Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

22 octobre 2020 à 08:46:01
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'Atelier » Suis-je seul à me comprendre ?

Auteur Sujet: Suis-je seul à me comprendre ?  (Lu 1734 fois)

Hors ligne James

  • Tabellion
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  • Le texte personnel est en trois étapes.
Suis-je seul à me comprendre ?
« le: 06 mai 2020 à 15:09:23 »
Bonjour,

 je suis James et j’ai décidé d’écrire depuis maintenant trois ans.

Je cherche des idées sur le fait que :

Pourquoi suis-je le seul à me comprendre ?
Vous qui écrivez, en avez-vous fait cette traversée ou est-ce ainsi depuis la nuit des temps ?

Bien à vous,

James

Hors ligne Opercule

  • Troubadour
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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #1 le: 06 mai 2020 à 15:21:56 »
je pense, comme pour beaucoup d’autres choses, que le péché originel de cette question est l’invention de l’écriture.
Car l’humain pense et conçoit en images, il doit "traduire" ça en mots, par une montagne de codes bâtie pierre par pierre à travers les siècles.
La métaphore et la métonymie sont les pierres angulaires de la construction du récit et du discours, car ces figures font appel à l’image pour mieux comprendre la complexité de la pensée qui se tisse en chacun·e.

Dans ce sens-là, le défi est bien évidemment de maîtriser ces codes et de pouvoir les utiliser efficacement. Cela s’apprend, et je ne pense pas que ce soit quelque chose de trivial. Bien souvent c’est même le lecteur ou le spectateur qui doit faire l’effort de comprendre ce que l’auteur veut dire. Parfois c’est voulu, parfois pas.
je pense qu’un auteur habile sait quel code utiliser, et quand, pour donner le meilleur effet à son texte, c’est à dire quand le lecteur comprend ce qui est écrit mais aussi ce qui n’est qu’implicité.

Hors ligne Manue

  • Tabellion
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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #2 le: 06 mai 2020 à 17:05:29 »
Salut James,

Pour moi on est seul dans l'écriture ; c'est un job de solitaire, tous les écrivains te diront que l'isolement et la sécurité de ne pas être interrompu est primordial.

Je viens de terminer un recueil de textes posthumes de Virginia Woolf, intitulé Instants de Vie, où il y a de merveilleux passages concernant des impressions d'enfants ; il est clair que personne d'autre qu'elle ne peut les savourer - ou les subir - comme elle, mais, en les évoquant, elle fait ressortir chez le lecteur la sensation globale de "l'impression d'enfant". Un exemple : alors qu'elle s'ennuie sur les marches du perron de sa maison de vacance, son regard se fixe sur une fleur et soudain, elle se dit, comme une puissante formule magique : "Tout est là". Evidemment qu'elle seule se comprend parfaitement, mais n'empêche qu'elle amène son lecteur à lui aussi revivre une de ses révélations -quasi mystique ici - de l'enfance.

On est seul quand on écrit ; les histoires, les images et les mots sont le produit de notre seule tête, de notre seul point du vue, et malgré cela on peut transmettre des émotions aussi ténues, intimes et puissantes que celle de Woofl à des milliers d'autres personnes.


Hors ligne James

  • Tabellion
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  • Le texte personnel est en trois étapes.
Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #3 le: 06 mai 2020 à 17:15:55 »
Merci opercule,

Je conçois la nécessaire compétence langagière, j’avoue rarement rencontrer des individus en difficulté. 
Ma pratique d’écriture est moins académique. Je me vois mal user de mes connaissances sur les failles individuelles parfaitement cartographiées et les biais autoroutiers pour pénétrer les consciences, saisir leur jugement et pousser à l’action du plébiscite voir l’achat, sinon j’aurai fait agent commercial chez mobilier de France.

Mon souci est simple : réunir les forces nécessaires à la réalisation et à la tenue de mon texte. Je ne cherche pas à encourager l’action du lecteur, mais une appréhension au moins.

C’est-à-dire exemple :
Je vais m’autoriser à annoncer qu’un train approche. Mes lecteurs comprennent que le train approche, mais ils stagnent au milieu des voies et réagissent, si j’insiste avec des : «  j’ai bien compris ». Je pourrais signifier qu’il serait préférable de se déplacer, car le train approche vers eux, mais je trouve cela déficient. Je constate surtout un hermétisme, ce qui impose une reformulation constante suivant le bocal dans lequel navigue l’individu. Cette voie nous offre son apogée dans le texte du néguen-politique actuel et de ses merveilles d’intelligences du discours fractionné. 

