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Auteur Sujet: [Erakis] Au gué d'Eraven  (Lu 228 fois)

Hors ligne Paf

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[Erakis] Au gué d'Eraven
« le: 04 octobre 2020 à 03:29:19 »
Plop !
Ma première contribution à l'univers d'Erakis. :)

Ce texte se passe en Alvaren, à la frontière de la Calacie et de l'Eraven : J'imagine la frontière comme un gué  franchissant la rivière qui alimente le lac d'Albareth, sur une route entre Albarteh et Edvyr.
Il se passe peu après les Joutes funèbres, mais est tout à fait sans rapport avec.

Ce n'est que la première partie de l'aventure de mon héro (qui n'est pas nommé) ; Svan sera plus tard connu sous le nom de Grand-Duc ( CF Elfes et parias. ), et peut-être que ce qui se passe dans la deuxième partie du texte n'y est pas pour rien dans son future statut de paria ! Si tout va bien en tout cas ! ^^

Je m'excuse par avance s'il reste des fautes d'ortographe !
_________________________________________________________________________________________________

«Ici, on n'aime pas les embrouilles, et encore moins les faiseurs d’embrouilles. Les Dieux, par exemple ; On n'aime pas. Ou les chevaliers à la recherche de trucs à embrocher sur une lance, les Rois qui se mesurent le territoire comme les gnomes se mesurent le vit. On a pas besoin d’eux. On vit en paix. Et quand on s’emmerde, on va mettre le bazare chez les voisins.»
Le vieux qui parlait avait souligné la dernière phrase d’un sourire aussi tordu que le reste de son corps ; je n’en avais pas moins sorti ma bourse pour payer rubis sur l’ongle le passage du Gué d’Eraven, qui donne son nom à la région nord du Royaume d’Alvaren. Je n’étais ni religieux, ni chevalier : mais avec le bagage plus que contestable que je trimballais, je ne me sentais guère le cœur à la provocation.
Je demandais à quelle distance se trouvait le premier village, et si je pourrais y trouver de quoi me réchauffer ; le froid, depuis plusieurs heures, mordait à travers mon pourpoint. Le vieux s’immobilisa un instant, et sa main ressortit de sa poche, sans mes pièces de cuivre. Son regard accrocha la rivière, puis revint se poser sur moi.
«Premier voyage en Eraven, hé ?
— En Alvaren, même. Je viens de Colyton, dans la marche de Tringel.
— Un long voyage…» Il ouvrit la barrière, et avec un sourire plus large qu’avant, m’invita à passer d’un mouvement du bras. «Il n’y a pas d’auberge à Palos, mais si vous continuez votre route, vous pourrez vous arrêter à l’auberge des six routes. C’est juste à quelques kilomètres du village, tout droit.
— Six routes ? » Je demandais, en plaisantant. « On m’avait dit qu’il n’y avait qu’une route sûre en Eraven ; que les gnomes dévoraient ceux qui s’en éloignaient.
— Aucune route n’est sûre en Eraven.» Grinça le passeur en refermant la barrière d’un geste rapide. « Surtout pour un étranger ! »
Je haussais les épaules. On m’avait dit la même chose de la Calacie, que j’avais pourtant traversée sans encombres. J’étais sûr de moi, un peu trop.
Le vieux riait, accoudé à sa barrière ; il ne faisait pas mine de s’occuper des trois journaliers qui attendaient derrière, et à qui j’avais tenté, sans succès, de faire un brin de causette durant les derniers kilomètres. J’aurais voulu continuer la route avec eux car bien que peu amicale, leur présence était rassurante. L’un d’eux m’encouragea toutefois à avancer sans eux, et ravi qu’il ait enfin daigné me sourire, je m’engageait dans le lit de la rivière.
L’eau n’était guère profonde, et la traversée me semblait simple ; mais après trois pas, je me retournais et réalisais que les quatre hommes derrière moi riaient à gorge déployée.
Et qu’ils riaient à mes dépens.

