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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » c'est le livreur de carreaux

Auteur Sujet: c'est le livreur de carreaux  (Lu 2014 fois)

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c'est le livreur de carreaux
« le: 13 Octobre 2020 à 11:25:43 »
hey heu ah ! ce matin une expérience que beaucoup ont déjà effectuée en tant qu'écrivain, mais que mes petites phobies m'interdisent le plus souvent ; il me venait de terminer une nuit blanche par un soleil levant de matin d'automne, tout frais, tout automnal, et puis je me suis installé pour un double grand café, avec une simple et petite cigarette, en terrasse donc... et v'latipa que l'environnement m'appelle ! qu'il m'inspire ! qu'il me souffle gentiment : "bin vazy, tiens, un titre là, t'en fais ce que tu veux !" Pis alors moi j'interroge la métaphysique, mais pas trop longtemps parce qu'après elle me piège ; je sors l'app Notes, et pis je gratte l'écran... voici le résultat, c'est étrangement... cosmopolite pour moi, évidemment ahah, mais en tous cas c'est un reflet de la place Granvelle, un matin d'automne donc, avec un café matinal, et je dois remercier l'environnement de m'avoir paisiblement accompagné durant cette petite scription que je lui dois de rendre...


c'est le livreur de carreaux
#café #matin #terrasse #proésime


C'est le livreur de carreaux, il arrive pile à l'heure.
Depuis que le vent s'engouffre, par-delà une transparence insoluble, il pédale sur son vélo ailé, et dans la brume ou les nuages, il vient tout éclairer. La vitre est bondée, comme un tram sans horaire, il faut désengorger le trafic sans quoi tout est austère. Et comme une mousse de café, le livreur de carreaux inspecte une demeure avant de s'immiscer. À l'intérieur tout est plié, les fenêtres en quatre et les volets tirés, la lumière manque d'air, il lui faut respirer. Attendant son coli, le renfermé s'embourbe, dans un sommeil de nuit mais non pas sans trouble. Alors le chef à plumes, chevauchant sa monture, de métal il brave l'amertume et sa chaîne est huilée, on lui prêterait volontiers, un aspect posthume. Ce fantôme de livreur, il ne tombe qu'à pique, dans son coeur un autre trèfle, que celui de la fortune, et, pourtant, perçant la transparence des murs de la ville, il vient de son chant amener ce qui brille, des rayons du jour dans sa besace, le velours chaud qui éclaire la populace, il livre le dégivre.
C'est le livreur de carreaux, le temps qu'il passe, il n'est déjà plus l'heure.

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Obofix

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Re : c'est le livreur de carreaux
« Réponse #1 le: 13 Octobre 2020 à 12:15:25 »
Fichtre, ça c'est de la Poésie !
Pour un coup tu t'es défait de ton langage à bite huelle et j'ai même discerné sahéla comme un soupçon de rimaillage.
La première partie, narrative, m'enchante au pluhopoing
et vlatipa que la seconde entre de plain pied dans le délire.
Et c'est le pied (poil aux pieds)
Un seul mot peut exprimer mon ressenti
Waou !!!
 :mafio: :mafio: :mafio: :mafio:
« Modifié: 13 Octobre 2020 à 18:22:03 par O'Bofix »

Alice.M

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Re : c'est le livreur de carreaux
« Réponse #2 le: 13 Octobre 2020 à 20:04:34 »
J'ai lu ce texte ce matin. Et je suis restée là, à me laisser bercer par l'impression d'avoir lu quelque chose de chouette. Ca prend du temps, d'être sous le charme. ca prend bien plusieurs minutes. Parfois même, ça berce plus longtemps encore. Et je me disais : ça, c'est de la poésie. Et je ne sais pas pourquoi, j'avais l'impression d'avoir vu un film de Jacque Tati. Le temps de questionner mon inconscient pour qu'il m'explique ça, et que vois-je ? Le commentaire de ce monsieur, là, au-dessus, qui disait... qui disait ce que je voulais dire. Il avait dégainé plus vite que moi. Je me suis dit : merdum, je ne vais pas aller faire le perroquet derrière lui ! Et j'ai tourné les talons, et ai vaqué aux choses inévitables du quotidien.
Mais quand même...
Je suis revenue ici. je ne pouvais pas laisser passer le truc sans dire que
j'ai aimé. Oui.
C'est de la poésie.

Pour Tati, y a bien le facteur à vélo de Jour de Fêtes... mais ça n'a pas grand rapport avec ton poème.
Une ambiance, peut-être ?
Je n'ai pas compris ce rapprochement.

