Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

11 Août 2026 à 16:31:45
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » Sur la fierté d'écrire

Auteur Sujet: Sur la fierté d'écrire  (Lu 6993 fois)

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
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Sur la fierté d'écrire
« le: 24 Octobre 2020 à 15:38:59 »
Salut !

J'ai fait une petite recherche pour voir si ce sujet avait déjà été abordé, mais je suis revenu bredouille. Si c'est un doublon, n'hésitez pas à le fusionner (et veuillez m'excuser)

Alors voilà, hier soir, ma colloc' m'a demandé ce que je griffonnais furieusement dans mon carnet depuis quelque temps. Je lui ai expliqué, non sans gène, que je me préparais à écrire un roman pour le Nano. "Super ! Tu es un écrivain, je pourrai lire ?" me rétorqua-t-elle, et me voilà qui rougis, un peu honteux de ma confidence.

En fait, je me rends compte que j'ai une drôle de relation avec l'écriture. Pour moi, c'est un plaisir solitaire, presque coupable. J'ai un peu honte de dire que j'écris à mes heures perdues et je me garde bien d'en parler. Personne dans mon entourage ou presque ne sait que c'est un hobby, ni dans ma famille, ni dans mon cercle d'amis.

Je pense que cette réaction vient du fait que je suis très pudique. J'aborde dans mes textes beaucoup de sujets qui me sont chers et j'y fais part de mes états d'âme pas toujours glorieux. De plus, je construits mes personnages avec les caractéristiques de gens qui me sont proches et j'ai peur que certains se reconnaissent. Du coup, j'ai peur du regard que pourraient porter les miens sur mes textes, de leur jugement. Partager ici mes écrits se fait sans peine puisque vous m'êtes tous inconnus et que je suis anonyme.

Ce n'est pas un problème et je ne cherche pas une solution, je crois que j'aime ce petit secret. En revanche, je suis curieux de savoir la relation que vous entretenez avec le fait d'écrire.

Alors voici mes questions :

Êtes-vous fiers d'écrire, en parlez vous autour de vous ?
Vous faites vous lire par votre famille/amis ?
Avez-vous été comme moi ? Avez-vous évolué ?
Et enfin, pensez-vous être un écrivain.e ?

La bise !


En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne fulgiras

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #1 le: 24 Octobre 2020 à 19:06:34 »
Salut,
J'ai un rapport à l'écriture très proche du tien et je me demande parfois si c'est pas comme ca qu'on atterrit sur le mde ne voulant partager ses textes à la fois publiquement et à la fois en cachette. Je suis curieux d'avoir les avis des autres.

Je pense qu'il y a un rôle de l'image de l’écrivain intellectuel, cultivé qui débat de sujets de société délicats qui encourage pas trop à dire: j'écris sans cette idée de littérature qui se prend au sérieux. Je me trompe peut-être mais j'ai cette impression que dire je dessine a un coté plus "artiste cool", loisir là ou la littérature beaucoup moins. 

Hors ligne Loïc

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #2 le: 24 Octobre 2020 à 19:17:54 »
Oh mais quel bon fil pour justement procrastiner l'écriture :mrgreen:

Je ne me cache pas vraiment, dans le sens où ma famille et une bonne partie de mes amis savent que j'écris, après je suis un peu mal à l'aise de le faire devant ma famille ou de leur montrer. Si un jour je suis publié je le ferai avec fierté, mais en attendant, les trucs en cours (c'est à dire tout :mrgreen:), j'ai pas tellement cette ambition. En même temps j'y vois pas trop d'intérêt ^^
Du coup si quelqu'un me voit écrire, je réponds un peu évasivement parce que la timidité, mais je cache pas le fait que j'écris.

