Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

03 Juin 2026 à 21:16:09
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]

Auteur Sujet: Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]  (Lu 2066 fois)

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 939
Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« le: 15 Mai 2020 à 15:49:29 »
Salut à tous,
Je prends tous types de commentaires pour ce petit texte (fond, forme, style, idées...).
Un petit appel à textes d'une association oeuvrant pour la bonne bouffe  :bonpublic: :glou:
J'ai réussi à y parler un peu d'hydromel, alors...

1700 mots, assez rapide à lire donc.

Bonne lecture !



Au paradis mellifère



Rue de la Monnaie, au cœur du Vieux Lille, une échoppe vient d’ouvrir ses portes. Sur son enseigne colorée fraichement peinte, deux abeilles encadrent le nom de ce nouveau magasin : Au paradis mellifère. Les deux insectes arborent un sourire taquin et leurs corps duveteux semblent prêts à se mettre au travail.
Un premier client franchit le seuil du magasin, accueilli par une étrange sonnette en bourdonnement aigu. Poutres anciennes au plafond, pierres apparentes entre les étagères d’acajou, une douce odeur de cire parvient aux narines du vieil homme. Il ôte son chapeau et contemple les trésors disposés harmonieusement dans la boutique : les boîtes emplies de bonbons ambrés, les bocaux de miel hexagonaux rangés en dégradé depuis le blanc nacré au miel presque noir et, enfin, des bougies de cire entourées de rubans.
Derrière le comptoir, une petite porte s’ouvre et un bonhomme sautillant apparaît. Souriant, le crâne dégarni, une chemise blanche à jabot au-dessus d’un pantalon de velours côtelé, le personnage est pittoresque. Il frotte l’une contre l’autre ses courtes mains aux doigts boudinés.
— Bienvenu au Paradis mellifère ! Nos petites amies ont bien travaillé, rien que pour vous ! Que peuvent-elles vous offrir, mon cher Monsieur ?
Le vieil homme lève un sourcil, cligne des yeux et garde le silence, pensif. L’accent de son interlocuteur est indéfinissable. Pourtant, en tant qu’ancien ambassadeur, il en a connu, des accents. On pourrait croire que le boutiquier vient des pays Baltes, mais certaines intonations rocailleuses trahissent des origines orientales. À moins qu’il n’ait appris le français au Japon avec un maître Afghan.
— Hé bien, mon ami, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? demande l’homme derrière son comptoir en élargissant encore son sourire.
— À vrai dire, je suis entré par curiosité… Et je ne suis pas déçu !
— J’ai piqué votre curiosité ? demande le vendeur.
L’ambassadeur retraité sourit.
— Bien souvent, répond-il, j’ai été piqué par des abeilles. La dernière fois, c’était en Estonie. Ils ont des ruches formidables, là-bas.
— À ce qu’il paraît, oui. Malheureusement, je n’ai pas de produit venant de cette région.
— Et du miel du Moyen-Orient ? demande le client enclin à l’enquête.
— J’ai du pollen de Jordanie. Extraordinaire !
Le vieil homme hoche la tête.
— Je veux bien y goûter, et si vous aviez du miel de Thaïlande, je serais un homme comblé.
— J’ai mieux que ça, j’ai une merveille qui vient droit du Japon ! Un miel d’azalée, très rare.
Les yeux de l’ancien ambassadeur brillent, son intuition se confirme. Il est persuadé d’avoir découvert les secrets de l’accent de ce vendeur à jabot. Ce dernier déplace un escabeau à trois marches, bondit prestement dessus et attrape d’un geste gracieux une longue fiole de cristal qu’il pose délicatement sur le comptoir d’acajou. Puis, parcourant la largeur de la boutique en quatre pas énergiques, il ouvre une vitrine et en sort un miel aux éclats cuivrés, presque rouges.
— D’abord, le pollen, dit-il en débouchant le flacon élancé.
Du bout des doigts, il tapote la fiole et trois minuscules grains orangés tombent sur une cuillère dorée.
— Voilà pour vous, fait-il en tendant la cuillère au client.
Dans la bouche du vieil ambassadeur, le pollen libère les parfums subtils et enivrants des fleurs du désert. Comme un printemps aux saveurs arides de renaissance.
— Merveilleux !
— N’est-ce pas !
— On sentirait presque le vent brûlant et la nuit glaciale.
— Monsieur est un connaisseur…
Posant son chapeau sur le comptoir, le vieil homme ferme un instant les yeux. Il revoit les hautes dunes de l’Algérie, les rocailles iraquiennes, les vallées désolées du Yémen. Sans s’enquérir du prix de l’article, il décide aussitôt de l’acheter. Sur son palais et sous sa langue glissent encore quelques arômes délicats qu’il savoure en silence.
— Réellement exquis, dit-il enfin. Puis-je maintenant goûter votre miel japonais ?
— Avec plaisir !
Le boutiquier fouille dans un tiroir du comptoir, en extrait une boîte en bambou de laquelle il sort une spatule du même bois. Il ouvre cérémonieusement le bocal aux couleurs du Japon.
— Voici le vrai soleil levant, dit-il en plongeant le bout de la spatule dans le miel rougeoyant.
Le vieil ambassadeur admire la couleur du miel, en hume le parfum et dépose la spatule sur sa langue. Explosion de saveurs. Notes boisées, balsamiques, avec une légère amertume en fin de bouche.
— Le nectar de l’azalée sauvage… un véritable poème.
— Un haïku incomparable.
— Tout à fait.
— Je vous félicite, vous savez sélectionner des produits exceptionnels. Je prends le pollen et ce pot de miel magnifique.
— Vous m’en voyez ravi.
