Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

19 Août 2026 à 13:20:51
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La Caverne

Auteur Sujet: La Caverne  (Lu 1947 fois)

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
La Caverne
« le: 27 Août 2020 à 18:19:53 »
Salut !

Aujourd'hui fut une journée vraiment ennuyante. J'en profitais donc pour explorer les méandres de mon Dropbox quand je suis retombé sur ce texte. Une fois n'est pas coutume, je ne l'ai pas trouvé si mal que ça. C'est un récit que j'ai écrit il y a trois ans environ. Ce devait être une histoire écrite par un personnage d'un roman que je n'ai jamais fini et je pense qu'elle se tient en stand alone. Donc voilà, je l'ai rebossée un peu et je vous la soumets.

Soyez intransigeants ! Je sais que j'ai encore la virgule hésitante et je m'essaie ici à la narration en première personne ce qui n'est pas du tout, mais alors pas du tout, ma zone de confort.  :mrgreen:

Sans autre forme de blabla, voici donc :

La Caverne

     Je marchais l’autre jour quand je vis un trou dans la roche. Je passais là souvent, pourtant je n’y avais jamais vraiment fait attention. Surtout qu’il était difficile de le rater, il était là, béant et sombre, bouche de pierre édentée. Il y avait assez de place pour qu’un homme puisse s’y tenir sans courber l’échine. La curiosité me dévorait, je m’y engageai donc.

     L’étrange grotte était chichement éclairée par des ampoules rivées dans le roc ici et là, si bien que les ombres s’étiraient dans les coins de ma vision. On y évoluait néanmoins sans peine et sans risque de trébucher, car le sol était lisse et patiné, comme poli par le passage de millions de pieds.

     Je marchais depuis quelques minutes, mes pas résonnant contre la haute voûte qui se perdait dans l’obscurité, quand je vis sur un pilier de pierre blanche une grosse chaîne métallique. Celle-ci était rompue à sa base. L’anneau profondément scellé dans la pierre était rouillé et avait cédé sous son propre poids. Curieux, je me mis à suivre l’étrange objet qui se perdait au loin à la faveur d’une courbe de la caverne.

     Je marchai quelque temps, un quart d’heure, une demi-heure, une heure peut-être, je n’aurais su le dire. De l’extérieur, on ne distinguait aucun signe, et la lumière partout égale me fit rapidement perdre la notion du temps.

     Au détour d'un couloir, les murs reculèrent et je me retrouvai bien vite dans une vaste salle. Un tintement métallique vint perturber le silence qui m’enveloppait jusqu’alors. Effrayé, je campai sur mes positions. Le bruit approchait. Un homme émergea d’un autre couloir – celui dans lequel la chaîne disparaissait – et passa devant moi. Son pied était pris dans une menotte à l’aspect fort méchant et dans laquelle mordait une autre longueur de maillons. Je devinai que c’était là l’extrémité de la chaîne qui m’avait conduit ici. L'inconnu marchait à bonne allure, le regard rivé au sol, nullement gêné par le poids du métal qu'il traînait derrière lu

     Il ne m’avait pas vu, je décidai donc de le suivre, forçant le pas pour le rattraper. Il se dirigeait vers un troisième couloir à l’autre bout de la pièce, je réussis à me mettre à son niveau peu avant que nous y pénétrions.

     « Bonjour », lui dis-je un peu essoufflé. Il se tourna vers moi l’air surpris, c’était un beau jeune homme au visage hirsute. Il avait des yeux noisette et ses traits durs mais harmonieux lui donnaient un charme certain. Il me fixa un instant sans s’arrêter de marcher avant de finalement me répondre. Il me salua cordialement et me dit qu’il n’avait pas le temps. C’est tout, il n’avait simplement pas le temps.

     Il continua son chemin, me laissant planté là. Je décidai néanmoins de m’obstiner à le suivre. Nous marchâmes longuement dans ce couloir, si longtemps que je faillis abandonner et rebrousser chemin. La monotonie du lieu était sans égale, les roches tristes défilaient, se ressemblant toutes, et le sol parfaitement plat glissait sous le regard sans que rien n’accrochât l’œil. Seul le souffle de l’homme que je suivais et la clameur discrète du métal venait apporter un peu de vie à ce cadre minéral.