Je suis pas fier d'écrire, mais je suis pas non plus fier de jouer au handball ou de faire de l'escalade ou de jouer aux jeux vidéos. C'est un loisir comme un autre.
Je ne fais lire que sur le MdE, aucun intérêt à le faire lire à quelqu'un d'autre.
J'ai toujours été comme ça je pense (difficile de cacher que t'écris quand t'es gamin ^^)
Je me pose pas la question ^^
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne Persona

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #3 le: 24 Octobre 2020 à 22:56:33 »
Hello,
Question super intéressante :)
Je me reconnais un peu dans ton approche.
J'ai commencé à dire à mes proches que j'écrivais quand c'est devenu régulier. Avant ça ben... j'ai gardé mon imagination pour moi pendant des années, je n'arrivais pas à écrire parce que ça me gênait. Je devais prendre l'imagination pour de l'immaturité je suppose. Et puis le regard des autres :s. A la fac, une connaissance écrivait, il n'a pas forcément pu compter sur la bienveillance des gens puisque c'est plutôt devenu un sujet de plaisanterie. Donc jamais j'aurais osé dire que j'écrivais, même si c'était qu'un peu à ce moment là. Et aussi, il y a une part de "à quoi bon".
Donc assumer d'écrire et assumer d'en parler aux autres, c'est venu ensemble. Maintenant les proches auxquels j'envoie mes textes sont très encourageants, ça me fait beaucoup de bien.
Et donc oui, il y a une part de fierté d'avoir passé le cap, de se dire qu'au fond ce qui compte c'est d'aimer ce qu'on fait.
Se dire écrivain par contre noooon. C'est comme se dire artiste, non ? Ca peut passer pour de la prétention.

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #4 le: 25 Octobre 2020 à 02:21:59 »
hey oui, sujet parlant !
bon heu désolé je me suis étalé je voulais faire court, mais vous savez ce que c'est...



EN REACTION
y'a de la substance avec toi fulgiras qui reconnais cet aspect super-génial du forum qui est le suivant : ici on existe dans un autre monde, ce qui fait qu'on est quelqu'un et personne à la fois, public et caché, mais affiché et intime
je te rejoins Loïc sur sa remarque à tendance euphémisante, comme quoi y'a pas vraiment de fierté, dans le sens mal placée, à faire ce qu'on fait ; moi aussi j'écris, et en dehors du fait que c'est un désir infantile qui se réalise, je ne suis pas non plus dans la valorisation psycho-capitaliste de ce qui pourtant génère en moi de la satisfaction
enfin persona je remarque le constat que tu fais et qui n'est pas singulier : on se fait vite railler lorsqu'on écrit, c'est un phénomène oui... inexplicable avec des mots pour moi, encore now ; par contre je m'offusque de ton deuxième constat universel, celui à propos de prétention : comme si dès qu'on a envie de faire un truc intellectuel ou psychique, ça évoquait aux autres l'envie de houspiller contre un crime moral... la créa, un crime ? 'sont juste jaloux ou quoi ?

EN INTERVENTION
ma petite pensée : on soulève la dichotomie fierté/honte, et outre le fait qu'aujourd'hui dans notre monde à influence chrétienne mal tournée, il est difficile d'avoir de l'ego, même si celui-ci se justifie comme par exemple par le travail de nos qualités naturelles ou de goût ; eh bien je vais plutôt souligner ma remise des causes du sujet...
je crois que tout ceci nait justement de la honte : je crois qu'écrire se fait à défaut de parole ; que ce soit sur un sujet qui peut blesser, que parce que les mots oraux sont moins complexes, que parce que psychologie ou autre, à chaque fois j'imagine que le goût pour la littérature se développe par frustration du réel et fuite vers l'imaginaire... il n'est pas rare de qualifier les littérateurs de timides, réservés, introvertis : ça dit bien ceci, en quoi si on a parlé avant d'écrire et si pourtant ce sont deux modes d'expression distincts, eh bien l'écriture est ce lieu un peu subsidiaire qui ne s'éloigne pas des chemins de la honte, autant que d'une fierté qu'on aurait facilement à associer à des autres quaalités...

