédentes relectures, tes remarques m'ont servies de points d'ancrages… brosse à dents effectivement le 's' à dents semble plus correct, huhu je m'imagine avec un sourire les rares personnes pour qui ce serait pas nécessaire d'un point de vue purement pragmatique à cause qu'ils ont qu'une dent unique et que leur brosse, même similaire à toutes les autres, ne servirait que pour cette one-dent ; le propice j'crois les deux peuvent être corrects, sans 's' pour la pâte, avec 's' pour les bonbons, la syntaxe ne permet pas je crois, d'imposer l'un ou l'autre, mais j'ai qmm suivi ta version en me disant que si c'est cette lecture qui est plus instinctive, autant ne pas embrouiller, et emprunter le 'chemin' de lecture le plus fluide… même si ma petite interrogation intérieure autour de l'esprit humain, est de me dire que si j'avais mis le pluriel, ptetr aurais-tu voulu l'enlever à cause de cette ambivalence de syntaxe… je ne saurais dire (genre qu'instinctivement, quand y'avait plusieurs options possibles, on se demande 'pourquoi pas les autres que celle qui a été choisie ?', tu vois ?) ; les 'ptetr' et les 'qmm', j'ai corrigé aussi, je sais pas trop pourquoi, alors que j'suis assez à cheval sur la bonne orthographe, j'aime bien les mettre en mode sms-abrév, comme les bcp etc... au fond c'est vrai que c'mieux en corrigé ; j'ai vérifié le houspille, effectivement c'est un des verbes en 'h' qui n'utilise pas l'élision ; voilou pour le bon usage de l'écrit

pour le fond, j'dois avouer que même si j'inclue la réflexion de l'industrie dans mon propos, c'est plus dans un parallèle sur l'aliénation paradigmique humaine, que autour de la santé dentaire qui est le sujet central ; car je crois que l'encrassement de nos bouches est plutôt un effet antérieur : l'utilisation des nourritures transformées ! c'est pourquoi j'oppose le petit beurre et la pomme, car certes il existe des versions industrielles de la pomme, ou juste 'plus très naturelles', mais cela reste qmm quelque chose que l'on peut manger sans trop avoir à la transformer, alors que une pâte cuite à base de farine, un biscuit tout simple, c'est une innovation qui date de bien avant l'industrie, et il me semble que c'est ça qui peut coller aux dents… il m'apparaissait encore plus aliéné ou plutôt insoupçonnable, d'être en danger à manger du petit beurre ou un biscuit maison au four, que à manger de la pâte à tartiner industrielle…

en tous cas ui, y'a cette question : "Pourquoi on serait les seuls animaux à avoir à se brosser les dents, d'abord?"... mais il me semble que, à l'instar de beaucoup de problèmes d'inégalités, on serait du genre à glisser lentement sur la pente qui m'effraie : égaliser par le négatif… j'préférerais que pour ne plus être tous seuls, l'humain trouve un moyen de rester propre de la bouche en supprimant le brossage, plutôt que de contaminer les chiens avec cet usage… comme stipulé, on est déjà sur cette pente avec les manteaux les coiffeurs pour chiens, pas encore pour les bosses à dents, mais qui sait, ptetr que demain ce sera pas aussi insensé que ça…

en attendant j'avoue que j'suis pas prêt pour manger de la cendre au torchon ahah !

àplusss
« Modifié: 01 Mars 2025 à 11:49:13 par Dot Quote »
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