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Auteur Sujet: Milly Vodović (Nastasia Rugani)  (Lu 221 fois)

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Milly Vodović (Nastasia Rugani)
« le: 18 août 2020 à 13:27:14 »
On m'a offert ce bouquin au début des vacances, et il faut absolument que je vous en cause  :o



La 4e de couv des éditions MeMo :
Aujourd’hui, Milly a eu envie de mordre jusqu’au sang.
Swan Cooper tirait des balles de revolver à deux pas de son frère Almaz, couché dans la boue. Alors Milly a foncé pour sauver son grand frère. Dans un élan bestial, elle a cassé le bras et le nez de Swan Cooper. Depuis, Almaz, vexé, ne lui parle plus, mais qu’importe. Milly Vodović peut tout faire désormais.
Pourtant, des phénomènes étranges se produisent autour d’elle. Alors que la ville se recouvre de coccinelles, le Mange-cœurs approche.
Mais Milly se répète que les monstres n’existent pas. L’histoire, elle, ne l’entend pas de la même manière.


Ce roman est fou. Déjà, par la forme : cette couverture  :coeur: et un jaspage bleu  :coeur: ; il est trop beau. Par le style ; c'est imagé, c'est poétique, mais ça s'ampoule pas, ça se lit tout seul et c'est franchement agréable. Par les personnages ; j'ai rarement autant apprécié des personnages secondaires. L'histoire se déroule dans un lieu ou tout le monde est ambivalent, y a pas de gentils ou de méchants, y a la pauvreté, le souvenir de la guerre, la folie, beaucoup, le racisme, aussi. Et puis par l'histoire ; je sais pas comment expliquer de quoi parle ce roman. C'est l'histoire de Milly, une espèce de Peter Pan du ghetto, mais en fait c'est surtout l'histoire de cette ville et de la pauvreté, de comment on grandi là-dedans, quels rêves on a, quelles histoires on crée. C'est un roman hyper cru, la mort et la violence sont omniprésentes, mais à la fois ça part dans le fantastique et on a du mal à savoir où est la frontière entre le réel et l'imaginaire des persos. Il a ces monstres étranges, sortis d'un roman mais que tout le monde semble voir plus ou moins, et puis il y a les balles, bien réelles, qui tuent.

J'ai adoré ce bouquin, je crois qu'il m'a fait pensé un peu à l'esthétique de Claude Ponti dans ce mélange entre fantastique et une certaine forme de cruauté de la vie. C'est une ambiance hyper particulière mais que j'ai trouvée tellement prenante. Bref, une belle claque.

Un extrait :
Pour rejoindre le ruisseau, Milly prend le raccourci à travers le vieux cimetière des animaux. Cela fait des années qu'on n'y enterre plus que le bétail malade et les chiens errants percutés par des voitures. Même si la végétation haute cache une multitude de crapauds et de serpents venimeux, le lieu est un terrain de jeu incroyable. Il suffit de frapper le sol bien fort afin de s'annoncer. Milly n'a pas besoin de ces astuces, elle pourrait marcher pieds nus dans les marais, sans se faire mordre par les mocassins d'eau. Elle sait où se dissimulent les bêtes. Elle est capable de repérer une araignée violon au beau milieu d'un bois et ne loupe jamais un tatou, encore moins un moqueur. Seul son grand-père Deda possède la même faculté, "mi-chien, mi-homme", comme il les appelle. Dans le cas de Milly, il ne s'agit pas uniquement d'une histoire d'odorat étonnamment développé. La nature et les animaux sont les seuls à partager ses émotions. Ils possèdent les mêmes pulsions de griffes et d'épines. À leurs côtés, inutile d'être raisonnable et bien élevée. il suffit d'être soi, entièrement soi. Les poils et les plumes obéissent à leur essence et à leur secret. Ils n'ont que faire des miroirs et des voisins. Une rivière n'est jamais autre chose qu'une rivière. Milly porte un cœur similaire, et ils le sentent à son odeur brute et humide. Des effluves d'aube et de torrent.
Elle est sa propre espèce.
« Ni vous ni moi ne valons d'être pris si à cœur, ni tellement à la lettre. »
Le bavard, Louis-René des Forêts

 


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