     Après ce qui me sembla être une éternité, nous arrivâmes dans une petite salle circulaire au centre de laquelle un sac de toile était posé à même le sol. L’homme s’en saisit et le jeta sur son épaule avec un grognement. Il fit immédiatement demi-tour, passa devant moi en feignant de ne pas me voir et il s’enfonça à nouveau dans le couloir. Sans autre choix, je continuai de le suivre.

     Le chemin du retour parut plus long encore. Je commençais à sentir la langueur s’infiltrer par la plante de mes pieds et irradier ses branches douloureuses partout dans mon corps. Pire encore que la fatigue physique, l’ennui engourdissait mon esprit à tel point que je me surpris à rêver au danger. L’inconnu lui, ne montrait aucun signe de fatigue et je me demandai comment il pouvait faire montre d’un tel stoïcisme.

     Finalement, nous fûmes de retour dans la vaste salle centrale. L’inconnu me guida jusqu’à ce qui ressemblait à un petit camp : un simple grabat, un feu mourant, un tabouret et rien de plus. L’homme déposa le sac, s’assit devant le feu et soupira d’aise. Il leva alors le nez en l’air vers un trou dans le plafond. À travers celui-ci, je pouvais distinguer le ciel étoilé et la branche d’un arbre qui se balançait doucement au rythme d’une brise devinée.

     Je m’assis en face de lui et le fixai à travers les volutes de fumée que dégageaient les braises à l’agonie. Il resta un moment à contempler la voûte céleste ; absorbé par le spectacle, il était figé, comme un rocher anthropomorphe dans ce royaume de pierre. Je m’éclaircis la gorge pour lui faire remarquer ma présence. Le bruit le fit sortir de sa rêverie et il planta ses yeux dans les miens. « Encore vous ? » , me demanda-t-il. Il reporta son attention sur le sac duquel il sortit une bûche qu’il jeta sur le feu.

     Ce faisant, il s’excusa de m’avoir ignoré toute la journée, il me dit qu’il devait travailler d’arrache-pied durant le jour pour avoir de quoi manger le soir et que c’est pour cela qu’il n’avait pu m’accorder de temps. Comme pour illustrer son propos, il sortit du même sac une ration de nourriture et commença à la manger. Soudain, entre deux bouchées de géant, il se souvint de mon humanité. Il m’offrit la moitié de son pain avec un plein sourire. Ému, je le noyai d’une profusion de remerciements qu’il balaya d’un modeste haussement d’épaule. Le mouvement d’âme contenu, je commençai à l’interroger sur la situation étrange dans laquelle je le trouvais.

     Il me raconta ne pas se souvenir des circonstances de son enfermement mais que cela faisait des années qu’il vivait dans la caverne. Quand je le pressai, il me dit se souvenir de son enfance, il me dit se revoir jouer dans l’herbe, courir et surtout jouer. En revanche, il me dit les yeux humides ne pas se souvenir de l’horizon. Face à mon incrédulité, il m’expliqua qu’il y a un flou entre ses souvenirs et sa présente situation, comme s’il s’était réveillé dans la caverne après une adolescence à rêver. « J’ai pleinement conscience de la précarité de ma situation » me dit-il les épaules basses, après quoi il s’attela à me détailler son quotidien.

     Il m’expliqua que son geôlier, un sadique, plaçait chaque jour le sac de vivres au bout de l’interminable couloir que nous avions parcouru toute la journée. Il me dit qu’il avait chaque jour juste assez de temps pour aller quérir le sac, revenir, manger et puis dormir. Quand je lui demandai comment il avait fait pour ne pas devenir fou depuis tout ce temps, il pointa un doigt vers le trou dans le plafond. Il me dit que les soirs où il finissait plus tôt, quand il avait marché plus vite que d’ordinaire ou que le sac était léger, il s’asseyait ici et il regardait par le trou. Il fixait le ciel, il analysait les mouvements de la branche ou il comptait les étoiles, et ce, parfois pendant des heures, jusqu’à ce que le sommeil le cueille et l’emporte vers sa couche.