Le boutiquier range le flacon de pollen et le miel dans un sac de tissu fin, brodé des deux abeilles de l’enseigne. Le vieil ambassadeur replace une mèche de cheveux argentés sur son crâne, plonge la main à l’intérieur de sa veste et pose sur le comptoir un portefeuille en cuir martelé.
— Voilà un article de maroquinerie de haute facture, dit le boutiquier avec emphase.
L’ambassadeur ne répond pas, saisit un billet et le tend au vendeur à jabot.
— Ce portefeuille vient d’Irak, n’est-ce pas ?
Là encore, l’ambassadeur reste silencieux. Méfiant, il dévisage le vendeur au crâne dégarni, son billet plié coincé entre l’index et le majeur. Le petit homme se balance d’un pied sur l’autre, les deux mains à plat sur l’acajou luisant.
— Les artisans de Samarra travaillent remarquablement le cuir. Du moins le faisaient-ils par le passé.
Le vieil ambassadeur se raidit. Comment ce boutiquier peut-il connaître la provenance de son portefeuille ? Un objet qu’il a acquis trente ans plus tôt sur les rives du Tigre. Derrière son comptoir, le petit homme sourit.
— Monsieur l’ambassadeur, puis-je vous appeler Monsieur Dumortier ? Vous avez deviné les origines de mon accent, je vous en félicite. Laissez-moi vous offrir ce pollen et ce miel. J’y ajoute une bouteille d’hydromel.
Immobile dans son costume trois pièces, le vieil homme reste abasourdi. Personne de l’a appelé en utilisant son vrai nom depuis une éternité.
— Cet hydromel est réellement une boisson divine. Le miel a été récolté à la fin du siècle dernier, en Irak, non loin de votre résidence secondaire, à quelques dizaines de kilomètres, au nord de Bagdad.
Dans la tête de l’ambassadeur Dumortier, les méninges s’activent. Malgré ses efforts, il ne parvient pas à se souvenir d’avoir déjà rencontré cet homme. Un rapide calcul l’informe qu’il a quitté l’Irak il y a plus de trente ans, avant la première guerre du Golfe. L’homme face à lui devait être un jeune adulte. Il essaie de l’imaginer plus svelte, plus chevelu… Rien ne sort de sa mémoire.
— Cet hydromel a été fabriqué par mon père, lorsque nous sommes arrivés en France, en 1989, à partir du miel qu’il avait réussi à ramener. Depuis, il a vieilli dans un fût de chêne, dans une cave de notre bonne capitale des Flandres.
— Comment connaissez-vous mon nom ? demande Dumortier.
— Comment oublier le patronyme de celui qui a changé votre vie ?
L’ambassadeur fouille à nouveau dans son passé, sans plus de succès.
— Certainement que vous ne vous souvenez pas de cette histoire. Quant à moi, vous n’avez jamais vu mon visage, c’est à mon père que vous aviez eu à faire.
— Je suis désolé… Vous devez faire erreur…
Le rire du boutiquier éclate et résonne dans l’échoppe.
— Faire erreur ? Vous auriez dû voir votre tête lorsque je vous ai appelé par votre vrai nom !
— Il n’empêche…
— Rassurez-vous, je ne vous veux aucun mal. Bien au contraire. On peut même dire que j’ai ouvert cette boutique spécialement à votre attention.
— Vous délirez !
Dumortier s’apprête à tourner les talons, mais la curiosité est plus forte. Et puis, à son âge, il n’a plus rien à craindre. Ses agissements en Irak sont bien loin maintenant. Le boutiquier reprend :
— Mon père m’a tout raconté, bien des années après que nous ayons immigré en France.
— Et ?
— Après le conflit contre l’Iran, vous saviez, je ne sais comment, que la guerre du Golfe allait éclater. Vous avez délivré des visas à de nombreuses familles hostiles au gouvernement de Saddam Hussein. Si je suis en vie aujourd’hui, c’est sans aucun doute grâce à vous.
— N’importe quel ambassadeur en aurait fait autant.
— C’est faux, et vous le savez. Vous avez agi contre les directives de l’État français.
L’ancien ambassadeur hoche la tête. Bien sûr, il se souvient des visas signés à la pelle, non retranscrits sur les registres, souvent accordés à des familles porteuses de faux papiers grossiers.
— Si j’ai pu vous être utile, j’en suis heureux…
— Vous êtes bien trop modeste. Prenez cette bouteille d’hydromel. Et si vous souhaitez gouter les meilleurs produits offerts par les abeilles, voici ma carte. La boutique ne restera peut-être pas ouverte très longtemps.
Dumortier soulève la bouteille, la place dans la lumière et admire la couleur du liquide précieux.
— Cette boutique…
— Oui ?
— Vous dites que vous l’avez ouverte à mon intention ?
— Oui. Mon père m’a dit un jour que vous étiez le plus grand spécialiste du miel qu’il n’ait jamais rencontré. Et c’était un fameux apiculteur, croyez-moi. C’était mon seul indice, avec votre ville d’origine : Lille.
Dumortier déglutit avec difficulté, les larmes perlent au coin de ses yeux.
— Je vous remercie pour ces cadeaux. Je ne sais que vous dire.
— Alors ne dites rien. Acceptez mes remerciements et ma sincère reconnaissance.
L’ambassadeur saisit le sac sur le comptoir, admire une dernière fois les étagères vernies, les pots de miel, les bougies de cire. Il s’incline face au boutiquier et se dirige vers la porte, ému.
En posant la main sur la clinche, il se retourne.
— J’aurais juste une question avant de vous quitter : d’où vient votre accent singulier ?
Le boutiquier sourit.
— Lorsque mon père est mort, j’avais acquis la nationalité française depuis bien longtemps. Et nous avions plutôt bien réussi dans la vie. Alors, j’ai décidé de voyager à travers le monde. J’ai rencontré ma femme au Japon où j’ai vécu dix ans avant de revenir ici.
— Je comprends mieux…
— Gardez ma carte, j’espère que nous aurons l’occasion de partager les délices du miel en privé.

