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Hors ligne HELLIAN

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HELLIAN
« le: 08 Décembre 2020 à 19:47:41 »
Ceux d’à côté

Pièce en un acte

d'HELLIAN

 

 

Dans un parc, sur un banc, un homme lit paisiblement son journal. Les oiseaux chantent, le ciel est bleu, c’est un après-midi de printemps. L’homme tire de son veston une pipe qu’il s’efforce d’allumer, s'y appliquant t à plusieurs reprises. Dans l’allée au bord de laquelle se trouve le banc, arrive une femme poussant un landau. Elle s’arrête à hauteur du Monsieur, le regardant ostensiblement. Lui, ne bronche pas, relève la tête s’apercevant qu’il est observé. Pour se soustraire au regard de la femme, il reprend son journal qu’il déplie afin de faire écran à l’observatrice. Celle-ci avance de quelques pas et fait le tour de l’homme sur sa droite pour se placer derrière lui. L’homme essaie, tant bien que mal, de pivoter sur lui-même en se tortillant pour, à nouveau, à l’aide de son journal, faire obstacle à la femme.


 

 

 

La femme – Vous vous sentez coupable, hein ?
 

L’homme – Je vous demande pardon ?
 

La femme – Ne faites pas semblant, vous vous sentez coupable !
 

L’homme – Êtes-vous bien sûr qu’il n’y a pas erreur sur la personne ? (Il regarde alentour).
 

La femme – Je ne crois pas, Monsieur, je ne crois pas. Je vois planer au-dessus de vous un essaim de culpabilités. Une multitude de petits frelons prêts à fondre sur votre conscience.
 

L’homme – si c’est là votre manière d’aborder les hommes, mon ange, vous me voyez flatté, mais je veux croire que vous me pardonnerez de n’avoir pas l'esprit à la bagatelle.
 

La femme – Vous faites erreur, Romuald. Pour qui me prenez-vous ?   

 
L’homme – Vous me connaissez donc ! Ma réputation aurait-elle déjà franchi les portes du paradis ?

 
La femme – Cessez de faire le fanfaron, voulez-vous ! Toute résistance est inutile.  Libérez votre conscience, il vous en sera tenu compte.
 

L’homme – Mon ange, j’adorerais vous avoir pour juge. Vous confier mes turpitudes les plus intimes serait un délice, mais là, voyez-vous, je ne voudrais pas susciter l’effroi dans de si beaux yeux.
 

La femme – Je vois Monsieur que vous n’avez pas pris la mesure de la situation. Si vous aviez un tant soit peu conscience de la tragédie du monde, ma présence vous serait un réconfort.
 

L’homme – Croyez bien que je n’ai nul besoin d’un tel motif pour ressentir votre présence comme un bienfait.  Mais, allez savoir pourquoi, je m’en voudrais de faire de vous ma confidente.  Je vous en prie, prenez pitié de mon égoïsme, rendez-moi à ma solitude.

 
La femme – Je suis navrée : j’ai une mission.


L’homme – Une mission, diantre, vous m’impressionnez. Je dirais même plus, vous m’intimidez.  Appartiendriez-vous à cette inquiétante profession que l’on appelle la police ? Vous savez, ces gens dont le sans-gêne consiste à fourrer leur nez dans la vie des autres.

 
La femme : La police ! Parce que pour vous, il faudrait être de la police pour parler de choses importantes.
 

L’homme – Vous avez raison, les policiers ne parlent que de choses insignifiantes. Alors, vous êtes envoyée par je ne sais quelle église persuadée d’avoir à sauver le monde et les hommes. Si tel est le cas, votre prêche sera bien inutile j’ai déjà vendu mon âme au néant pour une bouffée de liberté.
 

La femme – Non, Monsieur, ce n’est pas de ce genre de mission dont je parle, vous n’y êtes pas du tout.
 

L’homme – Je vous en prie, ne vous sentez pas obligée de vous justifier. Quelle que soit l’autorité qui vous envoie, je lui rends grâce et ce jour serait béni des dieux si la nature m’avait doté d’un zeste d’altruisme. Mais là, voyez-vous…

 
La femme – Bienheureux celui qui connaît les voies de la providence

 
L’homme – Madame, Madame, j’ai bien peur qu’un malentendu ne soit en train de se glisser entre nous. Je m’abandonnais tranquillement à mon activité favorite qui consiste à lire le journal, sur un banc de ce parc et voilà que vous faites intrusion dans mon existence de contribuable anonyme. Oserais-je vous le dire, mon ange, vous… Vous m'embarrassez. Pour conserver à notre relation quelque chance de prospérer, soyez aimable de (il crie) me foutre la paix ! 


 La femme – Et voilà !   


L’homme – Voilà quoi ?
 

La femme – Les cris, la violence. Vous n’avez pas d’autre choix, les hommes, d’autres manières de vous exprimer ? Il faut toujours qu’à un moment donné, vous vous sentiez obligés d’installer un rapport de force avec votre interlocutrice.
 

L’homme – Moi, j’instaure un rapport de force ! Vous vous rendez compte de ce que vous dîtes ? Je suis là, paisible. Je ne demande rien à personne. Je lis mon journal et vous, vous arrivez avec votre landau, là impérieuse et vous… vous m’agressez…
 

La femme – Je vous agresse ! Je vous agresse ! Savez-vous seulement ce que c’est qu’une agression ? Je vous souhaite de n’être jamais agressé que de cette manière.
 

L’homme – Je m’en voudrais de vous contredire, mais, en guise de bonjour ne m’avez-vous pas lancé ma culpabilité à la figure ? N’avez-vous pas d’emblée formé l’hypothèse d’une faute de ma part ? Sans me connaître vous avez présupposé que j’étais porteur de je ne sais quel péché.
 