L’onde glaçait mes pieds, malgré que je n’ai pas enlevé mes bottes de cuir dûment graissé. Mon baudet allait son pas, mon charriot suivait, et je m’accrochais par précaution au côté de ce dernier. Nous avions progressé d’une quinzaine de mètres -sans que l’eau ne dépasse mes chevilles- et la rivière n’était pas large. J’aurais du déjà me trouver proche de la rive opposée. Pourtant, la berge me paraissait toujours aussi loin, et je fronçais les sourcils. Le bruit de la rivière couvrait les voix du passeur et du journalier ; quand je me retournais, je les surpris, hilares, qui semblaient me crier des encouragements.
J’hésitais : mais j’aurais eu pâle figure à faire demi-tour, sans compter qu’il aurait fallu que je paye le passage une seconde fois pour continuer mon voyage.
Et j’avançais, les yeux rivés sur les cailloux mouillés où mes bottes ne trouvaient que peu d’accroches.
«Alors, l’eau est-elle bonne ? »
La voix du passeur m’avait fait sursauter. Assit sur sa barrière, il me regardait approcher ; les trois journaliers grignotaient un pain tout chaud un peu plus loin.
« Vous êtes têtu. Vous avez mis longtemps à revenir.»
Je me retournais, effaré : à une quinzaine de mètres derrière moi, l’autre rive semblait me narguer.
«Si vous poser un seul pied sur la berge, un seul», me prévint le passeur en soufflant sur ses doigts blancs, «vous devrez me repayer les trois feus de passage…»
Son sourire méchant me toisait ; ma fierté se rebellait. Comment avais-je pu faire demi-tour sans m’en apercevoir ? Je jurais à mi-voix, et j’attrapais mon baudet par la bride pour lui faire faire demi-tour. Cette fois, je ne quitterais pas la berge des yeux.
Le rire du passeur, et quelques exclamations des journaliers me suivirent sur quelques mètres : et puis la chanson de la rivière recouvrit tous les bruits. Après deux ou trois minutes, je sentis un filet d’eau pénétrer dans ma botte droite. Je ne voulais pas perdre de temps plus tard à faire un feu pour sécher le cuir, alors tout en tenant la bride de mon animal et en gardant un œil sur la rive d’en face, je délaçais les cordons de cuire et je balançais mes chaussures sur mon charriot. Que l’eau était froide !
Et que la rive d’en face restait inaccessible… Il y avait plus de dix minutes que j’avais tourné bride ; au jugé, j’entamais la seconde moitié de la rivière. La distance semblait si courte pourtant ! Et puis d’un coup, je remarquais la barrière, devant moi. Le vieux n’était plus assit dessus ; je l’apercevais, avec mes journaliers, en train de jeter des dés. Je me retournais, me haussais sur la pointe des pieds pour voir par-dessus mon charriot : la même scène se déroulait derrière moi. La surprise, ou bien un caillou instable, me déséquilibra. Je tombais les fesses dans l’eau ; j’étais trempé, bien au-delà de la taille.
Mais de mon nouveau point de vue, la rive qui s’étalait devant moi était déserte. Je plissais les yeux : non, rien. Derrière, par contre, la partie de dés suivait son cours ; et dés que je me relevais, je vis de nouveau le paysage devant moi changer. Je reculais ; la barrière disparut. J’avançais de plusieurs pas : elle se trouvait maintenant sur la berge vers laquelle je me dirigeais, et la rive derrière moi était déserte.
Je grognais, impuissant : mais je frissonnais aussi, car le vent frais sur mes chausses mouillées me frigorifiait. Je devais sortir de l’eau : sur une rive ou sur l’autre, mais je devais me sécher et me réchauffer.
Les quatre Eravons me regardèrent tirer mon baudet sur la rive, essorer mes chausses et renfiler mes bottes ; ils se mordaient les lèvres pour ne pas rire. Le passeur sifflotait, à côté de sa barrière, et me tendait sa main ouverte. Je fouillais la poche de ma chemise, et, tremblant d’indignation, j’en sortais les trois feus que l’autre me réclamait.
« Voilà pour le retour », approuva-t-il. « Réchauffez-vous ; vous déciderez ensuite si vous voulez faire une nouvelle tentative ce soir. »Je ne relevais pas un mot ; je me sentais humilié, misérable. Le passeur me tapota le dos d’un air aimable : je sentis les poils de mon dos se hérisser, mais je serrais les dents. Puis il me poussa dans la maisonnette, m’assis sur un tabouret. Je claquais des dents, et je songeais que, peut-être, il regrettait sa malice incompréhensible jouée à mes dépens.
La fatigue fondit sur moi alors que je me réchauffais à peine. Enroulé dans ma couverture, les pieds aussi proches du foyer que le permettait la chaleur des flammes, je sentis ma tête s’alourdir, mes pensées se brouiller. En quelques minutes, mes yeux peinaient à rester ouverts, et je faillis tomber de mon tabouret quand le vieux m’apporta un bol de soupe claire.
«On dirait que c’est fini pour vous aujourd’hui, pas vrai ? » Rigolait-il. «Pour trois feus de plus, vous pouvez rester dormir et manger ; vous réessayerez demain matin.»
Sans répondre, j’ingurgitais ma soupe, salée et grasse, goûteuse malgré le peu de matière solide. Elle me redonna quelques forces, et, le temps de la siroter doucement, je repris un peu mes esprits.
«Je ne veux pas attendre demain», toussais-je en avalant les dernières gouttes de soupe. «J’ai payé pour passer aujourd’hui ; ou bien promettez-moi que je n’aurais pas à débourser ces trois maudit feus de plus pour passer demain.
— Mais vous aurez à les débourser ce soir comme demain ! » S’esclaffa le passeur. «Qui me dit que vous n’avez pas mis pied sur l’autre rive ? Les trois feus que vous m’avez remis tantôt payaient votre traversé retour, de l’Eraven vers la Calacie ! »
Je le regardais, trop ahuri pour songer à me mettre en colère ; et avant que je ne réponde vertement, j’éternuais. Et je sombrais : je fus pris de frissons, ma tête me sembla tout à coup pleine de coton, mes mains tremblaient sous le poids de mon bol vide. Je songeais à ma chère maman, incongrûment, à mon petit logement tiède à Colyton, et réprimais une larme.
Le vieux me regarda, et secoua la tête.
«Venez que je vous montre votre couchette. L’eau de la Ravenne est froide, vous n’êtes pas le premier à y attraper quelque mal…»
Je ne savais plus si sa compassion me touchait ou m’exaspérait ; ce que je savais, c’est que je brûlais d’envie de me couler dans la couchette promise. Je ne tentais donc plus de me rebeller : je me levais avec peine, et suivais l’homme.

