Bonjour Chjara,
Alors je m'étonne que ton texte n'ait reçu aucun commentaire. Moi, je le trouve très "inspirant". Et justement, il m'a donné l'occasion de réfléchir sur les affres de la création. Mais craignant d'être ridicule avec un commentaire à côté de la plaque, j'attendais que d'autres essuient les plâtres.
Tant pis. Je me lance. Après tout, quand on offre un texte au public, il court le risque d'être incompris. Mais il ne nous appartient plus. Le lecteur s'en empare, et patatras... il en fait ce qu'il veut.

Donc voilà.
Dans l'art pictural, il y a ceux qui se lancent sans filet et créent des œuvres sorties de leur ciboulot.
Et puis il y a ceux qui, frappés par la contemplation de la Beauté, celle que voient leurs yeux et qui leur procure un plaisir esthétique intense, ceux donc qui veulent la reproduire.
Il y a un monde entre l'objet qu'ils observent, et le sujet, eux, qui sont frappés par la grâce. Mais hélas, entre les deux, il y a l'instrument. La main, qui va s'évertuer à reproduire. Certains artistes, sentant bien que leur but n'est jamais atteint, font quelque chose d'approchant et se laissent aller à créer autre chose, souvent réussi d'ailleurs.
Mais les perfectionnistes ? Ceux qui veulent voler à l'objet son caractère propre ? Eh bien ils frôlent la folie. Ne sont jamais satisfaits. Car jamais leur production ne reproduira ce qu'ils voient.
Et pendant ce temps-là, de surcroit, l'objet, surtout quand c'est un être humain, l'objet donc, change. Il en résulte une poursuite incessante de la vérité à un moment M.
De même qu'une photographie fige un portrait, la peinture le fait aussi, mais en plus elle ajoute la maladresse de la main.
Combien de peintres ont produit, reproduit, continué à se rendre fous, et aller jusqu'à détruire leur oeuvre !
Voilà. Je sens que je me suis bêtement emballée et pardon si mes réflexions de quatre sous ne traduisent pas ton intention.
Je ne me relis même pas, car j'ai honte.