     J’étais indigné. Comment pouvait-on enfermer un si bel être humain ? Je lui demandai pourquoi ne pas simplement partir ? Pourquoi ne pas simplement se lever et quitter cette grotte abjecte ? Je lui montrai le couloir par lequel j’étais entré. Il me répondit qu’il savait très bien où menait le couloir, qu’il savait parfaitement comment partir, mais il me répondit aussi qu’il n’en avait pas le temps. Il me dit avec ferveur que le jour où il le pourrait, il briserait sa chaîne. Il alla à son grabat et en extirpa un petit paquet de tissu de la taille du poing. Il l’ouvrit et m’invita fièrement à en contempler le contenu. Des miettes de pain dur. Il m’expliqua que c’était là toute sa réserve, que dès qu’il le pouvait, il gardait un peu de sa ration dans l’espoir d’un jour en avoir assez pour quitter la caverne. Mon cœur était serré par le spectacle doux-amer d’une si bonne volonté si mal employée. Il était maintenant agité, ses yeux brillaient quand il me parla de ses rêves. Il me dit vouloir courir le vaste monde, profiter de la nature, rencontrer son prochain et ressentir des émotions. Tout ça me dit-il, il en aurait l’occasion quand enfin, il aurait brisé sa chaîne, quand enfin, il en aurait le temps.

     N’y tenant plus, je lui annonçai enfin que sa chaîne était rompue, qu’il pouvait s’en aller, que sa captivité n’était qu’illusoire, qu’elle reposait sur des fers depuis longtemps rouillés et rongés par le temps. L’annonce n’eut pas l’effet que j’avais escompté. Il ne me crut d’abord pas, puis il s’énerva.

     « Qui êtes-vous pour venir ici me donner des leçons ? aboya-t-il. Vous vous croyez supérieur à moi avec vos histoires de couloir, de rouille et de temps. Si c’est si facile de se libérer de ces liens, pourquoi vous-même en portez-vous encore ? ». Interloqué, je regardai ma cheville : elle était ceinte d’une menotte reliée à une chaîne qui s’enfuyait dans les ténèbres.


« Modifié: 01 Septembre 2020 à 10:26:37 par Deofresh »
En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : La Caverne
« Réponse #1 le: 28 Août 2020 à 11:35:12 »
Bonjour Deofresh,

Contente de te retrouver, ainsi ton style toujours agréable à lire à la première personne comme à la troisième.

Qq phrases m'ont particulièrement touchée :
Citer
bouche de pierre édentée
  :coeur: :coeur:

Citer
Je commençais à sentir la langueur s’infiltrer par la plante de mes pieds et irradier ses branches douloureuses partout dans mon corps.
  :coeur:

mais ce ne sont pas les seules. La chute est superbe !

Au plaisir de te relire.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : La Caverne
« Réponse #2 le: 28 Août 2020 à 17:53:36 »
Salut GeGinger,

Merci beaucoup d'être passée. Ça me fait toujours chaud au coeur de voir que tu apprécies mes textes.

À bientôt !  :calin:
En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 094
Re : La Caverne
« Réponse #3 le: 29 Août 2020 à 09:04:10 »
Merci pour ton texte "surnaturel".
Étant médiocre en français, je ne vais pas te conseiller.

Je trouve que le mot "soudain" dans ta phrase n'est pas approprié :
"Soudain, le couloir dans lequel j’évoluais s’élargit."

On s'attend à une chose qui ça se passer, et non constater que la pièce s'élargit. Tu devrais dire un terme exprimant la surprise ou l'étonnement.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : La Caverne
« Réponse #4 le: 29 Août 2020 à 13:56:27 »
Salut Cendres !

Merci pour ta lecture ! Je crois voir ce que tu veux dire avec ce soudain. C'est vrai que l'on n'imagine pas le personnage courir dans ce dédale, ce "soudain" semble donc effectivement un peu précipité. Suivant ton conseil, j'ai changé la phrase pour : "Au détour d'un couloir, les murs reculèrent et je me retrouvai bien vite dans une vaste salle."

À bientôt !

En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne Usher

  • Buvard
  • Messages: 5
Re : La Caverne
« Réponse #5 le: 29 Août 2020 à 17:27:22 »
Il s'agit d'un texte riche, beau et triste à la fois. La chute est vraiment excellente, très bien trouvée.

Malheureusement, je n'ai pas de remarques vraiment intéressantes ou constructives à fournir. Un tout petit détail, cependant, m'a légèrement dérouté : lorsqu'au début du récit tu écris « le sol était lisse et sans accrocs, comme polis par le passage de millions de mains » ne serait-il pas plus juste, pour un sol, d'évoquer le passage de millions de pieds ? Il me semble que l'image serait plus nette, mais ce n'est que mon humble avis.

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : La Caverne
« Réponse #6 le: 29 Août 2020 à 18:15:04 »
Salut Usher !

Je vois que tu es nouveau parmi nous, sois le bienvenu !

