Elle était là, surplombant son être de faille et de délicatesse. Elle était sa peine, elle était elle.
Cette faiblesse la tyranisait. Sans croire en son pouvoir, elle s'érigeait contre toute possibilité de devenir, sous ses pas, cette larme du désespoir.
Pleine d'amertume et de rancoeur, elle expulsait des cris et des plaintes. Sa haine envenimait son être blaffard. Elle savait que nul discours ne pouvait dévoiler son talent. Et sa souffrance exprimait toute la beauté de son âme. Cruelle en était sa complainte là où tout se consummait dans l'infernal désert. Le sol se dérobait et s'enflammait comme un brasier de vertiges.
Son corps exhultait sa chair à demi tuméfiée de scarifications, soulagée des horribles agonies. Son sang s'écoulait sur ses paroles de haine sans jamais crier son désir d'en finir.
Elle était, et sera cette force tranquille qui, brandissant sa victoire sur les torrents amers, aimera son chagrin et franchira le destin.
Pure ignominie ne viendra se soustraire de sa joie enlaidie de ses craintes éphémères, quand jadis elle voulait, sans aucun sacrifice, cracher son venin.
Son orgueil brisa toute la folie de son corps glorifié.
Sa volonté, partant dans l'oubli, ne fut que fumée.
Elle finit sur des braises où sa faiblesse devint sa victoire.
Seul son plaisir était dans ce noir où la clarté devint son espoir.
Alors, sans parler de délire, elle ne fut que jouissance dans ce miasme d'ignobles pensées. La bête draissa dans son coeur blessé, la fadesse d'une existence blasée.
Pour finir l'ascension vers des horizons sans fin, croupissant dans la moiteur de sa vie, elle battit son courage sur l'échafaud de la folie. Le couperet en termina le sacrifice et plongea la victime dans une insoutenable légèreté.
Son âme délivra sa puissance et sa hargne comme un félin agonisant sur sa fin.