Au-dessus de la rue de la Monnaie, le ciel s’est dégagé. L’ambassadeur Dumortier foule le pavé, le cœur léger. Derrière lui, le rideau de la boutique se baisse lentement.
« Modifié: 05 Juillet 2020 à 17:07:59 par Rémi »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Deofresh

  • Calliopéen
  • Messages: 417
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #1 le: 15 Mai 2020 à 22:12:02 »
Salut Rémi !

Très joli texte, très léger. Je pouvais sentir la boutique rien qu'à te lire. J'ai trouvé que le ton de la dernière phrase curieusement menaçant. Le boutiquier jouerait-il double jeu ? Je suis curieux.

Bon, sinon, la technique est parfaite et le texte est au cordeau. Je vais donc me permettre un niveau de pinaillage à la limite du tolérable, c'est pour l'exercice :

Citer
les bocaux hexagonaux rangés en dégradé depuis le blanc nacré au miel transparent presque noir

Ici, je ne suis pas sur de la position du mot miel que je trouve peut-être maladroite. Dans cette configuration, je comprends que le dégradé va des pots hexagonaux blancs nacré jusqu'aux miels noirs. Je suggère : "les bocaux de miel hexagonaux rangés en dégradé depuis le blanc nacré au noir presque transparent".

Citer
Le vieil homme lève un sourcil, cligne des yeux et garde le silence, pensif. L’accent de ce petit bonhomme est indéfinissable.

Petite répétition avec homme et bonhomme. Je suggère pour remplacer le terme "homme" les mots : le client, l'ancien, le nouveau venu.

Alors attention pour l'extrême pinaillage :

Citer
les plaines désolées du Yémen.

Mis à part une fine bande côtière plutôt fertile, le Yemen est très montagneux. Tu pourrais peut-être parler des vallées ou des plateaux yéménites.

Pour cette remarque, je frise le ridicule, mais le pot de miel auquel tu fais référence est orange avec des reflets rouges, il n'est donc pas

Citer
aux couleurs du Japon

Il n'en partage en fait qu'une (et encore), car les couleurs du Japon sont le blanc et le rouge (je crois).

Citer
le plus grand spécialiste du miel qu’il n’ait jamais rencontré

Ici, je ne suis pas certain de la négation.


Voilà, j'ai poussé la critique aussi loin que je pouvais et ce juste pour avoir quelque chose à dire. Le texte est déjà fantastique.

Bonne chance pour l'AT !

Au plaisir !
En ce moment, je travaille sur ça : Les cinq masques

Hors ligne Opercule

  • Modo
  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 780
  • Nécroposteur aux mains froides
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #2 le: 16 Mai 2020 à 01:41:59 »
Merci Rémi pour cette exquise balade dans les ruches d’Orient !