Autre chose : la dernière phrase qui clôt le truc et fait écho à la première : super.
Pis le titre : Le livreur de carreaux. ca te plonge direct dans la poésie avec son côté L'allumeur de réverbères.

Dis, euh... je suis pas trop thyrambique ?  :mrgreen:
« Modifié: 13 Octobre 2020 à 20:18:00 par Alice.M »

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Re : c'est le livreur de carreaux
« Réponse #3 le: 13 Octobre 2020 à 21:29:52 »
Ahui nous partageons visiblement ce facteur tristement talentueux dans son burlesque mesuré, c'est une sacrée influence pour moi, mais peut-être pas pour le coup, car ici la référence s'oriente vers une bd incontournable également, en vrai c'pas le plus glorieusement créatif dans ce poème mais je crois que je devais renforcer l'importance du géographisme impliqué, qui mêle l'amour de la montagne à celui de la douce grisaille.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Merci de votre chaleureux retour, j'appréhendais ce texte car il fut écrit en public, il est empli de trac. Au plaisir donc de vous avoir fait sourire grâce à quelque chose de différent dans mes humanités .
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Alice.M

  • Invité
Re : Re : c'est le livreur de carreaux
« Réponse #4 le: 14 Octobre 2020 à 09:56:25 »
, mais peut-être pas pour le coup,
Il est évident que je me suis étendue sur un détail et suis passée à côté de la substantifique moëlle du texte. J'en ai été consciente, mais je me suis laissée emporter par mon bavardage.

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débouche-vélo
« Réponse #5 le: 14 Mai 2021 à 10:25:38 »
han mèwè, un bestiaire poétique des métiers imaginaires oupah, ce serait un truc un peu cool non ? et puis qui serait de terriennerie appliquée par inspiration directement ténébrée depuis la profession ! en vrai d'un problème problématique, on peut toujours y retrouver la poétique

(moi j'y comprends rien à tout ça alors je reste admiratif)


débouche-vélo
#tube de printemps #poélir #c'est le plombier #coulent


nan mais je te jure vraiment, un vélo dans son évier, je lui ai débouché pour cent cinquante balles c'est magnifique la plomberie quand on en vient oui, à extraire tout un écosystème mécanique à l'aube d'un débouchiotte, non, sa cuisine en vrai oui, c'est un peu pire que tchernobyl, et bin il a fallu pompter, fureter, embobiner les coudes et les traverses de toyo bien dégoulinant de huile, végétale, animale, de coude, il fallait une échelle pour remonter la pression, et pis bin du produit hein, beaucoup, beaucoup, de tue-la-merde, pour quoi faire ? bin c'est dit dans l'appelation, c'est, pour libérer les conduits et alors là je tire, et wut ? comme dans le voyage de myiazaki, je tire un peu et y'a le vélo qui sort du toyo comme on épluche une banane de génie pour y trouver un génie de lampe ; bon ? bin c'était bouché, pis un toyo comaç hein, le truc t'y rentres à peine un lampadaire normalement, et dans le bon sens, sinon il éclaire à l'envers, oui, et bien ? un vélo je te jure vraiment comment il a atterri là ? qui le pilotait pour ainsi le laisser se vautrer dans la canalisation ? un indien ailé ? un facteur de biscottes timbrées ? on ne saura jamais car les empreintes disparaissent lorsque le soleil est après la pluie ; bon, et donc, je lui débouche son vélo, la chaine tourne bien les pédales pédestres ne sont plus piétonnes, et puis le pneu, l'autre même, les rayons en spagheti, 'fin bref, un vrai vélo entier étou, avec des ailes, des par-buffles et un steak pour le quatre-heure, bon, oui, toujours, encore, il a fallu démener le toyo, parce qu'il était récalcitrant le bougre, il fomentait son cholesterol comme pas deux, et en vrai, il fallait, que tout ceci se termine par une vanne, n'est-il pas ? alors le héros se débine, le nid bé de ce petit néant de rien du tout paumé entre deux antivols, il y résidait le pauvre, dans son vélo d'appartement, coincé entre deux coudes, et qui d'un, coup de, pouce, finit au bout de ma ligne de fraise de dentiste pour évier, je détartre à la fraise oui, des bouts de tartare, de tard-t'y-fêtes, du gras, souillé, sous y'a des gros sales, des grisous de gros sel, et ça cuisine à la pelle, à la paille, à l'appel des entrailles, en pareil des portails, d'une ribambelle de déchetteries que j'extrais de sa toyoterie, un bon coup, de main, fourré de poil de paume... jusqu'à fluide

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