Le rayon de soleil qui me tira du sommeil ne me trouva guère vaillant. Toute la nuit, je m’étais tourné et retourné sur ma couche. Un coup, j’avais repoussé les couvertures, un coup, j’avais volé celles qui traînaient sur le lit voisin, innocupé. Le vieux, inquiet des gémissements que je poussais, m’avait apporté un nouveau bol de soupe, certainement un beau milieu de la nuit ; et quand, titubant, je le trouvais assis à la porte de la maison, sa sollicitude cette fois me réchauffa le cœur.
«Alors, Monsieur Colyton, comment se sent-on ? »
Je laissais mon nez bouché répondre à ma place, et je demandais d’une voix fatiguée :
« Est-ce que je pourrais avoir un autre bol de soupe, s’il vous plaît ?
— Un bol de soupe pour notre malade du jour ! » S’exclama le passeur. «C’est partit ! Elle a dû refroidir depuis mon déjeuner, mais elle ne sera pas longue à réchauffer. Dois-je vous compter au nombre de mes pensionnaires ce soir, Monsieur ? »
Je hochais la tête, réaliste. Mes yeux accrochèrent la rivière, et je soupirais.
«Comment se fait-il que je n’aie pas réussi à traverser ? » Demandais-je en suivant l’autre à l’intérieur. «Au milieu de la rivière, c’était comme si… les berges échangeaient de place, sans que je ne fasse demi-tour.»
Le vieux ne s’arrêta pas de brasser sa casserole ; mais me jeta un regard en coin avant de murmurer :
«Aucune route n’est sûre en Eraven.»