Pour rejoindre Deofresh j’ai trouvé ce texte de très bonne facture, avec si tu veux qu’on insiste quelques passages qui mériteraient un second coup d’œil :

Un premier client franchit [...] odeur de cire parvient aux narines de ce vieil homme.
Il faut bien mettre le lien entre "premier client" et "ce vieil homme", mais cette formulation me laisse hésitant. peut-être du vieil homme ?

[...] intonations rocailleuses trahissent des origines orientales. À moins qu’il n’ait appris le français au Japon avec un maître Afghan.
Je trouve ça un peu tâtonnant, et je n’aime pas trop la deuxième phrases. c’est quoi des intonations rocailleuses ? un discours haché ? une voix grave ? La deuxième phrase est-elle nécessaire ? on sait déjà que l’accent de l’homme est un mystère.

Les yeux de l’ancien ambassadeur brillent, son enquête est un succès. Il est persuadé d’avoir découvert les secrets de l’accent de ce vendeur de miel à jabot.
Parce qu’il a du miel du Japon ? je ne trouve pas ça très convaincant (probablement à cause du lien avec la phrase du dessus qui ne me parle pas). Aussi, on ne peut pas parler d’enquête qui réussit, mais on pourrait signaler une intuition qui se confirme.

la spatule sur sa langue. Explosion de saveurs. Notes boisées, balsamiques, avec une légère amertume en fin de bouche.
explosion de saveurs sonne un peu spécieux, je suis sûr que le récit peut vivre sans.
(aussi, l’adjectif est irakien·ne)

Personne de l’a appelé en utilisant son vrai nom depuis une éternité.
j’achète le fait qu’il reconnaisse son nom, mais quand on dit "vrai nom" on pense à un gars qui tente de fuir son passé et vit sous une fausse identité. Je me demande quelle est la raison pour laquelle cette phrase est là. Être surpris de voir son nom est déjà très bien.

Méfiant, il dévisage le spécialiste du miel, son billet plié coincé entre l’index et le majeur.
Lourd de mettre "le spécialiste du miel" dans cette action
(aussi 50 euros c’est beaucoup trop ou bien pas assez ? Peut-être que la valeur du billet peut être juste passée sous silence ^^ )

— Comment oublier le patronyme de celui qui a changé votre vie ?
Comment oublier celui qui a changé votre vie, ça fonctionne aussi ?

Ses agissements en Irak sont bien loin maintenant
Franchement, ça et l’histoire du vrai nom, j’ai pensé à des crimes de guerre. Je ne sais pas si c’est ce que tu visais, mais peut-être que tu peux juste mettre que chose comme son "poste" ou son "séjour" si tu veux appeler moins d’interprétations.

[…] il se souvient des visas signés à la pelle, non enregistrés sur les registres
répétition assez grossière. tu peux parler de "registres lacunaires", "absents des registres", etc.

J’ai rencontré ma femme au Japon où j’ai vécu dix ans avant de revenir ici.
Japon ! mais je ne comprends pas : ayant vécu en France, il a appris le français en France, et pas au Japon ? il aurait pris un accent japonais ?

Derrière lui, le rideau de la boutique se baisse lentement.
Cette phrase m’a fait tiquer aussi, je comprends toute le "cette boutique est pour vous", mais des rayonnages entiers ne s’écouleront pas tous seuls :-P Du coup, je ne semble pas très emporté par cet effet. 

Donc oui, "l’arc" ou " la question" de la place du Japon me laisse, je dois dire, assez hésitant. D’un côté, ça pourrait expliquer sa curiosité et le fait que le négociant n’arrive que maintenant dans sa vie, mais je pense que tu pourrais un peu moins peser sur ça.
Pareil pour le "vrai nom", ancienne vie, "agissements", qui invoquent un univers de secret indicible. C’est peut-être une manière d’entretenir le doute, mais je pense que les hypothèses des lecteurs s’éloignent un peu du vrai chemin déictique.

C’est une belle histoire en conclusion, je voudrais qu’ils se sentent plus proches vers la fin, genre un "mon ami" ne serait pas de refus (la proposition de "parler de miel en privé" est assez cocasse dans son genre ;-) ).
Si on parle de bonne bouffe dans le sens bonne franquette c’est pas trop réussi, parce que je pense plus à épicerie fine, délicat, etc., mais c’est dans le thème je pense.

Bonne chance à l’AT !

Hors ligne derrierelemiroir

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 212
  • orque magnifique et ténébreuse
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #3 le: 16 Mai 2020 à 12:20:26 »
Coucou Rémi !