La femme – Et alors, n’est-ce pas la vérité ?
 

L’homme – Vous voyez, vous continuez. Et pourquoi ce serait la vérité ? On croit rêver ! D’ailleurs, tiens, j’en suis sûr, je rêve. Voilà, c’est ça, je rêve, je vais me réveiller. Rendez-moi ce service, réveillez-moi !
 

La femme – Ça vous arrangerait bien, n’est-ce pas ?   Fuir, fuir la réalité, en voilà un système. Depuis votre enfance, vous ne cessez de fuir la réalité.
 

L’homme – Laissez mon enfance tranquille J’ai le rapport que je veux avec la réalité. C’est ma réalité, pas la vôtre. Encore une fois, Madame, mêlez-vous de vos affaires et allez voir plus loin si j’y suis. Si c’est votre mission que de mettre les gens mal à l’aise, félicitations !  Vous y parvenez à merveille.
 

La femme (elle sort de son sac un petit carnet et un crayon) – Un instant s’il vous plait, il faut que je note.
 

L’homme – Notez quoi ? 

 
La femme – Alors, Nous disons :

•            incapacité à faire face à sa culpabilité

•            manifestation d’agressivité ponctuée d’insultes et de menaces

•            rapport fuyant au réel
 

Et, cerise sur le chapeau, confusion entre rêve et réalité. Ça fait beaucoup, vous ne trouvez pas ?
 

L’homme – Qu’est-ce que c’est que ce carnet ? Qu’est-ce que vous notez ? Vous n’avez pas le droit

 
La femme – Voudriez-vous développer un peu plus votre pensée, Romuald ? Pas le droit de quoi ? D’où viendrait cette interdiction ?     
 

L’homme – Formuler un jugement sur moi, à l’emporte-pièce, comme vous faites, ça ne se fait pas, Madame. Croyez-moi, ça n’est pas correct. C’est contraire aux droits de l’homme.
 

La femme – Aux droits de l’homme, rien que ça ! Aux droits de l’homme, peut-être, Romuald, mais pas à ceux de la femme. Vous n’allez pas me dire que vous ignorez que c’est le propre des femmes que de juger les hommes.   
 

L’homme – Je vous en prie, épargnez-moi ce genre de cliché, « Les femmes ceci les hommes cela » voulez-vous. Et cessez de porter des jugements ainsi sur vos semblables.
 

La femme – D'abord, vous n’êtes pas mon semblable, ensuite ça n’est pas un jugement, mais un diagnostic.
 

L’homme – Ah pardonnez-moi, J’ignorais que vous fussiez médecin… psychiatre peut-être. Eh bien alors, docteur ou qui que vous soyez, au risque de me répéter, je ne vous ai rien demandé, ni consultation, ni cours de morale et je vous prie instamment de… (il s’énerve)  de… Je vous prie de…

 
La femme – De quoi, de quoi pourriez-vous donc me prier ?
 

L’homme – De cesser ce petit jeu arrogant et d’abord, donnez-moi ce carnet !

(Il tente de se saisir du carnet que tient la femme, laquelle esquive prestement son geste.)

 

La femme – Calmez-vous Romuald, vous aggravez votre cas.
 

L’homme – Mon cas ! Parce qu’à vos yeux, je suis un cas, maintenant.

 
La femme – Je ne voulais pas vous blesser, Vous êtes un cas, je suis un cas. Tout le monde est un cas. Chacun porte en lui tout un monde de contradictions, de culpabilité, de peur et d’espérance…

 
L’homme – Merci, merci. Je vous en prie, encore une fois, dispensez-moi de vos leçons de philosophie. Cela me rappelle trop ma dernière bière au café du commerce. S’il vous plaît, venez-en au but. Que voulez-vous ? Que me voulez-vous ?
 

La femme – Romuald, n’inversez pas les rôles. C’est vous qui devez tout me dire. Moi, je suis juste là pour vous écouter.

 
L’homme – mille tonnerres ! Que puis-je vous dire ? Je veux bien vous faire plaisir, encore que vous ne le méritiez pas. Qu’attendez-vous de moi que je ne sache ? Quel secret dois-je vous livrer en pâture ? 

 
La femme – Romuald, vous me décevez.

 
L’homme – Oh et puis ça suffit ! Cette situation n’a aucun sens. Je suis là comme un idiot à essayer de me justifier, à vous répondre. Mais je ne vous connais pas, moi, Madame, je ne vous dois rien, rien du tout, vous m’entendez. Il y a longtemps que j’aurais dû couper court à cette comédie. J’étais là à lire mon journal sur mon banc, à écouter mes oiseaux…
 

La femme –.  Mon journal, mon banc mes oiseaux, ça n’est pas votre banc, Monsieur.  Ce ne sont pas vos oiseaux ! (Elle reprend son carnet et note)

•            instinct de possession exacerbée.
 

(Il tente à nouveau de se jeter sur la femme pour lui arracher son carnet de notes. Celle-ci esquive habilement. L’homme tombe, se relève et s’ensuit un jeu de chat et de souris de part et d’autre du banc.)

 

La femme – Stop !  On arrête ! Vous vous rendez compte ?
 

L’homme – (il est au bord des larmes et essoufflé) D’accord, d’accord, vous avez gagné, je vais tout vous raconter.

 
La femme – Ah, enfin ! Vous voilà raisonnableelle s’assied sur le banc), asseyez-vous   

 
(Il s’assied)

 
La femme – Cela fait combien de temps ?
 

L’homme – Comment ça, combien de temps ?
 

La femme – Eh bien oui, combien de temps ?

 
(L’homme reste bouche bée)
 

La femme – Romuald, ne faites pas l’innocent, vous voyez très bien ce que je veux dire.