Le reste de la journée se déroula sans heurt ; je passais la plupart de mon temps sur ma couche, grelottant ou brûlant. Je me rongeais les sangs à l’idée que quelqu’un - le vieux tout particulièrement - puisse soulever la bâche de mon charriot et mettre le nez dans mes précieuses affaires ; mais à aucun moment je n’eu la volonté ou la force de mettre le nez dehors.
À la nuit tombée - elle tombait tôt en cette saison - j’entendis le vieux pousser le verrou de la porte, et ce claquement me réveilla. Je me sentais mieux : je me levais, me glissais par la porte de derrière pour satisfaire un besoin naturel, et rentrais bien vite en me frottant les bras : la température avait encore chutée, pour ce qu’il m’en semblait.
Dans la salle, le vieux confirmait justement mon impression :
«Demain, après-demain… Un de ces jours pour sûr. Et une fois la neige tombée, les routes seront glissantes, impraticables : tu ne pourras pas remonter aussitôt que tu le dis. Tu devrais faire demi-tour, Svan : reste bloquer en Calicie, et tu perdras plus d’argent que ne t’en rapporteront tes peaux.»
Le dénommé Svan grommela quelque chose que je ne compris pas ; et le rire grinçant du vieux m’accueillit dans la pièce.
« Tu ne veux pas payer, mon ami. Regarde celui-là, » continua-t-il en me désignant. « Il voulait traverser hier, et je l’ai bien vu, il a regimbé à payer. Voilà maintenant qu’il est heureux de me donner trois feus par jour pour ne pas même traverser ! »
Instantanément, le passeur me parut aussi détestable que la première fois que j’avais posé les yeux sur lui. Disparus, les gentils bols de soupe ! Disparue, la couchette moelleuse et la couverture de laine !

Svan, lui,  semblait sourire. Il était de grande taille, presque trop grand pour son fauteuil. Son capuchon lui retombait sur les yeux ; sa peau semblait sombre, plus sombre encore que la mienne qui avait couru les routes tout l’été. Comme il ne m’adressa tout d’abord pas un mot, je ne le saluais que d’un signe de tête, à l’usage de ces auberges où l’on ne se parle que si l’on a quelque chose à se dire ; le vieux ne prit pas la peine de nous présenter.
Je m’assis, et l’air de rien, je demandais :
« Aucune route n’est sûre en Eraven. Mais n’est-ce pas votre travail que de faire passer ce gué aux voyageurs ? Comment se fait-il que je n’aie pas pu le faire, moi ? »
Svan me regarda comme si j’étais frappé de folie ; je distinguais ses yeux curieusement dorés s’écarquiller. Le vieux s’esclaffa, une fois de plus ; et me lança une pomme flétrie.
« Voudriez-vous, Monsieur Colyton, que je prenne sur mon dos chaque voyageur passant ma barrière ? La Ravenne a son caractère ; encore est-elle plus facile à apprivoiser et moins cruelle que beaucoup de ruisseaux, de pierres et d’arbres d’Eraven. Je fais les offrandes ; je ne peux faire plus.
— Piedro est un des meilleurs passeurs en Eraven, intervint Svan. S’il n’avait pas décidé de s’enterrer dans ce coin paumé, je l’aurais depuis longtemps embauché pour me passer, non seulement la rivière, mais aussi tout le reste du pays.
— Notre ami ne connais pas l’Eraven,» intervint le vieux Piedro en me désignant. « Et, hum, il se peut que j’aie omis quelques détails lorsque j’ai négocié son passage avec l’eau.» Son sourire large et carnassier s’élargissait : l’homme semblait pouvoir remonter les coins de sa bouche jusqu’à ses oreilles. « Je le passerais demain : mais il entrera en Eraven un peu mieux armé qu’il ne l’était hier.» Puis son sourire reprit une taille plus habituelle, et il ajouta, à mon intention, « Vous trouverez un passeur à l’auberge, pour la suite de votre voyage. Demandez Dalou. Il a une sale trogne, mais il vous mènera là où vous voulez aller ».
Il me lança un clin d’œil ; puis, après un silence reposant, il sortit un jeu de carte qu’il commença à distribuer sans prononcer un mot. La soirée fut longue, et agréable.