EN REPONSE
du coup pour répondre :
- je suis "fier" d'écrire, mais la honte autant que la fierté m'enjoignent à rester humble également bref encore une dicthotomie axiologique que j'ai du mal à ne pas scinder... ; j'en parle un peu autour de moi, mais là c'est très bizarre je crois '-'
- certains de mes entourages lisent, mais je sais pas qui et quoi car je n'ai que peu de retour, tout étant public et sans remise en forme : je m'aperçois que tout en étant ouvert, je reste bien hermétique... art free total !
- ahoui, je voulais répondre à ce fil par cette anecdote, j'étais gamin et j'avais gardé un cahier de la rentrée scolaire en me disant que j'essayerais bien d'écrire un peu, avec toutes ces questions d'ici dans ma tête... je ne crois même pas avoir écrit dedans, ou alors quelques pages à peine pour essayer sans conviction, mais toujours est-il que je suis tombé un peu dans un panneau désagréable quand par projection, j'ai cru que mon frère écrivait lui aussi quand j'ai vu un cahier similaire rangé étrangement ; y'a eut de la question gênante, et puis j'ai décidé, tout honteux et trompé, de garder du scrivage pour moi perso... jusqu'au meud ! ou presque...
- je pense être un artiste avant tout huhu haha, mais dans ma tête quoi, y'a pas de prétention professionnelle à l'artistisme ; j'aime l'esthétique l'engagement la concentration associées à ma vision du concept, et j'aime me dire que je produis du sens et de l'imaginaire, consciemment... j'aurais petetr à une époque voulu que la société me considère en tant qu'écrivain, mais au fond cette étiquette basée sur la reconnaissance sociale, ça me passe par dessus la défonce... donc j'suis écrivain, oui en partie, mais je préfère me penser aujourd'hui comme écrivain par nécessité : j'écris parce que j'aime ça dans mon art, mais surtout parce que j'ai cette auto-culture de l'expression particulière, et par contre l'écriture est l'un de mes outils, et non une finalité en soi ; un de mes outils pour penser, bien sûr, c'est là ma petite liberté perso, là où tout pourrait déluger après moi, j'ai ça : la pensée !


breeeef,
cool lieu qu'ici pour dire ce qu'on pense de ce qu'on écrit, y'a moyen que de l'échange d'ego soit plutôt accointant ici, sans que cela passe pour de l'étalage frustré !

byou
.

Hors ligne Xeraphia

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #5 le: 25 Octobre 2020 à 02:37:55 »
Hm… pour moi, ce n’est pas une question de fierté ou de honte, c’est une question d’intimité. Non, je ne dis pas aux gens que j’écris, simplement parce que ça ne regarde personne. Ma sœur le sait, parce qu'elle écrit aussi, mes parents parce qu'ils me voient faire. Et j’écris depuis trop longtemps pour qu’on ne le sache pas. Et c’est tout. Et ils n’ont jamais rien lu, et n’ont jamais demandé.
On met trop de nous-mêmes dans nos écrits pour que je trouve normal de dire aux gens que je le fais. Je ne suis pas là pour partager, je suis là parce que j’ai besoin d’aide. Si j’étais capable d’écrire sans aide, je n’aurais jamais mis les pieds sur le MdE.
Depuis que je suis ici sur le MdE, je me suis fait deux copines qui m’ont parfois comparée à mes persos : tu réagis comme Machin, tu penses comme Truc, fais pas ton Chose, en fait tu ressembles beaucoup à Bidule. Ce qui est normal, il y a de moi dans chacun ; mais c’est hyper bizarre, presqu’intrusif, que, du coup, elles voient la ressemblance.

Quant à la fierté… euh, zut, oui, un peu que je suis fière de ce que je fais, et j’espère bien que c’est le cas de tout le monde ici ou ailleurs :D Je travaille trop fort à mes écrits, je dépense trop d’énergie et trop de temps pour eux, j’y mets tout ce que je sais, tout ce que je connais, tout ce que j’ai vécu, j’y consacre trop de moi-même pour ne pas être fière de mon travail. J’ai le droit d’être fière, je le mérite, et c’est le cas de n’importe qui qui crée quelque chose de toutes ses forces.
La qualité ? Ce n’est pas ça qui me rend fière, parce que j’en sais fichtre rien, de ce que ça vaut. Mais c’est l’effort qui me rend fière.

Par contre, fierté ou pas, intimité ou pas, j’irais jamais me prétendre écrivain. Parce que quand je vois ce que les écrivains que j’admire produisent, la qualité de leur travail, leur style, leur créativité, leur imagination, leur efficacité, je me sens dans mes petits souliers… et je me rends compte que c’est inaccessible. On n’est pas écrivain parce qu'on a publié un livre, on est écrivain parce qu'on sait écrire, et la différence est énorme.

Hors ligne Dot Quote

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #6 le: 25 Octobre 2020 à 03:42:55 »
Mmmah c'est cliché ce mythe du profesionnalisme productif et forcement reconnu, pour justifier un titre
Écrivain pour moi se résume a l'activité, t'es écrivain si t'écris, par principe et etiquetage pratique, ya pas de valeur morale a susciter auprès de la qualité universelle ou de la reussite sociale pour prétendre faire ce qu'on fait, faut arrêter la fausse modestie euphemiste et mieux être humbles de ce qu'on fait fierement... Non ?