Au fil du texte :

Citer
Sur sa jolie enseigne fraichement peinte, deux abeilles encadrent le nom de ce nouveau magasin : Au paradis mellifère. Les deux insectes arborent un sourire taquin et leurs petits corps duveteux semblent prêts à se mettre au travail.
Deux choses me dérangent ici  :mrgreen:
1) Le fait que l'enseigne soit jolie ou non est subjectif et là tu sembles l'imposer au lecteur sans l'expliquer.
2) Puisque les deux abeilles sont peintes sur l'enseigne, j'imagine leur corps plutôt grand, surtout relativement à la réalité, du coup d'adjectif "petit" me fait tiquer.

Citer
en bourdonnement aigu.
"en" ou "au" ? Je ne suis pas sûre de comprendre.

Citer
pierres apparentes entre les étagères de bois d’acajou
de bois de, je trouve un peu lourd, ne pourrais-tu pas simplifier par "en acajou" ?

Citer
Poutres anciennes au plafond, pierres apparentes entre les étagères de bois d’acajou, une douce odeur de cire parvient aux narines de ce vieil homme.
je ne comprends pas la construction de cette phrase.

Citer
les boîtes de bois
en bois ? Est-ce important qu'elles soient en bois ? Ça répète le "de bois" de plus haut et ça alourdit la phrase

Citer
au miel transparent presque noir
ici je perçois une contradiction entre "transparent", c'est-à-dire, qui laisse passer la lumière, et "noir", c'est-à-dire, qui absorbe complètement la lumière. Donc quelque chose de transparent ne peut pas être presque noir pour moi. Pourtant, je comprends l'image  :\?

Citer
des bougies en moulages de cire
je ne comprends pas bien. Est-ce les moules des bougies qui étaient en cire, ou les bougies sont-elles en cire ? Pourquoi ne pas plutôt écrire "bougies en cire"

Citer
petites mains aux doigts boudinés.
— Bienvenu au Paradis mellifère ! Nos petites
petits corps plus haut, petites mains, petites amies

Citer
ce vendeur de miel
puisqu'il y a déjà beaucoup de "miel" dans le dialogue, tu pourrais peut-être supprimer la répétition ici ?

Citer
et en sort un miel aux éclats cuivrés, presque rouges.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Pour ce qui est du fond, je n'ai pas trop accroché à l'histoire de l'accent, à comment le vendeur reconnaît que l'ambassadeur a reconnu son accent, et à comment lui-même reconnait l'ambassadeur simplement parce qu'il a exprimé de l'intérêt pour son miel. Peut-être qu'il l'avait déjà vu en photo ? Ce n'est pas très clair, ça m'a l'air un peu tiré par les cheveux. Dans tout le dialogue, je perçois aussi un certain déséquilibre entre "l'ambassadeur est un méchant" "ah non, c'est un gentil" qui m'a troublée, jusqu'à la fin je ne savais pas si le ton était bienveillant ou menaçant.

Voilà pour moi :) Bonne chance pour l'AT!
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 764
  • Prout
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #4 le: 16 Mai 2020 à 16:23:43 »
Pop pop !

Citer
, non enregistrés sur les registres,

Premier vrai moment où j'accroche (dans le sens où ça irrite). La répétition n'est pas heureuse.

J'ai bien aimé ce texte, je le trouve tout doux, vraiment sympa à lire, il fait chaud au coeur.
Peut-être le mystère de la fermeture reste un peu trop mystérieux, dans le sens où je n'arrive même pas à échaffauder de pistes ou d'idées qui me permettraient de comprendre. Il y a peut-être quelque chose à creuser là pour améliorer.

Bonne chance pour l'AT !
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 939
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #5 le: 16 Mai 2020 à 16:47:02 »
Salut à tous les trois, c'est vraiment cool d'avoir eu vos retours aussi rapidement.

@Deofresh

Citer
J'ai trouvé que le ton de la dernière phrase curieusement menaçant. Le boutiquier jouerait-il double jeu ? Je suis curieux.
c'est cool que l'amertume en fin de bouche soit bien présente ;)

Citer
e vais donc me permettre un niveau de pinaillage à la limite du tolérable
on ne pinaille jamais assez ! Et tes remarques sont toutes bien vues.
Je prends tes deux modifications proposées (elles correspondent à deux phrases qui me chagrinaient, donc vraiment bien vu !). Je modifie aussi les autres détails, sauf :

Citer
le pot de miel auquel tu fais référence est orange avec des reflets rouges, il n'est donc pas
Citer
aux couleurs du Japon
c'est le pot qui est aux couleurs du Japon, à voir si je précise "l'étiquette"

Citer
Le texte est déjà fantastique.
Ma merveille merveilleuse aurait voulu du fantastique, sur la fin, c'est la remarque qu'elle a faite.
Et non, le texte n'est pas fantastique, je dirais qu'il est "pas mal".

Encore merci pour ta lecture et tes remarques pertinentes.