 
(L’homme ne dit rien)

 
La femme – Je suis certaine que si vous me racontez tout, vous allez être soulagé. Par quoi voulez-vous commencer ?

 
L’homme – Je n’en sais rien, moi… ce n’est pas facile, vous savez.

 
La femme – Voulez-vous que je vous pose des questions, ce sera peut-être plus simple ?

 
L’homme – Mais, et votre bébé ?


La femme – Mon bébé, quel bébé ?

 
L’homme – Le bébé, là, dans votre landau.


La femme – Ah ah ah… mais il n’y a pas de bébé


(L’homme se lève d’un bond jusqu’au landau. Il en arrache quelques couvertures et saisit un baigneur en celluloïd qu’il remet avec rage dans le landau)


L’homme – C’est quoi, cette supercherie ?   Vous n’avez pas le droit.
 

La femme – C’est terrible ce que vous pouvez être conventionnel. En vertu de quoi je n’aurais pas le droit de me promener avec un landau ? 


L’homme – un landau, oui. Mais dans les landaus il y a des bébés. 
 

La femme (l’imitant) – Dans les landaus, il y a des bébés. Qu’est-ce que c’est que ce… cette idée toute faite ? Oh, et puis n’essayez pas de détourner la conversation. Vous étiez sur le point de me dire quelque chose d’important. Vous voyez, vous êtes fichu d’inventer n’importe quoi pour ne pas vous confronter à vous-même. Allons, calmez-vous, respirez un bon coup.
 

(L’homme la regarde, hésitant)
 

La femme – Allez, allez, on respire. Inspiration… expiration.

 
(L’homme s’exécute)
 

La femme – Encore une fois… inspiration… expiration.
 

L’homme – Qu’est-ce que je fais-moi ? C’est ridicule.
 

La femme – Pas du tout, c’est comme ça que l’on se calme. Maintenant asseyez-vous.
 

(L’homme s’assied. La femme se lève. Elle va jusqu’à son landau et prend délicatement le bébé en celluloïd.  Elle dégage son épaule gauche et abaisse la bretelle de son soutien-gorge)

 
L’homme – Mais qu’est-ce que vous faites ?
 

La femme – C’est l’heure de la tétée.
 

L’homme – Vous vous moquez de moi !
 

La femme – Monsieur, je ne me permettrais pas.
 

L’homme – Votre bébé, là, c’est pas un vrai !
 

La femme – Non, et alors ?

 
L’homme – C’est un bébé en plastique, en celluloïd… enfin un truc artificiel… quoi !
 

La femme – Oui, et alors ?
 

L’homme – Alors, vous ne pouvez pas donner à tétée à… une chose en plastique.

 
La femme – Ah bon ? Pourquoi pas ?
 

L’homme – Mais par ce que… comment vous dire ? Par ce que ce n’est pas un vrai, c’est un simulacre.
 

La femme – Écoutez-moi Romuald, écoutez-moi bien.  La vie entière est simulacre. Vous êtes, je suis, un simulacre. Vous et moi n’existons que dans le regard de l’autre. Réfléchissez un peu voyons, vous n’existez que parce que je vous en donne la confirmation et moi de même. En quelque sorte, tous les deux, nous avons passé un contrat ontologique. 

 
L’homme (il reste bouche bée) – Un quoi ?

 
La femme – Eh bien, alors, allez-y, prouvez-moi que vous existez en vous-même et par vous-même !
 

L’homme – Vous voulez que…
 

La femme – Allez, prouvez-le-moi ! J’ai tout mon temps, je vous écoute.    
 

L’homme –Vous savez, je me suis toujours tenu à l’écart des grandes théories sur « l’être et le non-être » et toutes ces choses un peu fumeuses qui ne font au mieux que vous donnez le mal de mer. Moi, Madame, j’ai la faiblesse de raisonner simplement. Pour moi, l’existence n’est autre qu’une évidence, voilà tout.
 

La femme – Non, Romuald, non, trop facile. Une conception aussi primaire n’est pas digne de vous.…  Faites un effort, prouvez-moi que vous existez ! Allez-y, prouvez-le-moi !
 

L’homme (il reste bouche bée) – Eh bien…
 

La femme – Allez,  Romuald, soyez à la hauteur de votre réputation. ?
 

L’homme – D’accord, d’accord.  Supposons qu’à la faveur d’un geste aussi vif qu’incongru, mon poing s’abatte sur votre joli nez, ce qu’à Dieu ne plaise,  n’auriez-vous pas là, chère Madame, la preuve de mon existence  ?
 

La femme – J’aurais surtout la preuve de votre stupidité
 

L’homme – Je constate que vous ne répondez pas.
 

La femme – Depuis quand la violence est-elle un argument philosophique ? Vous êtes désolant Romuald. 
 

L’homme – Vous m’agacez. Vous me demandez de vous prouver que j’existe.  Ma démonstration en vaut bien une autre elle a au moins l’avantage de la simplicité et ferait la leçon à bien des philosophes.
 

La femme – Si je vous entends bien, vous êtes le nouveau Descartes.
 

L’homme – Mais encore ?
 

La femme – Votre « philosophie » pourrait se résumer ainsi : je souffre donc je suis.
 

L’homme – Voilà ! voilà, c’est ça, bien dit.  Permettez-moi d’ajouter que si le choc brutal de nos composants physiques est révélateur de notre être, la rencontre harmonieuse de nos corps ne le serait pas moins.
 

La femme – Je vois, je vois. Donc, si je vous comprends bien plus nous souffrons, plus nous existons.
 

L’homme – Il en va de même à l’aune du plaisir, chère Madame.
 