Si c'est pas ton métier ok, mais comme je dis c'est réducteur je trouve de limiter le terme écrivain a son métier ; ce peut être une passion, une catharsis, autre chose, tu es toi mm dans l'activité d'écrire, donc on va pas tortiller du cul pour chier droit, moi jtrouve t'es une fière ecrivzin qui a de quoi :)

Mais chacun ses defs et usages des mots...
.

Hors ligne Deofresh

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #7 le: 25 Octobre 2020 à 10:04:07 »
Haaa, je me disais bien que je ne devais pas être tout seul. C'est rigolo je trouve, de comparer nos ressentis sur la chose.

Je suis d'accord avec toi Dot que le terme écrivain devrait s'appliquer à quiconque écrit, mais comme le disait fulgiras, il y a une espèce d'aura autour de la chose. Du coup, moi je ne me considère pas écrivain parce que je n'ai pas l'impression d'en avoir la légitimité. Et puis j'aurais peur de paraître prétentieux si je le disais.

Maintenant Loïc, je pense que l'écriture est un peu différente de l'escalade (que je pratique aussi, et j'ai pas peur de le dire  :D), parce qu'on créé et comme le disait Xeraphia, on met une grosse part de nous même dans nos textes, c'est donc une sorte de mise à nu.

Et sinon, pour prolonger un peu le débat :

Pensez-vous qu'être publié.e changera (ou a changé, si vous avez la chance de l'être) votre relation à l'écriture ?
Feriez-vous de l'écriture votre métier  si vous en aviez l'occasion ?
En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne Loïc

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #8 le: 25 Octobre 2020 à 10:38:13 »
Citer
Maintenant Loïc, je pense que l'écriture est un peu différente de l'escalade (que je pratique aussi, et j'ai pas peur de le dire  :D), parce qu'on créé et comme le disait Xeraphia, on met une grosse part de nous même dans nos textes, c'est donc une sorte de mise à nu.

Encore un  :aah:
Et sinon, moi je suis pas trop d'accord avec ça. Je crois pas mettre une grosse part de moi (pas non plus rien, mais pas tant) dans mes textes, et je crois pas que ce soit une mise à nu.
Du coup je persiste : l'écriture, c'est un loisir comme un autre, ni plus, ni moins. Dans lequel, à l'échelle de ma vie, je n'ai même pas investi tant de temps que ça.

Citer
Pensez-vous qu'être publié.e changera (ou a changé, si vous avez la chance de l'être) votre relation à l'écriture ?
Feriez-vous de l'écriture votre métier  si vous en aviez l'occasion ?

Non à la question deux, therefore non à la question un.
Faire de l'écriture un boulot, ça veut dire devoir écrire, même quand j'ai pas envie.
Des trucs qui plairont aux éditeurs, si possible, au public, surtout.
J'aime pas assez (ou trop ?) écrire pour ça ^^
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Alestorm

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #9 le: 25 Octobre 2020 à 14:54:39 »
en vrai j'en viens vraiment à me questionner suite à ton propos Loïc, car effectivement tu donnes l'impression cosmopolite, dans tes écrits, de parvenir à un degré d'objectivité que j'admire énormément alors que je n'avais pas fait ce lien là que tu effectues, celui de la distanciation d'un propos artistique depuis son ambition : en gros, je te crois quand tu dis que tu ne mets pas tant que ça de toi dans tes textes, et d'une part je trouve ça respectable, mais surtout d'autre par je me demande comment tu fais, et si c'est un absolu seulement atteignable ; ne serait-ce que par ton filtre de choix artistiques, écrire est un travail d'extériorisation, il y a donc bien cette notion d'exploiter un jardin privé afin de le rendre partagé... j'ai d'ailleurs, d'où mon intrigue, toujours considéré qu'il vallait mieux avoir conscience de ce fait pour mieux être pertinent, mais tu me prouves qu'une ambition altruiste ou du moins subjective, est tout aussi valable, ne serait-ce que pour ton amour de l'écrit qui se libère donc ainsi, à sa manière, et franchement j'admire car, bin voilà, je pense que c'est une difficulté antagoniste à mes prérogatives artistiques, mais qui a toute sa place dans l'équilibre dichotomique du phénomène individuo-social qu'est la culture de l'écrit !