@Opercule

Citer
Il faut bien mettre le lien entre "premier client" et "ce vieil homme", mais cette formulation me laisse hésitant. peut-être du vieil homme ?
Yep !

Citer
Aussi, on ne peut pas parler d’enquête qui réussit, mais on pourrait signaler une intuition qui se confirme.
Bonne idée !

Citer
explosion de saveurs sonne un peu spécieux, je suis sûr que le récit peut vivre sans.
(aussi, l’adjectif est irakien·ne)
oui, un peu pompeux... mais c'est un AT sur la bonne bouffe, alors bon...
adjectif corrigé, merci

Citer
on pense à un gars qui tente de fuir son passé et vit sous une fausse identité.
tout à fait :)

Citer
(aussi 50 euros c’est beaucoup trop ou bien pas assez ? Peut-être que la valeur du billet peut être juste passée sous silence ^^ )
oui, pas faux

Citer
Lourd de mettre "le spécialiste du miel" dans cette action
vrai, j'ai changé pour quelque chose de plus visuel

Citer
Comment oublier celui qui a changé votre vie, ça fonctionne aussi ?
oui, mais il ne l'a jamais vu, il n'a jamais connu que son patronyme, justement, et des descriptions par son père, on imagine

Citer
Franchement, ça et l’histoire du vrai nom, j’ai pensé à des crimes de guerre. Je ne sais pas si c’est ce que tu visais, mais peut-être que tu peux juste mettre que chose comme son "poste" ou son "séjour" si tu veux appeler moins d’interprétations.
non, c'est bien le but recherché ; il a fait des choses illégales durant son mandat (d'où le changement de nom)

Citer
[…]
Citer
il se souvient des visas signés à la pelle, non enregistrés sur les registres
répétition assez grossière. tu peux parler de "registres lacunaires", "absents des registres", etc.
ouaip, je m'étais dit d'y revenir, et j'ai oublié. Merci pour les propositions.
(j'ai mis "non retranscrits sur les registres")

Citer
Japon ! mais je ne comprends pas : ayant vécu en France, il a appris le français en France, et pas au Japon ? il aurait pris un accent japonais ?
ouaip, c'est foireux, un peu mais plausible (j'espère) pour quelqu'un dont le français n'est pas la langue natale


Citer
Donc oui, "l’arc" ou " la question" de la place du Japon me laisse, je dois dire, assez hésitant. D’un côté, ça pourrait expliquer sa curiosité et le fait que le négociant n’arrive que maintenant dans sa vie, mais je pense que tu pourrais un peu moins peser sur ça.
Pareil pour le "vrai nom", ancienne vie, "agissements", qui invoquent un univers de secret indicible. C’est peut-être une manière d’entretenir le doute, mais je pense que les hypothèses des lecteurs s’éloignent un peu du vrai chemin déictique.
c'est complètement vrai que ça éloigne, c'est un peu le but, sinon, on a une histoire assez simple et qui manque de "volume" à mon goût

Citer
la proposition de "parler de miel en privé" est assez cocasse dans son genre
oui, hein !  :mrgreen:

Citer
je voudrais qu’ils se sentent plus proches vers la fin, genre un "mon ami" ne serait pas de refus
c'est intéressant parce que Déo et Dlm ont senti aussi un doute entre menace et bienveillance. Perso, ça me plait cette perception que vous avez. Je trouve que la nouvelle doit laisser de la place au lecteur (sans que ce soit trop trop ouvert, sinon c'est pas intéressant), bref, une certaine longueur en bouche, donc.  :mrgreen:

Citer
Si on parle de bonne bouffe dans le sens bonne franquette
non, on est bien dans la "grande" cuisine, je parlais de l'opposition à la mal-bouffe  ^^


Merci pour ce super commentaire qui fait progresser le texte.

@DlM

Citer
Le fait que l'enseigne soit jolie ou non est subjectif et là tu sembles l'imposer au lecteur sans l'expliquer
exact  >:D

Modif : "Sur son enseigne colorée fraichement peinte, deux abeilles encadrent le nom de ce nouveau magasin : Au paradis mellifère. Les deux insectes arborent un sourire taquin et leurs corps duveteux semblent prêts à se mettre au travail."

Citer
Citer
en bourdonnement aigu.
"en" ou "au" ? Je ne suis pas sûre de comprendre.
je voulais dire par le "en", constituée de bourdonnements (ça passe pas ?)

Citer
de bois de, je trouve un peu lourd, ne pourrais-tu pas simplifier par "en acajou" ?
yep !