La femme – Je vois, je vois… inversement, moins nous souffrons, moins nous existons, moins nous avons de plaisir,

 
L’homme – Moins nous existons. Exactement, c’est simple et rassurant, n’est-ce pas ?
 

La femme – Votre thèse, Romuald, est intéressante, mais elle ne laisse guère de place à la spiritualité. Que faites-vous   de l’immortalité de l’âme ?
 

L’homme – Holà, holà :  tout de suite les grands mots. Je ne vous cache pas qu’il s’agit là d’un concept qui ne m’est guère familier. Je crois bien que les religions ont habilement résolu la question : enfer et paradis. En enfer souffrance extrême, au paradis plaisir sans bornes. Quelle que soit notre destination, nous avons la garantie d’exister pour l’éternité. Le système est bien fichu.
 

La femme –  Je ne suis pas persuadée qu’il faille faire appel à la souffrance pour se convaincre d’exister. De plus, les sensations elles-mêmes, douleur ou plaisir, peuvent être factices. Tenez, je puis rire ou pleurer à la demande. Passez commande et je vous gratifie du plus beau sanglot du monde ou je vous inonde d’un rire en cascade qui vous paraîtra si naturel que vous finirez par être convaincu d’avoir été drôle.
 

L’homme – Vous savez, moi, ce que j’en dis… c’était surtout pour qu’on se quitte bons amis. Vous m’avez mis au défi de vous prouver un truc philosophique du genre « démontrez que vous existez ». Si ça ne vous convient pas, je remballe. Je vous l’ai dit, j’ai les conversations intellectuelles en horreur. Puis-je me permettre ? (Il s’approche d’elle, lui saisit le bras)  

La femme – Qu’est-ce que vous faites ?
 

L’homme – Rien, rien, rien du tout. (Il la pince violemment)
 

La femme – (elle hurle) ça ne va pas, non ? vous m’avait fait mal. Vous m’avez pincée !
 

L’homme –. C’était juste pour vérifier quelque chose.
 

La femme – Quelle brute vous faites, Romuald.
 

L’homme – Allons, allons, c’est un simulacre, vous n’avez pas mal, vous croyez avoir mal ; mais vous n’avez pas mal.
 

La femme –ah d’accord.   Et ça alors ? (Elle lui donne un violent coup de pied dans les tibias) c’est un simulacre ?

 
L’homme– (il pousse un cri de douleur) espèce de conne !   
 

La femme – égalité, un partout ! Et ne soyez pas vulgaire, Romuald.
 

L’homme –   espèce de folle dingue (il se rue sur elle)
 

(La femme se sauve. Il la poursuit et ils tournent tous les deux autour du banc).
 

La femme – (S’efforçant à faire la grosse voix) Maintenant, ça suffit !
 

(L’homme s’immobilise, stupéfait par la performance vocale)
 

La femme – Asseyez-vous et arrêter de faire le gamin.
 

L’homme – Vous avez raison, vous avez raison, on se calme (il s’assied). Je me calme. Je suis désolé… Je vous présente mes excuses les plus… Je me suis laissé emporter. Je ne recommencerai plus.
 

La femme – Oui, bon, ça va, ça va !   N’en faites pas trop non plus. Ou est-ce que l’on en était ? Ah oui, vous étiez sur le point de me confier quelque chose d’important, je crois. 
 

L’homme – Ah oui, des choses importantes. Quelles choses importantes ?
 

La femme – Eh bien, je ne sais pas, moi. C’est à vous de me le dire. Par rapport à votre culpabilité, par exemple…
 

L’homme – Mais foutez-moi la paix… pardon… laissez-moi tranquille avec cette histoire de culpabilité.
 

La femme – J’ai plutôt l’impression que c’est elle qui ne vous laisse pas tranquille, votre culpabilité.
 

L’homme – Enfin, Madame, qu’est-ce qui vous fait dire que…
 

La femme – Que vous vous sentez coupable. Vous remarquerez que je n’ai pas dit que vous étiez coupable, seulement que vous vous sentez coupable. Ce n’est pas la même chose.
 

L’homme – Ah évidemment. Dîtes ça à n’importe qui et vous trouverez toujours au fond du slip du premier venu une petite trace de culpabilité. Alors là, pardon, Madame Freud, mais vous n’avez pas découvert l’Atlantide !
 

La femme – D’abord, vous n’êtes pas le premier venu et puis vous avez promis de garder votre calme.
 

L’homme – Alors là, je n’ai rien garanti, rien du tout.
 

La femme – Faites un effort, au moins…  En ce qui vous concerne, je ne suis pas certaine qu’il ne s’agisse que d’une petite trace.
 

L’homme – Je vous remercie. Allez-y carrément. Ne soyez pas timide. Dites tout de suite que j’ai assassiné mon voisin, pendant que vous y êtes.   

La femme – Comme c’est étrange !
 

L’homme – Quoi, qu’est-ce qui est étrange ?
 

La femme – Que vous parliez de votre voisin de palier.
 

L’homme – Et pourquoi cela ?
 

La femme – Allons, vous le savez bien.
 

L’homme – Non, non et non, je n’en sais rien. Et puis, arrêtez ce petit jeu… de sous-entendus, Vous allez encore dire que je m’énerve.
 

La femme – Très bien, Vous habitez bien 33, Boulevard des ursulines ?
 

L’homme – C’est exact. Comment le savez-vous ?
 

La femme – Troisième étage, porte de gauche.
 

L’homme – Encore exact. Mais comment...
 

La femme – Peu importe. Et comment s’appelle votre voisin ?
 

L’homme – Vous devez le savoir puisque rien ne vous échappe.
 

La femme – Spencer ! D’ailleurs, il ne s’agit pas d’un voisin, mais de toute une famille, Monsieur et Madame Spencer et leurs trois enfants.
 

