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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'âge du Fer

Auteur Sujet: L'âge du Fer  (Lu 595 fois)

Hors ligne Frisk

  • Buvard
  • Messages: 2
L'âge du Fer
« le: 22 Juin 2020 à 15:31:51 »

Bonjour à tous ! Voilà c'est mon premier post (je stresse un peu jdjdenjd ), je commence avec un des textes courts que j'ai écrit il y'a quelque temps maintenant ! (c'est pas fameux et je pense qu'il y'a pleins de fautes d'orthographes mais bon 😅)
Merci d'avance pour vos critiques !


Les bruits d’épées s’entrechoquant, les cris étouffés des soldats tombés au combat se noyant dans leur sang, son doux clapotis lorsqu’il s’écrase avec force sur les piliers en marbre du palais, des vagues rouges de violence. Voilà ce qu’entendait le Roi, toujours sur son trône en pierre blanche polie au milieu de la cour des statues. Sa tête reposait lourdement sur son poing, accoudé au bord de sa chaise royale. Sa couronne de Chyste taillé dans les plus grands filons des terres écorchées, trônait nonchalamment sur ses cheveux glissants et poisseux d’eau mélangé à l’hémoglobine récemment versée. La pluie battait son plein dans la cour des statues au rythmes des coups effrénés des camps ennemis s’affrontant.

Le royaume de marbre s’effondrait doucement, le règne de la pierre touchait à sa fin. Toute la blancheur du palais, anciennement berceau d’architecture et de merveille, avait été reteinte en carmin profond ainsi que tout autres sculptures, piliers, arches et décors.

Le roi reçu une giclée de sang en pleine face mais ne fit cependant aucun geste pour l’éviter. Il restait là, affalé sur son trône, le sang remplissant petit à petit son champ de vision, l’obstruant complètement, colorant le blanc de ses yeux et dilatant ses pupilles.
 
L’ennemi attaquant la cour des statues n’était d’autre que le royaume de fer. Autrefois, on pensait que la pierre ne céderait jamais. Un matériau aussi puissant, extrait des montagnes divines elle-même ne pouvait etre que pouvoir et supériorité.

On la prétendait invisible, intouchable, bénie et protégée par des puissances qui échappaient aux humains. On prétendait le roi du royaume de marbre, une partie brute des montagnes situées en hauteurs, là où la vision de simples hommes n’apercevrait que brouillard et nuages chimériques, taillée dans les terres écorchées qui aurait pris vie seulement par la volonté inébranlable de sa pierre. La voilà aujourd’hui, au milieu de décombres d’une gloire passée, au milieu de la fin de son temps et au début d’un autre. Il ne faisait qu’observer ce destin, en sachant qu’il ne pourrait rien y faire pour le modifier. Et c’est ainsi qu’il redevint pierre, qu’il se remémora l’éclat de son royaume et qu’il mourut avec lui. Le roi ne bougeait plus.

Le silence s’installa à la fin du dernier cri poussé par un soldat de marbre. La reine de fer retira lentement sa hache de son buste. Ses bords brillaient sous l’éclat nouveau de la lune, contrastant avec le rouge qui découlait de sa lame. Elle retira sa jambe bottée du torse de son dernier ennemi puis l’agita à la façon d’un chien se rabrouant pour en chasser la majeure partie du liquide rouge qui l’ensevelissait. Le fer qui les composait dévoilait lentement ses teintes grisâtres en dessous du voile bordeaux. Bientôt, la reine équipée de ses bottes étincelantes, reprenait une marche funeste, cette fois, en direction du roi.  Ses soldats, rayonnants eux aussi d’une lueur argentée ornant leur buste, leurs jambes et leurs têtes, se tenaient, droits et rigides en attendant de nouveaux ordres de leur commandante. Ils formaient un rempart plus solide que la plus dure des pierres, qui sentait fort l’odeur du fer mouillé, à la fois du métal d’où ils ont été taillés mais aussi de celui coagulant de leurs victimes.

La reine du royaume du métal ne se donna pas la peine de grimper les deux marches la séparant de l’estrade en albâtre où gisait un roi dépassé par le temps et les années. Elle les dépassa en sautant et s’écrasa lourdement juste devant son trône bordé de délicates dorures tracées à la main. Elle fit courir ses longs doigts aussi blancs que le marbre dessus. Elle trouva ses petits détails beaux mais trop dorées à son gout ; ce qu’elle aimait elle était le gris lisse et satiné. Le tintement de ses bottes résonna au plus profond des pierres fondatrices du royaume de marbre aussi silencieux que les statues des dieux qui le décorait auparavant. C’était un son unique qui annonçait un renouvellement par la mort. Qui annonçait un lourd sacrifice.
Le Roi de marbre était grand. Il était presque géant. Il ressemblait de plus en plus à une montagne. La reine de fer le regarda attentivement, ses yeux fermés, fatigués, lourds et las. Sa peau froide, habillé de la texture du quartz. Les légendes étaient peut-être vraies après tout ; Le roi de la cour des statues n’était qu’une pierre polie, déguisée parmi les hommes, portant tour à tour leurs fardeaux jusqu’à s’immobiliser sous ses charges.

La souveraine du métal baissa ses lèvres vers le haut du crane pierreux du roi et y déposa un baiser aussi froid que sa peau. Elle sourit lentement, un sourire carnassier et noir comme la nuit au-dessus d’elle. Elle se releva doucement sur les pointes de ses doigts écrasées dans ses chaussures. Les dieux avaient jugé que c’était son tour à présent de régner. Elle souleva très haut sa longue hache comme pour l’exposer aux yeux de tous les êtres qui l’observaient, elle le savait, d’en haut et pour que la lune tienne témoin pour le début de son apogée. Elle ne bougea pas pendant un moment, respirant l’odeur de la victoire imprégnant la salle dans un hommage silencieux pour les anciennes vies qui l’habitait. Ses cheveux de fils d’argents volaient au grès du vent, enveloppant sa peau à la couleur des perles des abysses. D’un coup fluide, et gracieux elle l’abattit sur la sculpture de l’ancien souverain, encore le poing écrasant sa joue, en une position qui témoignait d’un ennui profond.

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La reine du royaume du fer posa un regard tranchant sur son armée de soldats argentés, sa hache sur le dos, son poids basculant à gauche et à droite sautillant d’impatience. Cette nuit-là, l’univers apprit que même la meilleure des pierres peut être brisée mais que le fer lui, ne peut être plié.



 


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