Citer
Citer
Poutres anciennes au plafond, pierres apparentes entre les étagères de bois d’acajou, une douce odeur de cire parvient aux narines de ce vieil homme.
je ne comprends pas la construction de cette phrase.
Il y a des poutres... il y a des pierres apparentes... bref, ellipse qui me semble être grammaticalement OK mais je me trompe peut-être  :/

Citer
en bois ? Est-ce important qu'elles soient en bois ? Ça répète le "de bois" de plus haut et ça alourdit la phrase
ouaip, j'ai viré

Citer
ici je perçois une contradiction entre "transparent", c'est-à-dire, qui laisse passer la lumière, et "noir", c'est-à-dire, qui absorbe complètement la lumière. Donc quelque chose de transparent ne peut pas être presque noir pour moi. Pourtant, je comprends l'image  :\?
pareil, j'ai viré ; on sait que le miel foncé n'est généralement pas cristallisé

Citer
je ne comprends pas bien. Est-ce les moules des bougies qui étaient en cire, ou les bougies sont-elles en cire ? Pourquoi ne pas plutôt écrire "bougies en cire"
ouaip :)

Citer
petits corps plus haut, petites mains, petites amies
j'ai fait un petit tri ^^

Citer
puisqu'il y a déjà beaucoup de "miel" dans le dialogue, tu pourrais peut-être supprimer la répétition ici ?
yep !

Et je connaissais pas le miel hallucinogène ! Trop marrant  :D

Citer
Pour ce qui est du fond, je n'ai pas trop accroché à l'histoire de l'accent, à comment le vendeur reconnaît que l'ambassadeur a reconnu son accent, et à comment lui-même reconnait l'ambassadeur simplement parce qu'il a exprimé de l'intérêt pour son miel.
y a le portefeuille aussi ;)
Ouais, l'histoire n'est pas ouf, je l'aime bien, mais c'est clairement pas une tuerie !
Un texte pas mal, agréable à lire, avec du visuel, des persos présents, des saveurs et du pays, mais une histoire par dingue quoi...

Citer
Dans tout le dialogue, je perçois aussi un certain déséquilibre entre "l'ambassadeur est un méchant" "ah non, c'est un gentil" qui m'a troublée, jusqu'à la fin je ne savais pas si le ton était bienveillant ou menaçant.
Ravie de t'avoir troublée ^^
Je pense que c'est la principale qualité de la nouvelle, ce fond un peu tordu, mystérieux.


@Loïc,
Citer
non enregistrés sur les registres,
ouaip, c'était bien moche ça ! C'est changé

Citer
J'ai bien aimé ce texte, je le trouve tout doux, vraiment sympa à lire, il fait chaud au coeur.
cool !

Citer
Peut-être le mystère de la fermeture reste un peu trop mystérieux, dans le sens où je n'arrive même pas à échaffauder de pistes ou d'idées qui me permettraient de comprendre. Il y a peut-être quelque chose à creuser là pour améliorer.
C'est vrai que le dosage du dit/non dit est délicat, et tous les quatre vous avez relevé ce problème. Il faudrait que j'explicite que le vendeur de miel est vraiment friqué à mort (par exemple en parlant de tours du monde...), pour lui ouvrir une boutique pour retrouver un gars important, c'est faisable (c'est que quelques dizaines de milliers d'euros, hein ;) )




Encore un grand merci pour vos remarques, le texte est bien mieux maintenant.

Bises de loin !

Rémi (deLille  ;))
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 422
    • BEOCIEN
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #6 le: 16 Mai 2020 à 19:02:41 »
Bonsoir

Une fable bien ficelee - remplie d odeurs de couleurs et d aimables personnages - qui m a fait rever et  voyager ! :)


J ai presque regrette de na pas apprecier le miel ! :-[ :D
« Modifié: 06 Décembre 2020 à 17:00:39 par txuku »
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne NAnJI

  • Tabellion
  • Messages: 31
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #7 le: 17 Mai 2020 à 20:50:25 »
Bonsoir Rémi,
je sais que mes commentaires viennent trop tard : (
mais je tiens à te remercier pour ton texte super captivant.
J'espère lire la suite
à bientôt

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 939
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #8 le: 17 Mai 2020 à 21:13:13 »
Merci txuku, merci NAnJI.
Je ne pense pas qu'il y aura une suite. Content que le texte vous ait plu.
Au plaisir,

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Binkszeuroo

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #9 le: 18 Mai 2020 à 10:13:49 »
J'ai beaucoup aimé l'atmosphère de la boutique, les dialogues. Le personnage de l'ancien ambassadeur est campé de façon parfaitement juste et cela en seulement quelque ligne C'est extrêmement plaisant à lire et on a pas envie de s'arrêter. J'avoue que le dénouement a été une légère déception pour moi car le début me faisait attendre l'ouverture d'une intrigue d'espionnage :D qui aurait ainsi parfaitement commencé. N'empêche que justement, tu déjoue les attentes de tes lecteurs et dans le cadre d'un texte court comme ça c'est super intéressant.

