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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Promenade dans le campus de la déraison.

Auteur Sujet: Promenade dans le campus de la déraison.  (Lu 864 fois)

Jimmy

  • Invité
Promenade dans le campus de la déraison.
« le: 29 Novembre 2020 à 18:52:43 »


J'avais la chance d'être encore admis à l'université malgré mon âge. Ce jour là nous nous étions réunis, quelques étudiants et moi-même, dans une petite salle proche de l'amphithéâtre pour jouer à des jeux d'esprit. Trois internes menaient la séance ; ils nous posaient des énigmes, et inscrivaient nos réactions sur un tableau.
Peu de temps s'était écoulé quand nos trois meneurs décidèrent d'écourter la séance et, sans trop d'explications, quittèrent la salle. Devant le désarroi de mes amis, je décidais de les remplacer. Après tout, n'avais-je pas passé une partie de ma vie à animer des jeux sur mon site internet ? Je me sentais tout à fait approprié pour cette tâche.

Il fallait que je trouve quelque chose d'assez simple que l'on puisse mettre en place rapidement. J'avais le tableau pour m'aider, et mon sens de l'improvisation fit le reste.Je leur demandai de se diviser en deux groupes :

— Je vous donne une lettre au hasard, et le plus rapidement possible vous proposez un mot. Chaque groupe n'a droit qu'à un seul mot et tout le long du jeu, un mot ne peut pas être soumis deux fois. Chaque groupe marquera autant de points que le nombre de fois où ma lettre apparaîtra dans son mot. Je vois que ce n'est pas très clair Nous allons faire un essai pour mieux vous faire comprendre.

Je m'apprêtais à dessiner des colonnes sur le tableau, mais ne trouvais pas de feutre pour ce faire. Pendant que je cherchais un peu partout, dans les armoires, les tiroirs, et autres emplacements secrets, je sentais que l'assemblée commençait à s'impatienter. J'ai finalement trouvé un vieux bout de craie, mais ça ne rendait pas grand chose sur la surface blanche. C'était illisible malgré tous mes efforts, et quand je me retournai, je vis que la plupart des étudiants étaient partis et les autres se dirigeaient vers la sortie.
Il me restait quelques heures à tuer, et cette fois j'étais seul. Je décidais d'aller me promener un peu sur le campus histoire de visiter un peu, prendre mes marques : je n'étais pas arrivé depuis très longtemps et je ne connaissais pas bien les environs.

Dehors le vent était glacial et une petite bruine ne venait rien arranger. Je vis ma sœur au loin s'engouffrer dans un des bâtiments. Je me dis que ce serait bien d'aller à sa rencontre. Nous n'étions pas loin du restaurant universitaire. Peut être étaient-ce les cuisines, ou des locaux du CROUS, je ne connaissais pas assez les lieux pour me faire une idée. Toujours est-t-il que j'y pénétrais à mon tour. Que venait faire ma sœur ici, elle qui n'était même pas universitaire ? Ça je ne le saurai jamais puisque une fois à l'intérieur je ne l'ai pas retrouvée.

La chaleur des lieux contrastait avec la froidure du dehors, et il me fallut un peu de temps pour parvenir à m'orienter à cause de la buée qui s'était instantanément formée sur mes lunettes. Il s'agissait bien de cuisines. Des employées de cuisine en tenue de cuisine s'affairaient autour des éléments de cuisine qui meublaient cette...cuisine. Tout ce petit monde était bien occupé et personne ne semblait remarquer ma présence. Pourtant, j'entendis un voix qui m'appelait :

— On demande Monsieur Jimmy ! Monsieur Jimmy est demandé !

Qui pouvait bien m'appeler à cette heure ? D'ailleurs quelle heure était-il ? Je n'en avais pas la moindre idée. Je me dirigeai vers la voix. J'ai dû longer deux ou trois couloirs, l'air était un peu plus frais. En passant, je jetais un œil. Ces couloirs donnaient sur des pièces très petites, des sortes de cellules dont les portes étaient grandes ouvertes. A l'intérieur de la plupart d'entre elles je pouvais voir des couples qui étaient en train de faire leur affaire.

Tout cela ne me semblait pas très sain, il fallait que je sorte d'ici au plus vite. De faire demi-tour il n’était nullement question. Je trouvais une porte métallique dans un recoin qui s'ouvrit sans résistance sur un local situé à environ un mètre en contrebas, Je sautais dans cette pièce qui devait sans doute être un local technique. C'était très mal éclairé mais à tâtons j'ai réussi à trouver une autre issue. Il s'agissait d'une porte métallique également, mais celle-ci était bloquée par une serrure à code. Pour trouver le code il fallait résoudre une énigme. Heureusement pour moi je connaissais celle-ci et j'ai pu m'extraire sans problème : et c'est là que tout à commencé. Je veux dire, mes emmerdes.

Dehors la bruine avait redoublé d'intensité. J'étais dans une petite cour entourée de barbelés, et contre le mur, derrière moi, se trouvait un cadavre. Un homme d'une cinquantaine d'années gisait là, un couteau planté entre les côtes. Ensuite tout devint flou. Je me souviens avoir entendu des sirènes, des flash lumineux bleus perçaient l'obscurité de la nuit qui venait de tomber et puis... et puis...
Je me retrouvais comme téléporté dans le bureau du commissaire.
— Je ne suis pour rien dans tout ça ! Je veux un avocat !
— Ce n'est pas un avocat qui te tirera d'affaire mon bonhomme ! Si tu veux mon avis, tu ferais mieux de te réveiller. Nous sommes dimanche, et je comprends que tu sois fatigué à cause du confinement, mais plus de deux heures de sieste, ce n'est pas raisonnable!

Alors je me suis réveillé, et je me suis dit que ce serait une bonne idée de raconter cette histoire à mes amis du monde de l'écriture.
« Modifié: 29 Novembre 2020 à 18:54:51 par Jimmy »

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 028
Re : Promenade dans le campus de la déraison.
« Réponse #1 le: 29 Novembre 2020 à 19:04:37 »
Merci pour ton texte.
Au début je ne comprenais pas ou tu voulais en venir avec ton texte, car il n'y avait pas d'histoire. C'était plutôt descriptif.
En fait tu nous partages un rêve.

"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Elina

  • Calligraphe
  • Messages: 120
Re : Promenade dans le campus de la déraison.
« Réponse #2 le: 29 Novembre 2020 à 20:21:08 »
M'enfin deux heures de siestes c'est plus que le début de la nuit ça !  :D
Merci pour le partage, ton texte est plaisant à lire .

 


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