Merci beaucoup pour ta lecture et ton compliment, ça me fait moult plaisir.  :mrgreen:
Ton commentaire est très pertinent. Je savais en écrivant cette image qu'elle était un peu tirée par les cheveux. En fait, je pensais aux balustrades du pont du Rialto à Venise (et par extension à tous les autres monuments) qui sont érodées par le passage de million de mains. Ça donne une espèce de patine à la roche qui est très particulière. Bref, je n'étais pas satisfait, mais je l'ai gardée en me disant "voyons si on me fait la remarque". Donc voilà, tout ça pour dire que j'ai changé le mot pour pied. Effectivement, l'image est bien plus forte (et claire  :D)

Au plaisir de te lire bientôt !
En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : La Caverne
« Réponse #7 le: 30 Août 2020 à 20:11:17 »
Salut Keanu !

Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'écrire cette critique en profondeur de mon texte. Ton intransigeance fait du bien ;).

Pour les détails :

Citer
Répétition de "jour" dommageable à mon sens.

Tout à fait d'accord, je m'en suis débarrassé.

Citer
J'aurais plutôt placé la virgule avant "pourtant" : "Je passais là tous les jours, pourtant je n'y avais jamais vraiment fait attention."

J'aurais tendance à faire la même chose, mais il me semblait que la grammaire veut que la virgule soit après. Je ne sais pas trop, comme dit, j'ai la ponctuation hésitante.

Citer
Je trouve qu'il y a un "sans" de trop qui alourdit le passage.

D'accord à nouveau, c'est corrigé.

Citer
"Je marchais [...] quand je vis [...]" : même structure que la première phrase du texte, j'ai senti la redondance.

J'aimais bien le rappel justement. Je vais quand même marquer cette phrase comme "à modifier".

Citer
J'ai buté sur l'expression qui m'a semblé un peu raide, maladroite.

Alors j'ai tenté : "Son pied était pris dans une menotte à l’aspect fort méchant et dans laquelle mordait une autre longueur de maillons" pour faire écho à l'aspect méchant de la menotte.

Citer
La syntaxe pourrait être plus fluide, je trouve. C'est certainement à cause de la tournure "[...] semblait nullement le gêner [...]" que j'aurais instinctivement écrite de manière négative. Je propose par exemple : "L'inconnu marchait à bonne allure, le regard rivé au sol, nullement gêné par le poids du métal qu'il traînait derrière lui". Mais à toi de voir évidemment !

Je vois ce que tu veux dire. Je trouve ta proposition très jolie et je la prends :mrgreen:.

Citer
"noisette", sans "s" (substantif de chose sous forme adjectivale pour évoquer une couleur, on n'accorde pas sauf exceptions).
J'aime bien l'efficacité de cette description.

Haha, je le sais pourtant, mais je continue à faire l'erreur.

Citer
Il y a déjà le terme "monotonie" plus haut. Au cas où ça te dérange.

Ouais, ça me dérange et c'est corrigé ! Merci, c'est le genre de choses que je ne vois jamais à la relecture.

Citer
"Ce faisant" (locution pronominale figée qui signifie "en faisant cela").

Ha oui ! Merci !

Citer
Au cas où ça te dérange, il y a trois occurrences de "sembla" dans le texte, et une autre fois "semblait", et aussi "ressemblait" et "ressemblant".

Alors ça, tu fais bien de me le faire remarquer. C'est un tic d'écriture duquel j'ai énormément de mal à me défaire. C'est corrigé (je crois).


Merci pour ces corrections (et toutes les coquilles que tu as aussi souligné).

Citer
J'ai trouvé ce texte bien écrit, d'une écriture équilibrée, efficace et sans fioritures qui s'autorise parfois quelques belles et singulières images.

Pour avoir lu certain de tes textes, je suis particulièrement flatté par tes compliments. Merci Keanu.

Maintenant pour ce qui est du fond, je ne vais pas te le cacher, je m'attendais un peu à cette critique. Je suis même surpris qu'on ne me l'ait pas faite plus tôt. Je savais en écrivant ce texte que je chaussais de gros sabots. Parce que bon, allégories et cavernes vont de paire depuis plus de 2000 ans quand même. Mais tout de même, je voulais l'écrire ce texte. C'est d'ailleurs le premier du genre que j'écris. J'y voyais une façon de faire mes armes. Mais tes critiques sont légitimes et je les garderai dans un coin de ma tête quand je m'essaierai à nouveau à l'exercice.