Le lendemain, je trouvais le passeur à sa barrière. Svan était parti, et trois voyageurs prenaient pied sur la berge. Le vieux me salua d’un geste de la main, mais resta à son poste. Je me préparais doucement, grignotais un peu de pain en rassemblant mes affaires. À l’écurie, mon baudet mâchonnait une bonne portion de foin ; mon charriot n’avait pas été touché. Je souriais, puis secouais la tête. Peut-être Piedro n’était-il pas un mauvais bougre après tout ?
Mais lorsqu’un peu plus tard, j’arguais du mauvais service à ma première tentative pour négocier un passage gratuit, Piedro resta inflexible.
«Le péage fait partie de l’offrande, mon petit Monsieur Colyton. Si j’acceptais, vous en seriez quitte pour un autre mauvais tour de la rivière.»
Et de fait : mise en scène ou rituel, après avoir fait disparaître deux de mes pièces dans sa poche, il frotta cette fois un petit objet sur la troisième. Objet qu’il lança ensuite dans la rivière : et voyant que j’avais surpris son geste, il me décrocha une dernière fois son sourire tordu.
« Gardez-vous de mécontenter le petit peuple, Monsieur Colyton. Et gardez-vous de mécontenter qui le connaît bien.» Puis il hésita, et sortit de sa poche un petit caillou d’apparence anodine. « Si vous devez faire une offrande, » souffla-t-il en me glissant la pierre dans la main, «et pour me faire pardonner.»
Il fit demi-tour, et s’éloigna vers sa maisonnette sans me laisser le temps de le remercier ; je haussais les épaules, attrapais la bride de mon baudet, et traversais la Ravenne en quelques minutes.




« Modifié: 04 octobre 2020 à 09:18:09 par Paf »
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Re : [Erakis] Au gué d'Eraven
« Réponse #1 le: 04 octobre 2020 à 12:43:59 »
Salut Paf  :)
Je commence par les corrections/remarques puis après un commentaire général :

Citer
qui donne son nom à la région nord du Royaume d’Alvaren.
Citer
— En Alvaren, même. Je viens de Colyton, dans la marche de Tringel.
Alvarenn & Marche de Tringel :)

Citer
— Six routes ? » Je demandais, en plaisantant. « On m’avait dit qu’il n’y avait qu’une route sûre en Eraven ; que les gnomes dévoraient ceux qui s’en éloignaient.
— Aucune route n’est sûre en Eraven.» Grinça le passeur en refermant la barrière d’un geste rapide. « Surtout pour un étranger ! »
J'aime bien  ^^
"surtout pour un étranger" *se jette sur l'interlocuteur"  >:D

Citer
et dés que je me relevais
dès

Citer
— Mais vous aurez à les débourser ce soir comme demain ! » S’esclaffa le passeur.
|-| saleté de passeur