Deofresh oui pour la crainte d'une prétention, pour ça il faut se la jouer Nietzsche  mwajdi : créer des valeurs quitte à renverser, comme je le disais, les christiannités de pities de sacrifices, de je suis une taupe dieu a le marteau, de tout le monde est mieux que moi quoique aujourd'hui à voir... bref, j'espère que le monde change et que les individus prennent conscience de leur écrasement passé, et qu'on assumera de plus en plus autre chose qu'un chèque en fin de mois et ce qu'il nous permet, dans les futurs classements de valeurs humaines ! t'façon tu mens Déofresh ahah, jamais vu d'énormité pareille : tu es toi aussi un fier écrivain je suis sûr, j'ai moi la prétention de te le dire ! comme tout un cchacun ici, mais faudrait pas que la fréquentation du meud fasse de quiconque y vient un écrivain, si ? CV social contre CV professionnel ? à creuser, genre moralement déjà, c'pas les mêmes buts, y'aurait aucune prétention à ne pas  être un truc qu'on fait comme si, alors qu'il y a à ne pas être ce qui est marqué sur le papier officiel ; dans le second on trompe la société, dans le premier on ne trompe que soi, j'ai l'impression, d'où qu'un écrivain pas de métier, est pour moi valable vraiment, en dinitive !

sinon, à propos de publication :
https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=35583.0
un petit tournage en boucle sans heurter l'absence de bords

:)
.

Hors ligne Xeraphia

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #10 le: 25 Octobre 2020 à 15:06:37 »
Ben en fait euh, au risque de froisser quelques egos, non, n’est pas écrivain qui écrit, ce n’est pas aussi simple.
On n’est pas cavalier parce qu'on pose ses fesses sur une selle deux fois par semaine. On n’est pas randonneur parce qu'on grimpe une montagne de temps en temps (de préférence quand il fait beau).
Et y a pas de mal ou de mépris à ça. On peut arriver à un niveau très correct et avoir beaucoup de plaisir et plein de beaux souvenirs, à poser ses fesses sur une selle deux fois par semaine ou à grimper des montagnes quand l’envie nous prend. Mais ça s’arrête là.

Ce qu’on est, nous, est un mot qui a disparu et c’est bien triste : on est des écriveux, donc des gens qui aiment écrire et qui écrivent, tout simplement. Sans (nécessairement) prétention, sans (nécessairement) vouloir en faire un métier, sans (nécessairement) rechercher la qualité. Ou bien avec, hein, chacun son truc. Perso, par exemple, j’ai pas les deux premiers mais j’ai le troisième.
(Moi j’aime dire scribouillard, ‘fin voilà :mrgreen: )
(Et des scribouillards fiers de leur travail, hein. Again, pas de mal ou de mépris à « n’être que » des scribouillards)

Il n’en reste pas moins qu’un écrivain, c’est un professionnel. C’est quelqu'un qui a les connaissances, la technique, la capacité et l’intimité avec la langue que le scribouillard lambda n’a pas.
Parfois le professionnel est publié, parfois il ne l’est pas. Y a pas nécessairement de rapport.
Et parfois, y a des carrément pas professionnels qui sont publiés, et eux non plus ne sont pas écrivains, ne leur en déplaise :-¬?

Alors oui, je crois que c’est une très mauvaise idée de dire aux gens « Je suis écrivain ». Parce que si tu le dis, tu ferais mieux d’avoir un sacré pilier sur lequel t’appuyer.

Et c’est un peu pareil pour n’importe quel hobby, finalement. Les gens ne disent pas « Je suis peintre », ils disent « Je peins ». Et c’est logique.