Cet hermétisme me donne l’impression qu’une majorité ne sont pas nées à eux-mêmes. Une maïeutique semble être une meilleure approche qu’une titre accrocheur. Mais voilà ! Existe-t-il de nos jours un eco-environnement digne de ce nom pour l’écrivain sincère et sans détour  ?

Bien toi,
 
James
« Modifié: 06 mai 2020 à 18:00:12 par James »

Hors ligne James

  • Tabellion
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  • Le texte personnel est en trois étapes.
Re : Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #4 le: 06 mai 2020 à 17:53:20 »
Merci Manu,

Tiens ! Revoilà ce tout qui transcende.

Et dieu dit : « Vois le destin qui t’a conduit à moi ? Je suis l’éternel trace invisible que tous pourrons suivre.

Saint James, Les bonnes nouvelles chapitre 4, paragraphe 7.3 : « Et tous marchèrent, mais se perdirent... »

J’use de ce même principe Manu, Enfin !  je fais tout pour respecter le sentiment et l’expérience afin de construire mon texte.

Bien à toi,

James
« Modifié: 06 mai 2020 à 17:57:13 par James »

Hors ligne Opercule

  • Troubadour
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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #5 le: 06 mai 2020 à 18:10:44 »
Fais attention, James, à ne pas double-poster, c’est assez mal considéré. Il est recommandé de modifier son post antérieur.

je crois comprendre, tout au fond de ta métaphore, une gêne qui s’apparente à une barrière de la langue. Aucun écrivain ne peut être sincère, et tout écrit est un détour. le bocal que tu regrettes, tu en as un aussi même si tu ne le vois pas – car il est transparent et tout autour de toi.
Reconnaître la trajectoire des mots et anticiper leur impact sur l’autre est une part importante de comment manier ses idées.

Hors ligne James

  • Tabellion
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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #6 le: 06 mai 2020 à 19:50:38 »
Merci Opercule

C’est formidable, je viens juste de m’inscrire, j’ai posé une question importante et au bout de trois réponses, j’ai reçu des valeurs certaines.

Ta compréhension et grande Opercule, le sujet te semble être familier ? C’est exactement ce que tu as décrit dans ton texte. Maïeutique, naissance, hermétisme, ces mots ont des définitions trop grossières, mais ils ont le mérite d’être introductifs.
Manu a donné un bel exemple de transcendance et toi de connaissance de soi.

Oui !je connais bien mon infinie imperfection. Je l’observe depuis longtemps, et si je devais me servir de la connaissance extraite pour vendre des canapés, je serai un excellent vendeur. J’apprécie encore plus que de m’entendre, entendre l’autre sur ses principes, ses vues, ses idées... ça nourrit mon imaginaire et ça me permet un jeu délicieux qu’est celui de bouleverser ma représentation du monde, mes vues et mes idées.

C’est bien de cela que je me plains chez mon lecteur, d’être si replié et d’attendre qu’on lui garantissent sa perfection pour s’exprimer. Que rien ne bouge, qu’il veille à ce que chaque chose demeure à sa place et ça m’agace.

James

Hors ligne Meilhac

  • Palimpseste Astral
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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #7 le: 06 mai 2020 à 21:28:25 »

Je cherche des idées sur le fait que :

Pourquoi suis-je le seul à me comprendre ?


salut james !

ne cherche pas des idées sur le fait que tu es le seul à te comprendre !

raconte nous dans le détail, et tant mieux si ça fait mille pages, pourquoi et comment tu es le seul à te comprendre !