L’homme – Vous faites une enquête... Vous êtes de la police ? Je m’en doutais.
    

La femme – Peu importe. Vous connaissez les Spencer ?
 

L’homme – Oui, enfin, un peu. On se croise parfois sur le palier ou dans l’escalier. Pourquoi ?
 

La femme – Cela fait longtemps que vous les avez croisés dans l’escalier ?
 

L’homme – Je n’en sais rien. Peut-être une semaine ou deux.
 

La femme – Et ?
 

L’homme – Et rien du tout. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? On s’est dit bonjour. Vous savez, moi, je ne fréquente pas grand monde. Bonjour, bonsoir cela suffit à ma, comment dirais-je, à ma vie sociale.
 

La femme – Et leurs enfants, vous les connaissez ?
 

L’homme – Comme ça. Ils ont une fille et deux garçons, je crois. Mais, pourquoi toutes ces questions ?
 

La femme – Et vous les entendez parfois depuis votre appartement ?
 

L’homme – Qui ça ? les enfants ?
 

La femme –Oui, les enfants, en particulier, les enfants.
 

L’homme – Ça peut arriver, quand ils se chamaillent, comme tous les enfants. L’immeuble est assez sonore. J’en ai d’ailleurs parlé au syndic. Faudrait faire l’isolation.
 

La femme – Pardonnez-moi d’insister, mais, la dernière fois que vous les avez entendus, c’était quand ?
 

L’homme – Je n’en sais rien, moi. Je n’ai pas un carnet comme vous sur lequel je note ce qui se passe autour de moi. Je n’ai pas l’âme policière, moi. Chacun chez soi…
 

La femme – Réfléchissez, je vous en prie, c’est important.
 

L’homme – Arrêtez avec vos questions, vous me faites peur. Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
 

La femme – Réfléchissez, réfléchissez bien ! est-ce que vous avez entendu du bruit dans l’appartement des Spencer, au cours de ces derniers jours ? 
 

L’homme – Non. Je ne crois pas… Maintenant que vous me le demandez, non. Ça fait même un bon bout de temps que je les ai croisés.
 

La femme – Si je comprends bien, vous n’en avez pas grand-chose à faire de vos voisins.
 

L’homme – Non. Enfin si ! Si, si.  Mais vous savez ce que c’est, la routine, la vie, quoi.  Encore une fois, pourquoi toutes ces questions ? Je ne vous cacherai pas qu’à tout prendre, je préférai notre conversation philosophique.
 

La femme – Et si je vous disais que la famille Spencer a disparu. Cela va faire un mois et vous ne vous êtes aperçu de rien ?
 

L’homme – Comment ça ? Disparus, vous voulez dire… disparus vraiment. Tout le monde.
 

La femme – Tout à l’heure, vous m’avez bien dit que cela faisait une semaine ou deux que vous les aviez croisés dans l’escalier. Vous ne m'avez pas dit la vérité.
 

L’homme – Une semaine, deux semaines… un mois. Mais je n’ai pas compté, moi. Bon, alors disons un mois, peut-être même un mois et demi. Vous vous m’embrouillez. Et puis, ils sont peut-être partis en vacances tout simplement.   

La femme – En vacances… et qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
 

L’homme – La saison, il fait beau. Ils sont peut-être partis au bord de la mer, tout bêtement ou à la montagne. Voilà c’est ça, à la montagne ! Je crois me souvenir qu’ils avaient de la famille dans les Pyrénées, de son côté à elle.
 

La femme – Ce n’est pas le cas.
 

L’homme – Qu’est-ce que vous en savez, vous avez vérifié ?
 

La femme – Évidemment. Les parents de Monsieur comme ceux de Madame n’ont aucune nouvelle de leurs enfants ni des petits-enfants. Vous ne vous apercevez de rien. Donc, vous ne prévenez personne et la vie continue, comme si de rien n’était.
 

L’homme – Mais alors, qu’est-ce que ça signifie ?
 

La femme – Je vous le demande.
 

L’homme – Et pourquoi à moi ? Qu’est-ce que j’ai à voir là-dedans.
 

La femme – Vos voisins, une famille entière, disparaissent et ça ne vous pose pas de questions. Vous ne vous en apercevez même pas ! vous ne trouvez pas ça… suspect.
 

L’homme – Et pourquoi je devrais trouver ça suspect ? Il y a des tas de gens qui disparaissent comme ça du jour au lendemain.
 

La femme – Bien sûr, mais là ce sont vos voisins. Vous n’avez pas l’impression de faire preuve d’une sacrée indifférence, Romuald ?
 

L’homme – Je n’étais pas chargé de les surveiller. 
 

L’homme – Écoutez Madame, j’ignore qui vous êtes. Vous débarquez sans crier gare et après avoir joué avec moi comme un chat avec une souris, vous m’assénez une histoire de disparition et vous faites comme si j’y étais pour quelque chose. Mais, je ne suis responsable de rien moi, je n’ai rien demandé à personne. Si ces gens-là ont disparu c’est peut-être leur choix. Et puis d’abord, si vous n’êtes pas de la police, je n’ai aucune raison de vous répondre. Une fois pour toutes, une ultime et dernière fois, cessez de m’importuner. Suis-je clair ? Au revoir.

(il se dirige côté cour pour s’en aller.)
 

La femme – La famille Spencer a été retrouvée morte chez elle, tous assassinés.
 

L’homme(s’arrêtant) – quoi ? Qu’est-ce que vous dîtes ?
 

La femme – Vous m’avez parfaitement entendu Monsieur.
 

L’homme –Mais, c’est épouvantable ! C’est affreux ! Et les enfants ?
 

La femme – Complètement morts, eux aussi.
 