Quant à ta nouvelle question, Deo, pour moi, c’est par excellence le genre de question qui n’a pas de réponse. La vérité est qu’on ne s’imagine jamais réagir de la façon dont on finit par réagir. Je m’imagine haïr l’écriture et mes personnages si je devais en faire quoi que ce soit d’autre que ce que j’en fais maintenant, mais… qui sait ? :D

@ Loïc : Je veux bien parier que tu y mets beaucoup plus que tu ne le crois. Je crois qu’on ne se rend pas compte de combien il y a de nous dans nos créations, littéraires ou autres. Je veux bien parier que si quelqu'un qui te connaît très bien et qui a bon esprit d’analyse lisait tes textes, il ferait beaucoup plus de rapprochements que tu ne le penses ^^

… L’est difficile, le café du dimanche matin, dites donc :o

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #11 le: 25 Octobre 2020 à 15:27:52 »
arf j'avoue que dans un monde où le CV seul compte pour compter les sousous des valeurs, monde dans lequel on vit malgré nous, y'a une distinction à faire entre l'activité professionnelle et l'activité qui ne l'est pas... mais mwa j'dis tout ça c'est du coinçage qu'une révolution aurait bien tôt fait de venir libérer huhu

quand y'aura plus du 'ah ouais t'es publié ? dis m'en pluss j'arrive pas à te juger juste en te lisant'
mais plutôt du 'ahouais t'as écrit ça ? viens on en parle'

genre moi la plus grosse honte si j'étais professionnel...
ce serait de m'adresser à des gens que je vais jamais connaitre !
le mec entre dans une librairie, il peut compter que sur le système pour te lire
et ça salit tout
même Zola étout, ok il font de la qualidad, ok ils sont reconnus, ok la plupart étaient payés et faisaient cette activité scrupuleusement, ok même, ils en tiraient du bénéfice personnel... mais tout ça pour le sacrifice de la construction humaine ; alors que quand tout sera construit, on vénérera toujours Zola, mais y'aura plus besoin d'être lu par des millions de gens pour prétendre à la simplicité de lien que peut, en vrai, se permettre l'écriture ; n'oublions pas qu'à la base c'est de l'expression, pas du capitalisme de valeurs...

mais je te rejoins qmm, parce que en effet se dire écrivain ici dans notre planète, c'est synonyme officiel de 'j'ai un métier, celui d'écrire, et si je l'ai et le garde, c'est pour des raisons valables', et si Zola a pluss le droit que moi de se revendiquer tel, j'avoue y témoigner la valeur de respect idoine, car oui qui suis-je, sinon ce petit écriveux j'adore le terme, ce scribouillard, cet écrivaillon comme j'ai écrit deux trois fois, cet écrivain raté, comme je le pense lorsque je suis pessimiste, cet écrivain free comme j'aime à le penser lorsque je suis optimiste...?

mais tout ça pour dire que je rêverais de vivre comme dans Dragon Ball à propos de l'écrivain ; dur à retranscrire ce monde libre qui est décrit surtout dans les disons 10 premiers tomes du livre, où chaque dinosaure est fier d'être un dinosaure, où chaque scientifique est fier d'être un scientifique, chaque aventurier ou ermite, bref, dans un monde pluriel où, par le biais de l'enfant Goku, on peut regarder plein de candeur toute la liberté à être ce qu'on est dans la vastitude du monde, sans avoir besoin que la planète sache notre existence, ce monde étrange de Dragon Ball qui se perd bien vite avec l'adulterie de Goku...
.

Hors ligne MoonAngel

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Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #12 le: 25 Octobre 2020 à 16:16:09 »
Citer
"Super ! Tu es un écrivain, je pourrai lire ?" me rétorqua-t-elle, et me voilà qui rougis, un peu honteux de ma confidence.
Purée, moi tout mon entourage sait que j'écris, mais jamais personne pour me demander de lire des extraits :D
Par contre, je déteste absolument qu'on me regarde écrire, qu'on regarde les phrases que je suis en train de pianoter sur le clavier, parce que je voudrai alors les tourner de façon à ce qu'ils ne fassent pas de remarque dessus, ou je me sentirai obligée d'expliquer chacune de mes phrases. (Et j'ai un don qui fait que mes explications à l'orale ne sont jamais crédibles ._. )

Pour tes questions :

Êtes-vous fiers d'écrire, en parlez vous autour de vous ?
Oui, plutôt. 'Faut dire aussi que c'est un passe-temps qui est beaucoup mieux perçu que si je disais par exemple jouer aux jeux vidéo à longueur de journée. Et les gens sont un peu plus intéressés si tu leurs dis "ouais j'ai fini mon chapitre aujourd'hui" que "ouais j'ai battu un boss super dur aujourd'hui" :D

En parler, ben si ça vient sur la table, en fait.
Mais après parfois tu as ceux qui le disent limite en même temps que leur prénom quand ils se présentent. Du coup j'ai déjà eu des cas où on disait à l'autre personne "Han, mais donc t'es l'écrivain du groupe ?" et moi à côté en mode "Heu... Je... ._. ". Et peur de donner l'impression de vouloir "faire mon intéressante" si j'interviens.