ça peut faire un excellent pitch, un excellent point de départ !

au pire tu vas apprendre des choses passionnantes et réconfortantes sur toi

et au mieux ça fera un chouette texte

ponds ! envoie !  :)


Hors ligne James

  • Tabellion
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  • Le texte personnel est en trois étapes.
Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #8 le: 07 mai 2020 à 12:15:25 »
Bonjour Meilhac,

Merci de ton encouragement,

J'ai sondé les lecteurs et j'ai rencontré leur Bovarisme, leur sentimentalisme, leur infantilisme ; ces individus cloîtrés par un mur d'où je n'essaie plus de les extirper vers le puissant monde de la réflexion. Ce mur, cet obstacle infranchissable, à la douleur qu'ils subissent s'ils tentent une traversée, me fait lâcher leur main. Alors, à quoi bon écrire puisqu'ils n'ont qu'une volonté infantile et qu'ils recherchent un perpétuel substitut de père dans l'autorité ou le leadership. À quoi bon leur adresser une lumière puisqu'ils sont sans reflet. A quoi bon écrire, puisqu'ils sont la désunion, des êtres sans tenue, informes et sans force. À quoi bon leur adresser une espérance puisqu'ils ne peuvent que consommer leur envie de vivre. Leur nihilisme est affligeant et n'a de produit qu'un néant-mobilisme.

_ Récemment, j'ai produit une déclaration d'amour que j'ai envoyée à tous mes contacts du sexe opposé. Toutes* des sources sèches, des puits sans fond, immatures, recherchant en vain l'amour de l'autre pour combler la relation à soi carencée. (Je ne vous raconte pas le bordel pour expliquer que cette déclaration d'amour avait été adressée à de nombreuses personnes, afin de faire apparaître de la supercherie de leur discours. Mon impopularité a pris de l'ascendance. )_

* Une personne sur l’ensemble des « adressers » a su reconnaître l’adresse du destiner.

Voilà un tas d'ombre ou de lecteur, qui ne parviennent pas à se mettre un coup de pied au cul pour avancer fièrement, justifiant ainsi la nécessité du management. Voilà un tas d'ombre ou de lecteur qui ne parviennent pas à s'aimer fièrement, justifiant ainsi la nécessité des marchandises de l'apparat. Un tas d'ombre et de lecteur qui ne sont pas nés à eux-mêmes, mais d'une valeur attribuée par des bons-faux sentiments d’amour de la parenté et de l'éducation. Il faut donc attendre, attendre que le poison les détruise et pour certains qui se désirent une reconstruction, de les achever en leur rappelant que le jour est passé et que maintenant la nuit sera.

Heureusement qu'il existe des écrivains, d'ailleurs qui ne peut en être et prétendre à l'usufruit du monde en partage des choses. Des écrivains qui ne caressent pas les illusions des lecteurs pour en récolter la bourse. Des écrivains qui ne font pas chier leur monde « tel un Sartre » pour sanctuariser l’innommable. Des écrivains qui connaissent ce qui rend le plébiscite vain.

Bien à vous,
James
« Modifié: 07 mai 2020 à 13:23:11 par James »

Hors ligne Manue

  • Tabellion
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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #9 le: 07 mai 2020 à 14:01:56 »
Bonjour James,

Ton analyse est sans concession, et même assez brutale. On pourrait te taxer d’élitiste, voire de snob, ou encore de romantique en mal d'aventure qui se complaît dans son reflet immuable d'artiste maudit.   

Mais qu'importe ! A mes yeux, la sincérité l'emporte toujours, y compris quand elle défend la pire des positions - ce qui n'est pas complètement ton cas.

Contredis-moi si je me trompe ; tu t'épanches sur la médiocrité de tes lecteurs, sur leur superficialité alors que toi, tu habites 
Citer
le puissant monde de la réflexion
. J'entends ta frustration, je comprends ta lassitude - j'ai moi-même opéré un retrait du monde social il y a quelques temps, en partie pour ces raisons. Mais il y a quelque chose que je saisis pas ; dans un précédent billet, tu racontes comment les autres t'inspirent, te permettent de sortir de toi - attends que je remette la main sur ta phrase ... 
Citer
J’apprécie encore plus que de m’entendre, entendre l’autre sur ses principes, ses vues, ses idées... ça nourrit mon imaginaire et ça me permet un jeu délicieux qu’est celui de bouleverser ma représentation du monde, mes vues et mes idées.

Oui, je suis d'accord :  même dans la plus stagnante exiguïté d'esprit, on peut toujours trouver une source d'illumination pour soi ; partant de là, je suis quasi certaine que tu accepteras l'idée que toi-même, en te nourrissant des points de vu des autres, tu les réinterprètes à ta sauce. Et il se passe la même chose pour le reste du monde. Et puis, que faire finalement ? Rester seul, haut perché ?