L’homme – Mais qui, qui a bien pu faire ça ? et quand ? quand est-ce que ça s’est passé ?
 

La femme – Je comptais sur vous pour me le dire.
 

L’homme – Les pauvres petits, les pauvres petits.
 

La femme – On dirait que cela vous fait quelque chose, maintenant. Qu’est-ce que vous en avez à faire, vous ne les connaissiez pas, vous ne leur parliez pas, bonjour, bonsoir, la routine.
 

L’homme – Quand même, quand même, ça fait un choc. C’étaient mes voisins.
 

La femme – Mais il y a plein de gens qui meurent de mort violente dans le monde que vous ne connaissez ni plus ni moins. Tenez, dites-moi un nombre !
 

L’homme – Un nombre ? Je n’en sais rien, moi qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, 20, 25… 30.
 

La femme – Non, ça c’est le nombre de meurtre par heure. Toutes les deux minutes, Monsieur, un homme ou une femme meurt de la main d’un autre et ce ne sont là que les morts violentes officielles et je ne compte pas les guerres. Le monde est un immense charnier et encore, en temps de paix. Je vois que votre chagrin est inversement proportionnel à la distance qui vous sépare des victimes, n’est-ce pas. Il y a eu hier un attentat à Bagdad lors d’un mariage. C’est écrit dans votre journal. 88 morts dont 43 enfants. J’imagine que vous n’avez pas beaucoup pleuré et là, parce que ce sont vos voisins, c’est tout le malheur du monde qui s’abat sur vous. La distance n’est rien, Romuald. Tout le monde est voisin de tout le monde. La souffrance des hommes est un immense iceberg au sommet du monde qui ne cesse de se répandre en ruisseaux de sang sous le soleil de la haine. 
 

L’homme – Arrêtez, taisez-vous, je n’y suis pour rien, moi. Je n’ai fait de mal à personne. 
 

La femme – En êtes-vous bien sûr ?
 

L’homme – Bien sûr de quoi ?

 
La femme – D’être inoffensif, Romuald.
 

L’homme – Pourquoi cette question ?
 

La femme – Nous avons quelques raisons de penser le contraire.
 

L’homme – Nous ! Qui ça, nous ?
 

La femme – Peu importe !
 

L’homme – Comment ça, peu importe ? On m’accuse ! C’est tout juste si on ne me condamne pas et je n’aurais pas le droit de savoir qui sont mes juges.
 

La femme – Mais on ne vous juge pas, Romuald.
 

L’homme – Ah oui, c’est vrai. Un diagnostic ! C’est juste un diagnostic.
 

La femme – Enfin, Romuald cessez ce petit jeu. Nous savons, vous et moi de quoi il retourne.
 

L’homme – Non ! Désolé. Je ne sais rien du tout, moi. Je suis un honnête citoyen et je n’ai aucun compte à vous rendre.

 
La femme – Oui, je sais, c’est dur, très dur. C’est ce qu'on appelle un phénomène d'occultation traumatique. Cela est fréquent chez les grands criminels.
 

L’homme – Qu’est-ce que vous dîtes ? Qu’est-ce qui est fréquent chez les grands criminels ?
 

La femme – Il y a des actes, Romuald, dont la gravité est-elle que le cerveau refuse absolument de s’en souvenir.
 

L’homme – Attendez, attendez ! Là, je ne comprends plus rien.
 

La femme – C’est bien normal, cela fait partie du tableau.
 

L’homme – Je vous en prie, Madame, soyez plus clair. Qu’est-ce que c'est que cette histoire de grands criminels et de… de… d’amnésie ?
 

La femme – Il s’agit de vous, Romuald. Il s’agit bien de vous.
 

L’homme – De moi ! Si c’est une plaisanterie, Madame, sachez que je n’apprécie pas, pas du tout.
 

La femme – Non, Romuald, non ce n’est pas une plaisanterie. C’est vous qui avez assassiné les Spencer.
 

L’homme – C’est moi qui…
 

La femme – Qui avez assassiné. Oui.
 

L’homme – Répétez cela doucement, s’il vous plaît.
 

La femme – vous avez très bien entendu, Romuald.
 

L’homme – Vous vous rendez bien compte de ce que vous dites. Mes voisins, la famille Spencer tout entière a disparu, morte, assassinée et vous dîtes que je serais personnellement l’auteur de cette abomination. C’est horrible, insupportable. Au secours ! Au secours !
 

La femme – Je vous en prie, Romuald, calmez-vous. Gardez votre sang-froid. Je suis là pour vous aider à affronter l’épreuve.
 

L’homme – Mais vous n’avez rien compris, c’est vous le danger. Je n’ai rien fait, moi. Je suis totalement innocent. C’est vous, la criminelle. On ne profère pas impunément de telles accusations. C’est vous qui avez besoin d'être aidée


La femme – Si cela peut vous aider de croire ce genre de choses. Mais à un moment ou un autre, il va bien falloir vous ranger à l’évidence. Vous êtes l’auteur de ce massacre.
 

L'homme – Écoutez, écoutez-moi bien, à votre tour. C’est bien joué, votre truc. Vous avez bien percé le mur d’indifférence que je m’étais bâti, pierre par pierre depuis tant d’années. Si c’est ce que vous voulez, si c’était là votre mission, je ne sais qui vous envoie, mais l’opération est réussie. Le choc que j’ai subi devrait dépasser toutes vos espérances. Vous aviez raison, je ne suis qu’un pur égoïste. Maintenant, docteur, on arrête. Stop ! Chacun chez soi. (Il lui tourne le dos et esquisse un départ. Elle le regarde s’éloigner)
 

La femme– Romuald ! (Il continue de s’éloigner) Romuald ! Inutile, le parc est cerné. Vous ne pouvez pas vous échapper.
 