Du côté de ce que j'ai voulu exprimer, je pense que tu saisis l'essentiel quand tu dis :

Citer
L'injonction à devoir travailler pour survivre qui mange notre temps et enferme notre vie d'adulte ?

C'est là l'idée première que je voulais exprimer. De plus, la caverne me permet aussi d'insister sur l'idée (puérile ?) de la perte des rêves avec la vie d'adulte. Quand on est enfant, on veut devenir pompier ou astronaute, quand on grandit, on s'enferme dans une situation pragmatique, on dresse des murs et on perd de vue nos horizons d'enfant, jusqu'à parfois les oublier. Il y avait aussi une autre idée, peut-être diluée dans la chute trop convenue. Je voulais que le narrateur incarne un peu les gens moralisateurs, les coachs en vivre mieux et autres critiques de la société. Toutes ces personnes qui prétendent mieux savoir alors qu'elles même partagent une situation similaire (donc un peu moi en fait). Initialement, le narrateur était plus moralisateur, mais en plus de rendre le personnage détestable, le texte était trop cynique à mon goût. J'ai donc opté pour une candeur naïve.

Enfin bref. J'ai beaucoup apprécié ton passage Keanu.

Au plaisir de te relire bientôt !


« Modifié: 30 Août 2020 à 20:14:09 par Deofresh »
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Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : La Caverne
« Réponse #8 le: 31 Août 2020 à 17:17:40 »
Re Keanu !

Citer
Mon intention n'est pas d'être "intransigeant" mais de respecter le texte et son autrice/auteur en lui livrant mon sentiment de manière construite et sincère. C'est important pour moi de veiller à ne pas blesser la sensibilité de chacun.e (j'ai conscience que livrer un texte au regard d'autrui peut s'apparenter à une mise en péril intime), mais c'est encore plus important pour moi de ne pas travestir mon sentiment de lecteur par complaisance.

Je pense que c'est exactement l'état d'esprit à avoir. En tout cas, c'est très agréable.

Citer
Ça dépend en fait de la valeur que tu accordes à ce "pourtant". [...]

Ha ! Je savais bien qu'il y avait une règle, par contre je n'en connaissais que la moitié haha. Merci pour le l'explication.


Finalement, ce texte aura donc réussi à susciter une discussion : c'est une petite victoire pour moi  :D. Je recommencerai l'expérience !

Encore une fois merci pour l'échange et à bientôt !

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Hors ligne Mathieu

  • Calligraphe
  • Messages: 103
    • Liste de mes textes sur MDE
Re : La Caverne
« Réponse #9 le: 31 Août 2020 à 21:40:03 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : La Caverne
« Réponse #10 le: 01 Septembre 2020 à 10:26:05 »
Salut Mathieu,

Merci beaucoup de m'avoir lu et d'avoir pris le temps de commenter.

Citer
Une vision un peu désespérée de l’existence. Je serai curieux de savoir si tu avais en tête cette deuxième grille de lecture au moment de la rédaction.

C'est exactement le message que j'avais en tête, je suis donc vraiment content qu'il soit passé.

Citer
j’ai trouvé que le boulot du gars dans la caverne était un peu trop simple. Je pense qu’il y a moyen de lui trouver une tâche difficile, rébarbative, mais surtout symbolique.

Je vois ce que tu veux dire. Cela dit, je trouvais que marcher collait bien avec l'idée. Il n'y a pas besoin de contrainte, pas besoin de menace. C'est la physique qui impose les règles : c'est loin, il faut donc marcher longtemps. Mais effectivement, ça pourrait valoir le coup que je me casse un peu plus le bonnet pour trouver autre chose. Je vais méditer. Merci !

Citer
*/ « comme poli par le passage de millions de mains. »
Je ne comprends pas trop pourquoi ce n’est pas par le passage de millions de pas. J’ai trouvé ça étrange.

Je suis étonné, je pensais l'avoir corrigé celle-là. Tu as tout à fait raison.

Citer
*/ « une menotte à l’aspect fort méchant »
Le mot « méchant »ne  me parait pas approprié. Je trouve que ça fait un peu langage pour les contes de tout petits enfants. Ca m’a fait un peu fait sortir du texte.

Ha mince. Je voulais justement lui donner un ton de conte. Peut-être que j'aurais dû ajouter plus de mots comme celui-là pour ne pas qu'il dénote trop.

Merci encore pour ta lecture,
À bientôt !

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