Je dirai que "Qui peut le plus peut le moins". C'est un exercice difficile ; je l'expérimente souvent en musique : si l'on veut que chacun participe activement au développement d'une idée, il faut que les plus expérimentés sachent se mettre à niveau, sans quoi  on enfonce encore plus les novices dans leur impression de débilité.

Hors ligne Dot Quote

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    • mordelang
Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #10 le: 07 mai 2020 à 17:43:02 »
lorsque Descartes affirme que l'on est tous égaux dans la distribution du bon-sens, je crois qu'il veut bien dire ce qui suit : pour se juger soi, dans la morale, c'est avec le même outil, que nous jugeons et qui est jugé : notre propre jugement... de fait je crois que 'se comprendre' est une manière de notre époque de sous-tendre que nous sommes bien à l'intérieur et maîtres de nous-mêmes, et que soi, mieux que personne, est aussi fluide dans ses conductions internes relatives à la compréhension...

en non-philosophique : il n'est pas tant à plaindre d'être celui-qui se connait le mieux !

mais je me rapproche un peu plus de ton sujet je crois, si je spécule sur le fait que parfois, oui, un 'on' général que je ne lie pas encore à ton 'je' particulier, a du mal à se faire comprendre ; d'où vient-ce ? pourquoi est-ce important ? comment faire alors ? bin heu je retombe dans un de mes cours de philo où monsieur prof avait dit très justement, que dans un discours, si celui qui écoute ne comprend pas, c'est pas forcément parce qu'il n'est pas apte à le faire : ce peut-être la faute de celui qui ne s'exprime pas assez clairement ! alors là des philosophes partiraient ptetr sur la distinction entre 'se comprendre' et 'savoir s'expliquer'... hmm oui de l'importance de la structuration des formulations, on pourrait parler ontologie de la pensée et du langage, et psychologie des formes de l'information, mébon...

si ton titre est aussi personnel que je le ressens, pour finir, peut-être devrais-tu simplement essayer de, comme on dit, 't'ouvrir aux autres', et faire en sorte de ne pas t'enfoncer dans ta pensée obscure lorsque tu sens que tu tiens quelque chose de personnel et d'incompréhensible pour autrui, mais plutôt essayer de clarifier au plus distinct d'une prose ou de tout autre média habituellement incompris, le propos que tu souhaites être compris...

après, m'est avis par expérience, que demander ou inviter ou inciter au retour d'autrui permet de savoir ce qui est partagé dans l'échange axiologique, chose qu'il faut savoir mettre en place par ce cliché de 'l'ouverture sur autrui', ce protocole de dialogue qui permet à un propos de s'homogénéiser en milieu réfléchi, et non plus solipsiste...

hmm 0O

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #11 le: 07 mai 2020 à 21:47:30 »
Bonjour Meilhac,

Merci de ton encouragement,

J'ai sondé les lecteurs

et pourquoi donc as tu "sondé" les "lecteurs" ?

si écrire te fait du bien, écris

si écrire te fait du mal, n'écris pas

écrire pour rencontrer du succès auprès des gens : mauvaise idée

écrire pour exprimer ce que tu as  à exprimer, sans faire de "sondages" préalables : très bonne idée

Hors ligne Opercule

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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #12 le: 07 mai 2020 à 23:34:32 »
Il me semble comme Meilhac remarquer que tu reposes beaucoup sur un besoin de reconnaissance de tes lecteurs – et lectrices – alors que tu prétends au contraire.
Comme j’ai déjà dit plusieurs fois, c’est à l’auteur qu’incombe en partie le fardeau de la compréhension. Mais c’est aussi à l’auteur de savoir où s’arrête le récit ou le discours et où commencent les sollicitations importunes. Il doit savoir que ses destinataires sont aussi des êtres humains, qui ont des envies, des préjugés des intérêts, et il serait malavisé de vouloir imposer quoique ce soit sur elles·eux.