L’homme – Quoi ? Qu’est-ce que vous dîtes ?
 

La femme – Toutes les sorties sont contrôlées. Derrière chaque arbre de ce bosquet, il y a un homme en armes.
 

L’homme – Mais… mais je n’ai pas l'intention de m'échapper, je veux… je voulais juste rentrer chez moi.
 

La femme – C’est fini, Romuald. C’est fini, chez vous. Il va falloir rendre des comptes, maintenant.
 

L’homme – Rendre des comptes, mais quels comptes ? Je ne cesse de vous le répéter, je ne sais rien. Je n’ai rien fait. C’est une histoire invraisemblable, un cauchemar, un pur cauchemar. Je vous en supplie, réveillez-moi. Que quelqu’un me réveille.
 

La femme – Personne ne vous réveillera. Personne, Romuald. Il n’y a que vous qui puissiez le faire.
 

L’homme – Alors, on est bien d’accord, je dors. Vous n’êtes pas réelle. Vous êtes un fantôme, une partie perverse de mon inconscient, spécialement dédiée à mon tourment., Cette part de moi qui ne dort jamais…
 

La femme – Tout le monde croit dormir, Romuald tout le monde croit qu’il va se réveiller un jour dans la vraie vie. C’est la seule consolation dont l’homme dispose face à la mort.
 

L’homme – D’accord, d’accord. Mais maintenant, je vous en supplie, laissez-moi.
 

La femme – Voilà ce que nous allons faire. Je vais m’éloigner  puis des hommes vont venir, des hommes en blanc. Vous allez attendre, gentiment, et partir avec eux sans vous révolter.
 

(La femme reprend son landau et sort de la scène. L’homme la regarde s’éloigner. Il retourne s’assoir sur le banc et plonge la tête dans ses mains, manifestement accablé. Un téléphone portable se met à sonner. Il décroche)

 


L'homme– Allô, allô, oui,  qui est à l’appareil ? …Nicolas ! Comment ça, Nicolas… quoi ? Nicolas Spencer ! Mais, mais… vous n’êtes pas, enfin je veux dire vous êtes… la salope ! Non, non, pardon. Excusez-moi, quelqu’un m’avait dit des… des conneries. Comment ça, il y a les pompiers chez moi… et pourquoi les pompiers sont-ils chez moi ? Une fuite… une grosse fuite d’eau… ah ben tant mieux, tant mieux… si vous saviez ce que ça me fait plaisir… Nicolas, attendez ! Comment avez-vous eu mon numéro de portable ? En rêve ? Comment ça, en rêve ? Quoi un ange brun avec un petit accent. Ça, alors !  Ah au fait, mon garçon, vous seriez libre demain soir, avec vos parents, pour venir prendre l’apéritif.
« Modifié: 03 Juin 2024 à 10:37:33 par HELLIAN »
cent fois sur le métier...

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #1 le: 12 Décembre 2020 à 11:57:10 »
Bonjour Hellian,

J'ai adoré... j'étais pas venue pour lire mais pour corriger un minuscule détail sur un de mes textes et en cherchant dans la liste des textes long, je suis tombée sur le tien... c'est le titre qui m'a interpelé "Ceux d'à coté"... j'ai ouvert et j'ai commencé à lire... j'étais pas venue pour ça mais j'ai tout lu et j'ai adoré.
Et du coup, j'ai complètement oublié ce que j'étais venue corriger... c'est pas malin... mais je regrette pas !

Merci pour ce partage. Très chouette texte.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 242
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #2 le: 12 Décembre 2020 à 19:37:33 »
GeGinger

Je suis très content de ton passage et fort heureux de ton commentaire.

 Je voyais mon texte inexorablement descendre vers les limbes du site en me convaincant tristement de son manque d'intérêt., Voici que tu l'actualises d'un clic généreux et complimenteur.

Je sais par expérience que la lecture des textes dialogués et, osons le dire, théâtraux est en générale assez ingrate. Aussi faut-il saluer le courage des lecteurs qui se risquent à bord de mes histoires. En fait, j'ai écrit cette petite pièce pour de jeunes comédiens que la crise sanitaire actuelle a mis cruellement au chômage, leur proposant d'enfer si possible leurs choux gras. Je veux croire que si la lecture que tu en as faite t'as procuré quelque plaisir, la mise en scène devrait en être que prometteuse…

Encore 1000 fois merci de ton passage.



Petit message à l'adresse de la modération

Toute une partie du texte est spontanément passée en italique. J'ai personnellement tenté d'y remédier, en vain.
cent fois sur le métier...

Hors ligne Chjara

  • Scribe
  • Messages: 65
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #3 le: 12 Décembre 2020 à 22:52:46 »
Cher Hellian,

Je viens fourrer le bout de mon nez. L'histoire est quelque peu absurde, loufoque et déjantée. Cela nous fait réfléchir sur le peu d'importance que nous accordons à des détails du quotidien. Je suis surprise par la fin. Je suis habituée aux histoires qui finissent mal. Je pense que j'aurais préféré que cela se finisse sur un ton moins léger même si on est content que le personnage ne soit pas dans le déni cela arrive plus souvent qu'on ne le pense.

Merci de toujours me fournir une agréable lecture du soir,
C.

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 242
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #4 le: 16 Décembre 2020 à 09:21:04 »
Je suis très sensible à ton commentaire et je t'en remercie chaleureusement.

Pour ce qui est de la fin, je ne te cache pas que j'ai écrit deux versions mais j'ai choisi celle-ci par ce que j'ai une âme de midinette et que j'aime assez que mes histoires se terminent bien. En fait, vois-tu, lorsque le j'écris une histoire, nouvelle ou théâtre, c'est d'abord à moi-même que je la raconte. Oui, je sais, c'est un peu égoïste, mais je pratique l'auto-  surprise autrement appelée autosatisfaction.
cent fois sur le métier...