Citer
Tu devrais faire demi-tour, Svan : reste bloquer en Calicie,
Calacie  :mrgreen:

Citer
Voilà maintenant qu’il est heureux de me donner trois feus par jour pour ne pas même traverser ! »
heureux  :viviane: ce passeur est mon homme ! je le veux dans ma team ! (dans mon prochain texte)

Citer
Piedro est un des meilleurs passeurs en Eraven
je note  :bouquine:


J'ai eu un peu de mal au début, mas du coup c'est normal - le personnage lui même ne comprend pas pourquoi il n'a pas traversé. Sinon j'aime bien ton écriture, les descriptions.
Du coup encore un nouveau lieu (enfin un lieu qui était sur la carte mais qui demeurait inconnu) et des nouveaux persos  ^^ Hâte d'en savoir plus sur ces derniers.

Citer
et peut-être que ce qui se passe dans la deuxième partie du texte n'y est pas pour rien dans son future statut de paria ! Si tout va bien en tout cas !
Je ne vois pas où tu veux en venir, enfin bon c'est peut-être à voir avec ton prochain texte  ^^

Merci pour ce texte, et aussi la frise et la carte interactive !


All it takes is a beautiful fake smile to hide an injured soul and they will never notice how broken you really are. -Robin Williams

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Re : [Erakis] Au gué d'Eraven
« Réponse #2 le: 04 octobre 2020 à 13:37:21 »
Hello, Paf ! :)

J'ai bien aimé ton texte ! J'ai particulièrement apprécié les personnages, je les trouve super bien plantés. Piedro est diabolique >:D
Et Svan a l'air d'être un sacré baroudeur...

Par contre, j'ai juste une petite remarque, je trouve que tu pourrais peut-être plus marquer le fait que ton narrateur rechigne à payer le passeur, au début ? Parce qu'en l'état, au contraire, on a l'impression qu'il ne discute pas du tout et paye sans se faire prier, du coup la réaction du passeur semble assez excessive (enfin je trouve).

Et pourquoi as-tu fait le choix de ne pas nommer ton narrateur ? Je suis curieuse...

Mais j’aime bien l'idée d'une contrée un peu "magique" où même les rivières, les rochers etc. ont une sorte de volonté propre et peuvent jouer des tours aux voyageurs. J'aime bien aussi le fait que les offrandes permettent de s'en sortir. C'est bien imaginé ! :)
“Au pays des cyclopes, les borgnes sont aveugles.” - Philippe Geluck.

Hors ligne Loïc

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Re : [Erakis] Au gué d'Eraven
« Réponse #3 le: 17 octobre 2020 à 18:16:42 »
Hello !
Toujours dans le bingo, il n'y a pas tant de textes Erakis que je n'ai pas lus, donc c'est tombé sur toi. T'as pas eu tant de commentaires en plus, donc c'est parfait.



Citer
. Les Dieux, par exemple

pas de majuscule à dieux, ni à "on" après le point virgule

Citer
les Rois qui se mesurent le territoire comme les gnomes se mesurent le vit.

pas de raison de mettre de majuscule à roi non plus.
J'ai souri à cette comparaison ^^

Citer
On a pas besoin d’eux.

Vu que tu as mis la négation avant, tu peux la remettre ici.

Citer
on va mettre le bazare

bazar

Citer
l’ongle le passage du Gué d’Eraven, qui donne son nom à la région nord du Royaume d’Alvaren.

Je ne comprends pas comment le gué peut donner nom à la région. Ce serait plutôt l'inverse, normalement.
D'ailleurs on entend quoi par région dans ce contexte ? Région naturelle ? Si oui tu peux le préciser je pense. Sinon, quelle est la forme administrative ?

Citer
Je n’étais ni religieux, ni chevalier : mais avec le bagage plus que contestable que je trimballais, je ne me sentais guère le cœur à la provocation.

Je ne comprends pas les deux points. Une virgule me semble plus adaptée.