Hors ligne James

  • Tabellion
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Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #13 le: 08 mai 2020 à 12:06:53 »
Bonjour Manu,

Oui Manu, je te le concède, ma « pastorale »  est de cœur dur, car ce texte n'est pas destiné aux lecteurs, mais aux écrivains. Je ne peux être élitiste et me plaindre de l'ordre social, d'où la masse est coincée entre deux mondes (qui n'est qu'un monde obstrué, divisé). D'après Boris Vian, le snobisme demande de l'entretien et je n'ai pas les temps pour cela. Je ne suis pas un romantique, car ma lignée est immigrante d'Italie du sud, ouvrière dans les mines et dans la sidérurgie du nord de la France. Exilé de mon royaume certes ! mais maudit ?? Il me faudrait être aveugle pour ne pas reconnaître la chance et les dons qui m'ont été donnés. J'espère que tu dis vrai, que la sincérité est nécessaire à la vie. Ma foi se renouvelle jusqu'à présent, ma loyauté est élevée et bien souvent effraie, ma franchise se conquiert chaque jour _ mais que c'est difficile ! tant d'individus-relais de la bêtise, qui agissent sans appréhender, sans comprendre et sans juger. As-tu sincèrement pris le temps nécessaire à mon texte Manu, ou est-ce moi qui suis incompréhensible ? Mes lecteurs ne sont pas médiocres, c'est leur possession qui est nuisible, le mur qui les enferme, la douleur qu'ils en ressentent, la croyance qu'ils en retiennent. Ce qui interfère est : ce qui les empêche de connaître, ce qui se place entre-eux et la vue sur le paysage. Quoi de plus puissant que d'avoir une vue sur l'animer, sans référent et même si cela n'est que par son reflet, c'est une représentation formelle. Pour la question de l'habitat, la réponse est faite. Je n'ai pas la prétention d'être un cuisinier, ni même un saucier, mais l'expression du plat ou de sa sauce. La solitude est une affaire d'environnement, dans un mélange de nature morte et vivante, où les deux s'indistinguent, je ne me suis jamais senti seul. La solitude est plus une affaire de citadin, là où la nature morte domine sur des êtres fantomatiques. Comme j'ai horreur du vide, j'évite de me percher, cela a un côté morbide. Les jeunes ont besoin de force pour se tenir et se maintenir et non d'aînés incertains et compassionnels avec les nuisances effectives. S'il te plait Manu, si tu veux me comprendre, prend le temps de me lire pour m'offrir au moins une reconnaissance, au plus une renaissance, mais pas l'obstruction qui interfère à ma vue.

Bien à toi,

James

Bonjour Dot Quote,

C’est un voyage bien compliqué Dot Quote que cette affaire là, mais les enjeux ne permettent pas de faire perdurer les erreurs et Descartes est mort. Je ne présuppose pas l’égalité des dons, je les constate ou pas, mais si l’autre s'ignore ou se ment, il fausse l'identité de tous. Tu es seul Dot Quote, ni prof, ni science, toi et toi seul dans ta relation au monde, seule une force suffisante te permet de conserver ce privilège, mais garde à ce qui se proposera en aide. La structure sociale est une coquille vide, ses opérants sont des substituts. Apprends à te faire confiance dans tous les sens du terme et présente-moi ta personne et non ces chimères qui arpentent ton texte. Ma pensée obscure ? Je ne m'enfonce pas dans ma pensée et elle n'est pas obscure ??. Je connais sa place, car celle-ci joue son rôle en prévenant d'un potentiel risque. Je dis qu'elle a dû être forgée dans les monts du danger. Efficace dans la jungle, mais zélée pour cette vie, d'où l'importance d'en prendre soin, mais de ne pas la laisser s'installer sur son canapé. Ma pensée ne m'informe pas d'un danger se cachant dans l'obscurité de mon inconscient et dont ses vœux seraient de me rendre incompréhensible, ma clairvoyance me suffit pour évaluer le degré de difficulté de mon texte. J'ai su éviter la vie de réécriture des événements vécus pour les rendre plus digestes, donc aucune paresse ou cause d'incompréhension m'appartenant est évincée par habitude d'une pratique de vie de torture. Par contre, ma pensée connaît les dangers de l'incompréhension. Mon ouverture aux autres manifeste sa valeur dans ma longue pratique de mon autodérision. L'espace solipsien ne permet aucune axiologie entre individus, ni ouverture à l'autre, ni rien d'ailleurs, sauf !, d'assujettir la créature aux valeurs voulues de référents immoraux et illégitimes.