Hors ligne rigolote

  • Troubadour
  • Messages: 263
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #5 le: 16 Décembre 2020 à 20:47:07 »
Bonsoir,

Juste pour dire que j'avais lu ton texte.
Je pense qu'il faudrait que je lise plus attentivement pour bien comprendre tout.
J'ai pas trop l'habitude de lire des pièces.
Mais j'aime bien me laisser porter par les dialogues,
Les rapports de force avec bla-bla, alors en vieux français, ma foi

Je pense que mon commentaire est un peu nul, tant pis.

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 242
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #6 le: 19 Décembre 2020 à 09:45:43 »
Je ne sais pas si ton commentaire est nul, mais il m'a fait plaisir  ! Aurais-tu la gentillesse de m'expliquer ce que tu appelles " les rapports de force avec blabla ?
cent fois sur le métier...

Hors ligne rigolote

  • Troubadour
  • Messages: 263
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #7 le: 19 Décembre 2020 à 19:44:15 »
Bonsoir HELLIAN,

Alors en fait j'ai lu deux textes de toi, et il m'a semblé dans les deux cas y voir un affrontement verbal  (ou écrit avec les lettres) entre deux personnes. Ils se disputent, argumentent, comme s'ils voulaient gagner une sorte de combat (ici oratoire) ?
Voilà ce que je voulais dire par rapports de force avec bla-bla
Je suis peut-être complètement à côté de la plaque.  :D


Hors ligne Claudius

  • Modo
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  • Miss green Mamie grenouille
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #8 le: 19 Décembre 2020 à 21:03:00 »

Bonsoir Hellian,

J'avais lu ton texte mais pas assez de temps pour commenter, je viens de le relire et j'avoue qu'il m'a bien plu ! Une histoire rocambolesque et prenante (j'ai même failli finir de lire en dînant, mais mon homme n'aurait pas apprécié !)

Cela m'a fait du bien, beaucoup de bien en ce moment j'en avais besoin.

La fin, je m'attendais à du noir mais je me doutais bien que tu finirais par une pirouette parce que je ne voyais pas où tu voulais en venir.

Je n'ai pas grand chose à relever, mais au début dans la mise en place, une petite phrase pourrait être modifiée :

"si reprenant à plusieurs fois" ce n'est pas très joli "à plusieurs fois",  j'aurais plutôt mis " si reprenant à plusieurs reprises."

J'ai vu ton petit message pour la modé, je vais essayer de rectifier cette mise en italique et en même temps corriger une ou deux broutilles d'orthographe que j'ai vues au fil de ma lecture.

Et enfin, ton texte comporte 5600 mots environ, je pense qu'il serait plus à sa place en textes mi-longs plutôt qu'en longs.

Si tu le souhaites je le déplacerai.

Un sourire sans émoticônes.


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Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Ceux d'à côté
« Réponse #9 le: 19 Décembre 2020 à 22:21:51 »
Chère Claudius,

C'est toujours avec intérêt et  plaisir que je lis tes commentaires. Je suis fort content que ce texte te plaise et qu'il t'ait intrigué. C'est bon signe. Comme je l'ai indiqué plus haut, j'ai composé cette pièce à l'attention de deux jeunes comédiens professionnels qui sont actuellement complètement à la ramasse. L'idée étend qu'il puisse la jouer. Je me fais fort, dans ma région, de leur trouver des scènes où se produire.

En ce qui concerne le transport du texte dans la rubrique des « mi - longs », je ne sais pas trop. Si tu considères que c'est préférable, je m'en remets à ton choix si tel devait être,, pourrais-tu également transférer les commentaires ?

Euh, pour « s'y reprendre à plusieurs reprises »… ben non, pas trop favorable ( Reprendre + reprise ça le fait moyen). Mais, j'ai changé quand même.

Grand merci, encore une fois, pour l'intérêt que tu portes à mes petites « bidouilles »
« Modifié: 20 Décembre 2020 à 14:50:53 par HELLIAN »
cent fois sur le métier...

Hors ligne Claudius

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  • Messages: 12 158
  • Miss green Mamie grenouille
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #10 le: 19 Décembre 2020 à 22:42:15 »


Ah oui pardon, s'y reprendre et reprise, tu as raison, je corrige une incorrection par une autre.

"L’homme tire de son veston une pipe qu’il s’efforce d’allumer, si reprenant à plusieurs fois"

Alors changer le reprenant par un autre verbe, ou encore peut-être enlever le à. 


Oui, je pense que c'est mieux vu le nombre de mots de passer en texte mi-longs, tu auras peut-être aussi plus de lectures dans cette section, les textes longs sont moins visités. D'autant que n'ayant que 5600 mots ton texte se doit d'être là-bas. Et il est évident que je transfère tout, texte et commentaires.

J'ai  corrigé le problème en italique, j'en ai profité aussi pour mettre un peu d'ordre dans la mise en page et les broutilles.

J'espère n'avoir rien oublié

Amitié.


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Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 242
Re : Ceux d'à côté
« Réponse #11 le: 24 Décembre 2020 à 11:52:41 »
Cher Claudius,

Je te suis reconnaissant de ce petit transport ainsi que de ceux toilettage appropriés. Je croyais, sous ton coaching, avoir apporté la correction souhaitée, mais j'avais dû rêver. Voilà, cette fois, c'est fait, à moins que quelques lutin malicieux se soit appliqué durant la nuit à défaire ma réparation.

Je te souhaite, ainsi qu'aux tiens, un hexa syllabique Noël

Bien cordialement
cent fois sur le métier...

 


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