Vous faites vous lire par votre famille/amis ?
Ma famille c'est archi-compliqué. Ils sont à l'ancienne donc ils ne liront que si c'est sur papier :D
(Du coup il faudrait que je prenne un jour le temps pour aller dans une librairie avec photocopieuse pour le sortir sous papier et mettre les feuilles dans un support propice à la lecture. Ça coûte de l'argent, ça pollue la planète, et ça me demande de partir longtemps de chez moi et d'avoir du contact social, brrrr :D )

Puis là avec TP j'ai un peu de réticence. J'ai décidé de totalement me lâcher et d'écrire sans penser à autre chose que de raconter mon histoire, sans chercher à plaire ou à tourner de belles phrases. Ce qui m'a fait entrer malgré moi en contact avec des sujets vachement sensibles (handicap, harcèlement scolaire, abus sur mineurs, viol), que je redoute un peu plus de montrer à ma famille. J'ai peur qu'elle croie que je vais mal et que j'ai besoin d'un suivi psychiatrique :D

Sinon j'ai ma meilleure amie pour faire bêta-lectrice "jugement-free", mais elle a souvent la flemme. Mais comme je ne suis pas plus motivée à lire d'autres trucs, je ne lui en veux pas :D

Avez-vous été comme moi ? Avez-vous évolué ?
Alors pour ma part j'ai toujours aimé me faire lire, alors que je suis une très grosse timide et que j'ai vraiment peu d'estime de moi.
Mais il faut que je fasse confiance au lecteur pour oser lui montrer mes textes.
Je pense par contre que si mes harceleurs du lycée l'avaient un jour vu et montré à tout le monde en se moquant, j'aurais aujourd'hui eu beaucoup plus honte de mon activité et de mes textes. Grand heureusement, ça ne s'est jamais produit.

PS : Quand je dis "toujours", je veux dire depuis que j'ai commencé à écrire des petits textes, vers mes 13-14 ans ^^

Oh par contre je viens de me souvenir qu'une de mes profs m'a un jour cramée en train d'écrire en classe. Je pense une lettre avec comme narrateur une mère dont le fils avait disparu, et qui décrivait sa tristesse de ne pas savoir s'il allait bien ou pas. Heureusement, elle ne l'a pas lu devant la classe, mais m'a dit "la prochaine fois, c'est poubelle" tellement violemment que je l'ai quand même jeté moi-même à la poubelle après les cours :(Oh par contre je viens de me souvenir qu'une de mes profs m'a un jour cramée en train d'écrire en classe. Je pense une lettre avec comme narrateur une mère dont le fils avait disparu, et qui décrivait sa tristesse de ne pas savoir s'il allait bien ou pas. Heureusement, elle ne l'a pas lu devant la classe, mais m'a dit "la prochaine fois, c'est poubelle" tellement violemment que je l'ai quand même jeté moi-même à la poubelle après les cours :(
(Puis à côté j'avais mon merveilleux prof de français qui voulait bien me lire et qui m'encourageait à continuer :coeur: )

Et enfin, pensez-vous être un écrivain.e ?
Lol, malgré tout ça, nope. Pour moi, être écrivain, je l'entends dans le sens professionnel du terme, donc sous contrat avec une maison d'édition ou sachant gérer ses manuscrits de manière autonome (et donc en fait avoir obligatoirement des revenus de son activité).
En vrai, j'ai un diplôme en Écriture Multimédia, donc je suis Écrivain Multimédia diplômée. Cela fait-il donc de moi un écrivain professionnel, maintenant ? 👀
Bref, je trouve que dire "ouais je suis écrivain ouais" fait un peu trop "prétentieux". Je préfère dire que j'aime bien écrire ^^
(Oui et puis aussi va te prétendre écrivain quand les écrivains que tu lis sont à des années-lumière de ton niveau :D )