Bien à toi,

James

Bonjour Meilhac,

Tu me fais une dépendance circulaire récursive avec ta sonde qui veut sonder le pourquoi nous sondons. Je n'écris pas pour un bien ou un mal, mais pour exister là où il m'est possible de trouver la force suffisante pour me tenir face au paysage. J'ai connu le succès, je lui ai fermé plusieurs fois la porte, puis j'ai entendu la sagesse humaine sur ce phénomène, conseillant de verrouiller cette porte et d'en jeter la clef. Jusqu'au jour, après avoir cru et tenu envers et contre tous, j'ai vu se réaliser en acte, ce qui en puissance m'animait et le succès s'est représenté. Je n'avais plus besoin de fermer la porte, mais d'en comprendre ce qui se jouait.

Bien à toi,

James

Bonjour Opercule,

Reconnaissance ? Non, les lecteurs n'en sont majoritairement pas capables, tout au plus du : j'aime bien ! ça m'a plu ! c'est original ! c'est où que ça parle de moi ?  Je comprends qu'un train arrive, merci !... Lecteurs ou lectrices, généralement je ne perds pas mon temps avec ceux ou celles qui se définissent par leur sexe. Si l'écriture est sans visée pratique ou limité par la sensibilité des autres, son arrière monde est malsain ou d'une déficience absolue, donc nuisible ; sa finalité est sans intérêt, l'objet est encombrant et donc ni oeuvre, ni salutaire. Ce qui permet d'en déduire de l'inconsistance des connaissances mises à profit ou du dévoiement de celles-ci (ajoutant ainsi à la confusion) et du cerveau sec qui a mis en forme. Osez parler de vos pratiques de vie entre-amis et vous verrez le malaise, alors avec le lectorat... Se reconnaître c'est nous comprendre et peut-être un jour s'entendre. Se tenir, est de ne pas se pencher pour imposer, mais de montrer dans sa pratique les forces de sa tenue.

Bien à toi,

James

Suis-je seul à me comprendre ?
« Modifié: 08 mai 2020 à 15:10:44 par James »

Hors ligne Dot Quote

  • Palimpseste Astral
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    • mordelang
Re : Suis-je seul à me comprendre ?
« Réponse #14 le: 17 mai 2020 à 15:52:02 »
bien, tant que tu n'as pas compris qui gère l'intercompréhension de ce monde, je n'ai qu'à te dire cette phrase facile : si tu veux être compris, va comprendre les autres et descends un peu de tes dons, ils ne font pas tout, et visiblement surtout pas ce que tu te figures visiblement d'un dû envers ta littérature, ton propos ou ta "philosophie"...

mais si tu n'es pas d'accord avec un mort, peut-être tu espères la postérité pour ton côté atemporel réfléchi ? lui s'en foutait, il savait de quoi il parlait, c'était clair, distinct, et surtout accessible, car il a fait l'effort d'être compréhensible, déjà avec lui-même ce dont tu as l'air de te vanter jusqu'à cette maxime que je te verrais bien attribuer à ta riche sagesse, 'je sais que je ne sais rien', pis ensuite auprès d'autrui, avec des ressors axiologiques autre que des textes solipsistes qui n'interessent pas... car avant la compréhension, y'a l'intérêt, j'pense ça tu l'as compris, donc bin j'ai envie de te conseiller mais comme tu aimes à ne pas être compris tu vas me dire que c'est un mauvais conseil : apprends à faire autre chose que jouer sur le sens que tu veux pondérer, c'est des humains à l'autre bout, tout comme toi il font le tri dans ce qui se fait pour lire, et toi non plus t'as pas encore ce qui fait que des aveugles te lisent parce que des yeux ouverts savent ce qu'il y a dedans

edit : si tu aimes l'autodérision, t'as qu'à penser à maxime gasteuil qui remarque cette vague de coach sportifs confinés sur youtube, forcément à voir puisque ça fait trois mois qu'ils font du sport à haut niveau et qu'ils ont tout pigé à comment aborder leur discipline ; et te dire que c'pareil pour tes écrits
(je mets un gros looool là ? ou plutôt une remontrance sérieuse sur le phénomène incompris par 99% des humains envers les enjeux de la discipline philosophique ? dans tous les cas je serais ravi de voir comment tu te comprends en public au propos des échanges axiologiques en milieu humain, tout comme je le serais encore plus si tu parvenais à sortir du principe phénoménologique qui fait que bin... oui, on se comprend pas, surtout ceux qui ne cherchent pas activement à aller vers l'autre, non pas dans sa généralité inexistante, mais ses capacités de compréhension singulières)

 


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