Citer
malgré que je n’ai pas enlevé mes bottes de cuir dûment graissé.

malgré que est pas hyper correct comme formule

Citer
J’aurais du déjà me trouver proche de la rive opposée.


d'ailleurs je dirais plutôt : déjà dû

Citer
J’aurais du déjà me trouver proche de la rive opposée. Pourtant, la berge me paraissait toujours aussi loin, et je fronçais les sourcils

J'suis guère convaincu par ta structure, pas très ordonnée et pas très fluide à mon avis. Je te propose : point virgule à opposée et point à loin (sans "et" derrière)

Citer
quand je me retournais, je les surpris, hilares, qui semblaient me crier des encouragements.

passé simple à retourner
On retrouve un peu la situation de fin du paragraphe précédent, avec le rire et les encouragements

Citer
mais j’aurais eu pâle figure

on dit faire pâle figure, je pense

Citer
Et j’avançais, les yeux rivés sur les cailloux mouillés où mes bottes ne trouvaient que peu d’accroches.
«Alors, l’eau est-elle bonne ? »
La voix du passeur m’avait fait sursauter. Assit sur sa barrière, il me regardait approcher ; les trois journaliers grignotaient un pain tout chaud un peu plus loin.
« Vous êtes têtu. Vous avez mis longtemps à revenir.»

il me manque un élément : à partir de quel moment il se met à revenir en arrière ?

Citer
Je me retournais, effaré : à une quinzaine de mètres derrière moi, l’autre rive semblait me narguer.

Je ne comprends pas pourquoi il est effaré

Citer
Son sourire méchant me toisait ; ma fierté se rebellait. Comment avais-je pu faire demi-tour sans m’en apercevoir ? Je jurais à mi-voix, et j’attrapais mon baudet par la bride pour lui faire faire demi-tour. Cette fois, je ne quitterais pas la berge des yeux.

Répétition de demi-tour.
Je vois ce que tu veux faire, mais ça marche pas pour moi. Ca peut être à cause de la façon dont tu l'exprimes (il dit qu'il revient vers le passeur, mais n'est effaré qu'après), plus probablement à cause de la structure du passage. Tu ne te concentres sur le fait que le perso capte rien et s'effare bien trop tard, et tu passes trop légèrement dessus à mon avis.

Citer
, je délaçais les cordons de cuire

délaçai (passé simple), cuir (d'ailleurs tu répètes le mot)
SI l'eau est assez forte pour faire beaucoup de bruit, ça doit pas être évident de se déchausser

Citer
Le vieux n’était plus assit dessus

assis

On n'entend plus parler des journaliers, à un moment ?

Citer
À la nuit tombée - elle tombait tôt en cette saison -

répétition de tomber

Citer
: la température avait encore chutée,

chuté

Citer
pour ce qu’il m’en semblait.

cette phrase ne me parait pas très utile (on sait bien qu'on est du point de vue du narrateur) et "m'en" ne me parait pas juste

J'ai bien aimé l'histoire, qui sans être originale se lit bien, est plutôt bien traitée.
Pas mal de maladresses de forme qui nuisent un peu à mon avis. On ne ressent peut-être pas assez non plus la fièvre du perso malade, ni sa frustration à ne pas passer au début.
Comme Ocubrea, il manque également sans doute le moment où le narrateur rechigne.

Au plaisir !
"Quand on veut être sur de son coup, on plante des navets"
Kaamelott

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

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Re : [Erakis] Au gué d'Eraven
« Réponse #4 le: 18 octobre 2020 à 19:21:01 »
Merci pour tes commentaires, Loïc ! (et les autres, désolée de ne ps avoir donné signe de vie ici ! :-[)
Je vais essayer de reprendre ça ces jours : je vais être en vadrouille, du coup ce seraun peu plus dur sans toutes mes notes de rester sur mon gros projet... Parfait pour revenir sur ce texte ! :)
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