Pensez-vous qu'être publié.e changera (ou a changé, si vous avez la chance de l'être) votre relation à l'écriture ?
Heu... Je ne sais pas.
Mais c'est très probable.
Déjà il faut savoir ce qu'on entend exactement par "relation". Il y a plein de scénarios possibles :
- Tu as été publié mais tu as fait un flop complet. Est-ce que ça ne démoraliserait pas ne fût-ce qu'un peu ? Est-ce que tu vas te remettre dans un nouveau texte aussi facilement que si tu n'avais pas vécu ça ?
- Tu as été publié et maintenant ton éditeur veut un autre livre pour l'année prochaine. Ça va forcément changer ton rythme et ta liberté d'écrire. + L'ajout du stress de la performance parce que tu entres dans un marché avec une concurrence rude.
- Tu as été publié et ça fait carton plein, des producteurs viennent chez toi pour te parler d'une adaptation en série Netflix (quoi ? laissez-moi rêver :s ). Ne serais-tu pas tenté de faire une suite à ton histoire que tu voyais pourtant clôturée à cause de la pression de ton audience ?

Citer
Feriez-vous de l'écriture votre métier  si vous en aviez l'occasion ?
Alors, ça peut surprendre mais je ne pense pas. Être h24 sur ses propres heures, je pense que ça ne me permettrait pas de me "vider l'esprit". Utopiquement, j'aimerais un mi-temps ou 3/4 temps pour un métier où je peux être en contact avec le monde extérieur, avec d'autres sources d'inspiration, avec des sensations de la vie quotidienne, mais tout en gardant un créneau horaire suffisant pour écrire, que ne permet pas trop le temps plein 40h/semaine.
(Mais c'est un peu utopique comme je disais, va payer tes factures avec un mi-temps ._. )
Par contre j'aimerais bien être bêta-testeuse de jeux vidéo 3/4 temps ou à temps plein ^^


Pis pour finir, la fierté, ça va, ça vient.
Un coup tu es fier de relire cette phrase que tu avais réussi à parfaitement tourner tu ne sais trop comment, un coup tu relis une description de personnage totalement foirée et tu pars chialer dans ton lit :D
🕊️
May your heart be your giding pen~♫

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #13 le: 25 Octobre 2020 à 17:44:03 »
Écriveux, ouais, je crois que j'aime bien. Je ne connaissais pas du tout Xera.

En tout cas, je vous rejoins Loïc et Moon. L'écriture serait pour moi bien moins sympatoche si c'était un devoir. Pourtant, je l'avoue, j'ai envoyé des manuscrits à des ME, j'ai participé à des AT. Donc au fond de moi, j'ai quand même envie d'avoir une certaine reconnaissance (mon ego qui parle sûrement). Après, je ne vais pas arrêter d'écrire même si je ne suis jamais publié, ce serait un plus, c'est tout. Donc oui Dot, je pense que tu as raison, je suis quand même un peu fier de ce que je gribouille.  :mrgreen:

Je pense que j'aimerais être un écrivain (au sens pro du terme, puiqu'on est à peu près tous d'accord là dessus), parce que j'idéalise la chose. Quand j'y pense, je ne me vois pas faire des salons ou remplir des bulletins d'URSSAF, mais plutôt écrire à mi-temps, en voyage ou dans un van (je suis grave un bitnick dans l'âme  :D). Donc ouais comme toi Moon, un p'tit mi-temps m'irait bien. Je pense qu'en fait, je n'aime pas trop l'idée de faire des semaines de 40h dans un taf qui ne m'excite qu'à moitié toute ma vie.

En tout cas c'est sympa de voir qu'on partage presque tous une certaine pudeur litteraire, je trouve ça mignon.
En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne fulgiras

  • Scribe
  • Messages: 88
Re : Sur la fierté d'écrire
« Réponse #14 le: 25 Octobre 2020 à 17:46:09 »
Tiens c'est amusant personne voudrait faire de l'écriture un métier plein temps. J'ai le même avis que les autres pour ce qui est de publier régulièrement :avec toutes les contraintes que ca impose je me verrais pas en faire mon quotidien.

Par contre si un de mes romans était publié (mais pour ca il faut que j'arrive a écrire plus que trois pages et qu'il soit accepté  :-\ )  je crois que je serais fier surtout d'être considéré comme écrivain du point de vue d'un éditeur, que je me poserais moins la question en suis-je un et que je pourrais continuer plus tranquille, confiant. Maintenant l'expérience du mde m'a fait pas remarquer qu'entre juste un brouillon dans un coin chez soi et best-seller il y a des tonnes de nuances qui peuvent tout aussi bien nous convenir.

 


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