Hors ligne Opercule

  • Modo
  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 780
  • Nécroposteur aux mains froides
Re : Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #10 le: 18 Mai 2020 à 12:56:41 »
Yo je sais que tu as déjà du rendre le manuscrit mais on pourrait quandmême discuter de quelques éléments.

Citer
Japon ! mais je ne comprends pas : ayant vécu en France, il a appris le français en France, et pas au Japon ? il aurait pris un accent japonais ?
ouaip, c'est foireux, un peu mais plausible (j'espère) pour quelqu'un dont le français n'est pas la langue natale

Peut-on faire une suspension d’incrédulité ici ? peut-être, mais étant un élément important dans une réflexion "investigatoire", c’est tenu à des standards différents que, par exemple, être venu à Lille en attendant un seul client sans savoir à quoi il ressemble, s’il vit encore, s’il vit encore là, juste parce qu’on sait qu’il aime le miel. Donc on arrive à une limite, je pense.

c'est complètement vrai que ça éloigne, c'est un peu le but, sinon, on a une histoire assez simple et qui manque de "volume" à mon goût. […] Perso, ça me plait cette perception que vous avez. Je trouve que la nouvelle doit laisser de la place au lecteur (sans que ce soit trop trop ouvert, sinon c'est pas intéressant), bref, une certaine longueur en bouche, donc.  :mrgreen:
Peut-être le lecteur n’aime-t-il pas se faire arnaquer sur la marchandise ? :mrgreen: Mais je comprends totalement ton envie de faire planer le doute même au point de laisser le dénouement ouvert.

Citer
Citer
Poutres anciennes au plafond, pierres apparentes entre les étagères de bois d’acajou, une douce odeur de cire parvient aux narines de ce vieil homme.
je ne comprends pas la construction de cette phrase.
Il y a des poutres... il y a des pierres apparentes... bref, ellipse qui me semble être grammaticalement OK mais je me trompe peut-être  :/

C’est je pense une anacoluthe : la phrase va quelque part puis bifurque et va dans une direction différente, tout en étant grammaticalement okay.

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 939
Re : Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #11 le: 23 Mai 2020 à 16:23:36 »
Salut Binkszeuroo :)

Cool si t'as aimé, avec légère déception au dénouement.
N'empêche que justement, tu déjoue les attentes de tes lecteurs et dans le cadre d'un texte court comme ça c'est super intéressant.
Ouaip, si ça reste dans les limites d'une arnaque acceptable  :mrgreen: (voir ci-dessous)



Salut Opercule

Citer
on arrive à une limite, je pense.
Citer
Peut-être le lecteur n’aime-t-il pas se faire arnaquer sur la marchandise ? :mrgreen: Mais je comprends totalement ton envie de faire planer le doute même au point de laisser le dénouement ouvert.
ouaip, c'est vrai.
Pour que ce soit moins une arnaque : on pourrait imaginer que l'ambassadeur n'est pas le premier client / que le boutiquier est vraiment blindé de chez blindé (genre, je préciserais qu'il a fait plusieurs tours du monde) / qu'il a une vraie grosse motivation pour rencontrer l'ancien ambassadeur (et que du coup la fin serait un vrai rendez-vous dans un avenir proche).

Donc oui, ça serait intéressant de rendre ces points plus crédibles, je suis d'accord avec toi.

A++

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Clementcheylan

  • Scribe
  • Messages: 78
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #12 le: 04 Décembre 2020 à 20:47:33 »
Le petit mot que tu m'as laissé après avoir lu mon texte ( et si être était plus qu'exister) m'a incité à aller voir ce que tu fais et j'ai trouvé ton écriture très fluide, franche et simple. Et l'artiste connait à quel point la simplicité est difficile. Pour moi, ce que tu fais est bien, point barre! A bientôt, je souhaite.

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 939
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #13 le: 06 Décembre 2020 à 16:10:10 »
Salut Clément,
Merci pour ton retour.
Le texte a fini lauréat de l'AT, j'espère que les restaurateurs qui organisaient ce concours vont pouvoir rouvrir leurs établissements... il devait y avoir un pti événement pour remettre les prix, il a été annulé, forcément  :(. Bref, courage aux restaurateurs !

A+
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne kokox

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 531
Re : Au paradis mellifère. [Pour AT avant dimanche 17]
« Réponse #14 le: 06 Décembre 2020 à 19:50:19 »
Salut mon doux Rémi,

J'avais envie de te dire juste ceci : Qui touche le miel, il lui en reste toujours aux doigts !
C'est un sensible et même effet que me procure au coeur la lecture de ton texte charmant.
Tout en douceur ! Comme cela fait du bien à l'âme la douceur dans ce monde où presque plus personne n'ose goûter le nectar et ambroisie !

Bien à toi !
« Modifié: 06 Décembre 2020 à 19:52:04 par kokox »

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.021 secondes avec 22 requêtes.